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Remember The Time

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MessageSujet: Remember The Time Ven 30 Aoû - 2:01



Remember The Time
Morgan & Felix


Londres, 1884. Le bruyant marché du mardi se tenait comme d'habitude près de la Tamise. On pouvait voir quelques mouettes qui voltigeaient au-dessus des mats que l'on distinguait entre les toits des maisons. Felix se trouvait à quelques mètres des premiers étalages. Il regarda sa montre. Dix minutes de retard. L'horloger se tenait devant la boutique de l'ébéniste qui le fournissait habituellement pour ses horloges. L'échoppe donnait sur la place où avait été organisé le marché. Cependant, Felix savait que McCole, l'ébéniste, n'avait pas été retenu par les festivités. Il savait que son fournisseur était loin d'être ponctuel, mais il n'avait pas le choix, après tout. De plus, l'horloger était pressé de recevoir sa commande qu'il attendait depuis plusieurs semaines maintenant. C'était du bois de très bonne qualité, venu d'Afrique, mais qui coûtait aussi pas mal d'argent. Mais bon... Son client s'était montré exigent mais généreux. Felix savait donc que sa création serait rentable.

Il attendit cinq minutes de plus avant de voir un petit bonhomme rond et chauve, en train de conduire un malheureux chariot. Quand il mit pied à terre il salua chaleureusement Felix qui ne lui rendit pas son accueil réciproquement. L'horloger se retint de dire un "tu es en retard" glacial, mais ne s'empêcha de lancer à McCole un regard assassin. Puis il se pencha sur le côté pour tenter d'apercevoir sa commande. Il savait que le prix était cher, mais vu la quantité que transportait le chariot, ça lui paraissait complètement démesuré...

-Je peux aller jeter un coup d'œil ?

Sans même attendre la réponse de McCole, Felix se dirigea vers le véhicule et ne fit que deux pauvres rondins de bois, accompagnée par une vieille souche. L'horloger se retourna face à l'ébéniste avant de lui dire :

-Tu te moques de moi, là ? J'avais commandé de l'ébène et tu me donnes deux troncs de chênes, même pas taillés et pleins de termites ! Je n'ose même pas voir l'état de la souche. D'ailleurs, je ne veux même pas savoir comment elle a fait pour arriver là !

Felix reprit son souffle tout en fusillant l'imbécile de McCole du regard. Celui-ci tenta de se défendre mais l'horloger le coupa dans son élan :

-Tais-toi, John ! Je me moque de tes excuses à deux ronds ! Tu vas m'arranger ça dans l'heure qui suit !

Bien évidemment, les cris de Felix avaient fait tourner la tête plus d'un dans leur direction, mais lui, il ne les voyait pas. Il dévisageait juste l'ébéniste, l'air coupable, mais sournois, qui était resté silencieux jusqu'à maintenant.

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MessageSujet: Re: Remember The Time Ven 30 Aoû - 2:06


Felix J. Adler & Morgan T. Connhelly


Remember the Time

«Let me sell you my smile, first, sire!»


Londres, 1884.


Je me réveillai. De douces lèvres vinrent goûter ma truffe par un baiser de soie. C'est un papillon qui prenait son envol de ma peau pour venir battre mes paupières comme si elles avaient été ses ailes velours. Ma cornée balaya le floue de mes yeux endormis et un visage pâle et souriant m’apparut. Sur des joues et fossettes, deux taches roses joie, roses comme le prénom de la charmante fillette qui vint me tirer hors des bras de Morphée. Je la regardai, souris. Dans l’entrebâille de la porte, une femme magnifique me fixait de son regard subjuguant. Mon cœur se souleva, Dieu et sa Richesse l'empoigna de Ses mains et je me fis tirer hors du lit comme un pantin se fait redresser par son créateur. Celui qui me contrôlait était toutefois autre que marionnettiste, il était bien plus puissant. C'était l'amour. J'étais amoureux des deux filles les plus ravissantes sur Terre; ma dulcinée et mon ange venu du ciel. Des perles. Mes perles adorées.


C'est ce à quoi je pensais en foulant les pierres craquelées que je connaissais par cœur en ce matin prêche. Il y avait un sourire sur mes lèvres qui rendait l'éclat du bonheur à mes poumons gonflés du souffle de l'espoir, mes rêves s'éternisaient dans l'aspiration du Tout. J'aimais mes Anges et j'aimais ma vie. Ma boutique d'ébénisterie s'ouvrit d'un mécanisme criant d'une clef rouillée dans un engrenage tordu - le même que mon défunt père eut employé - et j'ouvris mon comptoir avec la veine d'un marchant fortuné. Plus loin à l'établie, une chaise en cerisier pour un bourgeois heureux, un client bonasse qui nourrirait ma famille et leur âme cette semaine. Un travail bientôt achevé qui n'était qu'à remettre dans quelques lunes encore... L'horloge de ma boutique claqua le son vide.


Je remis ma veste et passa une main dans mes cheveux en refermant bêtement le magasin derrière moi. Des marchants me saluèrent, des passantes me firent gracile charme. Je rendis ces côtoiement mignons et anodins comme toujours. Leva mon menton au ciel pour humer le sel en oxygène de la Tamise belle, cet arôme qui me portait une journée ensoleillée pour une Angleterre morne à ses habitudes. Je passai une main dans mes cheveux et fermai les yeux, me laissai guider par mes pas et la foule. Et puis j'entendis l'ébène.


