AccueilAccueil  FAQFAQ  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez| .

The Undisclosed Desires (PV Erwan A. P. Daugherty / -18)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar
En savoir plus

MessageSujet: The Undisclosed Desires (PV Erwan A. P. Daugherty / -18) Sam 7 Mai - 22:39


The Undisclosed Desires

« You're cold to touch »

J'errai dans les couloirs à la recherche de quelque chose à faire. Ces dernière semaines furent assez chargées, il faut dire. Je me demandais même si j'avais déjà vécu une semaine pareille. Mais quoi qu'il en soit, je n'avais rien à faire, et je détestais cela.

Durant ma première semaine dans le Manoir, je fis la rencontre d'un Scientifique. Un homme charmant, ma foi. De notre rencontre, nous conclûmes un pacte : moi, jeune homme assoiffé de tout liquide chaud que peut contenir le corps humain, sang exclu, je peux m'amuser avec toutes mes victimes jusqu'à plus soif, puis je les lui donne. Tout simplement. Ce qu'il veut en faire, il ne me l'a pas dit. Mais après tout, ce ne sont pas mes affaires.

Je me souviendrai toujours de ma première victime. C'était un homme de mon âge, finement musclé, avec une barbe de quelques jours, mais surtout, avec une des plus belles vestes du pays. Je crois que c'est sûrement ce qui m'a fait craquer pour lui. Il est arrivé à cheval au manoir, il semblait s'être perdu. Depuis une fenêtre, je lui ai fait signe de rentrer. Le pauvre, lorsque les grandes portes de métal du Manoir se sont refermées, il a sursauté. Je ne pense pas qu'il savait où il était rentré.

Je l'ai accueilli dans la cour intérieure. Il est descendu de son cheval en toute légèreté. Son cheval fatigué, lui perdu, il m'a demandé s'il pouvait passer la nuit ici. Avec mes plus beaux yeux, j'ai accepté, et l'ai conduit à l'étage, dans ma chambre. Je crois que mes yeux bleus ont été suffisants pour faire ressortir ses désirs les plus cachés. À la seconde où j'ai ouvert la porte, il s'est précipité sur moi, il a défait mes vêtements et les siens à une vitesse phénoménale. Très doué de ses doigts, cet homme. Et pas que pour défaire les vêtements, croyez-moi.

Nous avons baisé au moins quatre fois pendant cette nuit-là. Et je peux assurer que ma soif a été étanchée. Malheureusement pour lui. Alors qu'il se reposait, j'ai glissé un somnifère dans son verre d'eau. Il l'a vidé d'un trait. Et a plongé dans un profond sommeil. Je suis resté là, à le contempler. Quel bel homme, tout de même. Mais inutile, désormais. Le Scientifique est arrivé quelques minutes après. Il a déplacé mon jouet sur un brancard, et ils se sont enfoncés dans l'obscurité du couloir. Je n'ai plus jamais entendu parler de ce jeune homme.

Mais assez de souvenirs. Je n'ai toujours rien à faire. Il me semblait que des heures avaient passé, et j'errai encore et encore dans ces mêmes couloirs. L'ennui me rongeait. Le silence n'était rompu que par le bruit de mes pas sur le plancher. Je m'ennuyais. Je m'ennuyais encore. Je m'ennuyais toujours.

Soudain, alors que je m'apprêtais à retourner dans ma chambre, j'aperçus un escalier en pierre, en colimaçon. Il semblait descendre plus bas que terre. Devrais-je l'emprunter ou non...? Après tout, ça me fera une distraction.

Je tournai autour de la colonne vertébrale de cet escalier depuis quelques longues minutes. Je me demandais si j'allais arriver quelque part. J'en aurais presque le tournis. Enfin, une sortie se dessina dans le mur. Je l'empruntai, m'appuyant quelques minutes contre le bord pour calmer mon rythme cardiaque et me remettre du tournis. Le couloir dans lequel je me trouvais était humide et sombre. Je m'y aventurai, sans vraiment être effrayé. Je passai plusieurs portes, elles étaient toutes verrouillées. Sauf une. La morgue.

