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Dead Unicorn. [PV H. Downcry & J. Williams.] [Fini]

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MessageSujet: Dead Unicorn. [PV H. Downcry & J. Williams.] [Fini] Ven 13 Mai - 1:00



Dead Unicorn.

« Brother, Stay Impure. »

David ressortit en furie du laboratoire de Kathleen, s’essuyant les lèvres rageusement du revers de sa manche. Son esprit était en ébullition, son sang bouillait dans ses veines, son cœur s’arrachait des artères à chaque battement, ses mains tremblaient comme s’il était frigorifié. Mais en s’y attardant, tout son corps tremblait de façon incontrôlable. De nervosité sûrement. Ou la drogue, toujours présente, qu’il avait prise quelques heures plus tôt. Il s’éclaircit la gorge, celle-ci brûlante après avoir ainsi hurler sur Kathleen et Hamish. Mais qu’importe. Il avançait la tête haute. Se moquant bien de la réaction du couple « princier » derrière lui. Il en avait ras le cul des titres en tout genre, des rangs sociaux. De la hiérarchie et de toutes les merdes qui vont avec. Il prendrait son couteau et irait ouvrir Jeremiah en deux s’il le fallait. Et il montrera à tous qu’un Lord n’est ni invincible, ni immortel. Et peu importe les autres qui pourront revenir. Peu importe son fils, ses frères, ses descendants, ses amis. Il couperait autant de tête que l’Hydre voudra en faire pousser. Il avait déjà beaucoup de sang sur les mains. Peut-être trop. Il n’était donc plus à cela près. Son âme était souillée et il continuerait à venger tout ce qui avait pu lui faire du tort. Il vengerait Amy. Il vengerait Felix. Il vengerait Jonathan, même si celui-ci était au final toujours vivant. Il trouverait son meurtrier et fera couler son sang.

Le chirurgien avançait d’un pas furieux et claquant entre les cachots du sous-sol, se dirigeant vers le laboratoire d’Harry, serrant un couteau qu’il avait piqué à Kathleen dans son poing. Il le serrait tellement fort que ses doigts étaient devenus blancs sous la pression. Il se passa l’autre main, toujours aussi tremblante dans ses cheveux, dont il en arracha une demi-douzaine. Il ignorait les cris suppliant des amnésiques prisonniers, certains le reconnaissant et implorant son nom, sa pitié, sa bonté. Mais il n’en avait jamais eu. Ou alors, il n’avait jamais voulu en avoir. C’est alors qu’un captif eu une voix plus implorante que les autres, plus apte à briser un cœur. Une voix encore jeune, un adolescent sûrement. David eut rapidement le visage défiguré par un rictus de haine et de colère. Il ne contrôlait plus rien. Il se laissait aller complètement. Oui, la drogue avait été de trop. Il ne lui en fallait plus que cela pour le rendre totalement ingérable. Et peut-être enfin honnête. Il frappa alors dans la porte de l’adolescent et vociféra d’une voix surpuissante :

- FERME TA GUEULE. JE TE DÉTESTE. JE VOUS DÉTESTE TOUS. LES GENS, LES MÉDECINS. JE VOUS HAIS. ET JE VOUS TUERAI TOUS.

Il donna un dernier coup de pied empli totalement de rage, ses yeux bleus étant exorbités et injectés de sang, rendant leur azur électrique. Il jeta le couteau au travers du couloir et courut vers le laboratoire d’Harry, sa première destination. Il n’était pas tellement loin mais David était beaucoup trop énervé pour penser ne serait-ce qu’à respirer. La vision trouble, essoufflé, il s’appuya donc devant la porte de l’antre de son supérieur. Il avait la respiration sifflante, son cœur lui martelait la poitrine, le déséquilibrant légèrement. La colère avait laissé place à la douleur, même si son sang continuait de bouillir dans ses veines. Il jeta un coup d’œil et au bout du couloir, il vit une silhouette sombre.
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Dernière édition par David P. A. Williams le Mer 18 Mai - 9:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dead Unicorn. [PV H. Downcry & J. Williams.] [Fini] Mar 17 Mai - 10:41



Dead Unicorn

« Your attempt to be happy is failure. »

Ses yeux avaient tout vu. Ecarquillant la vue de cette trahison, il lui semblait que ses orbites se noyaient dans son propre sang. Au départ, il n'était pas venu pour ça. Il n'avait pas voulu cela. Le pasteur ne désirait que la voir. Lui faire part de son émotion à être heureux de sa présence. Juste pouvoir regarder ses magnifique cheveux roux. Il n'était venu que pour ça, uniquement pour ça. Pour nourrir son obsession de la plus agréable des manières. Juste lui rendre visite et rêver silencieusement à la prendre dans ses bras. Des frissons avaient parcouru sa peau avant même qu'il ne frappe à la porte du laboratoire. Mais c'est en l'ouvrant que ces frissons se transformèrent en lame de froid. Le vide, l'absolut gouffre. Il vit leurs bouches l'une sur l'autre. Son sourire disparut aussitôt. Après tout, plus rien n'avait d'importance. Même dans la pire des ténèbres, on ne peut se retrouver auprès de la moindre lumière. Celle-ci ne manquera pas de s'étouffer. Ou d'exploser, lacérant la chair de ceux qui s'y accrochaient. Cette lumière venait d'exploser au visage de Jonathan, lui coupant les yeux en petits morceaux gluants. Son coeur se raccornissait jusqu'à ne devenir qu'un muscle noir et asséché. Il sentait que le souffle lui manquait et fit demi tour en hurlant. S'enfuir très loin, le plus loin possible. Mais personne ne pouvait échapper au démon, et il lui fut impossible de quitter le sous-sol. Des cachots aux salles de tortures, il ne sut s'il n'y avait passé que quelques minutes ou plusieurs heures. Peut-être pas même quelques secondes. Plus rien n'avait d'importance. Personne ne l'aimerait jamais, tout n'était que mensonge. Il n'était que le monstre du Seigneur, sa créature difforme sur qui se portait tous les malheurs du monde.

