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Agnus Dei. [PV Mr J. Williams.]

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MessageSujet: Agnus Dei. [PV Mr J. Williams.] Sam 4 Avr - 21:39


Agnus Dei.

David poussa une des grandes portes de l’église de Londres et traversa la nef déserte pour s’asseoir sur l’un des bancs, en face du chœur. Il regarda le Christ en face de lui et soupira doucement en baissant la tête. Il ne sut trop ce qu’il venait faire dans un endroit comme celui-ci, les plus fervents religieux le rejetant comme s’il n’était que l’abomination du Diable et le jeune homme ne comprenait toujours pas ce qu’il y avait de mal à préférer les hommes. Surtout quand on avait traversé ce qu’il avait vécu. Il repensa à ce qu’il lui était arrivé durant presque sa vie entière. Sa mère, l’asile, le décès de Jonathan et… maintenant cela. David se mordit la lèvre inférieure et baissa un peu plus la tête, offrant sa nuque au Christ sur sa croix. Que faisait-il donc dans un endroit pareil ? Où toutes les Saintes Ecritures le bannissaient d’être un impur, un hérétique par la faute de tous ses péchés. Et ils étaient assez nombreux… Homosexualité, inceste, conception d’un enfant illégitime et maintenant, homicides. Sûrement parmi les péchés les plus atroces qu’un homme ait pu commettre. Et il n’avait même pas 30 ans… Et il n’était même pas sûr d’atteindre les 30 ans. Tous les médecins s’accordaient à dire qu’il ne dépasserait pas les 28 ans. Et c’était ainsi qu’il passait les dernières années de sa courte et sombre vie ? En faillant à ses devoirs de médecin ? En ne laissant qu’une trace macabre et amère sur son passage ? Sa famille était détruite. Le fils prodige, le fils parfait aux de son père avait été brutalement assassiné. Et le voilà maintenant qu’il venait de perdre son épouse et ce qu’il pensait sûrement être une nouvelle fille… Un nouveau coup dur pour ce vieux John. Et quand il saura que c’était son cadet perverti, renié de la famille qui avait été le médecin chargé de l’accouchement de Carolyn…

Il se prit la tête dans les mains, cherchant désespérément une issue, une solution mais aussi une raison à tout ceci. Si Dieu existait, pourquoi lui faire endurer tant de malheurs pour le ramener à lui rapidement, sans qu’il n’ait le temps d’accomplir quoique ce soit ? Il avait cru que devenir médecin, sauver des vies lui permettrait d’avoir la sensation que son existence ne fut pas vaine sur cette Terre. Mais il n’était qu’un meurtrier, un assassin. L’enfant n’avait rien demandé. Et sa mère était morte dans une soif aveugle de vengeance pour son enfance volée. Mais après tout, il avait perdu son innocence à sept ans et c’était sûrement par la faute de ceci qu’il était l’homme instable et sanguinaire qu’il était aujourd’hui. Comment pouvait-on étouffer un nouveau-né en bonne santé tout en gardant un visage des plus impassibles, le tout en faisant passer cet injuste décès pour une fausse couche ? Qui était-il pour décider de la vie et de la mort de chacun ? Il releva la tête et regarda le Christ encore une fois, ses yeux humides remplis de questions. Se serait-il trompé de voie ? En sauvant des vies par la médecine, il se serait attiré le courroux de Dieu qui ne voulait que rappeler ses fidèles à lui ? Lui avait-il mis des bâtons dans les roues et était-il châtié pour cela ? Il… Il n’avait pas envie d’aller en Enfer, sa vie y ressemblant déjà beaucoup trop. Pouvait-il donc prier ? Pouvait-il prétendre avoir la pureté de prier ce Dieu qu’il n’avait que trop renié au fond de sa cave, au fond de sa cellule, regardant souvent le crucifix au mur de celle-ci d’un air rageur et méprisant, les bras prisonniers de sa camisole ? Qui était-il pour oser demander des réponses, le pardon ou même le salut ?

