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Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini]

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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Jeu 1 Sep - 1:32



Fever.

« IT'S WHAT YOU'VE DONE, IT'S WHO YOU ARE. »

S’occuper du nouveau patient. Message reçu, Mr Downcry. David sourit quand Harry vint l’embrasser sur le front. Il aurait voulu se blottir contre lui pendant quelques minutes mais il y avait bien d’autres priorités à cet instant-ci. Il commença à préparer ses affaires pour diagnostiquer plus précisément le fiévreux appuyé contre le mur. David lui jeta un bref regard, se demandant s’il ne valait pas mieux l’attacher au cas-où mais vu la température qu’il avait, ce n’était peut-être pas prudent de le bouger plus que cela. Et puis la table d’opération était déjà occupée. Le chirurgien commença alors à craindre d’attraper leurs fièvres à tous les deux. Car oui, les deux malades dans la pièce avait dépassé le seuil des 39°C de température corporelle. Et le petit Scientifique n’était pas sûr de survivre à une telle fièvre, vu sa santé. Mais il ne devait rien à montrer à Harry où celui-ci le mettrait en quarantaine pendant deux jours. Il sourit à son chéri qui s’était replongé dans son livre. Un livre en Français d’ailleurs. David savait que Harry le baragouinait un petit peu, il pourrait se débrouillait tout seul. De toute façon, le chirurgien n’avait jamais été très compétent en langue étrangère. Amy avait essayé de lui apprendre les bases du Français aussi mais sans succès. Enfin bon qu’importe. David se rapprocha d’Eddy et lui sourit.

- Désolé qu’il n’y ait pas d’endroit plus confortable où vous mettre… Mais le laboratoire était déjà complet malheureusement. Déjà qu'il est censé être monoplace...

Avec un sourire bienveillant, il lui prit une nouvelle fois la température et eut une moue embêtée. Il était vraiment mais vraiment brûlant. Il lui tourna le dos un instant avant de rassembler tout ce qu’il fallait pour s’occuper de son jeune patient. Et lui remettre l’épaule en place aussi. Il ignorait si le Gardien était un habitué à la douleur. Si oui, alors cela irait relativement vite pour lui remettre son bras dans une position naturelle. Si non… Et bien il lui donnera du laudanum. De toute façon, il ne savait même pas pourquoi il se posait la question, vu le regard fatigué de son patient, la fièvre était en train de puiser dans ses dernières ressources. Il s’agenouilla devant lui et passa un linge humide et frais sur son front. Il lui tendit alors un petit flacon de laudanum, en espérant que cela suffise. Au pire, il y en avait toujours quelques flacons non loin.

- Eddy, je vais vous remettre l’épaule en place, d’accord ? Elle s’est disloquée depuis trop longtemps. Vous risquez d’avoir une inflammation, la douleur risque d’être insupportable et cela pourrait mener à l’amputation… Ce que je ne vous souhaite pas vraiment. Je sais, c’est plus brut comme rentrée en matière, mais je veux que vous soyez conscient de ce que cela implique si vous refusez. De plus, je vous ai donné du laudanum qui devrait calmer votre douleur et faire tomber votre fièvre.

Il lui sourit encore et posa une main douce sur son épaule déboîtée.

- Si je peux faire quoique ce soit pour vous mettre en confiance…

David se tourna vers Harry et lui sourit avec inquiet. Quelque chose dans le regard d’Eddy le gênait et il ne savait pas si son chéri l’avait remarqué aussi. Peut-être des hallucinations après tout, ce sera parfaitement logique.
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Jeu 1 Sep - 22:19



Fever

« AHH, THE WORLD IS GETTING BLURRY NOW.   »

Le temps n'avait pas d'emprise sur son actuel réflexion. Il n'avait pas de temps à perdre, que ce soit avec ce malade fiévreux, ou alors avoir cette page de recette française qui s'est glissé dans ces documents. Harry garda cependant cette dernière dans sa poche, se disant qu'il n'avait encore jamais fait de ratatouilles et que cela pouvait être une bonne chose. Cela allait de pair avec le fait que des légumes étaient en train de pousser dans la serre. Merveilleux. Harry continua de passer les feuilles françaises, parfois en relisant certaines, de peur de ne pas avoir très bien compris un mot. Comment en étaient-ils arrivés là ? Ils avaient tenté d'approcher l'Orbe de lui, de tremper l'Orbe pour ensuite le mettre en contact avec lui. Mais l'expérience la plus longue fut de poser l'Orbe dans le creux de son ventre pour ensuite l'abandonner toute une nuit. Les états grippaux s'étaient annoncé le lendemain. Et les voici donc pour essayer d'en comprendre le sens.

C'est alors qu'Harry tomba sur un article d'un certain Monsieur De la Fougère qui parlait d'une mise à l'épreuve trop longue de l'Orbe causant des dommages irréversibles selon l'emplacement de l'Orbe. Cet éminent scientifique -mais certainement inconnu du bataillon pour avoir fini ses jours ici- avait tenté de mettre l'Orbe pendant quinze jours sur les jambes d'une personne pour ensuite assister à sa décomposition. Tout ceci alors que le patient était encore vivant. Il était indiqué entre ses pages que l'Orbe avait des effets néfastes sur les organismes encore dotés de la vie. Les pages suivantes étaient couvertes de rayure d'encre nerveux. Comme si quelque chose n'avait plus tourné rond dans la tête du scientifique. Harry jeta furieusement les feuilles sur une table de travail, non loin du lavabo et exulta:

- Tu m'expliques pourquoi on n'a pas les archives au sous-sol ?! Sérieusement, ce genre de documents devrait être recopier et donner à tous les scientifiques...au lieu de cela, on les planque comme des documents secrets et on laisse les autres refairent bêtement les mêmes erreurs !

