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Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini]

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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Jeu 8 Sep - 22:50


Fever

«You wash your mouth, you pray for truth»

Eddy, Eddy, Eddy. Mère ne l'a jamais donc assez répété ? La curiosité est un vilain défaut. Ça vaut pour tout le monde, y compris toi. Tu aurais dû l'écouter.

Si je comprenais bien, l'Orbe était quelque chose de dangereux que je devais oublier aussi vite que possible, sinon soit moi, soit quelqu'un d'autre, allait mourir. Message reçu, Docteur Harry. Je m'en souviendrai. Du message, hein ? Pas de l'Orbe. Enfin, si, j'allais m'en rappeler. J'étais vraiment un gamin dans un corps de jeune adulte : le fait que l'on me dise que je devais ignorer quelque chose réveillait ma curiosité. Seulement, là, je venais d'être menacé de mort. Grosse différence. J'allais donc devoir la fermer autant que possible.

Après avoir livré son message, Harry retourna vers David. Celui-ci en avait bien besoin : la fatigue envahit son corps. Harry le prit dans ses bras, le conjurant de retourner dans leur chambre pour aller se reposer. La scène était banale pour un couple. Pas pour la chose qui vivait en moi. Leur posture. Leur étreinte. Leurs corps réunis en un seul. Leur chaleur. Leur amour. Ce fut trop.

Mon corps fut parcouru de spasmes. Malgré tous mes efforts, je ne pus rien contrôler. Je ne me rappelait pas de ce genre de situation. Tout s'échappait de mes mains, je n'avais plus aucune connaissance de ce qui était en train de se passer. Mes poumons se mirent à faire des mouvements dignes d'un accordéon parisien. La fièvre atteint son apothéose : il n'y avait plus de sang dans mon crâne, mais de la lave. Ma tête se mit à tourner aussi vite que dix carrousels réunis. Mon cœur s'emballa. Je crus qu'il allait imploser dans ma poitrine. Mes pupilles se dilatèrent. Je tentai de crier au secours, mais un horrible hurlement sortit de ma gorge. Quelque chose m'attira soudainement au plus profond de mon esprit. Je n'étais plus le propriétaire de mon corps. Je n'en avais plus. Malédiction.

Mon corps se calma. Il se redressa lentement. La respiration devint lente, très lente, et profonde. Il n'y avait plus de spasmes, ni de tremblements. La chaleur, elle, ne retomba pas. Elle était toujours aussi élevée, si élevée que l'épiderme pouvait se transformer en cuir. Le rythme cardiaque ne ralentit pas non plus. Il aurait fait pâlir les plus grands scientifiques du pays. Elle avait réussi. Elle avait pris le dessus. Elle tenait les rênes, désormais. Elle ? La créature qui sommeille en moi.

Cette chose est entrée en moi il y a bien longtemps. Je ne sais pas exactement si elle a toujours été là ou si elle est arrivée plus tard. Lorsque je passe à l'acte avec une proie, elle se nourrit de sa chair et de sa chaleur. Ce sont sa seule nourriture. Le reste du temps, elle ne se montre pas, ou alors elle fait savoir qu'elle a faim. J'avais sûrement dû attendre trop longtemps entre deux proies : elle s'était réveillée, et Dieu sait à quel point elle avait faim.

Elle avait déjà pris le dessus sur moi une première fois, il y a quelques années. Par chance, celui avec qui j'étais à ce moment-là n'a vu que du feu : il n'a vu en moi qu'un jeune ado un peu précoce. Mais là, tout était différent. Ni Harry ni David ne voulaient de relation avec moi, et nous n'étions pas dans une chambre, nus, en train de faire du rodéo. Au contraire, mon corps était assis sur une table, et les deux Scientifiques s'inquiétaient d'une grave infection. Rien d'excitant. Et pourtant, ce fut le moment que la créature choisit pour sortir.

Elle se leva. Lentement, mais sûrement. Ses jambes ne tremblaient plus. Sa tête ne tournait plus. Elle leva les yeux vers David et Harry. Ses pupilles se dilatèrent encore plus. Son souffle s'intensifia. Elle prit une grande inspiration, comme pour renifler le parfum corporel des deux Scientifiques. Le parfum lui plut. Un parfum d'homme, un parfum de transpiration, un parfum doux et délicat comme seuls les hommes en ont un. Elle fit un pas en avant et s'approcha d'eux. Un sourire s'étira sur son visage. Sa voix fut des plus rauques.

- J'ai faim.
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Ven 9 Sep - 0:05



Fever.

« IT'S WHAT YOU'VE DONE, IT'S WHO YOU ARE. »

Comme il s’y était attendu, Harry répondit à Eddy, d’une réponse rapide mais complète, sans une seule hésitation. David essaya de se concentrer sur la voix de son chéri pour oublier ce fardeau qui lui servait d’enveloppe charnelle. Et comme prévu, le vétérinaire refusa de révéler quoique ce soit au Gardien. Bien. Cela réconforta le chirurgien dans un sens. S’il avait ouvert la bouche pour répondre, il ne se serait pas fait réprimander. Sur le contenu de sa réponse en tout cas. Peut-être pas sur son impertinence. Mais passons, là n’était pas vraiment le sujet. Car après que sa vision se soit brouillée, il avait désormais la tête qui lui tournait affreusement. Sûrement dû à la chaleur de son crâne. Il soupira grandement, ne faisant plus tellement attention à ce qui l’entourait. Il était fatigué. Il en avait juste assez. Assez de cette épave corporelle qu’il se traînait depuis sa naissance. Parfois, il avait presque hâte de mourir et se demandait pourquoi il n’avait toujours pas eu le droit à son Jugement Dernier. De plus, il était tellement facile de mourir ici et pourtant, il semblait s’obstiner à survivre et même, parfois, vouloir vivre. Vivre aux côtés de cet homme dont il sentit les bras l’enlacer.