Non, le chêne. C'est de chêne que l'on parlait, que l'on portait haine et mépris. Je levai un regard intrigué et reconnus McCole le boudin de honte s'offrir en proie à la sévère méprise d'un client sans ouvrage. Pauvre John... Ce grassouillet sans compagnons qui n'avait que pour seul discussion du Dimanche son plus fidèle compétiteur: moi. Je regardais autour, ces airs promeneurs qui avaient d'ignorer ou d'éviter bien naturellement la pagaille. Je me fis spectateur discret au loin, puis m'avançai en marche timide vers le duo mal en point. Je fis une salutation désuète à McCole, une bouche tirée en coin d'un air désolé et un menton en hochement. Il me toisa de dédain: il ne m'aimait pas, bien naturellement. J'étais celui qui volait son rond. Mais que voulez-vous; j'avais une famille à nourrir et les temps étaient difficiles - des mots que tous et chacun répétaient sans cesse! Je ne faisais pas nuisance à ce pauvre, mais ne le prenais pas en pitié - d'autant plus que les rumeurs courantes disaient escroquerie de sa part chez ses acheteurs...


L'homme qui le disputait est plutôt jeune, peut-être mon âge. Un client du bois d'usure, si je pouvais me permettre la devinette. Il était droit, semblait savoir d'où il provenait et où il pointerait le bout de ses valeurs au futur. Je le regardai quelque peu et reportai plutôt attention à l'autre artiste qui m'injurais de son air et s'en allais comme si j'étais de peste. John me hainais beaucoup, apparemment. Je me raclai la gorge et me grattai la nuque. Les rencontres n'avaient jamais été mon expertise, mais la logique de ne pouvoir laisser filer ce brave sans le matériel me laissait cloué devant lui. Comment pouvais-je arroser mes ventes dans ce cas, si j'eus toujours été frileux? Mon charme naturel, que l'on disait. Un qualificatif que j'eus toujours trouvé étrange pour un homme comme moi qui avait la gêne au fond des tripes. Gêne et politesse, je vous l'accorde. Je redressai mon cou et mes épaules.


J'adressai un chaleureux visage à l'inconnu furibond, calmé en decrescendo. Et je pêchai.


L'ébène... Parfait pour les travaux méticuleux. Tout comme l'acajou et le citronnier.

Ma voix portait sa contenance mais était peut-être faible en contraste dans ce chaos de la rue. Je continuai de mots qui se voulurent un peu plus assurés, mais je craignais au fond de ma gorge une prochaine colère de cet homme que je ne connaissais pas et que je prenais comme sympathique du premier coup d’œil.

Laissez-moi deviner... C'est pour un buffet, une penderie ou la commode d'un boudoir? Non... Plus précieux encore, plus fragile... Je me trompe?

Et enfin, je me décidai à lever une main à empoigner à sa hauteur en avalant difficilement. Peut-être en voulais-je ainsi - peu surprenant de ma part - mais ma tignasse avait caché mon visage, ses traits les plus inhibés du moins. Je les tassai d'un mouvement de tête et dévoilai mon pâle et gentil minois.

Connhelly, artiste maître ébéniste de profession.








© BoogyLou





 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

©BOOGYLOU.  

 



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MessageSujet: Re: Remember The Time Ven 6 Sep - 7:31





Alors que Felix était toujours en train de réprimander McCole, il aperçut du coin de l'œil un homme s'approcher d'eux. L'horloger n'y fit pas attention et se contentait de fusiller son ébéniste du regard jusqu'à ce que l'étranger commence à commenter leur dispute. Felix se retourna vers l'inconnu, avec une forte envie de lui dire de se mêler de ses affaires, mais il se contenta de le regarder d'un œil froid et impassible. Il le dévisagea alors pendant une poignée de secondes. Le nouveau venu devait avoir à peu près son âge et était légèrement plus grand que lui et plus robuste aussi. L'horloger reporta son attention sur l'autre petit rondouillard mais avant qu'il n'ait pu ajouter un mot, l'inconnu tenta de deviner la profession de Felix. Ce dernier se retint un soupire ainsi qu'un commentaire désobligeant envers l'homme. Il se dit que la meilleure méthode à adopter était encore de l'ignorer. La plus polie aussi, selon lui. Alors, nerveusement, il donna trois petits coups de dents dans la peau morte autour de l'ongle de son index droit, empêchant ainsi sa bouche de sortir une phrase inutile. Son ébéniste l'énervait déjà suffisamment pour qu'un autre imbécile vienne lui titiller son sang-froid.

C'est alors qu'il vit la main que lui tendait l'inconnu. Felix hésita à lui serrer et attendit que le nouveau venu parle. Ce qu'il fit. Il se présenta sous le nom de Connhelly, et ébéniste de profession. L'horloger leva les yeux vers l'homme, soudainement intéressé. Il avait déjà entendu parler de Morgan Connhelly, un excellent dans son métier, comme le vanter si bien les rivaux de Felix. Ce dernier tourna les yeux vers McCole qui avait regardé la scène sans broncher, ne sachant quelle décision prendre. Il pouvait rejoindre Connhelly et laisser McCole tomber ou alors garder l'ancien ébéniste, pour rester fidèle à leurs nombreuses années de collaboration... Puis ses yeux se posèrent une fois de plus sur les malheureux troncs de chênes à trois mètres de lui. Il prit alors sa décision, celle qui lui semblait la plus sage. Il se tourna vers Connhelly et lui serra chaleureusement la main.

