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Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini]

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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Mar 6 Sep - 22:29



Fever

« Aaah, the world is getting blurry now.  »

Assis sur le tabouret, Harry ne put que ronger son frein devant la réaction glacial de David. Cette arrogance à travers son regard. Il ne savait rien de tout ce que venait d'apprendre Harry, mais venait encore faire sa leçon de moral au vétérinaire. Cet insuppportable calme. Evidemment que ça allait bien se passer. Monsieur avait tout sous contrôle. A cette seconde, Harry avait juste envie de se concentrer sur le plus important. Ce pour quoi on les avait enfermer là. Cet Orbe qui était la cause de tous leurs maux, mais très certainement également de tous leurs bonheurs. A cette seconde, au lieu de s'occuper du gardien en train de glisser de leurs doigts, il voulait s'asseoir et écrire une longue lettre à Rockwood. Pour cela, il devait attendre que ses mains reviennent à leur état naturel. Lorsqu'il sentit les mains de son assistant au contact de ses joues, le regard de Downcry devint noir. Cette présomption évidente qui mettait Harry hors de ses gonds. Mais il devait tenir bon – garder le contrôle. Rien ne pourrait être pire que s'il se lâchait à sa bête intérieur. David croyait qu'il était en train de paniquer, mais il devait pourtant savoir à quel point il pouvait réellement perdre son sang-froid. A l'instant précis, malgré toutes les apparences, le vétérinaire savait parfaitement ce qu'il faisait. Se mordant l'intérieur de la joue pour ne pas cracher une méchanceté au visage de son méprisant petit-ami, il le regarda partir chercher des glaçons. A cette vision, il ne put s'empêcher de lacher un rictus. Comme si des glaçons pouvaient empêcher quoique ce soit dans cette machination surnaturelle. Seul le temps pouvait gérer des infections pareilles.

- Faites donc, Docteur.

Il se releva alors, tenant encore les glaçons dans ses mains. Clairement, ce n'était pas un euphémisme de dire que la sensation était désagréable. Mais cette température lui faisait au moins penser à autre chose qu'à l'impertinence de son assistant. Il n'avait même pas envie de se venger, de lui faire du mal, ou bien de lui prouver plus intimement qui mener la dance. Car il savait pertinemment ne pas être celui qui tenait les rênes. Bien qu'il n'avait aucun doute sur qui tenait la réflexion la plus aboutie entre les deux, ne vous en déplaise. Serrant profondément les dents et tournant en rond comme un chacal dans sa cage, il ne vit David qui se rapprochait de lui, montrant toutes les faces de l'apaisement. Mais le médecin pouvait être aussi agréable que possible, cela ne changeait rien à la plus pénible vérité. Il ne savait pas. Il ne voyait pas. Le baiser qu'il lui laissa sur le front lui arracha pourtant un sourire mélancolique, redonnant une étincelle d'or à la noirceur soudaine de son regard. Harry l'observa partir accomplir la suite de ses ordres. Mais il connaissait déjà l'issue de cette altercation. La réponse se fit donc aussi prévisible qu'évidente. Lorsque dans un silence mortuaire, David glissa son regard presque blanc vers lui, l'intimant d'attendre dans le calme que les choses évoluent, Harry soupira.

- Tu ne m'apprends rien. Je savais que notre patient serait dans cet état. Ma propre situation ne fait que confirmer mes doutes et mes craintes. Quant à attendre...bravo, je ne doutais pas qu'un médecin comme toi finisse par trouver une aussi intelligente solution. Ha !

Ne lui laissant pas le temps de rétorquer, Harry se rapprocha d'Eddy, observant rapidement son corps. Oui, il n'était pas un éminent médecin, il n'avait pas un diplôme de chirurgie et ne savait que parler aux animaux. Mais s'il y avait bien une chose qu'il savait faire, c'était réfléchir. Mettre en lien de corrélation des choses auquelles personne n'avait encore penser. Il était la tête pensante de Scotland Yard, la matière grise que les inspecteurs s'arrachaient pour terminer leurs enquêtes avant le dîner. L'Orbe était la clé de tout. Et en cette journée historique, il venait d'en déterminer les grandes largeurs de son fonctionnement. Grâce à lui et à ce Monsieur De La Fougère, paix à son âme. Tapotant d'un air embêté la table d'opération, il retourna fouiller les notes de ce scientifique français. Son cerveau en éllubition ne pensait plus à l'alcool. Son essence n'était que l'excitation de la découverte.

- David. Il est déjà clairement établi que seul l'écartement de l'Orbe d'un organisme humain puisse arrêter le processus de pourrissement se déclenchant par ailleurs à retardement. L'Orbe...mange la chair humaine. C'est en tout cas ce que nous pouvons en déduire. Il la mange car à son énergie, dépassant les matériaux. Peut-être que nous sommes tous infecté lentement depuis le début, à une plus ou moins grande échelle. Qui sait jusqu'où peut s'étendre l'aura d'une telle chose. Je n'avais encore jamais vu quelque chose d'aussi prometteur.

Il repensa alors à ses symptomes. Les énuméra dans sa tête, tandis que ses jambes le portèrent encore un peu partout dans le laboratoire, l'aidant à la réflexion. Il se sentait pousser des ailes tandis qu'il regardait la paume de ses mains comme un illuminé. Quelqu'un venant de trouver la clé des champs. Un grand rire s'échappa de ses lèvres alors qu'il arrachait son regard de ses paumes.

- Ne me demande pas de me calmer, car je n'ai jamais été aussi bien de ma vie. Maintenant, ton Eddy, sous tes MERVEILLEUX soins, va s'en sortir après quelques heures de sommeil. Mon patient et moi seront les sujets 1 et 2 de cette nouvelle analyse post-expérimentation.

Magnifique. Il ne pensait même pas à cette fiole qu'il avait évidemment vu passer de David à cet homme. Il se forçait à creuser sa cervelle pour ne pas y penser. Parce qu'y penser amènera quoi, très sincèrement ? Pour le moment, avait-il vraiment le courage de se tenir devant son amour et de lui gueuler putain de merde c'est quoi cette chose ? Qu'est-ce que tu me caches encore ?! Non. Rien de tout cela n'était envisageable. Il voulait juste penser à cet Orbre, à ce chemin de croix qu'il venait d'ouvrir avec son esprit. C'était si bon de se retrouver un nouveau challenge. Son père serait fier de lui.