La morgue. Alors que je lisais ces mots, je sentis ma créature intérieure se réveiller. Pourquoi donc...? Des cadavres ne devraient pas m'intriguer, loin de là. Ils devraient me dégoûter, me repousser, me faire vomir. Mais étrangement, ils m'attiraient.

La porte de la morgue ne fut pas difficile à pousser. L'air était glacial. Normal si l'on veut conserver des corps. Une dizaine de corps étaient alignés sur des tables d'opération. Tous des hommes. Aucun d'entre eux n'était ouvert. Ils étaient nus, recouverts par une simple serviette au niveau des parties intimes. Je m'approchai du plus jeune d'entre eux : il ne ressemblait pas à l'une de mes précédentes victimes. Alors que je scrutai le moindre de ses détails, je compris ce qui m'attirait : il n'était plus qu'un simple jouet à ma disposition. Mieux que les autres, il ne pouvait plus rien faire. Moi, moi seul, et personne d'autre que moi, ne pouvait le contrôler.

Je confectionnai, avec du liquide d'embaumement et de l'eau chaude, une solution que j'injectai dans son membre à l'aide d'une seringue. Pour être sûr que la solution ne se répande pas autre part que cette partie, je nouai la base de son membre avec de la ficelle. Ainsi ficelée, sa verge gonfla. Je sentis mes pupilles se dilater d'excitation. Avec deux doigts et de la salive, j'humidifiai mon anneau de chair, puis je m'assis sur le corps de mon... disons, partenaire. Je ne ressentis aucune difficulté à faire rentrer son membre. Ma créature intérieure hurla de plaisir. Moi aussi. Qui eût cru que je puisse prendre autant de plaisir avec un corps dénué de vie ?

Mais alors que j'allais atteindre le septième ciel depuis ce sous-sol, la porte de la morgue s'ouvrit brusquement.
© plumyts 2016


Dernière édition par Eddy J. Adkins le Mar 17 Mai - 12:18, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
admin-hérisson à ne pas écouter
avatar
En savoir plus

MessageSujet: Re: The Undisclosed Desires (PV Erwan A. P. Daugherty / -18) Lun 9 Mai - 14:45



The Undisclosed Desires

« BUT I DON'T WANT TO SATISFY THEM. »

Erwan s’ennuyait profondément ces derniers temps. Il n’avait rien à faire, d’un côté parce qu’il ne savait rien faire et de l’autre parce que plus aucun amnésique égaré ne venait s’échouer à son laboratoire par erreur. Il ne leur faisait rien de mal, non. Erwan n’a jamais fait de mal à qui que ce soit dans ce Manoir. Il leur faisait la discussion, se prétendant psychologue, écoutait leur histoire. Cela lui procurait un certain divertissement. Et cela semblait soulager la peine et la douleur de ces pauvres âmes tourmentées et torturées qui ne cessaient de se battre pour vivre ne serait-ce que deux minutes de plus. Le cul au fond de son fauteuil, il soupira profondément en regardant avec lassitude, comme si la fixer augmentait les chances qu’elle s’ouvre brusquement. Mais non. Il resta là quelques minutes seulement, n’étant pas du genre extrêmement patient. Il avait besoin de bouger. De se dépenser. Malgré la quarantaine passée, il restait une vraie pile d’énergie. Il mangeait pourtant beaucoup moins dans le Manoir qu’avant (déjà qu’il ne mangeait pas énormément) mais pourtant, il pouvait toujours courir vite et loin. Il avait passé sa vie à ça, courir. Il faut dire qu’il l’avait cherché. Erwan eut un sourire nostalgique avant de prendre sa décision : il sortit de son laboratoire et partit explorer le Manoir.

