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Souvenirs goutte à goutte

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admin hypocondriaque et alcoolique
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MessageSujet: Souvenirs goutte à goutte Dim 11 Jan - 17:46

J'ouvre la porte large et lourde. Avant d'y faufiler mon visage, j'y glisse ma lanterne. L'huile m'épuise et me coule entre les doigts, si bien que je ne crains ne pas pouvoir abuser de cette source d'éclairage au cours de mon voyage dans le sellier. D'autant plus qu'une brute me l'a brisée. Je plonge ma main dans ma poche et tâte quelques boîtes d'amadou qui me seront sûrement bénéfique pour le périple que j'entreprend. Le cellier débute par une ascension vers l'inconnu; les corridors semblent long et tortueux, les murs ne sont composé que de poutre de bois et de pierres, le sol, de terre humide. J'avance.

Je laisse mes pas fendre le brouillard amer qui recouvre le sol à la hauteur des genoux. De la poussières dense accumulée dans l'air putride. Je n'ai jamais visité cette partie du manoir, pour la simple et unique raison qu'on m'en a dit bien des rumeurs désastreuses. Apparemment que l'endroit est bourrée de passages secrets connus par ceux que l'ont ne veut pas côtoyer; les monstres, les fous, les damnés... La sueur perle déjà sur mon front que j'essuie du revers de la mange avant de lousser de quelques centimètres mon jabot. Je range ma lanterne. Allume.

Une torche à côté de moi, bien fixée au mur. La noirceur me fait paniquer, mais je m'avance tout de même dans ce paysage sans issu qui ne reflète que l'ombre et la mort. Aucune idée de ce qui pourrait bien surgir devant moi. Mon pouls est déjà de la cadence de la la panique, et mes tripes se tordent d'angoisse. Mais je dois le faire. Je dois explorer ces lieux. Je dois y trouver une réponse à mon passé... une salle.

Le corridor débouche sur une pièce immense d'hauteur comme de largeur. Des barils qui font deux fois ma taille, ou plus, sont entreposés sur les longs des murs. J'empoigne ma lanterne et m'approche de l'un d'eux. On peut y trouver des toiles d'araignées, de la crasse et aussi une embouchure à tourner pour faire verser le vin dans les verres. Je me demande alors combien d'année a-t-il passé là. Et alors, j'ai soif.

Je regarde autour de moi. La pièce semble vide. Elle s'ouvre à ma gauche sur une pièce qui semble un autre corridor; du moins, j'aperçois la forme ombragée des portes sur les murs depuis ma distance. Le silence règne. Et l'air renifle la vieillesse. Je trouve une coupe au sol et l'essuie de ma manche; ma gorge est si déshydraté par l'anxiété que même le plus putride des alcools réussirait à l'abreuver. Je pose la coupe de cuivre sous l'embouchure et l'ouvre dans un petit grincement timide qui ne fait même pas échos dans la pièce. Quelques gouttes tombent... et c'est tout. Oui. Bien sûre. Ils sont probablement asséchés depuis le tem- un grognement.

J'échappe ma coupe et sursaute un faible gémissement. J'éteins ma lanterne alors que le métal tombe sur le sol de son vif, et un grognement s'accentue en réponse. Puis je vois, en tournant légèrement le menton, à ma gauche, une silhouette difforme et monstrueuse s'avancer d'un pas lent et macabre. Comme un mort-vivant. Mon corps qui, jusqu'à maintenant, avait été pétrifié par l'effroi se meut dans le plus grand des silences de l'autre côté du baril, afin de me cacher de la chose. Ma respiration est saccadé et mes yeux fixent grand ouvert les ténèbres devant moi, comme si la bête allait y surgir à n'importe quel instant. Ma poitrine se soulève drastiquement et mes tempes cognent si fort que je n'arrive à entendre autre chose, bien que je garde l'ouïe bien concentré sur les grognements. J'avale difficilement, serre les dents. Puis, ils s'éloignent.

Les grognements s'éloignent, peu à peu, jusqu'à disparaître. J'attends une demi minute de plus afin de m'assurer que le monstre est bien parti, puis je souffle, me décrispe d'un coup. Il ne m'a pas vu. C'est un soulagement immense; que Dieu soit béni, Il m'a sauvé une fois de plus aujourd'hui. Je frôle.

Une peau. De ma main. Je sursaute en poussant un cri et m'écarte pour avoir vision de qui je viens de toucher. Je ne l'avais même pas remarqué, tapis dans l'ombre. Mais maintenant, je peut discerner la forme de son visage, ses cheveux longs et blonds et sa pâle peau qui s'approche de moi.

M-M-M-M-a-g-g-g-ie?

Je bégaie péniblement, incertain d'avoir à faire à elle encore.





 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

©BOOGYLOU.  

 



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MessageSujet: Re: Souvenirs goutte à goutte Dim 18 Jan - 19:31

Un tintement métallique me tire du sommeil. Je me redresse imperceptiblement et tend l'oreille, parfaitement alerte. Un grognement suit rapidement. Comment me suis-je retrouvée là moi-déjà ? J'avoue que je ne sais plus trop là. Je me recule un peu plus dans l'ombre où j'étais endormie. Silencieusement je me tasse un peu sur moi-même pour tenter de prendre moins de place. Mes yeux fouillent lentement l'obscurité, recherchant vainement une information sur le monstre qui se tapit là. Je sens quelque chose me frôler cependant je verrouille ma bouche m'interdisant de dire quoi que ce soit ou de pousser un petit cri. Je songe seulement que je ne dois pas être seule à me planquer du monstre.

