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An Uncertain Present. [PV Jonathan Williams.]

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MessageSujet: An Uncertain Present. [PV Jonathan Williams.] Jeu 5 Mai - 12:32



An Uncertain Present.

« BUT AN UNFORGETTABLE PAST. »

Remus vagabondait dans le Manoir, le regard et les paroles de Jonathan résonnant encore dans ses oreilles. Plus que celles d’Hamish étrangement. Il n’arrivait pas à n’oublier le pasteur qu’il avait fait souffrir. Enfin. Il n’avait pas été le premier qu’il crucifiait mais avec lui c’était différent. Il en avait même des remords. Peut-être parce qu’il était un religieux, tout comme lui. Qu’il avait cet air innocent et pur dans les yeux, cet éclat qui disparut quand il est descendu de la croix. Et les phrases assassines et désintéressées d’Hamish qui venaient sans cesse lui poignarder le cœur. Il soupira et sortit une cigarette qu’il alluma, regardant par une des fenêtres de l’étage. Il regrettait. C’était une chose rare pour lui de regretter quelque chose. Depuis quelques années, il n’avait jamais repensé à ce qu’il avait pu faire, il n’avait jamais pris de recul sur ses actes. Il avait traversé les épreuves de Dieu sans se soucier de la manière de procéder. Il était devenu cardinal rapidement alors que sa foi s’était profondément ternie, fanée. Il s’était moqué de ses supérieurs dans leurs dos, continuant sa progression, animé par une sorte d’ambition que lui-même n’aurait pu justifier. Il était lui-même arrivé à la plus haute place de la hiérarchie du Manoir sans se souvenir de comment il y était parvenu. Et maintenant, il déferlait sa haine sur ses victimes sans remords, sans se soucier des conséquences.

Il continua de regarder par la vitre et soupira profondément, expirant sa fumée en même temps. Il ferma les yeux et se massa les paupières avec deux doigts, ressentant alors une extrême fatigue et une grande lassitude avec l’étrange désir de vouloir retrouver le pasteur pour s’excuser. Oui, il n’avait pas la conscience tranquille. Il repassa ses doigts sur les cicatrices qu’Hamish avait touché, l’air songeur, se disant que Jonathan aurait probablement les mêmes. Il était mieux placé que quiconque pour savoir que la torture, sous toutes les formes que ce soit, pouvait changer un homme, brisé son cœur, détruire son âme. Mais était-ce une raison pour en faire de même ? Était-ce une raison pour se venger de ses tortionnaires en torturant des innocents qui ne connaissaient même pas son nom ? Et Jonathan qui ne voulait pas avoir de dettes envers Hamish, ce n’était à n’y rien comprendre… Sauf si le Prince avait fait du tort au petit pasteur. Pour changer… Il eut les larmes aux yeux. Voir la détresse de Jonathan descendu de sa croix et entendre la voix d’Hamish lui avaient fait un choc moral. Depuis plusieurs années, il se sentait perdu et plus seul que jamais. Et pourtant, la solitude ne lui était plus un problème depuis qu’il s’y était enfermé avec sa colère et sa haine… Mais là, tout semblait différent. Tout semblait s’ébranler une nouvelle fois. Quelle sensation désagréable…

Il essuya rapidement ses yeux, sa fierté reprenant le dessus. Cependant, déterminé, il irait s’excusait auprès de Jonathan. Pourquoi lui plutôt qu’un autre ? Il l’ignorait. Mais il avait comme le sentiment qu’il devait le faire. Alors il le trouverait. Quitte à tourner des jours dans le Manoir. Décidé, il commença à fouiller tous les cachots, toutes les chambres, toutes les pièces. Il ne sut vraiment combien de temps exactement il passa à le chercher. Étrangement, le Manoir pouvait se révéler être un véritable dédale sans aucune logique, donnant même parfois l’impression que son architecture changeait au fil des heures, même pour les Brutes. Et évidemment, quand on se décidait à chercher quelqu’un de précis, cette personne devenait bien sûr insaisissable. Il ouvrit alors une porte au hasard, n’y croyant plus. Mais il vit des cheveux blonds et une soutane. Il resta dans l’encadrement de la porte, silencieux quelques instants. Devait-il parler ? L’appeler ? S’excuser tout de suite avant de fuir ? Il regarda ses pieds et éteignit sa cigarette. Il dit alors d’une voix qu’il voulut douce, malgré le tabac qui lui avait rongé la gorge :

- Enfin je vous trouve… Je… Je voulais vous parler.