Cela faisait longtemps qu’il ne l’avait pas fait et il ne sut même pas pourquoi. Enfin longtemps. Cela revenait peut-être à quelques jours ? Ou heures. Ou peut-être semaines ? Il avait complètement perdu la notion du temps entre ces murs et cela le dérangeait légèrement. Il lui fallait peut-être trouver une montre, la sienne s’étant cassée. Eh bien voilà, il avait trouvé son objectif pour la journée : fouiller le Manoir dans l’espoir d’en trouver une. La remettre à l’heure serait un tout autre exercice mais il était sûr qu’il arriverait à se débrouiller. Il demanderait à un autre Scientifique. Kathleen ou Harry par exemple. C’était une bonne idée, c’était un bon programme. Par où commencer donc ? Il se trouvait actuellement au sous-sol, là où se trouvaient tous les laboratoires. Les chambres étaient au premier étage. C’était là où il y avait potentiellement le plus de chances de trouver une montre, cachée dans une armoire ou dans un tiroir. Tandis qu’il vagabondait dans les couloirs, au milieu des cachots, il vit plusieurs petits panneaux cloués sur le mur. Il est vrai que le Manoir était grand, voire gigantesque et que l’orientation pouvait parfois y être difficile. Salle des machines, sellier, morgue, hall d’entrée… Il fronça les sourcils. La morgue retint son attention. Peut-être trouverait-il un cadavre encore vêtu avec ses effets personnels sur lui ? Sans plus attendre il se dirigea vers cette salle où l’on entreposait les morts, le pas léger.

Une fois devant, il ouvrit alors la porte, songeant être seul. Mais ce qu’il vit le cloua sur place. Il fronça les sourcils, essayant de bien comprendre ce que ses yeux lui indiquaient. Un corps sur un autre, en train de s’adonner à quelque chose d’assez… disons intime. Erwan resta un instant interdit, ne bougeant plus, son cerveau comme refusant l’information glauque. Il vit à la raideur et la pâleur cadavérique que la silhouette du dessous était un homme mort. Décédé. Sans vie. Et l’autre, dessus, menait cette danse macabre et glauque. Le petit scientifique était resté à l’entrée de la morgue, la poignée de la porte toujours dans sa main, pouvant claquer celle-ci quand il voulait et repartir comme si de rien n’était. Mais non, ses pieds semblaient être englués dans le sol de la morgue, comme si les morts le retenaient par les chevilles. Il devait peut-être prendre la fuite au lieu de rester planté là indéfiniment mais non. Il ne bougeait pas. Il y a des fois où il se serait mis des baffes à cause de sa curiosité. Car oui, au fond de lui, c’était la curiosité qui le poussait à rester planté là, comme un voyeur. Il ne ressentait bien sûr aucune excitation, seulement du dégoût mais… Il n’avait pas les mots au final. Hormis ceux-ci :

- Je savais que je n’aurai pas dû sortir de mon laboratoire aujourd'hui.

Car oui, tout le monde sait que parler à voix haute, révélant ainsi sa présence, avec sûrement un psychopathe dans la pièce, était la meilleure idée à avoir. Bien joué Erwan.
© plumyts 2016




Lying Hedgehog.
Me ? I'm dishonest, and a dishonest man you can always trust to be dishonest. Honestly. It's the honest ones you want to watch out for, because you can never predict when they're going to do something incredibly... stupid. ©️ by Sun


Dernière édition par Erwan A. P. Daugherty le Mer 25 Mai - 16:08, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
En savoir plus

MessageSujet: Re: The Undisclosed Desires (PV Erwan A. P. Daugherty / -18) Mar 17 Mai - 12:31


The Undisclosed Desires

« YOU'RE COLD TO TOUCH »

À peine cet homme eût terminé sa phrase que je sentis mon corps, et surtout mon visage, augmenter en température. Mais cette fois, pas de plaisir ou d'excitation. D'embarras. De gêne. De surprise. Et de honte, peut-être.