Il reconnut alors la caresse des doigts de son chéri dans ses cheveux fins. Il parvint à l’enlacer en retour, s’accrochant à lui en même temps pour éviter de s’écraser sur le sol. D’une certaine façon, il s’en voulait d’être aussi inutile pour Harry. Ce dernier avait besoin de quelqu’un de fiable comme assistant. Pas à une loque humaine qui peut le planter à tout instant. Il soupira une nouvelle fois, profitant de son contact, de son parfum. Il essaya alors de mettre un peu plus de force dans son étreinte, comme pour témoigner de son amour. Car oui, il l’aimait. Il aimait son supérieur. Néanmoins, il entendit ce dernier lui demander d’aller se coucher. Ce que David refusa d’abord d’un signe négatif de la tête. Il ne pouvait pas le laisser seul. Il était l’assistant, il ne pouvait pas l’abandonner. Cependant, il esquissa de nouveau un sourire amusé à la petite blague d’Harry, trouvant son humour vraiment trop mignon, ce qui n’avait absolument rien de mature comme réflexion. Puis Harry insista de nouveau pour qu’il aille dormir. Il n’aimait pas le voir comme ça…? Malheureusement, c’était pourtant quelque chose qui lui arrivait assez fréquemment… Il devait y être habitué après tout ce temps…

- Je ne peux pas aller dormir maintenant… Je dois rester avec toi… Je dois t'aider... Je suis ton assistant...

Et il lui sourit. Il entendit alors Eddy s’agiter derrière eux et le vit même se lever sur ses deux jambes. La fièvre avait disparu de son regard pour y être remplacé par quelque chose qu’il ne parvint pas à décrire. Toujours soigneusement blotti dans les bras d’Harry, David fronça doucement les sourcils, inspectant discrètement ce nouveau cas. Il songea au remède du vétérinaire mais il doutait sincèrement que quoique ce soit ait pu engendrer une telle transformation dans le comportement. Était-il juste déçu qu’Harry n’ait pas voulu répondre à sa question ? Ou alors était-ce son petit sérum personnel ? Mais c’était tout aussi étrange. Lui-même s’était injecté plusieurs fois ce liquide dans le bras (et à plusieurs reprises) et il n’y avait aucun effet secondaire comme ce regard agressif par exemple. Eddy exprima alors sa faim. De la manière la plus concise et froides possibles. David avait la désagréable impression qu’il avait changé. Et pas en bien. Il lui sembla même apercevoir une lueur démente dans son regard et peut-être une pointe d’agressivité. David ne quitta pas les bras d’Harry, le malaise ne passant pas et dit naïvement à l’égard d’Eddy :

- On a de quoi manger si vous le désirez… Dites-moi et je vais vous le chercher.

Il se décolla un peu de Harry pour montrer ses intentions pacifiques et en profita pour faire un sourire qu'il estima rassurant.
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Ven 9 Sep - 0:32



Fever

« Aaah, the world is getting blurry now. »

Cet homme dans ses bras, Harry continuait à l'enlacer, prêt à mettre sa menace à exécution. Sentir le cœur de son amour battre aussi terriblement contre lui, combattre sa chaleur corporelle qui n'avait rien d'agréable quand il s'agissait d'une blessure aussi forte...tout ceci ne le mettait pas dans la plus grande des confiances. Il essayait de ne pas y penser et espérer que son chéri hoche la tête bien gentiment. C'était mal le connaître et Harry le savait parfaitement. Mais cela ne pouvait pas l'empêcher de garder quand même un peu espoir. Il ne voulait pas que son assistant ne se tue à la tâche. Il voulait qu'il reste le plus en bonne santé possible, dusse-t-il s’abîmer la sienne pour se faire. Rien ne pouvait arrêter son haut rêve en couleur qu'il avait longuement élaborer pour ne pas perdre définitivement la tête dans ce cauchemar vivant. Toujours était-il qu'à cette seconde, il serrait l'ange de sa rédemption dans ses bras quand celui-ci lui fit part de sa réflexion à ne pas partir. Harry eut un petit rire et fit un long "tss tss tss" tout en le bordant de ses bras. S'il le perdait, il en mourrait. Calmement, il s'apprêtait à le prendre dans ses bras comme une princesse...mais il entendit un mouvement derrière lui. David fut aussi curieux que lui et tous les deux se retournèrent pour voir Eddy en train de se redresser...sans aucune douleur contrairement à la dernière fois. Harry fronça aussitôt les sourcils, se doutant que quelque chose n'allait pas. Ce regard. Bon de dieu il connaissait ce regard. Si la terreur avait un nom, le vétérinaire fit de son mieux pour ne pas le dévoiler. Ressentant une connexion profonde avec ce regard, il tapota l'épaule de David et lui glissa un tendre murmure inquiet.

- Tu devrais aller à notre chambre, Chéri...vraiment...tu ne peux pas t'occuper de ça...

Downcry eut l'impression de voir un aspect de son propre miroir dans le regard de Eddy. Une bête assoiffée de quelque chose. De toute apparence, sans trop s'attacher sur les détails, l'on aurait dit de sang. Mais toutes les bêtes sont assoiffés de sang, en quoi celle-ci serait différente ? Harry déglutit et s'écarta de David quand celui-ci lança naïvement qu'ils pouvaient lui donner de la nourriture. Serrant profondément les ongles dans sa peau jusqu'à ce que celle-ci blanchisse, le scientifique se mordit la lèvre. Il savait qu'il ne fallait pas faire confiance à ce gardien, il le savait. Il l'avait senti depuis le début. Son nez ne le trompait jamais. Montrant sur son visage un aspect sombre et cruel, Harry se mit à en face de son assistant, souhaitant faire barrière de son propre corps. Il n'y avait rien qu'il ne pouvait endurer. Les ténèbres ne lui faisaient pas peur. Le sang, ça le connaissait. La soif de chair humaine aussi. Il avait crée des monstres à partir de ce besoin, l'ayant jusqu'à expérimenter dans sa propre folie. Faisant quelques pas vers le gardien, Harry grogna.

