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Arcane Perfection. [-18] [Fini]

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MessageSujet: Re: Arcane Perfection. [-18] [Fini] Mar 7 Avr - 0:40


Arcane Perfection.

Remus regarda sa victime avec ce grand sourire aussi malsain que dément sur ses lèvres. Il se délectait de la souffrance, de la crainte qu'il lisait sans mal dans les yeux de ce brave Jonathan qui semblait être sur le point de s'évanouir à tout instant. Mais le cardinal voulait tenir le pasteur éveillé. Il voulait continuer à l'entendre gémir, voir ses larmes couler sur ses joues. Il tira sur sa cigarette, libérant sa fumée par ses narines tout en regardant sa proie avec un air songeur. Il coinça alors sa clope entre ses dents et partit chercher un couteau avant de revenir vers Jonathan qu'il regarda de haut en bas avant de poser doucement la pointe de la lame sur la gorge de notre petit pasteur effrayé. Il se saisit alors de sa soutane et vit courir le couteau afin de déchirer verticalement le tissu, mettant le jeune protestant à moitié nu. Il posa alors deux doigts sur le clou dans l'une des paumes de Jonathan et, avec deux de ses doigts couverts de sang, dessina une jolie croix parfaitement symétrique sur le torse dénudé du pasteur. Puis, il retrempa ses doigts dans les plaies de sa victime pour ensuite dessiner un long sourire jusqu'aux oreilles de sa proie, faisant le prolongement des lèvres de celle-ci.

Il regarda de nouveau l'entrejambe du pasteur et en sortit le membre des derniers morceaux de tissus qui le cachaient à sa vue. Il le caressa (si on pouvait appeler cela des caresses) avant de tourner autour de la croix, cherchant des idées de ce qu'il pourrait bien faire de lui. Il partit donc faire un tour dans la salle de torture, cherchant des petits ustensiles pour faire joujou. Il devait l'avouer, ce petit pasteur était bien le premier à épuiser son imagination. Il fallait dire après tout qu'il chantait trop bien pour se permettre de l'incinérer vulgairement sur sa croix. Il trouva diverses pinces, cisailles et tout autre objet destiné à couper grossièrement tout ce qui dépassait, que ce soit des doigts ou autre chose. Il finit par revenir avec tout un tas de choses en ferrailles et les disposa devant son Jonathan. Il s'assit et regarda les instruments posés sur la table tout en croisant ses jambes, ayant l'air parfaitement décontracté.

- Ne t'en fais pas, petit pasteur, je ne vais pas te tuer. Gâcher un tel talent au chant serait une honte pour moi.

Il dit cela tout en faisant à blanc une sorte de cisaille, sûrement pas destinée à soulager la crainte de Jonathan, dans un fourneau à quelques pas. Il retourna ensuite vers sa proie, l'extrémité de son outil fumant et rouge. Il regarda le petit pasteur, caressa de nouveau et brièvement le membre afin qu'il devienne plus dur et rapprocha la cisaille brûlante de sa verge tendue.

- Je me demande si, si j'utilisais mon instrument ici présent sur ta queue, celle-ci allait cautériser tout de suite ou pas. Qu'en penses-tu ? Le meilleur moyen est encore d'essayer tu vas me dire.

Il rapprocha alors son ustensile infernal du membre avant de retirer rapidement sa main armée.

- Mais admettons qu'elle ne cautérise pas. J'aurai l'air fin si jamais tu te vides de ton sang, hein petit pasteur ?

Il lui caressa la joue avec un sourire avant d'avoir une idée. Il prit la pince encore brûlante et la rapprocha des yeux de Jonathan, un sourire cruel et malsain aux lèvres.

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MessageSujet: Re: Arcane Perfection. [-18] [Fini] Lun 13 Avr - 14:53


Arcane Perfection



La souffrance. La douleur. Ces choses qu'on ne perçoit que sur l'instant et à lesquelles il est si difficile de mettre un nom, une existence propre. Toute la souffrance de l'univers. Contenue dans les mains d'un homme. De l'homme qui se trouve en face de lui. De cet homme à la chevelure crasseuse qui fait souffrir tout en se faisant souffrir. Car Jonathan ne croyait pas que la souffrance pouvait être quelque chose d'offert sans une contrepartie. Une contrepartie sanglante qui se trouvait être la desctruction de son propre coeur. C'est en faisant le mal que l'on devient mauvais. C'est en faisant souffrir que l'on souffre. Mais est-ce vrai ? Jonathan, mon pauvre enfant, tu divagues. Les choses ne sont jamais comme on les prédit. Les évènements et les sentiments sont des bombes à retarder. Et tu crois encore aux contes de fées. L'Amour avec un grand A comme l'annonce le Seigneur, le Sauveur de l'Humanité. Cette Humanité qui jette à la poubelle toutes les valeurs de beauté et de bontés pour revenir à des prémisces de sauvagerie ancestral. Dis-moi où se trouve-t-on coeur à présent ? S'il n'est pas entre les mains de cette Lilith. Celle-là même qui dévore ton esprit et ta raison à chaque seconde, qui t'a ensorcellé jusqu'à la fin de ton temps ? Imagine tout cela. Alors que la mort vient si près de toi.