Il jeta alors un regard sur sa droite et aperçut le confessionnal en bois sombre contre le mur de la nef. Aucun prêtre ne semblait y être pour l’instant mais qu’importe, il l’attendrait. Toute la journée s’il le faut. Il se leva donc de son banc pour aller s’asseoir sur celui du confessionnal dont il ferma la porte. Il ne sut alors combien de temps il avait attendu qu’un prêtre vienne s’asseoir dans la cabine à côté mais il n’en avait que faire. Il savait qu’il allait être traité d’hérétique peu après avoir commencé mais n’en avait toujours que faire. Puis il entendit un homme s’installer enfin. Son cœur battait rapidement et ses mains tremblaient légèrement. Un peu précipitamment, il dit donc :

- Bénissez-moi, mon père, parce que j'ai péché.

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Dernière édition par David P. A. Williams le Lun 13 Avr - 14:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Agnus Dei. [PV Mr J. Williams.] Lun 13 Avr - 13:20


"Agnus Dei"



Des jours, des mois. Je n'ose plus rien compter. Schlak. Les heures se déroulent avec une précision telle une destinée où tout serait écrit. La destinée du Seigneur. Qui suis-je de toute façon pour m'y opposer. Si longtemps maintenant, et pourtant j'ai l'impression que tout a commencé hier. La traque. L'assassinat. La fuite. Mon coeur souffre d'avoir eu à tant mentir. Me flageller ne serait pas assez pour me défaire des péchés dont mon âme est souillé. Pourtant, c'est la dernière option qu'il me reste. Schlak. Je n'y croyais qu'à peine. Me voici pourtant dans cette vieille chapelle où je fuis le monde extérieur. Pourquoi ne me suis-je pas fait moine ? Après tout, ils ont une vie d'ermite perdu dans leur érudition. Mais je ne voulais pas perdre contact avec le monde, avec ses gens. Essayer d'aider les autres est ma raison de vivre, et je n'en veux aucune autre. Ici, dans la campagne proche de Londres, personne ne me connait. Je suis leur pasteur, je les confesse. En contre-partie, ils me font oublier ma vaine existence. Schlak. Il ne se passe pas un jour sans que je pense à eux. A Juliette, qui n'aura pas eu un seul souvenir de moi autre que mes prières, pas même un enfant. A David, que j'ai arraché des griffes de notre mère pour finalement l'abandonner.

Ici, dans la pièce privée au pasteur qu'offre cette petite chapelle, j'attends que quelqu'un vienne me demander en aide. Sauver une âme en peine est le seul bonheur qu'il me reste. Schlak. J'ai chaud. Ma peau picote comme si des milliers de vers voulaient entrer en moi. J'ai mal et j'ai honte. Si le Seigneur pouvait me pardonner...donnez-moi un signe, une illumination, quelque chose qui me ferait oublier toute cette culpabilité qui me ronge. J'aimerai ne plus avoir à revoir ce même cauchemar toutes les nuits. Un cauchemar qui n'en est pas un, car il s'agit d'un souvenir. Ce moment où l'on assiste à son propre enterrement. Que l'on voit toutes les larmes. Toute la tristesse des gens qui vous aiment. On aimerait hurler. On aimerait avouer. Se confesser. Mais rien ne vient. Juste l'âpre silence et le baillon que l'on tient en bouche, fermement, avec les dents. Schlak. Je lève les yeux vers le Saint-Père et son Fils en croix, avalant péniblement ma salive. Je suis au bord de l'évanouissement, mes jambes ont du mal à me tenir. Mes yeux sont suppliants envers l'Invisible. Je pose tout ce que je tiens entre mes mains. Lave mon corps. Mes oreilles finissent par se dresser, j'entends un son. La porte du confessionnal qui se referme. La chapelle est petite, on entend bien ce genre de bruit résonnant et sourd. Je reboutonne ma soutane en soupirant de soulagement. Une âme à moi. Une âme pour soigner la mienne. Je sors avec ce sourire qui me caractérise, entre dans le confessionnal. Une voix s'agite précipitamment. Mon sang ne fait qu'un tour. Je pourrai reconnaître cette sonorité entre mille...non...cela ne peut pas être lui. Pourquoi aurait-il choisi MA chapelle, lui qui ne se confesse jamais ? Ce n'était qu'une coincidence. Un hasard. Mais Dieu permet-il le hasard ? Je conservai néanmoins mon sourire.

Depuis combien de temps ne vous êtes vous pas confesser, mon fils ?



©BOOGYLOU.



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MessageSujet: Re: Agnus Dei. [PV Mr J. Williams.] Lun 13 Avr - 15:05


Agnus Dei.

