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Mein Herz Brennt. [Downcry & Mr. Lefèbvre] [Fini]

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MessageSujet: Re: Mein Herz Brennt. [Downcry & Mr. Lefèbvre] [Fini] Sam 25 Oct - 11:46


Mein Herz Brennt



Mes pensées continuent de vrombrir dans ma tête, s'ensuivant la lignée de mes veines, les couvrant d'une électricité qui n'était pas des plus agréables. Ce corps pesait lourd entre mes bras, mais au final je m'en fichais. Savoir qu'on souffrait était également une manière de se savoir encore en vie. Mentalement. Et c'était bien l'une des choses que j'avais le plus besoin de savoir. Juste sentir une réalité contre moi qui puisse défaire la mienne entre ses longs doigts. Quel créature que tu sois, je m'en porterais garant pour l'éternité si tu m'offrais cette compagnie que je recherche. Cet alter-ego que je crois être mon Graal. Mais est-ce seulement possible ? Qu'est-ce que ce qui me prends à penser tout cela...à vrai dire, je n'ai pas grand chose de mieux à faire, tandis que je tenais Jules entre mes bras pour qu'il ne s'âbime pas davantage ses jambes et le reste de son corps. Approchant du sous-sol, c'est sans délicatesse que j'ouvre le laboratoire d'un grand coup de pied. Cet action de haut vol me fit éclater d'un rire grandiose, ne me demandez pas pourquoi.

Je ne prends le temps de la refermer, car le corps au creux de mes bras commence à faire fourmiller dans mes sangs le tremblement de l'épuisement. Le déposant donc avec une certaine délicatesse toute opposé à la violence dont j'avais pourvu la porte, je m'en retourne pour fermer cette dernière. Tous les badaux gluantes de ce manoir n'ont pas besoin de voir ce qu'il s'y passe. L'absence de David pour le rangement se faisait cruellement sentir, si bien qu'il n'était pas anodin de se retrouver avec des morceaux de cervelles coincés encore sous la table. Des tâches de sang frappant le mur s'étaient retrouvé à sécher tout en regardant leur corps d'origine se faire martyriser par tant de manières. La colère demandait un catalyseur pour être expulser, surtout quand cette colère se fait éternellement enfouie dans un nuage de douleurs mentales. A moins que l'une ne soit la conséquence de l'autre ? Ce genre de question ne m'intéresse pas. Je ne prends le temps de changer de chemise, malgré la présence de sang frais sur celle-ci et une manche manquante.

Oui, au sous-sol.

C'est d'une voix absente que je lui réponds inutilement. Bien sûr au sous-sol. Mon laboratoire ne se trouve pas encore au grenier. Heureusement d'ailleurs, vous imaginez le calvaire ? En été, la poussière condensée la chaleur pour rendre l'atmosphère irrespirable. Cette même poussière serait horrible pour les opérations. Je ne suis déjà pas bien doué...

Je fais l'inventaire de ses blessures, peut-être qu'il m'en manque, que je n'arrive pas à tout déceler. Etrange tout de même que je puisse découvrir la moindre douleur dans le cœur d'un animal, mais qu'un humain me laisse aussi perplexe qu'un problème irrésoluble. Je donne à mon brave patient une goutte d'anesthésiant à travers une pipette dans sa bouche que je tiens ouverte. Essayant alors de tenir toutes mes connaissances médicales dans mon esprit, je m'attache à défaire sa chemise pour observer toutes les blessures. Je dépose sur ses plaies du désinfectant, nettoyant la moindre des petites blessures que je peux voir à travers mon regard. Une à une, j'enlève ces petites échardes qui étaient la malheureuse conséquences de sa chute. En d'autres termes, j'essaie de le soigner, tout en priant de ne rien oublier. Comme je ne cessais de le dire, je ne suis pas médecin, mais un foutu vétérinaire. Alors à moins que j'en vienne à considérer l'homme comme un animal...ce qui serait impossible. L'animal est trop bien pour l'être humain.

Après avoir fait ce que je pouvais faire, j'observai Jules de toutes ces coutures. Il n'était pas dans le manoir depuis longtemps, c'était une évidence flagrante. Peut-être même qu'il venait tout juste d'arriver. Et si sa chute avait été son entrée ? Qui voudrait venir ici de son plein gré ? La ferme, Harry.