Prenant alors des gants de cuir, il s'empressa de récupérer la boite dans laquelle était enfermée l'Orbe pour la ramasser loin du patient. Tout ceci a été stupide. Ces expérimentations commandés par Rockwood ont été stupides. Peut-être ignorait-il que de pareils découvertes avaient été faite, mais il n'empêche que tout ceci avait été stupide. Oui. Parfaitement. Soupirant allégrement, Harry repartit prendre le patient dans ses bras -bien évidemment après lui avoir remis sa chemise de toile, nettoyer le visage brûlant et fit boire un peu de laudanum. Puis il l'apporta jusque devant la porte en prenant bien soin d'éviter le "nouveau patient" et appela un gardien.

Ce dernier vint, une mine plutôt morne sur le visage. Qui ne le serait tout autant ? Harry donna alors des règles strictes. Emmener ce prisonnier dans le cachot, une cellule fermée, lui trouver un matelas -à voir même dans les entrepôts, à manger et à boire constant. Pour le coup que le titre de gardien vous serve à quelque chose, gardez-moi ce prisonnier en vie, et plus vite que ça. Il lui donna le patient et referma la porte bien gentimment, se donnant même le droit de remercier la personne. Quelque part, il se surprenait. Rien n'aurait du avoir d'importance. C'était son modo depuis tellement de temps, autant de temps que sa dépression avait duré. Rien n'a d'importance. Mais depuis quelque temps, il voulait vraiment faire quelque chose de bien, et ne se comprenait pas lui-même. Mais il était...bien, alors il supposait que tout allait dans le meilleur des mondes. Se rapprochant d'Eddy, il le prit dans ses bras de la même manière que le patient d'avant -car malade pour malade si jamais maladie il y avait. Puis le vétérinaire le posa sur la table d'opération désormais libre et s'en écarta, s'essuyant le visage avec un torchon humide.

- Je suis tellement fatigué à force de tous vous porter comme ça moi...vas-y, termine ton travail.

Harry le scientifique, ancien vétérinaire et également ancien alcoolique dépressif, s'assit sur un tabouret sur ces belles paroles pour souffler un coup, mettant ses lunettes sur son nez pour prévenir un potentiel mal de tête.
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Ven 2 Sep - 1:28


Fever

«You wash your mouth, you pray for truth»

Ma spécialité, c'est de parler trop vite. Surtout en ce moment. Décidément, je n'avais plus aucune capacité intacte. J'étais comme perdu dans mon propre corps. Une sensation assez perturbante, je dois dire.

Je pensais la fièvre partie. Je m'étais trompé : elle était toujours là, faisant chauffer mon front et mon corps comme l'allumette embrase l'échafaud de Jeanne d'Arc. Et moi, je brûlais vif. Mon corps était comme rempli de courbatures, incapable de bouger sans la moindre douleur. Il me paraissait déjà loin, le temps où j'allais gambader dans le Manoir à la recherche d'une petite proie. Loin de moi toutefois l'idée de donner une image paradisiaque du Manoir, bien au contraire.

Une chose changea cependant : je pouvais ouvrir les yeux, et je pouvais mieux comprendre ce que disaient les deux hommes qui m'observaient dans ce laboratoire. Ma vision était relativement floue, mais c'était déjà mieux que de rester les yeux fermés. J'eus un semblant de plaisir à constater que l'homme au beau costume était toujours là, et qu'il portait toujours ledit beau costume. Je devais donc ne pas avoir plongé trop longtemps dans les profondeur du Manoir.

L'autre homme, celui aux mains douces, je suppose, s'approcha de moi et me dit quelque chose sur mon épaule. Je ne compris pas tout, mais son ton était grave. Je ne réagis pas. Je ne pouvais plus vraiment, il faut dire. Et pour bien rajouter à mon état latent, il mit un flacon de quelque chose sous mon nez. Ce quelque chose m'envoya à la limite de l'inconscience.

L'homme au beau costume semblait affairé de son côté. Du coin de l’œil, je regardais son beau costume bouger au gré de ses mouvements. Une merveille, je vous dis. Il semblait s'occuper de quelque chose sur l'unique table d'opération. Au bout de quelques minutes, quelqu'un entra et emmena ce qui semblait être un corps. La porte se referma. Je crus entendre un verrou se fermer. Puis, l'homme s'approcha de moi à son tour, et me hissa sur la table d'opération.

Attendez une minute. Il venait de me hisser sur la table d'opération. Mon heure était donc venue.

Tout se précipitait dans ma tête. Le cobaye que j'étais allait enfin et malheureusement servir. J'allais enfin être transformé en créature immonde. Étrange chose que de se dire que, depuis cette profondeur, j'allais rejoindre le Ciel. J'espère au moins que je ne cognerai pas contre les murs du manoir pendant ma montée. Ils sont tellement épais. Et y avait-il une ouverture assez grande dans le toit pour que je puisse passer ? L'homme aux mains douces voulait sûrement prélever mon épaule et mon bras pour créer une nouvelle créature assemblée de toutes pièces, c'est sans aucun doute ce qu'il essayait de me dire quelques minutes auparavant. J'espère qu'il prendra soin d'enlever les nerfs de mon bras. On ne sait jamais quel malheureux réflexe aurait mon bras après son prélèvement.

Mes yeux se fermèrent sans effort. De toute façon, avec cette fièvre, et le quelque chose que m'avait donné l'autre homme, je n'avais plus aucune force. Le voile noir de la mort s'abattit sur moi. Alors, soit.