Bientôt les souvenirs me reviennent lentement par bribes décomposées. Je me souviens de l'escapade dans le sellier. Pour quelle raison ? Je ne sais plus. Je me souviens ne plus parvenir à retrouver mon chemin. Je me souviens ne pas vouloir allumer quoi que ce soit de peur de me faire repérer ou autre. Je me souviens finalement me tapir dans le petit coin que je finis par trouver et ma décision de rester ici une petite heure avant de repartir, le temps de me calmer. J'ai dû finir par m'endormir tout simplement. Mais je suis bête purée ! Ce que je redoutais est arrivé... Mais pourquoi je me suis endormie ?! Certes j'étais épuisée mais j'aurais dû rester éveillée ! Maintenant je suis pas dans la merde s'il me débusque !

Je plaque ma main contre ma bouche et m'efforce de respirer le plus silencieusement possible. Je suis terrorisée. J'entends mon coeur battre avec force dans ma tête. Si fort que cela m'étonne que la chose ne m'ai pas mit la main dessus. Cependant, je m'efforce de me calmer afin de pouvoir entendre plus distinctement ce qui se passe. Finalement, les grognements s'estompent lentement puis finissent par s'éteindre définitivement. Je ferme les yeux quelques secondes, soulagée d'être encore en bon état, consciente et surtout en vie. Cependant, je ne pousse pas de soupir de soulagement de peur que la chose se soit juste planquée derrière la porte et m'entende.

Puis après quelques secondes j'entends deux soupirs de soulagement poussaient en même temps. Le mien et celui du mystérieux inconnu planqué à mes côtés. Immédiatement je me raidis et m'éloigne légèrement. Je l'avais presque oublié celui-là. Je m'éloigne donc lentement, silencieusement mais, pas suffisamment visiblement car, celui-ci me frôle. Je sais désormais qu'il est au courant que je suis là. Je l'entends poussé un cri avant de se reculer précipitamment. Bon ben maintenant au moins je suis sûre que la chose est partie. Sinon elle serait revenue immédiatement en entendant le cri de l'inconnu. Je plisse légèrement les yeux et sort de l'ombre. Alors, je le reconnais. Morgan. Je l'ai croisé une ou deux fois dans le manoir et on a fini par discuter un jour. Je ne lui fais pas confiance mais, cependant, je sais qu'il est peureux comme pas possible. Mais ce n'est pas pour autant que je confie à lui. Je ne me confie à personne. Je l'entends bégailler péniblement mon prénom et je ne peux pas m'empêcher de lever légèrement les yeux au ciel. Je finis par répondre sarcastiquement après avoir laissé passer une dizaine de secondes pour qu'il se rende bien compte que c'est moi. Je vous jure que j'ai pas fait exprès de lui parler comme ça ! C'est sorti comme ça suite à la frayeur que j'avais eue il y a deux minutes :

"-Non le pape. Bien sûr que c'est Maggie. Qu'est-ce que tu fais là ?"
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MessageSujet: Re: Souvenirs goutte à goutte Dim 25 Jan - 15:38

Le pape, lui, est probablement outré par la blague sans drôle de joie. Moi, je verse un petit sourire heureux sur mes lèvres. Non, je ne connais pas beaucoup la jeune blonde devant moi. Mais je sais qu'elle se nomme Maggie et qu'elle est anglaise d'origine comme la plus pure des roses des champs. Je soupire, encore, de soulagement. Et prends mon souffle qui s'était bien trop accéléré en quelques secondes en m'appuyant sur mes genoux. Ma lanterne, elle, est déposée sur le sol provisoirement. De toute façon, elle est quelque peu brisé, cadeau d'une brute de ce manoir tout comme la cicatrice sur mon œil. Je bégaie encore, dans l'anxiété du moment:

P-p-p-ard-don...

Je demande, humblement, dans un murmure échevelé. J'ai toujours bégayé sous le stress. Soi bien souvent. Je reprends ma lumière chambranle et éclaire nos visage. C'est bien elle, de son visage doux et reposant. Qui m'inspire tellement de bien et de paix que c'en est effrayant. Parce que, dans ces lieux, rien ni personne ne peux inspirer le bien et la paix. J'ai compris depuis bien trop longtemps que le Diable en personne vaque dans les corridors et allées de cet endroit maudit. Je me redresse.

Et je frotte mon front de la manche de ma redingote. L'air est soudainement moins lourd et moins dense. L'odeur de sang séché a quitté mes narine et la pâte de ma langue m'a redonné le peu de salive qu'il me faut pour prononcer les mots. Je suis heureux de voir Maggie, tout de même. Elle décèle bien des choses que je ne peux comprendre. Un voix, un visage, des paroles qu'elle emploies que je sais presque deviner avant qu'ils n'apparaissent. Comme si elle avait déjà existé au fond de moi auparavant. Je me retourne.

Première chose: je regarde si la voie est libre. Je glisse mon visage de l'autre côté du baril énorme. Il y un brouillard humide qui plane sur le sol, et l'ombre des portes à découvrir se dresse au loin dans la pièce suivante. Rien ne bouge. Rien ne vie. Tout semble libre de marche... Pour le moment. Je reporte attention à Maggie et lui tends poliment la main pour l'aider à sortir de sa cachette avec ses jupons. Et je lui demande, en toute discrétion:

Que faites-vous ici? C'est un endroit bien dangereux... Je préfèrerais que vous tâchiez de ne pas vous embourber dans le danger trop facilement...

Parce que je tiens à toi. Parce que ce qui peut s'apparenter à un ami, ici, c'est rare.





 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

©BOOGYLOU.  

 



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