Le premier réflexe qui me vint à la tête fût de me cacher. Peut-être cet homme n'avait-il pas encore eu le temps de bien voir mon visage. J'amorçai un mouvement pour sauter de la table d'opération quand une terrible sensation me ramena au point de départ. Cette sensation si terrible ? Le seul mouvement du membre de mon cadavre dans mon anneau de chair. J'aurais presque oublié qu'il était encore en moi. Après avoir étouffé un gémissement, je serrai les dents et me relevai. C'est à ce moment précis que ma jambe droite me fit défaut et refusa de coopérer. Déséquilibré, je tombai de la table d'opération, mes os se fracassant contre le sol glacé de la morgue. Ce devait être un beau spectacle à regarder : un pantin de bois blanc s'écrasant lamentablement.

Le pantin que je suis se sentit horriblement désarmé. Quel atroce renversement de situation je venais de subir. Normalement, c'est moi qui suis le maître de la situation. C'est moi qui sait quelle ficelle tirer pour prolonger le temps de jeu, ou le réduire. C'est moi qui sait comment user de mes charmes pour attirer mes proies. C'est moi qui appelle le Scientifique pour qu'il débarrasse la table. Mais cette fois, je n'étais plus maître.

Qui était cet homme ? Quel rôle avait-t-il dans le Manoir ? Avait-t-il des relations avec des Scientifiques ou d'autres haut-placés ? Allait-t-il me dénoncer et allais-je devenir un autre cadavre de cette morgue ? Telles furent les questions que je me posai en l'espace d'une demi-seconde. Le fait de savoir que je n'étais plus le maître de la situation accentuait le côté tragique de la scène. Et me foutait la pression, il faut le dire. Par chance, j'étais tombé sur mes vêtements. Si je devais mourir aujourd'hui, je pourrais l'être de façon digne. Je décidai de ne remettre que les vêtements les plus nécessaires : chemise, caleçon, pantalon, et chaussures.

Au premier mouvement que je fis pour me rhabiller, une douleur me pris au niveau de l'épaule droite. Bien joué, Eddy, bien joué. Tu viens de te briser l'épaule en tombant. Vraiment, tu en avais besoin. Je réalisai que, dans ma chute, c'était en effet mon épaule qui avait heurté le sol en premier. Au fur et à mesure que je me rhabillai, mon épaule se fit de plus en plus douloureuse, et je ressentis une difficulté progressive à la bouger. Bien joué, Eddy, bien joué.

- Ce... Ce n'est pas du tout ce que vous croyez !

Alors là, Eddy, c'est la cerise sur le gâteau ! La situation n'était pas assez embarrassante. Non. Il fallait que tu la rendes encore plus gênante. Tu n'aurais pas pu réfléchir un peu avant de sortir une phrase pareille ? En plus, la phrase typique du mec qui vient de se faire prendre. Il y a des fois où tu me désespères plus que tout, Eddy.

Tant bien que mal, je me relevai. L'homme était toujours debout, dans l'entrée de la morgue. Il m'observait, avec ses deux grosses boules de cristal qui lui servaient d'yeux. Alors que je m'avançai lentement vers lui, je pris le temps de l'observer de mes yeux bleus. Il semblait d'un âge assez avancé, je dirais la quarantaine. Les trais du visages mentent rarement, et dans son cas, ils hurlaient véritablement son âge. Cet homme devait avoir une vie assez difficile. Ses mains abîmées avaient l'air d'écorce d'arbre. Ses cheveux n'étaient pas très soignés. Et même, les lavaient-il ? Probablement pas depuis une bonne semaine. Certaines mèches pointaient vers la Grande Ourse. Il n'avait pas l'air menaçant. Il avait même l'air effrayé. Finalement, je ne mourrai peut-être pas aujourd'hui.  Enfin, il ne semblait pas très grand. Même moi, du haut de mes 1m75, je le dépassai. Cette impression se confirma lorsque j'arrivai devant lui. Rares furent les hommes que je dépassais en taille. J'étais heureux de pouvoir en compter un de plus. Enfin, heureux, façon de parler.