Un Ange déchu. Qui avait échoué à la protection de son frère. Ce dernier le lui rendait à la perfection de l'horreur. Jonathan avait échoué. La vengeance était un plat qui se mangeait froid, et ce n'était désormais plus qu'un cadavre glacé que l'on dégustait. Sa lacheté valait donc que l'on brise son coeur ? Le pasteur ne savait plus quoi faire, le trouble de son esprit était comme un miroir brisé aux multiples facettes. Les morceaux de verres lui écorchaient le cerveau. Vengeance. Ce mot à la fois juge et souverain, sentence et peine, lui vint plusieurs fois en tête. Il s'était vengé, David s'était enfin vengé de l'abandon de Jonathan. Ses poings se serrèrent autour de sa croix...pourquoi tout le monde avait droit à ces pommes empoisonnés ? Tous prenaient ce qu'ils voulaient sans se soucier de rien. Que ne faisait-il pas pour se faire offrir ses pommes ? Tout en frappant le mur de sa croix de bois, il ne remarqua même pas que celle-ci se détruisait petit à petit sous sa force. Bientôt, il s'écorchait la main sur le mur. Ce ne fut que lorsque le sang coula qu'il nota la douleur. Mais cette douleur physique n'était rien comparé à son mental, à ses larmes qui ne cessaient de brouiller sa raison autant que son corps.

- Tu aimes ce que tu vois...? Ça t'amuse hein...?

Jonathan se redressa alors, regardant droit devant lui. Son frère était au bout du couloir. Misérable. Comment avait-il pu lui faire ça ? Pourquoi ? Tu es heureux ? De m'avoir détruit un peu plus ? Comment continuer de croire en Dieu après tout ça ? Le pasteur fit un pas en avant tout en baissant la tête.

- TU AS EU CE QUE TU VOULAIS ?!?!

Hurla-t-il de toute la force de sa souffrance. Sa voix se brisa en fin de phrase tandis que les larmes reprirent. Il lui semblait que son cerveau était un puissant étau et qu'aucune réflexion ne pouvait y prendre place. Il n'y avait plus que les ténèbres. Que les mots "souffrance" et "trahison" dans son esprit. Fallait-il donc que tout ne soit qu'une révolution de haine continuelle ? Il s'approcha encore. Son frère avait Harry. Il l'avait. Et lui était seul. Il ne désirait qu'une seule personne dans cet immense univers et son frère venait de lui ravir un baiser sous ses yeux. Fallait-il donc que tout soit si cruel ? Jonathan prit la résolution de le renvoyer chez son scientifique...qui allait être ravi d'apprendre tout ceci. Il en était sûr. Il le punirait. Après tout, c'était bien à ça qu'ils servaient les scientifiques non ? A remettre les hérétiques dans le droit chemin. A leur montrer la Voie de la Lumière quand les mots du pasteur ne font plus aucun effet. Oui, c'est à ça qu'ils servent. Et les gardiens comme lui, et bien ils sont là pour emmener les hérétiques jusqu'aux scientifiques. Jonathan doit emmener David à Harry, et il le punira comme il se doit. Il le punira oui. Oh oui. Jonathan n'arrivait pas à imaginer exactement comment, mais son esprit n'en avait de toute façon pas envie. Il n'y avait que la douleur qui comptait. Il s'approcha encore avantage de David, les yeux vides et sans expression, les joues couvertes de larmes.

- Pourquoi toi, mon frère...j'avais confiance en toi...

L'écho de sa propre voix lui donnait l'impression d'un brutal retour dans le passé. Il entendait la voix de son frère à travers la sienne, lui disant les mêmes mots après sa fausse mort. Il entendait son propre échec à travers sa propre voix, et cela lui devenait de plus en plus insupportable. Il n'y avait que deux options pour faire taire cette voix. Le suicide ou le meurtre. Tout effacer,tout détruire.
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MessageSujet: Re: Dead Unicorn. [PV H. Downcry & J. Williams.] [Fini] Mer 18 Mai - 10:10



Dead Unicorn.

« Brother, Stay Impure. »

David regarda Jonathan s’approcher de lui, les sourcils froncés. Son frère était dans un état misérable mais il n’avait pas encore fait attention au sang qui coulait de sa main. Il avait juste remarqué son visage une fois de plus déformé par la peine et la douleur. Mon pauvre frère. Quand cesseras-tu de croire qu’il y a du bon dans ce monde ? Est-ce que le chirurgien avait-il eu ce qu’il voulait ? Il eut un sourire mauvais. Bien sûr que non. Il y avait tant de choses qu’il désirait : le sang de ceux sur qui Harry oserait poser les yeux, avoir tué sa mère de ses propres mains, un corps plus fort pour avoir plus de faciliter à briser une nuque, la mort de Kathleen, Hamish, Jeremiah. Non, il n’avait pas eu ce qu’il voulait. Mais d’ailleurs pourquoi son frère lui hurlait-il cela, après tout ? Pourquoi avait-il l’air si furieux contre lui…? Il ne fallut pas plus longtemps à David pour comprendre. Jonathan avait dû le voir embrasser sa rousse. Qui n’avait jamais été sienne d’ailleurs. Quelle ironie. Il regarda indifféremment son frère avant qu’un sourire méprisant ne vienne se dessiner lentement et discrètement sur son visage. Il avait eu confiance en lui ? Tant pis. Il avait lui-même confiance en beaucoup de gens.

Ses yeux se posèrent alors sur la main écorchée de son frère. David ne put s’empêcher de trouver toute cette mascarade parfaitement ridicule. Jonathan se blessait pour un baiser non partagé. De plus, ce n’était pas la première fois que Kathleen embrassait un homme qui n’était pas son frère. Est-ce qu’il l’avait au moins serrée dans ses bras ? Ou sa relation insistante n’avait été qu’une pure et longue insistance désagréable et gênante ? Jonathan n’avait pas l’air de comprendre ce que voulait dire non. Harry non plus. Mais après tout pourquoi pas ? Jonathan devait avoir ça dans les gênes et Harry aussi.

- Mon pauvre Jonathan, mais qu’est-ce que l’amour a fait de toi ? Regarde-toi, regarde ta main. Tu ne trouves pas que t’infliger pénitence est parfaitement exagéré ? Pourquoi ne tournes-tu pas la page avec Kathleen ? Oh, je ne te la volerai pas, promis.

Il ricana méchamment. Il ignorait parfaitement si Harry était dans son laboratoire et s’il pouvait les entendre. Mais qu’importe. Un plus large sourire se dessina sur ses lèvres.

- Sérieusement, à insister pour qu’elle t’aime, ce qui n’arrivera sûrement jamais, désolé de te le dire, tu as dû te faire plus enculer par la vie et par Dieu que moi par Harry !

Il éclata d’un rire clair, franc, glacial, dément.

- Sans déconner, Jonathan, quand Hamish va la sauter, tu vas faire quoi ? T’immoler ? Où est l’utilité ? LES RIVAUX ON LES TUE.

