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Messe Basse. [ Strathearn - Hodge ]

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MessageSujet: Messe Basse. [ Strathearn - Hodge ] Mer 29 Oct - 0:58


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MessageSujet: Re: Messe Basse. [ Strathearn - Hodge ] Mer 11 Fév - 18:37


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MessageSujet: Re: Messe Basse. [ Strathearn - Hodge ] Jeu 26 Mar - 15:07


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Le mensonge. Comme si je ne savais pas de quoi je parlais. Mon existence elle-même est un mensonge. Elle est la seule personne à pouvoir faire ressortir la vérité de mon corps presque emprunté. Je perds mes yeux dans les ténèbres pour oublier la triste réalité. Celle que son départ risque effectivement de retourner en mensonge. Ses paroles pourtant tintèrent à mes oreilles d'une manière que je n'aimais pas. Ce n'était pas le message en lui même qui me choqua, mais la manière de la dire. Sa voix était hachurée, non comme la voix d'une personne qui parlait posément en séparant chacune de ses syllabes. Je redressais ma tête en sa direction, la regardant s'approcher. Serrer les dents est tout ce que je pouvais faire, malgré toute mon envie de lui faire cracher cette vérité.

Elle ne pouvait pas me dire adieu comme cela, de cette manière aussi détachée, sans qu'il y eut quelque chose, ou quelqu'un qui l'obligeait. J'essayais en vain de trouver une explication, en attendant de l'avoir de sa bouche. J'avais presque espoir que ma famille avait fini par tout découvrir et qu'au lieu de la tuer, ils avaient décidé de lui laisser une chance de vivre, mais ce serait ridicule. Ou peu coutumier à la famille royale...Je fis craquer mes doigts dans le silence qu'elle venait de laisser dans la nuit, essayant de retrouver un peu de calme. Mais même après que la colère soit passée, c'était à présent la tristesse qui agitait mes sens. Je baissais la tête à nouveau entre mes mains, les pensées tournoyant dans mon cerveau, songeant à mon frère, à ma famille, à mon existence cachée. Mais au final, il n'y avait rien d'autre que cette phrase: "Je ne veux pas qu'elle parte".

Soudainement, tandis que mes pensées tentaient de me ramener au centre du tourbillon de mes émotions, je sentis des mains prendre les miennes. Une petite douleur se fit sentir sur ma peau, ses ongles. Plantés dans mes mains, colère ou refus de partir. Peut-être les deux. Toujours était-il que je levais la tête vers elle, la regardant mais n'osant sourire, même tristement. Il n'y avait rien dans mon coeur qui me permette de sourire à cette seconde. L'idée de perdre une amie proche avait éloigné de moi toutes ces possibilités. Elles tremblaient, ses mains. Je finissais presque par en trembler moi-même. Je scrutais son regard, d'un air suppliant qui demandait la vérité. Elle me la donna. Cette vérité qui petit à petit, transformait mon visage. Passant de la pitié à l'horreur. J'étais accablé de savoir que sa propre famille voulait l'enfermer chez les fous. Elle n'avait rien d'une folle, au contraire. Je resta interdit une seconde en songeant qu'ils voulaient l'enfermer...oui...sa famille ne changeait pas de la mienne au final. Je continuais de la regarder, la priant de continuer à parler. Mais elle baissa la tête et se mit à pleurer.

Que pouvais-je faire à une si grande détresse ? Gardant ses mains dans les miennes, je me levai pour la surplomber de ma taille. Elle ne partira pas là-bas, effectivement. Je le refusais. Ne pouvant alors plus me retenir, mes bras passèrent autour de son corps et le serra, essayant de la consoler.

Je suis terriblement désolé...veuillez me pardonner d'avoir été si brusque. Vous ne partirez pas...je vous le promets. Mais il est hors de question que vous risquiez votre vie. Je tiens beaucoup trop à vous et à notre amitié.

Mon coeur battait très fort. La détresse de l'adieu, l'accablement de la découvert...et le soulagement de savoir qu'elle n'y était pour rien dans tout ça. Ce n'était pas elle qui voulait partir. Tout ceci était plus d'émotions en une nuit que je n'en avais jamais vécu, et pourtant je "jouais" ma vie presque tous les jours avec les gardes du palais. Je soupirais en m'écartant d'elle, me rendant compte de l'inconvenance d'un tel acte. Oh...et puis au diable les inconvenances. Je pris un mouchoir en tissu de ma poche et entreprit de sécher les larmes qui avaient librement glissé sur ses joues.