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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Mar 6 Sep - 23:28


Fever

«You wash your mouth, you pray for truth»

Une douce descente sans fin. La lumière du jour me paraissait si loin. En fait, je ne savais même pas si je flottais ou si je descendais. C'était assez difficile à savoir. Tout autour de moi n'était que néant. Du noir, encore du noir, toujours du noir, inlassablement du noir. Je ne voyais même plus mon corps. En avais-je un toujours ? Même ça, je ne le savais pas. Il n'y avait plus rien. Plus de gravité. Plus de son. Plus de lumière. Plus d'odeur, ni de goût. Plus d'écho. Plus de douleur. Plus de vie. Plus rien.

Alors, finalement, était-ce donc ça, la mort ? Un état de flottement sans plus aucune sensation ? Je ne dirais pas que j'étais déçu, mais j'étais surpris, disons. Beaucoup disent que la mort est tout sauf indolore. Je pourrai enfin prouver le contraire ! Mais bon, qui allait écouter un gamin de 21 ans ? Ce serait assez drôle d'emmener tous les scientifiques du pays à la limite de la mort pour leur montrer que, finalement, il n'y a pas de douleur. Peut-être qu'enfin, toutes ces théories aussi farfelues les unes que les autres allaient enfin être décrédibilisées. Surtout, personne ne m'écouterait tout court : j'étais sur le point de mourir.

Qu'y avait-il après la mort ? Si la mort en elle-même n'est qu'un flottement, qu'allait-il se passer ensuite ? Même si j'avais perdu la foi il y a bien des années, peut-être que le Paradis existait vraiment ? De quoi était-il fait ? Peut-être de lumière blanche, de nuages, et d'anges qui virevoltent partout. J'avais entendu un autre de ces pauvres prêtres à l'église dire à une de ces dames qu'au Paradis, on pouvait trouver l'Arbre de la Connaissance, et que si l'on croquait une des pommes, on pouvait tout savoir sur ceux qui nous ont entourés. J'avais hâte de goûter à ces pommes. Je me suis toujours demandé ce que les gens ont pensé de moi. Ils ont dû sûrement se dire que j'étais un garçon assez étrange. Probablement. Je vérifierai ça.

Ou alors, peut-être que je descendais en Enfer ? J'avais perdu la foi, Dieu me bannissait donc de Sa protection. J'espérais que l'Enfer n'était pas fait uniquement de flammes ardentes et de rochers. J'ai toujours détesté les hautes chaleurs. Sauf la chaleur humaine. Celle-là, rien ne peut l'égaler. Et puis, à quoi ressemblait Satan ? On le décrit souvent comme un être humanoïde à la peau rouge, avec une barbe et des cornes. Pas vraiment ce qui m'attirait le plus chez les hommes. Peut-être qu'avec quelques battements de paupières, je pourrais m'occuper de son sceptre, si vous voyez ce que je veux dire. Et ça pourrait m'éviter les travaux forcés éternels que l'on décrit dans la Bible.

Cependant, comme je n'étais plus catholique, et que, dans cette logique, le Paradis et l'Enfer n'existent pas, alors où allais-je ? Peut-être que j'étais destiné à flotter dans ce noir jusqu'à la fin des temps. Ceci dit, ce n'était ni agréable ni désagréable. Juste un peu frustrant. Peut-être que d'autres personnes, athées comme moi, flottaient également dans ce vide ? Ce serait amusant. Mais pour l'instant, je ne distinguais personne d'autre. Il n'y avait plus que moi. Seul.

J'avais lu dans un livre que celui qui meurt se réincarne dans un autre corps à peine né. Je ne sais plus vraiment s'il était fiable, mais peut-être que j'allais me voir attribuer un nouveau corps ? Le signe d'une nouvelle vie, d'un nouveau commencement. Peut-être que j'allais enfin avoir une vie meilleure que celle que j'avais eue.

La douleur revint. Brutalement. Comme le tonnerre s'abat sur les arbres pendant une tempête. Le néant se remplit de douleur. Une douleur aiguë. Chaque molécule de mon corps était remplie de cette douleur. J'avais donc toujours un corps. Et le mien. Je n'allais pas vers une vie nouvelle, je reprenais la mienne là où je l'avais laissée. Le noir du néant fit place à la lumière. Je ne descendais plus, je remontais. Je remontais à la surface, celle de la vie.

Mes poumons vidés d'oxygènes firent faire un spasme à mon corps. Je n'avais jamais inspiré autant d'air d'un seul coup. La lumière du laboratoire m'aveugla. Mon cœur s'emballa. La sueur inonda mon corps. J'étais revenu à la vie.

Je mis quelques minutes à rassembler mes forces. Pendant ces quelques minutes, les deux hommes du laboratoire parlaient rapidement et fort. Je ne compris pas grand chose, à part ''Orbe'', ''patient'', ''chair humaine'', et mon prénom. J'eus du mal à retenir un sursaut. Comment se souvenaient-ils de mon nom ? D'habitude, personne ne retient vraiment mon nom. Et puis, qu'est-ce qu'ils disaient propos de moi ?

- Qu'est-ce... Qu'est-ce qu'il s'est passé...?

Je tournais la tête. L'un deux, celui au beau costume, avait l'air mal en point, énervé, et émerveillé à la fois, ce qui me surprit. L'autre semblait plus calme. Je donnerais tout pour sentir encore ses mains sur mon visage.

Je posais enfin la question que j'aurais dû poser en premier.

- Qui êtes-vous ?
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Dernière édition par Eddy J. Adkins le Sam 10 Sep - 17:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Mar 6 Sep - 23:59



Fever.

