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Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini]

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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Jeu 8 Sep - 22:50


Fever

«You wash your mouth, you pray for truth»

Eddy, Eddy, Eddy. Mère ne l'a jamais donc assez répété ? La curiosité est un vilain défaut. Ça vaut pour tout le monde, y compris toi. Tu aurais dû l'écouter.

Si je comprenais bien, l'Orbe était quelque chose de dangereux que je devais oublier aussi vite que possible, sinon soit moi, soit quelqu'un d'autre, allait mourir. Message reçu, Docteur Harry. Je m'en souviendrai. Du message, hein ? Pas de l'Orbe. Enfin, si, j'allais m'en rappeler. J'étais vraiment un gamin dans un corps de jeune adulte : le fait que l'on me dise que je devais ignorer quelque chose réveillait ma curiosité. Seulement, là, je venais d'être menacé de mort. Grosse différence. J'allais donc devoir la fermer autant que possible.

Après avoir livré son message, Harry retourna vers David. Celui-ci en avait bien besoin : la fatigue envahit son corps. Harry le prit dans ses bras, le conjurant de retourner dans leur chambre pour aller se reposer. La scène était banale pour un couple. Pas pour la chose qui vivait en moi. Leur posture. Leur étreinte. Leurs corps réunis en un seul. Leur chaleur. Leur amour. Ce fut trop.

Mon corps fut parcouru de spasmes. Malgré tous mes efforts, je ne pus rien contrôler. Je ne me rappelait pas de ce genre de situation. Tout s'échappait de mes mains, je n'avais plus aucune connaissance de ce qui était en train de se passer. Mes poumons se mirent à faire des mouvements dignes d'un accordéon parisien. La fièvre atteint son apothéose : il n'y avait plus de sang dans mon crâne, mais de la lave. Ma tête se mit à tourner aussi vite que dix carrousels réunis. Mon cœur s'emballa. Je crus qu'il allait imploser dans ma poitrine. Mes pupilles se dilatèrent. Je tentai de crier au secours, mais un horrible hurlement sortit de ma gorge. Quelque chose m'attira soudainement au plus profond de mon esprit. Je n'étais plus le propriétaire de mon corps. Je n'en avais plus. Malédiction.

Mon corps se calma. Il se redressa lentement. La respiration devint lente, très lente, et profonde. Il n'y avait plus de spasmes, ni de tremblements. La chaleur, elle, ne retomba pas. Elle était toujours aussi élevée, si élevée que l'épiderme pouvait se transformer en cuir. Le rythme cardiaque ne ralentit pas non plus. Il aurait fait pâlir les plus grands scientifiques du pays. Elle avait réussi. Elle avait pris le dessus. Elle tenait les rênes, désormais. Elle ? La créature qui sommeille en moi.

Cette chose est entrée en moi il y a bien longtemps. Je ne sais pas exactement si elle a toujours été là ou si elle est arrivée plus tard. Lorsque je passe à l'acte avec une proie, elle se nourrit de sa chair et de sa chaleur. Ce sont sa seule nourriture. Le reste du temps, elle ne se montre pas, ou alors elle fait savoir qu'elle a faim. J'avais sûrement dû attendre trop longtemps entre deux proies : elle s'était réveillée, et Dieu sait à quel point elle avait faim.

Elle avait déjà pris le dessus sur moi une première fois, il y a quelques années. Par chance, celui avec qui j'étais à ce moment-là n'a vu que du feu : il n'a vu en moi qu'un jeune ado un peu précoce. Mais là, tout était différent. Ni Harry ni David ne voulaient de relation avec moi, et nous n'étions pas dans une chambre, nus, en train de faire du rodéo. Au contraire, mon corps était assis sur une table, et les deux Scientifiques s'inquiétaient d'une grave infection. Rien d'excitant. Et pourtant, ce fut le moment que la créature choisit pour sortir.

Elle se leva. Lentement, mais sûrement. Ses jambes ne tremblaient plus. Sa tête ne tournait plus. Elle leva les yeux vers David et Harry. Ses pupilles se dilatèrent encore plus. Son souffle s'intensifia. Elle prit une grande inspiration, comme pour renifler le parfum corporel des deux Scientifiques. Le parfum lui plut. Un parfum d'homme, un parfum de transpiration, un parfum doux et délicat comme seuls les hommes en ont un. Elle fit un pas en avant et s'approcha d'eux. Un sourire s'étira sur son visage. Sa voix fut des plus rauques.

