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The Undisclosed Desires (PV Erwan A. P. Daugherty / -18)

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MessageSujet: The Undisclosed Desires (PV Erwan A. P. Daugherty / -18) Sam 7 Mai - 22:39


The Undisclosed Desires

« You're cold to touch »

J'errai dans les couloirs à la recherche de quelque chose à faire. Ces dernière semaines furent assez chargées, il faut dire. Je me demandais même si j'avais déjà vécu une semaine pareille. Mais quoi qu'il en soit, je n'avais rien à faire, et je détestais cela.

Durant ma première semaine dans le Manoir, je fis la rencontre d'un Scientifique. Un homme charmant, ma foi. De notre rencontre, nous conclûmes un pacte : moi, jeune homme assoiffé de tout liquide chaud que peut contenir le corps humain, sang exclu, je peux m'amuser avec toutes mes victimes jusqu'à plus soif, puis je les lui donne. Tout simplement. Ce qu'il veut en faire, il ne me l'a pas dit. Mais après tout, ce ne sont pas mes affaires.

Je me souviendrai toujours de ma première victime. C'était un homme de mon âge, finement musclé, avec une barbe de quelques jours, mais surtout, avec une des plus belles vestes du pays. Je crois que c'est sûrement ce qui m'a fait craquer pour lui. Il est arrivé à cheval au manoir, il semblait s'être perdu. Depuis une fenêtre, je lui ai fait signe de rentrer. Le pauvre, lorsque les grandes portes de métal du Manoir se sont refermées, il a sursauté. Je ne pense pas qu'il savait où il était rentré.

Je l'ai accueilli dans la cour intérieure. Il est descendu de son cheval en toute légèreté. Son cheval fatigué, lui perdu, il m'a demandé s'il pouvait passer la nuit ici. Avec mes plus beaux yeux, j'ai accepté, et l'ai conduit à l'étage, dans ma chambre. Je crois que mes yeux bleus ont été suffisants pour faire ressortir ses désirs les plus cachés. À la seconde où j'ai ouvert la porte, il s'est précipité sur moi, il a défait mes vêtements et les siens à une vitesse phénoménale. Très doué de ses doigts, cet homme. Et pas que pour défaire les vêtements, croyez-moi.

Nous avons baisé au moins quatre fois pendant cette nuit-là. Et je peux assurer que ma soif a été étanchée. Malheureusement pour lui. Alors qu'il se reposait, j'ai glissé un somnifère dans son verre d'eau. Il l'a vidé d'un trait. Et a plongé dans un profond sommeil. Je suis resté là, à le contempler. Quel bel homme, tout de même. Mais inutile, désormais. Le Scientifique est arrivé quelques minutes après. Il a déplacé mon jouet sur un brancard, et ils se sont enfoncés dans l'obscurité du couloir. Je n'ai plus jamais entendu parler de ce jeune homme.

Mais assez de souvenirs. Je n'ai toujours rien à faire. Il me semblait que des heures avaient passé, et j'errai encore et encore dans ces mêmes couloirs. L'ennui me rongeait. Le silence n'était rompu que par le bruit de mes pas sur le plancher. Je m'ennuyais. Je m'ennuyais encore. Je m'ennuyais toujours.

Soudain, alors que je m'apprêtais à retourner dans ma chambre, j'aperçus un escalier en pierre, en colimaçon. Il semblait descendre plus bas que terre. Devrais-je l'emprunter ou non...? Après tout, ça me fera une distraction.

Je tournai autour de la colonne vertébrale de cet escalier depuis quelques longues minutes. Je me demandais si j'allais arriver quelque part. J'en aurais presque le tournis. Enfin, une sortie se dessina dans le mur. Je l'empruntai, m'appuyant quelques minutes contre le bord pour calmer mon rythme cardiaque et me remettre du tournis. Le couloir dans lequel je me trouvais était humide et sombre. Je m'y aventurai, sans vraiment être effrayé. Je passai plusieurs portes, elles étaient toutes verrouillées. Sauf une. La morgue.

La morgue. Alors que je lisais ces mots, je sentis ma créature intérieure se réveiller. Pourquoi donc...? Des cadavres ne devraient pas m'intriguer, loin de là. Ils devraient me dégoûter, me repousser, me faire vomir. Mais étrangement, ils m'attiraient.

La porte de la morgue ne fut pas difficile à pousser. L'air était glacial. Normal si l'on veut conserver des corps. Une dizaine de corps étaient alignés sur des tables d'opération. Tous des hommes. Aucun d'entre eux n'était ouvert. Ils étaient nus, recouverts par une simple serviette au niveau des parties intimes. Je m'approchai du plus jeune d'entre eux : il ne ressemblait pas à l'une de mes précédentes victimes. Alors que je scrutai le moindre de ses détails, je compris ce qui m'attirait : il n'était plus qu'un simple jouet à ma disposition. Mieux que les autres, il ne pouvait plus rien faire. Moi, moi seul, et personne d'autre que moi, ne pouvait le contrôler.

Je confectionnai, avec du liquide d'embaumement et de l'eau chaude, une solution que j'injectai dans son membre à l'aide d'une seringue. Pour être sûr que la solution ne se répande pas autre part que cette partie, je nouai la base de son membre avec de la ficelle. Ainsi ficelée, sa verge gonfla. Je sentis mes pupilles se dilater d'excitation. Avec deux doigts et de la salive, j'humidifiai mon anneau de chair, puis je m'assis sur le corps de mon... disons, partenaire. Je ne ressentis aucune difficulté à faire rentrer son membre. Ma créature intérieure hurla de plaisir. Moi aussi. Qui eût cru que je puisse prendre autant de plaisir avec un corps dénué de vie ?