Il avait hurlé, oui. Son regard agressif foudroyant son frère. Cet empoté qui n’avait jamais rien pu faire de sa vie à part prier.

- Même Juliette t’a baisé ! Alors qu’elle est homo et que c'est une femme ! ET T’AS RIEN DIT. T’AS RIEN FAIT. COMMENCE À ENCULER LES AUTRES JONATHAN.

Il repensa à tout le sang et l’encre qu’il avait fait couler presque deux ans auparavant. Cette sensation de dominance, de pouvoir. Cette sensation d’être un Dieu qui pouvait décider du droit de vie et de mort de méprisables et misérables vies.

- Encule les autres, tu verras le bien fou que ça peut faire. Tâche-toi du sang des autres au lieu du tien. Tu n’as toujours été qu’amour. Vois où ça t’a mené. Une main presque broyée contre le mur. Et je suis presque sûr que tu n’as pas fait que ça dans ta vie. Et est-ce que tu t’es senti mieux ? J’en doute fort ! Dieu t’a autant abandonné que moi, Jonathan, et tu connais de lui sucer la queue comme un chien ! MAIS RÉVEILLE-TOI BON SANG. CESSE D’ÊTRE L’IDIOT QUE TU AS TOUJOURS ÉTÉ.

Il haletait avec difficulté, son cœur s’étant encore emballé, le regard exorbité par la colère, ne s’étant pas bien rendu compte de ce qu’il avait dit et de la gravité de ses propos ainsi que des conséquences que cela pourrait avoir.

- J’en ai ras-le-cul que tu chouines tout le temps.
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MessageSujet: Re: Dead Unicorn. [PV H. Downcry & J. Williams.] [Fini] Mer 18 Mai - 14:09



Dead Unicorn

« You're attempt to be happy is failure. »

Brisé. Détruit. Les mots de David fusèrent dans son esprit. Il eut la sensation que chaque mot était une flèche lui perforant la chair. La haine. L'horreur. La terreur. Tellement d'impression qui lui donnèrent la sensation d'avoir tous ses organes retirés à la main de sa carcasse encore chaude. Juste avant tout ceci, Jonathan avait eu envie de mourir. L'idée de partir était une délicieuse caresse sur son âme. Il voulait ne plus se réveiller le matin. Déchirer son propre visage si hideux. Démembrer son corps que personne ne voulait étreindre. Il avait eu confiance en son frère. L'avait élevé au rang d'Ange que rien ne pouvait salir. Qui restait toujours le même malgré tout, toujours le mignon et adorable petit frère que Jonathan aimait tellement. Mais ce n'était plus David qu'il avait en face de lui. C'était un monstre qu'il avait crée de ses erreurs. S'il n'avait pas été si lâche...Au final, l'assistant avait raison. Il avait courbé le dos à toutes les insubordinations. Laisser sa virilité au placard pour faire plaisir à une femme qui n'avait au final jamais rien eu à foutre de lui. Le Seigneur...était-ce une nouvelle épreuve ? Mais aussitôt la question posée dans son esprit qu'il s'empressa de la faire partir. Non, cela ne pouvait être une épreuve. Il avait été la parfaite brebis de Dieu durant tout ce temps, pourquoi cette punition ? Pourquoi cette horreur ?! Sous la pression de cette attaque, le dos de Jonathan se pencha et ses mains cachèrent ses oreilles:

- FERME LA ! TA GUEULE ! FERME LAAAA ! FERME LAAA !

Mais le mal était déjà fait. Toutes les paroles de David avaient eu le temps de s'immiscer dans son esprit comme un ver de terre gluant de sang. Ce dernier glissait lentement dans son cerveau, et même quand il essaya de se boucher les oreilles, cela n'avait eu pour effet que de rendre l'écho de sa voix plus douloureuse encore. Il n'était qu'un chien. Il suçait la queue du Seigneur. Hamish baiserait la seule personne qui lui avait rappelé le sentiment d'Amour. Cette même personne qui s'en branlait totalement de lui tout comme sa femme s'en branlait avant. Tout le monde le faisait à un moment ou à un autre. Oui, David avait embrassé Kathleen. Hamish aussi. S'immoler. Oui. Les larmes coulaient encore sur les joues de Jonathan qui ressassaient encore les paroles de David. La seule personne qu'il pensait encore être parfaitement de son côté. Son frère, l'intouchable. Jonathan été abandonné. Il reçut alors sa solitude de plein fouet durant toutes ses années. Sa mère qui ne l'aimait pas, car il était trop moche. Son père, pour qui il n'était qu'un spermatozoïde vivant juste bon à perpétuer la famille, car il était trop stupide. Sa femme qui ne l'aimait pas, car elle préférait les femmes. Son frère...qui avait visiblement fait semblant de l'aimer depuis le début, car le pauvre, il fallait bien l'aider dans sa naïveté. Son Seigneur, qui l'avait abandonné, car il n'existait peut-être tout simplement pas.

Cette simple constatation rempli d'une immense douleur son âme. Ses ongles s'étaient planté dans son crâne, et la perforation qui s'en était suivie; tout ceci l'envahissait d'une électricité grandissante. Rouge sang. Son regard sans expression se fit plus sombre encore, mais un sourire éclairait son visage de folie. C'était comme si un lien s'était brisé dans son esprit, que ce dernier s'était enfuit sous la pression de cette révélation. Il avait toujours été seul.

- Tu as raison...

Jonathan s'approcha lentement de lui, jusqu'à n'être plus qu'à un mètre de lui. Tout en face de lui. Juste devant ses yeux. David ne se rendait pas compte de ce qu'il avait créer. Il ne se rendait pas compte qu'il était le dernier lien auquel pouvait se raccrocher Jonathan. Que ce lien venait de s'être brisé et qu'il avait finalement devant lui rien de plus qu'une ombre remplie de rancoeur. Et que même si jamais il venait à retrouver corps avec lui-même, que cette rancoeur plus jamais ne s'effacerait. Il avait brisé la digue. Ouvert la porte au Diable. Sans savoir que Jonathan lui ouvrirait volontiers les bras pour l'inviter en sa demeure. Il en était là, et leva les mains pour les poser sur les épaules de son adorable petit frère.

- Tu as raison, mon Frère. Les rivaux doivent être punis. Et je connais parfaitement la personne qui va se faire une joie de m'aider. Je vais faire mon travail de Gardien.

