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Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini]

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admin incompris et solitaire
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Mar 6 Sep - 22:29



Fever

« Aaah, the world is getting blurry now.  »

Assis sur le tabouret, Harry ne put que ronger son frein devant la réaction glacial de David. Cette arrogance à travers son regard. Il ne savait rien de tout ce que venait d'apprendre Harry, mais venait encore faire sa leçon de moral au vétérinaire. Cet insuppportable calme. Evidemment que ça allait bien se passer. Monsieur avait tout sous contrôle. A cette seconde, Harry avait juste envie de se concentrer sur le plus important. Ce pour quoi on les avait enfermer là. Cet Orbe qui était la cause de tous leurs maux, mais très certainement également de tous leurs bonheurs. A cette seconde, au lieu de s'occuper du gardien en train de glisser de leurs doigts, il voulait s'asseoir et écrire une longue lettre à Rockwood. Pour cela, il devait attendre que ses mains reviennent à leur état naturel. Lorsqu'il sentit les mains de son assistant au contact de ses joues, le regard de Downcry devint noir. Cette présomption évidente qui mettait Harry hors de ses gonds. Mais il devait tenir bon – garder le contrôle. Rien ne pourrait être pire que s'il se lâchait à sa bête intérieur. David croyait qu'il était en train de paniquer, mais il devait pourtant savoir à quel point il pouvait réellement perdre son sang-froid. A l'instant précis, malgré toutes les apparences, le vétérinaire savait parfaitement ce qu'il faisait. Se mordant l'intérieur de la joue pour ne pas cracher une méchanceté au visage de son méprisant petit-ami, il le regarda partir chercher des glaçons. A cette vision, il ne put s'empêcher de lacher un rictus. Comme si des glaçons pouvaient empêcher quoique ce soit dans cette machination surnaturelle. Seul le temps pouvait gérer des infections pareilles.

- Faites donc, Docteur.

Il se releva alors, tenant encore les glaçons dans ses mains. Clairement, ce n'était pas un euphémisme de dire que la sensation était désagréable. Mais cette température lui faisait au moins penser à autre chose qu'à l'impertinence de son assistant. Il n'avait même pas envie de se venger, de lui faire du mal, ou bien de lui prouver plus intimement qui mener la dance. Car il savait pertinemment ne pas être celui qui tenait les rênes. Bien qu'il n'avait aucun doute sur qui tenait la réflexion la plus aboutie entre les deux, ne vous en déplaise. Serrant profondément les dents et tournant en rond comme un chacal dans sa cage, il ne vit David qui se rapprochait de lui, montrant toutes les faces de l'apaisement. Mais le médecin pouvait être aussi agréable que possible, cela ne changeait rien à la plus pénible vérité. Il ne savait pas. Il ne voyait pas. Le baiser qu'il lui laissa sur le front lui arracha pourtant un sourire mélancolique, redonnant une étincelle d'or à la noirceur soudaine de son regard. Harry l'observa partir accomplir la suite de ses ordres. Mais il connaissait déjà l'issue de cette altercation. La réponse se fit donc aussi prévisible qu'évidente. Lorsque dans un silence mortuaire, David glissa son regard presque blanc vers lui, l'intimant d'attendre dans le calme que les choses évoluent, Harry soupira.

- Tu ne m'apprends rien. Je savais que notre patient serait dans cet état. Ma propre situation ne fait que confirmer mes doutes et mes craintes. Quant à attendre...bravo, je ne doutais pas qu'un médecin comme toi finisse par trouver une aussi intelligente solution. Ha !