- Toi, recules. Retourne à ta table, si tu as...faim, je te nourrirais. Recules je te dis. Si tu ne recules pas, je te ferai reculer et crois-moi, tu n'as pas envie de ça.

Ses yeux étaient redevenus noirs, de rares reflets or faisant encore leur apparition selon l'inclination de la lumière. Harry retira ses lunettes et les posa non loin de lui pour aussitôt revenir devant David sans laisser le temps à Eddy d'avancer une seconde de plus. S'il devait se battre, il ne pouvait garder ces choses sur le nez. Même si cela l'aidait à mieux voir. Il n'avait pas besoin de voir pour planter un coup de poing dans les côtes de cet idiot. Du regard d'Harry, il essayait de ressentir à nouveau les émotions d'autrefois. Celle de la bête. Celle du manque de contrôle. Perdre le contrôle. Si cela pouvait l'aider à sauver l'amour de sa vie, il était prêt à tout. S'approchant encore davantage, Harry posa une main sur l'épaule d'Eddy et appuya dessus pour le forcer à reculer.

- Stay..back.
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And I suppose in the end, they break my heart. All of us, no one is eternal. They love breaking me.
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Ven 9 Sep - 13:03


Fever

«You wash your mouth, you pray for truth»

On ne vit pas pour manger, il faut manger pour vivre. C'est ce que répétaient mes parents lorsque j'étais enfant. La créature n'avait pas dû les écouter. Elle mangeait pour vivre et vivait pour manger.

La créature resta immobile. Pas par peur. Elle prit juste quelques secondes pour décider lequel de ces deux Scientifiques allait être son repas. Son regard examina chacun des deux hommes rapidement mais avec précision. Lequel ? Lequel était le plus appétissant ? Faire un choix est toujours un peu difficile.

La créature commença par examiner Harry. Grand, mince, voire un peu trop. Mais néanmoins, beaucoup de muscles. C'est lui qui m'avait transporté dans tout le Manoir. La créature le savait. Le beau costume cachait très bien ses muscles, dans ce cas. Ses lèvres étaient fines, pas assez pulpeuses. Par contre, la créature s'attarda sur son entrejambe. C'est une chose que l'on peut difficilement masquer, et dans son cas, la créature sentait qu'il n'y avait pas qu'un petit pois. L'excitation monta en elle. Harry venait malgré lui de marquer un très bon point. Ou mauvais, selon le point de vue.

Elle examina ensuite David. Plus petit, plus craintif. Mais quels yeux. Et les mains, surtout : elles s'étaient déjà posées sur ma poitrine. Sans oublier les lèvres. Elles étaient rencontrées en contact avec les miennes. La créature voulait-elle retrouver ce contact ? Après tout, j'étais tellement inconscient que je n'avais rien senti.

Cependant, ses yeux revinrent vers Harry. Je ne sus pas pourquoi dans l'immédiat. Elle l'observa à nouveau, encore plus minutieusement. Le beau costume violet. Les yeux noirs, brillants, qui ne clignaient pas et qui la fixaient. La goutte de sueur qui coula sur son front. Harry se rapprocha. Il demanda à la créature de s'enfuir, mais elle ne bougea pas. Il posa une main sur elle. Terrible erreur.

Elle tourna la tête vers sa main. Sa main dégageait une forte chaleur corporelle. La créature prit une grande inspiration. Son odeur corporelle lui parut comme un délice. De la force, de la masculinité, tout ce qui était meilleur. Rien qu'au toucher de sa main, sa force se dégageait. Il était puissant. Et la créature aimait ça. Les yeux de la créature se dilatèrent encore plus que précédemment. Elle fixa Harry du regard, et plongea ses yeux malsains dans les siens.

Du fond de ma crevasse, je ne pouvais qu'observer la scène, impuissant. C'est une horrible sensation que de voir son propre corps contrôlé par quelque chose d'autre. Pas que ce soit la première fois que ça arrive, mais la seule fois où c'était déjà arrivé, j'avais cru mourir. Le pire, c'est que je ne pouvais rien faire : c'était comme être attaché à une chaise et être obligé à regarder une torture.

Les yeux de la créature ne bougeaient plus. Elle avait fait son choix. Ce sera Harry. David était bien, certes, mais d'une certaine manière, elle savait déjà ce qu'il pouvait apporter. Alors qu'en choisissant Harry, elle découvrirait quelque chose de plus nouveau encore. Pis encore, il avait proposé de la nourrir lui-même. Son choix n'était pas susceptible d'appel. Ce sera Harry.

- Ce sera toi !

Elle se précipita sur lui avec une vitesse phénoménale. Je ne pensais pas mes jambes capables d'une telle chose. L'atèle qu'il avait fait quelques instants auparavant se déchira en mille morceaux. Elle le plaqua contre le mur, si fort que les étagères tremblèrent et que certains objets tombèrent et se fracassèrent contre le sol du laboratoire. Elle enfouit sa tête dans son cou et se mit à respirer son parfum naturel. Meilleur que n'importe quel flacon de la meilleure boutique du pays. S'engagea alors une bataille entre les deux, la créature luttant pour que Harry reste plaqué contre le mur. Elle se délectait de sa résistance, de sa chaleur. Elle atteint l'apothéose lorsqu'elle se colla contre lui et qu'elle sentit sa chaleur l'envahir.

Depuis le fond de ma crevasse, je vis Harry se battre pour résister à la créature. J'aurais aimé me battre aussi. La créature était devenue incontrôlable. Elle était insatiable. Elle n'avait plus de limite. Elle ne voulait plus être étouffée par moi. Et maintenant qu'elle avait le dessus, elle n'allait pas s'arrêter de sitôt.