Tout va bien se passer, j'ai fait de mon mieux. Mais il va tout de même falloir que vous vous reposiez encore. Beaucoup de vos blessures demandent du temps, votre jambe par exemple.


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MessageSujet: Re: Mein Herz Brennt. [Downcry & Mr. Lefèbvre] [Fini] Dim 26 Oct - 11:42


Mein Herz Brennt



La première chose qui parvient à frapper mes sens étourdis alors que je franchis le seuil de la pièce, c'est l'odeur. Humaine, renfermée, charnelle. Je me dis – il y a eu des morts dans ce lieu. Ou il y a eu des coups ou il y a eu du sang. Mon cœur se met à cogner contre ma poitrine. Je ne veux pas rester ici. Je ne veux pas je ne veux pas je ne veux pas. L'homme me glisse un peu de liquide entre les lèvres. Bon ? Poison ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Il a l'air de vouloir m'aider – mais alors pourquoi, pourquoi m'emmener dans un endroit pareil ? Je veux garder cette chose dans ma bouche pour la recracher plus tard, mais elle se mêle à ma salive et je finis par l'avaler sans vraiment y avoir pris garde. Je me sens peu après – enfin, je crois que ce n'est pas longtemps plus tard – bizarrement mieux. Pas poison, alors ? Je reprends un peu confiance.

Je le laisse brûler ma peau avec... Je ne sais pas exactement quoi. Rose faisait cela aussi lorsque je me faisait mal. Je n'ai donc rien à y redire. Étendu sur le dos, des frissons parcourant ma poitrine mise à nu, je fixe tour à tour les murs et le plafond. Depuis ma longue descente dans le noir, j'ai un peu repris mes esprits. Mes yeux cessent de faire les capricieux. Et je le vois – je le vois, le sang sur les murs. Je. Le. Vois. Le parfum ne trompe pas, de toute manière – il ne trompe jamais. Cela, au fond, ne me pose pas tant problème – jusqu'à ce que j'entende ses paroles. Me reposer ? … Rester... Ici ? J'ouvre de grands yeux apeurés. Il va me laisser là, n'est-ce pas ? Dans le noir. Ils font tous cela. Il va me laisser seul, j'en suis sûr. M'enfermer dans le sang séché. M'enfermer dans les murs qui ont bu le sang et l'ont noirci de temps. Mon cœur, toujours. Il cogne contre mes côtes blessées et c'est une sensation pour le moins très, très douloureuse. Il n'a pas le droit il n'a pas le droit il n'a pas le droit. Je n'ai pas couru à travers Londres ni n'ai chuté à travers le toit de ce manoir pour en finir là, dévoré par le sang noir qui a giclé sur les murs. Je ne sais pas ce qui s'est passé ici mais je ne veux pas je ne veux pas je ne veux pas rester là.

J'attrape sa main.
Plante mes ongles dans sa chair blanchâtre.
Je m'agrippe à lui.
Et je lui dis – je lui dis ce que n'importe quel être sensé aurait compris sans que je le dise –

« Harry, ne – ne me laissez pas ici. Il y a trop de sang, trop de sang sur les murs, ils me voudront du mal, vous le savez qu'ils me voudront du mal. Vous le savez, alors... Ne me laissez pas seul avec eux... »

Mais il ne va pas comprendre. Ils ne comprennent jamais. Je sais que mes yeux brillent d'angoisse, je sais que ma peur est réelle, mais eux, ils ne voient jamais, jamais rien.






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MessageSujet: Re: Mein Herz Brennt. [Downcry & Mr. Lefèbvre] [Fini] Dim 26 Oct - 15:43


Mein Herz Brennt



Pourquoi je prenais autant soin de sa personne, moi qui était reconnu comme étant l'un des scientifiques les plus monstrueux de tout le manoir ? Ne se plaisant qu' à ressentir la haine dans les échos de mes victimes. Je ne saurai réellement le dire. Voilà des semaines que je n'avais pas vu d'êtres capable de m'offrir une réelle conversation. Mais n'était-ce que cela ? N'y avait-il pas, caché sous la peur de la solitude, quelque autre rapport ? Après tout, si j'avais été un meilleur médecin, oubliant ma folie savante, l'on ne m'aurait pas donné d'assistant. Rien de tout cela ne serait alors arriver. J'aurai été seul, oui. Pendant longtemps. Très longtemps. Mais rien n'aurait alors dérapé de la route peinte. J'aurai pu Le retrouver après toutes ces errances. En quelques sortes, ma patience aurait été récompensé. Et tout aurait bien été dans le plus noir des enclaves qu'était ce manoir.

