AccueilAccueil  FAQFAQ  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez| .

Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant
avatar
En savoir plus

MessageSujet: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Dim 10 Juil - 2:24


Fever

«You wash your mouth, you pray for truth»

Morphée défit son étreinte aux environs de six heures du matin. Alors que je tentai d'émerger des profondeurs de mon sommeil, ma créature intérieure cria famine. Oui, j'avais faim. Pour un petit déjeuner, certes, mais aussi pour autre chose. Pour cette faim que je n'arrive à satisfaire qu'une à deux fois par semaine. Plus si je suis chanceux.

Je me levai de mon lit. En me levant, mes jambes tremblèrent et ma vision devint floue. Je devais vraiment avoir faim. Les quatre ou cinq pas qui séparaient mon lit de ma bassine d'eau me parurent une éternité. Une traversée du désert du Sahara avec un chameau qui ne sait pas marcher droit. J'attrapai mon chiffon et le plongeai dans cet oasis que constituait ma bassine d'eau claire. L'eau fraîche me fit du bien. Les gouttes d'eau s'écrasaient contre mon visage brûlant et dégringolaient sur les dunes blanches de mon corps nu. La tempête de mon souffle balayait la fraîcheur de l'air ambiant. Ce devait être une légère fièvre. Je contemplai mes mains : elles me semblaient être bleues. Sûrement un effet de la lumière de la nuit.

Je m'assis sur mon lit, grignotant une de mes dernières pommes. Celle-ci était assez ferme, mais pas assez pour résister à mes crocs. Son goût me rappela mon premier amour : jeune, doux, sucré, envoûtant. Mais aussi acide, ferme, et avec un léger arrière-goût amer et âpre. Cette pomme me rappela qu'elle ne pouvait satisfaire qu'une seule de mes faims. Je décidai de satisfaire les deux, mais chaque chose en son temps : je n'avais mangé qu'un petit tiers de mon fruit. Après avoir rongé ma pomme jusqu'aux pépins, et ma première faim étant satisfaite, je m'habillai avec un ensemble noir : chemise, pantalon, chaussures et veste. Le noir est ce qui me sied le mieux.

Je sortis de ma chambre et me dirigeai vers les escaliers. Ma fièvre grandissait au fur et à mesure que les minutes passaient. Avant de pouvoir trouver une proie, je devais de toute urgence regagner mes esprits. Je descendis dans la cour intérieure et m'assis sur un banc. Malgré les remparts que sont les bâtiments du Manoir, l'air frais pouvait tout de même entrer dans la cour et il fouettait mon visage. Je m'allongeai sur le banc et entrepris de regarder le ciel. Le jour allait se lever : le ciel était plus clair qu'à mon réveil. Les diamants de la voie lactée commençaient à disparaître et à laisser place au soleil. L'air ne se réchauffait pas pour autant, mais cela ne me dérangeait pas.

Quelque chose détourna mon regard des étoiles et obtint toute mon attention. Une lumière venait de s'allumer au deuxième étage du Manoir. Un étage que je n'avais pas encore exploré. Qui pouvait donc être réveillé à cette heure si matinale, hormis moi et ma fièvre ? Soudain, une silhouette apparut. Sans aucun doute, celle d'un homme. Que pouvait-il donc faire au deuxième étage ?

Trop de questions sans réponses attirent ma curiosité, ma créature intérieure le sait très bien. D'un coup, ma fièvre sembla s'évanouir dans le vent frais. Mes pupilles se dilatèrent d'excitation. Mon souffle s'intensifia. Alors, je me levai, et rentrai dans le Manoir.

Monter une marche de l'escalier s'apparentait à gravir l'Everest. L'escalier semblait ne jamais s'arrêter. Peut-être pouvait-il monter jusqu'à Dieu et Son Paradis, qui sait ? Toutefois, l'escalier s'arrêta bien, et je me retrouvai au deuxième étage. Si ce devait être le Paradis, alors beaucoup n'auraient finalement plus la foi : l'air était humide et glacial, encore plus glacial que l'air du dehors, on distinguait à peine la fin du couloir, et seuls quelques rayons de soleils arrivaient à traverser la noirceur de cet endroit.

Je ne me sentais pas rassuré, loin de là. La raison m'aurait conduit à faire demi-tour et à rentrer dans ma chambre, mais ma créature intérieure, aidée par la fièvre, me poussa à traverser le couloir. Je marchai donc vers cette extrémité que je ne pouvais pas voir, d'un pas lent, hésitant.

Je finis par atteindre le bout du couloir. Une porte était entrouverte. Je me glissai dans l'ouverture. La pièce dans laquelle je me trouvai ressemblait à une bibliothèque. À un détail près : les livres et documents qui remplissaient les étagères étaient bien trop vieux et poussiéreux pour une bibliothèque. J'en conclus que cette pièce était une salle des archives.

Les espaces entre les différents rayons étaient assez étroits, mais mon corps était assez mince pour passer sans faire tomber un seul livre. Je marchais lentement en regardant rapidement les titres des ouvrages : la plupart semblaient provenir d'un autre siècle, ce qui me fascinait. Je me suis toujours demandé comment de simples livres peuvent survivre des siècles et parvenir à notre connaissance.

Ce ne fut qu'après une bonne dizaine de rayons que j'aperçus l'homme que je recherchais. Malheureusement pour moi, il était encore trop loin pour que je puisse distinguer ses traits. Je m'approchai de lui d'un pas lent. Peut-être ne m'avait-il pas entendu arriver. Au fur et à mesure que j'avançais, je sentis ma créature intérieure trépigner d'impatience à l'idée de se repaître.

Mais elle dût se raviser. La donne avait en effet changé : il n'y avait pas un homme, mais deux.