Je tendis une main tremblante, fragilisée par mon épaule brisée.

- Je... Je m'appelle Eddy Adkins.
© plumyts 2016
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
admin-hérisson à ne pas écouter
avatar
En savoir plus

MessageSujet: Re: The Undisclosed Desires (PV Erwan A. P. Daugherty / -18) Lun 6 Juin - 17:23



The Undisclosed Desires

« BUT I DON'T WANT TO SATISFY THEM. »

Erwan était bien trop sous le choc pour bouger et dire quoique ce soit, vu le spectacle qu’il venait d’avoir sous ses yeux. Il regardait juste le gamin avec un air gêné, se mordant la lèvre inférieure suite à sa bourde. Le jeune homme avait rapidement voulu se cacher, ce qui était compréhensible. Erwan aurait dû sûrement fuir pendant ce temps-là, au cas-où le dérangé se montrerait agressif, mais il n’en fit rien, bien évidemment. Lui qui était si prompt à filer à l’anglaise, il n’avait pour une fois pas pris ses jambes à son cou et cela allait sûrement lui porter préjudice. Cependant, un évènement vint ramener le Scientifique à ses pensées : l’inconnu, apparemment surpris de cette mauvaise rencontre, s’effondra de la hauteur qu’il était, s’écrasant sur le sol dans un bruit sourd doublé d’un horrible craquement. Erwan fit une grimace de douleur rien qu’à l’entente du son. Quelque chose dans l’ossature du jeune homme venait de se briser. Il n’était pas médecin mais il n’y avait pas de doutes à avoir là-dessus. Erwan resta silencieux quelques instants, le temps de voir si l’inconnu allait se relever. Il venait peut-être de le surprendre dans une situation plus que compromettante, ce n’était pas pour autant qu’il allait lui souhaiter un traumatisme crânien.

Il fut inquiet en le voyant se relever habillé mais avec difficulté. Inquiet de le voir ainsi blessé et inquiet de le voir se relever tout court en fait. Surtout qu’il semblait vouloir se diriger vers lui, en plus. Ce n’était pas ce qu’il croyait ? Erwan se demanda alors comment cette phrase pouvait être plus clichée. Le jeune homme était nu, en train de prendre du bon temps avec un cadavre. C’était parfaitement ce qu’il croyait. À moins que le détraqué sexuel soit un supérieur à lui qui lui ait ordonné de faire ceci mais si tout ceci n’avait été qu’un jeu sexuel pervers, son « maître » aurait été là avec lui pour s’adonner à son petit plaisir de voyeur. Erwan s’interrompit un instant dans sa réflexion. À quoi pensait-il parfois… Il aurait pu se donner la nausée lui-même. En tout cas, il n’y avait plus de doutes à avoir là-dessus, le jeune homme voulait vraiment faire sa connaissance tandis qu’il s’approchait de lui. Erwan leva les yeux vers son interlocuteur qui se présenta sous le nom d’Eddy Adkins. Le Scientifique baissa vers la main que lui tendait le garçon, ne pouvant se dire qu’elle avait sûrement touché la verge d’un cadavre. Il essaya de ne pas paraître dégoûté mais ne serra pas la main pour autant.

- E… Erwan Daugherty.