Il s'aggripe alors à ma peau. Me fait mal. Sans s'en soucier le moins du monde. Une colère relative s'empare de ma peau tandis que j'essaie de retirer ma main en douceur. Il me parle de sang, avec cet air complètement fou dans le regard que j'ai vu tant de fois dans les yeux de ces autres. Malgré sa toute récente entrée ici, il semble déjà bien assez empoisonné par l'agonie des lendemains sans espoirs. Je soupire et n'hésite pas à arracher ma main à son entrave. Qu'importe s'il se mette à chialer comme un simple enfant. Je n'ai pas que cela à faire. Je n'ai sauvé la vie, je dois retrouver Felix maintenant. Mais ses remarques me font sourire d'un air désabusé. Je savais être un mauvais nettoyeur, et qu'il vallait mieux ne pas me rendre visite sans m'avoir prévenu, mais tout de même. Je m'approche alors à son oreille et susurre :

Ce sang, c'est moi qui l'ait fait couler.

Et si encore d'aventures tu viendrais faire connaître tes droits à mon juge, nul doute que ce sera à présent le tien qui fuitera de ta carotide. Lancinante veine. Mon regard rencontre le sien. Sa terreur ne m'amuse même plus, je suis las de tout cela. Las des ombres que je croise dans le manoir, ne méritant pas même le titre d'être. Las de la solitude qui me dévore dans la même ronde du temps. Infernal ce temps qui lentement me dévore, ma peau, mon corps, mon esprit.

La seule personne qui est donc susceptible de te faire du mal en les murs de mon laboratoire...c'est celle que tu as en face de toi. Donc reste tranquille, où je t'attache.


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MessageSujet: Re: Mein Herz Brennt. [Downcry & Mr. Lefèbvre] [Fini] Dim 26 Oct - 17:17


Mein Herz Brennt





« Ce sang, c'est moi qui l'ait fait couler. »

Peut-être le résident permanent du manoir espérait-il faire tenir Jules tranquille en l'impressionnant par ces mots qui contenaient une menace latente. Peut-être n'y avait-il là que pur sadisme. Quoi qu'il en fut, ces paroles furent très bien perçues par le jeune Lefèbvre qui en parvint rapidement à deux conclusions. D'une part, il se tenait face à un homme qui, dans l'état de santé où lui-même se trouvait, pouvait lui être dangereux. Deuxièmement, le comportement de cet homme était comme celui de tous les autres : il ne comprenait. Il ne comprenait pas qu'il ne le craignait pas lui, mais purement et simplement les murs, ces amas de pierre tachés de sang qui formaient les cloisons de son laboratoire.

Le blondinet se releva à demi. L'attacher ? Non seulement il refusait de comprendre, mais voulait, par-dessus le marché, lui ôter sa liberté ? Et qui défendrait Rose, pendant ce temps-là, hm ? Les regards des deux hommes se croisent. Celui de Jules s'obscurcit. Ses muscles se crispent, et il ressemble alors à ces chats qui concentrent leur énergie avant de bondir. Et c'est là ce qu'il fait – en un instant, il saisit littéralement son vis-à-vis à la gorge. Le français a beau se trouver dans un état de faiblesse assez pitoyable, sa constitution physique pour le moins solide lui a laissé suffisamment de forces pour que, sous l'impact, les deux individus chutent au sol. Jules entreprend alors de courir – enfin, de marcher – enfin, de se traîner – ou du moins, quasiment de ramper jusqu'à la porte. Se déplacer avec une jambe cassée était un exercice des plus désagréables. La proximité d'un mur permit au jeune homme de se redresser avec une certaine peine, et il claudiqua jusqu'à la porte. Du moins, il essaya. Sans plus se préoccuper de ce Harry Il-ne-savait-plus-quoi qui, s'il l'avait soigné avec une gentillesse pour le moins inattendue, ne comprenait absolument rien. Il ne le laisserait pas chercher Rose. Il refusait de le protéger des murs. Jules n'avait rien à espérer d'un individu de cet acabit.