Le pasteur ne mit pas beaucoup de temps à arriver dans le confessionnal. Il l’entendit s’installer et attendit que l’homme d’église lui donne la parole, les mains jointes nerveusement sur ses jambes. Et si le religieux prévenait la police qu’il avait un meurtrier dans sa chapelle ? Et si, il fuyait à son tour ? Et la voix du pasteur résonna dans le confessionnal. Si bien que David ne put lui répondre tout de suite. Cette voix… C’était celle de Jonathan, il en était sûr… Cela faisait quelques années qu’il ne l’avait pas entendu, mais il l’aurait reconnu entre toutes… Mais c’était purement impossible, son frère, son cher frère était mort. Sombrement mort et enterré dans un petit cimetière en bordure de Londres. Peut-être aurait-il voulu être inhumé en Écosse ? Peut-être aurait-il préféré vivre. Mais entendre cette voix lui fit monter les larmes aux yeux et brisa sa voix. De plus, il n’avait pas de réponses à sa question… La dernière fois… C’était sûrement à Jonathan, justement, à qui il s’était confessé la seule et unique fois. Parce que son père voulait l’entraîner… Mais son frère n’avait jamais eu besoin de se perfectionner… Il avait toujours été à l’écoute des autres, à l’écoute de Dieu… Son frère était… Son frère lui manquait affreusement. Il inspira donc profondément et parvint à articuler faiblement, sa voix toujours brisée :

- Peut-être dix ans…

David n’ajouta rien, commençant à se demander s’il allait oser annoncer ses péchés, ses fautes à un illustre inconnu qui pourrait lui dire que la vengeance était une faute grave, qu’on ne pouvait absoudre surtout quand il s’agit d’un matricide suivi d’un infanticide sur un nouveau-né parfaitement innocent. Lui avait-il rendu service au lieu en lui prenant la vie ? Aurait-elle pu grandir avec sa mère décédée et son grand-père pensant son paternel ? Oui, elle aurait pu mais lui non. Il avait assassiné un enfant dans un acte parfaitement égoïste. Il soupira tristement, quelques larmes coulant sur ses joues. Il aurait tellement voulu que sa vie soit différente. Il pourrait sacrifier le peu qu’il avait, son métier pas si durement gagné, en échange d’une toute autre enfance qui le hantait chaque nuit. De cette solitude dans laquelle il baignait depuis trop longtemps maintenant. Julien était mort. Jonathan était mort. Et il avait fini par tuer. Qu’avait-il donc à présent ? Son boulot et rien d’autre. Felix et Amy, aussi… Heureusement qu’ils étaient là d’ailleurs, les Adler… Il soupira une nouvelle fois, plus discrètement, tout en essayant d’essuyer ses larmes, attendant docilement la réponse de ce prêtre dont cette similitude dans le son de la voix avec celle de son frère semblait être un châtiment divin.

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MessageSujet: Re: Agnus Dei. [PV Mr J. Williams.] Jeu 7 Mai - 12:58


"Agnus Dei"



L'obscurité de ce confessionnal était tout au mérite de l'abandon et de l'explication. Il n'en fallait pas plus pour laisser aller le coeur de Jonathan à quelques soupirs tandis qu'il entendait la voix de son frère. Il savait que c'était lui. C'était bien David qui, derrière cette petite plaque de bois, faisait vibrer la teinte délicate de sa voix. Bien que son dos le faisait encore souffrir...de cette hargne avec laquelle il se punissait lui-même...il ne sut dire si la présence de son frère l'aidait à supporter la douleur ou la rendait bien plus puissante. Serrant les poings, il aurait aimer crier que c'était lui. Jonathan ! Qu'il n'était pas mort. Que son âme, au contraire, l'était depuis bien trop longtemps maintenant. Depuis l'instant où il avait vu son frère pleurer sur sa tombe. Il eut la sensation que des crochets lui aggrippaient le dos pour l'empêcher de se lever du confessionnal. Comme si ses membres étaient pétrifiés par la peur. Qu'est-ce que cela pouvait bien faire que son frère le sache ? L'information pourrait tourner dans la ville. Tout finit par se savoir. Juliette l'apprendrait. Elle le haïrait. Ne comprendrait pas. Qu'il avait fait ça pour la protéger des attaques de ce Downcry. Ce dernier même finirait par l'apprendre et le poursuivrait pour terminer sa tâche. Très certainement. Il était clair que Jonathan vivait, dans cette église de campagne, une paranoia permanente, accompagné d'un amour masochiste pour cette situation qui le plaçait au statut de martyr. Un martyr de la Bible. Un véritable saint parmis les hommes. A cet époque, Jonathan y croyait. Il croyait en sa sincèrité, et en la bonté de ses actes. Il croyait que faire le mal pour le bien n'était pas un péché mais une façon de faire avancer les choses. Pourquoi les lacérations alors ? Une complaisance. Faire passer la haine que l'on a de soi et la moindre pensée contraire par une douleur. Quel plaisir de sentir le fouet sur son dos et se dire que cette douleur nous sera récompenser. Que l'on se punit d'avoir été un Démon, et que cela nous offrira le livre des Anges. Mais trève de paroles. Jonathan ne réfléchissait pas, ce n'était pas un homme d'intelligence.