Et le deuxième m'avait vu.
© plumyts 2016


Dernière édition par Eddy J. Adkins le Dim 10 Juil - 14:03, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
admin cardiaque et trop gentil
avatar
En savoir plus

MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Dim 10 Juil - 12:38



Fever.

« IT'S WHAT YOU'VE DONE, IT'S WHO YOU ARE. »

David était avec Harry dans leur laboratoire. Leur dernier patient avait contracté des symptômes atypiques quand le vétérinaire eut utilisé l’Orbe sur lui. Même le chirurgien avait été dépassé et n’avait pu prononcer un diagnostic concret et précis pour déterminer ce qui agitait le corps du pauvre amnésique. Néanmoins, il avait réussi à calmer sa fièvre et lui avait deux à trois jours de vie afin de permettre aux deux Scientifiques de le maintenir en vie. David n’avait pas dormi de la nuit et se passa une main fatiguée sur sa fine, toute fine barbe rousse. Il eut alors l’idée qu’un de leurs collègues ait déjà rencontré ce genre de problèmes et l’avait peut-être recensé dans les archives. Il proposa alors l’idée à Harry qui accepta sûrement. David jeta un dernier coup d’œil au patient, endormi et attaché sur la table d’opération. Il changea la serviette humide de son front avant de préparer la lanterne pour partir en exploration dans le Manoir. Il détestait s’aventurer dans les couloirs. La dernière fois qu’il l’avait fait, c’était pour aller déposer le cadavre de Felix au grenier en compagnie d’Amy, avant de déposer les restes de cette dernière. Autant dire que le souvenir de cette expérience n’était pas des plus appréciées, aussi bien sentimentalement qu’olfactivement.

Il resta près d’Harry tout au long du trajet, la lumière du soleil commençant à percer au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient des toits. Les rayons passaient entre les trous et les fenêtres. David se demanda alors pourquoi les archives étaient dans un endroit si exposé à la pluie et autres types d’intempéries. Certes, il y avait encore un plafond, mais on voyait le ciel par endroit. Les archives étaient néanmoins très sombres. Il donna la lanterne à son chéri et partit chercher dans le coin près de la fenêtre pour avoir un peu de lumière naturelle. Il continua de chercher des ouvrages qui pouvaient l’intéresser, contrairement à la généalogie de la famille Rockwood depuis le XVIIIe siècle. Petit à petit, il se tapit dans l’ombre. Il avait une bonne vision dans le noir de toute façon. Pas le noir complet non plus, mais entre la fenêtre et la lanterne d’Harry, il arrivait à distinguer et deviner les titres sur les reliures de cuir. C’est alors qu’il entendit le parquet craquer dans le couloir. Il fronça doucement les sourcils et s’enfonça un peu plus dans l’ombre, disparaissant sûrement à la vue d’Harry lui-même. Il se rapprocha alors doucement de la porte d'entrée des archives et attendit. Il ne savait pas si son chéri avait remarqué quelque chose. Mais David avait l’habitude de tendre l’oreille dans la crainte d’entendre des pas.

C’est alors qu’un homme arriva par la porte. Il avait l’air malade et fatigué, sûrement fiévreux. David fronça les sourcils mais tel le prédateur qu’il avait été, il resta dans l’ombre, dans son dos. L’inconnu sentit alors le regard du chirurgien sur lui et remarqua la présence de David derrière lui. Ce dernier ne bougea pas, se contentant de braquer son regard électrique et froid sur lui, leurs deux corps n’étant pas à plus d’un mètre de distance. Le Scientifique n’avait rien pour le maintenir cependant, mais vu le regard fiévreux de sa proie, il n’aurait aucun mal à le faire chuter au sol. C’est alors qu’une question apparut dans la tête de David. Et si la fièvre de leur patient n’était pas due à l’Orbe mais à une épidémie ? Enfin bref, ce n’était pas le moment de se préoccuper de cela pour l’instant. L’inconnu, à qui David aurait dû proposer son aide, ne lui inspirait aucune confiance. Il n’aurait su dire pourquoi, il y avait juste quelque chose qu’il dégageait, une sorte d’aura, qu’il n’appréciait pas. C’est pour cela qu’il ne décolla pas son regard de prédateur qu’il avait naturellement pris de l’intrus avant de dire simplement dans un souffle froid :

- Qui es-tu ?

S’il leur était hostile, de quelques manières que ce soit, il n’hésiterait pas à le maîtriser. Surtout s’il tentait de s’en prendre à Harry.
© plumyts 2016




Si Deus Me Relinquit.
I'm scared to get close and I hate being alone. I long for that feeling to not feel at all. The higher I get, the lower I'll sink. I can't drown my demons, they know how to swim. Can you hear the silence? Can you see the dark? Can you fix the broken? Can you feel... can you feel my heart? ©️ by Sun  


Dernière édition par David P. A. Williams le Lun 11 Juil - 12:14, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
admin incompris et solitaire
avatar
En savoir plus

MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Lun 11 Juil - 12:03



Fever

« Ahh, the world is getting blurry now. »

L'importance de garder des dossiers chez soi. Si seulement tous les scientifiques avaient leur propre bibliothèque...bon, bien sûr, cela deviendrait délicat dès qu'il s'agirait d'avoir besoin des données des autres. Alors lorsqu'il s'agit d'aller chercher dans les archives d'un collègue, il faut prendre sa petite lanterne et y aller de son courage dans les couloirs sombres du manoir. Ce n'était pas à la porté de n'importe qui, mais par chance, notre couple de scientifique favori n'avait absolument rien à crandre des ténèbres. Ils y avaient trempé de la plus horrible des manières, et il était à présent difficile que quelque chose d'aussi gluant que l'horreur puisse les toucher à nouveau. C'était donc le coeur plutôt léger et confiant qu'Harry entraîna son chéri jusqu'à la salle des archives, afin de trouver l'information complètementaire à leur expérience. Des symptomes impossibles à régler sans cette minuscule information à retrouver dans des années d'archives. Que la vie d'un chercheur génétique pouvait être compliqué. Mais comment vous voulez faire votre boulot correctement quand une donnée aussi imprécise qu'un morceau d'Orbe venant d'une dimension parralèle et comportant une énergie hors du commun venait se faufiler dans l'équation ? Il n'y avait effectivement plus grand chose à faire que de se documenter.