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MessageSujet: Re: Mein Herz Brennt. [Downcry & Mr. Lefèbvre] [Fini] Dim 26 Oct - 20:01


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Il n'a pas l'air d'apprécier mes paroles, qui l'en aurait rendu coupable ? Son expression passe à une passage colère tandis que mon propre visage exprime la lassitude. Tu ne penses pas t'être assez blessé comme ça ? Il devait vraiment l'aimer sa sœur...mais remarquons trente secondes que Felix était tout de même censé être mon demi-frère...coïncidence ? Il n'était pas temps de le penser, de l'imaginer, ni même de faire de fausses supposition sur le sujet, rien n'aurait été plus stérile. Il m'agrippe encore une fois, je ne saurai même taire le soupir d'énervement qui me traverse de par en par. Sérieusement ? Pourtant sa force reste présente, et ce malgré ses blessures et ses faiblesses évidentes. Ma gorge se resserre et lorsqu'il me lâche, je sens ses ongles qui quittent ma peau endoloris. Je tousse, essaie de récupérer le peu de souffle que je pouvais avoir. Mon cœur bat avec force de cette complication. Ma colère monte, je ne supporte pas que l'on essait ainsi de s'échapper à mon emprise. Revient donc là, espèce de sale bête. Tout comme un véritable lion, il est indomptable. Sauvage dans toute la beauté de ses traits. Intéressant. Mais terriblement agaçant.

Après m'être passer la main autour du cou pour refaire vivre le sang dans mes veines froides, je me redresse et fait craquer mes doigts. Si tu penses t'en réchapper comme ça. Me détournant pour l'agripper au col, je le plaque au mur le plus proche, grognant d'une force décuplée par cette rage lasse qui supplie à la plus grande des violences. Que quelque chose enfin se passe. Que tout change. Que plus rien ne disparaît. La violence, c'est bien agréable, mais pendant combien de temps ? Le temps qu'elle fasse savouer l'adrénaline à nos corps, avant que ne retombe la poussière et que les regrets recommencent à prendre possession de toute âme.

T'as pas bientôt  fini tes enfantillages...Jules ? Je te dis que tu resteras ici pour que tes blessures cessent. Alors ici tu resteras.

Je le saisis par les poignets, la rage au cœur. Foutu imbécile. Lorsqu'ils veulent être sauver, c'est dans ces instants que la haine, tel un poison s'infiltre dans vos veines. Ne demandant qu'à être libérer, à tout tuer sur votre passage, pour que ne s'éclaire plus sur votre chemin que le gouffre des ténèbres. Car au final, tout ce qui vous entoure...tout est factice. Vous avez toujours la sensation d'être dans un décor de théâtre où vous jouez terriblement mal. Le pire, c'est que les autres ne sont même pas des acteurs comme vous, ce sont des mannequins à qui rien ne vous relie. Vous êtes seul dans une maison de poupée. Et c'est à cette seconde que la rage se languit de votre esprit.

Mais quand vous voulez sauver enfin quelqu'un, faire vos preuves, montrer que vous n'êtes pas qu'un assassin, violeur, tout ce que vous voudrez, et bien voilà que cette personne veut fuir. Merveilleux. Génial. Vous en avez d'autre des comme ça ? Je l'allonge quelque peu fermement sur la table d'opération et ne tarde pas à lier ses mains et ses jambes à la table. Avant de prendre un tabouret, pour tout de même veiller sur lui. Peut-être que c'était qu'un prétexte pour le mater tranquillement.

J'ai comme l'impression que tu ne me connais pas même de réputation. Fait gaffe à pas trop exciter mon agacement.