Ce ton timide, il ne l’avait pas eu depuis au moins 15 ans. Il ne le faisait pas volontairement mais il se sentait complètement différent en présence du pasteur. C’était la première fois depuis longtemps qu’il se sentait si petit, si mis à nu et il n’avait pourtant encore rien dit.
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MessageSujet: Re: An Uncertain Present. [PV Jonathan Williams.] Jeu 5 Mai - 13:26



An Uncertain Present

« What can I do now ?»

Des jours que le pasteur avait à présent quitter le laboratoire d'Harry Downcry, l'ayant vaguement remercié de lui avoir sauver la vie. Il n'était pas certain d'être heureux en étant encore de ce monde. Quand il passait la main sur les immondes cicatrices de son corps, il se souvenait de la chaleur. De cette intense brûlure qui lui faisait tant de bien, tandis que le corps endormi de sa bien aimée pesait sur ses bras. Il se souvenait de son odeur contre lui, puis d'avoir fermer les yeux pour savourer sa présence. Celle-ci fut soudainement plus légère, mais Jonathan était déjà bien loin. Il était dans un monde rêvé, où la déchirure de ses chairs était la plus douce des caresses. La souffrance était si forte, tellement plus puissante que les clous de ce tortionnaire, plus puissance encore que les rejets répétés de la scientifique. Tout ceci l'avait considérablement affaibli, l'amenant aux portes de la Mort. Puis vint une sensation de volupté, la chaleur s'évanouissant pour se sentir transporté. Les Anges venaient-ils le chercher pour le Jugement ? De quel couleur serait le ciel du Paradis, ou la terre des Enfers ? Il s'était endormi et avait comme dernier souvenir rien d'autre qu'une source intense de lumière au dessus de lui. Le pasteur se souvint vaguement d'un liquide chaud dans sa gorge, qui apaisa ses souffrances. Car tout ce qui avait été chaud le piquait désormais avec fureur, comme si sa chair recherchait encore les flammes pour terminer le travail de purification.

Jonathan poussa un long soupir tout en s'asseyant sur le canapé, face à la fenêtre, dos à la porte. C'était son frère qui l'avait sauvé. Il l'avait aidé. Sauvé comme Jonathan lui-même l'avait sauvé il y a une dizaine d'années. Mais à présent, qu'avait-il à faire ? Reprendre comme si de rien était la quête que lui avait confié Rockwood ? Plus jamais il ne pourrait aller dans les sous-sols. Pas même jetter des victimes dans les cachots. Lorsqu'il s'était réveillé, il avait fuit le plus vite possible le laboratoire d'Harry pour être le plus loin possible de cet endroit qui lui rappelait de trop mauvais souvenir. Massant son coeur, il jeta un coup d'oeil à sa Bible sur la table de nuit. Dieu est Amour. Vouloir se rapprocher de l'Amour, était-ce se rapprocher de Dieu ?  Être amoureux, c'était ressembler à Dieu ? Dieu accepte-t-il la concurrence ? Jonathan savait que sa Foi était sur le bord d'un sombre précipice. Songeant à la première femme qu'il avait aimé, cette personne qui avait appuyé sur sa virilité au point de l'anéantir, une femme égoïste et lesbienne pour qui il n'avait été qu'une couverture sociale. Puis cette seconde femme, qui l'avait tout bonnement ignoré. Peut-être n'était-il pas fait pour être un véritable homme, pour aimer. Il n'était qu'un serviteur de Dieu, un serviteur de l'Amour. Pas une de ses fidèles ouailles, certainement.