Son assassin. Jonathan savait parfaitement qu'entre deux personnes vides, ils s'entendraient parfaitement bien. Renforçant sa prise sur les bras de David, il ne lui fallut pas une seconde pour lui faire une technique d'immobilisation debout -qu'il n'avait eu besoin d'apprendre tant sa rage était immense. Toute cette force que Jonathan avait naturellement eu de part sa masse musculaire importante, il pouvait à présent en faire pleinement usage. Et c'était comme une libération. Tous les mauvais esprits étaient lâchés. Haine et mort. Tu as cru en moi, je t'ai déçu. J'ai cru en toi, tu m'as déçu. Haïssons nous. Car ce soir est le jour de la mort de nos âmes. Après l'avoir immobilisé, Jonathan s'empressa de lui faire faire demi-tour afin de le porter jusqu'à un laboratoire précis. Celui qu'il avait soigneusement évité pour ne pas être mis face à face à lui. Mais ce n'était qu'à présent qu'il cherchait son aide.

- Puisse quelqu'un te venir en aide, mon Frère, car ni Dieu ni Satan ne se trouvent en cette demeure.
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MessageSujet: Re: Dead Unicorn. [PV H. Downcry & J. Williams.] [Fini] Mer 18 Mai - 22:39



Dead Unicorn.

« Brother, Stay Impure. »

David laissa son frère s’approcher de lui. Le chirurgien était parfaitement calme, son visage le traduisait. Il se sentait en confiance, il avait repris son souffle et à peu près le contrôle de lui-même. Il n’était ni serein, ni paisible, mais il était détendu, relevant légèrement le menton quand Jonathan arriva proche de lui. Très proche. Le pasteur posa ses mains sur ses épaules. David tourna légèrement la tête, silencieux, vers la main blessée de son frère. Il ne semblait avoir rien de cassé, mais il risquait d’avoir un beau bleu pendant quelques jours. Mais qu’importe, cela ne semblait pas déranger le propriétaire de la main. En effet, il exerçait une forte pression sur les épaules de son frère qui fronça immédiatement les sourcils. Il n’était étrangement plus à l’aise. Quelque chose avait changé dans le regard de Jonathan. Quelque chose que David n’avait pas forcément de voir. La haine, la colère. Tout ceci dans un calme extrême. Un calme que David ne connaissait que trop bien. Un calme glacial. Un calme de prédateur qui venait de trouver sa proie. Celle-ci comprit qu’elle était allée trop loin. Le chirurgien essaya de dégager discrètement ses épaules mais son frère resserra un peu plus son étreinte qui n’avait plus d’affectueuse ni de fraternelle.

Jonathan ouvrit la bouche. Son ton était aussi glacial que son regard. David ne répondit rien. Il commençait à revenir pleinement à lui et il comprit qu’il avait dépassé largement les bornes. Mais sa fierté lui interdisait de dire quoique ce soit. Ou son courage aussi. Il assumait pleinement ce qu’il avait fait puis dit. Il avait dit à Jonathan de porter ses couilles, il devait le faire aussi. Assumer les meurtres et trahisons qu’il avait faits. Mais qu’allait lui faire son frère après tout ? Pleurer encore ? Non, il n’en avait pas l’air. Le frapper ? Peut-être. Il était prêt, dans ce cas. Il était habitué. Une droite dans la mâchoire et on n’en parlerait plus. Il la méritait largement. Mais l’emprise qu’exerçait toujours Jonathan ne le rassura pas le moins du monde. Il essaya de bouger afin de dire qu’il n’était pas son rival par rapport à Kathleen, mais son frère fut étrangement plus rapide que lui et lui tordit le bras dans son dos, lui faisant pousser un léger cri de douleur. Il se sentit alors plaqué contre le pasteur, dont l’avant-bras venait lui écraser la gorge. David grimaça et essaya de se délivrer mais la force de Jonathan paraissait presque divine. Le chirurgien commença à sentir naître dans son cœur une légère panique qu’il essayait de combler.

- Jonathan, arrête ça ! Tu me fais mal !

Quelle demeure après tout ? Le laboratoire d’Harry ? Que voulait-il donc bien dire ? Les instincts de prédateur de David lui indiquèrent qu’il valait mieux pour lui qu’il n’entre pas par cette porte qu’il connaissait pourtant si bien. Jamais elle ne lui avait paru si menaçante. Jamais il n’avait eu si peu envie de voir Harry. Il poussa un grognement tout en essayant de se reculer de la porte mais Jonathan était comme un pilier de pierre, impossible à bouger. La respiration du chirurgien fut plus bruyante et irrégulière. Il avait peur. Lui, prédateur pendant de si longues années, était redevenu une proie, faible et chétive. David serra sa mâchoire en regardant la porte d’un œil assassin, comme si son simple regard pouvait la verrouiller à jamais ou tuer les monstres ou plutôt le monstre qui se trouvait derrière. Le jeune homme sentait bien que son frère serait intraitable par la force, il essaya donc de communiquer avec lui, afin de le faire raisonner :

- Jonathan, tu vas faire une connerie… Lâ… Lâche-moi…!

Il toussa légèrement, essayant ainsi de faire sortir plus facilement l’air de sa trachée bloquée. Il avait les mains sur les avant-bras de son aîné, essayant vainement de le faire lâcher. Mais il avait l’impression de toucher du bois, d’essayer de faire reculer un tronc compact et profondément enraciné. Il n’arrivait pas à le faire bouger ne serait-ce que d’un millimètre. Désespéré, effrayé, David regardait la porte, pâle, et continua d’insister auprès de son frère :

- Jonathan je t’en prie, arrête !
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MessageSujet: Re: Dead Unicorn. [PV H. Downcry & J. Williams.] [Fini] Mer 18 Mai - 23:41



Dead Unicorn

« Your attempt to be happy is failure. »

Jonathan n'écoutait plus les paroles de David. Elles semblaient lui venir du lointain, d'un ciel qu'il n'écoutait plus et qu'un enfer qu'il ignorait. Ce n'était pas des appels à l'aide, ce n'était que de larges épaves dans les marécages qui ne s'appropriaient que son désespoir. Ses yeux sans expressions ne reflétaient plus que sa déchirure. Son âme vide suivait un chemin sans discontinuer jusqu'au laboratoire d'Harry Downcry. Cette route lui était comme gravé en mémoire dès l'instant où il s'y était rendu pour faire sa confession à son frère. Ce dernier qui se foutait de lui depuis le début. Il n'en avait rien à foutre de ses sentiments. A cet instant, il n'espérait que son Harry, depuis le début. Mais à présent, le pasteur allait lui faire regretter sa froideur. Ce n'était plus de la compassion qui coulait dans ses veines, mais de la haine. Trop longtemps il s'était laissé marcher sur les pieds. Sa rage demandait vengeance. Sa tristesse demandait réparation. Son coeur demandait amour. Avançant d'un pas lourd que rien ne pouvait faire dévier de sa route, il s'approcha de la porte...qu'il défonça d'un rapide coup de pied.