Quelles ont été vos péchés depuis cette dernière fois ?


Suivre la procédure. Ne pas montrer une seule preuve de ce coeur hurlant, de ce coeur qui avec force, cogner à coup de boum boum. Jonathan devait garder le silence. Il le devait pour son...ex-femme à présent. Serrant les mains tremblantes de sueur l'une contre l'autre, il attendit les paroles de son frère comme un énième coup de fouet. Comme une nappe de plomb sur la balance de sa culpabilité. Il avait peur. Si son frère avait décidé de se confesser, c'est qu'il ne devait vraiment pas être bien, lui qui était si...réfractaire à la religion en temps normal.


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MessageSujet: Re: Agnus Dei. [PV Mr J. Williams.] Sam 23 Mai - 10:50


Agnus Dei.

La voix du pasteur résonna à nouveau et elle sonna comme un supplice aux oreilles de David. Cette voix… Si proche de celle de son frère. Il aurait voulu se lever pour aller voir la tête du religieux à quelques centimètres de lui. Après tout, ils n’étaient séparés que par une fine plaque de bois facilement cassable. Il avait envie de briser ces codes sur l’anonymat ou il ne savait quoi d’autre encore. Il voulait et devait le voir. Mais il se ravisa. Il avait déjà suffisamment péché comme ceci, il n’allait pas non plus blasphémer dans une église. De plus, Jonathan était mort. Il n’y avait aucune chance que ce soit lui à côté. Oui. Jonathan était mort. Et il se devait tuer tout espoir du contraire avant que ça ne finisse par le ronger dans une utopique et vaine attente que son aîné ne vienne frapper à sa porte. Il resta donc silencieux pendant de longues secondes après la question de l’homme de Foi derrière la plaque de bois entre eux. Ce dernier devait bien se demander ce qu’il attendait pour répondre mais David était comme… absent, pendant quelques instants, repensant à ce qu’il allait dire pour ne pas trop paraître pour un monstre dans ce lieu de paix. Il n’avait déjà rien à faire ici de par ses préférences sexuelles, mais bon. Ce fut peut-être au bout de deux minutes qu’il daigna de prononcer d’un ton vide :

- J’ai tué. Et volontairement. Ma mère et notre enfant.

Il avait senti la nécessité de préciser qu’il avait eu une fille-sœur l’espace de quelques minutes comme si cela pouvait le justifier de son double-homicide. Comme si cela pouvait le pardonner, en quelques sortes, de cette relation incestueuse qu’il avait entretenue (et contre sa volonté) avec sa génitrice. Mais cela n’en faisait pas un saint ou un vengeur divin. Il n’avait pas eu le support du Seigneur pour accomplir ce qu’il avait fait. Il ne pourrait pas prétendre à la rédemption puisqu’il n’avait pas pu donner son pardon à sa mère. Et qui était-il pour donner un jugement à lui-même ? Et qu’en était-il de l’enfant ? Un innocent nouveau-né qui n’était en rien responsable des actes de ses parents. David ferma les yeux doucement et soupira. Il eut envie d’ajouter quelque chose mais rien, absolument rien, ne pourrait l’excuser. Il repensa alors à son père qu’il avait revu brièvement après la mort de son épouse en couche. Le pauvre homme était abattu. Il avait non seulement perdu son fils aîné, son préféré, celui qui faisait dignement honneur aux Williams mais aussi son épouse adorée, décédée par soi-disant une erreur médicale de la part de son hérétique de fils. Il le savait que son père le haïssait. Et il se doutait que sa sœur ne le porte pas dans son cœur non plus. Jonathan lui manquait atrocement. Et la voix de ce pasteur ne faisait que le lui rappelait. Il se mordit le poing, les larmes ayant recommencé à couler sur ses joues. Puis il pensa tout haut :

- Et le pire, c’est que je recommencerai si c’était à refaire.