-Adler, horloger.

Puis, son regard se posa sur McCole dont les sourcils étaient relevés, faisant des plis sur son front lisse et chauve, la bouche s'ouvrait légèrement, créant ainsi une expression de profonde indignation et de déception. Felix se rapprocha de son ancien collaborateur et, avec une expression froide, le regarda droit dans les yeux.

-Vous comprendrez, John, que je dois me passer de vos services. Je ne peux me permettre de décevoir un client de la plus haute noblesse anglaise. Donc, adieu, McCole. Ce fut un enfer que de travailler avec vous.

L'horloger se tourna une fois de plus vers Connhelly qui avait été témoin de la scène. Cependant, Felix garda un œil sur McCole. Il n'était pas à l'abri d'une soudaine et violente représaille de l'ébéniste qu'il connaissait comme étant impatient et rapidement susceptible. Il ne savait pas se battre, mais anticiper le coup de l'adversaire était un coup d'avance sur l'opposant non négligeable. Il l'aperçut néanmoins serrer les poings mais il ne bougea pas. Tant mieux.

-Dites-moi, Mr Connhelly, travaillez-vous l'ébène ?

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MessageSujet: Re: Remember The Time Mar 10 Sep - 1:46


Felix J. Adler & Morgan T. Connhelly


Remember the Time

«Please... Help me.. If that is okay with you..?»


Je sentis un frisson de gêne me parcourir. Je vis la réticence dans son corps, dans ses yeux de braise et ses traits grisés. Ma présence n'était pas d'un accueil mémorable. Ni d'une chaleur aux abords de la politesse. Je le dérangeait. Et ce n'était qu'en levant mon regard timide sur sa mine indécise, qu'en m'adressant de mon anglais soie à sa personne, que je remarquai toute cette équivoque. Coincé entre le vendeur que j'étais à lui porter les fruits de ma fine tendresse et son total désintérêt à ma tête d'agneau. Et lorsque je terminai ma typique phrase d'habitude, l'homme changea.

Il devint plus attentif, je crus, à Connhelly l'ébéniste, et non le dérageant de surcroît. Peut-être me connaissait-il - probable, sans doute, d'une hypothèse non fondée puisque je n'avais aucune idée de sa profession. Il tourna son attention sur mon compétiteur. Je crus fondre de honte s'il s'agrippa à cet autre rival plutôt qu'à moi l'impertinent qui était venu dans leur conversation. Ma main flottait toujours dans le vide, je baissai le regard pour camoufler un mal aise et ses rougeurs derrière mes cheveux. Par chance qu'il empoigna ma main à cet instant, sinon je crois que j'aurais sans peine tourné talons et dis mes adieux et mes excuses à ce client. Mon audace précaire se voyait de service, heureusement. Je serrai sa poigne et lui souris gentiment. Il se présenta.

Un nom que je n'avais jamais entendu. Qui donna sérieux et léger à la fois. Dont un horloger se vêt. De l'ébène pour une horloge... Le charme du meuble apaisa mes craintes et aviva ma soif. Mais rien que je n'eus le temps de prononcer que McCole reçus encore de ses foudres empoisonnées, celles de ce Adler. Je baissai le menton à nouveau en envoyant le plus sincère et timoré des globes à ce pauvre qui n'avait tout simplement pas la bonne marchandise, et donc plus la panse de cet acheteur. John se fit piteux à voir, je fis la moue. Il me regarda, je tentai d'étirer mes lèvres mais une insulte juron glissa entre les siennes pour venir effleurer mon ouïe. Cet ébéniste serra les points, me hainait et me rageait. J'étais désolé, très franchement. J'aurais aimé lui dire, au malheur de passer pour un minable. Mais Adler me fit face et me parla.

Me demanda si je travaillait l'ébène. Je lui souris d'abord, des plus belles façons. C'est un bois capricieux, d'une forêt divine. Les détails les plus fins y sont des plus complexes à produire mais des meilleurs résultats. On me disait patte d'or dans ce domaine; une chaise ornementée d'ébène et de satin m'eut valu bien des complaisances, des contrats et des flatteries. Mais je ne m'évertuais pas à me vanter. Drôle de position pour un vendeur, mais je n'étais pas de ces adulations - d'autant plus que McCole bouillait de rage non loin. Je haussai une épaule et grattai ma joue où se dessine un sourire peloté en coin.

L'ébène... Un magnifique résultat pour une horloge. Je me débrouille b-

Tu fermes ta gueule, Morgan! C'est moi qui devrait avoir ce client! Tu t'es encore mêlé de ce qui ne te regardais pas et maintenant tu me mets dans la merde!

McCole qui éclatait. Qui s'avançait vers moi en me pointant d'un air sauvage. Toutes griffes dehors, montrant les crocs. Je poussai une exclamation de surprise et de terreur à la fois et reculai de quelques pas. Ce n'était pas la première fois qu'il me faisait menace ou injure de violence. Il me savait bonne victime, j'avais du mal à me défendre. Il me détestait, je ne pouvais pas l'aimer, simplement éprouver compassion pour cet ingrat. Je vis son ombre m'engloutir et je tremblai. Je vacillai et trébuchai. Mon air épeuré se prit de surprise et je tombai sur le sol sans trop de dommage. Ma redingote goûta la poussière, je levai une manche au niveau de mon visage pour protéger un quelconque coup qu'il pourrait m'asséner. Réflexe stupide, peut-être, mais mon cœur battait la chamade à m'en donner le tournis. Il continua à cracher une colère sur moi.