Harry passa une main aveugle jusqu'à sa joue, grattant sa barbe de plusieurs jours. A côté de lui, des bouteilles vides. La solitude lui avait vrillé les tympans. Comment redevenir humain au milieu de cette solitude ? La bouteille qu'il tenait de son autre main glissa de ses doigts pour tomber au sol. Qu'importe, elle est déjà vide depuis un moment maintenant. C'était la troisième qu'il vidait sans sourciller, perdu qu'il était dans cette solitude. Felix était mort. David s'était enfui, si loin, si loin...c'est normal, vu tout ce qu'il lui avait infligé. Bah, tant pis pour lui, après tout. Il se perdait dans l'alcool, mais il n'avait de toute façon plus rien à perdre. Plus rien n'avait d'importance. Comment retrouver la Foi quand on nous l'a déchiré en face de nos yeux. Harry n'était pas bien. Mais c'était un mal-être glacé, là où Jonathan n'en pouvait plus de brûler de l'intérieur. Harry, lui, s'offrait au vide. L'intérieur du vétérinaire, ainsi que tout l'extérieur, était aussi froid que les ténèbres eux-même. Mais il n'eut pas le temps d'aller chercher une quatrième bouteille en titubant. En effet, son oreille capta avant ses yeux que la porte s'ouvrait avec fracas. De l'extérieur obscur s'échappa Jonathan, en proie à une évidente crise de folie auquel Harry eut un éclat de rire si absent et douloureux qu'il s'effrayait lui-même. Il tenait David violemment entre ses mains. Un David si terrifié qu'Harry recommença à rire. Il avait l'air si pathétique. Plus encore que lorsqu'il le violait.

- Qu'est-ce que tu m'amènes là, pasteur ?

Jonathan jeta, non sans aucune délicatesse, son frère devant le vétérinaire. Et tandis que le pasteur en question allait fermer la porte à clé, Harry posa un pied nu sur la gorge de David, sans appuyer pour le moment. Son regard était vide à lui aussi et ses joues tout autant trempé de vieilles larmes que Jonathan. Son haleine empestait l'alcool. Mais il s'en foutait. S'il lui revenait encore en mémoire l'horreur de sa vie, il prendrait une nouvelle bouteille. Ou tuerait quelqu'un. Il ne s'était pas totalement décidé. Que Rockwood aille se faire foutre.

- Lui... Je l'ai surpris en train d'embrasser Mademoiselle Hodge.

Harry jeta un coup d'oeil au pasteur. Son ton était si glacial et pénétrant que dans son vague éveil, le vétérinaire eut un frisson. Se penchant alors pour tousser devant son ancien assistant, Harry ricana salement à sa figure. Il ne savait plus ce qu'il faisait, mais pour des raisons peut-être un tout petit peu plus acceptable que le pasteur fou furieux à côté.

- Que vois-je donc...on a fait des bêtises, encore...?

Jonathan échappa un cri de rage lorsqu'il empoigna un cadavre encore frais qui se trouvait sur la table d'opération. Le faisant tomber à terre, il écarta du revers du bras toutes les saloperies qui pouvaient encore s'y trouver. Oeil, scalpel, intestins. Vengeance oui. Vengeance. Il regarda Harry en train de parler à son frère et s'agaça. Pourquoi parler à un homme mort ? C'était inutile, il fallait le découper, le mettre en morceau cet ignoble pourceau. Et quand David serait enfin au ciel. Alors Jonathan profiterait qu'Harry soit saoul pour lui planter un couteau dans les côtes, de la raie jusqu'à l'oreille. Son coeur battait à lui en faire mal, lui qui n'avait pourtant aucun problème cardiaque. Se saisissant de David sans douceur, il le jeta comme un sac à patate sur la table d'opération. Harry vint en titubant pour l'attacher avant de soupirer.

- J't'avais attaché aussi...le premier jour où j't'ai baisé...

- La question n'est plus là, Downcry. C'est un hérétique. Il faut le purger. Donne moi ça.

Le vétérinaire prit une perceuse mais le laissa tomber au sol. Finalement, ce fut un scalpel qui passa de sa main tremblante à celle de Jonathan. Ce dernier passa délicatement la lame sur la joue de David, jusqu'à ce que coule le sang. Un sang qui le remplit tout d'un coup d'une joie immense, d'un bonheur incroyable, semblable à celui que l'on ressent quand on voit celle de nos pensées. Il se vengerait.
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MessageSujet: Re: Dead Unicorn. [PV H. Downcry & J. Williams.] [Fini] Jeu 19 Mai - 0:21



Dead Unicorn.

« Brother, Stay Impure. »

David grimaça en voyant Jonathan ouvrir la porte avec fracas. Il se mordit la lèvre et ne put que se laisser faire. Il entra à l’intérieur et balaya rapidement le laboratoire du regard. Il faisait froid et sombre. Il peinait à distinguer Harry qui semblait être une créature décharnée et cauchemardesque. Cette vision faisait un bon contraste avec le souffle brûlant de Jonathan dans son oreille. Ce dernier l’amena devant le vétérinaire. Le chirurgien avant braqué bravement son regard sur son ancien supérieur qui lui riait au visage. David serrait la mâchoire, essayant de rester digne et brave. Il se moquait qu’Harry se moque de lui. Il se moquait de ce qu’il pouvait penser de lui à cet instant. Il essaya de se débattre, l’esprit relativement vide, l’instinct de survie prônant par-dessus tout. Il regarda brièvement autour de lui. Globalement, tout était rangé à sa place, sauf deux trois instruments gisant dans le sang d’une ou deux victimes qu’avait dû tuer Harry. David savait donc où étaient rangés les lames, les ustensiles pour éventuellement prendre la fuite. Mais est-ce qu’il pourrait les atteindre avant qu’Harry et Jonathan ne puissent le rattraper ? Le vétérinaire avait de la force, était agile et rapide. Et le pasteur semblait avoir une force encore plus grande que le précédent. Quelles chances avait-il face à eux.