Jonathan frémit. Ses sens sont prisés par les odeurs de cigares qui sont resté dans son nez, allant jusqu'à âbimer ce qu'il restait de son goût. Sa langue ne percevant plus que le goût de son propre sang. D'un gémissement, il se sentit glisser dans un évanouissement qu'il retardait le plus possible. Il lui semblait que s'endormir serait également à la mort. Et il se refusait une telle chose. Hors de question que la mort vint le chercher en cette seconde, au côté de cette homme. Un frémissement,  l'homme le touchait encore. Il arrête. Pour finalement prendre du sang sous son coup. Le pasteur gémit de souffrance, même s'il commence à s'y habituer. C'est bien plus terrible que cela. Le sang qu'il récupère également à ses mains. Ce sang du Christ qui lentement s'écoule, mais qui ne fait craindre en rien ma vie. Il a besoin de sortir. De descendre et de sortir de cette pièce. Pitié. Son âme n'hurle qu'au Seigneur. Une personne sans pouvoir ni patrie qui n'a que son imagination comme seul arme. Son corps est dénudé, par la force d'un simple couteau qui transperce son vêtement. Il allait vraiment falloir qu'il retrouve de quoi recoudre sa soutane, si jamais il s'en sortait vivant. Mais au vu des paroles de Remus, il était fort probable qu'il s'en sorte. Merci à sa voix. Malgrè tout. Jonathan soupira en voyant la croix.

Je suis enfant du Seigneur, sa brebis. Il n'y a rien d'honteux pour moi à porter sa Croix de mon Sang.

Il gémit pourtant de dégoût lorsqu'il sentit les doigts dégoulinant de sang se porter sur ses joues. Un sourire de l'ange sur son visage. Tout cela faisait un magnifique tableau que l'on ne manquerait pas de dessiner avec subtilité et un grand respect du détail. Envisageons cela. Il s'éloigna alors de lui et Jonathan se sentit soudainement mieux pour respirer. Respirer. Quel beau mot. Respirer sans avoir la vague de fumée dans son visage. Il soupira. Souffra. Encore et toujours. Il revint, avec des instruments de torture. Tout cela n'était pas pour rassurer le pauvre pasteur dont le sang ne se mettait qu'à faire mille tour. Il venait et repartait. Son souffle s'accéléra, la peur toujours la même peur, mais augmenté. La peur de souffrir, la peur de mourir. Montrant sa virilité, l'homme tenait une pince dans ses mains. Jonathan le vit sans le voir. Il claquait des dents, la sueur coulait librement dans son dos. Il soupira, péniblement:

Je vous en supplie non...pas ça...je me viderai de mon sang oui...oui vous avez raison....mais...mais je vais aussi me vider les mains par les mains. Laissez-moi...laissez-moi, je vous en supplie...laissez-moi aller me faire guérir...j'ai besoin de moi...s'il vous plait, ne me laissez-pas mourir...ne me faites plus de mal...le Seigneur peut vous pardonner si vous me relâchez...


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MessageSujet: Re: Arcane Perfection. [-18] [Fini] Dim 17 Avr - 15:34



Arcane Perfection.

« ARCANE ILLUMINATION. »

Remus s’arrêta un instant, sa pince toujours à quelques centimètres des orbites du pasteur dont les cheveux blonds étaient plaqués sur son front par la sueur. Le cardinal se recula légèrement pour admirer son œuvre. Un pasteur à la robe ouverte en deux, à moitié dénudé, crucifié d’une manière insolite, une croix et un sourire dessiné par son sang. Il tira sur sa cigarette, songeur et soupira tout en relâchant la fumée. Selon Jonathan, cela ne le dérangeait pas de porter la Croix sur son torse. À l’entendre, il dirait presque que c’est un honneur. Remus eut un sourire. Il aurait dû lui dessiner un pentacle. Son discours aurait été sûrement différent. Il le regarda respirer, souffrir, trembler de peur. Il regarda le sang s’écouler de ses mains, lui tombant doucement sur les épaules. Il regarda sa sueur se mêler à ses larmes, ses yeux se fermer, ses dents claquaient. Avait-il froid ? C’était embêtant. C’était l’un des signes qui pouvaient annoncer une mort prochaine. Remus regarda ses propres paumes, marquées comme le seront celles de Jonathan. Il avait saigné lui aussi. Autant que le pasteur. Et pourtant, il était toujours vivant. Il n’avait pas souvenance d’avoir eu froid non plus… Mais passons.

Jonathan reprit la parole. Et ce qu’il n’eut aucun sens. Le pauvre homme divaguait complètement, ses mots s’emmêlaient sans avoir de sens, ses pensées devenaient troubles, et il n’en fallut pas plus pour dessiner un grand sourire amusé sur les lèvres fines de Remus. Il éclata de rire, un rire franc mais qui avait une pointe de désespoir au fond, tout au fond. Une note de peine, de culpabilité. Il se calma cependant rapidement, continuant à ricaner cependant, regardant Jonathan avec des yeux exorbités et humides, le bleu électrique de son regard traduisant sa démence omniprésente. Il lâcha cependant sa pince et rhabilla à peu près décemment le petit pasteur. Il continuait de ricaner tel un clown effrayant dans un cirque la nuit mais ne dit toujours rien. Il repartit chercher un instrument. Un poignard joliment serti pour être précise. Il revint vers Jonathan, les yeux toujours aussi exorbités par sa folie mais son sourire ayant disparu. Il avait gâché la vie du pasteur tout comme on avait pu gâcher la sienne. Il avait sûrement brisé l’âme du pasteur tout comme on avait pu briser la sienne. Mais il n’allait pas laisser l’âme de Jonathan tomber dans les profondeurs des ténèbres. Il allait le délivrer, ce que personne n’avait fait pour lui et voilà ce qu’il était devenu : un bourreau et un sauveur. C’était comme ça qu’il se voyait, oui. Il brandit le poignard au-dessus de la poitrine de Jonathan, prêt à frapper au cœur.

