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L'Éveil du Démon [Fini]

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MessageSujet: L'Éveil du Démon [Fini] Ven 12 Sep - 3:29


le berger
et la furie


Sa tête s'est évanouit sur ma poitrine, la sienne a reprit un rythme apaisant et silencieux. Je la garde dans mes bras, contre moi, et enserre les draps de ses jupons dans ma main, fortement. Je ne peux risquer de la perdre une seconde fois. Je repense aux collisions des pierres contre le sol, faisant cadre funeste à ma douce damascus si malade, si désemparée... Mon aorte se serre à la simple idée que mes yeux aient frôlé son décès il y a quelques minutes à peine. Et je remercie le Seigneur de toutes les prières intérieures qu'elle soit en vie, à cet instant. Dormant dans mes bras, alors que je la conduis jusqu'au abord de ses rêves dans ma chambre. Son teint est toujours blanc, mes ses joues reprennent les roses des défaillances de tous les hommes. Je l'aime.

Tant, tant qu'à l'avoir vu faner sous mes yeux j'en serais mort de tristesse. Qu'avait-elle à agir de la sorte? Un simple mal aise serait surprenant, et complètement terrifiant. Nous arrivons à ma chambre où je la dépose sur mon lit et frôle son front de ma paume. Elle ne semble pas fiévreuse, heureusement. Je me redresse et la contemple dormir, de longues minutes. Et si il s'agissait de plus qu'un mal aise? La divagation de ses propos blasphématoires me dépasse toujours. Les miens me sont irréels. Je repense à ce qu'elle a dit, ce que j'ai dit, à propos de Monseigneur Jonathan, et frissonne. Comment est-ce possible? Je me souviens n'avoir eut aucun contrôle sur mes gestes... La folie du moment nous  aurait-elle fait diverger vers de tels pécher? Serait-une une punition pour l'acte horrible que nous avions commis sur l'autel juste avant le mariage? Je déglutis.

Et quitte la pièce après m'être assuré qu'elle allait bien et avait tout ce dont elle avait besoin. Et je reprends pas rapide et pressé vers la crypte. Je sens mon cœur s'affaler à chacune des marches composant ma descente. Je dois retourner voir Monseigneur Jonathan. Simplement pour voir s'il va bien, pour m'excuser, pour lui poser mille et une questions... Je ne veux pas penser à la crainte qu'un monstre se cache à chaque détour de mon ascension. Il en serait trop stupide de mourir après ces désastres, de toute façon... J'entre.

Dans la crypte qui se dresse devant moi. Sa porte est à demie ouverte; je n'ai qu'à la pousser légèrement pour m'infiltrer dans la place. Je serre les dents et redresse ma lanterne. Il y a un silence glaciale dans les lieux, ainsi qu'une brise pétillante. La place semble saccagé comme si tous les démons des Enfers y avaient danser; j'ai un pincement au cœur pour cet endroit autrefois si magnifique, pour la Maison de Dieu. Jamais, jamais je n'aurais dû prendre Elizabeth en ces lieux. Qu'ai-je fait, Seigneur? J'avance.

D'un pas presque silencieux, mais qui trouve tout de même échos sur les parois restantes de la place. J'enjambe des pierres tombées, et fouille l'endroit du regard désespérément. Je cherche mon pauvre ami... Où est-il? Je vois un bras, alors. Je manque un battement de cœur et reste paralysé. J'accoure pour l'examiner en manquant respiration dans ma gorge nouée. Je réalise en m'approchant que la main n'est qu'une partie d'un corps ensevelis sous les débris. Et elle ne bouge pas. Non... Non... Je dépose ma lanterne et commence à retirer les débris. L'horreur.

Une visage de monstre, déformé et détruis. Je sursaute dans un cris et trébuche vers l'arrière pour m'affaisser lourdement au sol. Je ne prends pas la peine de me relever et me tourne vers le corps pour l'examiner, haletant. Je comprends ensuite qu'il s'agit du cadavre du monstre que j'avais tué quand Elizabeth est entrée dans la crypte. Je soupire, me redresse et saisit ma source de lumière.

Monseigneur Jonathan?!

Je crie dans la place avec l'angoisse au bout des mots.

©BoogyLou






 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

©BOOGYLOU.  