Jonathan le jeta au sol avec une simplicité qui déconcerta David, qui s’écorcha légèrement paumes et genoux en tombant. Il essaya de se redresser quand il sentit le pied d’Harry se poser sur sa nuque. Docilement, il se recoucha au sol. Il puait l’alcool. Jonathan clama le péché du chirurgien. Objectivement, David n’avait rien fait de mal. Il avait juste embrassé une femme quelconque sous un coup de folie. Mais il était visiblement la proie de deux hommes encore plus fous que lui. Il ferma les yeux et soupira doucement. Il avait comme la désagréable impression qu’il ne s’en sortirait pas vivant. Était-il résigné ? Peut-être… Il savait que cela allait venir un jour ou l’autre. Il aurait plus parié sur la crise cardiaque que sur l’assassinat mais bon. David détourna le regard avec une grimace de dégoût quand Harry vint lui souffler son haleine fétide dans le nez. Les yeux jaunes du vétérinaire étaient devenus vitreux et vides. Le chirurgien eut une vague de tristesse dans ses pupilles mais resta toujours silencieux. À quoi bon. Tout ce qu’il dirait serait retenu contre lui.

Il fut alors de nouveau soulevé du sol par Jonathan avant d’être violemment projeté sur la table d’opération. Harry fit une remarque qui lui creva le cœur. Ou plutôt non. Elle aurait dû le blesser mais elle le laissa indifférent. Ou alors il voulait qu’elle le laisse indifférent…? Il était perdu. Sa peur était devenue sa seule priorité. Ce n’était pas du tout le moment d’être nostalgique… Et pourtant… Ses yeux étaient fixés sur Harry, comme s’il était celui qui pourrait lui venir en aide. Comme si, malgré son ivresse, il était toujours là, au fond. Mais le pauvre vétérinaire devait bien rire au fond, de voir son effronté assistant avec rien d’autre que l’effroi dans l’azur de ses yeux. Son regard se fit larmoyant et il le détourna, le reportant sur Jonathan qui avait sorti un scalpel. Entre l’ivrogne et le fanatique religieux… Entre l’homme qui incarnait son amour fusionnel et celui qui incarnait l’amour fraternel… Et lui, qui était-il réellement ? Qu’incarnait-il ? La trahison, sûrement. La haine. La jalousie. Il était le vilain petit canard dans ce triangle. Il regardait bravement Jonathan, sans broncher, quand celui-ci commença à entailler sa joue. Il se mordit discrètement la lèvre inférieure mais ne dit rien, ne fit rien, son regard restant statique et courageux.

L’angle de vue donnait quelque chose d’assez effrayant du point de vue de David. La lumière était blafarde, blanche, glaciale. Et au-dessus de lui, les deux silhouettes des deux hommes de sa vie qui le regardaient comme s’il était un morceau de viande qu’on allait découper. Comme s’il était dans une boucherie. Non pire que cela… Cette lumière… Ces silhouettes… Elles lui rappelaient l’asile. Son visage afficha alors de la détresse. Ses oreilles sifflèrent. Jonathan et Harry portèrent brièvement une blouse blanche. Non… non… Il ne pouvait pas se laisser aller comme ça, dès maintenant… Il ferma les yeux et, malgré les deux paires d’yeux qui l’épiaient comme s’il était un sujet d’expérimentation, il inspira profondément pour se calmer et ne plus paniquer. Son visage redevint presque serein, malgré l’entaille sur sa joue qui saignait bien. Sa respiration fut plus longue, plus posée. Il était conscient qu’il allait mourir. Il avait l’intuition que cela allait se passer plus longuement que prévu. Était-il un martyr pour autant ? Pas vraiment. Il avait lui aussi du sang sur les mains. C’était son Jugement Dernier, sûrement. Il ouvrit lentement les yeux et regarda calmement la lampe qui lui grillait les iris.

- Vous allez le regretter. Tous les deux.

Pourquoi avait-il décidé de faire preuve d’autant d’arrogance ? Il l’ignorait lui-même. Il n’avait même pas l’impression d’avoir dit cette phrase, et pourtant… Le ton n’était pas menaçant pour autant. Il ne parlait pas de représailles directes de sa part, de toute façon, il allait mourir, mais bien quelque chose de plus douloureux que quelques coups de scalpel. Il mentionnait une torture mentale. Les regrets. La pire des pénitences. Le fait de ne pouvoir revenir en arrière. Mais y avait-il quelque chose à faire de plus au final ? À part provoquer une ultime provocation à l’intention de ses deux tortionnaires ? Non. Il fermerait sa gueule à présent et serait fort afin de tout encaisser. Il devait assumer ses actes et il le ferait.
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MessageSujet: Re: Dead Unicorn. [PV H. Downcry & J. Williams.] [Fini] Jeu 19 Mai - 8:05



Dead Unicorn

« Your attempt to be happy is failure. »

Jonathan eut un éclat de rire quand David leur lança, avec toute l'arrogance d'un condamné, qu'ils allaient le regretter. Oh oui, le regret. Qu'est-ce que ça pouvait faire le regret ? Le regret d'une vie entière, il l'avait déjà connu. Plus rien ne pouvait le toucher. Mais de toute façon, quand bien même il aurait pu réfléchir, le pasteur n'était plus que l'ombre de lui-même. Une ombre horriblement présente. Un véritable loup garou qui n'attendait que sa part de viande fraîche. Sa proie ici, n'était autre qu'une fragile souris. Structuré le fond de sa pensée; non, la laisser aux tentacules. Il s'aveuglait volontairement de haine, ne pouvant s'arrêter sur les conséquences de son acte. Tout ce que David lui avait dit tournait encore dans sa tête, inlassablement comme une mélodie grinçante. Lui dire tout ça à cette seconde n'était vraiment pas le meilleur moyen de calmer la déchirure de son coeur. Il aurait du se plier devant lui, oui. Jonathan termina de fendre la joue, avec un calme frénétiquement piquant. Le pasteur représentait le trop plein d'émotions, une jarre dont l'eau avait fini par casser les parois. Le vétérinaire à ses côtés représentait le vide, ce que pouvait faire sur l'être humain l'absence d'émotion concrète à quoi se raccrochait. Mais à quoi bon, puisque plus rien n'a d'importance ?

- Toi, Downcry, tu vas faire ce que je te dis. Prends ça.

