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L'Éveil du Démon [Fini]

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MessageSujet: Re: L'Éveil du Démon [Fini] Ven 3 Oct - 1:35


le berger
et la furie



Apparemment que mes gestes odieux seraient pardonnés. Apparemment que je tiendrais toujours une place au Ciel. Et qu'importe. Je compte tout faire pour que ma douce tienne place auprès des Anges, ils lui porteraient sans doute jalousie. Mon âme pourrait se tenir en Enfer je n'en tiendrais compte. Et au fond, peut-être Monseigneur Jonathan a-t-il raison. Que pense-je? Bien sûre qu'il porte parole juste. Il est la voix de Notre Seigneur, du moins, celle la plus proche que nous pouvons croiser en ces lieux. Je me dois de l'écouter, c'est la moindre des choses. Alors j'accepte ces paroles, comme perditions à mes aveux et leurs douleurs, en baissant un visage honteux sur des paroles si fines. Une femme.

Il parle avoir eut une femme. Je redresse mon menton dans la curiosité de tous les intérêts. Il parle de souvenirs perdu, à savoir jusqu'à quel stade de la chaire il eut pu l'aimer. Je froisse mes sourcils, de peu. Se pourrait-il qu'il soit amnésique lui de même? Étrangement, jamais je ne lui eus demandé. Toujours j'eus pris pour acquis que non puisqu'il se souvient toujours si bien de son rôle sur Terre, de ses prières et des gestes à poser. Mais peut-être porte-t-il trou tout aussi béant que nous tous en ses souvenirs. Je serre.

Les dents. Et porte un œil concerné sur lui. Pourquoi n'est-il plus avec sa femme? Et pourquoi diantre avoir joué les morts pour sauver sa vie? C'est une histoire bien étrange, mais je le laisse parler jusqu'au bout. Il devine que maintenant elle est loin et elle aurait refait sa vie avec autrui. La supposée veuve aurait-elle oublié si facilement un amour d'une vie? Et lui n'a-t-il pas gardé ses sentiments pour elle? Trop de question pour une bouche muette et inertie, qui laisse place aux ouïes qui avalent tout ce que Monseigneur Jonathan peut dire. L'amour.

Je la vois. Je la sens dans chacun de ses paroles qui défilent sur mes tympans par la suite. Il n'y a aucun doute. Il aime cette jeune femme dont j'ignore l'identité. Sa voix transperce ses douleurs et devient si légère, si belle... Son cœur s'enflamme jusqu'au bout de sa langue, et son œil se teinte d'un désir émotionnel flagrant. Je ne peux m'empêcher de sourire en coin à l'entendre, à le voir... Mon ami, mon si prude et bon ami détient une flamme plus puissante que tous les flambeaux du monde en son cœur. Et je m'en réjouis pour lui. Et tristesse.

Dans ses mots, jusqu'au creux de son âme. Mes joies en lèvres s'affaissent comme il devient mélancolique, soudainement. Terne et sombre. Il explique que cet amour n'est point réciproque. Je redresse le nez en frémissant comme s'il m'eut conté une histoire horrible. Elle l'est, pour le moins. Je me crispe. Et éprouve profonde peine pour lui. Mon ami, mon tendre ami...

...je m'en excuse, sincèrement.

Je porte main à son épaule, juste comme il eut fait quelques lourds instants avant moi pour me rassurer. Je sentais que c'était à présent à mon tour. Ses souffrances à la tête ne semblent vouloir se résoudre à lui donner paix. Je tire mouchoir de la poche intérieure de ma redingote et étampe son front doucement pour que les quelques fièvres qui soient l'étouffent moins. Je ne sais que dire. Je n'ai jamais vécu de tel, point à ma souvenance. Mais je devine la situation horrible.

Certains agneaux sont aveugles, malheureusement. Elle doit ne pas avoir ouvert ses yeux encore pour ne pas s'apercevoir combien vous êtes bon et précieux. N'importe quelle femme vous donnant la main serait choyée; vous êtes à l'écoute des autres, attentif, généreux et vous possédez un cœur d'or. Ne perdez jamais espoir, je vous prie.