- Puisses-tu être libérer ! Puisse le Père te pardonner ! Puisses-tu être purifié !
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Dernière édition par Remus S. Borgia le Mer 20 Avr - 17:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Arcane Perfection. [-18] [Fini] Mar 19 Avr - 23:19



Arcane Perfection

« Tu Quoque, mi Fili ? »



Hamish marchait avec la plus grande vacuité à travers les couloirs. Combien de personnes avait-il confronté à leur reflet ? Il ne saurait le dire, et n'en avait pas envie. Cela aurait pu tout aussi bien être deux personnes qu'une cinquantaine. Il y avait une recharge constante de viande fraiche dans ce manoir. Le prince se demandait comment Rockwood faisait pour attirer autant de personnes sans attirer l'attention. La question le prenait au corps pendant cinq minutes...puis elle partait tout aussi vite, dans un haussement d'épaules. La question ne l'intéressait pas. La seule chose qui lui travaillait l'esprit, c'était le chemin qu'il allait prendre pour rentrer dans l'étage des laboratoires. Les hurlements ne cessaient de s'échapper des murs, lointains, soudains. Des instants de souffrance qui s'éteignaient avec la mort. Hamish soupira, que pouvait-il y faire ? La seule arme qu'il avait, concrètement, c'était un misérable miroir maudit. Alors laissons donc quelqu'un d'autres s'occuper de cette tâche délicate.

Mais un bruit, un crissement, vint chauffer ses oreilles. Et pour cause, il se trouvait non loin de lui. Ce fut la curiosié qui emporta alors ses pas. Jusqu'à l'entrebaillement de la porte, glissant un regard. L'homme avait l'impression de reconnaître ces gémissements de terreurs, il voulait être persuadé de ce qu'il savait déjà. C'est alors qu'un spectacle des plus horribles s'offrit à lui. Quelqu'un se trouvait en face d'une croix de Christ en bois...et accroché à celle-ci se trouvait Jonathan. Oui, il reconnaissait le visage de ce blondinnet qui lui en voulait d'être avec la scientifique. Sauf qu'ici, il était bien mal en point. Son vêtement avait été coupé pour dévoilé son intimité, ses mains cloués sur les pans de la Croix et un instrument de torture s'accrochait à son cou. Hamish se sentit l'envie de tourner les talons et de s'en aller très loin. Il se moquait pas mal de ce qui pouvait arriver au jeune homme si celui-ci n'était pas capable de se débrouiller par lui-même.

L'inconcevable se produisit alors. Le tortionnaire tourna le dos à la victime pour récupérer un magnifique poignard. Hamish put alors dévisager le coupable. Un souvenir lui revint alors en mémoire. Un ami, presque un frère. L'une des rares personnes à avoir connu sa déchéance et son repli. Un écclésiastique très proche de lui, une oreille attentive, un confident.

Remus. Que t-ont-ils donc fait ? Dans ce manoir où la folie rimait avec la normalité la plus précaire. Hamish se souvenait de lui comme un jeune garçon timide, à l'allure fragile. Il était heureux et fier de l'avoir dans le cercle très fermé de ses amis. Mais à présent, ce n'était clairement plus le même homme. Les ténèbres l'avaient transformé. C'était un homme fort et violent qui devant ses yeux, faisait luire son regard sadique et son sourire tout aussi sombre.

Hamish fit un pas en avant dans la pièce, totalement choqué de la transformation de son ami. Les sourcils froncés, il continua d'avancer, très lentement. Un pas après l'autre, tentant de prendre réellement conscience de la situation. Que Jonathan soit encore attaché, souffrant, c'était le dernier de ses soucis.

- REMUS !

L'éclat de sa voix grave retentit dans toute la pièce avec force. Il n'avait pas pour intention d'empêcher la mort du pasteur, mais d'empêcher que son ami ne se salisse davantage. Il était bien placé pour détester le meurtre en main propre. S'approchant un peu plus, le jumeau du dauphin s'empara du poignard et le posa simplement sur la table la plus proche.

- Remus, mon ami, ça fait si longtemps ! Détache...Jonathan c'est ça ? Détache le, qu'on puisse refaire connaissance. Tu as une mine si...horrible, pardon de te le dire.

Croisant les bras, il l'observa avec un regard insistant et un peu inquisiteur. Non, Hamish n'allait pas faire le moindre geste pour joindre sa parole. Il n'était pas content et son visage le montrait bien, malgré que ses paroles soient aimables et ouvertes. Que son ami se salisse ainsi...il n'aimait pas ça. Mais alors pas du tout. Bien que cela ne soit pas censé être son problème.

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MessageSujet: Re: Arcane Perfection. [-18] [Fini] Mer 20 Avr - 18:51



Arcane Perfection.

« ARCANE ILLUMINATION. »

Remus s’apprêtait à abattre son arme sur le torse de Jonathan, le sauvant aux yeux de son esprit fou, quand il fut interrompu par une voix derrière lui. Qui osait l’appeler par son prénom. Chose rare. Même Rockwood ne l’appelait pas comme ça. Son visage se tordit de rage. Qui Diable osait le déranger ainsi en lui manquant visiblement de respect, aussi de par sa nature de Brute mais de cardinal. Il tourna rapidement la tête, la pointe de sa lame à quelques centimètres de la peau du pasteur. Et l’homme qu’il vit s’approcher de lui le figea sur place, glaçant son visage dans une expression de surprise et de choc, la mâchoire pendante. Si Jonathan était toujours conscient, il avait pu voir l’éclat électrique dans les yeux de Remus changer radicalement de message. Le cardinal regarda Hamish avec un air presque effrayé et ne broncha pas quand il retira le poignard de son poing, son bras restant même en place. Hamish. Il ne savait même pas qu’il était ici. À en voir sa tenue, il devait être très probablement une Brute, lui aussi. Même si, visuellement, il devait être plus en forme que l’Italien. Ce dernier baissa les yeux et le bras, n’osant croiser le regard de son vieil ami qui commença à lui parler.