« IT'S WHAT YOU'VE DONE, IT'S WHO YOU ARE. »

Harry partit dans un monologue arrogant et hautain, prenant David de haut, ce que ce dernier prit extrêmement mal. Il ne fit pas attention à Eddy qui reprenait son souffle et préféra croiser ses bras avec désinvolture. Le vétérinaire lui lança une nouvelle pique, soit disant sur l’intelligence. David s’efforçait à prendre sur lui mais avec la pression qui redescendait, il avait la désagréable impression qu’il était en train d’atteindre un point de rupture. Ses nerfs étaient forts pour gérer les situations de crise et d’urgence, mais il y avait toujours un contrecoup où ils finissaient par lâcher. Harry partit dans son monologue sur l’Orbe dont David se foutait complètement. Ce n’était pas parce qu’il avait trouvé quelque chose au péril de sa vie qu’il devait en être fier et encore lui en faire part avec une condescendance palpable. Il l’écoutait, cependant. Il écoutait ses arguments, ces explications. Il ne trouva aucun défaut dans son raisonnement, mais ce n’était peut-être pas la peine de l’étaler avec orgueil. Il jeta un regard du coin de l’œil à son supérieur qui avait l’air presque démentiel suite à sa découverte. David ne sut trop comment réagir, il était tout autant satisfait que lui qu’il ait fait une progression majeure mais il pensait en même temps que ce n’était peut-être pas bon de l’encourager. Puis il était fatigué… Et Harry qui faisait maintenant preuve de sarcasmes. Il ne put que murmurer :

- Oui, oui, Harry, c’est bien… Va jouer les cobayes…

Il soupira et rangea ses affaires, se passant une main sur le visage. Il se rapprocha d’Eddy, lui tendit un verre d’eau et jeta un coup d’œil à son chéri qui l’avait achevé dans son agacement avec sa dernière petite remarque. Silencieux et évitant de croiser son regard, il prit un stéthoscope et commença à vérifier cœur et poumons de son patient. Harry faisait le jaloux parce qu’il avait fait du bouche-à-bouche à Eddy pour le sauver… On avait tout vu. Une crise de jalousie pour un sauvetage. Le vétérinaire était en effet doux et gentil quand il le voulait mais il pouvait néanmoins devenir le plus gros égoïste que cette Terre ait porté. Il ne l’avait pas embrassé non plus. Ce n’était pas de sa faute si l’anatomie humaine était faite de manière à ce que l’air passe par là où l’on embrasse les gens. Il soupira encore, las, fatigué, se repositionnant à côté de la table d’opération une fois qu’il eut fini de ranger son matériel. Eddy revint alors suffisamment à lui pour poser quelques questions parfaitement légitimes. David répondit alors :

- Tu as fait un arrêt cardiaque mais j’ai réussi à faire redémarrer ton cœur. Je suis David Williams et voici Harry Downcry, mon assistant.

C’était un affreux mensonge. Un affreux mensonge qui résultait uniquement d’un lapsus lié à la fatigue. Il n’avait même pas fait attention de toute façon. Il avait parlé naturellement, se mélangeant les mots. Mais après tout, cela ne devait pas avoir énormément d’importance. Ce n’était qu’une phrase composée juste de mots.Mais bon, après tout, Harry avait même été moins utile qu’un assistant ou même un stagiaire. S’il avait de l’énergie pour réfléchir malgré ses paumes, il aurait pu au moins essayer de s’investir un peu plus rapport à son patient. Mais bon, Harry était Harry.
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Mer 7 Sep - 0:42



Fever

« Aaah, the world is getting blurry now.  »

Harry n’entendit pas les premières paroles de David, celle maugréait dans sa barbe, silencieusement. Comme une injure qui se tait. Le vétérinaire était fou de joie à l’idée d’avoir découvert cette avancée majeure pour le Lord Rockwood. Peut-être aurait-il droit, lui et David, à une récompense ? Et s’ils étaient autorisés à sortir plus tôt que prévu ? Ou alors à juste prendre des vacances ? Au bord de l’eau, dans la Manche. Lui, David et un chien de compagnie en tenue de bain, le tout dans le sable chaud, avec la conscience d’un travail bien accompli. Des rêves pleins de bonheur se mettaient dans sa tête, s’imaginant revoir des décors différents, enfin. Tout ça avait peut-être valu la peau de ses mains, mais qu’est-ce que la science sinon un art où l’on doit se dévouer corps et âme. Si ici, il n’y avait plus d’âme à offrir, le corps venait de démontrer son utilité. C’était un petit pas pour la science, mais un grand pas pour leur liberté. Tout beau sur son petit nuage, la chute n’en fut que plus violente quand il entendit David, dont la voix se fit plus ferme, parler à leur « patient ». Bien qu’il n’avait de patient que le fait que David n’en occupait. Harry n’en avait pas voulu, il y avait assez de gardiens comme ça pour en plus sauver la peau d’un gosse. Assistant ? Alors qu’il était en train de se décomposer au nom de la science, il venait le traiter d’assistant ? Alors qu’il prenait depuis le début toutes les décisions ? Que la vérité s’était offerte à ses yeux grâce à ses connaissances et son intellect ? Assistant. Le mot sonnait comme la plus parfaite indifférence de David à tout son travail. S’approchant alors également de la table d’opération, Harry tapota sans ménagement la jambe d’Eddy et lui jeta un coup d’œil rapide. D’un coup d’un seul, une gifle monumentale traversa le mur du son pour se projeter sur le visage de David. Garder le contrôle.

- Assistant ?! David Williams, tu vas m’écouter, une bonne fois pour toute, peut-être même la seule fois de ta vie. Tu peux ne pas me prendre au sérieux et dénigrer mes compétences médicales. Tu t’en fous peut-être, mais cet Orbe, et ce que je viens de découvrir…c’est peut-être la clé qui nous fera sortir d’ici. Avoir une véritable vie. Peut-être que tu te plais ici, à jouer les bons samaritains avec les déchets dans ce genre, à te racheter une conduite dans les ténèbres. Mais moi je veux sortir, je veux que les Adler sortent pour me réconcilier avec eux et avoir de véritables amis, je veux revoir mon père avant qu’il ne soit trop tard,  je veux emmener mes chiens à la plage et avoir une famille…Quitte à le faire sans toi, si tu te complais ici, qui te croit bon parce que tu t’acharnes sur des futurs cadavres sans espoirs….et…

Harry ne put terminer son monologue, sa voix se serrant petit à petit dans des larmes qu’il retenait avec force d’efforts. Oui, il voulait tout cela. Et l’absence d’enthousiasme de David sur une telle découverte lui détruisait le cœur.