Espoir à gagner le cœur de cette femme? Espoir à trouver quelqu'un de meilleur? Je n'ose préciser. Et qu'importe. Je lui souhaite bonheur, c'est tout. Et je pense à Elizabeth, évidemment, puisque les sentiments que j'éprouve pour elle sont étroitement semblables à ceux qu'énumère Monseigneur Jonathan. Je me souviens des maux que j'eus pu lui faire subir, ainsi que de ses aveux qui m'ont donner les pleures pour des nuits et des nuits...

L'Amour est le plus beau et puissant des sentiments. Il peut nous faire renaître comme il peut nous détruire. Il peut nous abreuver jours et nuits comme il peut nous empoisonner. Faites... Faites attention à vous, je vous en supplie.

Avec franchise et coeur. Et je vois son désarroi. Changer de sujet. Lui changer les idées. Je ne souhaite abrutir son cœur de larmes alors que sa tête possède déjà le chaos. Ou peut-être suis-je tout simplement débordant d'intérêt pour l'histoire de mon ami.

Dites-moi, si le cœur vous en dit, pourquoi avez vous feint la mort pour sauver votre femme? Vous souvenez-vous de tout? Peu de gens ont cette chance en ces lieux... Je vous croyais l'un d'eux, épargné des vides de mémoire. Et comment pouvez-vous... Enfin...

...ne plus être en amour avec elle. Ma gorge se bloque. Ma question est poussée trop loin. J'avale difficilement. Je me rattrape, du mieux que je peux. Le fixant dans les yeux comme un mauvais menteur.

...avoir fait votre deuil de la sorte?

©BoogyLou






 

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MessageSujet: Re: L'Éveil du Démon [Fini] Lun 6 Oct - 8:51


L'Eveil du Démon



Je baisse la tête sur mes mains serrées entre elle, ressentant petit à petit les vagues brûlantes d'un amour sombre et pourtant qui me fait autant de bien à l'esprit. Elle est ma Croix, mon sang et tout ce qui me permet de vivre. Jamais je n'avais un jour ressenti autant d'affections pour quelqu'un. Comme dans les livres, je sentais ce trop plein de sentiments pouvoir faire pleurer des averses d'eau salés sur mes joues. J'avais toujours pensé qu'autant d'amour ne pouvait être que fiction. Que dans la réalité, les gens ne pouvaient autant s'aimer. Mais grande nuance là ici, ce n'était pas nous, c'était moi. Amour non réciproque qui me déchirait tout ce qui faisait de moi un être humain. Mon corps et mon âme. Mes paroles eux-mêmes non plus de sens et se découpent en mot, plus qu'en véritables phrases doués de raisons. Saurez-vous même deviner toute la peine derrière mes élucubrations sans queue ni tête ? Je l'ignore et je n'en fais pas grand cas. Portant une main à mon épaule, Morgan essaie de me soutenir, de m'aider. Par des paroles d'excuses, il m'explique que je ne dois pas perdre espoir et que j'ai des qualités pouvant convenir à une femme et que si elle ne m'aimait pas, ce n'était que par aveuglement. Si seulement cela pouvait être vrai.

Je donnerai ma vie pour Elle...pour que vos paroles soient vrais et qu'un jour...qu'un jour Elle m'aime...

Je lâche un sanglot, des petites larmes tombant, rapidement rattrapé par la manche de ma soutane. Reprenant rapidement ma respiration, j'attends quelques secondes. Mon corps tremblote légèrement  et je lève la tête au ciel, cherchant un soutien auprès de l'Eternel. Mais c'est auprès de Morgan que je trouve toute la sympathie au monde qu'il me faut pour rabaisser la tête vers lui. Il est là, c'est mon ami le plus fidèle, peut-être mon seul véritable ami dans ce monstrueux taudis de marbre et de pierres. Je lui souris péniblement, car la joie est un sentiment qui en ce moment peine à percer mon visage dès que nous parlons d'Amour.