Car non, il ne regrettait rien. Il était bien désolé pour sa famille mais il ne regrettait pas d’avoir retiré la vie à celle qui lui avait donné, certes mais aussi saccagé. Après tout ce qu’elle lui avait fait… Il n’aurait jamais pu lui pardonner… Il avait l’impression de ressentir encore ses mains sur lui. Il était souvent réveillé la nuit en entendant sa voix murmurer son nom à son oreille. Jamais il ne pourrait l’oublier et jamais il ne pourrait s’en remettre complètement. L’enfance est une étape particulière et décisive de la vie et quand il regarde derrière lui pour voir comment a été forgée la sienne… Il ne s’étonnait qu’à moitié qu’il soit devenu un monstre lui aussi. Peut-être était-ce dans le sang finalement… Il soupira. Son seul regret et qu’elle n’ait pas souffert au moment de paraître devant Dieu. Qu’elle n’ait pas pu avoir un aperçu de ce qu’elle lui avait infligé pendant près de dix ans.

Il soupira. Ses pensées étaient confuses et paniquées mais toujours remplies de haine et de peine. Il essuya rapidement ses larmes et dit dans un souffle :

- Que dois-je faire, mon Père ?

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MessageSujet: Re: Agnus Dei. [PV Mr J. Williams.] Sam 13 Juin - 23:18


AGNUS DEI


Réentendre la voix de son frère. De son frère adoré pendant des années. C'était à la fois si doux et si violent dans ses oreilles. Le bonheur de la réentendre. Savoir qu'il était toujours vivant, son petit frère. Mais savoir qu'il n'avait pas le droit de lui répondre en son propre nom...cela lui faisait tellement de mal. Son coeur tapait mortellement dans sa cage thoracique. Très très fort, mais toujours d'un rythme cadencé. On pourrait y jouer de la musique. La sueur commençait à couler le long de son front et de son dos, collant à sa soutane. Se savoir si proche de son frère sans pouvoir se jeter à ses bras, sans pouvoir une seule seconde s'épancher entre ses bras et pleurer le bien perdu. Pleurer l'éternelle peur qui l'avait poursuivi jusqu'ici. La peur de l'homme qui l'avait arraché à sa vie par jalousie. Que le pauvre devait avoir une vie aussi misérable que la sienne. Lentement, ses mains griffèrent le bois du confessionnal. La lumière passait à travers les petits trous de la porte, celle-ci révêlait son teint blafard. Il devait tenir le coup, tenir encore et encore. Tenir jusqu'à ce qu'il s'en aille. Jusqu'à ce que le pasteur puisse retourner dans les ténèbres psychologiques qui était sien. Mais c'est alors que les mots vinrent.

Les mots de la déchéance. Les paroles qui firent trembler son coeur dans un rythme qui avait perdu de sa fluctuation dansante. Il perdait tout son souffle et se retint de s'évanouir. Tuer leur mère. A eux deux ? Et leur...l'enfant de son frère...et de sa mère ? Depuis quand avaient-ils eu un enfant ? De l'horrible relation qu'entretenait la femme qu'il devait appeler mère ? Même pour quelqu'un qui était prompt au pardon divin et à l'amour de son prochain, Jonathan n'avait pu accepter ce qu'il s'était passé. C'était lui-même qui avait découvert son frère blanchâtre dans la cave de la maison, alors que tout le monde se concertait pour lui dire qu'il était à l'asile. Il l'avait sauvé. Avait tout fait pour lui permettre de suivre des études et de lui faire trouver un emploi qui lui ferait mener une nouvelle vie. Comment se faisait-il qu'ils avaient...peut-être qu'ils s'étaient revu ? Comment cela était possible ? Jonathan avait tout fait pour qu'ils n'aient jamais à se revoir. Tout cela se heurtait dans sa tête sans qu'il puisse faire la moindre corrélation. Desserrant son col pour mieux respirer, il déglutit et soupira.

-- Votre...votre mère l'a peut-être mérité...mais l'enfant...il y avait un enfant...?