 



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MessageSujet: Re: L'Éveil du Démon [Fini] Mar 16 Sep - 14:45


L'Eveil du Démon



Mon souffle s'éclipse bruyamment, soupirant d'une existence partielle entre la vie et la mort. J'aurai pu y passer. Cela n'avait été que le coup de quelques centimètres. J'avais d'abord pensé que le Diable m'avait épagné pour une raison que je ne connaissais pas. Qu'il m'avait choisi comme prince des ténèbres et que je serai devenue un de ses suppôts par la possession. Je m'étais alors mis à prier pour mon âme. A prier Dieu pour qu'il me laisse rester une de Ses fidèles brebis. Je lui ai mille fois rappeler le serment que j'avais fait de toujours croire en Son message d'amour, en Sa Bonté et la joie que procurer la Foi. Je ne pouvais imaginer une seule seconde que Son Coeur pouvait me laisser à la merci du Diable. Mon coeur battait de plus en plus lentement, mais il me fallait me battre contre l'aura du démon. Je me devais de...ne pas...mourir...Ce n'était pas par la Grâce du Seigneur que je m'en irai si jamais je m'éteignais à cette seconde. Si je le faisais, je partirai en Enfer, je souffrirai le malheur de mes jours pour l'éternité. Je ne pouvais y croire. J'ignorais ce qui avait causé l'arrivée du Diable dans nos murs. Il me fallait percer cette solution au clair. Je ne devais pas mourir. J'avais encore de choses à faire, des gens comptaient sur moi. Connhelly. Mon ami, je devais le sauver des griffes de ce qu'il me semblait être une hérétique. Et Elle. Celle dont mon coeur s'est épris. Il me fallait la retrouver. Je ne pouvais pas l'abandonner. Quand bien même...non...je ne dois pas songer à cette possibilité.

Ma tête m'élançait douloureusement, ne pouvant comprendre ce qu'il se passait. Oh Seigneur Dieu, pourquoi me faire subir une peine aussi atroce? A nouveau je me souviens d'où je suis. Dans cette chapelle où j'ai unis malgré moi l'âme d'un croyant et d'une hérétique. J'ouvre difficilement les yeux, mais je parviens à voir la pierre couverte de sang qui m'a frappé l'arrière de la tête. Me redressant lentement, je ne peux réussir à déterminer précisément les choses qui m'entourent. Tous les contours glissent et trébuchent délicatement, dans une danse dont je ne parviens pas à saisir les bords. Ma tête, oui, elle tourne.

Soudainement, j'entends la voix de Morgan, mon ami. Mes mains me soulèvent avec une force dont je me rappelle pas avoir été possesseur durant cette sombre période de trouble. Je veux lui dire, lui dire que je suis bien là, présent. Je pousse les pierres et autres roches qui sont tombés sur mes jambes et mon dos. Certaines m'ont vraiment abimé. Des tâches de sang perlent à des endroits, ainsi que des marques de griffures. J'aurai préféré conserver ces habits du souvenir comme tel, bien propre. Mais malheureusement, il fallait parfois donner de sa personne. En tout cas, j'étais heureux d'avoir fait tout cela, car grâce à mon intervention, le Diable avait été jeté en dehors de cette sainte chapelle. Il ne sera pas dit que l'Ange Déchu entrerait dans une maison de Dieu tant que je vivrais. C'est alors que tremblant, je me relevai, ma tête tournant d'une manière qui ne cessait de troubler ma vision ainsi que mon équilibre. Ma gorge était sèche de poussière, j'avais tant crié pour faire entendre ma voix au delà des boucans infernaux. J'essayai de donner corps à cette voix perdue tant que ma Bible était encore posée sur l'autel. J'en étais heureux, bien que peu étonné que cette nouvelle. Dieu me protégeait. Je le savais mais j'en étais à cette seconde encore plus certain. Toussant alors toutes les poussières qui trainaient encore dans mon corps, je releva la tête vers la Croix du Christ.

Mon...*tousse* Mon Ami ! ...je...je...su...suis ici ! *tousse *



©BOOGYLOU.




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MessageSujet: Re: L'Éveil du Démon [Fini] Ven 19 Sep - 4:53


le berger
et la furie



J'entends l'échos avant la voix. Je me redresse brutalement, aussi rêche est mon souffle que le creux de mes paumes. J'ai encore la vision de l'atroce monstre tué encré dans mes pupilles, mais je l'écarte rapidement en reprenant le présent bien en main. La chapelle me donne torsion au cœur, et frisson à la nuque. Elle est méconnaissable. L'Antre sacré est devenu un cauchemar funeste, un cimetière de croyances et la maison des perditions. Combien de temps prendrons-nous à la rebâtir à l'effigie de Notre Seigneur? Je n'en sais rien. Mais avec la foi autour du coup, en chapelet ou en bras de bien aimée, tout sera possible. Tout. La voix.