Malheureusement pour elle, elle fut stoppée dans son élan. Le couteau qui plongea dans sa chair lui fit hurler de douleur.
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Dernière édition par Eddy J. Adkins le Ven 9 Sep - 15:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Ven 9 Sep - 13:57



Fever.

« IT'S WHAT YOU'VE DONE, IT'S WHO YOU ARE. »

David aurait voulu rester dans les bras de son chéri. Il aurait même voulu qu’Eddy parte immédiatement puisqu’il semblait ne plus avoir aucun problème pour tenir debout. Le chirurgien repensa à ce que lui avait raconté Kathleen par rapport à Felix, visiblement animé par une étrange agressivité, qui s’était levé sans problème après une lourde opération au ventre. L’ingénieure lui avait aussi dit que cela n’avait duré qu’un court laps de temps avant que l’horloger ne revienne à lui. Le problème était qu’Eddy n’avait pas été opéré. Au contraire, il avait même presque été dopé par les propres soins du chirurgien pour pouvoir tenir debout. Et sachant parfaitement les effets et la dose qu’il lui avait injectée, il allait être au maximum de ses capacités pendant plusieurs dizaines de minutes. Voire même plusieurs heures. Il sentit alors la main d’Harry qui lui dit d’aller dans la chambre se reposer. Mais David n’allait pas l’écouter une fois de plus, même si c’était effectivement plus raisonnable. Mais le regard d’Eddy… Il l’avait déjà vu de nombreuses fois. Trop de fois. Dans ses propres yeux à lui. Dans ceux d’Harry. Dans ceux du Père Noël. Et bien d’autres. La Folie. Tout simplement. La pure Folie.

Harry s’arracha de leur étreinte et David sentit glisser sa main sur son bras. Le chirurgien eut un mauvais pressentiment. Un très mauvais pressentiment. Il essaya de reculer comme il put jusqu’au mur où il s’adossa, ayant d’énormes difficultés à encore rester debout. Il eut un gémissement de douleur quand son cœur sembla redémarrer mais avec beaucoup trop de force. De la bradycardie, il était passé à la tachycardie en très peu de secondes. Beaucoup trop peu. Il ne fit plus tellement attention à ce qu’il se passait, ses oreilles sifflaient, tout était devenu flou. Les pulsations résonnaient en écho dans sa tête. C’était ingérable. Infernal. Il entendit alors un éclat de voix. Ce n’était pas celle d’Harry. Il glissa le long du mur qu’il sentit alors trembler comme si on y avait jeté quelque chose. Il ne parvenait plus à discerner quoique ce soit. Il savait juste que les hommes avaient engagé un combat à mains nues. Enfin c’est ce qu’il avait déduit, l’ombre d’Harry n’étant plus devant lui. Il essaya de se relever, tentant vainement de reprendre son souffle. Sa respiration était devenue un râle, la sorte d’asthme qu’il faisait lors de ses crises ayant décidé de se déclencher, évidemment. Il se remit néanmoins sur ses deux pieds mais s’effondra lourdement sur le sol.

Il souffla de rage, aveuglé, assourdi, impuissant. Il ne savait même pas où il allait, ce qu’il voulait aller chercher. Il ne savait pas ce qu’il se passait dans son dos entre Harry et Eddy. Mais cela ne pouvait pas durer. Il se devait de les séparer. Il devait protéger Harry. Il s’accrocha à la poignée d’un des tiroirs du laboratoire et parvint à se hisser avec énormément de difficulté sur le rebord du plan de travail, ses jambes traînant sur le sol. Il resta ainsi, immobile, attendant de se calmer légèrement. Il jeta un coup d’œil aux deux guerriers et ce qu’il vit sembla l’électrifier : Harry était en mauvaise posture. Il n’était pas du tout en train de prendre l’avantage. Cela sembla comme réveiller celui qu’il avait toujours été même s’il avait tenté de l’enterrer. Dans la rage, son cœur se stabilisa. Dans la haine, la violence, son souffle revint et fut calme, lent, profond. Il prit un couteau, chose qu’il savait parfaitement manier. Il devait protéger Harry. Il devait protéger quelqu’un. C’était une première. Même s’il était habitué à enfoncer des lames dans le corps de ses victimes. Il marcha simplement vers Eddy et Harry. Un pas vif et franc. Son bras n’allait pas fléchir. Il ne l’avait jamais fait quand il s’agissait d’aller percer des entrailles. Ce qu’il fit. Il enfonça la lame dans la chair d’Eddy. Dans le bas-ventre, au niveau de la hanche.

Il ne bougea pas, le laissant hurler quelques secondes. Le regard de David était redevenu celui du prédateur des bas quartiers de Londres. Sans le vouloir, Eddy avait réveillé les instincts de tueur en série du gentil petit chirurgien inoffensif aux grands yeux bleu humides et au cœur fragile. Comme on le dit si bien, l’habit ne fait pas le moine. Et cette expression pouvait s’appliquer à chacun des hommes dans cette salle. Quoiqu’il en soit, il interrompit le cri de douleur du Gardien en le saisissant à la gorge avec une force qui aurait surpris Harry lui-même. Sans plus attendre, il projeta Eddy sur le sol et se mit à califourchon sur lui, ses genoux pour appuis de part et d’autres du corps de celui qui était passé de patient à victime. Il retira la lame et frappa avec la garde le visage d’Eddy. Et il recommença. Utilisant son poing cette fois-ci. Recommençant plusieurs fois. Le sang recouvrant rapidement le visage du jeune idiot sous lui. Son nez commençant même à prendre une direction pas tellement naturelle. Ses propres poings lui faisaient mal à force de se heurter aux os du visage du Gardien mais la colère, la folie l’aveuglaient beaucoup trop. Essoufflé, ses yeux bleu électriques exorbités, il se saisit alors de la gorge de sa victime avant de hurler d’une voix puissante :

- NE LE TOUCHE PLUS, CREVARD.

