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Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini]

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MessageSujet: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Dim 10 Juil - 2:24


Fever

«You wash your mouth, you pray for truth»

Morphée défit son étreinte aux environs de six heures du matin. Alors que je tentai d'émerger des profondeurs de mon sommeil, ma créature intérieure cria famine. Oui, j'avais faim. Pour un petit déjeuner, certes, mais aussi pour autre chose. Pour cette faim que je n'arrive à satisfaire qu'une à deux fois par semaine. Plus si je suis chanceux.

Je me levai de mon lit. En me levant, mes jambes tremblèrent et ma vision devint floue. Je devais vraiment avoir faim. Les quatre ou cinq pas qui séparaient mon lit de ma bassine d'eau me parurent une éternité. Une traversée du désert du Sahara avec un chameau qui ne sait pas marcher droit. J'attrapai mon chiffon et le plongeai dans cet oasis que constituait ma bassine d'eau claire. L'eau fraîche me fit du bien. Les gouttes d'eau s'écrasaient contre mon visage brûlant et dégringolaient sur les dunes blanches de mon corps nu. La tempête de mon souffle balayait la fraîcheur de l'air ambiant. Ce devait être une légère fièvre. Je contemplai mes mains : elles me semblaient être bleues. Sûrement un effet de la lumière de la nuit.

Je m'assis sur mon lit, grignotant une de mes dernières pommes. Celle-ci était assez ferme, mais pas assez pour résister à mes crocs. Son goût me rappela mon premier amour : jeune, doux, sucré, envoûtant. Mais aussi acide, ferme, et avec un léger arrière-goût amer et âpre. Cette pomme me rappela qu'elle ne pouvait satisfaire qu'une seule de mes faims. Je décidai de satisfaire les deux, mais chaque chose en son temps : je n'avais mangé qu'un petit tiers de mon fruit. Après avoir rongé ma pomme jusqu'aux pépins, et ma première faim étant satisfaite, je m'habillai avec un ensemble noir : chemise, pantalon, chaussures et veste. Le noir est ce qui me sied le mieux.

Je sortis de ma chambre et me dirigeai vers les escaliers. Ma fièvre grandissait au fur et à mesure que les minutes passaient. Avant de pouvoir trouver une proie, je devais de toute urgence regagner mes esprits. Je descendis dans la cour intérieure et m'assis sur un banc. Malgré les remparts que sont les bâtiments du Manoir, l'air frais pouvait tout de même entrer dans la cour et il fouettait mon visage. Je m'allongeai sur le banc et entrepris de regarder le ciel. Le jour allait se lever : le ciel était plus clair qu'à mon réveil. Les diamants de la voie lactée commençaient à disparaître et à laisser place au soleil. L'air ne se réchauffait pas pour autant, mais cela ne me dérangeait pas.

Quelque chose détourna mon regard des étoiles et obtint toute mon attention. Une lumière venait de s'allumer au deuxième étage du Manoir. Un étage que je n'avais pas encore exploré. Qui pouvait donc être réveillé à cette heure si matinale, hormis moi et ma fièvre ? Soudain, une silhouette apparut. Sans aucun doute, celle d'un homme. Que pouvait-il donc faire au deuxième étage ?

Trop de questions sans réponses attirent ma curiosité, ma créature intérieure le sait très bien. D'un coup, ma fièvre sembla s'évanouir dans le vent frais. Mes pupilles se dilatèrent d'excitation. Mon souffle s'intensifia. Alors, je me levai, et rentrai dans le Manoir.

Monter une marche de l'escalier s'apparentait à gravir l'Everest. L'escalier semblait ne jamais s'arrêter. Peut-être pouvait-il monter jusqu'à Dieu et Son Paradis, qui sait ? Toutefois, l'escalier s'arrêta bien, et je me retrouvai au deuxième étage. Si ce devait être le Paradis, alors beaucoup n'auraient finalement plus la foi : l'air était humide et glacial, encore plus glacial que l'air du dehors, on distinguait à peine la fin du couloir, et seuls quelques rayons de soleils arrivaient à traverser la noirceur de cet endroit.

Je ne me sentais pas rassuré, loin de là. La raison m'aurait conduit à faire demi-tour et à rentrer dans ma chambre, mais ma créature intérieure, aidée par la fièvre, me poussa à traverser le couloir. Je marchai donc vers cette extrémité que je ne pouvais pas voir, d'un pas lent, hésitant.

Je finis par atteindre le bout du couloir. Une porte était entrouverte. Je me glissai dans l'ouverture. La pièce dans laquelle je me trouvai ressemblait à une bibliothèque. À un détail près : les livres et documents qui remplissaient les étagères étaient bien trop vieux et poussiéreux pour une bibliothèque. J'en conclus que cette pièce était une salle des archives.

Les espaces entre les différents rayons étaient assez étroits, mais mon corps était assez mince pour passer sans faire tomber un seul livre. Je marchais lentement en regardant rapidement les titres des ouvrages : la plupart semblaient provenir d'un autre siècle, ce qui me fascinait. Je me suis toujours demandé comment de simples livres peuvent survivre des siècles et parvenir à notre connaissance.