Une douleur intense envahit mon épaule, accompagnée d'un craquement. Il me fallut une longue seconde pour réaliser que mon épaule avait été bougée. Cette seconde fut si longue. Je sentis mes os bouger les uns après les autres, se bousculant contre la chair et les tissus musculaires. Je sentis certains se cogner les uns contre les autres. Je sentis une chaleur infernale envahir le haut de mon corps. Mon souffle se coupa un instant. La douleur, si intense et soudaine, me fit rouvrir les yeux. Je ne distinguai plus rien tant les larmes de douleur vinrent si rapidement flouter ma vision.

Le cri que je poussai fut l'un des plus stridents de toute ma vie. Je ne pensais même pas mes poumons capables d'un tel cri. Pendant une minute, il n'y avait plus aucune douleur que celle qui logeait dans mon épaule. Je hurlai de douleur à en détruire toutes les vitres du Manoir. Peut-être même que ceux dans les étages m'avaient entendu ? Possible, après tout, dans ce manoir, rien n'est impossible.

Le cri. La douleur. La chaleur. La fièvre. La vue. Cette fois, je ne me trompais pas : j'étais bien en vie.
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Dernière édition par Eddy J. Adkins le Sam 3 Sep - 20:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Sam 3 Sep - 9:48



Fever.

« IT'S WHAT YOU'VE DONE, IT'S WHO YOU ARE. »

David commençait à préparer ses affaires quand il entendit Harry râler tout seul dans son coin. Cela lui arracha un sourire amusé quand son supérieur commença à énumérer toutes les incohérences du programme scientifique de ce bon vieux Jeremiah. Et le chirurgien ne pouvait qu’acquiescer silencieusement avec juste un regard car malheureusement, les ordres étaient les ordres et si Rockwood voulait laisser les archives à l’étage, c’était sûrement bonne mais mystérieuse raison. De toute façon, rien n’avait de logique entre ses murs. Tout comme la générosité et la stabilité mentale. Mais bon, ils n’étaient pas non plus là pour disserter des heures sur le raisonnement logique dysfonctionnel du Lord. Ils avaient des gens à sauver. Il le regarda brièvement « opérer » le premier patient qu’il confia rapidement à un Gardien. David le regardait avec un œil inquiet, commençant à noter la fatigue flagrante de son chéri, ainsi que son agacement. Il voulut l’arrêter quand Harry prit Eddy avant de le mettre sur la table d’opération, mais son supérieur fut trop rapide pour sa timide manifestation. Il eut un léger soupir attristé quand il le vit s’affaler sur le fauteuil. Le ton légèrement agressif (enfin, il l’interpréta comme ceci) de son chéri le fit baisser docilement la tête, culpabilisant légèrement.

- Oui, Harry…

David reporta son attention sur le Gardien à l’épaule souffrante, se disant qu’il irait chercher une bière tout à l’heure à son chéri. Même s’il avait un peu la flemme de vagabonder pendant des heures encore dans le Manoir pour une bière mais tant pis, il le ferait pour son amour. Mais là n’était pas la priorité pour l’instant. Il s’approcha de la table d’opération tout en mettant un masque de protection contre d’éventuels microbes. Car dit plus haut, il ne pouvait pas se permettre d’attraper sa fièvre qui lui serait sûrement fatale. Quoiqu’il en soit, armés de son masque, sa blouse et ses gants, il enlaça Eddy de façon à pouvoir se saisir de son épaule. Il put alors sentir à quel point toute l’intégralité de son corps était brûlante. Après un mouvement sec du bras, il sentit tous les os d’Eddy revenir à leur place naturelle. Il grimaça néanmoins quand le jeune homme hurla dans son oreille. Il avait plus de coffre qu’il ne l’aurait cru. L’intensité du cri était si importante qu’elle lui fit brièvement tourner la tête. Il le relâcha alors, se massant doucement les tempes puis l’arête du nez, les yeux clos et froncés, le cri semblant encore raisonner dans son crâne. Il jeta un regard à son chéri qui allait sûrement être définitivement agacé par tout ceci. David repartit néanmoins chercher un nouveau linge humide pour le recoller sur le front d’Eddy avant de dire dans un soupir :

- Bon, l’épaule, c’est fait… Maintenant la fièvre…
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Dim 4 Sep - 20:28



Fever

« Aaah, the world is getting blurry now.  »


Cet impitoyable hurlement sortant de la bouche d'une si frêle créature, résonnant très certainement dans tout le manoir. Non pas qu'Harry en était étonné. Il savait d'expériences que l'on pouvait faire sortir de ce genre de personnes des sons absolument inimaginables. Ce n'était pas des connaissances dont il était fier, mais cela lui permettait d'être bien moins surpris par l'horreur. Pourtant, cela ne l'empêchait pas d'encore l'entendre, traînant dans sa tête malgré que la bouche du-dit patient se soit refermée en souffrance. Cette voix faisait trembler sa boîte crânienne jusqu'à n'en plus pouvoir. Avait-il été lui-aussi trop proche de l'Orbe à en être si sensible. Il devait le rendre au plus tôt à Lord Rockwood. S'il y a bien des choses que le commun des mortels ne sait pas, c'est probablement qu'elles ne doivent jamais être su. Poussant un long soupir en regardant d'un œil circonspect David s'agiter autour du patient, Harry releva ses lunettes afin de se frotter les yeux. Il devrait les mettre plus souvent, mais c'est plutôt désagréable au niveau du nez et des oreilles. Bien sûr, ça permet de faire des petits mouvements sexy pour remettre ses lunettes en place, comme un grand penseur. Mais comme s'il avait besoin de vitres supplémentaires dans son regard voilé par le passé ?