Il releva alors son regard vers le visage de son interlocuteur et put l’examiner un peu plus. Il était plus grand que lui. Encore. Pour changer. Comme cette idiote de femme qui avait voulu l’intimider parce qu’elle devait faire trois ou quatre centimètres de plus que lui. Il soupira intérieurement, las. Enfin bon, ce n’était pas comme s’il n’avait pas l’habitude. Mais revenons au jeune homme et ses cheveux encore plus frisés que les siens. Il avait un visage encore juvénile et devait donc avoir à peine la vingtaine. Il n’était pas épais non plus, ce qui lui donnait une apparence assez gracieuse. Erwan avait aussi noté sa façon de se déplacer, son ton, ses manières. Il était presque sûr qu’il venait de bonne famille. Sûrement aisée. Mais l’image encore gravé devant ses rétines de lui dansant aussi sauvagement que sexuellement sur un cadavre cassait cette image de propre sur lui que ledit Adkins pouvait dégager. Cela créait donc un contraste qu’Erwan n’appréciait pas tant que cela puisque tout ceci le mettait grandement mal à l’aise. En revanche, il pouvait constater qu’Eddy ne semblait pas si agressif que cela. Mais il valait mieux rester prudents et sur ses gardes. Erwan désigna alors du menton l’épaule de son interlocuteur.

- Et… votre épaule, ça va…? Il vaudrait mieux aller la faire voir, qu’en pensez-vous…?

Diable qu’il détestait perdre ses moyens ainsi. Il le regarda alors dans les yeux et lui fit un sourire gêné.
© plumyts 2016




Lying Hedgehog.
Me ? I'm dishonest, and a dishonest man you can always trust to be dishonest. Honestly. It's the honest ones you want to watch out for, because you can never predict when they're going to do something incredibly... stupid. ©️ by Sun
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
En savoir plus

MessageSujet: Re: The Undisclosed Desires (PV Erwan A. P. Daugherty / -18) Lun 11 Juil - 23:31


The Undisclosed Desires

« YOU'RE COLD TO TOUCH »

Quel étrange bonhomme que celui qui se tenait en face de moi. Il n'avait franchement pas l'air violent. Il avait même l'air plus gêné que moi, c'est dire ! Il me donnerait même envie de rire. J'en vins même à me demander comment j'avais pu avoir peur de lui : si quelqu'un devait me tuer dans le Manoir, il serait bien le dernier de la liste. Ou alors il n'y aurait même pas son nom sur cette liste.

Erwan Daugherty était donc son nom. J'aimais son prénom, Erwan. À vrai dire, j'adorais tous les noms qui comportaient un « w » : William, Will, Bartholomew, Lewis, Wyatt, Warrick, Wilfried, Lashawn, Adwin, Dewei... Et donc Erwan. Je trouve que le « w » rajoute ce petit quelque chose qui rend une personne très attirante. Si seulement mes parents m'avaient donné un de ces noms. Je réalisai à ce moment que la quasi-totalité de mes anciens partenaires avaient un « w » dans leur prénom.

J'aurais pu rajouter cet Erwan dans cette catégorie, mais il refusa de serrer la main que je lui avais tendue, et ce pour une bonne raison : non seulement cette main avait touché un cadavre d'une des plus immondes façons qu'il soit, mais en plus, un trait de liquide transparent recouvrait ma paume. Je m'empressai donc de mettre cette main derrière mon dos et de l'essuyer sur ma chemise. C'est malheureusement à ce moment que la douleur de mon épaule brisée revint à la charge, et je tentai de la retenir autant que possible.

Malgré tous mes efforts, ledit Erwan dût s'apercevoir que je retenais la douleur puisqu'il proposa d'aller faire examiner mon épaule. C'est à ce moment qu'il afficha un sourire gêné. Décidément, cet Erwan, dans son embarras, était l'une des personnes les plus comiques que j'aie jamais vue ! Vraiment, comment ai-je pu avoir peur de lui une seule seconde ? Je ne pus contenir un sourire, nullement moqueur, mais plutôt de soulagement.

- Ce serait une bonne idée, mais je ne connais aucun docteur ou chirurgien ici. Vous en connaîtriez un ?