- Ne touche jamais l’Orbe, ne t’en approches plus, même avec des gants. Tu es trop fragile, il te dévorera en très peu de temps…et je refuse de laisser ça arriver.

Le vétérinaire prit une grande respiration, réussissant à calmer sa soudaine crise de larmes. Penser à son père le mettait tout le temps dans des états pareils. Cela faisait trop longtemps qu’il ne l’avait pas vu, et tout ce que ça impliquait le déprimer. Se rendant finalement compte des picotements de sa main après avoir giflé David, il se détourna d’eux et fit quelques pas.

- Mon infection ne t’atteindra pas… L’Orbe…il est comme le feu…il dévore la chair humaine. Est-ce que l’on se brûle à toucher la peau d’un brûlé ? Nous savons tous les deux que non. Tout ira parfaitement bien.

Ressentant à son tour une grande fatigue, comme si tout le poids du monde était retombé sur ses épaules, il soupira. Evidemment que rien n’allait. Ils avaient beau être mieux traités que la majorité des gens dans ce manoir, leur situation n’était pas plus enviable. Pas aux yeux d’Harry en tout cas. A son regard, leur couple battait de l’aile, toujours d’avantage que la veille et souvent pour un rien. La moindre situation était prétexte à conflit. Leurs deux arrogances s’explosant l’un sur l’autre. Les cachotteries de David sur cette fiole. Ce que cela contenait, qu’est-ce qu’il pouvait en savoir ? Pouvait-il continuer de ne pas voir les veines de son chéri parfois plus sombres que d’habitude ? Il voulait continuer d’être aveugle. Il savait ne pas être le meilleur des petits-amis, loin de là. La gifle le prouvait encore. Cette violence qui ne le quittait plus et qui ne le quitterait jamais. Oh oui, s’il arrivait à trouver la solution que Lord Rockwood attendait tant, ils pourraient sortir. David pourrait au moins s’enfuir.  

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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Jeu 8 Sep - 15:11


Fever

«You wash your mouth, you pray for truth»

Un arrêt cardiaque. Rien que ça. J'étais passé à un cheveu de la mort, la vraie. Dramatique comme je suis, j'avais imaginé la mort arriver à plusieurs reprises, sans qu'elle ne soit jamais arrivée vraiment. Mais là, elle m'avait réellement frôlé. Je ressentis un frisson lorsque j'écoutais cet homme m'expliquer avec un calme mortuaire que j'avais failli mourir. Heureusement qu'il avait forcé mon cœur à redémarrer.

J'étais donc en présence d'un docteur et de son assistant. Bien. L'homme aux mains douces, dont je pouvais enfin mettre un prénom sur le visage, se présenta comme le docteur, et présenta l'homme au beau costume comme son assistant. J'eus à peine le temps d'assimiler toutes ces informations que Harry, le supposé assistant, infligea une des plus violentes gifles du monde à David. Apparemment, dans la fatigue, celui-ci avait inversé les rôles, et cela ne lui convenait vraiment pas. S'en suit un très long monologue dont je ne compris pas grand chose. Ma surprise fut des plus grandes lorsque Harry passa en une demi-seconde de la rage à la tristesse : même au théâtre, je n'avais jamais vu un tel bouleversement émotionnel. Il s'écarta de nous et s'affaira dans un coin du laboratoire. Je me tournais vers David.

- Je suis désolé d'avoir entendu tout ça, je n'aurais sûrement pas dû, dis-je avec une gêne et un embarras aussi grands que le Manoir. - Je ferais sûrement mieux de partir, ça vaudra mieux pour chacun de nous.

Je me redressai et basculai mes jambes par dessus la table d'opération. À peine avais-je touché le sol que je sentis mes jambes trembler et je faillis perdre l'équilibre. Je me retins à la table d'opération. Finalement, je ne partirais pas aussi vite que ça. La fièvre, encore et toujours nichée dans mon front, me fit tourner la tête. Par ailleurs, mon épaule n'était pas remise de son opération improvisée : elle me faisait un mal de chien, mais tout ça devrait disparaître dans les prochains jours. Enfin, j'espère.

J'observais David. Un bel homme, soyons honnêtes. Je fus tout de suite attiré par ses yeux. Très brillants. Je ne sais pas vraiment si c'était naturel ou si c'était à cause du monologue de Harry, mais c'est vraiment ce qui m'attira de suite. Ses cheveux n'étaient pas mal non plus. Un bel homme, pour résumer. Harry, avait des traits plus tirés, de ce que j'en avais vu. Et il avait toujours son beau costume. Un point pour lui. En plus, il avait pas mal de force, puisque c'était lui qui m'avait traîné jusque dans le laboratoire et posé sur la table d'opération. Ma créature intérieure se réveilla un peu. Alors que je regardais les deux hommes, elle cria famine et demanda à ce que je me nourrisse, mais la fièvre l'étouffa. Elle m'étouffait aussi, d'ailleurs. J'hésitais à redemander du breuvage que Harry m'avait donné, étant donné qu'il avait failli me tuer. Ceci dit, à plus faible dose, ce doit être inoffensif, qui sait ? Ah, et je ne devais pas oublier de demander le nom de ces plantes. Mais bon, vu l'ambiance générale, ce n'était pas trop le moment.

Je réalisais que ma chemise était ouverte. Elle avait été déboutonnée soigneusement pour pouvoir enduire mon épaule d'une sorte de crème. Je devinais que c'était David qui l'avait fait. Harry semblait trop se méfier de moi pour pouvoir faire ce genre de chose. Mais alors, ça voulait dire que ses douces mains avaient soigné mon épaule ? Et qu'elles avaient fait un massage cardiaque pour me ramener à la vie ? Dommage que j'avais été dans les pommes, j'aurais adoré sentir ses mains douces contre ma poitrine. Ça devait sûrement être assez agréable. Une pointe de regret m'envahit. Attendez. Si c'était David qui avait fait le massage cardiaque, il avait également fait du bouche à bouche ! Le regret m'envahit totalement. J'aurais vraiment aimé sentir ses lèvres contre les miennes alors que je revenais à la vie. Dommage que l'inconscience nous empêche de ressentir ne serait-ce que la moindre caresse.