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MessageSujet: Re: Mein Herz Brennt. [Downcry & Mr. Lefèbvre] [Fini] Dim 26 Oct - 20:40


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Jules a beau vouloir se débattre comme un fauve, il n'en reste pas moins mal en point. Sa respiration se retrouve brusquement coupée lorsque Harry le plaque contre le mur sans réelle considérations contre ses trois côtes brisées, respiration qui se mue rapidement en une quinte de toux absolument incontrôlée. A compter de ce moment, trop occupé à rechercher son souffle perdu, l'intrusif ne se défend qu'à grand peine, et son assaillant parvient sans efforts inhumains à l'attacher pieds et poings liés à la table. Là, étendu sur le dos, torse nu et frissonnant sur le métal froid, le jeune homme reprend lentement sa respiration, qui se fait d'abord pour le moins hachée puis s'apaise progressivement. Légèrement haletant, les yeux fermés sous l'effort, le blessé essaie alors de faire céder ses entraves, grognant en mettant ses maigres forces à l'épreuve. Rien à faire. Il est bel et bien... Prisonnier.

Il rouvre alors les yeux, mais simplement pour les planter dans le corps de son vis-à-vis sous la forme d'un regard parfaitement noir. L'autre avait tiré un siège près de lui, et se contentait visiblement de le regarder. Calmement. Sur ce constat, Jules s'apaisa lui aussi. Il fonctionnait, par certains côtés, à la façon d'un animal – un fauve, probablement. S'il se sentait agressé, il répondait par la violence. Si l'on se comportait de manière parfaitement calme à ses côtés – eh bien, il s'apaisait lui aussi. Pendant quelques instants, il se contenta de fixer d'un air sombre l'homme qui lui faisait face, écoutant ses presque-menaces sans y prêter une réelle attention. Sa poitrine se soulevait avec régularité alors qu'il essayait toujours de se défaire de ses liens – sans que ces derniers en soient le moins du monde affectés, il fallait bien le reconnaître. Il soupira alors, se contenta de tourner la tête pour ne plus avoir à fixer que le plafond obscur, et reprit la parole d'une voix rendue rauque par la douleur et la fatigue. Quelques mèches de ses cheveux blonds retombaient le long de son visage, le picotant désagréablement, mais il était bien incapable d'y faire quoi que ce soit. Il se sentait las, au fond. Terriblement las. Il ferma à-demi les yeux.

« Et puisque pour un temps vous comptez me garder,
pourrais-je au moins savoir quel traitement espérer ? »








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MessageSujet: Re: Mein Herz Brennt. [Downcry & Mr. Lefèbvre] [Fini] Mer 29 Oct - 11:48


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Une certaine migraine m'élance au milieu de mes neurones, ne parvenant pas très bien à tout connecter entre eux. J'essaie de suivre une ligne directrice au creux de mon esprit : rester calme. Ce n'était qu'un conseil parmi tant d'autres, mais c'est celui que je me dois de suivre en cette seconde. Il était en tout cas beaucoup plus simple de rester calme face à un être emprisonné, qui ne pouvait plus bouger, lié par des cercles de cuirs autour de ses poignets et de ses chevilles. Reprenant mon souffle, mes mains passèrent le long de mon visage, savourant doucement ses contours que je n'avais pas vu dans un miroir depuis une éternité. Elles se glissent ensuite dans mes cheveux pour les écarter de mon front. Tout ceci prends une telle lenteur dans mon esprit endommagé, mais pour le sien, cela ne doit faire à peine quelques secondes. Péniblement, je rouvre mes yeux pour admirer ma pauvre victime. Je n'avais pas encore réellement décidé de ce que j'allais faire d'elle. Pour une fois que j'avais voulu vraiment soigner quelqu'un, cette personne décidait de faire mumuse avec mes nerfs, chose qui n'était que très peu recommandé.

Quand on y regardait avec attention, il n'était pas si mal foutu que cela. La lumière qui surplombait ma table d'opération ne faisait qu'augmenter la blancheur de sa peau, la rendant presque si brillante que cela en semblait angélique. Sa lassitude me rendit également morne. J'avais comme la sensation que c'était en réalité la puissante énergie des autres à vouloir s'enfuir qui me remplissait de volonté pour les en empêcher. Mais maintenant que lui se laissait faire, mes propres actes se retrouvaient embrumés dans le sable. Et cette migraine. Encore et encore. Je serre les poings contre ma tête tout en lui jetant un petit regard. Ce dernier me demandait comment j'allais le traiter ici. Avec d'ailleurs une bien jolie façon de s'exprimer. J'esquissai un sourire. C'était bien loin des insultes et promesses de damnations que l'on m'offrait d'ordinaire.