De sa grandeur qui était à se moquer tant elle est absente, mais qui se faisait imposante depuis ma position étalé sur le sol. Mon dos criait le douleur du coup, s'apaisait au rythme de mon pouls. Je n'osais relever mon visage inquiet. Je savais qu'il ne me ferait pas de mal - j'espérais, du moins - mais je connaissais son tempérament impulsif et ravageur ainsi que sa réputation qui le précédait. Je redoutais donc une claque en côtes. Je ne savais que faire, dans cette situation, ou un courage serait de mise. Mais il s'agissait bien là d'un trait que je n'avais pas et n'aurai jamais, je le crains...







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MessageSujet: Re: Remember The Time Jeu 19 Sep - 23:07




Comme Felix s'y était attendu, McCole ne garda pas son sang-froid et s'en prit à Connhelly, au point d'en devenir extrêmement vulgaire. De plus, les propos qu'il cracha à la figure de son jeune rival manquait cruellement de sens : il l'accusait de lui avoir volé l'horloger, qui regardait la scène en haussant les sourcils, et de l'avoir mis dans le pétrin. Pour Felix, tout cela sonnait complètement faux, puisque McCole, à force de vendre de la camelote à ses clients, finissait par les perdre. Il s'entraînait donc lui-même dans sa propre chute et déchéance. L'horloger estimait donc avoir eu raison de lâcher cet ébéniste Écossais pour Connhelly dont il avait eu de bons échos. Cependant, il restait un point où McCole avait encore l'ascendant sur son rival : le physique. Bien que plus petit par la taille, il était néanmoins plus robuste que le jeune ébéniste. Il rappelait à Felix cette race de chiens, courts sur pattes, mais d'une ténacité infaillible. Une fois qu'il mord, il ne lâche plus. Connhelly trébucha alors sur quelque chose, en voulant reculer pour éviter le courroux de McCole. Il prit naturellement une position de défense, anticipant les potentiels coups de l'autre ébéniste. Felix, quant à lui, se sentit prêter main forte à son nouveau collaborateur et se décida à dire clairement le fond de sa pensée à l'Écossais. C'est pourquoi il posa une main sur son épaule avant de lui dire :

- Tu sais, John, Mr Connhelly n'y est pour rien pour ce...

Il n'eut pas le temps d'achever sa phrase. Sous le coup de poing de McCole, Felix fit un tiers de tour sur lui-même. Il sentit une vive douleur sur sa pommette gauche. Une douleur qui devient presque instantanément insupportable. Il tenta de se rattraper à la charrette sur sa gauche mais la manqua et trébucha lentement par terre, avant de tituber encore un peu, à moitié à quatre pattes. C'était une chute des plus pitoyables, mais la douleur sur sa joue et ses oreilles qui sifflaient ne permettaient pas à Felix d'avoir toutes ses capacités motrices. D'ailleurs, pendant quelques secondes, il lui avait semblé que sa tête avait été vidée de toutes informations datant de plus de dix secondes. Il était à moitié sonné. Portant sa main droite sur sa pommette blessée pour tenter d'atténuer la douleur, il sentit un liquide chaud venant lui chatouiller la paume. D'ailleurs, en posant ses doigts sur la blessure, celle-ci se mit à lui piquer soudainement. Cependant, ses esprits lui revinrent au fur et à mesure tandis que ses oreilles arrêtaient de lui souffler dans le crâne. En tournant la tête pour apercevoir McCole, les yeux de Felix s'attardèrent sur sa main et reconnurent l'éclat argenté d'une chevalière sur son majeur. Un goût métallique lui chatouilla alors la langue. Le coup avait été tellement violent qu'il avait même entaillé la gencive de l'horloger. Il se releva alors péniblement, ce qui sembla déranger McCole :

- Tu n'as pas intérêt de bouger, Felix ! Sinon, je te fous un autre marron dans la tronche dont tu ne te relèveras pas si facilement !

L'horloger chercha alors Connhelly du regard. Même s'ils étaient deux contre un, ils n'avaient probablement pas la force physique suffisante pour terrasser leur adversaire. De plus, Felix était tout sauf épais et les bagarres, il s'était toujours arrangé pour les éviter. Il était clair qu'avec son gabarit, s'attaquer à McCole (qui avait reporté son attention sur l'autre ébéniste) serait purement suicidaire. Il chercha alors des policiers du regard mais bien évidemment, il n'y en avait aucun. C'est alors que son regard se posa sur le contenu de la charrette sur laquelle il se maintenait en équilibre. Il y avait bien les quelques vieux morceaux de bois qui traînaient là, mais il hésitait. Il fut alors pris d'une montée d'adrénaline et s'empara d'un bout de chêne. Cependant, McCole anticipa le coup foireux de Felix et se retourna avant que ce dernier n'ait pu le frapper. L'ébéniste lui saisit le bras et lui enfonça son poing dans le bas-ventre. L'horloger s'accrocha du mieux qu'il put à la charrette, le souffle court. Il espérait juste que Connhelly allait pouvoir calmer McCole, surtout que celui-ci se tournait vers le jeune ébéniste, car pour l'instant, tout cela semblait bien mal engagé.

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MessageSujet: Re: Remember The Time Jeu 3 Oct - 18:16


Felix J. Adler & Morgan T. Connhelly


Remember the Time

«Oh! desesperated hour! May god be with us.»