Cette lenteur commençait à l'agacer profondément. Ils pourraient faire tellement de chose et ils sont en train de s'occuper d'un idiot blafard qui ne leur a balancé qu'une seul misérable phrase depuis le début de son existence. Quel belle jambe cela fait, de savoir qu'il s’appelait Eddy. Rapidement, Harry s'ennuya. Complètement. Se levant finalement, le vétérinaire songea à ce qu'il faisait pour faire baisser la fièvre d'un de ses animaux. Une concoction d'herbe, très facilement trouvable dans la serre si on acceptait de déloger quelques mauvaises orties. L'énervement sous-jacent, qui doucement lui donnait des fourmis dans le corps, lui donnait également l'envie d'une bouteille. Il devait se contrôler. La dernière chose dont il avait besoin, c'était de perdre ce contrôle de lui-même si précieux qui pouvant ne mettait jamais longtemps à partir. S'approchant donc de son chéri par derrière, le vétérinaire lui glissa discrètement une main déliée sur son arrière-train avant de lui murmurer dans l'oreille :

- Je vais chercher de quoi faire un breuvage contre la fièvre. Ne fait pas de bêtise en attendant.

Ceci dit, il s'éclipsa rapidement. Quel autre meilleur médicament avait-il besoin pour sa tête que celui qu'il s'apprêtait à demander à son assistant une fois que ce pauvre gardien sera partit ? Aussi alla-t-il rapidement jusqu'à la serre, avec les mêmes gants que ceux dont il se sert pour opérer, ceux avec le cuir délavé. Il ceuillit quelques plantations qu'il connaissait très bien, ce qui n'était pas peu dire vu que son herbier était à peu près aussi étendu que son niveau en langue espagnol. Enfin. Il existe encore ce pays d'ailleurs ? C'était vraiment un pays ? Mais passons. Il revint avec ses gants remplis de tout ce qu'il fallait et s'attabla pour mélanger tout ceci dans le laboratoire. Un peu d'eau, un peu de fantaise, juste un peu de magie. Et tout ceci bouillonna bien assez pour y tremper les herbes qu'il venait de couper en petit morceaux. Dieu merci que ses incroyables compétences de cuisinier l'aidait bien à ce moment là. Harry regarda David certainement en train de se torturer la cervelle pour savoir quoi faire de son boulet. Ou pas. Quel importance. De toute façon, ce « patient » n'avait pas l'air très alerte. Donc à moins qu'il ne se réveille et se décide à être utile, autant le laisser où il est pour que Monsieur le Chirurgien donne son cachet à son VRAI patient chéri...
….hum.

Tout ceci pour ensuite verser la mixture dans un bol à bec, et l'approcher d'Eddy. Tenant sa tête d'une main, le bol de l'autre, il fit approcher le bec de la bouche du gardien tout en maugréant d'une voix infantilisante :

- Aller, faut ouvrir grand la bouche pour boire la bonne soupe.

Ça ne lui ressemblait pas d'être autant ridicule. Comme s'il transvasait tout ce qu'il ressentait comme besoin de colère et de violence dans une certaine agressivité passive.

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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Dim 4 Sep - 23:42


Fever

«You wash your mouth, you pray for truth»

Je n'avais jamais poussé un cri pareil. Enfin, je crois. Même quand je fais du rodéo sur une proie, je ne pousse pas de cri pareil. Il faut dire que ce n'est pas exactement la même sensation.

Le cri de mes poumons résonna dans mon corps tout entier, sans parler du Manoir et du laboratoire. Mes muscles se relâchèrent peu à peu. Les larmes de douleur qui avaient envahi mes yeux tombèrent sur mes joues avant de glisser sur la table d'opération. Les gouttes de sueur firent la même chose. La douleur s'effaça peu à peu, laissant place à une chaleur intense dans mon épaule. Ce fut soulageant : je savais que mes os étaient remis en place. Après toutes ces semaines où elle était déboîtée, ça faisait du bien. Je retrouvais un corps intact. Enfin, intact, presque.

La fièvre était toujours là. Je l'aurais presque oubliée, celle-là, avec la remise en place improvisée de mon épaule. Elle m'assommait toujours, inlassablement, comme la cloche de l’Église sonne tous les jours à la même heure. Et à l'heure présente, la cloche, c'était moi. Cette fièvre me rendait fou.

L'homme aux mains douces apposa un énième tissu humide sur mon front. Je lui devais beaucoup : ces tissus m'aidaient énormément à réguler la température de ma tête. Et c'était lui qui s'était le plus occupé de moi. Vraiment, je lui devais beaucoup. Mais je réfléchirai plus tard à un remerciement.

L'autre homme partit quelques minutes. Il semblait assommé après le cri que j'avais poussé. Il dut partir prendre l'air. Je comprenais. Ce ne devait pas être facile de devoir s'occuper d'un patient à la dernière minute. Surtout avec une forte fièvre résistante et une épaule déboîtée. Il revint cependant quelques minutes plus tard, alla quelque part derrière moi, et prépara quelque chose. Une sorte de thé, mais avec d'autres plantes que du Earl Grey. Il se mit près de moi et me fit boire doucement cette sorte d'infusion. Comme un parent donne de la soupe à son enfant. Il ne devait pas apprécier être un parent : il me parlait comme si j'étais réellement son enfant. Toutefois, je ne lui en voulais pas. Je savais que je n'étais pas vraiment le bienvenu dans le laboratoire qui était le sien.

Le breuvage coula par cuillerées dans mon œsophage et tomba comme une cascade dans mon estomac. Après quelques minutes, mon corps commença à en ressentir les effets. Je ne savais pas ce qu'étaient ces plantes, mais elles étaient très efficaces : mon corps se relâcha complètement. Je sentis mes poumons expirer et inspirer de plus en plus lentement. Je pouvais sentir mon cœur battre de moins en moins vite. Le sang qui coulait dans mes veines était de moins en moins bouillant. C'était irrésistiblement relaxant : je ne voulais même plus rester éveillé tant ces plantes me faisaient du bien. Pour la première fois depuis que cette fièvre était arrivée, je me sentais bien.