Oui..oui, cela va me changer les idées....

Je me repositionne sur l'autel, étant encore assis dessus. Ma tête se mit légèrement à tourner et je me rendis compte que je ne devais pas faire beaucoup de gestes brusques sous peine de subitement sentir les vaporeuses conséquences de ma plaie à la tête.

J'étais si jeune quand je l'ai rencontré...dix-huit ans, j'étais marié, vous y croyez? -rire- Sauf que ce que j'ignorai, c'était que cette femme avait déjà eu un homme par le passé. Celui-ci devint si fou de jalousie qu'il nous poursuivit, elle et moi dans toute l'Angleterre...au final, nous avons cru nous en être débarassé...

Je repris une longue respiration, le regardant comme un appel à l'aide, à la recherche d'un coeur ami qui puisse m'écouter sans me juger. Mais je me rendis bien vite compte que, que ce soit d'amour ou de mon passé, les deux portaient à mes yeux les plus profondes larmes.

J'invitai un ami pour lui donner de mes nouvelles...sauf qu'au détour d'une conversation, IL est arrivé, ce monstre...nous nous sommes cachés dans différents placards. Il nous chercha. Mais ce fut mon ami qu'il trouva et qu'il assassina...il ne semblait pas connaître mon visage.

Je passai les mains sur mes traits, mes yeux, mon nez, mon front. Ma température avait brusquement augmentée, je ne me sentais pas bien. Etait-ce simplement le fait de me souvenir qui doucement me rendait mal ?

Quand je fus sortit...il était partit. J'avais alors compris que pour sauver la vie de ma femme, il fallait que je disparaisse, car il n'y avait que comme cela qu'elle pourrait vivre en paix, loin de ce monstre. Je...j'ai commis alors quelque chose d'atroce...j'ai du...défigurer mon ami, afin que nul ne reconnaisse pas en lui les traits qui m'appartiennent...et je...je lui ai donné mon alliance. Avant de fuir...

J'eus un nouvel écho de sanglot que j'essayai tant bien que mal d'anéantir en reprenant mon souffle. Pourtant tant de douleurs dans ces souvenirs? Pourtant un coeur si détruit pouvait encore battre. Sans amour, ma joie disparait et je sombre dans une dépression des plus sombres. Sans amour, je mourrai petit à petit sans sourire. Je ne voulais que mourir.

Je...je suis sincèrement désolé...mon ami...quand à savoir comment j'ai pu aussi facilement faire mon deuil...que vouliez-vous que je fasse? Sa vie contre la mienne. L'aimer encore aurait été me détruire de l'intérieur...j'ai assisté à mon propre enterrement vous savez? Je l'ai vu me pleurer, je l'ai vu...


Autant dire que lorsqu'on laissait Jonathan parler sur lui-même, il fallait prévoir un long temps d'écoute. Pour une fois qu'il pouvait se confier. C'était si rare dans ce manoir. Lui qui écoutait sans cesse les plaintes des autres, il fallait que des siennes il tienne le silence.

©BOOGYLOU.



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MessageSujet: Re: L'Éveil du Démon [Fini] Ven 17 Oct - 1:33


le berger
et la furie



Je le crois sur parole, qu'il puisse donner sa vie pour celle de cette femme qui fait tourner son cœur à la marrée des amours. Déjà je l'avais vu risquer sa peau lorsque le Malin s'était emparé de la chapelle, alors qu'il avait a sauvé, non seulement le bâtiment, mais aussi Elizabeth qui était possédée ainsi que moi qui avait fait piètre pieux pour des raisons toujours obscures. D'ailleurs j'ai une pensée pour ma douce damascus. Comment va-t-elle? J'espère qu'elle s'en sort. Peu importe, Monseigneur Jonathan ne semble préoccupé par son cas et je fais confiance à son jugement. Il se redresse.