Le regard de Remus devint fuyant tandis que le cardinal soupira en écoutant l’ordre d’Hamish ainsi que son commentaire sur son visage. Cela faisait un moment qu’il ne s’était pas regardé dans un miroir en détail. Juste rapidement histoire de raser sa barbe proprement mais c’était bien tout, il ne faisait pas attention au reste. Quant à détacher Jonathan… Le Prince avait toujours eu un ton autoritaire, froid et détaché mais étrangement, cela sonnait différemment aux oreilles de Remus qui jeta un regard à sa victime. Un regard fort étrange où il n’y avait plus once de haine ni de rage. Il y avait encore la colère mais elle ne lui était plus destinée. Le cardinal serra les poings et releva le menton. Il regarda son ami d’enfance, les yeux vides de toute gentillesse, de tout ce qu’il avait pu être avant. Le Remus qu’Hamish avait connu était sûrement mort. Il lui avait suffisamment lécher les bottes pendant leur jeunesse, il l’avait assez couvert lors de ses fugues, il avait tout fait pour venir à Londres le plus souvent, se mettant l’Église parfois à dos. Mais Hamish n’avait jamais été là pour lui et maintenant, c’était trop tard. Il serra les poings, sur ces cicatrices qui lui traversaient le dos et la paume de chaque main.

Il se mordilla la lèvre inférieure avant de détourner le regard pour s’allumer une nouvelle cigarette qu’il tira dans les secondes qui suivirent. Son regard redevenant sombre et mauvais, il lui fit un grand sourire malsain, découvrant ses dents jaunies, tandis que la fumée s’en échappait gracieusement. Il releva le menton pour regarder son ami de haut avant de lui dire d’une voix éraillée par le tabac :

- Je fais ce que je veux avec le pasteur. Étant une Brute, je reçois mes ordres personnellement de Rockwood, « mon ami ».

Oui cela faisait longtemps. Tellement longtemps que Remus agissait comme s’il ne le connaissait pas. Trop longtemps qu’Hamish profitait de lui et il agissait toujours comme si de rien n’était. Non. Il avait aimé cet homme. Peut-être l’aimait-il toujours. Mais à cet instant non. Il le méprisait. Sa vue même de son air parfait et suffisant le dégoûté. Il planta son regard électrique dans ses yeux verts et relâcha une nouvelle fois sa fumée en direction du visage du Prince, oubliant complètement Jonathan à leurs côtés.
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MessageSujet: Re: Arcane Perfection. [-18] [Fini] Jeu 21 Avr - 22:31



Arcane Perfection

« Tu quoque, mi Fili ? »



La joie immense de revoir son vieil ami s'était résorbé sous l'horrible surprise de sa transformation. Cela lui faisait de la peine de le voir comme ça, mais il n'avait pas tellement le don de montrer ses émotions. Tout ce qu'il voulait, c'était qu'il lâche ce pauvre pasteur pour ensuite aller prendre un café dans une salle de lecture, comme au bon vieux temps. Il ne lui fallut pourtant pas longtemps pour croiser le regard de Jonathan qui le fusillait sans armes. Poussant un long soupir, il reposa ses yeux sur Remus -la colère s'était échappé de celui-ci pour n'être que tristesse. Hamish ne comprenait pas. Il était pourtant là ! Son vieil ami, depuis si longtemps qu'ils ne s'étaient pas vu. Quand le Dauphin avait décidé de rester à Londres pour veiller sur son amie un peu farfelue. Cela lui avait fait une piqure au coeur d'avoir du l'abandonner. Il aurait rêvé découvrir l'Italie, ses richesses et sa splendeur. Mais quelque chose de plus profond l'avait retenu en son coeur. C'était comme ça, et il ne fallait plus y penser. Les choses s'étaient faites.

Quand la phrase de Remus lui gicla à la figure, Hamish ne sut clairement pas quoi en penser. Troublé par la haine manifeste de son vieil ami, il eut une expression d'incompréhension sur son figure. La fumée que le cardinal lui renvoya à la figure n'arrangea rien; il dut s'écarter pour tousser dans un coin, détournant la tête. Sa gorge toussa toute l'intrusion abusive de ses volutes blanches. Il fut même obligé de faire quelques pas en arrière pour mieux pouvoir se pencher en avant. Qu'est-ce qu'il pouvait ne pas aimer la fumée.

- Tu ne fumais pas avant...c'était mieux...

Hamish se redressa le plus dignement possible et le regarda droit dans ses yeux bleus à son tour. S'il voulait jouer à ça, alors ils seraient deux. Le Dauphin n'avait jamais eu peur des confrontations de ce genre. Sa main se posa alors avec douceur et tristesse sur l'épaule de Remus, pour poursuivre.

- S'il te plait, j'aimerai qu'on aille prendre un café ensemble.