Traitements ? Ça dépendra de mon humeur.

C'est vrai. Si j'étais de bonne humeur, il pouvait espérer avoir un assez bon traitement. Disons que je ne lui ferai pas subir les pires tortures. Je ne ferai pas rejoindre son sang à celui qui se trouvait sur les murs. Il aura droit à de la nourriture et de l'eau, quand j'y penserai pour moi-même et peut-être même que je lui mettrai un petit chaton sur le torse de temps en temps. Par contre...s'il commençait à me taper sur les nerfs, il connaîtrait alors toute l'étendue de ma réputation. Bien que tout de suite, cela me répugne de gâcher ce que j'avais l'impression d'être ma seule chance de parler à quelqu'un d'un peu intelligent au milieu de ce monde de fou. Oh, tant pis. D'un long sourire sombre je m'approche et passe un doigt sur son torse. Un ongle vint le griffer de temps à autre, parcourant avec un certain flegme les recoins de sa peau blanche. Je m'occupe, oui.



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MessageSujet: Re: Mein Herz Brennt. [Downcry & Mr. Lefèbvre] [Fini] Ven 31 Oct - 22:49


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Le contact froid de la chair du presque-inconnu contre sa peau lui fit rouvrir les yeux. L'effleurement de ce doigt contre son torse nu le faisait frissonner. Il sentait parfois aussi la morsure d'un ongle entaillant légèrement sa peau claire – mais cela ne lui importait guère. La seule douleur qui lui importait alors était celle de sa jambe qui, ayant sans doute voulu imiter ce qu'avait entrepris l'esprit de Jules depuis bien longtemps, avait semblé vouloir vriller hors de son axe normal. Et puis, il y avait ses côtes. Ses fichues côtes, qui non seulement ne se trouvaient pour certaines probablement plus en un seul morceau, mais dont la souffrance se trouvait désagréablement augmentée par la pression qu'exerçait Harry sur un périmètre dangereusement proche. Le frère de Rose ne fit pourtant aucun commentaire. En premier lieu, il n'avait littéralement rien à dire. Si son équilibre mental était plus que discutable, il n'était pas totalement stupide pour autant, et savait reconnaître un homme énervé lorsqu'il en voyait un. Et l'un d'entre eux se tenait bien assez près de lui. Inutile d'élever la moindre plainte auprès d'un tel individu. D'autre part, la fatigue commençait à engourdir lentement l'ensemble de son corps, malgré la position inconfortable dans laquelle il était installé – il avait connu plus confortable que les entraves et les tables d'opération. Lassitude. Tellement de lassitude. Elle brillait dans le regard interrogateur qu'il posa sur celui qui, au fond, n'était autre que son sauveur.

« ...Qu'est-ce que... vous faites ?... »

A l'instant où Jules finit de prononcer cette question, il lui sembla subitement que la réponse n'avait guère d'importance. Il frissonna à nouveau, et ferma les yeux. Il avait froid. Il avait mal. Mais tout cela n'était pourtant absolument pas insupportable. Il ne mourrait pas – c'est ce qu'il savait et se répétait sans le savoir. Mais la fatigue, elle... Il n'était pas possible de l'ignorer. Il ne lui aurait sans doute pas été plus facile d'atteindre l'état de réel sommeil, d'endormissement physique, dans l'état où il se trouvait. Mais il garda les paupières fermées et se replia dans une obscurité qui était la sienne. Et il tâcha de laisser ses pensées se muer en néant.







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MessageSujet: Re: Mein Herz Brennt. [Downcry & Mr. Lefèbvre] [Fini] Dim 2 Nov - 12:41