Je tiens ma tête dans ma main et reprend contrôle de mes gestes. Tout me semble irréel, dans un ralenti qui accélère les choses bien trop vite pour moi. Et si cette apocalypse était le début d'une fin? Et si cette fin était le début d'une histoire encore pire? Retrouver Monseigneur Jonathan. C'est tout ce qui importe à l'instant. Mes jambes dérivent sur les rocailles et les lambeaux de Christ éparpillés sur le sol. Ils font peine à voir, et j'appréhende ma rencontre avec mon ami. Il est toujours vivant, certes. Mais dans quel état? Je prie, stupidement, de ne pas avoir à dicter l'Acceptation de la Mort sous les yeux vitreux d'un être cher. Je cours.

En direction de la voix que je reconnaîtrais d'entre mille. Et derrière une poutre énorme et massacrée, je découvre pénible et souffrant Monseigneur Jonathan. Je pâlis, comme un défunt l'aurait si bien fait, et accoure pour lui porter appui. C'est par réflexe, pure et simple, que je mets l'un de ses bras autour de mon épaule et que je soutiens son tronc. Un rapide coup d'œil autour de nous afin d'apercevoir l'autel qui semble encore en parfaite condition. Pourquoi épargner ce lieu? La réponse me semble pourtant si évidente; la scène du pêché est restée intacte, évidemment. Je porte Monseigneur Jonathan.

Difficilement. Mais je l'amène à l'autel ou je le dépose sur un surface saine avec toutes les précautions dont le Bon Dieu peut me faire don. Je crains le pire, pour lui. Par ma faute. Quel sombre dessein ai-je commis? Je donnerais mon âme pour la sienne. Il est Saint, je suis gueux face à ses paroles seules. Mon aorte ne veut stopper sa cadence, et mes mains deviennent moites, plus moites que jamais. Une fois qu'il est assis dans les marches, je pose une main sur son épaule, comme pour être certain qu'il ne s'évanouisse pas ou ne tombe pas en pleine figure, et lui pose cette question affolée:

Monseigneur Jonathan!! Est-c-c-c-ce que t-t-tout va b-b-b-

Je remarque sur ma main du sang. Beaucoup de sang. Elle tremble, lentement, vient se redresser pour constater qu'elle est imbibée jusqu'à son poignet. Visage de terreur et angoisse à la gorge. J'ouvre mes lèvres qui ne disent rien. Et derrière cette menotte levée à la hauteur de mon regard se dresse l'autel, maléfice porteuse, qui semble se moquer de tous les sorts permis. La vision du sang de mon ami sur mes mains et de l'endroit des pêchés pour l'appuyer me donne haut le cœur.

Monseigneur Jonathan... J-j-je.... S-s-suis... D-d-désolé...

Je parviens à articuler sur mon palais sec comme les déserts inconnus et exotiques. Pardonnez-moi, Monseigneur Jonathan. Ou faite-moi rédemption que je puisse crouler en Enfer tous les remords pesant à l'instant sur mes épaules. Un éclair me saisit. Je dois agir. Il est encore temps de le sauver. Je remarque que le sang vient de son crâne fendu. Je sors rapidement mouchoir de ma manche et presse doucement sa tête blessée. Et c'est sans hésiter que ma main grelottante va chercher une bouteille de laudanum dans la poche intérieur de ma redingote. Je la tends à ses lèvres, et prie.

Mon Dieu,
appuyé sur vos promesses
et sur les mérites de Jésus-Christ notre Sauveur,
j'espère avec une ferme confiance
que vous me ferez la grâce d'observer vos commandements
en ce monde et d'obtenir,
par ce moyen,
la vie éternelle.
Donnez force à ma main
qu'elle puisse sauver Monseigneur Jonathan,
et donnez-lui courage
de compter sur d'autres jours afin de venir à Votre droite.