Avant même qu'il ne réponde, je détournai le regard pour observer la pièce. Hormis les cadavres, dont celui sur lequel je venais de faire un rodéo, il y avait une grande table sur laquelle étaient posés divers instruments de dissection. Dans un coin, ce que je recherchais : des draps et morceaux de tissus. Je saisis ce tissu, que je nouai autour de ma poitrine pour coller mon bras à mon flanc, de manière à ne plus pouvoir le bouger, en attendant une éventuelle réparation de mon épaule. Pendant que j'attachai ce tissu à mon corps, non sans grande difficulté, j'observai Erwan du coin de l’œil : il ne bougeait pas et se contentait de me regarder. J'imagine que le spectacle d'un pantin désarticulé tentant de se fabriquer une atèle devait être divertissant. J'avoue avoir étouffé ma créature intérieur, le maudissant d'une si grande inutilité et lui donnant des noms qu'il ne faut pas prononcer en société.

Après quelques longues minutes passées à gesticuler, à essayer de retenir le tissu par un moyen ou par un autre et à souffrir en silence, je parvins à attacher mon atèle au moyen d'un nœud grossier. Je soufflai enfin : la douleur s'effaça légèrement, mais il persistait une sorte de pincement intense. Avec un miroir, je regardai mon épaule : elle était enflée, rouge, et il y avait une petite bosse anormale juste avant l'avant-bras. Les larmes me vinrent aux yeux : la douleur, principalement, mais aussi la résignation, car je dus me résoudre à ne pas chasser pendant les quelques prochaines semaines, voire les prochains mois. Cette idée m'était insupportable. Mais inévitable. Je ne pus retenir quelques larmes, mais je les essuyai d'un revers de manche gauche, en espérant qu'Erwan n'ait rien vu.

Je tentai de débloquer la situation et de briser l'embarras entre Erwan et moi. J'imaginai des phrases à lui lancer, comme des « Que faites-vous dans le Manoir ? », « Comment y êtes-vous entré ? », « Connaissez-vous le propriétaire ? », ou toutes ces sortes de choses.

Mais aucune de ces creuses questions ne parvint à sortir de ma bouche. Ma vision devint floue. Mes jambes s'effondrèrent sur le sol. Je tombai sur le flanc gauche avant de m'étendre sur le dos, sans aucun dommage cette fois, mais je n'eus pas le temps de m'en apercevoir.

La lumière de la morgue devint de plus en plus sombre, et je plongeai dans un sommeil sans rêve.
© plumyts 2016
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
admin-hérisson à ne pas écouter
avatar
En savoir plus

MessageSujet: Re: The Undisclosed Desires (PV Erwan A. P. Daugherty / -18) Ven 9 Sep - 22:26



The Undisclosed Desires

« BUT I DON'T WANT TO SATISFY THEM. »

Une bonne idée ? Évidemment que c’était une bonne idée que d’aller voir un médecin quand on s’est déboîté l’épaule. Ce n’était pas parce qu’il avait mauvaise réputation que tout ce qui sortait de la bouche d’Erwan étaient des âneries. Il lui arrivait de dire des choses intelligentes. Et encore. Sa remarque ne demandait pas une intelligence poussée mais juste un minimum de bon sens. Mais le bon sens ne s’était-il pas perdu après tout dans ce Manoir ? Mais passons, ce n’était pas le sujet du jour. Eddy demanda alors si le charlatan connaissait un docteur ou un chirurgien par ici. Il réfléchit un instant, le plus sérieusement du monde encore une fois. C’était peut-être son petit côté altruiste qui ressortait. Bref. Dans les Scientifiques qu’il connaissait, ses « collègues », Kathleen Hodge et Harry Downcry furent les deux noms qui lui vinrent en tête. Mais la première était plus spécialisée dans les engins mécaniques et n’hésiterait sûrement pas à mettre deux ou trois boulons, vis ou écrous dans le corps du jeune Eddy. Quant au deuxième… Erwan passa pensivement sur ses oreilles pointues. Un petit cadeau de ce fameux Downcry. Mieux valait ne pas l’emmener dans des problèmes. Il avait déjà vu plusieurs amnésiques partir quand le nom de ce vétérinaire était mentionné.