Alors que je commençais à reprendre mes esprits, la fièvre m'assomma de nouveau. J'avais faim de chaleur humaine, certes, mais ma propre chaleur humaine m'empêchait de faire quoi que ce soit. Maudite fièvre.
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Jeu 8 Sep - 15:57



Fever.

« IT'S WHAT YOU'VE DONE, IT'S WHO YOU ARE. »

La gifle partit instantanément. Le son sembla raisonner pendant quelques secondes entre les murs de pierre du laboratoire. David accusa le coup, faisant même un pas en arrière, la joue en feu. Quelques mèches vinrent même devant ses yeux. Blessé dans son orgueil, il se mordit la lèvre et se redressa, faisant face à Harry. La dernière gifle qu’il avait reçue avait été de son père quand il avait « menti » au sujet de sa mère. Et cela lui rappela de douloureux souvenirs dont Harry n’en avait sûrement pas idées. Il avait sûrement eu un résumé concis par Jonathan de sa vie mais il n’avait jamais eu tous les détails. Jonathan non plus, n’avait jamais eu tous les détails. Les yeux brillants de rage suite à cette gifle, il planta son regard bleu électrique dans celui d’Harry qui entama alors un long monologue qui eut pour effet de calmer lentement David, réfrénant sa colère qu’il avait toujours tant de mal à gérer. On l’avait pourtant remis suffisamment à sa place durant son enfance, ce n’était pas un problème d’éducation. Il avait juste toujours une pointe d’insolence et de fierté qui l’obligeaient à se rebeller dès qu’il se sentait frustré. Mais là n’était pas le propos.

Les mots d’Harry vinrent le frapper avec presque autant de violence que sa gifle. Son supérieur avait songé à une vie après le Manoir. Et il y songeait toujours. Pour lui, ce n’était clairement pas une utopie, comme cela semblait l’être pour toutes les personnes prisonnières de ce château. Mais David n’y avait jamais pensé. Dès qu’il avait accepté l’offre de Rockwood, il avait su ce Manoir serait son tombeau. Il n’était même pas censé être vivant à l’heure actuelle. Et bien évidemment, Harry ignorait cela aussi. Mais il avait raison d’y réfléchir. Il avait raison de dire qu’il jouait les bons samaritains pour essayer de se racheter une conduite. Il avait raison sur toute la ligne. David baissa la tête, le regard humide. Il avait toujours vu le Manoir comme une sorte de purgatoire, un lieu où l’on payait pour ses péchés, ses fautes. Un lieu sans Dieu ni lumière, sans bonté ni gentillesse… Peut-être avait-il senti le besoin de se faire pardonner pour les vies qu’il avait prises et c’était pour cela qu’il continuait à exercer son métier avec encore plus de sérieux qu’avant ? Mais il ne parvint pas à prononcer d’excuses. Il parvint tout simplement à dire :

- Morts... Les Adler sont morts… Les Adler sont tous morts...

Cette phrase sonna terriblement encore une fois. Une nouvelle réalité qui venait d’être mise en avant. Les Adler étaient morts. Amy, sa meilleure amie, qui s’était laissé mourir de faim et Felix, qui s’était presque sacrifié. De par son métier, il avait déjà entendu des gens mourir par hémorragie, mais le gargouillement de la gorge ouverte de Felix avait laissé comme une marque indélébile. Tout comme avoir transporté leurs cadavres jusqu’au grenier. Il ferma les yeux un instant pour éviter qu’un flot de larmes ne viennent rouler sur ses joues. On ne pleurait pas devant un patient voyons. Il songea alors au fait qu’Harry ferait mieux de réfléchir à quelqu’un d’autre après le Manoir. Après tout, il ne pourrait pas lui donner d’enfants. Et même s’il le pouvait génétiquement, il était stérile, merci Papa. Il était condamné, son cœur pouvait lâcher d’un instant à l’autre. Il entendit alors vaguement Eddy parler derrière lui, jusqu’à entendre un bruit sourd de chute. Il se retourna et vit le Gardien qui était descendu de sa table d’opération. David s’empressa de le prendre afin de le soutenir, l’empêchant de tomber. Le jeune homme était toujours brûlant de fièvre. Il soupira doucement, supportant le poids d’Eddy, ne sachant pas trop quoi en faire. Il ne pourrait pas l’allonger tout seul sur la table mais il n’osait pas demander à Harry de l’aide. Néanmoins, il dirigea son regard vers son chéri et parvint à dire :

- Je suis désolé, Harry… Je ne suis qu’un égoïste… Et je me fiche d’une possible contamination, je ne m’en inquiétais pas…

Il soupira tristement, essayant de redresser Eddy pour repartir un peu de poids vers l’arrière. Il murmura alors doucement :

- Je suis déjà condamné de toute façon.

Il avait parlé pour lui. Harry ne l’avait sûrement pas entendu, contrairement à Eddy. Mais vu la fièvre qu’il avait, il doutait qu’il puisse encore entendre quoique ce soit. Il dit d’une voix un peu plus forte mais toujours douce et un peu chevrotante à l’intention du Gardien :

- Eddy tu m’entends…? Essaye de te recoucher sur la table si tu peux, s’il te plaît.