©BoogyLou






 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

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MessageSujet: Re: L'Éveil du Démon [Fini] Lun 22 Sep - 10:45


L'Eveil du Démon



J'ai élevé ma voix à travers les décombres de ce qui était autrefois une merveilleuse chapelle d'un style gothique des plus appréciables. Oh, bien sur, cela n'avait pas changé, c'était toujours d'une grande beauté. Mais le passage de l'esprit du Diable en ces lieux avait fait changé bien des choses. Un sourire se dessine encore sur mon visage tandis que je me félicite d'avoir réussi à clamer les paroles du Seigneur pour sauver le peu qui pouvait être sauver. Il avait même été jusqu'à protéger ma vie, alors que j'aurai pu être enseveli sous les décombres. Quel joie de se sentir ainsi protéger. Il n'y avait nul autre sentiment qui puisse être accepté. Alors que je titubais dangereusement vers le sol, sentant tout de même mes forces disparaître dans un vent inconnu, je vis mon ami au loin qui se précipitait vers moi. J'offris un grand sourire à cet homme courageux qui vint me supporter à l'instant où mes genoux croulèrent sous mon poids. Il me dépose sur l'autel, sous la protection de notre Christ protecteur et de la Sainte Vierge. Je m'y allonge des plus délicatement, ne souhaitant ni brusquer la construction de marbre ni mon corps endolori. J'élève mon regard jusqu'au plafond afin d'observer les corniches et les arches de pierres qui restent d'une grande beauté.

La boisson du laudanum me coule de mes lèvres jusqu'à ma gorge, piquant très légèrement ma langue et réchauffant mon oesophage. Je n'avais encore jamais par le passé goûté à cette étrange mixture dont on me parlait pourtant avec tant de véhémence. On me disait que c'était une véritable liqueur qui valait le coup d'être bue. Qu'il s'agissait d'un cadeau pour soigner tous nos maux, même ceux à l'intérieur de notre coeur. Je ne savais pas jusqu'où allait le mensonge et à partir d'où commencer la réalité dans ces paroles. Mais autant dire qu'au moins, ils n'avaient pas tord sur une parcelle: cela n'avait pas si mauvais goût que cela.

Le voilà qu'il entonne d'agréables paroles à mes oreilles. Cela ne me dérange pas du tout de les entendre, au contraire. Je ressens une douce force emplir mes membres à l'écoute de cette prière improvisée dédiée au recouvrement de mes forces. Et bien que mon corps ne soit plus qu'une masse immobile et que seul mon visage déniait encore se mouvoir pour regarder mon ami, je pus lui sourire avec une grande sincèrité. Peut-être même que je ne savais plus ce que je disais mais qu'importe. Il était en vie, j'avais réussi à repousser le démon de ce mariage. Du moins pour le moment, car je ne le savais pas seul. Il était en effet désormais marié à une femme qui avait exigé le silence de ma bouche. Une hérétique. Mon sang se glaçait quand je me mis à penser à ses dernières paroles. Comment avait-on pu arriver là? Qu'il est impressionant le nombre d'erreur que l'amour peut nous faire commettre.

Mon ami...je vous en prie...ne m'appelez plus monseigneur....je ne suis qu'un homme comme les autres...la preuve.

Je ris en montrant d'une main peu souple et endormie la plaie qui se trouvait à ma tête. Mon organisme, aidé de Dieu, réussira bien vite à régler le problème de cette fissure. Ma main vint ensuite se poser sur ses mains jointes en signe de prière. Une larme vient perler à mon oeil, mais ce n'est qu'une larme de bonheur, car cela me touche, plus qu'il n'était nécessaire de le dire, de voir un homme capable d'autant de ferveur pour sauver ma vie.

J'espère que vous allez bien...que j'ai réussi...à vous sauver...


©BOOGYLOU.



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MessageSujet: Re: L'Éveil du Démon [Fini] Mer 24 Sep - 3:20


le berger
et la furie



Ne plus l'appeler Monseigneur? Il reste l'humble et parfait confrère de toujours, dans mon esprit, dans mon cœur. Ne plus lui porter cette marque de respect auquel son titre lui donne tous les droits serait presque affligeant. Mais il est ma parole, il est ma conscience. Alors je hoche de la tête sans hésiter, et je baisse le regard devant le sien. Pour n'importe quel moment et n'importe quel raison je m'inclinerai devant cet homme à la parole des Saints. Et mes mains tremblent. Et mes yeux se liquéfient, retiennent les douleurs que je ressens à voir les souffrance de Monseigneur Jonathan. Il rit.