Pendant un instant, plus rien ne me faisait mal. C'était comme si toute la douleur que j'avais ressentie depuis le début de cette journée s'était évaporée. Il n'y avait plus rien. Une monotonie reposante. Un silence réparateur. Aucun hôpital, aucune clinique, n'aurait pu me donner un tel repos ou un tel traitement. Je me sentais comme dans un rêve et je ne voulais pas me réveiller : un tel repos, je n'en avais pas eu depuis un long moment. Je voulais qu'il dure encore un moment. Juste un autre instant.

Comme dans un rêve, oui. C'était bien l'expression appropriée. J'étais bien éveillé, et pourtant j'avais l'impression de voir des choses. J'avais l'horrible impression de revoir les visages de ceux qui m'avaient entouré avant d'entrer dans le Manoir. Mes parents, mon premier amour, mes amis, mes ennemis, tous me revinrent. Un autre cauchemar se préparait et je n'avais plus les forces pour y résister.

Je relevais les yeux vers les deux hommes qui m'avaient soulagé, ne serait-ce qu'une minute, de toute la douleur venant de la fièvre. Tous deux me regardaient. Je n'arrivais pas exactement à savoir quelles expressions ils affichaient. Je n'arrivais plus vraiment à savoir quoi que ce soit. L'infusion, comme la fièvre avant elle, me pris par la main et m'amena vers l'inconscience. Mais cette fois, mon corps dénué de force allait enfin pouvoir se régénérer.

Avant de plonger pour la énième fois dans les ténèbres, je rassemblai mes dernières forces pour articuler un dernier mot.

- Merci.
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Lun 5 Sep - 1:03



Fever.

« IT'S WHAT YOU'VE DONE, IT'S WHO YOU ARE. »

David s’affaira à faire baisser la fièvre d’Eddy de quelques façons que ce soit. Vu l’état du jeune homme, le chirurgien était tenté de le mettre dans un bain de glaçons, histoire de le refroidir radicalement. Il soupira. Il sentit l’aura ennuyé et agacé d’Harry dans son dos. Et cela lui rajouta une couche de pression en plus. Le jeune scientifique souffla un bon coup pour évacuer le stress qui venait s’installer sans raison dans son ventre. Ce n’était qu’un patient de plus. Harry n’avait rien à lui dire. Il s’appuya à la table d’opération, tête baissée et yeux fermés, essayant de soulager ses pensées surchargées. Il se passa rapidement les doigts sur ses paupières, comme pour chasser tous les parasites de sa tête. Il entendit alors du coin de l’oreille Harry se lever et venir dans son dos. Il posa l’ongle de son pouce sur ses lèvres, songeur. Le gamin ne parlait pas. Il n’y avait aucun indice sur le comment de sa fièvre. Et ça commençait à l’agacer à son tour. Il détestait ne pas trouver la solution. David soupira une nouvelle fois, essayant garder la tête froide quand il sentit les doigts d’Harry sur ses fesses. Il tourna la tête vers son chéri derrière lui et lui sourit.

- Voyons chéri, j’ai toujours été très sage.

Il conserva son sourire taquin avant d’avoir une lueur un peu plus inquiète dans les yeux.

- Sois prudent.

Il le regarda sortir, se disant que la serre n’était vraiment pas loin, par rapport à d’autres laboratoires. Mais il reporta rapidement son attention sur le jeune garçon allongé sur la table d’opération. Il en profita pour faire une petite vérification de tout : pression artérielle, tension, réflexes, etc. Il eut soudainement une illumination quand il tâta de nouveau l’épaule qu’il venait de remettre. Les tendons paraissaient froissés, écrasés. Cela avait dû créer une inflammation qui a pu dégénérer. Et donc donner sa fièvre. Rapidement, il se précipita dans ses bocaux et rechercha le médicament anti-inflammatoire. Une sorte d’onguent grisâtre qu’il allait appliquer sur l’épaule. Cela ne ferait rien directement à la fièvre, mais cela éviterait qu’elle perdure indéfiniment et qu’elle finisse par l’emporter. Il ouvrit alors la chemise d’Eddy et commença à appliquer sa crème sur l’épaule maintenant dénudée. Il partit se laver les mains, ne prenant pas la peine de rhabiller son patient, quand Harry rentra avec son petit breuvage qu’il se dépêcha de faire boire au patient. David fit une moue. Son chéri avait ce ton sarcastique qu’il n’utilisait que quand il était d’une humeur épouvantable. Il espérait juste que cela ne dure pas toute la journée. Il regarda Eddy qui eut le temps de marmonner un merci faiblard avant de s’effondrer. David regarda Harry avec effarement.

- C’est… C’est puissant ton truc. C’est un remède de cheval, monsieur le vétérinaire ?

Il eut un sourire amusé mais désespéré en même temps par son humour pas terrible. Il soupira et s’approcha de son chéri, retournant aux côtés de la table d’opération. Il lui fit alors un léger sourire.