Il lança un regard inquiet à Harry, essayant de voir si lui aussi n’avait pas besoin de ses soins, si sa fièvre à lui aussi était toujours en train de lui ronger le cerveau.
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Jeu 8 Sep - 16:50



Fever

« Aaah, the world is getting blurry now.  »


Harry revenait sur ses pas, loin de la table d'opération, loin de David. Le stress de ce monologue retombait lentement, et il prenait conscience des choses qu'il avait dite. Faire une famille loin de David était la dernière chose qu'il voulait. Retourner la page serait trop dure, il voulait juste que tout aille mieux. Voilà qu'il venait de le gifler, de faire du mal à la seule personne qui tenait encore à lui après tout ce qu'il venait de faire. S'il y avait bien quelque chose qu'Harry avait compris, c'est que David était une perle rare, mainte fois fissuré mais qui n'avait encore jamais brisé. Une perle que le vétérinaire ne pouvait que polir en vain de son amour, mais qui n'était jamais à l'abri d'un éclat de rage où il pouvait le jeter au sol avc une violence telle qu'à la moindre "fois de trop", la perle éclaterait entre ses doigts pour s'effacer en poussière sur le sol. Poussant un long soupir, Downcry voulut se retourner vers son assistant, mais celui-ci le regardait avec une immense tristesse qui perça son coeur. Il se traitait d'égoïste. Harry n'avait jamais voulu l'indiquer comme cela. Jamais il ne l'avait vraiment explicitement indiqué. Même s'il en avait parfois envie. Avant qu'il ne réponde la moindre chose, le médecin en titre s'était retourné vers Eddy, ce dernier voulant prendre la poudre d'escampette. Dans un contexte moins tendu, Harry lui aurait dit de le laisser faire ce qu'il voulait. Mais la moindre petite action pouvait être si dense de conséquences qu'il préféra détourner le regard.

Ce n'était qu'un bouche-à-bouche, et ce n'était peut-être qu'une fiole de médicament qu'il avait longtemps oublié. Mais quoi qu'il en était, Harry ne pouvait contredire une chose. Un fait qu'il oubliait trop longtemps. Au moins, David essayait de se changer. De se faire pardonner. Que faisait Harry pour tenter de faire oublier les horreurs qu'il avait commise ? Absolument rien. Il ne voulait pas aider les autres, il haïssait les humains. Le vétérinaire ne voulait que sortir pour son propre bonheur, retrouver le vent dans ses cheveux qui manquait cruellement, même dans le "parc" du manoir. Là où même l'air semblait vicié, quand bien même l'on voyait les nuages et le soleil aussi bien qu'un jour d'aout sur le marché d'Edimbourgh. David essayait de blanchir son âme, quoiqu'il puisse lui en coûter. Tandis qu'Harry perpétuait les mêmes stupidités sans prendre le temps de s'arrêter pour soigner quelqu'un sans qu'il n'ait un rapport avec une expérience qu'il menait. Pouvait-il donc hausser les épaules en disant juste "à quoi bon, je suis juste un vétérinaire" ? D'un long soupir attristé, il se rendait bien compte qu'il ne pouvait pas faire cela. Chacun menait son chemin, qu'il soit lumineux ou pas ?

- Attendez.

Les injectiva-t-il tout en se rapprochant de lui. Il saisit les jambes d'Eddy, et avec un petit rire, le releva pour que son dos s'allonge sur la table à nouveau. Le replaçant ainsi, ce ne fut qu'une fois le lâchant qu'il accepta de faire le tour pour porter sa main au front du gardien, comptant les secondes de son coeur à sa carotide. Il termina par observer l'état de son épaule et dit rapidement.

- Tu n'as pas peur qu'il bouge son épaule ? La replacer c'est une chose, mais peut-être qu'elle n'est pas encore bien resoudée à sa place. Bandons là et mettons une attelle, je n'ai pas entendu parler d'une nouvelle expérience d'ici là. Il peut rester allongé jusqu'à demain.  

Ce disant, il s'activa à faire toutes les choses qu'il disait, prenant dans le placard se trouvant le plus près de lui et qui par chance contint tout ce qu'il chercha en matière de bandages. Il fit même un joli noeud. L'attelle fut plus compliqué, mais il en demanda les matérieux à son assistant et se mit parfaitement à la tâche. C'était quelque chose qu'il savait faire, pour les animaux, et qui demandait bien plus de doigté qu'il n'y paraissait. Bien entendu, à quoi bon décrire le moindre de ses gestes, ce n'était pas très intéressant, loin de là. Que pouvait-il faire de plus ? Il s'arrêta après avoir fini son oeuvre et recula un peu.

- Hé bien, voilà une belle attelle. Faudra juste mettre un cousin de la chambre sous sa tête et ce sera parfait, tu seras bon pour roupiller. Si tu veux un peu plus de breuvage, je peux t'en préparer, à tes risques et périls.

Harry eut un petit rire, qu'il regretta aussitôt. Même s'il essayait de détendre l'atmosphère, ça ne semblait pas vraiment marcher et il avait complètement honte de sa propre présence. Il toussota donc rapidement, regardant ailleurs et croisant les bras.
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Jeu 8 Sep - 20:31


Fever

«You wash your mouth, you pray for truth»

Oui, je vous entendais, Docteur Harry. Oui, je n'avais plus de forces. Oui, j'étais toujours fiévreux, et violemment, même. Mais non, je n'avais pas envie de me recoucher sur cette table.

Pas que je sois énervé, j'estimais juste que j'avais passé un peu trop de temps sur cette table. J'avais failli mourir dessus, alors il valait mieux que je la quitte au plus vite. Malheureusement, mon corps n'était pas d'accord avec moi. Vu le peu de forces qui me restait, je n'atteindrais même pas la porte avant de m'effondrer sur le sol glacé. Je dus me résigner et je me rallongeai sur la table, à contre cœur. Je n'étais pas énervé, loin de là. Je ressentais surtout de la frustration : j'étais totalement dépendant de ces deux docteurs.

David aux mains douces semblait assommé par ce que venait de lui dire Harry. Je vis approcher aux coins de ses yeux des larmes, mais il les retint soigneusement. Alors qu'il essayait de me rallonger sur la table d'opération, Harry, qui jusque là s'était éloigné, revint aider David dans sa tâche, et tous deux me remontèrent sur la table. J'avais sérieusement l'impression d'être un vulgaire sac de farine dans toute cette histoire. Sauf que la farine était une forte fièvre. Harry posa deux doigts sur ma gorge pour prendre mon pouls, mais la douceur ne devait pas être son fort : il appuya si fort que je crus un instant qu'il voulut m'étrangler. Après ce garrot improvisé, il m'observa longuement, regardant mon torse dénudé du nombril jusqu'aux épaules. Et en parlant d'épaules, il regarda mon épaule droite, enduite de crème, mais malgré tout rougie, voire violette à certains endroits. Vivement qu'elle se rétablisse, elle me réduisait énormément. Harry suggéra que je porte une attelle. Et sans attendre, il se rua vers un placard et en sortit tout le matériel nécessaire. Il devait s'occuper de beaucoup de patients pour avoir autant de matériel. Il revint, enleva ma chemise totalement, et s'occupa de mon épaule.