Aussi commencèrent-ils à feuilleter les livres jaunes et les documents moisis. Cela n'avait rien d'agréable et le vétérinaire aurait bien préféré faire des câlins avec son chaton en sucre. Mais tant pis, il fallait un temps pour tout. Il avait beau tourner les pages, s'occupant des textes de scientifiques français, cela l'endormait plus qu'autre chose. Sérieusement, il devait avouer que l'époque où il ne faisait que chercher différents moyens de tuer était bien plus drôle et simple à faire. C'était bien moins compliqué, mais c'était bien moins gratifiant. ...bon, qu'est-ce qu'il ne faut pas raconter pour avoir quelques lignes supplémentaires dans le mémoire de son existence. Mais passons. Au bout de la centième feuille tournée, Harry perçut un mouvement subtil de l'autre côté de la pièce. Son oreille bougea à ce contact sonore et il tourna automatiquement la tête. Peut-être était-ce David,...mais peut-être pas. Prenant la lampe, il fit quelques pas et remarqua aussitôt la scène. Son assistant avait vu quelqu'un et l'avait interpellé. A présent, tous les deux entouraient l'inconnu. Harry n'était pas certain de son identité et pencha la tête sur le côté. L'allure de ce petit morceau d'homme aux allures faussement angéliques était suspecte. Cependant, son regard restait froid et sombre. Il n'y avait aucun doute, cet homme était venu là pour chasser.

Le scientifique porta aussitôt la main à sa ceinture...et remarqua avoir oublier, mais totalement oublier son fouet. Il eut un grimace. Comment avait-il pu être aussi confiant au point d'en devenir stupide ? Car il fallait se rendre à l'évidence, face à un homme habitué à vivre dans le manoir, il y avait des chances que la force brute ne tombe pas en sa chance. Quand bien même David était là aussi pour rattraper le coup. Harry commençait à se faire tous les schémas possibles de défense mais leva la lanterne pour mieux voir l'individu:

- Décline ton identité, Gardien. Tu es cerné et je suis certain que tu n'as pas envie ce que cela peut impliquer.

Le scientifique le reconnaissait à présent. Certainement l'avait-il croisé dans les cachots en allant chercher une personne à décortiquer. Ce qui signifiait que sur le papier, ils étaient tout deux ses supérieurs. Sur le papier. Mais qui laisserait passer la chance de voir un bout de gras potentiel s'échapper de son contrôle.
© plumyts 2016


And I suppose in the end, they break my heart. All of us, no one is eternal. They love breaking me.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://eydamato.wix.com/novuscinema
avatar
En savoir plus

MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Mar 12 Juil - 0:30


Fever

«You wash your mouth, you pray for truth»

D'habitude, j'aime être pris en sandwich par deux hommes. Un devant, un derrière, rien de mieux. Mais là, je ne ressentais aucun désir. Je ressentais plutôt la menace de deux hommes pouvant me tuer en moins de trois secondes.

Je devais les avoir dérangés dans quelque chose d'importants, car ils avaient l'air grave. L'un tenta même d'attraper quelque chose sur sa ceinture, mais il ne dût pas trouver ce qu'il cherchait : une grimace trahit sa frustration. L'autre se tenait derrière moi, je pouvais entendre son cœur battre. Celui-ci semblait plus à même de me blesser ou me tuer s'il le fallait : son souffle puissant s'écrasait contre moi, tel un taureau face à une brebis.

Je tentai de dénicher une échappatoire. Les multiples rayons de la salle des archives pouvaient me servir de sortie : la minceur de mon corps me permettrait de me faufiler entre les rayons et de sortir en deux temps trois mouvements de cet étage. Malheureusement pour moi, la fièvre qui habitait mon corps m'empêchait d'utiliser mon corps à bon escient. La fièvre me fit même envisager de sauter par une fenêtre : j'atterrirais peut-être sur un arbuste de la cour intérieure qui pourrait amortir ma chute. Mais dans ce cas, à coup sûr, je me briserais une jambe ou autre chose, voire même le crâne. Autre option, je pouvais briser leur lanterne et profiter de la soudaine obscurité pour m'enfuir. Mais il y avait un problème : soit l'un, soit l'autre, me rattraperait à coup sûr, et surtout la lumière du soleil commençait à surpasser la lumière de la petite lanterne.

Piégé. J'étais piégé.

Je refusai toujours intérieurement de me plier à leur volonté. Je déteste perdre le contrôle sur une situation. Tout était si bien parti : malgré la fièvre, je maîtrisais la situation, mais maintenant, j'en avais perdu les rênes. Et j'en ignorais l'issue. Qui plus est, je sentais que la fièvre me faisait perdre le contrôle sur mon raisonnement, mes réflexes et mes capacités. Ma créature intérieure bouillonnait de rage. Moi aussi.

Je regardai l'homme qui se tenait en face de moi : il portait un beau costume, c'est ce que je vis en premier. Un costume classique, mais qui avait tout de même son charme. Ses cheveux, courts sur les côtés et longs sur le haut, lui donnaient un air de personnage de roman de Charles Dickens. Ses yeux vifs montraient sa méfiance vis-à-vis de moi. Il clignait à peine des yeux, preuve de détermination et de force.