- Que faisons-nous maintenant que tu l’as assommé ?
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Lun 5 Sep - 11:33



Fever

« Aaah, the world is getting blurry now.  »

Harry s'étendit de tout son long sur ce tabouret, que pouvait-il faire d'autre. Le remède ferait son effet et normalement, il dormira pendant un long moment. Mais quelque chose le démangeait au niveau des mains, une sorte de crampe qui s'étendait jusqu'à ses épaules. Le crispant jusqu'au niveau de son coeur qui le piquait. Etait-ce ce genre de douleur que David devait supporter tout le temps ? Pourquoi est-ce que ça semblait le prendre tout d'un coup ? La température de son corps, depuis le début de leurs expériences n'avait fait qu'augmenter, sa respiration s'accélérer...mais point comme de la même fièvre qui touchait Eddy. En tout cas il n'en avait pas l'impression. C'était comme une lente montée de tension qui était en train de doucement l’amener vers des monts plus dangereux que le simple mal de tête. Peut-être aurait-il bien besoin d'un remède à son tour, mais certainement celui dont il avait envie au départ. Quelque chose de grave était en train de se passer. Il en avait la désagréable et pourtant trop subtil prémonition. Le vétérinaire jeta donc un coup d'oeil à son assistant et sourit à sa phrase. Cependant, avant de lui répondre, il se releva pour prendre un verre d'eau au robinet. S'il fallait agir, alors il agirait. Mais pas avant de répondre à la question somme toute stupide de David:

- Je suis vétérinaire, tu t'attendais à quoi ?

Harry eut un rire sincère, avec une pointe de fierté. Il aimait ce métier et le prouvait peut-être un peu trop. Mais attention, quand bien même il n'appréciait pas tellement leur nouveau patient, jamais il ne l'aurait tué avec un mauvais dosage. Peut-être était-il un tout petit peu plus fort que la normal mais vu son état, cela ne lui fera pas de mal. Terminant de boire son verre et de s'essuyer le visage, il médita sur la question de son assistant. Que faire à présent, c'était bien la question qui se posait sur toutes les lèvres. Il s'agaça quelques secondes d'avoir à tout faire, mais il fallait se rendre à l'évidence. C'était SON laboratoire, SON assistant, donc officiellement, SON patient aussi. C'était à SES décisions qu'il fallait se rendre disponible. Mais il n'avait malheureusement pas la tête à ce genre de commandement. La douleur aiguë de ses bras en était la cause. Harry posa son regard songeur sur les documents en français qu'il avait terminé de lire et regarda à nouveau ses propres mains. Il eut un mouvement de recul et l'horreur se lut rapidement dans ses yeux. Trop surpris pour pousser le moindre cri cependant, ce fut une sorte de respiration brutalement aspiré qui se fit entendre. Une tâche noire venait d'apparaître dans la paume de chacune de ses mains. Son coeur battait encore plus la chamade, un surplus d'énergie toujours plus intense. Peut-être était-ce grâce à ça qu'il avait réussi à transporter Eddy, puis l'ancien patient, puis Eddy à nouveau. Cette force dont il n'avait pas forcément l'habitude, était-elle en train de le dévorer ? Il n'avait rien fait pour ça ! Harry passa le dos de ses mains sur son front humide, regardant partout, cherchant comme une solution divine.

- David...David...il faut...il faut se débarrasser de l'Orbe...appelle-moi une Brute s'il te plait....vite...PLUS VITE QUE ÇA PUTAIN !

L'heure était grave. La puissance de l'Orbe dépassait la barrière du cuir de ses gants. Peut-être dépassait-t-elle les barrières du coffre dans lequel on la lui avait confié ? Si cette putréfaction était à retardement, quand est-ce que David en subirait les conséquences ? Non...Harry avait été le seul à toucher l'Orbe, à le manipuler, en sa qualité de chef. Le traitement qu'il avait donné à son patient pour soigner son contact avec l'objet était rudimentaire, du repos loin de cette horreur. Lui fallait-il la même chose ? Les pages françaises ne disaient rien sur comment soigner ce pourrissement.

- Il...il faut aller voir l'état du patient dans les cachots...voir si son ventre...n'est pas dans le même état...NON. N'Y TOUCHE PAS !

La Brute venait d'arriver, et si David s'apprêtait à prendre le coffre pour le lui donner, chose qu'il ne savait pas mais qu'il supposa -et de toute façon, il était prêt à avoir l'hallucination de lui en train de le prendre même si c'était faux, Harry l'en empêcha et prit le coffre à mains nues. Perdus pour perdus, il ne laisserait pas David avoir ces marques supplémentaires. Cette énergie lui serait fatale, il n'a pas le coeur assez solide. Harry prit donc le coffre et le donna rapidement à la Brute, lui confiant alors sur le ton de la confidence:

- Vous avez 24h...que dis-je...5h au grand maximum, pour donner ce coffre à Rockwood, où qu'il puisse t'être, dites-lui que nous avons grandement avancer...mais qu'il nous faut un temps de repos pour savoir quelles...prochaines étapes suivantes...S'il vous plait...

Un Scientifique n'a pas à dire s'il vous plait à un gardien. Mais à une brute, c'était différent. Par chance, celui-ci fut sympathique et accéda à sa requête. Refermant la porte, Harry s'avança vers le tabouret pour s'y poser tout en regardant ses mains.

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And I suppose in the end, they break my heart. All of us, no one is eternal. They love breaking me.
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Mar 6 Sep - 18:55


Fever

«You wash your mouth, you pray for truth»

Un sommeil comme je n'en avais jamais eu depuis des mois. Voire même depuis des années. Il fallait absolument que je demande le nom de ces plantes, elles sont franchement incroyables. Je pourrais peut-être m'en servir comme médicament d'extrême urgence ?

La descente vers les ténèbres fut beaucoup plus agréable que les fois précédentes. Au lieu de tomber brusquement pour m'écraser contre des rochers, j'avais l'impression d'être porté par un nuage jusqu'au moment où il me déposerait doucement contre le fond du puits de l'inconscience. Une sensation de douceur allant jusqu'à l'extrême. Tous les matelas sur lesquels j'avais dormi ne m'avaient jamais procuré une telle douceur. Je ne sentais plus mon corps : toute la douleur semblait partie. Mon épaule droite ne me brûlait plus, et l'incendie qu'était la fièvre devait avoir disparu sous la cascade qu'est ma sueur. Je ne sentais vraiment plus rien : je ne pouvais plus bouger ne serait-ce que mon petit orteil. Même un battement de cil serait trop demander. Et puis, de toute façon, je ne voulais plus bouger. Pourquoi dépenser de l'énergie à bouger alors que j'étais dans une position et un état tout simplement parfaits ?