Il reprit son souffle et vint coller sa lame sous l’œil d’Eddy avant de reprendre d’un ton glacial :

- Si tu le touches encore, quelle que soit la manière, je t’arrache les yeux un à un. Je te coupe la langue. Je t’éventre, t’émascule, te ferait bouffer tes couilles et ta queue. J’ouvrirai ton estomac pour mettre son contenu dans ta sale gueule. Et je te dépècerai. Dis que je ne suis pas capable. Ose dire que je n’en suis pas capable. Crois-moi, je l’ai déjà fait.

Il ricana de façon parfaitement malsaine, le regard fou, son cou ayant comme des spasmes incontrôlés, un large sourire découvrant ses petites dents blanches.

- Je ne peux pas dire que tu seras mon chef d’œuvre. Je l’avais dit à la précédente déjà. Et peut-être que s’il y a d’autres humains dans ton genre, je recommencerai sans problème.

Il prenait de grandes respirations, son sourire disparaissant mais l’éclat d’insanité toujours brillant dans ses yeux.

- En fait non, je ne vais pas te laisser la vie sauve. Je vais commencer par tes yeux dès maintenant. Généralement, je tue puis je mutile. Mais je n’ai pas envie d’être tendre avec toi.

Il approcha alors la lame de l’orbite d’Eddy, calmement, la main sans aucun tremblement. Il était chirurgien. Il savait parfaitement comment mutiler un corps dans la plus grande douleur possible.
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Ven 9 Sep - 14:42



Fever

« Aaah, the world is getting blurry now. »

Harry se sentait en mauvaise posture, en soumission incertaine, comme s'il pouvait ressentir l'immonde aura presque démoniaque qui émanait d'Eddy. Il déglutit silencieusement, songeant que cela faisait assez longtemps qu'il n'avait pas intentionnellement fait de mal à quelqu'un. La fatigue qui avait quitté le corps du gardien ne s'était pas encore évaporé de celui du scientifique, toujours un peu sous le choc d'avoir des paumes pourrissantes. Le contact de l'Orbe n'avait-il pas non plus drainé ses forces ? Il ne pouvait pas le savoir, si savoir si cela se ferait dans les prochaines minutes ou pas. Immobile, ses yeux en or noir observait son interlocuteur silencieux, essayant de le mettre au pas par sa simple présence. Il faisait parfois cet effet aux amnésiques et aux déments. Le simple fait de s'avancer vers eux en leur disant son nom les faisait fuir d'effroi, même à présent qu'il avait si profondément changer. Si profondément d'ailleurs qu'il ne savait pas comment il gérerait une telle jeunesse. Un coup d'oeil non loin de lui assura à son esprit qu'il avait bien entendu posé son fouet derrière la table d'opération, avec un baton et des ceintures de cuir. Le vétérinaire se mordit les lèvres mais n'eut pas longtemps à attendre avant d'avoir une réaction. Une voix presque désincarnée se décharna des lèvres pendantes du nouvel "Eddy" qui se trouvait en face d'eux, les yeux vides...ou alors bien trop rempli de vase, passant de l'un à l'autre des scientifiques.

Soudainement, un coup d'éclat d'un seul le fit perdre l'équilibre. Violemment, son dos percuta le mur qui se trouvait derrière David. Downcry n'avait pas eu le temps de répliquer qu'il était déjà dominé. Cette pression sur son corps, ce genoux qui s'approchait de son entrejambe pour y appuyer presque convulsivement. Le dégout pouvait se voir sur le visage d'Harry, tandis que son cou se faisait l'otage du nez du gardien. Quel était donc cette soudaine force qu'il n'avait pas avant...? A moins que...que tout ceci c'était que de l'habile comédie depuis le début ?! Comment avait-il pu être assez stupide pour accepter de baisser sa garde pour son assistant...lui qui avait décidément trop bon coeur avec l'humanité de ce manoir infesté. Harry aurait du se tenir prêt, au lieu de cela, il essayait avec peine d'arracher ses poignets à la force d'acier d'Eddy. Cette émotion de détresse, ce sentiment d'être aussi désespéré et sans aucun espoir face à un être plus puissant que soit...Cela faisait des années qu'il ne l'avait pas ressenti. Et la dernière fois où cela s'était produit, le vétérinaire avait eu envie de mourir, il n'avait personne. Cette fois-ci, il avait David à protéger coûte que coûte. Au fond de son coeur, il était prêt à subir toutes les horreurs de ce monstre juste pour qu'il en soit parfaitement épargné. Ce qu'il essayait vainement de dire, au travers du sifflement de sa respiration coupée.

- Si...si tu..tu touches à....David, je...te...tue...fait moi...ce que...tu veux...mais...ne le touches pas...sinon je...je te tuerai...

Le contact de ce corps immonde lui donnait envie de vomir, surtout que celle-ci semblait prendre totalement son pied à le voir être ainsi soumis. Mais tandis qu'il se battait pour sa liberté, car malgré sa phrase, il n'allait pas se laisse faire...un coup de couteau traversa le ventre d'Eddy. Si fin qu'il était d'ailleurs que la lame alla chatouiller de deux centimètres l'intérieur de la propre hanche d'Harry. Il poussa un mugissement de douleur mais serra les dents, car il savait d'où cela venait. De son regard devenu jaune et humide, il voyait le gardien tomber à terre tandis que David derrière lui le menaçait. Une petite tache de sang commençait à poindre à travers le tissu de la chemise qu'il portait, ainsi que celle d'Eddy. Son assistant le traina au sol et continua de lui massacrer le visage à coup de garde. Harry recula un peu pour reprendre sa respiration et fut aussitôt horrifié par ce qu'il voyait. David lui non plus n'avait plus de mal pour se déplacer. Toute la haine de son visage aurait du le flatter...qu'il se batte ainsi au delà de son coeur malade pour le défendre. Mais la suite, la suite fit taire ce petit coeur malingre de vétérinaire. Son petit chaton, l'homme de sa vie, qu'il savait être ce qu'il était, devenait pourtant plus immonde que ce qu'il avait jamais fantasmé dans sa vie. Il devait arrêter cela, mettre un terme. Tant pis que l'autre ne meure pas, il succombera très certainement de ses blessures. De toute façon, Harry avait en tête qu'il méritait de se faire attaquer pour toutes les personnes qu'il avait pu attaquer. Qui ne disait pas que ce monstre était en fait le frère d'une femme ou d'un homme qu'Harry aurait longuement sexuellement torturé dans ses instants d'égarements glacés ? Lentement, le scientifique s'approcha du médecin et enserra ses bras autour de ses hanches, remontant à sa taille, se mettant à genoux dans le même temps.