Blandine, son lapin blanc, couina devant lui pour avoir de l'attention. Se penchant pour le récupérer dans ses bras, Jonathan câlina cette bestiole qui avait été à son chevet pendant toute sa convalescence. Il était chanceux d'avoir quelqu'un comme elle. Là où les humaines le faisaient souffrir, une lapine lui portait tout son amour. Bien étrange tout ça. Tout soupir, il n'entendit pas la porte s'ouvrir derrière lui. De toute façon, la moindre personne qui essayait de lever la main sur lui allait se prendre la plus incroyable des dérouillés, Jonathan ne se laissait plus faire. Il refusait d'être une nouvelle fois une victime et affronterait les nouvelles épreuves de Dieu avec la tête haute. Plus facile à dire qu'à faire, pensait-il en perdant son courage quand il reconnut la voix qui l'interpellait. Tennant fortement sa lapine contre lui, le pasteur sursauta et se leva pour faire face au cardinal. Rien n'était présent dans le regard de Jonathan, aucune haine ni surprise, ni joie ni peur. Il le regardait en constatant tout bonnement sa présence.

- Vous voulez parler ? Vous souhaitez vous confesser ? Je suis toujours à l'écoute d'une âme perdue...comme la vôtre.

Cela était surprenant de la part d'un Brute qui n'avait aucun remord à faire les choses aussi atroches que celles qu'il avait faite à Jonathan. Ce dernier portait d'ailleurs encore les fantômes des cicatrices aux mains. Même si celles-ci avaient été refaite avec une nouvelle peau. Comme une partie de son cou jusqu'à sa joue gauche. On pouvait clairement noter la différence, celles de remplacement étant légèrement plus rose et une cicatrice notable se faisait entre les deux peaux. Pour ainsi dire, Jonathan n'avait jamais été très beau. Il avait du charme, de l'innocence et un regard à faire damner les saints. Mais en ce qui concernait son corps, cela n'avait jamais été une grande réussite. Trop trapu, trop poilu -bien que ce fut une chance qu'il soit blond. Des muscles bien présents mais clairement invisible. Une démarche maladroite et timide, trop habitué qu'il était à pencher le dos en présence du Seigneur ou des Brutes. En un mot, Jonathan avait l'air blessé. Dans l'instant présent de cette étrange confrontation, le pasteur portait en lui le charme d'un animal terrassé par la vie, d'un chien battu et trempé par la pluie qui conservait encore un regard de pitié, observant le ciel tout en se disant "pourquoi ?". Mais au milieu de cette déchéance, on y voyait un fantôme, celui d'une nouvelle renaissance, d'une fierté glaçante et droite, un regard perçant qui accuse. Jonathan posa la lapine sur le canapé et déposa un bisou entre ses deux oreilles. Afin d'aller sortir une chaise d'un bureau aléatoire et la poser devant lui.

- Asseyez-vous, je vous prie.

Il n'avait aucune peur. Après tout, que pouvait-il lui faire de plus que tout ce qu'il avait subi. La chose la plus horrible qu'il pouvait faire, c'était faire du mal à son lapin.
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MessageSujet: Re: An Uncertain Present. [PV Jonathan Williams.] Lun 9 Mai - 15:30



An Uncertain Present.

« BUT AN UNFORGETTABLE PAST. »

Remus regarda Jonathan se levait sans rien dire, son regard planté dans celui du pasteur. Quelque chose avait changé dans ses yeux. Il n’aurait trop su dire quoi mais ce qui le choqua le plus était le reste. Déjà le lapin blanc, étrange que la créature ne s’était pas enfuie avec l’ambiance générale du Manoir mais ensuite son visage qui semblait avoir été franchement amoché. Comme s’il avait été brûlé. Remus releva le menton, comme si cela pouvait faire redescendre la culpabilité qu’il avait senti monter en lui. Mais pourquoi culpabilisait-il après tout ? Il savait qu’il n’avait pas touché le visage de Jonathan. Juste les mains… Mais il s’en voulait, quelque part, de l’avoir fait ainsi souffert. D’ailleurs c’était pour cela aussi qu’il voulait le trouver : pour s’excuser. S’excuser d’avoir été son tortionnaire, d’avoir partagé injustement toute la souffrance et la torture qu’il avait pu lui-même subir pendant quelques années. Fort heureusement, cela n’avait été quelques minutes pour Jonathan, pas des mois entiers à être torturé pour vendre son meilleur et seul ami. Il secoua la tête. Cela ne l’excusait pas. Mais si tout ce qu’il lui avait fait subir ne suffisait pas, selon lui, à briser un homme, il ne comprenait comment Jonathan avait pu devenir si « mort ».