Je l'aide du mieux que je peux. Se changer les idées pour oublier la douleur est parfois bienfaiteur, mais je ne crains qu'il ne succombe à sa perte de sang. Le morceau de tissu qu'il a posé sur sa tête en est imbibé. Je le saisis, délicatement, en agissant de toutes les précautions du monde pour ne pas ne serait-ce frôler sa blessure. Puis je prends un mouchoir dans ma poche et essuie doucement sa plaie, laissant le morceau de rouge s'écrouler sans soucis sur le sol. Je ne désire aucunement que la chose s'infecte. Perdre Monseigneur Jonathan, une fois de plus, et pour de bon, serait cauchemar horrible. Il raconta.

L'histoire entre lui et sa femme. Comment ils avaient fuit un homme jaloux... Je serre les dents et avale difficilement. La jalousie mène à bien des crimes; au mensonge, à la violence, à la trahison, au meurtre... C'est un sentiment que j'essaie de maîtriser en moi, toujours. Je sais qu'il est pêché. Et je sais qu'il n'apporte que le mal. Comme dans l'histoire de mon ami. Je n'ose imaginer comment ses années eurent été longues et pénibles à évincer la présence de cet homme à travers un pays entier. Débarrassé.

Monseigneur Jonathan dit penser s'en être débarrasser, un temps... Avait-il déjà oser... tuer? Non. Impossible à même imaginer. Je divague, c'est tout. Et il me compte cette histoire d'horreur, je frémis de tout mon être et plisse les sourcils d'angoisse. Pauvre ami... Voir son proche compagnon se faire assassiner sous ses yeux doit être invivable situation. Je ne veux y penser. Et pourtant, j'ai cru, il n'y a pas si longtemps, voir Monseigneur Jonathan lui-même mort dans les catacombes... Si ça avait été le cas, que serais-je devenu? Je l'ignore. Sans doute aurais-je voulu perdre la mémoire de nouveau à tenir le corps d'un être cher inanimé dans mes bras... Défigurer.

Ce mots résonne dans mon crâne comme un présage horrible. Comment avait-il put défigurer son ami? Pour sa femme, bien sûre... Je ne saurai jamais, je l'espère, si je serais capable d'une telle horreur. Et mon ami a sut trouver le courage de le faire. Encore maintenant, je sens dans sa voix, je lis dans ses yeux que l'expérience eut été torture. Mais c'est terminé. Tout est terminé. Je suis maintenant là pour lui... J'éponge.

Sa plaie. Tendrement. Je crains tant de lui faire mal... Je l'écoute, attentivement. Comment lui en vouloir? Comment mettre la rage sur cette épopée sinistre? Je pince mes lèvres et contient des larmes toujours présentes sur le coin de mes paupières. Je porte une main à son dos pour le caresser avec compassion. Je le sens fébrile de pleures.

« Je... Je ne suis qu'un égout. Tu sais... Un égout, Monsieur Connhelly... Les gens viennent à mon purgatoire et me disent toutes leurs merdes! Et moi je dois toutes les garder en moi, toutes! Et quand est-ce que je laisse ma merde à moi couler, hein? Quand?! Je suis un égout. Un égout, Morgan... »

C'est comme un flash. Des paroles dites par un prêtre douteux, chope à la main, dans un lieu que je ne connais pas mais dont je soupçonne être taverne. Je frémis. Souvenir profond et caché derrière la potion de l'oubli qui refait surface à cet instant propice. Je ne sais quel élan me secoue, mais j'enlasse Monseigneur Jonathan dans mes bras. Très doucement, sans hésiter, mais avec la plus grande des précautions. Jamais je n'ai été, à mon heureuse souvenance, aussi proche physiquement d'un homme. Et en toute amitié, je suis heureux de pouvoir le rassurer sans gêne.

Vous êtes brave, Jonathan... Si brave...