Comment faire également pour cacher le trouble dans sa voix ? Est-ce que cela pouvait-il passer pour le trouble d'entendre parler du meurtre d'une mère et de l'enfant avec son propre fils ? Très probablement. Il ne pouvait pas non plus faire la personne qui en savait trop. Pour tout dire, il était bloqué. Mais une chose était sûre. David n'y était pour rien. Sa "mère" était un être immonde et même Jonathan s'accordait pour le dire. Et c'était rare que Jonathan puisse ainsi détester quelqu'un. La liste était courte. Cette femme. Et cette homme.





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MessageSujet: Re: Agnus Dei. [PV Mr J. Williams.] Jeu 5 Nov - 0:54


Agnus Dei.

David soupira profondément en baissant la tête, ses yeux cernés et humides regardant ses pieds avec effroi. Il était perdu, nerveux, honteux et effrayé. Mais culpabilisait-t-il vraiment ? S’en voulait-il pour avoir pris le rôle de Dieu et donnait la mort à quelqu’un ? S’en voulait-il d’avoir privé son père de son épouse ? S’en voulait-il d’avoir tué sa mère ? Un matricide, c’était pourtant bien laid comme geste. Mais violer son enfant n’était-ce pas pire ? Il porta sa main à sa bouche pour étouffer un sanglot en se rappelant tout ce qu’elle lui avait fait endurer… Le confinement, l’asile, la cave… Il n’aurait pas pu continuer comme ça pendant longtemps… Il en serait mort d’épuisement dans le meilleur des cas. Mais… Il l’avait tué, non ? Il l’avait vu mourir. Il avait tout fait pour qu’elle ne survive pas à l’accouchement… Et pourtant… Pourtant il sentait que quelque chose n’allait pas. Que son esprit s’embrumait quand il essayait de se souvenir d’un minimum de détails, tout devenait vaporeux, donnant l’impression que c’était un très lointain souvenir ou même un rêve… Néanmoins, il avait le sentiment que quelque chose n’allait pas dans son histoire mais comment se le prouver ? Comment oublier un acte qui ne cesse de tourner dans son esprit ?

David commença à s’agiter. Il faut dire qu’il s’est permis de prendre deux trois petites choses pour tenir le coup mais qui le mettait dans un état de nervosité intense. Il n’avait pas pu rêver la mort de sa mère. Non. Il savait qu’elle était morte… Il était allé à son enterrement. Non, c’était il y a plus longtemps… Il se prit la tête entre les mains, les paroles du pasteur ne l’aidant pas vraiment. Oh Jonathan… Où étais-tu ? Étais-tu heureux là-haut… ? Il se mordit la lèvre et essuya une petite larme. Il ne voulait pas lui répondre. Il ne voulait pas avoir l’impression de blasphémer dans ce lieu saint ni que tout le monde pense qu’il est le Diable incarné. Son cœur s’emballa et regarda autour de lui, regrettant subitement et terriblement son frère. Qu’est-ce qu’il aurait donné pour le serrer dans ses bras une nouvelle fois… Il soupira une nouvelle fois, épongeant rapidement la sueur qui perlait sur son front.

- Mon… Mon Père… Je crois que je deviens fou… Je ne sais même pas si cette histoire est vraie au final… J’ai peur qu’elle revienne, mon Père. Je ne veux pas la revoir. Je ne veux pas avoir d’enfants avec elle. Mais elle est morte, ça je le sais. C’est… le plus important. Ce qui importe vraiment.

Il regardait fixement devant lui, les poings serrés sur ses cuisses. Non, il ne culpabilisait. Il était même presque fier d’avoir ôté sa vie. Tout comme l’autre infirmière qui, à l’asile, s’était légèrement trop approchée de lui. Et il prenait presque goût à ça…

- Mon Père… J’ai oublié de vous dire que j’avais déjà ôté la vie d’un individu…

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MessageSujet: Re: Agnus Dei. [PV Mr J. Williams.] Lun 18 Avr - 0:01



Agnus Dei

« Je veille sur toi, depuis les Enfers. »


Jonathan avalait tous ses sons. Le frottement des vêtements de son frère, sa langue qui claquait des paroles en l'air, ses cheveux qui bougeaient. Jusqu'au pas de ses pieds qu'il entendait trépigner et les mouvements de son stress. Fermant les yeux, il écoutait même son silence. Le pasteur avait posé une question qui n'avait pas vraiment envie d'une réponse. Mais qu'importe. Oui, rien n'avait vraiment d'importance. Ce qui était fait était fait. Jamais Jonathan ne pourrait lui en vouloir pour quoique ce soit. Cette femme méritait de mourir...il avait honte de se le dire à lui-même, et à y prendre du plaisir. Mais en prenant une grande respiration, le jeune homme se dit qu'il y avait une justice divine. Tout de même.