Car oui, sa voix parla avec une indifférence extrême, aucune peur, aucune émotion. L’effroi ou la colère auraient été pourtant logiques, vu que lui, son tortionnaire, celui qui l’avait cloué cruellement sur une croix, se tenait en face de lui et lui avait avoué qu’il l’avait longtemps cherché. Il s’était passé autre chose d’autre et pour la première fois depuis son entrée au Manoir, Remus eut peur. Peur d’avoir créé un monstre semblable à lui. Peur qu’il sorte une arme ou il ne savait quoi. Il regarda la chaise que Jonathan posa entre eux, comme un mur qui les séparait. Remus ramena son regard dans les yeux du pasteur. L’azur de ses yeux était semblable au sien, avec une étincelle électrique au fond de leurs rétines. Et ce n’était pas forcément une bonne chose. Remus mit les mains dans ses poches et sera le chapelet au fond de celle de gauche. Pourquoi Dieu lui viendrait-il en aide maintenant alors qu’il l’avait renié pendant tant d’années ? Ne pouvait-on pas être plus effronté que lui ? Renié ce pour Qui il a accordé sa vie ? Torturé cruellement un innocent pour lui demander son pardon ensuite ? Avoir brûlé, mutilé des inconnus dans le sens but de faire partager sa haine et sa rancœur ? Les yeux de Jonathan n’étaient maintenant plus que le reflet des siens. Et c’était peut-être ce qu’il lui avait fait peur. Il ne s’était jamais vraiment regardé dans un miroir depuis un long moment. Il avait maintenant une raison.

- Non.

C’est ce qu’il répondit subitement à Jonathan tout en regardant la chaise. Il n’avait pas envie de s’asseoir. Il n’avait pas envie d’avoir sa pitié non plus. La fierté qu’il était parvenue à ravaler précédemment était revenue avec force. La culpabilité avait disparu aussi, en partie. Mais la froideur du pasteur, aussi justifiée soit-elle, l’échauffait plus qu’autre chose. Elle lui rappelait la suffisance et la condescendance d’Hamish. Et c’était loin d’être un compliment. Il soupira profondément, se demandant s’il n’aurait pas dû partir finalement, s’éloigner de cet homme qui, apparemment, se foutait complètement d’avoir son tortionnaire en face de lui. Comme si Jonathan avait perdu son cœur. Ou juste qu’il ne ressentait absolument rien à son égard. Cette idée blessa fortement Remus au plus profond de lui. Un de plus qu’il laissait indifférent. Que fallait-il faire pour que quelqu’un le remarque ne serait-ce que comme un ami ? Voire même un ennemi ? Hamish avait choisi sa rousse et Jonathan faisait comme si c’était la première fois qu’ils se rencontraient. Le cardinal durcit son regard et regarda le pasteur droit dans les yeux.

- Je suis venu m’excuser. Pour ce qu’il s’est passé entre nous. Mais je n’ai pas besoin de votre pitié. Mon âme n’est pas perdue. Je sais parfaitement qui est mon Berger et que Dieu me punisse si je mens.

Il releva le menton une nouvelle, toisant le pasteur avec un air de défi, ses yeux plantés dans les siens, serrant à s’en faire mal le chapelet dans sa poche.
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MessageSujet: Re: An Uncertain Present. [PV Jonathan Williams.] Jeu 12 Mai - 0:48



An Uncertain Present

« Don't do th child.»