Mais faut-il donc que vous me disiez adieu ? Où partiriez-vous d'ailleurs ? Ne pourrais-je partir avec vous ? Vous êtes la seule personne qui sache la vérité sur moi, et cela m'est précieux.  

Ma voix n'avait plus aucune once de colère ou de tristesse. Juste un calme simple et noble, celui avec lequel on m'avait éduqué.



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MessageSujet: Re: Messe Basse. [ Strathearn - Hodge ] Ven 3 Juin - 0:08



MESSE BASSE

« never let me go »



La crise n'avait duré que quelques dizaines de secondes. Je repris rapidement contenance. Lorsque je sentis la main d'Hamish effleurer mon visage de son mouchoir, absorbant mes larmes, j'avais déjà retrouvé mon calme. A peine ma poitrine était-elle agitée, ça et là, d'un maigre sursaut, vestige nerveux de sanglot. Je me raclais la gorge pour chasser de ma voix toute trace de détresse et finit d'essuyer mes yeux rougis par le fluide salé d'un revers de main. Je toussotai encore un peu. Puis j'osai à nouveau lever les yeux vers l'être dont j'étais le plus proche sur cette terre. Je soupirai légèrement.

Hamish m'offrit des excuses. Des paroles sensées et des paroles qui me touchèrent. Mais au vu de la situation, seule la brutale réalité de ma qualité de fugitive à venir – et à venir très rapidement – parvenait véritablement à m'atteindre. Je souris, mais d'un air très détaché. J'aimais Hamish. Profondément. Je tenais à lui de toutes les fibres de mon être, de toute mon âme, pour peu que l'on admette ce concept. J'avais conscience de la prétendue inconvenance de mes gestes, mais au vu des circonstances, qu'importait ? Je repris les mains du jeune homme dans les miennes et les massai doucement, du bout de mes doigts aux ongles coupés courts.

« Je ne sais pas où j'irai. Je n'ai pas vraiment de famille qui puisse m'accueillir. Je ne pense vraiment pas être en sécurité à Londres. »

J'avalai ma salive et méditai encore un court instant. Je sentais l'instabilité nouvelle de ma situation créer une vague de froid paniqué à l'intérieur de ma poitrine, mais le contact des mains de mon aimé m'assurait une forme de sérénité.

« Je vais quitter la ville... Ils me retrouveront de toute manière si je ne le fais pas. »

Je ne voulais pas partir. Je ne voulais pas le quitter. Pas comme ça. Maintenant que je pouvais contempler ce fils bâtard de roi en m'imaginant que je le voyais pour la dernière fois, je ne pouvais qu'envoyer au diable la décence et les convenances. Un élan de tendresse me traversa, et je tâchai de le réprimer. Sans succès. Obéissant à une impulsion, j'entourai le torse d'Hamish de mes bras et le serrai contre moi du plus fort que je le pouvais. Son cœur battait près de ma clavicule, et je me sentais vivante, et heureuse, mais vraiment curieusement vivante. Je soupirai presque de soulagement.

« J'ai tant d'affection pour vous. Si j'avais su que nous aurions si peu de temps... Si vous pouviez venir... Je... »

Et ma voix se perdit à nouveau dans la confusion de mes pensées.




© plumyts 2016


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MessageSujet: Re: Messe Basse. [ Strathearn - Hodge ] Lun 6 Juin - 0:57



Messe Basse

« I will. »

La fraîcheur de la nuit était un voile consacré sur ma peau. Je croyais pouvoir véritablement cacher le trouble de ma personne, tandis que ses mots me déchiraient impitoyablement le cœur. Inlassablement, je passais le mouchoir de papier le long de cette joue blanche. Dans ma tête, j'eus la sensation que cette seconde dura une éternité. Une fissure dans le temps où il n'y avait plus que ses larmes à essuyer, qu'une tristesse à effacer. Mais lorsque sa joue fut sèche, le temps reprit. Car les horloges n'ont aucune pitié avec les sentiments.