S'il a à pleurer dans mes bras, je le laisserai. S'il a à me confier tout, mon épaule sera sienne. Après tout, je viens tout juste de lui confier les pires horreurs que j'ai put commettre. Lui, si courageux et si bons, ne peut qu'élever mon âme d'avantage par ses paroles protectrices.

Jamais je ne pourrais vous juger pour vos actes qui, je le comprends, ont été très difficiles à éprouver. Jamais vous n'avez refusé un entretient avec moi concernant mes aveux, et je tiens maintenant à ce que cela soit réciproque. Vous comprenez?

©BoogyLou






 

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MessageSujet: Re: L'Éveil du Démon [Fini] Sam 25 Oct - 13:42


L'Eveil du Démon



Morgan Connhelly, ce brave homme qui avait été mon plus fidèle ami, la brebis du Seigneur la plus forte et la plus encline à porter le message divin parmis ces contemporains. Il me parlait avec honnêteté, serrant dans ses bras la chose que je pouvais être. L'esclave à l'Amour que je me retrouvais être comme tout homme ayant croisé dans sa vie l'équivalent de la femme de sa vie. J'étais à cette seconde la plus démunies des créatures, ayant offert en retour de mon sacrifice une part de ma douleur, la totalité de mon existence. De toute ma vie durant je n'avais été qu'un gentil chrétien au coeur aussi rempli de bonté que de bonne volonté. Mais cela n'avait pas suffi à me tenir éloigner des mauvaises choses, tels que ce manoir et tous les évènements qui m'y conduisirent. Comme quoi, j'avais presque envie de dire que...au plus profond de moi, je ne pouvais m'empêcher de penser que si j'avais eu à faire à tout ça, c'est parce que je le devais, car Dieu m'a mis ces épreuves tout au lond de ma route pour tester mon Amour pour Lui. Mais comment avouer mon péché le plus mortel. Celui qui était que...d'entre tous les amours que j'avais pu connaître dans ma vie, celui que j'avais pour cette splendide rousse était de loin supérieur à tous les autres, même supérieur à mon Amour pour Dieu?

Il me tient dans ses bras, sans réfléchir à l'horreur des actes qui m'avaient conduit à ce manoir. Je n'avais nullement même oser espérer autant de bonté dans le coeur de mon ami. Moi-même je m'étais mentalement flagellé des milliers de fois durant mes errances aux coeurs de l'Angleterre, tandis que je cherchais un moyen de perdre mon passé et mon identité, perdu sous le nom de Joachim Raphaël Chastel. Il me donne alors les paroles les plus douces que j'ai pu jamais entendre de la bouche d'un ami. Je me redresse et essuie alors péniblement les larmes qui s'y trouvent encore dans les coins de mes yeux. Reniflant doucement, on aurait pu alors me prendre pour un véritable enfant, comme d'habitude. Au fond, je ne suis peut-être que cela. C'est pour ça que j'étais totalement ...souriant tout le temps, avide de faire connaissance avec tout le monde, prêt à aimer le monde entier s'il venait jusqu'à moi, avec toujours l'optimisme comme drapeau, pleurant pour un rien et qui aurait pu avoir peur de sa propre ombre. Oui, je l'avoue, je suis un petit enfant. Mais au final, est-ce que je me rends compte moi-même de ce que je pense, après tout ma blessure est sévère tout de même.

Oui...oui, je comprends, merci infiniment...si vous saviez combien cela compte pour moi...

Je lui offre mon plus beau sourire et pose mes mains sur ses épaules, fermant les yeux et penchant la tête sur le côté:

Que Dieu vous bénisse ! Je prierai pour qu'il le fasse.