Jonathan était content, au final, que la Brute soit ici. Il n'osait pas le dire, mais le pensait très fort. Si seulement le pasteur pouvait le faire sortir de ses gonds, afin qu'il ait une nouvelle fois envie de le torturer...peut-être que cette fois, il y passerait. Ce serait magnifique. Et il ne commettrait aucun péché, cette fois-ci. On le tuerait, tout bonnement. Ce sera un meurtre. Un assassinat splendide et sanglant, accroché à une Croix. Il serait le digne successeur du Fils. Devenir un martyr. C'était une pensée qui lui était devenue agréable depuis un trop long moment. Il poussa un long soupir en attendant la réponse de Remus et ferma les yeux. Ce fut son "non" catégorique qui lui fit ouvrir les yeux d'un air inquiet. Avait-il était si facile de l'énerver ? Mais il poursuivit sans avoir besoin de la moindre réponse. Son Berger. Il savait qui était son Berger. Il en avait de la chance, car le pasteur n'était plus très sûr de savoir. Que dire, que faire ? Que répondre ? Il n'en était pas certain. Soupirant donc une nouvelle fois, Jonathan se leva, le regard empli d'une soudaine tristesse. Il était venu s'excuser, pas lui offrir le passage vers l'Enfer ou la Paradis. Marchant très calmement jusqu'à la fenêtre, il regarda par delà les vitres le grand horizon, cette forêt brumeuse à perte de vue. Qu'il pleuve, qu'il vente, ou qu'il neige. De la Brume, partout.

- Je n'ai plus de pitié à offrir...On a de la pitié que quand on est pur et exempt de fautes.

Jonathan se retourna vers le cardinal. Tout son corps était en contre-jour, se découpant à travers le lumière des fenêtres. Oui, c'était à son tour de s'être détourner du chemin de Dieu. Il pouvait encore confesser à flot, mais ce n'était plus les larmes du Seigneur qui tombaient du Ciel. Il n'était qu'un pauvre pêcheur qui s'était cru Dieu par le plus puissant des Amours. Mais s'il n'avait plus de pitié à offrir, il lui restait encore son sourire. Un sourire qui donna sans concessions à son ancien tortionnaire.

- Je vous remercie de vos excuses...

Poussant un petit soupir, Jonathan se rapprocha de sa lapine et lui offrit un bout de laitue qu'il avait trouvé de la serre. Même s'il avait envie de mourir pour en finir avec ces horreurs, il lui était insupportable d'abandonner le tendre animal qui semblait lui avoir étrangement confier sa vie. Retournant ensuite à son canapé, il s'y laissa tomber avec toute la mélancolie du monde et bailla avant de regarder Remus:

- Oh...en vérité, j'aurai préféré que vous veniez achever notre entretien. Terminer votre travail, interrompu...

La mort était une idée si somptueuse et tendre. La dernière des amantes. Porterait-elle de longs cheveux roux quand elle viendrait le chercher ? Par delà son crâne de larmes ? La fatigue le prenait avec une violente étreinte. C'était peut-être cela en fait qui rendait l'expression de son visage si vide, et ses propos si incohérents. Recherchant la Bible d'une main hésitante, il prit un marque page et le plaça au hasard. Il tomba sur l'en-tête du titre. Quel triste vie. Ses yeux ne voyaient plus très net, tant le sommeil cherchait à l'agripper. Mais il devait tenir bon, et continua de sourire au cardinal.

- Vous devez penser que je suis fou...hey, je le suis peut-être devenu. Cela ne serait pas étonnant, je ne reconnais presque plus ma voix. Elle est si...grave, comparé à avant, vous ne trouvez pas ? Je sais que vous devez me penser stupide et condescendant, vous provoquer ainsi...vouloir la mort de vos mains ? La vérité est que la seule chose qui me maintient encore en vie...c'est que cette lapine m'a élu pour maître, et que sans moi, elle mourra. Je ne suis qu'un pécheur sans honneur...mais cette créature est innocente, et je veux la protéger plus que ma vie. Oh...Seigneur...je suis fatigué...

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MessageSujet: Re: An Uncertain Present. [PV Jonathan Williams.] Mar 7 Juin - 22:48



An Uncertain Present.