Je ne pouvais pas voir l'autre homme derrière moi et je n'osais pas me retourner, de peur de me prendre un coup ou d'avancer l'heure de ma mort. Je tentai toutefois de l'imaginer avec que je percevais : je l'imaginais grand, musclé, d'où la force qui s'en dégage. J'étais clairement désavantagé.

Malgré tout, je ressentais également autre chose. Il devait exister autre chose que la simple amitié entre ces deux hommes. Ils devaient très bien se connaître pour pouvoir cerner une force hostile avec une si grande rapidité. Je sentais qu'ils pouvaient se comprendre d'un simple regard. Qu'ils pouvaient compenser l'absence de l'arme de l'un par la force de l'autre. Qu'ils n'hésiteraient pas à me neutraliser si je venais à découvrir quelque chose de secret. Je compris.

Ma créature intérieure aurait dû se réjouir : j'étais en présence d'un couple d'hommes, et potentiellement d'un plan à trois. À  la place, elle disparut dans mes entrailles. J'aurais moi aussi voulu disparaître entre les lattes du plancher. Le désir qui m'avait poussé à partir chasser avait désormais disparu. Je n'avais plus rien, hormis cette fièvre qui ne voulait pas me quitter. Je n'avais plus d'autre option que me résigner à leur obéir. Peut-être allais-je ressortir de cette salle en trois morceaux. Ou mort, qui sait ?

Je me laissai tomber sur mes genoux. Ma voix fut tremblante.

- Je m'appelle Eddy Adkins.

Si je devais mourir, alors ce ne serait pas dans l'anonymat. Je pris une grande et dernière inspiration, et fermai les yeux, prêt à descendre dans les flammes de l'Enfer.
© plumyts 2016
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
admin cardiaque et trop gentil
avatar
En savoir plus

MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Mar 12 Juil - 12:37



Fever.

« IT'S WHAT YOU'VE DONE, IT'S WHO YOU ARE. »

David resta tapi dans le dos de l’inconnu, attendant un geste d’Harry, qui semblait avoir repéré l’intrus aussi. Le seul geste qu’eut son supérieur fut de porter la main à sa ceinture où rien n’était accroché. Il vit son chéri faire une légère grimace embêtée et le chirurgien eut à peu près la même à l’intérieur. Le fouet manquant n’était peut-être pas une bonne chose. Lui-même n’avait pas pris ne serait-ce qu’un scalpel. Ils étaient partis du laboratoire avec un peu trop de confiance comme seul bagage. Et cela allait peut-être leur jouer des tours. Cependant, l’homme n’était pas si grand que cela. David était toujours le plus petit mais la taille de Harry ainsi que sa silhouette décharnée pouvait toujours impressionner. Car oui, même si le vétérinaire est mince, voire maigre, il n’avait pas cet aspect maladif, bien au contraire. Bref. Cela pouvait toujours dissuader l’intrus de tenter quoique ce soit. À moins qu’il n’était en train de se chercher des raisons pour se rassurer. Mais il reprit rapidement le dessus. Ils avaient la supériorité numérique. À quoi bon s’inquiéter ? Et lui-même avait déjà été dans des situations bien plus compliquées que celle-ci. Cela ne lui ressemblait pas de douter. Il ne l’avait pas fait durant l’automne 1888. Et si l’inconnu commençait à sentir le doute…

Il se ressaisit quand il entendit la voix de son amant qui avait eu le réflexe de le menacer directement. Cela pourrait toujours venir déstabiliser l’indésirable. David se rapprocha alors doucement de lui, un peu plus, réduisant le petit mètre qui les séparait, prêt à l’immobiliser si besoin. Il eut alors de sentir de la panique chez sa proie. C’était une émotion qu’il connaissait bien désormais. Il savait l’aura que dégager un humain quand il perdait le contrôle de ses nerfs. Cela ne rata pas. Le jeune inconnu se laissa tomber sur le sol, à genoux, avant de se présenter. Un nom qui ne lui disait absolument rien. De toute façon, la plupart des gens de ce Manoir sont des personnes sans histoire. Comme la plupart de la population en général, certes. Passons. David devait avouer qu’il ne s’était pas attendu à ce que l’inconnu se rende aussi facilement. Peut-être était-ce la fièvre qui lui avait donné un regard si agressif. Et peut-être était-ce cette même fièvre qui l’avait poussé à abandonner avant même que le conflit ne s’engage. Un peu perdu, David jeta un regard silencieux à Harry, ne sachant pas trop quoi faire. Néanmoins, un de ses défauts principaux, était peut-être d’accorder trop facilement sa confiance à quelqu’un de malade. Il eut une longue respiration et s’agenouilla derrière ledit Eddy pour prendre sa température. Effectivement, il était brûlant. Il soupira alors et regarda de nouveau Harry, comme pour lui demander de l’emmener au laboratoire. Il dit alors à l’intention du Gardien :

- Où êtes-vous allé traîner pour avoir une fièvre pareille ?