Calmement -ou du moins le plus qu'il put, Jonathan rapprocha son oreille de la surface qui les séparait. Il voulait entendre sa respiration, d'un peu plus près. Ça lui donnait la sensation d'être à ses côtés...vraiment. Les yeux encore fermés, il songea que cela ne faisait à peine qu'un an qu'ils ne s'étaient pas vu. Mais le pasteur avait l'impression qu'une éternité s'était écoulé. C'est alors que les mots vinrent. Comme un murmure, elles s'infiltrèrent dans son esprit, formèrent des phrases -des souris. Oh non...David, ne soit pas comme ça...Jonathan sentit comme des larmes lui venir aux yeux, à nouveau. Les mots de son frère lui perçaient le coeur. A quoi bon..il devait sortir, le serrer dans ses bras. Non...non...Se saisissant les cheveux entre ses mains, le pasteur tira dessus. Il se faisait mal, mais ce n'était rien comparé à la violence des mots de David. Et cette douleur lui faisait oublier de gémir pendant qu'il pleurait. Oh David...comme il regrettait tout. On ne s'approche pas des Adler sans en subir les conséquences...un long soupir lui vint en bouche.

- Vous n'êtes pas fou...mon Frère...je vous crois...sain d'esprit, comme nous tous. Il n'est permis dans aucune loi, que ce soit humaine ou divine, toutes les horreurs qu'il a pu vous arriver. J'ai confiance en votre jugement et Dieu aussi...

Jonathan s'arrêta, prenant une grande respiration. S'oxygéner le cerveau. Rassurer son frère tout en prenant le parti d'un constat étranger. Comment faire...Mais il avait raison. L'important était que leur mère était morte. Décédée et incapable de faire d'avantage de mal. Jonathan aurait voulu être le plus mignon. Sauver son frère. Devenir son rempart...

La dernière phrase fut la plus coupante. La bouffée d'air prise précédemment disparut aussitôt quelque part dans un vide d'ineptie. Il semblait à Jonathan que la lumière du soleil avait disparu, qu'un noir complet les avait englobé. Etaient-ils encore dans un confessionnal...? Ou était-ce déjà un Purgatoire ? Devenait-il le Juge de son frère, tentant de discerner si son âme méritait encore d'être au Paradis ? Oh...Jonathan lui aurait donné les Clés sans confession. Quand le pasteur reprit contact avec la réalité, le silence avait déjà repris son trône. Il régnait en maître et le jeune homme était le seul à pouvoir le briser. Mais rien ne venait d'autre à son esprit que la consternation et la curiosité malsaine.

- ...racontez-moi tout, mon Frère, tout pêché confessé est un pêché pardonné par notre Très-Haut Père...

Si seulement.

© plumyts 2016


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MessageSujet: Re: Agnus Dei. [PV Mr J. Williams.] Mar 19 Avr - 12:43



Agnus Dei.

« Lacrimosa. »

Réponse effacée malencontreusement... David y avouait certains meurtres.
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Dernière édition par David P. A. Williams le Mar 7 Juin - 17:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Agnus Dei. [PV Mr J. Williams.] Mer 4 Mai - 10:34



Agnus Dei

«Depuis les enfers, je veille sur toi.»