« BUT AN UNFORGETTABLE PAST. »

Remus resta planté devant Jonathan sans rien dire, le laissant dire son monologue, ne sachant quoi y répondre. Il se contenta juste de fixer le lapin, silencieusement. Il ne put alors retenir un triste soupire. Quelque chose avait changé en Jonathan et cela ne lui plaisait pas. Vraiment pas. L’aura qu’il dégageait été différente, froide, morte. Il n’y avait plus d’innocence, plus rien. Et les cicatrices sur ses joues ne faisaient que renforcer ce côté brisé. Le feu n’avait sûrement rien changé. Il ignorait la façon dont il s’était blessé et n’avait finalement pas tant envie de le savoir que ça. Il baissa les yeux, culpabilisant et se sentant mal à l’aise, ayant du mal à supporter le ton de Jonathan qui avait l’air d’être fier son changement intérieur. Remus n’avait pas même plus envie de lui répondre. Il avait créé un monstre. On pourrait lui en retrouver l’apparence d’ailleurs, avec la moitié de son visage rafistolé. Même dans le ton, il lui rappelait quelque chose dans Hamish qui le déplaisait fortement. Il ne put s’empêcher de vouloir repartir. Il jeta un coup d’œil à la porte et ne dit rien, reportant son attention sur la lapine blanche que le pasteur caressait.

L’envie de partir fut forte. Vraiment forte. Mais quelque chose l’empêchait de le faire. Comme s’il avait dans l’espoir qu’il redevienne le petit religieux timide et naïf qu’il avait malheureusement pris un malin plaisir à briser. Alors effectivement, sa voix avait changé, son ton aussi. Mais chantait-il toujours aussi bien ? Y mettait-il toujours autant son âme ? Qu’est-ce que le Manoir avait donc fait de lui ? Qu’est-ce que le cardinal avait créé ? Il voulait fuir la responsabilité qui se présentait à lui avec un grand calme et un détachement évident. Comme si plus rien ne comptait, comme si plus rien n’avait d’importance. Effectivement, oui. Plus rien n’a d’importance. Autant qu’il parte vraiment alors et qu’il l’oublie à jamais. Il le regarda une nouvelle, ne se décidant pas à tourner les talons et de le laisser là, avec son cher lapin. Il espérait sincèrement que Jonathan ne tombe pas sur un dément affamé qui lui arracherait l’animal des mains pour le dévorer. Mais vu l’incroyable confiance qu’il semblait diffuser, il n’en doutait pas tant que ça. Il eut une moue triste avant de soupirer de nouveau et de regarder ses pieds.

- Bon… Je suppose donc que je vais vous laisser…

Oui Jonathan avait parlé, plus ou moins explicitement de l’achever. Mais comme il semblait avoir changé d’avis pour protéger son rongeur… De toute façon, Remus n’avait vraiment plus envie de le tuer. Il n’en avait eu l’envie que très brièvement, avant qu’Hamish n’intervienne. Mais bref. Il entama son demi-tour vers la porte, déçu.

- Faites attention à vous et votre lapin.

Après la rouquine, c’était maintenant un petit animal qui lui brisait moral et espoir.
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MessageSujet: Re: An Uncertain Present. [PV Jonathan Williams.] Dim 12 Juin - 20:57



An Uncertain Present

« Now I'm not looking for absolution.   »

Les ténèbres, Jonathan ne les avait que trop cotoyé. On ne se détachait jamais réellement de cette monstrueuse créature qui était soi-même. La solitude, il l'avait trop enduré. Oui, il avait craqué. Face à cette Foi qui n'existait plus en lui, bien qu'il essayait d'en garder le masque, le pasteur était sans défense contre l'horreur de sa propre nature. Les cauchemars se comptaient par centaine dès les secondes où il fermait les yeux. Il revoyait son propre coeur se noyer dans ses larmes. Tous les évènements qui l'avaient ammené à son point de non-retour, cette mort dont il avait été retiré. Se réveillant la nuit en hurlant, même la présence de sa lapine n'arrangeait en rien la blessure cruelle de son coeur. Les remords étaient trop profonds. Celui d'avoir pu un jour aimer. Celui d'avoir été aussi aveugle. Celui d'avoir fait du mal à son frère. Celui de s'être tâcher de sang. Mais s'il était aussi rongé par les remords, c'était surtout car il n'avait pas la moindre idée de comment sa vie aurait pu tourner autrement. Malgré sa Foi détruite, il restait persuadé que sa vie avait pris le chemin qu'elle devait suivre. Et si c'était celle d'un monstre, alors il tiendrait l'étendard. C'était ce qu'il se racontait en silence, quand la fatigue devenait trop forte pour lui et que sa parole divaguait. Cette instant de cassure où il n'avait qu'une envie, pleurer.

