AccueilAccueil  FAQFAQ  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez| .

Agnus Dei. [PV Mr J. Williams.]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : 1, 2  Suivant
admin cardiaque et trop gentil
avatar
En savoir plus

MessageSujet: Agnus Dei. [PV Mr J. Williams.] Sam 4 Avr - 21:39


Agnus Dei.

David poussa une des grandes portes de l’église de Londres et traversa la nef déserte pour s’asseoir sur l’un des bancs, en face du chœur. Il regarda le Christ en face de lui et soupira doucement en baissant la tête. Il ne sut trop ce qu’il venait faire dans un endroit comme celui-ci, les plus fervents religieux le rejetant comme s’il n’était que l’abomination du Diable et le jeune homme ne comprenait toujours pas ce qu’il y avait de mal à préférer les hommes. Surtout quand on avait traversé ce qu’il avait vécu. Il repensa à ce qu’il lui était arrivé durant presque sa vie entière. Sa mère, l’asile, le décès de Jonathan et… maintenant cela. David se mordit la lèvre inférieure et baissa un peu plus la tête, offrant sa nuque au Christ sur sa croix. Que faisait-il donc dans un endroit pareil ? Où toutes les Saintes Ecritures le bannissaient d’être un impur, un hérétique par la faute de tous ses péchés. Et ils étaient assez nombreux… Homosexualité, inceste, conception d’un enfant illégitime et maintenant, homicides. Sûrement parmi les péchés les plus atroces qu’un homme ait pu commettre. Et il n’avait même pas 30 ans… Et il n’était même pas sûr d’atteindre les 30 ans. Tous les médecins s’accordaient à dire qu’il ne dépasserait pas les 28 ans. Et c’était ainsi qu’il passait les dernières années de sa courte et sombre vie ? En faillant à ses devoirs de médecin ? En ne laissant qu’une trace macabre et amère sur son passage ? Sa famille était détruite. Le fils prodige, le fils parfait aux de son père avait été brutalement assassiné. Et le voilà maintenant qu’il venait de perdre son épouse et ce qu’il pensait sûrement être une nouvelle fille… Un nouveau coup dur pour ce vieux John. Et quand il saura que c’était son cadet perverti, renié de la famille qui avait été le médecin chargé de l’accouchement de Carolyn…

Il se prit la tête dans les mains, cherchant désespérément une issue, une solution mais aussi une raison à tout ceci. Si Dieu existait, pourquoi lui faire endurer tant de malheurs pour le ramener à lui rapidement, sans qu’il n’ait le temps d’accomplir quoique ce soit ? Il avait cru que devenir médecin, sauver des vies lui permettrait d’avoir la sensation que son existence ne fut pas vaine sur cette Terre. Mais il n’était qu’un meurtrier, un assassin. L’enfant n’avait rien demandé. Et sa mère était morte dans une soif aveugle de vengeance pour son enfance volée. Mais après tout, il avait perdu son innocence à sept ans et c’était sûrement par la faute de ceci qu’il était l’homme instable et sanguinaire qu’il était aujourd’hui. Comment pouvait-on étouffer un nouveau-né en bonne santé tout en gardant un visage des plus impassibles, le tout en faisant passer cet injuste décès pour une fausse couche ? Qui était-il pour décider de la vie et de la mort de chacun ? Il releva la tête et regarda le Christ encore une fois, ses yeux humides remplis de questions. Se serait-il trompé de voie ? En sauvant des vies par la médecine, il se serait attiré le courroux de Dieu qui ne voulait que rappeler ses fidèles à lui ? Lui avait-il mis des bâtons dans les roues et était-il châtié pour cela ? Il… Il n’avait pas envie d’aller en Enfer, sa vie y ressemblant déjà beaucoup trop. Pouvait-il donc prier ? Pouvait-il prétendre avoir la pureté de prier ce Dieu qu’il n’avait que trop renié au fond de sa cave, au fond de sa cellule, regardant souvent le crucifix au mur de celle-ci d’un air rageur et méprisant, les bras prisonniers de sa camisole ? Qui était-il pour oser demander des réponses, le pardon ou même le salut ?

Il jeta alors un regard sur sa droite et aperçut le confessionnal en bois sombre contre le mur de la nef. Aucun prêtre ne semblait y être pour l’instant mais qu’importe, il l’attendrait. Toute la journée s’il le faut. Il se leva donc de son banc pour aller s’asseoir sur celui du confessionnal dont il ferma la porte. Il ne sut alors combien de temps il avait attendu qu’un prêtre vienne s’asseoir dans la cabine à côté mais il n’en avait que faire. Il savait qu’il allait être traité d’hérétique peu après avoir commencé mais n’en avait toujours que faire. Puis il entendit un homme s’installer enfin. Son cœur battait rapidement et ses mains tremblaient légèrement. Un peu précipitamment, il dit donc :

- Bénissez-moi, mon père, parce que j'ai péché.

©BOOGYLOU.