Lorsque j'arrivais au fond du trou noir, la sensation de chute prit logiquement fin, mais j'aurais voulu qu'elle dure encore un peu. Autour de moi, du brouillard, encore du brouillard, toujours du brouillard. Loin de m'inquiéter, au contraire, ce brouillard me rassurait. Dans je ne sais plus que livre de la bibliothèque de mes parents, il était dit, selon un spécialiste, que voir du brouillard dans un rêve était bon signe. Je n'ai jamais vraiment su pourquoi, mais ça expliquait pourquoi je n'avais pas vraiment peur. Et puis, ce brouillard m'enveloppait comme de la laine. Elle ne me donnait ni chaud, ni froid. C'était vraiment étrange. Et plaisant, aussi.

Ce brouillard tourna encore et encore autour de moi. Comme une tempête qui ne quitte pas une région. Il me rappelait les tempêtes qui s'abattaient sur Southampton quand j'étais plus jeune. Les arbres se tordaient sous la force du vent, les feuilles s'arrachaient de leurs branches et s'envolaient par dizaines. La pluie s'écrasait contre l'herbe et le toit de la maison, à tel point que je réussissais parfois à entendre l'irrégulière pulsation depuis ma chambre. Même le jour, on ne distinguait plus vraiment ce qui n'était qu'à cent mètres de nous. Quelques heures après la tempête, la région était envahie par un brouillard similaire. Je n'aurais jamais cru qu'un simple brouillard à l'intérieur de ma tête puisse me rappeler tant de souvenirs.

Tout n'était pas fini, loin de là. Le brouillard, dans sa danse interminable, prit la forme de ceux qui avaient marqué mon passé. Il prit successivement la forme de mon père, de ma mère, et de tant d'autres. Immobile, pétrifié, je regardais ces formes apparaître et disparaître sans fin. Personne ne parla, personne n'essaya de faire quoi que ce soit. Nous nous regardions fixement, chacun de son côté. Quel horrible sentiment que de revoir les yeux de son premier amour.

Alors que je plongeais mes yeux dans le brouillard, j'entendis au loin un homme hurler. Sûrement un des deux hommes du laboratoire. Depuis le fond de la crevasse où j'étais, je ne pouvais qu'écouter ses cris. Il semblait paniqué. En tout cas, celui sur qui il criait devait en prendre pour son grade, vu l'intensité de sa voix. Je ne distinguais aucun mot, mais c'était suffisant.

Soudain, le brouillard redevint de la laine volante et m'enveloppa. Je sentis le sol sous moi se craqueler. Je tentais de partir, mais où que j'aille, le sol s'effritait. Et le brouillard m'empêchait de voir quoi que ce soit d'autre. Mais y-avait-il autre chose à voir ici ?

Le sol finit par craquer. Je tombais une nouvelle fois, mais cette fois vers une profondeur que je ne connaissais pas. Alors que je tombais, la lumière se fit de plus en plus discrète. Je vis mon corps devenir noir progressivement.

Je ne savais pas vraiment pourquoi ni comment, mais il fallait se rendre à l'évidence : j'étais en train de mourir.
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Mar 6 Sep - 21:40



Fever.

« IT'S WHAT YOU'VE DONE, IT'S WHO YOU ARE. »

Sous le regard inquiet de David, Harry semblait être pris d’une étrange mais intense douleur. Le chirurgien l’observa regarder ses mains et nota bien évidemment son mouvement de recul effrayé. La panique remplaça la douleur dans les yeux jaunes du vétérinaire. Le jeune homme remarqua les tâches sombres dans les paumes de son chéri sans comprendre leur provenance. De loin, il aurait dit que c’était une forme de gangrène mais il n’y avait aucune raison de son apparition. Harry ne s’était pas ouvert les mains et même s’il l’avait fait, il lui aurait dit et il aurait désinfecté lui-même. Enfin bref, pour l’instant la priorité n’était pas la cause mais les conséquences. Est-ce que cela allait s’aggraver ? Il n’était pas trop tard pour soigner ses paumes mais… Le hurlement d’Harry vient brutalement le sortir de ses pensées. Ses vociférations, ses ordres, vinrent le perturber et il fronça les sourcils, le regardant. Son chéri était visiblement en proie à une forte panique, chose à laquelle il ne fallait surtout pas céder. David avait aussi lui-aussi envie de hurler en s’imaginant devoir amputer les mains du vétérinaire mais il devait garder la tête froide. Qu’au moins quelqu’un la garde pour l’autre. Il appela une Brute, calmement mais pas non plus lentement.

- Tout va bien Harry.

Il l’avait marmonné plus pour se calmer lui-même, son chéri commençant à l’agacer profondément. Il ne l’avait vu paniquer mais il devait avouer qu’il était rapidement insupportable. Enfin, c’était la petite fierté du chirurgien qui l’empêchait d’encaisser des ordres vociférés comme s’il avait besoin d’instruction dans une situation critique. Évitant soigneusement le regard d’Harry, il enfila des gants et se saisit du coffre qui contenait l’Orbe qu’il voulut donner ensuite à la Brute. Il avait docilement écouté l’instruction du vétérinaire qui consisté à évacuer cette pierre étrange. Mais son supérieur le bouscula avec plus de force que prévu, ce qui manqua de le faire tomber. David eut une moue de colère mais parvint à prendre sur lui, même si ce fut avec difficulté. Peut-être David ne se rendait pas bien compte de la situation. Mais il était certain qu’une gangrène n’était jamais aussi rapide. Et en conclusion, elle n’était pas normale. Donc certes, il fallait s’y pencher en vitesse mais sans précipitation pour autant. Les chances d’échec étaient beaucoup plus importantes dans la panique. David se sentait néanmoins un peu vexé par le comportement d’Harry qui le traitait comme s’il n’était qu’un simple infirmier. Il le regarda s’asseoir et vint prendre la tête de son chéri dans ses mains intactes.