- Arrête...arrête David non...s'il te plait...ne fais pas ça, laisse le s'enfuir, il mourra de sa blessure dans les couloirs...peut-être même qu'elle s'infectera...s'il te plait...ne deviens pas comme lui...mon chaton...

Harry eut les larmes aux yeux tandis que la blessure à la hanche le piquait très légèrement. Toute cette folie, il n'en voulait pas, il ne voulait que son rêve. Mais un rien dégénéré si vite entre ces murs. Il tremblait littéralement tout en le serrant pour l'empêcher de s'attaquer davantage au gardien. Il avait peur. Peur de ce que les deux pouvaient faire, leurs esprits égarés contre le sien. Mais s'ils n'étaient tous que des esprits brisés, alors pourquoi ne parvenait-il pas à faire sortir le sien...? Pourquoi cette bête intérieur n'était capable de sortir que pour jeter des bouteilles d'alcool vide sur le mur, pleurer pendant des heures et massacrer le coeur de tout ceux qu'il aimait ? Il avait détruit de nombreuses vies, et aujourd'hui il ne pouvait que lentement détruire la sienne. Les leurs pouvaient encore se défendre. Mordre. Tuer. Violer. Assassiner. Etrangler. Manger.

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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Ven 9 Sep - 15:58


Fever

«You wash your mouth, you pray for truth»

Le cri que la créature poussa fut strident, certes, mais pas autant que celui que j'avais poussé quelques minutes auparavant. Quand j'étais encore propriétaire de mon corps. Étonnamment, je n'allais pas tarder à le récupérer. Et en bien mauvais état.

Lorsque David enfonça la lame d'acier dans sa chair, la créature se redressa, tordue de douleur, et relâcha l'emprise qu'elle avait sur Harry. David l'attrapa par le cou, la plaqua au sol, et la roua de coups. Son visage se couvrit de sang. Le mien. Son nez se fracassa. Lorsque David cessa d'abattre ses poings sur elle, la créature, intérieurement, se replia sur elle-même et disparut dans les ténèbres. Quelle connasse. Faire ce qu'elle veut, et me laisser me débrouiller avec le reste. Au moins, elle était partie, et pour un bon bout de temps.

Je repris possession de mon corps. J'analysais chaque partie de mon corps avec attention. Mes jambes n'avaient pas été touchées, mais je ressentais le contre coup de la gigantesque impulsion que la créature avait faite pour surprendre Harry. Mon bas-ventre saignait abondamment. Il faisait un mal de chien. Mon épaule, à peine remboîtée, devait s'être fracassée à nouveau. Et ne parlons pas du nez. Je n'arrivais plus à respirer qu'avec la bouche. Et encore, celle-ci était remplie de sang. Mes yeux étaient remplis d'un mélange de larmes et de sang, pas pratique pour voir devant soi. Mon cœur battait toujours très rapidement. Au moins, il battait, c'était déjà ça.

Quelque chose avait changé : il n'y avait plus de fièvre. Disparue avec la créature dans les profondeurs de l'Enfer. Ce fut une étrange sensation de retrouver une tête à peu près intacte. Ma tête ne tournait plus. J'étais enfin libéré de cette lave en fusion.

David me menaça, sans remarquer que j'avais repris le contrôle de mon corps. Il devait encore penser que je n'étais pas moi-même. Ou que j'étais devenu fou. Les deux se valaient. Lui aussi semblait avoir changé : il n'était plus le petit assistant soumis à son supérieur. Une étincelle s'était allumée dans son regard. Une étincelle de meurtre. Il avait toujours son couteau en main. Il était couvert de sang, le mien, je le savais. David ne tremblait pas : il savait ce qu'il faisait. Avec la précision d'un chirurgien, il approcha son couteau de mes yeux. Je ne résistais pas. Je n'en avais plus la capacité physique : mon épaule était une nouvelle fois brisée, et l'autre ne m'aurait servi à rien. Je n'en avais pas la capacité mentale non plus. N'était-ce pas la punition que je méritais pour ne pas avoir cherché à éliminer cette créature plus tôt au lieu de la conserver en moi tout ce temps ?

Au dernier moment, Harry retint David. Pourquoi...? Je méritais ce qui m'arrivait. Toutes ces fractures, ces plaies, ce sang, c'était le prix à payer. J'en voulus presque à Harry de retenir David. Il le supplia de me laisser en l'état. Lui aussi avait changé : le voir suppliant n'était pas habituel, ça se ressentait. Lui, le Docteur, le supérieur, le maître, retenant son assistant de ses bras, ce n'était vraiment pas habituel.

Peu importe. Dans l'état où j'étais, la mort n'était pas loin. Pour la deuxième fois de la journée, la mort vint me frôler. Je ne dirai pas que j'étais habitué, mais cette fois, j'étais prêt. J'aurais pu mourir maintes fois par le passé. Le jour était finalement venu. Mon sang coulait à flot contre mes flancs et de mon nez sur mon visage. Je n'arrivais presque plus à respirer. L'air commença à manquer. Cette fois, ça y est, j'y étais.