Ne lui laissant pas le temps de rétorquer, Harry se rapprocha d'Eddy, observant rapidement son corps. Oui, il n'était pas un éminent médecin, il n'avait pas un diplôme de chirurgie et ne savait que parler aux animaux. Mais s'il y avait bien une chose qu'il savait faire, c'était réfléchir. Mettre en lien de corrélation des choses auquelles personne n'avait encore penser. Il était la tête pensante de Scotland Yard, la matière grise que les inspecteurs s'arrachaient pour terminer leurs enquêtes avant le dîner. L'Orbe était la clé de tout. Et en cette journée historique, il venait d'en déterminer les grandes largeurs de son fonctionnement. Grâce à lui et à ce Monsieur De La Fougère, paix à son âme. Tapotant d'un air embêté la table d'opération, il retourna fouiller les notes de ce scientifique français. Son cerveau en éllubition ne pensait plus à l'alcool. Son essence n'était que l'excitation de la découverte.

- David. Il est déjà clairement établi que seul l'écartement de l'Orbe d'un organisme humain puisse arrêter le processus de pourrissement se déclenchant par ailleurs à retardement. L'Orbe...mange la chair humaine. C'est en tout cas ce que nous pouvons en déduire. Il la mange car à son énergie, dépassant les matériaux. Peut-être que nous sommes tous infecté lentement depuis le début, à une plus ou moins grande échelle. Qui sait jusqu'où peut s'étendre l'aura d'une telle chose. Je n'avais encore jamais vu quelque chose d'aussi prometteur.

Il repensa alors à ses symptomes. Les énuméra dans sa tête, tandis que ses jambes le portèrent encore un peu partout dans le laboratoire, l'aidant à la réflexion. Il se sentait pousser des ailes tandis qu'il regardait la paume de ses mains comme un illuminé. Quelqu'un venant de trouver la clé des champs. Un grand rire s'échappa de ses lèvres alors qu'il arrachait son regard de ses paumes.

- Ne me demande pas de me calmer, car je n'ai jamais été aussi bien de ma vie. Maintenant, ton Eddy, sous tes MERVEILLEUX soins, va s'en sortir après quelques heures de sommeil. Mon patient et moi seront les sujets 1 et 2 de cette nouvelle analyse post-expérimentation.

Magnifique. Il ne pensait même pas à cette fiole qu'il avait évidemment vu passer de David à cet homme. Il se forçait à creuser sa cervelle pour ne pas y penser. Parce qu'y penser amènera quoi, très sincèrement ? Pour le moment, avait-il vraiment le courage de se tenir devant son amour et de lui gueuler putain de merde c'est quoi cette chose ? Qu'est-ce que tu me caches encore ?! Non. Rien de tout cela n'était envisageable. Il voulait juste penser à cet Orbre, à ce chemin de croix qu'il venait d'ouvrir avec son esprit. C'était si bon de se retrouver un nouveau challenge. Son père serait fier de lui.

© plumyts 2016


And I suppose in the end, they break my heart. All of us, no one is eternal. They love breaking me.
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Mar 6 Sep - 23:28


Fever

«You wash your mouth, you pray for truth»

Une douce descente sans fin. La lumière du jour me paraissait si loin. En fait, je ne savais même pas si je flottais ou si je descendais. C'était assez difficile à savoir. Tout autour de moi n'était que néant. Du noir, encore du noir, toujours du noir, inlassablement du noir. Je ne voyais même plus mon corps. En avais-je un toujours ? Même ça, je ne le savais pas. Il n'y avait plus rien. Plus de gravité. Plus de son. Plus de lumière. Plus d'odeur, ni de goût. Plus d'écho. Plus de douleur. Plus de vie. Plus rien.

Alors, finalement, était-ce donc ça, la mort ? Un état de flottement sans plus aucune sensation ? Je ne dirais pas que j'étais déçu, mais j'étais surpris, disons. Beaucoup disent que la mort est tout sauf indolore. Je pourrai enfin prouver le contraire ! Mais bon, qui allait écouter un gamin de 21 ans ? Ce serait assez drôle d'emmener tous les scientifiques du pays à la limite de la mort pour leur montrer que, finalement, il n'y a pas de douleur. Peut-être qu'enfin, toutes ces théories aussi farfelues les unes que les autres allaient enfin être décrédibilisées. Surtout, personne ne m'écouterait tout court : j'étais sur le point de mourir.

