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Take That Bloody Pill And Make It Quick. [PV Doc.]

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admin cardiaque et trop gentil
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MessageSujet: Take That Bloody Pill And Make It Quick. [PV Doc.] Dim 19 Avr - 23:28


Take That Bloody Pill And Make It Quick.

David ouvrit doucement les yeux, adossé au mur de cette cellule dont il était prisonnier. Il avait entendu une voix familière l’appeler de son nom, le réveillant de cette sorte de sommeil forcé par les pilules qu’on l’avait forcé à ingérer. Il haïssait ces médicaments. Elles lui donnaient la nausée pendant au moins toute une journée, perturbant son sommeil et ses gestes, bien que déjà entravés par la camisole qu’il ne quittait pratiquement jamais. Il haïssait cette faiblesse qui l’envahissait, ce poids qui pesait sur ses épaules et sa tête et tout ceci parce qu’il était différent, impur, etc. Son père l’avait enfermé ici pour le remettre dans le « droit chemin » mais qui était-il pour décider de ce que devait faire son fils ? Il était maintenant à la merci de sa mère, qui n’avait eu aucun mal à se faire muter comme infirmière dans cette prison pour ceux que la société qualifiait de fous, d’insanes. Les pilules lui faisaient oublier bien des choses sur le court terme comme le nom des autres pensionnaires ou même des médecins, mais la raison pour laquelle il était ici, jamais. Et tous leurs médicaments ne le changeront pas. Ils détruiront peut-être son corps comme cette sensation de brûlure sur ses temps, mais son âme ne changera pas. Ils ne le changeront pas.

Il releva doucement la tête et vit un homme aux cheveux clairs et en blouse blanche. Son visage lui semblait familier et il n’eut aucune seconde de toute pour deviner que l’homme était un médecin de l’asile. Cependant, son visage paraissait… familier… Après tout, s’il était un docteur ici, c’en était plus que logique. Mais David aurait bien voulu avoir un nom à poser sur ce visage de plus d’une quarantaine d’années et sur cette voix car oui, il n’avait vu personne d’autres dans sa cellule qui aurait pu le réveiller. Il releva ses yeux cernés, malades et sombres pour d’abord regarder le médecin dans les siens avant de se tourner vers la porte de sa prison ouverte. La tentation de tenter une fuite était forte, mais qu’elles étaient ses chances de parvenir à sortir du bâtiment sans se faire attraper par les docteurs en bien meilleure forme physique que lui ? Après, on n’essayait pas de les castrer chimiquement tout en leur lavant le cerveau. Mais il n’avait rien d’autre à perdre après tout… Que pouvait-il lui arriver de pire ? Il pourrait devenir une coquille vide et ne plus rien ressentir… Et l’idée s’annonça plus que tentante. L’adolescent reporta son regard dans celui du docteur, le visage parfaitement inexpressif, presque méprisant. Il aurait voulu lui dire qu’il le haïssait, lui et ses collègues pour ce qu’ils lui infligeaient alors qu’il n’avait jamais fait de mal à personne. Il ouvrit donc péniblement sa bouche, écartant ses lèvres violettes et crevassées pour murmurer d’une voix rauque :

- Qu’est-ce que vous me voulez encore…?

Oui, il avait préféré être docile finalement. La violence des mots n’auraient pour l’instant servi à rien. Et puis, si le docteur le faisait sortir de sa cellule, sa chance de fuir en serait agrandie. Son visage se durcit légèrement mais le reste du corps resta parfaitement immobile, ses épaules le faisant souffrir affreusement à force d’être bloquées par cette satanée camisole qu’il haïssait plus que tout ici, dans ce cauchemar éveillé et perpétuel.

©BOOGYLOU.