Il inspecta brièvement ce qu’il pouvait de l’inconnu et constata qu’il n’avait pas l’air blessé. Ce n’était donc pas une plaie ouverte qui avait pu s’infecter. En revanche, il remarqua que ses bras n’étaient pas placés de façon symétrique. Une de ses épaules avait donc eu un problème quelconque. Il se redressa et resta silencieux, regardant de nouveau son chéri, attendant ses ordres.
© plumyts 2016




Si Deus Me Relinquit.
I'm scared to get close and I hate being alone. I long for that feeling to not feel at all. The higher I get, the lower I'll sink. I can't drown my demons, they know how to swim. Can you hear the silence? Can you see the dark? Can you fix the broken? Can you feel... can you feel my heart? ©️ by Sun  
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
admin incompris et solitaire
avatar
En savoir plus

MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Mar 12 Juil - 14:29



Fever

« Ahh, the world is getting blurry now. »

La menace était directe. Sa réponse l'était tout autant mais qu'importe. Il fallait aussitôt se placer en position de force, surtout quand on oubliait ainsi ses armes les plus précieuses. L'intimidation ferait le minimum syndical pour le moment. Le vétérinaire se redressait donc de tout son long, car par chance, sa hauteur n'avait d'égale que ses membres décharnés. Peut-être pourrait-il passer dans l'ombre comme une immense araignée aux longues pattes ? L'idée était intéressante, même très artistique. Seulement il n'y avait plus le temps pour ce genre de bêtises. Quel ne fut alors pas sa surprise quand Harry vit son adversaire tomber à genoux, dévoilant de la même manière David qui s'était faufiler derrière lui. Le scientifique fronça automatiquement les sourcils, ne comprenant pas ce qu'il se passait. David lui avait-il fait quelque chose dans le dos ? Un coup de scalpel bien placé entre les côtes ? Mais aucune trace de sang, rien du tout. Il n'y avait aucune blessure, ce n'était pas le soucis. A y mieux regarder,  Harry nota que l’individu semblait avoir du mal à respirer, comme s'il avait couru un insupportable marathon. Cela n'était pas si difficile que ça de grimper jusqu'ici. Et tout grand chasseur qu'il pouvait être, il n'avait certainement pas fait tout le chemin en courant. Cela aurait été ridicule. ...non, la solution était tout autre.

David avait déjà fait le premier pas pour l'examiner, et c'est en l'observant faire qu'Harry compris. L'homme était en proie à une violente fièvre. Mais même après avoir dit son nom, il restait un étranger à ses yeux. Jamais auparavant il n'avait rencontré de Eddy. Pouvait-on lui faire confiance ? Si David sentait les symptômes d'une fièvre, alors il n'y avait aucune raison de le contredire. Mais si ce n'était qu'une ruse du gardien pour mieux nous faire approcher de lui, pour qu'on le prenne en pitié ? Une fièvre. Monsieur avait peut-être tout bonnement traîné dans les égouts un peu trop longtemps, Dieu seul savait toutes les horreurs qui pouvaient y avoir traîné, au vu de tous les cadavres et les monstres qu'on y trouvait. Mais qu'importe. Le problème était que l'on n'avait même pas encore réunis les informations sur l'Orbe...cependant Harry n'eut pas le choix, il prit dans sa sacoche un des dossiers qu'il était en train de lire et qui semblait le plus prometteur. Puis se redressant, jeta un nouveau coup d’œil au blondinet au bout de sa vie. Si c'était de la comédie, alors il jouait très bien. Le vétérinaire s'approcha donc de lui et le redressa en le tenant un bras en dessous des deux autres. Le gardien semblait physiquement aussi décharné que lui et bien moins lourd. Mais il fallait qu'Harry se rende à l'évidence, il était bien brûlant.

- David, sors ton scalpel et ouvre la voie. Il faut que quelqu'un puisse riposter si jamais "Eddy" nous joue la comédie pour mieux nous avoir.

Harry n'avait aucune peur d'ainsi se mettre au devant d'un potentiel danger. Car si Eddy sortait une arme à l'instant précis, il se savait dans la plus parfaite incapacité à se défendre. Mais vu que David était le seul à avoir une arme, il valait mieux que ce soit lui qui ouvre la marche. De plus, Harry n'avait jamais été très doué avec un scalpel. Ah, et puis il valait toujours mieux à ce que ce soit David qui ait à sauver Harry que l'inverse. C'était une question d'assurance vie complètement évidente. Sur ces belles paroles, le vétérinaire commença sa petite marche...descendre deux étages pour ensuite aller au sous-sol n'allait pas être une mince affaire. Mais bon,si les amnésiques et les déments étaient des mouchoirs jetables, il fallait faire davantage attention aux gardiens. Après tout, c'était les gens à tout faire des scientifiques. Il faut faire attention à ses serviteurs si l'on veut avoir un service de livraison de qualité.
© plumyts 2016


And I suppose in the end, they break my heart. All of us, no one is eternal. They love breaking me.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://eydamato.wix.com/novuscinema
avatar
En savoir plus

MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Mer 13 Juil - 0:35


Fever

«You wash your mouth, you pray for truth»

Je devais sûrement être déjà mort. Étrange, je n'avais rien senti. Beaucoup disent que la mort est tout sauf indolore. Peut-être que la fièvre avait agi comme un anesthésiant et m'avait empêché de ressentir ne serait-ce qu'une once de douleur. Quoiqu'il en soit, je me préparai à sentir les flammes de l'Enfer me brûler la peau.

Ma surprise fut des plus grandes lorsque, à la place des flammes éternelles, je sentis des mains s'appuyer contre mon front. Et quelles mains ! Parmi les plus douces qui doivent exister sur cette Terre. On aurait pu croire qu'il s'agissait de coton ou de soie. Elles me rappelaient celles de ma mère, lorsque j'étais petit et que je faisais bien mes exercices d'écriture et d'orthographe. Mais ces exercices étaient terminés. Je n'étais plus ce petit garçon, mais un jeune homme en piteux état. Je sentais que je perdais la maîtrise de mon corps et j'avais de plus en plus de mal à ouvrir les yeux.