Quelque chose changea. Le sang ne coula plus. L'air revint dans mes poumons. Qui essayait de m'empêcher de mourir ? J'avais pourtant demandé à ce qu'on me laisse pourrir dans mon coin. Je baissais les yeux pour essayer d'entrevoir la plaie de mon ventre. Était-ce possible ? Comment pouvait-elle se refermer toute seule ? Qu'est-ce qui se passait avec mon corps ? Trop de questions. La plaie se referma, comme toutes les autres. La flaque de sang sur le sol cessa de grandir. Seuls les os cassés restèrent en l'état. J'allais vivre.

Ma créature avait été vaincue. En était-il de même avec celle de David... ?
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Ven 9 Sep - 16:39



Fever.

« IT'S WHAT YOU'VE DONE, IT'S WHO YOU ARE. »

Le sang, la sueur, les larmes. Cela faisait longtemps que David n’avait pas eu un tel contrôle sur sa victime. Même si la dernière remontait à quelques mois auparavant. Il avait jalousement tué son principal rival pour Harry d’ailleurs. Mais il n’en avait que faire. Harry était à lui tout comme il était à Harry. Et il le protégerait contre tout. Quitte à montrer ce qu’il y avait de pire en lui. Cette soif de sang, de sueur, de larmes. Il eut un sourire cruel quand il s’apprêtait la pointe de sa lame dans la cornée de son patient quand il sentit une paire de bras enlacer sa taille. David perdit son air sadique et fronça doucement les sourcils, ne comprenant pas. Harry avait toujours été le premier à vouloir tuer des gens. C’était même ainsi que c’était passé leur rencontre. Il se tourna vers son chéri et le regarda, l’écoutant religieusement. Ne pas devenir comme lui ? Concrètement, Eddy n’avait pas fait grand-chose par rapport à ce que lui, avait fait dans le passé. Et pourtant, Harry le savait. C’était plutôt au Gardien à ne pas devenir comme le Scientifique qui avait tenté de lui crever les yeux. David baissa cependant son bras, se décidant à écouter son chéri pour une fois.

Il se leva, n’ayant pas fait attention à la blessure d’Eddy qui s’était refermée toute seule. Il aida son homme aux yeux humides à se relever à son tour avant de remarquer la petite tache rouge qui se propageait sur le blanc de la chemise de son amour. Il comprit rapidement qu’il avait mis tellement de force dans son couteau qu’il avait transpercé Eddy et même attaqué la chair d’Harry. Il pâlit à vue d’œil, chassant les dernières traces de folies dans son regard ayant regagné leur bleu azurin. Il soupira tristement et se pinça l’arête du nez, s’infligeant toutes les punitions mentales inimaginables dans son esprit. Il fit un petit sourire désolé à Harry avant d’aller vite chercher de quoi désinfecter et voire même recoudre. Il en avait complètement oublié Eddy mais il s’était dit que dans son état, il ne pourrait même pas se relever. Il se lava les mains afin d’enlever le sang du Gardien, ce qui révéla quelques écorchures à ses articulations des phalanges, causées par les coups répétés qu’il avait assénés à sa victime. Tout penaud et culpabilisant, il revint vers Harry et se mit à genoux devant lui pour être à la hauteur de la blessure afin de la nettoyer. Il savait que son chéri lui faisait confiance mais il faisait quand même preuve de la plus grande douceur et délicatesse dont il était capable.

- Je suis désolé mon cœur… Je ne voulais pas te faire de mal… Tu te sens bien…? Tu n’as pas de vertiges ni rien ? Tu devrais t’asseoir, chéri…

Il était toujours pâle, ne sachant pas trop quoi faire, ne parvenant pas à croiser le regard de son amour. Il releva un pan de la chemise et passa un linge humide sur la plaie de son chéri avant d’enlever le sang. Harry étant plus grand qu’Eddy, il ne l’avait pas frappé dans une partie vitale. Il y avait juste le sang qui était peut-être impressionnant mais il n’y aurait aucune conséquence, aucune séquelle. Il soupira en songeant au fait qu’une fois de plus, les êtres humains l’avaient déçu. Il avait accordé sa confiance à ce petit Gardien fiévreux et au final, voilà où cela avait fini : le sang de son Harry avait coulé. Il n’était qu’un bon à rien beaucoup trop naïf. Il se tourna vers Eddy, ne pouvant cacher sa mélancolie et sa déception, et dit d’un froid mais doux :

- Pars.

Il releva la tête vers Harry et lui sourit tristement.
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Si Deus Me Relinquit.
I'm scared to get close and I hate being alone. I long for that feeling to not feel at all. The higher I get, the lower I'll sink. I can't drown my demons, they know how to swim. Can you hear the silence? Can you see the dark? Can you fix the broken? Can you feel... can you feel my heart? ©️ by Sun  
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Ven 9 Sep - 17:02



Fever

« Aaah, the world is getting blurry now. »


Harry le serrait très fort contre lui, savourant ce contact plus que la sécurié même. Il n'avait pas peur de son chéri. Même s'il connaissait la bête intérieur qui dévorait son coeur. Il n'y avait rien de plus puissant que ce sentiment là, qui dominait sur tous les autres. La douleur de la blessure n'existait plus, qu'importe s'il avait un minuscule trou dans le corps de deux centimètres sur peut-être quelques milimètres, rien qu'une fente. Il ne voulait pas d'un mort de plus dans la conscience de David. Quoiqu'il ait pu faire dans le passé, tout faisait justement parti de ce passé. Le docteur assistant était un nouvel homme maintenant, et rien ne devait salir cette blanche colombe que l'on avait scultpé à la force d'une liqueur aussi terrifiante que résolvatrice. Le vétérinaire fut pourtant obligé de se relever, offrant un sourire à David qui perdit lentement le contact avec cette bête. Il lui semblait voir des mains mentales qui reprennaient la corde sous contrôle. Aussitôt parti chercher de quoi soigner cette vilaine blessure, Harry fut amusé de le voir à genoux devant lui, comme pour une douce gâterie. Bien que la chose soit ici extrêmement différente, cela ne l'empêcha pas d'en glousser une part.