Mais alors que j'allais atteindre le septième ciel depuis ce sous-sol, la porte de la morgue s'ouvrit brusquement.
© plumyts 2016


Dernière édition par Eddy J. Adkins le Mar 17 Mai - 12:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The Undisclosed Desires (PV Erwan A. P. Daugherty / -18) Lun 9 Mai - 14:45



The Undisclosed Desires

« BUT I DON'T WANT TO SATISFY THEM. »

Erwan s’ennuyait profondément ces derniers temps. Il n’avait rien à faire, d’un côté parce qu’il ne savait rien faire et de l’autre parce que plus aucun amnésique égaré ne venait s’échouer à son laboratoire par erreur. Il ne leur faisait rien de mal, non. Erwan n’a jamais fait de mal à qui que ce soit dans ce Manoir. Il leur faisait la discussion, se prétendant psychologue, écoutait leur histoire. Cela lui procurait un certain divertissement. Et cela semblait soulager la peine et la douleur de ces pauvres âmes tourmentées et torturées qui ne cessaient de se battre pour vivre ne serait-ce que deux minutes de plus. Le cul au fond de son fauteuil, il soupira profondément en regardant avec lassitude, comme si la fixer augmentait les chances qu’elle s’ouvre brusquement. Mais non. Il resta là quelques minutes seulement, n’étant pas du genre extrêmement patient. Il avait besoin de bouger. De se dépenser. Malgré la quarantaine passée, il restait une vraie pile d’énergie. Il mangeait pourtant beaucoup moins dans le Manoir qu’avant (déjà qu’il ne mangeait pas énormément) mais pourtant, il pouvait toujours courir vite et loin. Il avait passé sa vie à ça, courir. Il faut dire qu’il l’avait cherché. Erwan eut un sourire nostalgique avant de prendre sa décision : il sortit de son laboratoire et partit explorer le Manoir.

Cela faisait longtemps qu’il ne l’avait pas fait et il ne sut même pas pourquoi. Enfin longtemps. Cela revenait peut-être à quelques jours ? Ou heures. Ou peut-être semaines ? Il avait complètement perdu la notion du temps entre ces murs et cela le dérangeait légèrement. Il lui fallait peut-être trouver une montre, la sienne s’étant cassée. Eh bien voilà, il avait trouvé son objectif pour la journée : fouiller le Manoir dans l’espoir d’en trouver une. La remettre à l’heure serait un tout autre exercice mais il était sûr qu’il arriverait à se débrouiller. Il demanderait à un autre Scientifique. Kathleen ou Harry par exemple. C’était une bonne idée, c’était un bon programme. Par où commencer donc ? Il se trouvait actuellement au sous-sol, là où se trouvaient tous les laboratoires. Les chambres étaient au premier étage. C’était là où il y avait potentiellement le plus de chances de trouver une montre, cachée dans une armoire ou dans un tiroir. Tandis qu’il vagabondait dans les couloirs, au milieu des cachots, il vit plusieurs petits panneaux cloués sur le mur. Il est vrai que le Manoir était grand, voire gigantesque et que l’orientation pouvait parfois y être difficile. Salle des machines, sellier, morgue, hall d’entrée… Il fronça les sourcils. La morgue retint son attention. Peut-être trouverait-il un cadavre encore vêtu avec ses effets personnels sur lui ? Sans plus attendre il se dirigea vers cette salle où l’on entreposait les morts, le pas léger.

Une fois devant, il ouvrit alors la porte, songeant être seul. Mais ce qu’il vit le cloua sur place. Il fronça les sourcils, essayant de bien comprendre ce que ses yeux lui indiquaient. Un corps sur un autre, en train de s’adonner à quelque chose d’assez… disons intime. Erwan resta un instant interdit, ne bougeant plus, son cerveau comme refusant l’information glauque. Il vit à la raideur et la pâleur cadavérique que la silhouette du dessous était un homme mort. Décédé. Sans vie. Et l’autre, dessus, menait cette danse macabre et glauque. Le petit scientifique était resté à l’entrée de la morgue, la poignée de la porte toujours dans sa main, pouvant claquer celle-ci quand il voulait et repartir comme si de rien n’était. Mais non, ses pieds semblaient être englués dans le sol de la morgue, comme si les morts le retenaient par les chevilles. Il devait peut-être prendre la fuite au lieu de rester planté là indéfiniment mais non. Il ne bougeait pas. Il y a des fois où il se serait mis des baffes à cause de sa curiosité. Car oui, au fond de lui, c’était la curiosité qui le poussait à rester planté là, comme un voyeur. Il ne ressentait bien sûr aucune excitation, seulement du dégoût mais… Il n’avait pas les mots au final. Hormis ceux-ci :

- Je savais que je n’aurai pas dû sortir de mon laboratoire aujourd'hui.

Car oui, tout le monde sait que parler à voix haute, révélant ainsi sa présence, avec sûrement un psychopathe dans la pièce, était la meilleure idée à avoir. Bien joué Erwan.
© plumyts 2016