Ce ne fut qu'après une bonne dizaine de rayons que j'aperçus l'homme que je recherchais. Malheureusement pour moi, il était encore trop loin pour que je puisse distinguer ses traits. Je m'approchai de lui d'un pas lent. Peut-être ne m'avait-il pas entendu arriver. Au fur et à mesure que j'avançais, je sentis ma créature intérieure trépigner d'impatience à l'idée de se repaître.

Mais elle dût se raviser. La donne avait en effet changé : il n'y avait pas un homme, mais deux.

Et le deuxième m'avait vu.
© plumyts 2016


Dernière édition par Eddy J. Adkins le Dim 10 Juil - 14:03, édité 1 fois
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admin cardiaque et trop gentil
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MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Dim 10 Juil - 12:38



Fever.

« IT'S WHAT YOU'VE DONE, IT'S WHO YOU ARE. »

David était avec Harry dans leur laboratoire. Leur dernier patient avait contracté des symptômes atypiques quand le vétérinaire eut utilisé l’Orbe sur lui. Même le chirurgien avait été dépassé et n’avait pu prononcer un diagnostic concret et précis pour déterminer ce qui agitait le corps du pauvre amnésique. Néanmoins, il avait réussi à calmer sa fièvre et lui avait deux à trois jours de vie afin de permettre aux deux Scientifiques de le maintenir en vie. David n’avait pas dormi de la nuit et se passa une main fatiguée sur sa fine, toute fine barbe rousse. Il eut alors l’idée qu’un de leurs collègues ait déjà rencontré ce genre de problèmes et l’avait peut-être recensé dans les archives. Il proposa alors l’idée à Harry qui accepta sûrement. David jeta un dernier coup d’œil au patient, endormi et attaché sur la table d’opération. Il changea la serviette humide de son front avant de préparer la lanterne pour partir en exploration dans le Manoir. Il détestait s’aventurer dans les couloirs. La dernière fois qu’il l’avait fait, c’était pour aller déposer le cadavre de Felix au grenier en compagnie d’Amy, avant de déposer les restes de cette dernière. Autant dire que le souvenir de cette expérience n’était pas des plus appréciées, aussi bien sentimentalement qu’olfactivement.

Il resta près d’Harry tout au long du trajet, la lumière du soleil commençant à percer au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient des toits. Les rayons passaient entre les trous et les fenêtres. David se demanda alors pourquoi les archives étaient dans un endroit si exposé à la pluie et autres types d’intempéries. Certes, il y avait encore un plafond, mais on voyait le ciel par endroit. Les archives étaient néanmoins très sombres. Il donna la lanterne à son chéri et partit chercher dans le coin près de la fenêtre pour avoir un peu de lumière naturelle. Il continua de chercher des ouvrages qui pouvaient l’intéresser, contrairement à la généalogie de la famille Rockwood depuis le XVIIIe siècle. Petit à petit, il se tapit dans l’ombre. Il avait une bonne vision dans le noir de toute façon. Pas le noir complet non plus, mais entre la fenêtre et la lanterne d’Harry, il arrivait à distinguer et deviner les titres sur les reliures de cuir. C’est alors qu’il entendit le parquet craquer dans le couloir. Il fronça doucement les sourcils et s’enfonça un peu plus dans l’ombre, disparaissant sûrement à la vue d’Harry lui-même. Il se rapprocha alors doucement de la porte d'entrée des archives et attendit. Il ne savait pas si son chéri avait remarqué quelque chose. Mais David avait l’habitude de tendre l’oreille dans la crainte d’entendre des pas.

C’est alors qu’un homme arriva par la porte. Il avait l’air malade et fatigué, sûrement fiévreux. David fronça les sourcils mais tel le prédateur qu’il avait été, il resta dans l’ombre, dans son dos. L’inconnu sentit alors le regard du chirurgien sur lui et remarqua la présence de David derrière lui. Ce dernier ne bougea pas, se contentant de braquer son regard électrique et froid sur lui, leurs deux corps n’étant pas à plus d’un mètre de distance. Le Scientifique n’avait rien pour le maintenir cependant, mais vu le regard fiévreux de sa proie, il n’aurait aucun mal à le faire chuter au sol. C’est alors qu’une question apparut dans la tête de David. Et si la fièvre de leur patient n’était pas due à l’Orbe mais à une épidémie ? Enfin bref, ce n’était pas le moment de se préoccuper de cela pour l’instant. L’inconnu, à qui David aurait dû proposer son aide, ne lui inspirait aucune confiance. Il n’aurait su dire pourquoi, il y avait juste quelque chose qu’il dégageait, une sorte d’aura, qu’il n’appréciait pas. C’est pour cela qu’il ne décolla pas son regard de prédateur qu’il avait naturellement pris de l’intrus avant de dire simplement dans un souffle froid :

- Qui es-tu ?

S’il leur était hostile, de quelques manières que ce soit, il n’hésiterait pas à le maîtriser. Surtout s’il tentait de s’en prendre à Harry.
© plumyts 2016