- J'ai faim.
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admin cardiaque et trop gentil
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Ven 9 Sep - 0:05



Fever.

« IT'S WHAT YOU'VE DONE, IT'S WHO YOU ARE. »

Comme il s’y était attendu, Harry répondit à Eddy, d’une réponse rapide mais complète, sans une seule hésitation. David essaya de se concentrer sur la voix de son chéri pour oublier ce fardeau qui lui servait d’enveloppe charnelle. Et comme prévu, le vétérinaire refusa de révéler quoique ce soit au Gardien. Bien. Cela réconforta le chirurgien dans un sens. S’il avait ouvert la bouche pour répondre, il ne se serait pas fait réprimander. Sur le contenu de sa réponse en tout cas. Peut-être pas sur son impertinence. Mais passons, là n’était pas vraiment le sujet. Car après que sa vision se soit brouillée, il avait désormais la tête qui lui tournait affreusement. Sûrement dû à la chaleur de son crâne. Il soupira grandement, ne faisant plus tellement attention à ce qui l’entourait. Il était fatigué. Il en avait juste assez. Assez de cette épave corporelle qu’il se traînait depuis sa naissance. Parfois, il avait presque hâte de mourir et se demandait pourquoi il n’avait toujours pas eu le droit à son Jugement Dernier. De plus, il était tellement facile de mourir ici et pourtant, il semblait s’obstiner à survivre et même, parfois, vouloir vivre. Vivre aux côtés de cet homme dont il sentit les bras l’enlacer.

Il reconnut alors la caresse des doigts de son chéri dans ses cheveux fins. Il parvint à l’enlacer en retour, s’accrochant à lui en même temps pour éviter de s’écraser sur le sol. D’une certaine façon, il s’en voulait d’être aussi inutile pour Harry. Ce dernier avait besoin de quelqu’un de fiable comme assistant. Pas à une loque humaine qui peut le planter à tout instant. Il soupira une nouvelle fois, profitant de son contact, de son parfum. Il essaya alors de mettre un peu plus de force dans son étreinte, comme pour témoigner de son amour. Car oui, il l’aimait. Il aimait son supérieur. Néanmoins, il entendit ce dernier lui demander d’aller se coucher. Ce que David refusa d’abord d’un signe négatif de la tête. Il ne pouvait pas le laisser seul. Il était l’assistant, il ne pouvait pas l’abandonner. Cependant, il esquissa de nouveau un sourire amusé à la petite blague d’Harry, trouvant son humour vraiment trop mignon, ce qui n’avait absolument rien de mature comme réflexion. Puis Harry insista de nouveau pour qu’il aille dormir. Il n’aimait pas le voir comme ça…? Malheureusement, c’était pourtant quelque chose qui lui arrivait assez fréquemment… Il devait y être habitué après tout ce temps…

- Je ne peux pas aller dormir maintenant… Je dois rester avec toi… Je dois t'aider... Je suis ton assistant...

Et il lui sourit. Il entendit alors Eddy s’agiter derrière eux et le vit même se lever sur ses deux jambes. La fièvre avait disparu de son regard pour y être remplacé par quelque chose qu’il ne parvint pas à décrire. Toujours soigneusement blotti dans les bras d’Harry, David fronça doucement les sourcils, inspectant discrètement ce nouveau cas. Il songea au remède du vétérinaire mais il doutait sincèrement que quoique ce soit ait pu engendrer une telle transformation dans le comportement. Était-il juste déçu qu’Harry n’ait pas voulu répondre à sa question ? Ou alors était-ce son petit sérum personnel ? Mais c’était tout aussi étrange. Lui-même s’était injecté plusieurs fois ce liquide dans le bras (et à plusieurs reprises) et il n’y avait aucun effet secondaire comme ce regard agressif par exemple. Eddy exprima alors sa faim. De la manière la plus concise et froides possibles. David avait la désagréable impression qu’il avait changé. Et pas en bien. Il lui sembla même apercevoir une lueur démente dans son regard et peut-être une pointe d’agressivité. David ne quitta pas les bras d’Harry, le malaise ne passant pas et dit naïvement à l’égard d’Eddy :

- On a de quoi manger si vous le désirez… Dites-moi et je vais vous le chercher.

Il se décolla un peu de Harry pour montrer ses intentions pacifiques et en profita pour faire un sourire qu'il estima rassurant.
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