Jonathan sentit le rouge lui venir aux joues, devant tant d'impertinence. Il ne voyait donc pas qu'il était attaché ? Que la vie doucement s'écoulait de toutes les plaies que pouvaient posséder son corps ? Que la dignité de sa personne ne tenait qu'à un maigre fil ? La colère lui fit oublier toute sa douleur -ou l'emplifia davantage. Mais cette fois, c'était Hamish qui était son bourreau. Il avait envie d'étriper cette gueule de suffisance qui se permettait de tout prendre sans que rien jamais ne lui soit arracher. Simplement lui cracher à la figure tout en lui retournant toute la souffrance qu'il causait. Il n'était qu'un noble de pacotille...mais il était grand, il était bien fait, altier. Sa confiance en lui-même transpirait et sa démarche était royale. Il n'y avait pas photo...personne ne pouvait apprécier le pauvre petit mal bâti qu'était le pasteur. D'un véritable bossu, il ne lui manquait que l'excroissance.

- Ne lui faites pas confiance ! C'est un idiot, un hérétique ! Il ne fera que vous détruire en vous prenant tout !! (Il s'adressa au Prince Jumeau) Je refuse d'avoir une dette envers vous !!

Le pasteur plaqua son regard azur sur la figure pleine d'incompréhension d'Hamish. Il avait comme oublié son bourreau, reportant toute sa rage sur celui où sa haine était plus forte. Le Dauphin ne pouvait pas lui dire que c'était faux. Après tout, il n'était pas très croyant. Quant à détruire...Il soupira, comment faire pour le faire taire à propos du choix -si choix il y avait eu, de Kathleen. Une idée lui vint alors, comme un éclat de lumière dans son esprit engourdi. Hamish se retourna et prit  d'une main agile, le couteau de Remus. Le tendant à ce dernier, il montra Jonathan du coin de la tête. Il était certain que ce n'était pas le premier meurtre de son vieil ami, alors qu'importe.

- Bon...fait ce que tu as à faire à la limite, c'est vrai que je n'ai pas d'ordre à te donner...Mais que ce soit vite fait. Je ne sais pas ce qui t'es arrivé, mais je veux l'apprendre. Je veux qu'on parle, que tu m'expliques...

Où était passé ton innocence. Hamish n'offrit aucun regard à Jonathan qui, lui, commençait à très sincèrement avoir peur du couteau et du couple de Brutes. Le voilà dans une situation plus que compromettante. Alors il ferma les yeux, terrifié, et pria son Dieu.

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MessageSujet: Re: Arcane Perfection. [-18] [Fini] Ven 22 Avr - 0:36



Arcane Perfection.

« ARCANE ILLUMINATION. »

Remus regarda Hamish tousser pour évacuer la fumée de la cigarette de ses poumons sans broncher. Il reçut la petite remarque de son ami sans sourciller. C’était plutôt bien qu’il note ceci. Mais aussi parfaitement inutile. Le cardinal savait très bien qu’il avait commencé à fumer après la dernière fois où les deux amis s’étaient vus. Et c’était mieux, sûrement pour lui et ses poumons royaux. Pour l’Italien, cela le soulageait énormément. Alors, certes, il fumait énormément et il en était conscient mais il n’en avait grand-chose à faire. Bref. Remus regarda avec tout le mépris dont il était capable, Hamish lui supplier d’aller boire un café mais le cardinal n’en avait nullement envie. Il ne répondit rien, continuant de le fixer avec un œil noir, expirant sa fumée. Non, il n’avait absolument pas envie de se retrouver en tête à tête avec lui après 14 ans. Il allait répondre d’aller se faire voir quand il vit du coin de l’œil Jonathan s’agitait. Il tourna la tête vers lui et vit le regard furieux du pasteur qui semblait être dirigée vers Hamish. Sans comprendre il fronça les sourcils et laissa sa victime éructer des mises en garde contre le Prince ainsi que des menaces. Remus ricana doucement, le regard toujours méprisant à l’égard d’Hamish avant de soupirer tristement.

- Je le sais déjà, petit pasteur, ne t’en fais pas… Cela fait presque vingt ans qu’on se connaît, maintenant. Il a déjà tout détruit ce qu’il a pu détruire.

Un éclat mauvais apparut dans l’azur terni des yeux de Remus, fixant toujours son vieil ami. Oui il l’avait détruit quand il avait décidé de rester avec sa nouvelle amie dont le cardinal n’avait même pas voulu savoir le nom. Il aurait tout fait pour lui, il se serait débrouillé pour qu’il vienne vivre à Rome avec lui, qu’il puisse avoir une chambre. Il lui aurait payé s’il l’avait fallu. Il aurait travaillé jour et nuit pour qu’Hamish se sente enfin libre. Mais ce dernier avait préféré rester enfermé dans la prison londonienne. Il avait s’enchaîner à une femme nouvellement rencontrée, balayant de la main tout ce qu’ils avaient pu vivre ensemble. Remus soupira de nouveau et passa les doigts sur les cicatrices de sa main gauche qui le brûlaient rien que de penser que tout cela était de sa faute. Il regarda Hamish lui donner le poignard et l’écouta attentivement. Il voulait qu’il tue le pasteur ? Sérieusement ? Il serra fort le manche entre ses doigts, regardant rageusement le Prince devant lui, se demandant ce qu’il le retenait de le poignarder lui et non pas le pasteur sur la croix. Il dit alors sur un ton catégorique :

- Je ne veux pas qu’on parle.

Il regarda alors Jonathan, le visage dur mais pas agressif. Il se détourna alors et partit chercher un marteau qu’il tendit à Hamish.

- Toi aussi tu as changé. Je ne te pensais pas capable de laisser mourir un homme. En revanche, ton air condescendant, tu ne l’as pas abandonné, lui.

Il fit un coup de tête en direction à Jonathan.