Et sur le sol je me faisais piètre. Un orage ébéniste antilogie s'empara de ma peur et de mon client. Sur le sol, je cherchais désespérément un soutient visuelle pour que ma tête cesse ses tournis, causés par une tempe qui hurlait frénétiquement l'effroi. L'ombre de McCole s'était abattue sur moi, sinistre et oppressante. J'eus cru un moment que son glaive de hargne allait me fendre, que je serais sa victime et ses crimes. Mais que des menaces du poing, aucun geste, les paroles épineuses et acerbes. Le vendeur inapprécié avait la flamme au regard et la violence au bord des lèvres. Une excuse, un coup.

Sur Felix, qui ne put rien faire. Étalé sur ma redingote et un lit de poussière, je regardais la scène et mon visage se tordit de l'effroi. Jamais je n'eus vu auparavant mon compétiteur dans une telle folie colérique, il en était à hérisser ma crinière. Et je remarquai l'autre jeune homme recevoir la gifle à en être poussé. Des cris de surprise et de frayeur furent brisés dans le chaos de mes ouïes, ils venaient de la foule qui s'empressait de se frayer un chemin dans l’ignorance et la protection, loin du combat. Faire quelque chose. Moi qui n'ai jamais lever une main même sur le chien m'ayant mordu. Je tremblais. Me redressai en basculant mon corps sur le côté. J'avais mal au dos, je toussotai. C'était difficilement que je repris mes jambes pour, debout, faire un timide de moi devant l'agresseur. Ma tête tournait. Un autre coup.

Cette fois de Felix. Il essayait d’assommer McCole d'une planche de bois, celui-ci anticipa l'odieux et agrippa fermement le bras de mon client, le frappa - je ne pus dire où, je baissai mon visage crispé de froussard pour ne pas voir mon compagnon souffrir. Ses tortures et ses souffrances me firent claques en crâne. Je dus arrêter tout cela, mettre fin à cette violence inutile. Ce pêché qui grugeait McCole jusqu'à la folie. Trouver un gens d'armes et lui quêter un soutien. Je me retournai, grelottais comme si le gel s'était infiltrer dans ma moelle osseuse. Mais des sueurs froides coulaient sur mon front. Dans la foule, je ne discernais aucune autorité. Je pris marche rapide vers le Palais de Justice qui se trouvait à deux coin de rue de notre emplacement. Ma main soutenait mes reins qui s'élançaient dans la douleur - le choc de mon dos sur le sol me vaudrait une esquinte, toujours j'eus été très faible. J'en boitais légèrement. Je doublai la cadence dans une grimace de souffrance. J'accourais.

Hey! Tu crois aller où comme ça, vaut-rien!

On me pris par le col, j'écarquillai les yeux et sursautai. Je fus traîné comme une guenille et plaqué contre un mur. À deux pouces de mon visage, les crocs de notre ennemi qui rugissaient, prêts à mordre. Je gémis de peur. À mon col, deux poigne ferme qui me clouaient sur place. À mon visage, toute l'angoisse du monde. À mes tripes, un sentiment qui me tenait paralysé.

Alors tu me voles un client et tu crois te défiler comme ça, hein?

Je su-suis vraiment... Dé-désolé... Je ne v-voulais pas j-

Je bégayais, comme à chaque fois que le stress empoignait mes intestins.

Ça t'amuse de voler mes clients ainsi, Connhelly? Ça t'amuse?!

N-n-non non j-je v-v-

C'est la dernière fois que tu me voles un client, t'entends?!

Si vite. Trop vite. Je ne sus que faire, j'étais pris au piège. Le mur derrière moi se cala dans mes omoplates tant McCole m'y pressait rageusement. J'allais défaillir, je ne pus pas supporter. C'est dans un élan sporadique et sorti de je ne sais où que je poussai l'homme de mon talon en prenant appui contre la pierre derrière moi. L'effort était tel que je lançai un cri. L'autre ébéniste pianota ses pieds dans une trébuche maladroite. Je le vis tituber. Son pied s'accrocha à la latte de bois laissée par terre, ancienne arme de fortune de Felix, et son lourd corps fut balancé vers l'arrière. Un coup, encore.

Son crâne chauve sur la charrette. Il s'affala sur le sol, lourdement, fit le mort. Mon aorte manqua un battement, puis un autre, un troisième et se saignai dans l’effarement. Qu'avais-je fait, mon Dieu? Qu'avais-je fait?! Je restai plaqué contre le mur, n'osai bouger. Mon regard embué vacilla et je sentis que j'allais défaillir. Mais je restai debout à fondre sur place de terreur, et gardai sur l'ébéniste mal en point toute mon attention et mes supplications. Que je ne l'avais pas tué, je priais notre Seigneur.

Et mon regard dériva sur Felix. Je lui fis comprendre ma détresse d'un mutisme et une gorgée bruyante de ma salive qui me manquait. J'tais incapable de bouger, mais j'irais sans hésiter à son aide, le pauvre... Comment se portat-il?