L'homme aux mains douces, celui dont je n'avais pas vu le visage, s'inquiéta de la manière dont j'avais bien pu contracter une telle fièvre. Je dois dire que moi-même, je ne le savais pas vraiment non plus. Je ne passais que peu de temps au sous-sol, je préférais le rez-de-chaussée et le premier étage, où il m'est plus facile de chasser, et surtout, où se trouve ma chambre. Je devais sûrement avoir passé trop de temps trop peu couvert, mais il n'est pas très facile de faire du rodéo sur quelqu'un avec ses vêtements. Promis, la prochaine fois, je porterai une fourrure.

L'autre homme, celui au beau costume, semblait douter de la véracité de mon état. Cela se ressentait : il restait distant, laissant l'autre homme aux mains douces m’ausculter. Malgré sa méfiance, il me souleva aussi facilement que le vent soulève une feuille d'automne et m'aida à marcher – ou plutôt devrais-je dire qu'il me traîna à travers tout le Manoir. Pendant cette longue et lente marche, je plongeai dans un semi-coma, ne relevant les paupières que pour apercevoir des bribes du Manoir. Je ne me souviens pas de grand chose, à part qu'ils me dirigeaient vers le sous-sol : je pouvais sentir la lumière s'effacer et l'air devenir plus frais. Je relevai une dernière fois les paupières : j'étais collé contre le flanc de l'homme au beau costume. Un très beau costume, vraiment.

Je marchai sur une falaise recouverte d'un drap vert. Le vent soufflait fort. Les nuages tapissaient de leur coton le ciel bleu. Je m'approchai du bord : l'eau était agitée. Au loin, le néant. Le vide. L'océan. Je fis demi-tour et me retrouvai dans une rue de Camden Town. La foule emportait mon corps dénué de toute force à travers le quartier. J'aperçus des pubs et autres boutiques où j'allais autrefois, je crus même reconnaître quelques personnes. La foule se dispersa au bord de la Tamise : les nombreux bateaux à vapeur empêchaient de distinguer l'autre rive de Londres, ne fusse-t-elle qu'à quelques dizaines de mètres. Je me retrouvai en face d'un pont. De l'autre côté de ce ponts, deux silhouettes familières. Celles qui m'avaient entourées depuis toujours. Père. Mère.

Je voulus partir. Je ne pus bouger d'un iota. Les silhouettes de mes paternels se rapprochèrent. Je tentai de hurler. Aucun son ne put sortir de ma gorge. Le brouillard industriel se dissipa légèrement pour laisser le visage de mes parents à la lumière. Que faisaient-ils à Londres ? Avaient-ils appris pour ma vie débridée ? Voulaient-ils me reconduire à Southampton ?

Soudain, un bateau passa sous le pont. La cheminée, bien trop grande, arracha suffisamment de pierres pour faire s'écrouler le pont. Mes parents tombèrent sous un amas de pierres et de planches. Je me retournai. L'homme au beau costume se tenait devant moi, un grand livre dans la main. Il leva son livre au-dessus de ma tête. Je tentai encore de hurler. Toujours aucun son ne put sortir de ma gorge. Il abattit son livre sur mon crâne. La douleur me submergea.


Je me réveillai en sursaut et en sueur, allongé dans le coin d'une pièce sombre. Après avoir calmé mon rythme cardiaque et ma respiration, je passai une main sur mon front : il était toujours aussi brûlant, et j'essuyai au passages de grosses gouttes de sueur. Je tournai la tête : plusieurs bocaux, fioles, béchers, et autres tubes à essais garnissaient les étagères. J'aperçus des outils de chirurgien. Je crus même apercevoir de la corde et des chaînes. Au loin, les deux hommes discutaient entre eux, me jetant quelques regards de temps à autres, l'air grave.

Je compris pourquoi ils m'avaient emmené dans ce laboratoire. J'étais leur cobaye, prêt à servir leur prochaine expérience.

J'imaginai déjà mon cerveau dans un bocal, mes veines remplies de sang de serpent, ou mes yeux bleus remplacés par des yeux de chats. Ces pensées m'entraînèrent une nouvelle fois dans le néant.

Peut-être pour la dernière fois.
© plumyts 2016


Dernière édition par Eddy J. Adkins le Jeu 1 Sep - 15:45, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
admin cardiaque et trop gentil
avatar
En savoir plus

MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Mer 13 Juil - 1:14



Fever.

« IT'S WHAT YOU'VE DONE, IT'S WHO YOU ARE. »

Harry redressa le pauvre Eddy qui avait l’air à moitié mourant. Il fallait dire que vu la température que David avait relevé sur son front, le pauvre garçon était presque à la limite du supportable. Le chirurgien ne savait pas comment il avait pu attraper une telle infection entre ces murs. Certes ils n’étaient pas chauffés mais on n’y mourrait pas de froid non plus, surtout pour un Gardien qui avait le droit à un minimum de privilèges. L’hypothèse d’une épidémie de grippe n’était pas à exclure et était même de plus en plus crédible à l’esprit de David. Il espérait juste qu’Eddy ne le contamine. Sa santé n’était pas des plus solides et il avait quelques fatigues ces derniers temps. Son chéri commença alors à s’engager dans les couloirs, lui demandant de passer devant avec son scalpel. Le chirurgien se mordit la lèvre, embêté. Il n’avait justement pas pris de scalpel. Pas pour aller chercher un livre dans les registres. De plus, Harry n’oubliait jamais son fouet, d’habitude. Néanmoins avant de donner une réponse dans un suspense qui parut sûrement insoutenable pour son chéri, il prit la lanterne avec lui, histoire de vraiment ouvrir la voie un minimum. Au pire, si quelqu’un approchait, il pourrait toujours se défendre en frappant avec la lampe. Bien stupide comme idée encore. Il inspira et dit rapidement dans un souffle sûrement inaudible :

- Je n’ai pas pris de scalpel.