Le vétérinaire reçut entre ses mains tremblantes le scalpel et regarda Jonathan. Que voulait-il qu'il fasse ? Du mal à David ? L'idée le répugna l'espace d'une seconde, une seconde que rattrapa bien trop vite les souvenirs. Titubant vers une nouvelle bouteille d'alcool, il l'ouvrit sans prendre la peine d'écouter le pasteur pour en vider plus de la moitié en une gorgée. Mmh, oui, que l'alcool pouvait être bon pour oublier. Plus rien d'autre que son cerveau entier trempait dans l'eau, et c'était bien. Il ne pensait plus à Jonathan, ni à David, rien qu'à la sensation de chaleur qui lui manquait cruellement, et qui n'était qu'une illusion. Les yeux à demi-fermés et un vague sourire aux lèvres, on pouvait le croire dément. Mais il n'était en réalité qu'une éponge. La nuance était subtile. Mais Harry s'en moquait, il avait trouvé sa fin.

- Enlève lui sa chemise.

La voix de Jonathan parvenait péniblement aux oreilles d'Harry qui s'exécuta lentement, comme endormi.  Cette voix était lourde et grave. L'instant était terrifiant, mais il essayait de ne pas y penser. Tout comme il essayait de ne pas voir le corps de David qui, soudainement, lui manquait plus que tout au monde. Jonathan lui demanda de le couper. Harry le coupa. Des petites coupures ici et là laissant suppurer un sang impur que le pasteur essaya de guérir en psalmodiant des soupirs et des incantations tirés d'on ne savait quel chapitre de l’Apocalypse. Quand Jonathan lui demanda de tenir la tête de David en arrière par les cheveux pour mieux griffer sa gorge, Harry s'exécuta. Quand un coup de poing fut demandé dans son arcade sourcilière, le vétérinaire fit ce qu'il put pour ne pas manquer sa cible. L'alcool rendait son attaque plus molle, mais la blessure restait réel. Qui aurait cru que le fils Downcry serait devenu un pantin dans les mains de celui qu'il avait tenté de tuer ? Brise lui une jambe. Enlève lui des ongles. Non, pas celui-ci, espèce d'alcoolique. Les ordres fusaient et Harry, toujours aussi aveugle, continuaient de les exécuter avec la docilité d'un chien.

Jonathan, de son côté, savourait cette puissance. Celle que son frère avait certainement ressenti en lui disant toutes ces horreurs. Il prenait la plus excitante des vengeances. Celle qui faisait mal. Celle qui brisait. Jetant un coup d'oeil dans la salle, il remarqua rapidement un fer blanc dont il s'empara. Oh, marqué le pourceau de la marque des esclaves, le Seigneur est avide de ce genre de sacrifice. Le feu est son élément, Jeanne d'Arc n'avait-elle pas été brûlé ? Un rire dément et vide éclata tandis qu'Harry avait le dos voûté au dessus de David, passant les mains dans ses propres cheveux et sur son visage pour rester un peu éveillé. Dieu seul savait ce qu'aurait pu lui faire Jonathan s'il s'endormait. Ce dernier, quant à lui, gardait le fer en main tout en s'approchant du feu. Puis il le fit brûler. Lentement. Mais surement. Pour que la prochaine fois qu'il s'approche de son frère, celui-ci puisse voir la fumée s'échapper doucement de l'objet et le crépitement de celui-ci.
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MessageSujet: Re: Dead Unicorn. [PV H. Downcry & J. Williams.] [Fini] Ven 20 Mai - 0:16



Dead Unicorn.

« Brother, Stay Impure. »

David gigota doucement pour essayer inconsciemment de se libérer. Il n’avait aucune envie d’être là. Lui qui avait côtoyé la Folie pendant quelques semaines, il n’avait jamais eu aussi peur d’un dément autre que Jonathan. Et pourtant, il en avait vu, des gens sans équilibre mental, des dangereux. Il avait vécu avec eux, à l’asile. Il savait ce qu’était l’insanité. Et il pensait en avoir vu le plus dans ses propres yeux mais ceux de Jonathan dévoilaient une folie bien pire. Ou pas finalement. Il avait l’air parfaitement calme, serein. C’était peut-être cela le pire au final. Il paraissait tellement sain d’esprit tout en dégageant une aura malsaine. Quant à Harry, l’alcool perturbait tout. Mais il n’y avait nul besoin de la boisson pour savoir que le vétérinaire, avec ou sans boisson, pouvait se révéler plus que violent. David demeura silencieux cependant. Et livide. Il avait froid, chaud, il ne savait pas exactement. Il ressentait tout à la fois, tout en même temps. Il transpirait déjà et ses cheveux s’étaient plaqués sur son front luisant. Il n’avait rien à faire. Rien à dire. Il ne pourrait se sortir de là sans qu’une étincelle de compassion vienne s’embraser dans le cœur d’un de ses deux tortionnaires.

Jonathan commença alors à donner des ordres à Harry, à la grande surprise du chirurgien. Il fronça les sourcils, les observant. Cela ne ressemblait vraiment pas au vétérinaire de se laisser guider ainsi. Et en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, David se retrouva torse-nu, regardant droit dans les yeux d’Harry, ayant dans l’espoir d’intercepter son attention. Mais rien n’y fit. Son haleine alcoolisée sentait à plus d’un mètre et c’était plutôt écœurant. Il le vint revenir avec le même scalpel qu’ils venaient d’utiliser pour sa joue. David gigota nerveusement et grimaça silencieusement de douleur. Mais il continua de rien dire. Il encaissa les griffes et le coup d’Harry sans broncher, gémissant juste brièvement quand sa peau se fendit sous le poing du supérieur. Mais il n’entendit pas ce que Jonathan ordonna ensuite. Il entendit un horrible craquement et une douleur sans précédent envie son corps et plus particulièrement sa jambe gauche. Il hurla. Serrant les poings tout en altérant les grognements, les gémissements, les halètements et les sanglots de souffrance. Mais il n’eut pas un autre moment de répit que Jonathan et son instrument poursuivirent. On lui arracha un premier ongle, qui lui arracha un nouvel hurlement et une larme. Puis un deuxième, un troisième et il perdit en suite le compte. Il se mordait la lèvre pour essayer de se museler un minimum, le sang de son arcade sourcilière lui rentrant dans l’œil, sa jambe qui avait désormais un angle peu naturel. Il gémissait, sanglotait, misérable. Il ne pouvait rien faire d’autre. Ses blessures étaient trop superficielles pour qu’il s’évanouisse mais la douleur n’avait jamais été aussi violente.