Essayant alors de descendre de l'autel, je trébuchai deux secondes sur mes propres pieds en voulant me remettre à marcher. Difficile même de reprendre conscience de son propre corps alors que votre tête tourner encore et encore. L'espace d'une seconde, tout devint flou, si bien que je me trouvai à reprendre l'équilibre d'une main sur l'autel. Récupérant alors ma Bible pour la mettre dans ma soutane, je soupira longuement et fit un sourire à Morgan pour le rassurer avant de me mettre à genoux pour prier quelques minutes le Seigneur. Mains jointes sur le front, je lui demandai de bénir Morgan pour m'avoir écouter, compris, et traiter comme un ami, comme lui-même. Je le remerciai ensuite de m'avoir aider à vaincre le Démon et de m'avoir épargné la mort par le choc des pierres. En dernier, je le supplia d'aider la femme de Morgan à retrouver le droit chemin, car mon ami, si grand serviteur du Très Grand, avait le droit à une femme à la hauteur de son Amour. Tout cela, fait, je me redressai et sourit encore à Morgan, terminant ma phrase d'un petit rire.

Voilà...que pensez-vous que je devrai faire maintenant...? J'ai encore un peu la tête qui tourne...mais je ne peux décemment pas me reposer sur l'autel.



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MessageSujet: Re: L'Éveil du Démon [Fini] Dim 2 Nov - 23:54


le berger
et la furie



Il m'enlace à son tour. Ça me fait un bien fou, de le sentir vivant, contre moi. À savoir que le sang roule toujours dans ses veines et que son cœur bat d'une vie nouvelle et écalée. Je serre les dents. J'aimerais pleuré, son histoire est un drame et son présent s'écroule sur un passé si douloureux... J'aimerais pouvoir faire en sorte que son sort eut été autrement... Mais il s'agit de la volonté de Dieu, et Dieu est bon. S'Il a désiré un tel chemin pour mon ami, alors je l'accepte sans détour. Je souris.

Trop heureux pour verser des larmes. Et à la fois trop atterri par le chagrin de Monseigneur Jonathan. Tout ceci compte pour lui, il me confie. Alors j'en suis de même, réciproque à ses sentiments émus. Ses mains sont sur mes épaules. Il me sourit, je lui souris. De la pareille, du fond du cœur. Il me souhaite bénédiction et dit qu'il quémandera Dieu de veiller sur moi. Je ne crois mériter de telles attentions. Et que puis-je faire répondre d'autre?

Merci.

Mon ami se lève. Son équilibre est précaire. Je le vois blêmir... jusqu'à combien de litres s'élèvent son sang perdu? C'est une situation horrible dans laquelle il est, et je crains qu'il aurait put paraître bien pire sans laudanum. Je porte des mains à ses bras alors qu'il frôle tomber. Je suis prêt à le rattraper. Je suis prêt à tout pour lui. Il le sait. Et si déjà il est blessé par ma faute, je n'aimerais ajouter davantage contusions à sa chaire. Il me rassure d'un sourire. Et me demande.

Conseil. Je porte un bras autour de son corps pour le maintenir bien droit sur ses pieds et le retourne pour que nous fassions face à la sortie. Parmi le grabuge, la grande porte de la crypte est magnifique et imposante. Toujours. Je lui fait sourire rassurant et l'entraîne avec moi, à travers les dégâts, vers de plus éclairés chemins. Et dis:

Je crois... Je crois qu'il serait temps pour vous de prendre repos. Venez. Je vous offre ma couette.

Bien qu'il ait la sienne plus humble, je devine la mienne plus chaude et confortable. Je veux les meilleurs conditions pour qu'il se soigne le plus rapidement possible et que, enfin, j'ose croire à mon pardon. Même si, au fond de moi, je sais qu'il ne serait jamais. Je le guide tranquillement, tout en le gardant contre moi qu'il ne tombe pas, au travers les restants de la chapelle qui est toujours aussi magnifique grâce à un quelconque miracle.

Je vous en prie... Ne vous tracassez plus avec toute cette histoire, ou avec votre passé. POur le moment, videz votre esprit. Priez. Cela vous fera du bien.