Sans même attendre la possible réaction d’Harry, il commença donc à ouvrir la voie. Ils escortèrent Eddy ainsi pendant quelques minutes avant d’arriver à leur laboratoire où le précédent patient, toujours vivant, n’avait pas bougé, enchaîné à la table. David jeta un coup d’œil à son nouveau patient qui avait l’air de s’être évanoui. Il fit alors signe à Harry de le déposer dans un coin et le remercia d’un petit baiser sur la joue. Il prit alors quelques ustensiles pour le diagnostic ainsi qu’un léger linge blanc imbibé d’eau fraiche qu’il posa doucement sur le front brûlant du Gardien. Il commença alors à l’ausculter en commençant par les poumons, les bras, les jambes, le cou, etc. Il put alors inspecter un peu plus en détail l’épaule fragilisée. Elle avait été déboîtée, peut-être même brisée, et elle avait repris une forme insolite. Il devrait régler cela une fois que le Gardien serait réveillé. David continua sa petite routine médicale, notant alors que ses poumons peinaient à chercher de l’air. Il fallait dire qu’avec la fièvre qu’il avait, c’était plutôt normal. Il se redressa alors en soupirant et partit du côté d’Harry avant de dire à mi-voix :

- Je ne sais pas ce qu’il a. Il n’y a pas assez de symptômes pour que je puisse affirmer précisément le mal dont il est éteint. Je peux essayer de faire baisser sa fièvre mais il aurait besoin de dormir vraiment. Mais la table d’opération est déjà prise... De plus, j'ai aussi remarqué que son épaule droite était mal mise. Il faudrait lui remettre comme il faut quand il sera debout. Tu pourras m'aider s'il te plait ?

Il soupira tristement et prit les mains de son chéri comme si cela allait les aider à trouver une solution. Il le regarda ensuite dans les yeux et lui sourit timidement.

- C’est à toi de décider de ce que tu veux faire de ton laboratoire, mon cœur. Quels sont vos ordres monsieur ?

Son sourire s’agrandit un peu plus, les yeux rieurs, resserrant l’étreinte qu’il avait sur les mains de son amour.
© plumyts 2016




Si Deus Me Relinquit.
I'm scared to get close and I hate being alone. I long for that feeling to not feel at all. The higher I get, the lower I'll sink. I can't drown my demons, they know how to swim. Can you hear the silence? Can you see the dark? Can you fix the broken? Can you feel... can you feel my heart? ©️ by Sun  


Dernière édition par David P. A. Williams le Jeu 1 Sep - 1:33, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
admin incompris et solitaire
avatar
En savoir plus

MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Mer 13 Juil - 10:46



Fever

« Ahh, the world is getting blurry now. »

Marcher dans ces longs couloirs n'étaient déjà pas très sécurisant. Y aller sans armes et avec un blessé, c'était encore moins safe. Harry sentait la chaleur insupportable du corps malade contre le sien. Il était difficile d'avancer dans les ténèbres, mais David était un excellent éclaireur. Si lentement, leur pas à la moitié du rythme de leur coeur. Descendre un étage. En descendre un autre. Entendre son assistant marmonner dans sa barbe n'était pas la chose la plus rassurante, mais le vétérinaire aurait bien été incapable de le comprendre. Soulever un bout de bois enflammé était vivable pendant quelques minutes. Mais faire le même supplice pendant un quart d'heure...Harry finissait lui-même en sueur quand ils atteignèrent le premier étage. Plus que quelques marches. Le scientifique rassura sa prise sur l'autre inutile qui semblait être devenu une masse corporelle à l'intelligence nulle. Un morceau de chair pendouillant à son bras, comme cela allait être amusant. L'idée d'échanger son rôle avec David pour la suite le traversa l'espace d'une seconde. Mais il repoussa rapidement l'idée. Il n'avait aucune envie que son chaton termine dans son état. Dieu savait s'il n'avait pas attrapé sa connerie dans le même temps. La porte de leur laboratoire n'avait jamais été aussi entouré d'auréoles angéliques.

Quand Harry entra, transportant son foutu boulet qu'il laissa tomb...non, d'accord. Qu'il posa sur le sol avec plus ou moins de lenteur. Dès que cela fut fini, le vétérinaire rangea ensuite son dossier sur la table d'opération avec le vrai patient intéressant. Un verre d'eau ne tarda pas ensuite à se retrouver dans sa main, tant il était épuisé par cette longue marche. Il n'avait pas envie de s'en occuper de ce type qui venait de lui faire faire autant d'effort. N'est pas feignant qui veut, c'est un talent particulier. Se lavant ensuite le cou, le visage et bien entendu les mains, il prit une grande respiration tandis que David continuait d'observer le truc qu'ils avaient ramené. Sans se préoccuper d'eux, Harry retourna rapidement à son dossier et l'ouvrit. Par chance, il était effectivement très prometteur, même s'il était français. L'Orbe...oui...les effets cinétiques sur la conscience pré-oxydé par défiance...oui oui...les tremblements sus-dits invoquent la potentialité d'une...mmh ? Harry se tourna vers David qui commençait à lui donner son diagnostic.

- Je t'aiderai, oui. Mais pour le moment, je dois terminer de lire ce dossier pour savoir quoi faire avec celui-ci. Prends un coussin et mets le lui sous la tête, donne lui du laudanum ou autre pour le faire dormir et voit ce que tu peux faire avec sa fièvre.

Ses mains furent pris par l'assistant, son regard amoureux dans le sien, fatigué. Si la mignonceté avait un nom, cela serait certainement le sien. Oubliant tous les patients tout autour d'eux, Harry rassura sa prise à son tour sur les mains de David et lui fit un bisou sur le front. Il aimait tellement son assistant et mourrait pour lui. Si jamais le gardien faisait un pas de travers, le vétérinaire n'aurait aucune hésitation à le tuer très rapidement.