Il ouvrit son œil valide et eut une sorte de flash. Même sa vision ne savait plus quoi voir, quoi faire. Les couleurs se mélangeaient, se divisaient, se séparaient. La lumière blafarde du laboratoire lui agressait ses iris d’un bleu devenu électrique, ses yeux s’étant injectés de sang, créant le contraste habituel. Mais il avait l’impression de devenir aveugle. Sa vue se brouillait et il ne pouvait bientôt percevoir plus que des formes floues tandis qu’il sentait son sang fuir de l’emplacement de ses sept ongles manquant. Quant à la douleur, elle était présente, bien évidemment. Aigu. Féroce. Infernale. Il regarda alors Jonathan, la respiration sifflante et le vit sortir un fer chauffé à blanc des braises. David comprit instantanément ce que Jonathan voulut en faire et il ne lui en fut pas plus pour ressentir de nouveau cet effroi.

- J… Jonathan je t’en prie… Re… ressaisis-toi…!

David était aussi terrorisé qu’attristé. Ses larmes coulaient depuis un bon moment maintenant. De souffrance. Aussi bien physique que mental. Se faire torturer, insulter par les deux hommes que vous aimez le plus était peut-être la pire des punitions. Il avait mal. Il voulait juste que cela cesse.

- Harry, pitié…
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Dernière édition par David P. A. Williams le Ven 20 Mai - 10:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dead Unicorn. [PV H. Downcry & J. Williams.] [Fini] Ven 20 Mai - 9:03



Dead Unicorn

« Your attempt to be happy is failure. »

- ME RESSAISIR ?!

Sa voix hurla dans le laboratoire, retentissant avec force au milieu du silence. Si bien que Jonatan du reprendre sa respiration aussitôt, peinant à correctement prendre l'air. Ses yeux se réveillèrent en même temps, mais leur éclat était encore rempli de haine. Son visage s'était défiguré en un allure de diable moqueur. Un grand sourire scindait son visage en deux de chaque part de ses oreilles. Ses sourcils froncés reflétaient la colère, mais ce n'était rien face aux flammes que l'on pouvait voir miroiter du foyer jusqu'à ses orbites. Harry lui-même, dans son déclin lamentable, eut un mouvement de recul. L'instint lui dictait de reprendre le contrôle de la situation, que quelque chose n'allait plus. Que quelque chose n'allait pas du tout. Jonathan fit claquer le fer blanc contre le sol, créant des étincelles partout autour de lui. Il était tout bonnement terrifiant. Harry n'eut que le reflexe titubant de serrer son scalpel en direction de Jonathan, en position de défense. Non pas pour protéger David, mais pour faire attention à tout débordement de la part de Jonathan. L'alcool n'aidant à se rendre compte de la situation, ce n'était pas un mais deux pasteurs qu'il voyait en face de lui, rire tel un fou du Roi. Mais n'était-ce pas au final ce qu'il était ? Le Fou du Roi. Harry passa une main sur ses yeux pour essayer de se reconcentrer, la peur commençant à le saisir d'une manière nouvelle. Jamais il n'avait eu peur dans son antre, il avait le contrôle, toujours le contrôle. Mais le vétérinaire comprenait petit à petit que cela n'était plus le cas.

- ME RESSAISIR ?! La bonne blague ! C'était pas ce que tu voulais ?! LES RIVAUX ON LES TUE ! Et bien je vais commencer par toi...ensuite ce sera le tout de ton alcoolique de vétérinaire, puis ce dément de métal...ensuite viendra le tour DE CE GRAND CON DE NOBLE ! JE VAIS TOUS LES TUER ET CE SERA GRACE A TOI ! ILS VONT MOURIR ! MOURIR ! MOURIR !

Un grand éclat de rire incontrolé s'éprit de son âme jusqu'à déborder de sa bouche. Il ne ressemblait plus à rien du Jonathan que l'on avait pu connaître. Lui-même ne se reconnaissait plus, son lui intérieur était comme endormi. Mais c'était comme une jouissance pour  lui, cette libération. Il avait l'impression de lâcher les digues, les règles. Comme cela pouvait être délicieux de ne plus s'empêcher de rien et de laisser libre cours à sa haine. Harry eut un puissant frisson face au rire du pasteur et lâcha un juron tremblotant. Regardant David, le vétérinaire fut saisi d'horreur. Il avait participé à quelque chose d'horrible qu'il n'avait pas maîtrisé. Un murmure s'échappa de ses lèvres, mais il y avait de grandes chances que son ancien assistant ne l'ait pas entendu. Un simple pardon. Plus personne ne tenait aucune rêne. Comme un ascenseur dont les cables seraient coupées, ils tombaient tous dans un néant dont il semblait impossible de se relever. Jonathan s'approcha de David, levant le fer blanc pour qu'il soit bien visible de sa victime. Mais alors qu'il s'apprêtait à mettre le coup fatal du feu de Dieu, il fut violemment interrompu par Harry qui s'était jeté sur lui pour interrompre l'attaque. Tout deux à terre, le fer blanc retomba un peu plus loin dans une gerbe d'étincelles. Jonathan, se sentant humilié de cette riposte, hurla:

- ECARTE TOI, IVROGNE !

Avant de lui mettre un violent coup de pied dans la machoire qui l'étourdit violemment. Se redressant comme il put, ce coup n'arrangea en rien la situation de ses yeux qui floutaient horriblement sa vue. Il vit pourtant vaguement le pasteur reprendre la barre de fer et s'approcher de lui. Il n'eut que de lever les bras sur son visage pour se protéger quand Jonathan le frappa d'un puissant coup de poing. N'ayant ni assez de conscience ou d'énergie pour rendre les coups, il ne put que se défendre avec ses avant-bras. Harry accusa tous les coups tout en sachant que cela ne suffira pas. Bientôt, le pasteur percerait sa maigre défense et le vétérinaire n'aurait pas la force nécessaire pour l'empêcher de le tuer. Harry Downcry, pour la première fois de sa vie, tomba à genoux. Et poussa un hurlement à s'en arracher les oreilles quand le fer blanc arriva par le côté de sa cuisse, brûlant tout d'abord son pantalon avant de s'attaquer à sa peau. Jonathan eut un nouvel éclat de rire, savourant la puissance que cette haine lui conférait. Comment il avait pu être aussi stupide pour croire à la Force de Dieu, quand celle du Diable était aussi agréable.

- Sois patient, Downcry, ton tour n'est pas encore. Même si je sais que tu meurs d'envie de crever...

Il sourit avec une tendresse profondément sale. Lui aussi avait envie de mourir. Mais il ne partirait pas seul. Il les tuerait tous avant. Se retournant vers David, il s'avança vers lui avec la folie cousue sur son visage. Levant haut le fer blanc, celui-ci s'effondra sur sa peau avec fracas. Jonathan rit et pleura.
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