À ses preuves de sang. Je suis incapable même de sourire. Je garde le menton bas et serre mes mains jointes. J'ai envie d'éclater, de rage, contre moi-même, de sanglots, et de tout ce qui donnerait au Diable de m'emporter. J'ai pêché si gravement en ces lieux, ensuite ai transporter ma douce damascus avec le Malin à mes bras. Enfin, j'ai psalmodier les pires injures à mon meilleur ami et lui ai provoquer tant, tant de mal. À lui. Et à elle. Deux de ces êtres qui occupent le plus mon cœur. Et puis se pose en délicate douceur les mains de Jonathan sur les miennes. Le contraste de leur finesse est si flagrant que j'en sursaute presque. Je lève.

Un œil sur le sien. J'ai les larmes aux iris, et tous mes efforts ne parviennent à contempler l'esquisse de son sourire. Je retire drastiquement mes mains des siennes. Me crispe. Et redresse mes jambes pour me mettre debout, à ses côtés. Je le regarde de haut, mais ô combien suis-je minuscule à côté de sa grandeur. Mes yeux se noient dans les siens, et ma langue peste, contre moi:

Me sauver... Vous y êtes parvenu, sans mal. Vous êtes Grand, et Puissant. Et... Et j'ai... J'ai causé le pire des désastres. Je vous ai blessé, et ai...

Je tourne les talons pour lui faire dos. Je suis incapable de le regarder dans les yeux. Le savoir en vie et ressurgir des catacombes pour l'aider avec tous mes espoirs fut libérateur... Mais rien de tout cela ne pourrait octroyer les fautes misérables et sataniques que j'eus commises ici-même... Je termine dans un murmure:

...pesté contre Notre Seigneur...

Je revoie dans ma tête, comme des flashs cuisants, incessants, incontrôlables... Perdu dans ces débris de mémoire vive, mon crâne a cisaillement aiguë. Je prends ma tête de mes deux mains, m'arrachant presque les cheveux. La chaire d'Elizabeth contre la mienne, sur l'autel si pure... Les cris désastreux alors que je lui porte la bague au doigt... Les hurlements de Monseigneur Jonathan alors que sa Sainte Maison s'écroulait sur sa tête... Les pas que j'eus franchis avec la flamme au sang pour transporter ma douce damascus à l'extérieur et laisser mon ami dans les griffes du Démon...

Une bête. J'étais devenu une bête. Je... j-j-je ne pouvais le contrôler... C'était... dans mes... v-v-veines... J'ai... J'ai commis l'Horreur. J'en étais conscient. Les remords me rongeaient les tripes. Et je pleurais le Bon Dieu... Mais... Mais j'étais incap-p-pable de m'arrêter... Incap-p-pable...

Deviens-je fou? La démence m'emporte-t-elle? J'en ai aucune idée. Mais je ne parle plus. Ma conscience le fait à ma place. Le purgatoire m'attends, l'Enfer de même. Devant mes yeux, il n'y a que songes de la chapelle écroulée, de Monseigneur Jonathan, d'Elizabeth...

Et ma femme... Ma femme elle... Elle n'était pas... Pas comme à l'habitude... Elle semblait terriblement malade... possédée...

Mes jambes cessent de me tenir et je m'affaisse accroupi d'un coup, me blottissant contre moi-même et gémissant mes pleurs.

Je v-v-vous en conjure, Monseigneur Jonathan... P-p-pardonnez-moi... Pardon-n-nez ce que je vous ai fait... Pit-t-tié... Je ne suis plus qu'un agneau bon à égorger...

©BoogyLou






 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

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MessageSujet: Re: L'Éveil du Démon [Fini] Mer 24 Sep - 9:20


L'Eveil du Démon



Tant de piété à mon égard. Une si grande force de compassion allait au delà de mes espérances et me faisait ressentir toute la simplicité de mon humanité en ce lieu. Je n'étais qu'un homme, oui, et je ne méritais pas tant d'éloges. Le regardant se morfondre d'un tristesse infini, je ne pus m'empêcher de ressentir également de la peine pour lui. Tout le monde était en vie, c'était le plus important. Il se met à pleurer et c'est comme une pointe dans mon coeur. Mon bon ami, pourquoi chercher les larmes ? Mes yeux se referment quelques secondes pour se rouvrir sur son visage. Je crains que ma tête ne me tourne bien trop, malgré le laudanum dont on m'a pourvu la liqueur par la grâce de Morgan.