- Je sais que tu peux le faire.

Puis sa main caressa doucement les cheveux du chirurgien, lui tapotant alors doucement la tête pour se concentrer sur ce document. Il était à deux doigts de trouver une solution potentielle pour arrêter ces symptômes.

© plumyts 2016


And I suppose in the end, they break my heart. All of us, no one is eternal. They love breaking me.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://eydamato.wix.com/novuscinema
avatar
En savoir plus

MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini] Jeu 28 Juil - 20:16


Fever

«You wash your mouth, you pray for truth»

Je ne savais pas si j'étais toujours sur Terre. Je n'avais plus aucune notion de temps, ni d'espace, ni de gravité. Je me demandais si je n'étais pas parti sur une de ces étoiles qui ornent le voile de la nuit.

Je n'avais clairement plus assez de force pour ouvrir les yeux. Même bouger un doigt semblait être un effort colossal. Je pouvais toujours sentir l'ensemble de mon corps, mais il n'était plus sous mon contrôle. La fièvre l'avait emporté sur le reste de forces que j'avais, mais j'espérais que ne soit que temporaire : je devais autant que possible fuir le laboratoire avant de devenir un cochon d'Inde à la disposition des deux hommes qui m'y avaient emmené. Je refusai intérieurement plus que jamais de finir ma vie avec du sang de serpent dans les veines, ou toute autre chose que l'on peut lire dans les Penny Dreadfuls.

Je plongeai de nombreuses fois dans le néant. J'eus de nombreux rêves - ou cauchemars - plus étranges les uns que les autres : je devins un hybride chat-aigle-cobra errant dans les rues désertes de Manchester, je tombai dans les engrenages d'une usine pour atterrir dans mon pub préféré de Londres, je fus emprisonné à la Tower of London pour avoir tenté d'assassiner un policier, et me retrouvai avec un de mes ex-compagnons comme camarade de cellule, ou encore je décidai de traverser la Manche pour rejoindre la France sur le dos d'un poisson volant géant.

Entre deux de ces aventures farfelues, je revenais assez brutalement au laboratoire. Je n'avais toujours pas assez de forces pour ouvrir les yeux, mais un halo de lumière me faisait comprendre que je revenais à la réalité. J'entendais le bruit sourd d'une conversation : sans aucun doutes, les deux hommes. J'espérais que celui au beau costume était toujours là. Je ne pus comprendre que des bribes de phrases, le reste m'échappant totalement, soit par manque de volume sonore, soit car je repartais à l'aventure dans l'obscurité. Leur conversation semblait tout aussi importante que celle qu'ils avaient dans la salle des archives : leur ton était grave, ils échangeaient sans cesse, et je crus déceler une pointe d'inquiétude et de crainte. Malheureusement, les quelques mots que je pus comprendre s'évanouissaient en même temps que moi, lorsque je retournais dans le vide.

À chaque fois que je me réveillais, j'étais surpris de constater que j'étais toujours vivant, et qui plus est, encore intact. Enfin, intact, façon de parler. Je pouvais toujours sentir la fièvre, comme une couverture qui donnait trop chaud. Quelqu'un devait avoir touché à mon épaule droite car je sentais une légère douleur à sa hauteur. Peut-être que l'un de ces hommes était un docteur et pourrait peut-être s'en occuper ?

Je ne comptais plus le nombre de fois où je plongeai dans le vide et revenais à la surface. Une fois, alors que je revenais à moi, ma tête sembla tourner comme un carrousel. Je rouvris les yeux pour la première fois depuis que j'avais plongé dans l'obscurité. Je revis le plafond encore et encore, traversant ma vision comme la lune traverse la nuit noire. Je me tournai sur le côté, plutôt d'un spasme que d'un effort musculaire volontaire, et recrachait le contenu de mon estomac. Contenu assez faible, d'ailleurs : je savais que la pomme que j'avais mangée quelques heures auparavant n'avait pas fait long feu. Pareil pour le morceau de pain de la veille. Et ce devait être à peu près tout. Au milieu de la liste des choses que j'avais ingurgité, je fonçai à nouveau dans un trou noir. Encore. Toujours.

Allais-je un jour sortir de cette boucle ? Plus le temps passait, plus je perdais l'espoir d'obtenir une réponse, si courte soit-elle. Mes forces s'échappaient de mon corps et il m'était impossible de les retenir. Je me vidai de toute ma vitalité au fur et à mesure que les minutes passaient. Et puis, combien de temps avait passé depuis que j'étais dans cet état ? Une heure ? Deux ? Dix ? Un jour ? Une semaine ? Trop de temps, de toute façon.

La boucle sembla toutefois avoir une fin. J'émergeai pour la dernière fois, toujours dans le laboratoire. La fièvre était toujours présente, mais la migraine avait disparu. Une chose n'avait pas non plus disparu, et je le réalisai : j'avais faim.

Pas de pomme, ni de pain. Mais de chair humaine.

Et cette fois, la fièvre n'aurait pas son mot à dire.
© plumyts 2016
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
En savoir plus

MessageSujet: Re: Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini]

Revenir en haut Aller en bas

Fever (PV. David P. A. Williams & Harry J. Downcry) [Fini]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 4Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant

Sujets similaires

-
» [hommage] ROBIN WILLIAMS et le rétrogaming ....
» Syl-Iriah de Raging Heroes peinte par Thomas David
» John Williams
» Mode Fever
» Fever ! Pon Pon Pata Pon

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Amnesia : A Pack of Wolves :: Le Manoir :: Le Sous-Sol :: Les Laboratoires :: Mémentos Retrouvés-