- Non… Désolé.

Il eut un sourire gêné mais franc, s’excusant donc de ne pas avoir de noms à lui donner. Erwan devait avouer qu’il vivait un peu trop en ermite depuis son arrivée ici, lui qui était pourtant relativement social. Mais il avait peut-être un peu trop que l’on découvre son secret. Et craignait surtout les conséquences d’une possible révélation. Qui sait ce que lui feraient les Brutes si on apprenait qu’il n’avait absolument aucune connaissance en médecine, physique, ou même science en général ? Enfin il avait les bases les plus importantes de ce qu’on lui avait appris à l’école. Que la Terre tourne autour du Soleil, la reproduction, etc, etc. Enfin le b.a.ba qui ne vous sont d’aucune utilité. Surtout dans un manoir pareil où tout gravitait autour de la recherche scientifique même. Mais passons. Le jeune Eddy avait l’air aussi gêné que lui. Ils se regardèrent et un silence de mort s’installa. Un silence pesant, oppressant, sans que personne ne sache quoi faire pour le briser. Mais ce fut le teint livide du Gardien qui brisa cette paix. Puis sa chute lente sur le sol, comme si on avait coupé les fils de sa marionnette. Erwan ne comprit pas tout de suite ce qu’il venait de se passer. Il regarda un instant le corps inerte de son interlocuteur et en conclut qu’il était inconscient.

Il soupira doucement. Il s’était encore fourré dans une sale affaire. Enfin au sens figuré du terme. Car Eddy l’avait dans le sens propre et figuré. Erwan ne sut pas ce qu’il devait faire de ce jeune corps tombé. Il pourrait le laisser là. Soit attendre que quelqu’un le trouve ou qu’il meurt, tout simplement. Mais quelque chose lui disait que ce n’était pas bien. Ah, la conscience. Chose qu’Erwan n’avait que très rarement écoutée. Il soupira et s’agenouilla auprès d’Eddy avant de prendre son pouls. Bon. Il en conclut qu’il était vivant. De plus, il n’avait aucun ustensile pour essayer de jouer aux docteurs. Alors il vérifia qu’il respirait encore et en effet, il respirait encore. Erwan chercha encore une ou deux solutions dans sa tête. Et il n’avait vraiment pas envie de le traîner jusqu’à son laboratoire. Il n’avait pas d’eau non plus. Une seule solution s’offrit à lui. Si cela ne marchait pas, il l’abandonnerait. Ouais. Si ce qu’il allait faire ne marchait, alors il pourrait considérer qu’il avait tout ce qu’il pouvait. Cette idée lui convint et il frappa d’une gifle franche la joue de l’inconscient.
© plumyts 2016




Lying Hedgehog.
Me ? I'm dishonest, and a dishonest man you can always trust to be dishonest. Honestly. It's the honest ones you want to watch out for, because you can never predict when they're going to do something incredibly... stupid. ©️ by Sun
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
En savoir plus

MessageSujet: Re: The Undisclosed Desires (PV Erwan A. P. Daugherty / -18)

Revenir en haut Aller en bas

The Undisclosed Desires (PV Erwan A. P. Daugherty / -18)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» [HOT] Undisclosed desires › Kadeen
» [WhB] [1500] [am] Gobs (Erwan) vs Mercenaires (Blackmane)
» Présentation erwan-bzh
» icones et avatars Brant Daugherty
» Le guide du scoring spirituel: 東方神霊廟 ~ Ten Desires feat. Red Helling

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Amnesia : A Pack of Wolves :: Le Manoir :: Le Sous-Sol :: La Morgue-