Qu'y avait-il après la mort ? Si la mort en elle-même n'est qu'un flottement, qu'allait-il se passer ensuite ? Même si j'avais perdu la foi il y a bien des années, peut-être que le Paradis existait vraiment ? De quoi était-il fait ? Peut-être de lumière blanche, de nuages, et d'anges qui virevoltent partout. J'avais entendu un autre de ces pauvres prêtres à l'église dire à une de ces dames qu'au Paradis, on pouvait trouver l'Arbre de la Connaissance, et que si l'on croquait une des pommes, on pouvait tout savoir sur ceux qui nous ont entourés. J'avais hâte de goûter à ces pommes. Je me suis toujours demandé ce que les gens ont pensé de moi. Ils ont dû sûrement se dire que j'étais un garçon assez étrange. Probablement. Je vérifierai ça.

Ou alors, peut-être que je descendais en Enfer ? J'avais perdu la foi, Dieu me bannissait donc de Sa protection. J'espérais que l'Enfer n'était pas fait uniquement de flammes ardentes et de rochers. J'ai toujours détesté les hautes chaleurs. Sauf la chaleur humaine. Celle-là, rien ne peut l'égaler. Et puis, à quoi ressemblait Satan ? On le décrit souvent comme un être humanoïde à la peau rouge, avec une barbe et des cornes. Pas vraiment ce qui m'attirait le plus chez les hommes. Peut-être qu'avec quelques battements de paupières, je pourrais m'occuper de son sceptre, si vous voyez ce que je veux dire. Et ça pourrait m'éviter les travaux forcés éternels que l'on décrit dans la Bible.

Cependant, comme je n'étais plus catholique, et que, dans cette logique, le Paradis et l'Enfer n'existent pas, alors où allais-je ? Peut-être que j'étais destiné à flotter dans ce noir jusqu'à la fin des temps. Ceci dit, ce n'était ni agréable ni désagréable. Juste un peu frustrant. Peut-être que d'autres personnes, athées comme moi, flottaient également dans ce vide ? Ce serait amusant. Mais pour l'instant, je ne distinguais personne d'autre. Il n'y avait plus que moi. Seul.

J'avais lu dans un livre que celui qui meurt se réincarne dans un autre corps à peine né. Je ne sais plus vraiment s'il était fiable, mais peut-être que j'allais me voir attribuer un nouveau corps ? Le signe d'une nouvelle vie, d'un nouveau commencement. Peut-être que j'allais enfin avoir une vie meilleure que celle que j'avais eue.

La douleur revint. Brutalement. Comme le tonnerre s'abat sur les arbres pendant une tempête. Le néant se remplit de douleur. Une douleur aiguë. Chaque molécule de mon corps était remplie de cette douleur. J'avais donc toujours un corps. Et le mien. Je n'allais pas vers une vie nouvelle, je reprenais la mienne là où je l'avais laissée. Le noir du néant fit place à la lumière. Je ne descendais plus, je remontais. Je remontais à la surface, celle de la vie.

Mes poumons vidés d'oxygènes firent faire un spasme à mon corps. Je n'avais jamais inspiré autant d'air d'un seul coup. La lumière du laboratoire m'aveugla. Mon cœur s'emballa. La sueur inonda mon corps. J'étais revenu à la vie.

Je mis quelques minutes à rassembler mes forces. Pendant ces quelques minutes, les deux hommes du laboratoire parlaient rapidement et fort. Je ne compris pas grand chose, à part ''Orbe'', ''patient'', ''chair humaine'', et mon prénom. J'eus du mal à retenir un sursaut. Comment se souvenaient-ils de mon nom ? D'habitude, personne ne retient vraiment mon nom. Et puis, qu'est-ce qu'ils disaient propos de moi ?

- Qu'est-ce... Qu'est-ce qu'il s'est passé...?