- Ne t'en fais pas...je vais très bien, c'est juste une égratignure, l'important c'est que toi tu ailles bien...

Trop peu mais bien dit, les choses ne sont jamais visiblement ce qu'elles semblent être. Fronçant les sourcils de peur que l'indivu ne se redresse, Harry jeta un coup d'oeil au gardien. Le voilà...comme à nouveau changer. Lui aussi porter une bête en lui qu'il ne maîtrisait pas toujours. Mais quand bien même cette "innocence" était avoué, Harry n'avait pas pour vocation de sauver toutes les bêtes intérieurs. Il ne voulait que celle de l'amour de sa vie. Le reste n'avait pas d'importance. Eddy n'avait pas d'importance. Le regardant se relever potentiellement, Harry put observer la blessure qui avait occasionné la sienne. Elle était entièrement propre et le seul sang qui restait était ceux sur le vêtement et le sol. Non seulement tu salis le carrelage, mais en plus tu n'en profites même pas pour mourir et laisser les braves gens tranquille ? Harry soupira un peu et croisa le regard de David à qui il sourit de tout son amour. Ce regard de la couleur de l'or tremblait un peu, non pas à cause de la blessure mais aussi à cause de la fièvre précédente.

- Je n'arrive pas à croire...que tu ais réussi à me sauver, quand je pense que j'ai failli me faire...certainement tuer...ou pire, violer...

Il eut un petit rire, et eut clairement la tête qui tournait. Mais il essayait de garder fier allure, tout en s'asseyant sur le tabouret non loin. Harry ne voulait surtout pas que David s'en veuille. Il avait fait la chose qu'il fallait au moment où il fallait le faire. Harry fronça doucement les sourcils et regarda à nouveau le gardien.

- Fait attention quand même, sa blessure s'est résorbé...un scientifique a déjà du faire joujou avec lui, sois prudent...

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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Ven 9 Sep - 19:04


Fever

«You wash your mouth, you pray for truth»

Je voulais mourir.

Tant de gens veulent survivre. Ils essaient de persister dans ce monde sans merci. Moi, je voulais l'inverse. Je ne voulais plus survivre. Je ne voulais plus vivre. Je voulais mourir.

Comment avais-je pu garder une chose aussi terrifiante en moi ? Je savais pertinemment qu'elle était là, en moi, attendant le bon moment pour sortir à nouveau. J'espérais juste que ce soit le plus tard possible. Elle n'était pas de mon avis. Trop de ravages avaient été faits par ma faute. Deux hommes avaient été blessés. Trop de choses gaspillées. Trop de choses détruites. Dont moi.

Je m'en voulais de ne pas avoir fait la moindre chose pour détruire cette créature. Après qu'elle se soit montrée pour la première fois, je n'avais pas eu le courage d'aller voir un homme de compétence. Je l'avais enfouie sous moi. Et je venais de le faire à nouveau. Bien qu'affaiblie, elle reprendrait des forces et sortirait une prochaine fois, dans un mois, dans un an, dans dix ans, peut-être. Et je voulais tout sauf ça. Si je mourrais, elle disparaîtrait avec moi.

Ma blessure se résorba d'elle-même. Je ne sais pas comment ni d'où c'était possible, mais elle se referma sans aucune aide médicale que ce soit. Je sentais mes os se remettre petit à petit en place, mon nez reprenant progressivement une forme normale. Mon épaule aussi reprit sa place. La douleur fut bien petite comparée à tout ce que j'avais enduré aujourd'hui. A u moins, la fièvre était partie. Maigre soulagement.

Tant bien que mal, je me relevais doucement et quittais le laboratoire, laissant David et Harry seuls. C'est ce que j'aurais du faire il y a bien longtemps. Les couloirs étaient sombres et froids. Je m'appuyais contre les murs pour ne pas tomber, tant j'avais si peu de force. Les couloirs semblaient ne pas finir. Je finis par trouver un escalier, que j'empruntais sans même savoir où il me conduirait.

Je me retrouvais dans la cour intérieure. Il faisait jour. Il faisait bon. Une légère brise rendait le tout agréable. Alors que je marchais doucement pour traverser la cour, j'aperçus une serre. Je m'y dirigeais, avec l'espoir de trouver les plantes qui provoquent un arrêt cardiaque. J'en trouvais certains plants, avec quelques branches dénuées. Sûrement celles dont Harry avait prélevé les feuilles. J'en pris une grosse poignée, que je serrai fort contre moi. Je retournais ensuite dans ma chambre, et fermais la porte à clé. Je plongeais les feuilles dans un bol d'eau, qui devint verdâtre en quelques minutes. Une potion de mort. La mienne.

Je m'assis sur mon lit. La culpabilité me rongeait peu à peu. Je pensais déjà à ceux que j'allais probablement rejoindre après la mort. Des amis. Des amours. Et tant d'autres. Mieux vaut être avec eux que dans ce Manoir. Je ne voulais plus être un semeur de catastrophes. Je ne voulais plus que la créature se réveille à nouveau. Je ne voulais plus me regarder dans un miroir. Je ne voulais plus vivre dans ce monde rempli de cruauté. Je ne voulais plus vivre dans ce manoir. Je ne voulais plus vivre.

J'avalais le bol en quelques gorgées, puis je m'allongeais sur mon lit sans me déshabiller. La potion fut son effet : pour la dernière fois de cette journée, je plongeais dans le noir. Pour la dernière fois tout court, d'ailleurs. Lorsque je rejoins l'entre de l'inconscience, un sentiment de soulagement m'envahit. Plus personne n'aurait à endurer la souffrance que je répands. Je voulais simplement partir. Dormir. Mourir.

La Mort ne vint jamais. C'est Morphée qui vint à sa place.

Même la Mort ne voulait pas de moi.
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Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini]

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