Alors qu'il était à l'ouvrage, je l'observais discrètement. Quelque chose avait changé en lui. De la rage, il en était venu aux larmes, et maintenant au regret. Il n'avait rien dit à ce propos, mais ça se sentait : il s'appliquait, il était rigoureux et précis, et concentré sur son travail. La colère disparue, il devait avoir réalisé ce qu'il venait de dire, et il le regrettait à présent. Tout le monde a déjà vécu cette situation. Surtout, pour une fois, c'est lui qui s'occupait de moi, à la place de David. Bon, c'est vrai, c'était Harry qui m'avait traîné jusqu'au labo, mais il n'avait rien fait d'autre, laissant la besogne à David. Il devait avoir énormément de choses à se faire pardonner.

C'est alors que je me souvins qu'il avait mentionné une chose appelée ''Orbe''. La curiosité est un vilain défaut, je ne le sais que trop bien, mais ça m'intriguait. Cette Orbe semblait être à l'origine de tout ce qui se passait dans ce laboratoire. Je remarquais ensuite que la paume de ses mains était noire, aussi noir que la forêt qui entoure le manoir. Je n'avais jamais vu un noir pareil : un noir si foncé que l'on ne distinguait plus la peau de ses mains. C'était comme s'il y avait un trou. Assez bizarrement, ça me rappela Jésus Christ et les trous qu'il a dans ses mains après être mort sur la croix et avoir été ressuscité. Peut-être que Harry était un Jésus du XVIII° siècle ?

Il finit minutieusement sa besogne, et me proposa de dormir. Je n'eus pas le temps d'y réfléchir qu'il me proposa une autre ration de breuvage. Ce devait sûrement être une blague. Lui-même ne semblait pas vraiment savoir s'il fallait rire à sa propre blague ou pas. L'embarras se lisait sur son visage comme dans sur un livre ouvert. Je ne pus retenir un petit rire.

Mais je dus redevenir sérieux. Je pris une grande inspiration, et je me dis que, peut-être, je n'aurais jamais dû poser la question qui allait sortir de ma gorge, mais la curiosité était vraiment trop grande.

- Em... Je voudrais juste savoir, qu'est-ce que cette Orbe dont vous parlez tout le temps ?

La curiosité est un vilain défaut, Eddy. Tu aurais dû le savoir.
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Jeu 8 Sep - 21:19



Fever.

« IT'S WHAT YOU'VE DONE, IT'S WHO YOU ARE. »

Harry ne répondit rien. David ne sut s’il était déçu par ce manque de conversation ou soulagé. Cependant le poids d’Eddy vint rapidement le ramener à la raison en lui rappelant que ce n’était ni le moment ni le lieu pour avoir une discussion sérieuse avec son chéri. Il fut néanmoins surpris de voir Harry venir l’aider à positionner le Gardien sur la table. Le chirurgien pensait pourtant qu’il ne voulait se préoccuper de lui. C’était en tout cas ce qu’il avait véhiculé comme intentions depuis une petite heure. Il le regarda avec surprise pendant quelques secondes avant de se réveiller quand son supérieur prit les pieds d’Eddy. David s’occupa de le soulever par les épaules, veillant à ne pas lui faire mal durant l’opération. Harry proposa alors de faire une attelle, de sécuriser et renforcer l’articulation récemment réparée du Gardien. David n’eut le temps d’approuver que par un hochement de tête, surpris par ce soudain revirement dans la tête de son chéri. Pourquoi s’activait-il soudainement à s’occuper de leur patient ? Il le regarda un instant, restant bras ballants, le regard hagard, cherchant un sens à tout ça. Il regarda son chéri faire la prothèse de fortune à Eddy, restant parfaitement silencieux. Il esquissa néanmoins un petit sourire amusé à la blagounette d’Harry. Oui, il était habitué à l’humour du scientifique et il l’aimait même. Il n’était pas amoureux du vétérinaire pour rien.

Eddy, qui semblait avoir retrouvé un minimum de lucidité, posa alors une question qui vint chatouiller la conscience de David. Seuls les Brutes et les Scientifiques devaient être au courant pour l’Orbe. Et le patient n’était qu’un simple Gardien. Ce n’était pas vraiment bon qu’il commence à poser des questions à ce sujet. David voulut répondre gentiment et avec tact que c’était un secret et qu’il valait mieux pour tout le monde que cela le reste, mais il se rappela rapidement qu’il n’était qu’un assistant. Il referma discrètement sa bouche qui s’était ouverte pour répondre, baissa doucement le menton et regarda son chéri, attendant de voir ce que celui-ci allait adopter comme stratégie. Il ne pourrait pas lui reprocher quoique ce soit comme ceci. Tu vois, David Williams, ce n’est pas si difficile de fermer ta gueule et de rester à ta place. Cela t’évite des problèmes mais aussi à ceux que tu aimes. Cela t'aurait évité la marque rouge de la paume et des cinq doigts osseux d'Harry. Il préféra regarder Eddy un instant, ayant le sentiment d’oublier quelque chose et puis nota qu’effectivement, le patient n’avait toujours pas d’oreiller. Harry le lui avait dit à l’instant en plus, quel idiot. Soupirant de sa propre bêtise, sûrement lié à la fatigue, il partit dans sa chambre pour ramener un coussin épais et confortable. Il souleva doucement la tête d’Eddy et la reposa sur l’oreiller avec douceur.