- Libère-le. Je lui avais dit que je lui laisserai la vie sauve.

C’était à lui de donner les ordres maintenant. Le regard mauvais et furieux, il continua de tendre le marteau.

- Et applique-toi.
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MessageSujet: Re: Arcane Perfection. [-18] [Fini] Mer 4 Mai - 11:18



Arcane Perfection

«Tu Quoque, mi Fili ?.»

Jonathan se retrouvait au milieu de ces retrouvailles avec une furieuse envie de disparaître dans un sommeil profond. Cette abominable souffrance qui lui saignait le cou, les mains, tout son corps jusqu'au creux de sa dignité. Tout ceci n'était pas assez pour le faire s'évanouir. Mais il était partagé dans l'envie de s'oublier dans les ténèbres d'un sommeil sans rêve et celui de rester réveillé. Pourquoi ? Car il ne supportait pas l'idée de faire preuve de faiblesses face à ce noble de pacotille. La température grimpa soudainement quand il vit que celui-ci avait décidé qu'au final, sa mort ne comptait pas pour grand chose. Il avait fermé les yeux et pria le Seigneur jusqu'à entendre cet homme habillé en cardinal. Une certaine souffrance pouvait s'entendre dans sa voix, quelque chose que Jonathan n'aurait jamais soupçonné dans le coeur de cet monstrueuse personne. Malgré tout, entre le cardinal et Hamish, Jonathan savait parfaitement pour qui sa haine première était voué. Le pasteur garda les yeux ouverts et se maudit cette soudaine faiblesse qui l'avait étreint. Oh, il ne savait plus ce qu'il pensait, ce qu'il se disait, il voulait juste que tout ceci se termine. Ses yeux se brouillaient au fur et à mesure que le sang s'écoulait. Il ne voulait pas mourir ici, pas devant eux.

Hamish, quant à lui, observait le manche de marteau avec un air circonspect. Pourquoi ce serait à lui de lui fracasser le crâne avec ? Puis il n'était pas de ce genre là. Un poignard, passe encore, la blessure reste propre, même si le sang qui en giclait ne l'était pas. Mais un marteau, c'est barbare. Puis, il repensa aux paroles de Remus. Quand donc l'avait-il brisé ?! Lui en voulait-il toujours d'avoir refusé de partir à Rome avec lui ? Le Dauphin se mordit la langue, agacé. Sérieusement, cela faisait peut-être quinze années maintenant, il y avait prescription. Surtout qu'il l'avait fait pour une bonne raison et que cela lui avait permis de venir dans ce manoir. D'être enfin en paix ici avec lui-même et son identité. Ici où il n'avait plus à se cacher. Prenant donc le marteau sans comprendre, ce ne fut que lorsque son vieil ami parla qu'il comprit. Libérer le pasteur lui-même ? Bah, s'il y tenait. Hamish haussa en même temps les épaules vaguement avant de s'atteler à la tâche. Jonathan n'était pas en grande forme, et ça se comprenait. A savoir s'il s'appliquait...disons qu'au moins le travail était fait et que Jonathan ne perdit pas plus de sang à l'aller qu'au retour. Son corps s'effondra sur le sol tandis que le pasteur serra ses mains entre elles, comme une prière.

La souffrance des clous retirés de ses mains ne furent pas plus forte que la honte qui l'étraignait. Jonathan portait les mains à son coeur, en position feotal dans laquelle il était tombé. Face contre terre. Pourquoi lui ? Pourquoi le cardinal avait porté le dernier coup de sa violence sur sa dignité ? Jonathan se redressa, les yeux remplis d'une rare haine qu'il avait lentement développé aux contacts des différentes Brutes du manoir. Pourtant, il n'offrit pas le moindre regard à Hamish, trop honteux d'avoir été libéré par lui. Les jeux du Seigneur sont souvent incompréhensible, mais pourquoi fallait-il qu'Il soit si cruel ? Jonathan chercha le regard du cardinal sale pour lui crier:

- POURQUOI LUI ?! Pourquoi il a fallut que vous l'obligiez à me libérer ?! Vous n'étiez pas foutu de le faire vous-même ? Je n'ai pas de dettes envers lui ! VOUS M'ENTENDEZ !? JE N'AI PAS DE DETTE ENVERS CE MONSTRE ! Vous pouviez me libérer...vous aviez le marteau...pourquoi...ALLEZ TOUS EN ENFER, PAR SATAN !!

Se tenant toujours les mains, il luttait pour que les larmes ne viennent jusqu'à ses joues mais c'était bien trop tard. Tandis qu'il exultait, n'importe qui le connaissant aurait pu pleurer avec lui la disparition de cet homme qu'autrefois tout faisait sourire comme un idiot. Mais rien ne reste pur dans le Manoir, pas même les Anges et les simples d'esprit. Serrer les poings lui faisait souffrir le martyr, mais essayant de garder un peu de dignité, Jonathan replaça une mèche sur son visage. Puis il s'enfuit, comme la bête traquée qu'il pouvait être. Il partit simplement, marchant vite sous le coup de la colère. Concrètement, ce n'était pas une fuite, vu que n'importe qui à ce moment précis aurait pu le rattraper. Mais à ses yeux, il savait que cela en était une. Qu'il ne pouvait plus être en présence de son bourreau et pire encore, sous les yeux de son prétendu sauveur. Il le haïssait tellement. Qu'il serait tellement bon de tous les tuer dans le feu. De voir leurs visages doucement noircir...comme leurs âmes.

- Je ne vois pas de quoi il se plaint. Il devrait être reconnaissant d'être en vie.