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MessageSujet: Re: Remember The Time Ven 15 Nov - 19:45





Felix tentait de retrouver son souffle avec difficulté. Toujours plié en deux sous la douleur, il releva la tête, voulant savoir ce qu'allait faire McCole pour aller éventuellement chercher du secours pour Connhelly. Comme il s'y était attendu le chauve se saisit du jeune ébéniste et le plaqua contre le mur, le crachant des insultes au visage. Se tenant toujours les côtes, l'horloger s'éloigna de la charrette en titubant légèrement, cherchant quelqu'un à prévenir du regard. Cependant, avant qu'il n'est pu se mettre en quête de renforts, il vit du coin de l'œil McCole basculer en arrière. Le temps qu'il se soit retourné pour mieux voir la scène, l'ébéniste s'était déjà écrasé sur la charrette avant de tomber lourdement sur le sol. Il ne se releva pas. Connhelly ne bougeait pas. Felix, lui, était bouche-bée parce qu'il venait de se passer. Il sentit un stress lui serrer les entrailles. Il n'osait pas bouger, de peur que l'ébéniste chauve ne se relève. Il lança un regard à son allié qui semblait aussi pétrifié que lui. Personne ne paraissait vouloir bouger. Il ne sut combien de temps ils restèrent là, sans bouger. Comprenant que McCole était parfaitement inconscient, Felix se risqua à approcher de lui. Un filet de sang s'écoulait de son crâne chauve et lui tombait dans le dos. L'horloger n'avait aucune compétence médicale cependant, il avança prudemment sa main de l'ébéniste inconscient avec une grimace de dégoût. Il lui prit le poignet et chercha son pouls. Sa mine se décomposa. Rien. Il chercha alors au niveau de la carotide. Rien non plus. Il se releva brusquement et regarda Connhelly avec un air probablement choqué. Si cela se trouve, il était juste assommé, les compétences quasi-inexistantes en médecine de Felix étaient probablement à l'origine d'un mauvais diagnostic...

-Que faisons-nous ?

Sa voix était faible, brisée par l'angoisse. S'il était m... Non. Impossible. Un homme bâti comme lui ne pouvait s'être fait tuer par un vulgaire coup sur la tête ! Même si McCole venait de les menacer et les frapper, Felix ne souhaitait absolument pas son décès. Ce serait trop affreux dans des conditions pareilles ! De plus, Morgan était celui qui l'avait poussé. Si cela se savait, il allait sûrement avoir de gros ennuis... Il espérait presque que McCole se mette en tousser et à ouvrir les yeux pour les menacer de nouveau. Il restait donc là, les bras balants, le regard figé sur la sur la petite flaque de sang qui se formait sur le sol, à l'arrière du crâne de l'ébéniste. Felix ne savait absolument pas quoi faire. Il n'arrivait pas à croire qu'il soit mort... Il fallait qu'il vérifie une seconde fois. Il s'agenouilla donc une fois de plus près du corps inanimé. Il reprit alors le pouls par le poignet, la carotide, puis sur la poitrine cette fois-ci. Toujours rien... Il essaya ensuite de sentir le souffle qui pouvait encore éventuellement s'échapper de McCole. Il plaça ses doigts sous les narines de l'ébéniste. Il lui sembla alors sentir quelque chose. Une légère fraicheur qui venait caresser sa peau. Il attendit quelques secondes et ce petit souffle se reproduit à un intervalle de temps régulier. Il était vivant. Felix se releva brusquement et lança à Morgan avec un ton entre le soulagement et la précipitation :

- Il faut l'emmener à l'hôpital !

L'horloger, content de ne pas être mêlé à une affaire d'homicide aussi involontaire soit-il, ne pensa pas à l'éventuel réaction de McCole quand il se réveillera. Il espérait juste que cette mauvaise aventure lui ferait comprendre qu'il valait mieux laisser ses clients et ses concurrents tranquilles. Peut-être devrait-il changer de métier aussi ? S'il devait mettre la vie des autres et la sienne en danger, autant s'inscrire dans l'armée de la Reine... Quoiqu'il en soit, Felix attendit l'accord de Morgan pour secourir McCole. Après tout, il comprenait que celui-ci ne souhaitrait pas lui venir en aide. L'idée malsaine de jeter l'ébéniste inconscient dans la Tamise lui traversa l'esprit. C'est affaire courante ces temps-ci. Mais il est vrai qu'il n'était guère emballé par ce plan funeste.

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MessageSujet: Re: Remember The Time Ven 22 Nov - 1:55


Felix J. Adler & Morgan T. Connhelly


Remember the Time

«No. No we are not murderers!»


C'était un mal aise. Perçant et horrible. Qui coula dans mes veines pendant je ne sais combien d'heures, combien de siècles. Comme si une trappe m'ouvrait la chute libre et que j'y plongeait en lenteur extrême; chacun de mes mouvements et leur membre semblait léviter et se ramollir. Je ne prenais conscience de la situation. Je ne voulais prendre conscience de la situation. Je fixais Adler qui se noyait de silence lui aussi. Je tremblais. Transpirais. Onctueuse angoisse qui m'enduisait à la fondue. Mon palpitant me faisais trépigner d'un souffle grafigné, et le cœur au bord des lèvres comptait les secondes sans m'en faire part. Il souhaitait avec tant de force que McCole se redresse bientôt. Mccole resta couché. Immobile. Sans vie. Je frémis.