Je tournais la tête. L'un deux, celui au beau costume, avait l'air mal en point, énervé, et émerveillé à la fois, ce qui me surprit. L'autre semblait plus calme. Je donnerais tout pour sentir encore ses mains sur mon visage.

Je posais enfin la question que j'aurais dû poser en premier.

- Qui êtes-vous ?
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Dernière édition par Eddy J. Adkins le Sam 10 Sep - 17:12, édité 1 fois
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admin cardiaque et trop gentil
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Mar 6 Sep - 23:59



Fever.

« IT'S WHAT YOU'VE DONE, IT'S WHO YOU ARE. »

Harry partit dans un monologue arrogant et hautain, prenant David de haut, ce que ce dernier prit extrêmement mal. Il ne fit pas attention à Eddy qui reprenait son souffle et préféra croiser ses bras avec désinvolture. Le vétérinaire lui lança une nouvelle pique, soit disant sur l’intelligence. David s’efforçait à prendre sur lui mais avec la pression qui redescendait, il avait la désagréable impression qu’il était en train d’atteindre un point de rupture. Ses nerfs étaient forts pour gérer les situations de crise et d’urgence, mais il y avait toujours un contrecoup où ils finissaient par lâcher. Harry partit dans son monologue sur l’Orbe dont David se foutait complètement. Ce n’était pas parce qu’il avait trouvé quelque chose au péril de sa vie qu’il devait en être fier et encore lui en faire part avec une condescendance palpable. Il l’écoutait, cependant. Il écoutait ses arguments, ces explications. Il ne trouva aucun défaut dans son raisonnement, mais ce n’était peut-être pas la peine de l’étaler avec orgueil. Il jeta un regard du coin de l’œil à son supérieur qui avait l’air presque démentiel suite à sa découverte. David ne sut trop comment réagir, il était tout autant satisfait que lui qu’il ait fait une progression majeure mais il pensait en même temps que ce n’était peut-être pas bon de l’encourager. Puis il était fatigué… Et Harry qui faisait maintenant preuve de sarcasmes. Il ne put que murmurer :

- Oui, oui, Harry, c’est bien… Va jouer les cobayes…

Il soupira et rangea ses affaires, se passant une main sur le visage. Il se rapprocha d’Eddy, lui tendit un verre d’eau et jeta un coup d’œil à son chéri qui l’avait achevé dans son agacement avec sa dernière petite remarque. Silencieux et évitant de croiser son regard, il prit un stéthoscope et commença à vérifier cœur et poumons de son patient. Harry faisait le jaloux parce qu’il avait fait du bouche-à-bouche à Eddy pour le sauver… On avait tout vu. Une crise de jalousie pour un sauvetage. Le vétérinaire était en effet doux et gentil quand il le voulait mais il pouvait néanmoins devenir le plus gros égoïste que cette Terre ait porté. Il ne l’avait pas embrassé non plus. Ce n’était pas de sa faute si l’anatomie humaine était faite de manière à ce que l’air passe par là où l’on embrasse les gens. Il soupira encore, las, fatigué, se repositionnant à côté de la table d’opération une fois qu’il eut fini de ranger son matériel. Eddy revint alors suffisamment à lui pour poser quelques questions parfaitement légitimes. David répondit alors :

- Tu as fait un arrêt cardiaque mais j’ai réussi à faire redémarrer ton cœur. Je suis David Williams et voici Harry Downcry, mon assistant.

C’était un affreux mensonge. Un affreux mensonge qui résultait uniquement d’un lapsus lié à la fatigue. Il n’avait même pas fait attention de toute façon. Il avait parlé naturellement, se mélangeant les mots. Mais après tout, cela ne devait pas avoir énormément d’importance. Ce n’était qu’une phrase composée juste de mots.Mais bon, après tout, Harry avait même été moins utile qu’un assistant ou même un stagiaire. S’il avait de l’énergie pour réfléchir malgré ses paumes, il aurait pu au moins essayer de s’investir un peu plus rapport à son patient. Mais bon, Harry était Harry.
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