Lâcha laconiquement Hamish tout en le regardant partir. Cela n'avait pas été un immense effort que de la libérer, mais supporter ses hurlements en était un bien pire. Oh, il savait les supporter d'ordinaire, vu qu'il pouvait même dormir tranquillement sur une chaise alors qu'il en entendait autour de lui. Il soupira et posa délicatement le marteau sur la table à côté de lui.

- Pouvons-nous à présent parler ? J'ai compris que tu m'en voulais pour quelque chose, et j'aimerai savoir quoi. Tu m'en veux encore pour une affaire vieille de quinze ans ? S'il te plait...on est adulte, on peut passer à autre chose. Je n'aurai pas pu faire meilleur choix. Grâce à ça, j'ai pu intégrer ce Manoir sous l'aile de Rockwood.

Oui. Hamish devait être l'une des uniques personnes dans ce manoir à être heureux d'y être enfermé. Kathleen aussi, appréciait grandement cette bâtisse. Ils se ressemblaient effectivement beaucoup. Souriant avec douceur, Hamish se rapprocha de son vieil ami et fit, perdant alors son sourire:

- Je t'ai envoyé tellement de lettres...mais tu ne m'as jamais répondu...
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MessageSujet: Re: Arcane Perfection. [-18] [Fini] Jeu 5 Mai - 1:12



Arcane Perfection.

« ARCANE ILLUMINATION. »

Remus resta interdit et regarda Hamish prendre le marteau, ne faisant pas tellement attention à l’air renfrogné de Jonathan. Il continuait de regarder son ancien meilleur ami droit dans les yeux, les yeux accusateurs. Le visage innocent et surpris du Prince l’agaça profondément. Comme s’il ne comprenait pas d’où venait la rancœur du cardinal. Mais il était vrai qu’il ne pouvait pas savoir, après tout. Il n’avait pas pu imaginer qu’en restant avec sa fille, il l’avait condamné. Que Remus ait été blessé pour lui, l’avait couvert de son sang, de sa dignité, de son humanité. Quoique non. Il ne lui avait pas donné son humanité. Depuis ce jour-là, il n’avait jamais été plus humain. Dans son imperfection et sa cruauté. Il avait cessé de suivre la voie de Dieu depuis un moment. Cessé d’essayer de lui ressembler. De se dire que l’innocence et la bonté seraient son Berger afin de le guider dans cette mer de souffrance et dépravation. De trahison et de cruauté. Mais jamais il n’avait trahi, lui. Jamais il n’avait craché sur une relation forte entre deux âmes. Et malgré la rancœur qu’il avait développée, il ne pouvait pas détester Hamish. Il lui reprochait certes d’être resté et les conséquences qui s’en sont suivies mais il ne pouvait pas le haïr.

Il soupira doucement en regardant le corps de Jonathan s’effondrer par terre. Il avait la triste impression de se voir quand on l’avait lui-même détaché de la croix, se surprenant à avoir presque de la pitié pour lui. Puis le petit pasteur se retourna et son regard cloua Remus sur place. Il avait une détestable impression de déjà-vu, ses mains lui firent soudainement mal. Le regard qu’avait Jonathan, il le savait, était exactement le même que le sien dans sa situation. Ce mélange de rage et de douleur. De souffrance et de haine. De cette innocence et cette pureté brisées, blessées, meurtries. Puis le pasteur vociféra sa colère. Comme quoi cela aurait dû être à lui de le libérer. Qu’il ne voulait pas avoir de dettes envers Hamish. Il le regarda droit dans les yeux, le regard fermé, les sourcils froncés. Puis le mot « monstre » résonna dans la salle de torture. Remus ne comprenait plus. À qui s’adressait-il ? C’était lui le monstre, après tout. Lui qui l’avait obligé à chanter alors qu’il était crucifié. Qu’avait donc fait Hamish si c’était de lui dont il parlait ? Les lèvres du cardinal s’ouvraient et se refermaient comme si ce dernier avait voulu dire quelque chose mais aucun son ne fut produit. Il n’avait rien à lui répondre. Il le regarda alors se relever et s’enfuir dans les couloirs. Jamais encore dans ce Manoir Remus n’avait senti une telle impuissance. Ses yeux scintillaient presque par les larmes montantes.

Il entendit la voix d’Hamish lui dire qu’il n’avait pas compris non plus la situation. Mais le Dauphin s’était arrêté au côté premier degré de la chose. Mais Hamish ne comprenait rien de toute façon. Il ne voyait que le côté pratique, l’état physique sans se douter qu’il y a une âme derrière ces yeux. Qu’il y a un cœur, sous cette poitrine. Des sentiments. De la fragilité. Il serra doucement le poing et essaya de se calmer. Mais Hamish reprit malheureusement son monologue. Malheureusement pour eux deux. Car les nerfs du cardinal étaient à deux doigts de lâcher. Les mots vinrent le fouetter avec une telle violence qu’il en ferma les yeux, ayant l’impression que son cœur saignait vraiment. Il n’avait pu faire le meilleur choix… Ils étaient adultes maintenant… Remus se demanda si un jour, le Prince avait eu moins de mépris que cela à son égard. Il rouvrit ses paupières et braqua ses yeux azur dans ceux d’Hamish, sans aucun éclat.

- Tu ferais mieux de te taire Hamish. Nous avons grandi effectivement. Nous sommes des adultes, effectivement. Mais ton arrogance ne m’est plus supportable. Je trouve ça inacceptable de dire que tu as fait le meilleur choix. Tu l’as fait pour ta gueule, il n’y a toujours eu que ta gueule. Tu n’as jamais pensé aux sentiments des autres ! Pas même les miens ! Ni même ceux de Jonathan apparemment ! Tout ce qui compte pour toi, c’est ta femelle et ton cul !