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Des hurlements provenant des étages supérieurs m'arrachent un sourire plus large encore que celui qui s'éprenait de moi en lacérant ce doux corps blessé. Je sens comme mon souffle qui s'échappe de mes poumons, s'éloignant de moi jusqu'à manquerà mon cerveau. Celui-ci se met à tourner, il se meurt de l'intérieur. Peut-être n'est-ce en réalité que la fatigue. Mais tu es là, ici, à me demander ce que je fais de mes mains. Pauvre de toi, si tu savais seulement ce que l'on me savait prêt à faire. Quel goût aurait ton cri de douleur dans mes veines ? Je l'ignore, mais l'idée de le savourer brisait mon cœur pour lui redonner comme une certaine force. Il s'effrite et s'écorche dans ton visage qui brandit l'incompréhension comme un drapeau. Pendant ce temps, le muscle de ma vie s'essouffle sans le savoir, s'attachant à vouloir sortir de mon corps à travers ma gorge. Je m'épuise dans la souffrance, sentant peu à peu la colère me monter dans toutes les parcelles de mon existence. Ce pauvre ignorant ne savait rien de moi, peut-être en serait-il mieux s'il en apprenait plus. Ce que je faisais au final ?

Je m'amuse.

Loin de mon psychisme ordinaire se trouvait la parlote et autres choses de la vie courante. Je n'étais pas de ceux qui s'exprimaient bien. Ne trouvant comme échappatoire que cette subtile haine contre le monde, contre ceux de tous, ceux qui essayaient de s'enfuir, ceux qui rejetaient la douleur, ceux qui s'épuisaient à se plaindre. J'enfonçai davantage mon ongle dans sa peau alors que j'observai ses paupières se fermaient avec une certaine frustration. Il s'endort, le fou. Son esprit s'éloigne tellement du mien tandis que le sommeil lui dévore l'âme. Devais-je en faire autant ? Je ne veux pas. Retourner dans cette chambre qui était la mienne, cela faisait maintenant des semaines que je ne l'avais pas fait. Redormir dans ses draps qui avaient acceuillit sa peau...l'idée était absolument inhumaine à mes yeux. Prendre repos dans la chambre de mon ancien assistant, voilà également chose impossible désormais. Alors où dormais-je ? En réalité, j'attendais que le sommeil me prenne, et ce à n'importe quel endroit. Il m'était même arrivé, dans mes plus grands moments de faiblesses, de dormir sur cette même table d'opération. Après tout, le sang qui y coule régulièrement la prive désormais de toute identité.

Que devais-je faire ? M'endormir pour me réveiller ? Un autre jour succédant à un autre sans plus aucune nouveauté ? Cette personne qui était sur cette table, est-ce que j'allais réussir mon défi à moi-même et le sauver...ou bien allais-je céder à mes propres démons et j'utiliserai un couteau pour caresser sa peau jusqu'à en faire gicler le sang salvateur ? Je l'ignorai en tout ce qu'il pouvait être de plus secret au monde. Moi-même las de tout ceci, j'étais devenu esclave de cette réaction, naturelle pour moi. Presque, évidente. Je le voyais, silencieux, parfaitement calme. Ce calme si relatif s'insinua comme un poison dans tout ce que j'étais et me donna rage pernicieuse. C'est ça. Dors. Si tu pouvais mourir dans ton sommeil au final, cela m'arrangerait tellement le travail. Sur le bord de la table dormait également un couteau, semblant comme m'apeller. Je résistai à l'envie de m'en saisir, serrant les poings, amenant mes ongles jusqu'à mon cou pour me griffer la peau. En sauvant une vie, c'était peut-être comme sauver la mienne ? J'avais perdu espoir. Personne de toute façon ne désirait voir ma vie sauvée. Ils ne voulaient tous que me voir mourir. Et j'étais la dernière personne qui leur aurait donner tort, malgré toute ma fierté.

Finalement dormait-il ? Pourquoi dormait-il alors que j'en étais incapable ? Si ses blessures physiques ne l'empêchaient pas de dormir, pourquoi les miennes à l'intérieur de moi-même m'en empêchaient ? Doucement, je me levai et m'avançai vers les petits chats que j'avais dans une grande cage qui leur laissait assez de place pour vivre. Il était hors de question que je les comprime. Prenant un d'entre eux entre mes mains, le câlinant pour qu'il soit calme, je le serrai contre mes bras. Des larmes intrus commençaient à glisser sur mes joues, aussi je tournai le dos à Jules -au cas où il se réveillerait. M'asseyant sous une table, je me recroquevillai contre moi-même, serrant le chat dans mes bras, mon seul ami. L'être qui était moi sans l'être se mit à pleurer, mais sans un bruit, aucun. Incapable même de gémir ou de crier.


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