Le visage impassible, il resta parfaitement silencieux, ses paupières devenant comme lourdes. Le contrecoup de voir Harry avec les mains pourries commença à lui tomber sur les épaules et la poussée d’adrénaline qui l’avait boosté pendant quelques minutes faisait maintenant ses effets secondaires et négatifs. Ce ne fut plus seulement ses paupières qui se firent lourdes mais son corps tout entier. Il eut une bouffée de chaleur intense et comprit parfaitement ce que cela annonçait. Il cacha une grimace angoissée et agacée quand il sentit son cœur ralentir de façon parfaitement perceptible. Mais il ne voulait rien montrer. Eddy était fiévreux, Harry l’était tout autant et était fatigué en plus. Il ne pouvait pas se permettre de faire son petit malaise à son tour. Alors, il essaya de cacher sa faiblesse au cœur. Il s’appuya sur la table d’opération comme pour soulager ses jambes après être resté trop longtemps debout et sourit machinalement à Eddy comme pour le rassurer. Ou pour se rassurer soi-même ? Il jeta alors un regard au flacon vide qui avait ramené le Gardien d’entre les morts. C’était le dernier qu’il avait injecté dans ses veines. Il n’y en avait plus pour cette situation. Mais qui sait, cela allait peut-être passer tout seul…?

La chaleur se fit néanmoins plus intense et sa vision devint légèrement trouble. Malgré cela, il s’efforçait de rien laisser paraître, il ne voulut surtout pas inquiéter Harry une nouvelle fois. Il avait autre chose à penser. À vrai dire, David ne paniquait pas. Il était presque habitué à ces malaises. Il était surtout en colère contre lui-même. Contre son corps dysfonctionnel. Ce corps qui n’était pas capable de résister au moindre coup de pression, de stress. Comme s’il devait être aseptisé de toutes émotions pour son propre bien. Il n’avait jamais voulu de cela. Machinalement, il serra poings et dents avant de souffler du nez rageusement, les yeux clos, essayant de calmer cette faiblesse, espérant que son cœur redémarre de lui-même plutôt que de laisser son pouls continuer de chuter ainsi. Et avec un peu de chance, Harry ne remarquerait rien, s’il était occupé à répondre à Eddy.
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Jeu 8 Sep - 21:53



Fever

« Aaah, the world is getting blurry now. »

Harry était encore sur le contre-coup de sa blague misérable. En dire davantage ne le servirait en rien. Alors pour se donner un peu de contenu scénaristique, il s'approcha du lavabo et se rempli un verre d'eau, la gorge asséchée d'avoir beaucoup trop parlé. Après s'être désaltéré comme il se doit, le vétérinaire retourna vers Eddy, un nouveau verre d'eau dans la main pour le lui faire boire. Tout devait aller si vite, même si une heure apparamment s'était écoulée, Harry n'avait pas eu l'impression de voir le temps passer. Cette découverte. Si brutale. La porte de leur liberté se fissurant à la lumière de la noirceur de ses mains. N'est-ce pas beau ? Harry termina de faire entièrement boire l'eau à "son patient", et s'en retourna le poser dans le lavabo. Décrire ces actions, comme la dernière fois, n'est que du remplissage. Il était comme le seul électron libre encore composé de tous ses neurones, ce qui l'inquiétait quand même beaucoup. La fatigue montait tout de même à son cerveau qui refit le tour du laboratoire au moins trois fois pour se demander quoi faire. Par chance, Eddy commençait à ressortir de son néant intellectuel pour poser enfin une question intelligente. C'est vrai que depuis le temps que le scientifique à lunettes criait ce mot, il était logique qu'il en capture au moins l'essence. Même si tout cela n'était pas bon pour les affaires. S'il en avait su quelques mots, à la limite. Mais indiquer des informations cruciales à un simple petit gardien de porte...se retournant donc vers lui, ses pas résonnèrent dans sa direction tandis qu'un petit sourire carnassier s'étalait sur son visage atypique. De son grand corps de mante religieuse, il en déplia la moitié par dessus le corps réveillé d'Eddy.

- L'Orbe, c'est un mot que tu dois effacer de ta mémoire. Si tu en parles à quelqu'un, cette personne, si elle est au courant, va probablement te tuer. Sinon, celle à qui tu en parleras va en parler à quelqu'un qui lui, se fera peut-être tuer par ta faute ? Sauf que tu es un gardien, tu n'es pas censé tuer les gens. Tu es censé nous les apporter. Tout ce que tu as entendu ici ne concerne que nous trois. Si jamais j'entends que tu as ouvert un peu trop ta bouche, je ne ferai rien. Absolument rien, même si ton corps abimé revient ici. L'Orbe fait parti de ce genre de chose que les enfants comme toi n'ont pas besoin de savoir. C'est pour les grandes personnes.

Il eut un nouveau petit rire, bien à lui cette fois. Non pas un rire de gêne ou alors de réussite, mais un rire de sadisme qui ne lui avait pas résonnait dans la tête depuis une éternité. S'il voulait jouer les intellos, le gardien se trouvait devant le mauvais partenaire. Se retournant donc, portant sa petite fierté sur son visage, Harry croisa David du regard et fronça aussitôt les sourcils. Cela faisait un moment maintenant que le vétérinaire pouvait reconnaître une souffrance intérieure et cardiaque dans les mouvements et l'expression du visage de son chéri. Cette phrase était terriblement trop longue. Allant tout aussi vite au lavabo une nouvelle fois -dieu qu'il l'aura vu, la surface de céramique, Harry apporta un verre à David, caressant ses cheveux. Ceux-ci étaient couvert de sueur à cause de la chaleur de son corps. Comme si deux personnes dans le même laboratoire de malade n'était pas assez...Downcry eut un petit soupir et d'une voix pleine d'attention, commença à lui demander.

- Chéri...tu vas aller t'allonger toi aussi...tout ça...ça a fait beaucoup de stress...puis tu t'es très bien occupé de ton patient, je vais prendre la suite. Ce n'est pas parce que je suis "manchot", que je réussirai pas, hein ?

Ce rire gêné, après une blague aussi mauvaise qu'incomprise, il le ressortit. C'était le genre de rire qui suivait une plaisanterie pour détendre une atmosphère. Chose qui ne fonctionnait jamais mais qui vallait le coup aux yeux d'Harry à essayer. Il prit la tête de David dans ses bras, lui caressant les joues et posant son menton sur le sommeil de son crâne. Il fallait qu'il aille dormir, même si le vétérinaire devait lui-même le porter jusqu'à la chambre, comme sa propre princesse. Harry n'hésiterait pas.

- Tu sais que si tu ne vas pas dormir, je vais t'y porter...tu le sais. Je n'aime pas te voir comme ça...
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Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini]

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