Car il ne voulait pas être un monstre. Il ne l'avait jamais voulu. Toute sa vie n'avait été qu'une errance. Jonathan n'avait pas encore trente ans, mais avait déjà la sensation d'avoir perdu toute son essence. Sa raison de vivre. Personne ne l'aimerait, il devait se faire une raison. Qui pourrait l'aimer ? Qui pourrait accepter un tel visage et corps détruit ? Le contact de sa propre peau brûlé le dégoûtait lui-même. Mais là tout de suite, ce à quoi Jonathan pensait, ce n'était pas sa propre condition humaine, mais bien à la silhouette de Remus qui partait, doucement, vers la porte. Il s'éloignait, lui disait au revoir. En tout cas c'était ce que pouvait vaguement entendre le pasteur. Ce dernier rejeta sa tête en arrière, sentant le sommeil le prendre. Lutter, il devait lutter. Ne pas laisser la nuit le mordre. Si jamais ses yeux se fermaient, les cauchemars reviendraient. Pourquoi ne le tuait-il pas là, juste maintenant ?

- Oh...s'il vous plait...pourquoi partez-vous..? Pourquoi vous ne terminez pas votre travail...? Arrachez-moi ce qu'il me reste de peau et de dignité...cela ne vous prendra pas longtemps...je vous le promets...oh, s'il vous plait...

Sa seule compagnie était un lapin. Depuis qu'il avait été mis en déroute par les souvenirs de Juliette, depuis qu'il avait fuit le sous-sol et ses scientifiques. Seul avec juste un animal à qui il parlait tous les jours pour ne pas en devenir un lui-même. Sa tête lui faisait mal. Le sommeil essayait de rentrer avec une violence inouie. Il frappait son crâne contre le sol. Même si Jonathan n'était qu'encore assis sur le canapé. Toute cette violence. Cette haine. Cette soufrance. Jonathan redressa la tête et passa une main fatiguée sur son visage. Son regard était tout aussi hagard que ses pensées. Aucune construction. Il pouvait s'évanouir à tout instant. Mais il ne le ferait pas avant d'avoir terminer de parler. De ses yeux, il avait l'impression de voir Remus disparaitre dans les ténèbres. Pour ne plus jamais revenir.

- Revenez...ne me laissez pas seul...ne me laissez pas mourir seul...dans le noir...

Blandine, la petite lapine, fit un couinement mais Jonathan n'entendit rien. A quoi bon ? Il fallait se rendre à l'évidence. Même le plus humain des animaux ne pouvait rien quand celui-ci était devenu aussi désespéré que le pasteur. Des larmes vinrent dans les yeux de ce dernier. Il avait une irrémédiable envie de mourir, de vomir, de terminer cet enfer. Redressant une nouvelle fois la tête, qui partait un peu là où ça lui chante, il tenta de plonger son regard humide dans celui de Remus. Ils partageaient un bleu si profond.

- J'ai...j'ai perdu la Foi...il n'y a personne ici...pas de Dieu...pas de Diable...nous sommes nos propres ennemis...et je suis fatigué de me combattre.
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MessageSujet: Re: An Uncertain Present. [PV Jonathan Williams.] Mar 4 Oct - 23:38



An Uncertain Present.

