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An Uncertain Present. [PV Jonathan Williams.]

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admin pieux mais peu catholique
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MessageSujet: An Uncertain Present. [PV Jonathan Williams.] Jeu 5 Mai - 12:32



An Uncertain Present.

« BUT AN UNFORGETTABLE PAST. »

Remus vagabondait dans le Manoir, le regard et les paroles de Jonathan résonnant encore dans ses oreilles. Plus que celles d’Hamish étrangement. Il n’arrivait pas à n’oublier le pasteur qu’il avait fait souffrir. Enfin. Il n’avait pas été le premier qu’il crucifiait mais avec lui c’était différent. Il en avait même des remords. Peut-être parce qu’il était un religieux, tout comme lui. Qu’il avait cet air innocent et pur dans les yeux, cet éclat qui disparut quand il est descendu de la croix. Et les phrases assassines et désintéressées d’Hamish qui venaient sans cesse lui poignarder le cœur. Il soupira et sortit une cigarette qu’il alluma, regardant par une des fenêtres de l’étage. Il regrettait. C’était une chose rare pour lui de regretter quelque chose. Depuis quelques années, il n’avait jamais repensé à ce qu’il avait pu faire, il n’avait jamais pris de recul sur ses actes. Il avait traversé les épreuves de Dieu sans se soucier de la manière de procéder. Il était devenu cardinal rapidement alors que sa foi s’était profondément ternie, fanée. Il s’était moqué de ses supérieurs dans leurs dos, continuant sa progression, animé par une sorte d’ambition que lui-même n’aurait pu justifier. Il était lui-même arrivé à la plus haute place de la hiérarchie du Manoir sans se souvenir de comment il y était parvenu. Et maintenant, il déferlait sa haine sur ses victimes sans remords, sans se soucier des conséquences.

Il continua de regarder par la vitre et soupira profondément, expirant sa fumée en même temps. Il ferma les yeux et se massa les paupières avec deux doigts, ressentant alors une extrême fatigue et une grande lassitude avec l’étrange désir de vouloir retrouver le pasteur pour s’excuser. Oui, il n’avait pas la conscience tranquille. Il repassa ses doigts sur les cicatrices qu’Hamish avait touché, l’air songeur, se disant que Jonathan aurait probablement les mêmes. Il était mieux placé que quiconque pour savoir que la torture, sous toutes les formes que ce soit, pouvait changer un homme, brisé son cœur, détruire son âme. Mais était-ce une raison pour en faire de même ? Était-ce une raison pour se venger de ses tortionnaires en torturant des innocents qui ne connaissaient même pas son nom ? Et Jonathan qui ne voulait pas avoir de dettes envers Hamish, ce n’était à n’y rien comprendre… Sauf si le Prince avait fait du tort au petit pasteur. Pour changer… Il eut les larmes aux yeux. Voir la détresse de Jonathan descendu de sa croix et entendre la voix d’Hamish lui avaient fait un choc moral. Depuis plusieurs années, il se sentait perdu et plus seul que jamais. Et pourtant, la solitude ne lui était plus un problème depuis qu’il s’y était enfermé avec sa colère et sa haine… Mais là, tout semblait différent. Tout semblait s’ébranler une nouvelle fois. Quelle sensation désagréable…

Il essuya rapidement ses yeux, sa fierté reprenant le dessus. Cependant, déterminé, il irait s’excusait auprès de Jonathan. Pourquoi lui plutôt qu’un autre ? Il l’ignorait. Mais il avait comme le sentiment qu’il devait le faire. Alors il le trouverait. Quitte à tourner des jours dans le Manoir. Décidé, il commença à fouiller tous les cachots, toutes les chambres, toutes les pièces. Il ne sut vraiment combien de temps exactement il passa à le chercher. Étrangement, le Manoir pouvait se révéler être un véritable dédale sans aucune logique, donnant même parfois l’impression que son architecture changeait au fil des heures, même pour les Brutes. Et évidemment, quand on se décidait à chercher quelqu’un de précis, cette personne devenait bien sûr insaisissable. Il ouvrit alors une porte au hasard, n’y croyant plus. Mais il vit des cheveux blonds et une soutane. Il resta dans l’encadrement de la porte, silencieux quelques instants. Devait-il parler ? L’appeler ? S’excuser tout de suite avant de fuir ? Il regarda ses pieds et éteignit sa cigarette. Il dit alors d’une voix qu’il voulut douce, malgré le tabac qui lui avait rongé la gorge :

- Enfin je vous trouve… Je… Je voulais vous parler.

Ce ton timide, il ne l’avait pas eu depuis au moins 15 ans. Il ne le faisait pas volontairement mais il se sentait complètement différent en présence du pasteur. C’était la première fois depuis longtemps qu’il se sentait si petit, si mis à nu et il n’avait pourtant encore rien dit.
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