Prier à toujours fait de grand bien. Nous marchons lentement. Habituellement, j'aurais craint qu'un monstre ne nous tombe sous le nez. Maintenant, j'ai l'impression que tout est retombé. Que le Diable eut achevé sa sentence. Et que avec Monseigneur Jonathan, je ne crains rien. Nous arrivons dans le corridor. Je pense un moment utiliser l'ascenseur, mais elle doit être en très mauvais état. Alors j'escalade docilement les escaliers avec lui, très doucement. Prenant des pauses à quelques reprises. Le laudanum.

Je pense lui en donner davantage, et puis je préfère attendre qu'il soit dans le lit. Après de longues minutes et une interminable ascension, nous arrivons à ma loge que j'ouvre avec précaution. Puis je l'invite à prendre repos sur le lit. À ses côtés, j'installe ma dernière fiole de laudanum après lui avoir montrer.

Tenez, cher ami. Vous la boirez lorsque vous en sentirez le besoin.

Je verse de l'eau dans la carafe du meuble à côté de mon lit et lui temps le verre cristallin.

©BoogyLou






 

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MessageSujet: Re: L'Éveil du Démon [Fini] Lun 3 Nov - 13:52


L'Eveil du Démon



Je sens ma tête qui encore fait souffrir milles déments dans mon esprit si blessé autant qu'en mon coeur. Mes pas sont vaporeux, comme si je ne pourrais jamais plus réellement me tenir debout, à mi-chemin entre les ailes d'un ange et la lourde gravité humaine. Passant les mains sur mon visage, j'esquisse un bref sourire à mon sauveur. A celui qui retourna sur ses pas pour vérifier que j'étais encore en vie, pour tenter de me secourir de la mort. C'est un miracle divin au milieu des ténèbres que nous procure ce manoir. Car oui, j'avais beau continuer de garder un grand espoir en l'être humain, il ne fallait pas non plus que j'en devienne stupide. Très peu de personnes se seraient retournés pour me sauver. Mon frère l'aurait fait, oui. Mais il est si gentil, si doux. Tout comme Morgan, c'est un merveilleux être humain dessiné à l'encre de Chine, directement de la main du Seigneur. Des êtres qui ont de la lumière émanant de leur coeur. Est-ce que...la femme que j'aime plus que tout au monde l'aurait fait? Je l'ignorai. Mon coeur priait que oui, mais ma raison me disait que non. Elle qui avait rejeté toutes les émotions les plus pures de mon âme, jamais elle ne se serait retourné...

Triste jusqu'aux larmes, je me laissai calmement emmener par mon ami. Il me disait de prier pour aller mieux. Oh, si tu savais comme je prie. Je ne fais que cela, je prie pour le bonheur de tout ceux que j'aime, pour ceux que je connais mais qui ne me supporte pas, pour une raison qui m'échappe. Je prie pour la liberté de tous, pour que nous trouvions chacun le chemin du Seigneur. Pour que jamais nous ne terminions notre vie dans le déshonneur et le mal. Pour que chacun finisse sa vie heureux. Mon propre bonheur ? Que vaux mon propre bonheur si les autres lèvent vers moi des yeux enlarmés. Je ne veux que des sourires autour  de moi, souriez-donc, ne mourrez pas. Ne disparaissez pas, non. Ne m'abandonnez pas. Pourquoi vous...partez...

Mon esprit s'évapore, j'ai l'impression que bientôt je n'aurai plus le contrôle de mes paroles. Je plane presque...tout cela à  cause du laudanum. J'avais déjà entendu parlé de cette étrange mixture, mais jamais je n'en avais encore pris. Il me pose sur son lit. Sans aucune arrière pensée, je m'allonge doucement et regarde en l'air. Les formes et les couleurs se mélangent. Je cherche le repos, vainement. Soignez mon coeur, oubliez mon corps. La survie d'un corps ne vaut rien si le calme d'un coeur ne suit pas. Mais de tout cela je n'arrive à rien dire. Je souris à Morgan, bois son verre d'eau avant de lui retendre et de m'endormir péniblement. Dans mon sommeil je soupire:

Merci...


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