Depuis la corde de mon âme. Je posai un gémissement dans l'air qui était en fait tout un poids qui m'écrasait à cette instant scrupuleux. Qui broyait mes poumons à l'âcre torsion. Je craignais le pire. Et je ne pouvais que m'accrocher au regard de mon compagnon qui tenait difficilement son pâle être à l'aide d'un appui, charrette branlante et provisoirement canne. Et je priais. Seigneur que je ne savais faire autrement à cette minute trop longue. Bon Dieu, qu'Il pardonne ma violence. Qu'Il ne me fasse pas tueur! Je n'étais pas un tueur, non! Pas un meurtrier! Le pire des traits qu'un homme puisse porter. Et alors que je craignais ainsi, Adler s'approcha du blessé, courage premier lui prit, et tâta son pouls. Je m'approchai de quelques pas, les yeux écarquillés et tout le corps tremblant comme la fièvre. Un verdict.

D'un regard concret, porteur de mille paroles. Celui de l'horloger. Une grêle dans ma gorge: je poussai un faible cri qui rafla mon larynx au passage. À peine audible, qui aurait fait jaillir le vomit. Le blessé était un cadavre. Non... Non! Je ne pouvais être meurtrier! Je n'avais pas ces mains!

Il-il-il-il est-est-est... Il est-est... je ne pus poser ma question jusqu'à son point d'interrogation. Ni même son essence.

Ce fut tellement poreux et difficile de voix qu'il n'entendit probablement pas. Et il demanda que faire. De la même contenance que moi. De la même terreur blême. Éboulement dans tout mes songes et mes os: tueur, criminel, assassin... Derrière les barreaux, à laisser mes amours seules; ma Elizabeth, ma Rose, surtout... Sans le sous et sans l'aide, avec comme dernier soupir un homme trahi par le pêché. Un meurtrier. Je passai une main dans mes cheveux. Que faire?! Mon visage se déforma dans les pleure que je retint de cette même paume glissante sur ma bouche. Que faire..? J'étais perdu. Tout comme mon client qui fixai le vide. Non le sang. Que faire... Je n'en avais pas la moindre idée! Adler tâta le pouls encore, soubresaut d'espoir qui lui fit battre un battement de temps... Et le miracle.

Mon compagnon plaida le docteur. Je bondis presque sur mes pieds et me penchai sur McCole, de dégoût devant tant d'hémoglobine. Réflexe peut-être stupide, mais je plaquai mon oreille au torse du supposé défunt. Silence de mort. Je relevai ma face dévoré d'inquiétude, sourcils plissés comme toute souffrance et moustache grimaçant de réplétion agitée. Je jetai un coup d’œil par dessus mon épaule, sans subtilité que j'essayais de conserver; quelques passants flânaient et regardaient la scène avec dédain et surprise. L'inverse aurait été surprenant. Je retournai mon attention sur Adler.

Tu crois qu'il est v-v-vivant?! je murmurai abruptement. Ma bouche tremblait: je ne p-p-peux me permettre la p-p-pénitence! J-j-j'ai une famille...

Au bord des larmes. En espérant qu'il comprendrait qu'un McCole vivant serait toutes mes forces pour le maintenir en vie. Un McCole mort serait une cachotterie à tenir en secret pour toujours et après. J'y pensais, et je me demandais comment de mon existence je pourrais vivre avec la mort d'un homme sur les épaules. Et plus je me morfondais ainsi, moins j'étais convaincu de la vitalité de l'autre ébéniste. Toutefois, une partie de moi désirait tant de telle que je me relevai et agitai les bras pour qu'on me remarque. Comme ça, d'un bond fulgurant et alarmé. Toute panique s'emparant de ma cervelle.

Au secours! Nous avons un blessé! Un docteur - pitié! Nous avons besoin d'un docteur!

Dans la foule ingrate qui continuait son chemin.










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MessageSujet: Re: Remember The Time Dim 29 Déc - 10:22





Ses sombres idées de lancer le cadavre dans le fleuve furent chassées par la visible panique de Connhelly. Felix avait été idiot de penser à un plan pareil pour se débarrasser de toutes traces. Mais que devaient-ils faire alors ? Ils étaient là, gesticulant pour tenter d'attirer l'attention d'un passant. Mais l'évident se produit : les personnes qui daignaient de jeter ne serait-ce qu'un seul regard détournaient le regard rapidement, ne voulant pas être mêlé à une quelconque affaire morbide. Il n'y avait qu'à voir l'état de l'horloger et des ébénistes pour comprendre qu'ils s'étaient battus et que cela avait mal fini... Felix soupira et chercha désespérément quoi faire autour de lui. Appeler les secours, oui, c'était la seule solution qui se présentait à eux pour pouvoir espérer maintenir McCole en vie. D'ailleurs, comment se portait-il, celui-là ? Oh... Il ne semblait pas être à son meilleur jour, c'était évident. Est-ce qu'il était conscient au moins ? Felix tenta de l'appeler, pas de réponse. Non, tout ce que faisait l'ébéniste inconscient et de respirer. Il ne bougeait pas. Un homme de cette carrure n'allait quand même pas se faire avoir par une simple mauvaise chute ! C'était impossible... Et puis... Tout les problèmes que cela engendrerait... Car l'horloger n'allait pas le cacher, se retrouver en prison pour homicide ou même en tant que complice ne le tenter pas tant que cela. Il s'imaginait que c'était exactement la même chose pour Connhelly. Surtout qu'il y avait des témoins... Ah oui, ceux-là... Mais ils étaient sûrement loin maintenant. Trop loin pour dire que le jeune ébéniste n'avait fait que se défendre face aux assauts agressives de son semblable et concurrent. Tout ce que les policiers retiendront, c'était le fait qu'ils avaient un macchabée sur les bras ainsi que deux malheureux et malchanceux meurtriers.