Il inspira alors, les yeux exorbités par la rage qui avait crû durant son monologue. Il essuya rapidement ses lèvres pour effacer les rapides potentiels postillons dont il en avait déjà envoyé quelques-uns dans sa colère.

- Si je ne t’ai pas répondu Hamish, c’est que je ne pouvais pas. De toute façon, j’ai brûlé tes lettres, maintenant.

Ce qui était vrai. Il les avait regardées brûler lentement dans sa cheminée avec une étrange satisfaction.

- Maintenant dégage, j’ai dit que je ne voulais plus te parler, je n’ai rien à te dire.

Il se massa instinctivement les cicatrices de ses paumes et finit de fumer sa clope, attendant sagement qu’Hamish se pousse du chemin pour le laisser passer et ainsi, tourner la page.
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MessageSujet: Re: Arcane Perfection. [-18] [Fini] Jeu 5 Mai - 9:38



Arcane Perfection

«Tu Quoque, mi Fili ?.»

Hamish prit les paroles de Remus en plein coeur. Il avait tellement eu l'habitude de voir l'âme des gens à travers un miroir, qu'il en avait très certainement occulté tout ce qui était véridique. Le Dauphin avait oublié que sous les ténèbres, il y avait des raisons qui les y poussaient. Doucement, il soupira, le monologue le laissant rouge de honte et incapable de répondre. Que pouvait-il répondre de toute façon. Remus lui avait demandé de se taire et c'est ce qu'il ferait. Hamish avait l'impression de manquer quelque chose, d'être le dernier arrivé comme il l'avait toujours été. Oui, il avait fait le meilleur choix pour lui-même, le sous-texte était évident. Quand à ne pas faire attention aux sentiments...Hamish n'avait savait pas ce que lui-même en penser. Car l'émotion amène le tourment, la connaissance apporte le contrôle, la sérénité extérieur est une protection, l'harmonie évidente de ta démarche démontre courage et force, car l'émotion conduit à la mort. Après tout, Hamish n'aurait du jamais existé, est-ce qu'il semblait au moins s'en souvenir ? Se détournant pour que son visage se dégage de la lumière des bougies, il passa une main sur la cicatrice de son torse.

Il n'aimait pas ça. Cette remise en question qui l'ébranlait dans des convictions si longues à être apprise. Ne fait pas de vagues. Reste sage. Silencieux. Sois une statue. Cache toi. Le décor doit être ton nouveau visage. Les sentiments, il avait essayé de les combattre pendant si longtemps. Sachant qu'il pouvait mourir à tout moment ou faire mourir tout le monde autour de lui dans un claquement de doigt de ses parents, Hamish ne s'était jamais attaché à personne. Ce n'était pas ses rencontres d'une nuit qui allait changer les choses. Les souvenirs lui revenaient péniblement en mémoire. Cet homme qu'il avait sauvé du suicide. Remus, la première personne à qui il s'était véritablement amicalement lié. Si seulement il était resté en Angleterre. Et puis, il y a eu Kathleen. Mais découvrir l'amour  avec une personne aussi froide que lui-même n'était certainement pas la meilleure chose qui pouvait lui être arrivé. Mais ceci, il n'y pensait pas. Il pensait juste à Remus, là tout de suite, à son meilleur ami qui à présent le haïssait. Le Dauphin n'avait rien à répondre. S'il n'avait jamais regardé son propre reflet, ce n'était peut-être pas pour rien. Il sentait qu'il y avait anguille sous cette fausse perfection, cette facade, ce masque de froideur. Les lettres avaient été brûlé et là tout de suite, c'était Hamish qui se sentait bruler et qui n'avait qu'une seule envie: partir.

Mais il ne pouvait pas partir comme ça, malgré la volonté de Remus. Il ignorait ce qui poussait dans le coeur du cardinal, mais Hamish ne devait pas se restreindre. Alors que la Brute attendait clairement que le Dauphin s'écarte de son chemin, ce dernier prit sa main et la serra. Il y sentit des cicatrices qui le laissèrent glacé de l'intérieur. Ce qu'il faisait subir aux autres comme à Jonathan, c'était ce qu'il avait lui-même subi. Dans quel circonstance ? Pourquoi ? Mais Hamish ne fit que froncer les sourcils, tout en regardant dans les yeux de Remus:

- Tu es le seul meilleur ami que j'ai pu avoir dans ma vie. Je sais que ça ne veut rien dire pour toi mais pour moi c'est beaucoup, même si tu ne me crois pas. J'espère...oui, j'espère qu'un jour, nous pourrons nous reparler amicalement...

Sur ces mots, Hamish lâcha sa main et prit son miroir de la poche interne de sa longue veste bleu. Le retirant de son enveloppe sale, glace face contre terre, il soupira:

- Les âmes de ce monde, je ne les vois qu'à travers ce miroir, c'est vrai. Ou plutôt, dans le reflet des yeux de ceux qui y regardent. Et ce n'est pas joli.

Mais ce n'était pas ce qui l'intéressait. Remus avait déjà fait son choix. Alors, baissant la tête, tenant son miroir d'une main et le chiffon sale de l'autre, le Dauphin s'avança vers la sortie. Si lui-même refusait de regarder le reflet de son regard dans le miroir, comment pouvait-il s'atteindre à ce que des gens le fassent ?

Était-ce la début de la fin ?
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Arcane Perfection. [-18] [Fini]

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