- Harry, j’ai besoin que tu la fermes et que tu restes calme, d’accord ? On n’arrivera à rien si tu paniques. Bien au contraire. Donc tu restes là, et tu ne bouges plus.

David partit chercher deux énormes glaçons dans la glacière du laboratoire avant de retourner voir son chéri rapidement. Il transpirait à son tour mais ne montrait absolument rien sur son visage, hormis un calme froid et déterminé. Il savait parfaitement ce qu’il faisait, en tout cas. Il gagnait du temps. Eddy eut alors quelques hoquets derrière lui. Il haletait même. David tourna la tête vers la table d’opération. Voilà que le Gardien qui faisait un arrêt cardiaque. Harry… Ton remède était efficace mais peut-être un peu trop. Il soupira brièvement et plongea son regard bleu électrique dans les yeux de son mari.

- Donne-moi tes mains. Vite, Eddy a fait un infarctus.

Il plaça dans chacune des paumes les morceaux de glace visant à « congeler » les pourritures pour s’y pencher dans quelques minutes. Il fallait que cela tienne. Les glaçons faisant office de sablier, David avait moins d’une dizaine de minutes pour ranimer Eddy et trouver une solution pour Harry. Ah cela faisait longtemps qu’il n’avait pas ressenti autant d’adrénaline. Il inspira profondément et s’empressa de faire un massage cardiaque au Gardien, n’hésitant pas à lui faire du bouche-à-bouche et ceci, sous le regard de Harry bien évidemment. Il essaya plusieurs longues secondes mais rien à faire. Il regarda les morceaux de glace qui avaient déjà fondus de moitié et eut un bref soupir. Il chercha alors un flacon rempli d’un sérum à base de plantes dans sa chambre. Quelque chose qu’il gardait dans sa réserve personnelle, quelque chose de sa propre confection. Ô combien de fois il s’en était foutu dans les veines pour se stimuler un peu. Oui, on pouvait dire qu’il avait carrément créé sa propre drogue, son propre stimulant, son propre produit dopant. Et bien sûr, il s’était bien gardé de dire tout ça à Harry. Évidemment. Il ne devait même pas se douter que pendant plusieurs mois, David avait eu les avant-bras détruits par les piqures de seringue à répétition. Mais là n’était pas la priorité. Il fit un léger garrot à Eddy pour faire ressortir ses veines et piqua avant de lui injecter l’intégralité du contenu du flacon dans le bras. Il n’eut même pas besoin de jeter un dernier coup d’œil à Eddy pour savoir que son pouls était revenu brutalement, donnant sûrement l’impression au Gardien de sortir hors de l’eau après avoir frôlé une noyade.

Il revint vers Harry avec toujours autant de calme et d’impassibilité dans le regard. Les glaçons étaient arrivés à un tiers de leur taille initiale. Quant à la gangrène étrange, elle ne semblait pas avoir gagné de terrain sur les paumes de son chéri. Il posa rapidement une main sur le front de ce dernier. Lui aussi était maintenant brûlant de fièvre. Mais c’était sûrement à cause de ses mains. Il l’embrassa rapidement sur le front pour le rassurer, lui glissa à l’oreille qu’il allait jeter un coup d’œil à son patient. Sans plus attendre, c’est ce qu’il fit, laissant Eddy retrouver son souffle et ses esprits, pas le temps de s’occuper davantage de lui malheureusement, et Harry qui devait se poser pas mal de questions avec ses glaçons dans les paumes. Le chirurgien marcha d’un pas vif et pressé mais dégageant une certaine fluidité qui traduisait son calme et sa tête froide. Par chance, le premier patient était à moitié dénudé et il put en effet constaté qu’il avait une grosse tâche noire à l’endroit où Harry avait placé l’Orbe. David fit le chemin inverse et retourna au laboratoire avant de dire d’un ton clair et posé :

- Le patient a les mêmes marques que toi, effectivement, à l’endroit où tu lui avais mis l’Orbe. Mais j’ai constaté que, chez toi, malgré leur apparition soudaine, leur aire était toujours la même. Donc je ne sais pas s’il y aura une régression mais il n’y a en tout cas pas d’évolution. Malheureusement, je n’ai pas remèdes miracles contre ça. Mais si c’est effectivement l’Orbe, alors je te propose d’attendre quelques heures. Et dans le calme.

Il le regarda un instant, toujours froidement. L’adrénaline était toujours en train de circuler dans ses veines en grande quantité et son cœur, malgré ses pulsations régulières, conservait un rythme vif. Il était convaincu qu’Harry était sorti d’affaire et c’est pour ça que ce qui le préoccupait un peu plus, c’était d’éventuelles questions sur le mystérieux flacon qui avait ressuscité Eddy. Puis il eut un léger soupir pour se calmer légèrement et sourit à son chéri pour le rassurer.
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I'm scared to get close and I hate being alone. I long for that feeling to not feel at all. The higher I get, the lower I'll sink. I can't drown my demons, they know how to swim. Can you hear the silence? Can you see the dark? Can you fix the broken? Can you feel... can you feel my heart? ©️ by Sun  
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Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini]

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