Une chaleur intense s'était emparé de mes organes. Puis le silence. Ensuite vint un brouillement glacé dans mon cœur qui étreignit le reste de mes muscles avec une force sûre. Je voulais m'enfuir, partir si loin que plus personne ne parviendrait à me rattraper. Fuir mon échec, de ne pas avoir su protéger mon petit frère des malheurs. Ces mêmes malheurs qui aujourd'hui étaient la cause de sa déchéance. Je voudrais tant le prendre dans mes bras. Serrer son petit cœur comme autrefois tandis que je le saurais de la mère immonde. Mais j'aurai pu faire tellement mieux. Ne pas avoir été aveugle et le sauver plus tôt. Si seulement je ne m'étais pas amouraché de cette femme qui ne m'avait apporté rien d'autre qu'une souffrance lente et toxique que je cachais derrière un sourire de convenance. J'eu le sentiment d'avoir gâché ma vie. Tandis que mon frère me racontait posément la sienne. Il me parla d'un homme violent qui semblait avoir été sa première victime. Puis de femmes innocentes dont il avait offert le sang à la Terre. Je restais silencieux devant une telle horreur, accueillant cependant ses pêchées en mon sein comme étant les miens. Car oui, s'il avait ainsi été pris par le Diable, ce n'était que par ma faute, Dieu pouvait m'en être témoin. Son annonce d'un assassinat prochain ne me fit à peine tressaillir. J'eus la sensation que mon sang quittait mes veines pour se répandre sur le sol.

Son monologue suivant ne me fit pas davantage de bien. Il invoquait le Seigneur qui l'avait abandonné. Pour contrer le gémissement de peine qui m'enlaça, je portai mon poing dans ma bouche, serrant le plus fort possible pour que les seules larmes qui me viennent soient des larmes de douleur. Et non plus de honte. Ce n'est pas le Seigneur qui t'a abandonné, mon Frère, c'est moi. Que faire ? Je n'en savais absolument rien et la sensation d'être dans une horrible spirale de violence et d'obscurité ne voulait pas se détacher de mon âme. Mais je comprenais à présent qui était mon frère. Même dans cette petite campagne loin de Londres, l'on en avait entendu parler. Cette brutalité. Cette écho entre science et horreur. Infamie et blasphémateur. Mais je ne pouvais pas lui jeter la pierre, j'étais le plus mauvais des deux. C'était ma faute si tout s'était passé ainsi. Le Seigneur m'a confié la tâche de protéger mon frère, l'ange parmi les anges entre tous. Et j'ai échoué. Downcry n'avait été qu'une épreuve du Seigneur, et j'ai échoué.  C'est ensuite qu'il décrivit les termes du Purgatoire qui l'attendrait. Mon pauvre frère, tu n'es qu'une victime de ma paresse et de ma peur. Si l'un d'entre nous doit atteindre les rives de l'Enfer ou de l'Obscurité Infernal, ce n'état pas toi, mais bien moi. J'étouffa un sanglot dans mon poing criblé de mes dents. J'étais si coupable. Un ange avait été déchu par ma faute.

Mais il fallut bientôt que je retire mon poing. Car en effet, l'homme qui était mon frère, colombe blessé, me posa une question. A laquelle j'eus malgré moi un petit rire qu'il pouvait entendre.

- Les confessions sont comme des bulles de sérénité...rien ne doit pouvoir en sortir. Nous y sommes tenu au secret professionnel. Vous n'êtes pas...le premier à m'avouer un meurtre. Mon Frère, je compatis à votre souffrance...tellement...vous ne pouvez pas imaginer.

Un silence s'éprit de ma gorge tandis que j'essayais de calmer ma voix qui transpirait beaucoup trop la tristesse. Mon frère que j'aimais tant. Je posai une main sur la paroi qui nous séparait, tous les deux, mais qui ne pouvait pas séparer nos âmes.

- Vous ne méritez pas ce qui vous arrive. Je sens dans votre voix, quelque chose de plus profond. Vous êtes bon. Si le Diable vous a ainsi pris sous son aile, c'est car vous demandiez une protection que Dieu n'a pas pu vous offrir...car Son Ange a échoué. L'Ange qui a été nommé votre Gardien a échoué...et vous avez dérivé. Mon Frère...

Je pris une profonde respiration et serrai le poing contre cette même paroi. Bien décidé à essayer de reprendre mon rôle. Mais maintenant que le mal avait été fait, comment pourrai-je revenir en arrière ? Comment puis-je juste sortir du confessionnal et ouvrir mes bras ? Il me tuerait à coup sûr. Et il aurait tellement raison...que jamais je ne me défendrais face à lui. Je mérite sa rage, sa haine et son désespoir. J'ai l'impression d'être dans une impasse.

- Dieu vous pardonnera l'implacable échec de Son Ange. Il purifiera votre âme car Il la sait bonne, pure parmi les ténèbres. Soyez en paix, Mon Frère...pardonnez le Seigneur de ne pas avoir choisi le bon Ange Gardien.
© plumyts 2016


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Agnus Dei. [PV Mr J. Williams.]

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