« BUT AN UNFORGETTABLE PAST. »

La voix de Jonathan l’arrêta alors qu’il avait posé la main sur la porte et l’écouta sans rien dire. Néanmoins, il ferma les yeux et soupira doucement en entendant le pasteur le supplier, de finir son travail. Comment lui dire que son travail était déjà terminé ? Son rôle était de détruire les âmes. Que ce soit pour sa vengeance personnelle ou bien pour Rockwood. Et à en voir le résultat aussi bien physique que mental, il avait réussi. Aidé certes par cette Scientifique qui s’était occupé d’écraser son cœur. Les supplications de Jonathan pour le tuer l’agaça presque. Il lui restait encore de la dignité. Ce n’était pas parce qu’il avait tenté de s’immoler avec Hodge qu’il avait perdu toute dignité. Il lâcha cependant la poignée et se tourna vers Jonathan, sans répondre pour autant, le laissant poursuivre dans son court monologue. Non, il n’allait pas le laisser mourir puisqu’il n’allait pas mourir. En revanche, son petit discours sur Dieu et le Malin était peut-être vrai. Il n’y avait personne pour les entendre ici. Personne pour leur venir en aide, personne à qui vendre son âme. Ils étaient démunis tels des brebis sans berger. Mais à quoi bon ne pas commencer à vivre sans cette épée de Damoclès au-dessus de la tête qui se nomme Jugement Dernier ? Peu importe le Paradis ou l’Enfer.

- Vous savez, je crois que j’ai moi-même perdu la Foi. Enfin, je la retrouve quand j’en ai besoin, je ne pense que ce soit très autorisé. Et il n’y a plus personne à combattre maintenant. Le feu expie les fautes, les péchés. Je ne vois pas votre acte comme un acte d’un homme désespéré pour se donner la mort. Enfin… Si un peu quand même mais si vous avez survécu c’est parce que Dieu, s’il est là-haut, a voulu que vous restiez. Si vous êtes vivant, c’est pour renaître tel un phénix, de vos cendres. Une nouvelle vie s’offre à vous, de nouvelles opportunités. Oubliez votre femme, oubliez cette scientifique, oubliez même votre frère s’il vous rappelle trop de choses désagréables. Tel le Christ, vous êtes revenu à la vie.

Il posa une main sur son épaule et le regarda droit dans les yeux, ignorant totalement le lapin. Le pauvre pasteur était complètement livide, fatigué, presque malade. Il n’était même pas remis entièrement de ses blessures qu’il se torturait déjà l’esprit sur des questions sur lesquelles il ne faut pas réfléchir quand on est encore fragile de partout. Remus regarda sa propre main sur l’épaule de Jonathan et ne sut trop quoi ajouter de plus. Il essayait de donner des conseils au pasteur pour que celui remonte la pente alors que lui-même n’avait jamais essayé de la remonter. Au contraire, il s’était même laissé glisser. Et maintenant il était sûrement trop tard pour qu’il soit récupérable mais tant pis. Il ne laisserait pas le pasteur sombrer comme il a pu le faire. Doucement, il le guida vers le lit et le força à s’asseoir dessus. Il essaya alors de sourire mais ceci ressembla plus à une grimace qu’autre chose. Il se recula d’un pas, regardant ses pieds d’un air légèrement gêné et mal à l’aise. Il jeta un coup d’œil à la cheminée et y remit du bois, laissant un silence désagréable s’installer. Silence qu’il ne supporta pas plus longtemps et qu’il s’empressa de briser.

- Vous devriez vous reposer. Dormir. Je ne suis pas médecin, mais cela se voit que vous manquez clairement de sommeil.

Il tenta de nouveau un sourire.

- Je reste à surveiller votre sommeil si vous le voulez. Vous vous êtes suffisamment battu, vous méritez votre repos. Demain est un jour nouveau. Le Manoir a beau être sombre, il n’y aura plus d’obscurité dans votre cœur, ni dans votre âme. Le feu vous a purifié, tel un second baptême.

Il avait récitait tout ceci avec un ton presque religieux, comme s’il lisait une prière. C’était peut-être un peu le cas d’ailleurs. Une prière à eux. À eux seuls. Ne dépendant d’aucun Dieu.
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Hallelujah.
Wenn die Turmuhr zweimal schlägt, faltet er die Hände zum Gebet. Er ist ohne Weib geblieben so muss er seinen Nachsten lieben. Er ist der wahre Christ und weiss, was Nächstenliebe ist. Dreh dich langsam um. ©️ by Sun
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An Uncertain Present. [PV Jonathan Williams.]

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