C'était ainsi dans cette langueur d'âme qu'elle prit mes mains dans les siennes. M'étendre sur les émotions qui s'éprirent de mon cœur à cette seconde ? Je n'étais qu'un idiot. A cette simple seconde, je savais pourtant que ma place était faite. Dans ce monde glacé qui n'avait fait que me cacher et me rejeter, j'avais finalement trouvé ce que des hommes souvent ne possèdent jamais -qu'importe leur liberté. Une place. Mais pas n'importe laquelle. La place. Celle où l'on savait que l'on pouvait mourir, l'esprit heureux. Car quand elle prenait mes mains, ce contact -en somme tout bête, me murmurait que j'étais exactement à l'endroit où que je devais être. A ses côtés. Sa peau contre la mienne. Son regard dans le mien, sans gêne ni honte. Ses iris d'un bleu si froid dans lesquels je trouvais pourtant une chaleur toute nouvelle. Était-ce finalement ça l'amour ? Je n'aurai su le dire. Ce sentiment était bien plus fort que cela. Devant la détresse de sa voix qui perdait de son âme au fur et à mesure de ses paroles, je voulu avoir un sourire tendre. J'ignore si cela fonctionnait mais qu'importe. Rien que pouvoir lui sourire, j'en rêvais en marchant jusqu'ici, la peur au ventre. J'admirais son courage et serra davantage ses mains entre les miennes. Rendant ses caresses autant que je le pouvais. Quitter la ville, c'était la solution la plus simple pour nos deux problèmes. Un souvenir, pas si vieux que ça, revint en ma tête. Mon meilleur ami, que j'avais refusé de suivre à Rome. Même si cela pouvait me sauver la vie. Car ici se trouvait Kathleen. L'idée de l'abandonner m'était insupportable.

- Je peux vous trouver un protecteur.

Cette phrase, lancée avec conviction, me plongea dans une intense réflexion. Qui pouvait bien la protéger pour moi ? Mes alliés peinaient à se compter dans l'ombre. Tout le monde était aux pieds de la Reine, ma mère. Personne jamais n'oserait monter une protection sans sa bénédiction. Aucun être ne serait jamais assez fou. Déjà je me voyais la faire entrer dans le palais. Mais dans quel but ? Lui faire vivre la même vie que moi ? Elle méritait tellement plus. Hors de question de la soumettre à mes ténèbres.

Cependant, mes pensées furent soudainement stoppées. Avec une brutalité que je ne pouvais m'empêcher de penser trop douce, les bras de ma tendre dame m'entourèrent. Je lui rendis l'étreinte avec un amour indicible. Le capharnaüm de mon esprit s'était tu pour faire place au silence de la nuit. Aux battements de son cœur. A sa respiration. Des fois, le bonheur ne peut se savourer qu'en secondes. Des secondes comme celle-ci. Puis vint des mots, qui vinrent comme arrachés de son désespoir. La narration doit savoir s'arrêter. Je serra encore davantage son corps contre le mien, appréciant chacune de ses paroles.

- Ma dame...Kathleen...l'affection que vous me portez, je la partage. Je n'ai pas les mots pour vous le déclamer, malheureusement. Il semblerait que vous me faites perdre mes mots...

Un doux rire s'échappa de mes lèvres. C'était juste incroyable. L'émotion me faisait oublier le danger. Il me faisait penser que la fraîcheur de la nuit était aussi brûlante que mon propre cœur. J'aurai aimer m'attarder indéfiniment. Lui  prendre les mains. Apaiser son cœur et la faire asseoir sur le banc. Regarder la rue se réveiller et le soleil se lever sur cette ville, sur ce monde qui ne nous comprenait pas. L'idée me vint alors. Comme un flash soudain, le nom de la seule personne assez folle pour nous aider m'apparut comme une vision. L'une de mes mains passa la courbe de son dos, remonta le long de sa nuque pour savourer ses cheveux dans une simple caresse.

- Je sais ! Connaissez-vous Lord Jeremiah Rockwood ? C'est un vieil ami de la Reine, mais c'est aussi un des seuls hommes de ce pays à pouvoir prétendre échapper à son contrôle. Si nous demandons sa protection, je suis certain qu'il nous l'accordera.

Comment à présent se présenter devant lui ? Cette question restait en suspens. Mais ma joie était telle que je ne pouvais m'en inquiéter. Je n'avais qu'une envie, la prendre dans mes bras et virevolter. Doucement, je posai mon front contre le sien. Sans jamais quitter son regard des yeux, comme si cela pouvait signer ma fin. Je ne pouvais savoir qu'à des mètres d'ici, l'on pouvait déjà entendre les bottes marcher jusqu'à cette rue. Les gardes de nuit avaient été informé de ma fuite nocturne. Ils n'avançaient pas bien vite -mission de routine.

-Oui...il nous l'accordera. Je refuse ne serait-ce que d'imaginer le contraire. Car à présent, je préférerai mourir plutôt qu'être séparé de vous. Le temps ne sera bientôt plus qu'un lointain souvenir, je vous le promets.

Mon cœur battait beaucoup trop pour entendre ma fin venir.
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