Felix se rapprocha du corps et tenta de nouveau d'appeler McCole. Toujours pas de réponse. Alors il l'appela encore mais il n'obtint toujours pas la moindre réaction de l'ébéniste. Il entreprit alors de lui tapoter les joues, espérant le réveiller. L'horloger n'avait pas une connaissance médicale, ce n'était pas son métier après tout, c'est pourquoi il n'avait absolument aucune idée de si ce qu'il faisait était utile ou bien au contraire. Quoiqu'il en soit, il n'y avait aucune réaction de la part du blessé et Felix se releva brutalement, se mettant à faire les cent-pas nerveusement. Appeler les secours étaient la seule chose à faire pour le sauver mais lui et Connhelly risqueraient d'avoir des ennuis par la suite. Que devait-il faire ? Il se prit le visage dans les mains, tentant de se calmer et de rester lucide. Rester lucide... S'il prévenait les secours pour essayer de le sauver, peut-être que les forces de l'ordre concluront que ce n'était juste qu'un pur et malheureux accident ? Qui lui disait que McCole allait mourir de toute façon ? S'il parvenait à être sauvé, la justice n'allait sûrement pas embêter deux braves citoyens sans histoires comme le jeune ébéniste et l'horloger... Il inspira profondément. Oui, il fallait chercher du secours, il n'y avait plus une minute à perdre. Il avait beau interrompre la marche des passants, mais on ne voulait décidément pas les aider. C'est alors qu'il aperçut deux policiers au loin. Il hésita légèrement avant d'aller à leur rencontre avant d'y aller quand même. C'était la vie d'un homme qui était en jeu. Une fois face à eux, il leur supplia d'aller chercher de l'aide. Ils furent compréhensifs et ne posèrent pas de questions... pour l'instant. Felix revint alors auprès de Connhelly et de McCole.

- Les policiers sont partis chercher les secours.

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MessageSujet: Re: Remember The Time Sam 4 Jan - 5:18


Felix J. Adler & Morgan T. Connhelly


Remember the Time

«No. No we are not murderers!»


Je regardais McCole ne réagir en rien. Aux appels de Felix. Je n’osais en formuler. J’avais trop peur qu’il n’y ait qu’un silence en réponse. Comme l’horloger s’en appauvrissait. Celui-ci avait maintenant le visage entre les mains. Il gémissait de désespoir, je crus entendre ou imaginai. Et moi, je ne trouvai rien de mieux à faire que de poser une main sur ma hanche, l’autre sur le front. Je poussai une plainte lassive. Plaintive. Je vis les policiers.

Et je n’osai bouger. Mon compagnon, lui, alla les trouver après hésitation douloureuse. Et je devins blême à le voir accourir. Est-ce qu’il nous mettait les menottes aux poignes à chercher cette aide? Je hurlai en mon fort intérieur que non. Je ne voulais me retrouver derrière les barreaux. Pas avec ma femme et ma tendre enfant, mes amours… Je ne pouvais les laisser! D’un autre côté, retirer la vie d’un homme pour ma propre liberté et le confort de sa famille était une immondice ignoble et égoïste qui me retroussait le poil de bras. Je me redressai, écarquillai les yeux, me tins bien droit, aussi immobile que l’agresseur victime à mes pieds. Les policiers agirent. Je baissai le regard. Felix revint.

Jamais je n’osais quêter, piteux, l’aide d’autrui. À ce Felix, j’eus pourtant fait exception cette fois-ci. Eus-je réclamé l’aiguillon? Non. L’appui. Je n’étais pas seul de cette scène, et peu importe comment elle se terminerait, un cadavre entre les bras ou une civière de justesse, l’horloger devrait m’épauler. Car de tous les émois que j’eus pu vivre, il n’y avait que de misère possible avec une telle histoire sur la conscience. Peut-être, au final, je savais déjà qu’il était trop tard pour l’ennemi ébéniste. Ô mais combien je priais jusqu’au creux de mon foi en compote qu’il fasse acte du dernier espoir et qu’il ne perde souffle sur notre compte! Il me parla.

Me dit que les policiers étaient partis chercher du secours. Soulagé, étais-je? Sans doute. Mais de toutes les réactions que je pus avoir eut, à cet instant il n’eut qu’un regard de supplice que je poussai à mon compagnon. Et je lui priai, de tout mon être, allant même à poser un bras sur son épaule :

Pitié, mon brave… Ne me laissez pas seul dans cet épreuve, et pour toujours je vous serai fidèle…

Et mon regard qui s’accrochait à celui de l’horloger dériva sur l’horizon et ses gens d’armes aux chapeaux imposants qui s’approchaient au trot. Et je savais dès lors que le verdict était posé, même si quiconque ne pouvait le deviner. On nous tassa, nous dûmes nous écarter. Il eut un brouhaha discret et passager. Sur un lit de politesse toujours bien charmant. Cette journée-ci, sous les soins d’un docteur, d’une sévère commotion s’en suivant d’une hémorragie encéphalique interne… McCole rendit l’âme.

Nous fûmes interrogés, je tremblais de tout mon être. Je craignais l’emprisonnement, la pendaison et, encore pire, de ne plus revoir ma famille. Mais l’entendement nous porta miracle : nous ne fûmes sanctionné. L’homicide involontaire fut jugé en fâcheux incident causé par nul autre que le défunt lui-même. Et au final, ce ne furent des adieux que je donnai à Felix. Qu’un simple au revoir.

HRP:
 








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