Mon souffle respire et s'effondre en ma poitrine, je perds la vitesse de mes pensées. Peut-être que cette étrange boisson avait eu plus d'effets que je ne pouvais le penser. Mas je me devais de rester lucide, mon ami avait besoin de moi. Je me devais de me montrer digne de toute la ferveur qu'il mettait à me sauver. Ses paroles vinrent à moi. Il m'énonce que j'ai réussi à les sauver car je suis Grand. Un petit rire vient se fondre dans mes plaies. Je ne suis pas Grand, ni Puissant. Mon corps saigne comme chacun et mon esprit est aussi faible que ceux d'un homme. La preuve en est de cet Amour qui m'étreint et me déchire de l'intérieur quand je pense à Elle. Si j'étais si Grand et Puissant, il aurait été certain que j'aurai su séduire son coeur.

Morgan continue de m'expliquer ce qui lacère son âme de douleur en me voyant ainsi blessé par la main du Diable. Il m'explique avoir pêché contre Notre Seigneur, un éclat de surprise se fend sur mon visage. Non, un homme si pieu ne pouvait être coupable d'aucune honte envers Dieu. Je ne pouvais pas le croire. Quoiqu'il me vint alors un souvenir. Lorsqu'il arriva pour m'appeler au mariage de son esprit et de celui de cette femme. J'étais en train de m'avancer vers l'autel et je l'ai vu. Cette demoiselle à l'apparence fragile et délicate, une peau des plus blanches -comme nous finissons tous par avoir. Elle n'était pas comme les autres. La pureté qu'elle dégageait n'était que d'apparence, je l'avais ressenti de toutes mes croyances. Pourquoi les avais-je alors unis ? Malgré la très clair hérésie de sa femme ? Parce que Morgan l'aimait plus que tout au monde et qu'il me semblait normal d'unir leur amour. Car Dieu est Amour, n'est-il pas ? Si j'avais su à cet époque que cette femme était bien plus qu'une hérétique, tout m'aurait paru si clair. Si évident. Mais à cette seconde, je ne savais rien. Me redressant sur mon céant pour démettre tranquillement le haut de ma soutane, j'en retira un morceau de ma chemise blanche que je déchira en longueur. Ce laudanum n'allait pas empêcher le sang de couler, il fallait agir. J'entourai ma tête de ce bandage rapide et l'attachai pour mieux le tenir.

Mon ami, c'est moi qui vous en conjure, cessez de vous martyriser ainsi l'esprit. Vous n'êtes aucunement fautif. Et encore moins un agneau à égorger, sachez que cet acte ne saurait être toléré par Notre Seigneur.

Encore un Monseigneur. Non pas que cette marque de respect ne me dérangeait réellement, mais en réalité, il n'était pas de mon rang. Peut-être qu'il faudrait que je lui explique pourquoi.

Cette soutane que vous voyez n'est pas la preuve qu'il faut m'appeller Monseigneur. J'ai été prêtre, oui. Ce fut ma première confession. Mais j'ai découvert ensuite une voie plus honnête en mon coeur. Celle du protestantisme. J'ai gardé cet habit par pur dévotion, pour mémoire et affection, mais à présent je suis un pasteur. Car j'estime que nous sommes chacun égal envers Dieu et qu'il en va à tous de nous aimer sans hiérarchie aucune.

Je lui offris un de mes sourires les plus amicaux que je pus faire dans mon état. La tête me tournait encore, mais je tenais bon. Mes mains serrant l'autel entre leurs paumes, je savais que Morgan serait là pour me rattraper si jamais je venais à m'effondre. Je saisis ma Croix d'une main et l'embrassa avant de la poser contre mon Coeur.

Votre femme. Je...je crains qu'elle ne soit une hérétique. Les symptômes qu'elle a montré à l'apparition du Diable ne font aucun doute. Votre analyse est juste: elle était possédée.

Mais j'ignorai si c'était un cas occasionnel ou si elle était possédée à chaques secondes de sa vie. Il m'était impensable que le deuxième cas fut vrai. Aucun possédé ne pouvait mener une vie correcte. Sa peau devenait verdâtre, ses yeux se révulsaient, de la bave venait aux coins de sa bouche. En d'autres termes, la possession se voyait physiquement que les Hommes. On ne pouvait passer à côté. Le corps humain n'est pas destiné à supporter l'esprit du Malin, car nous sommes les créations de Dieu Notre Père.

Mais qu'avez-vous donc commis de si terrible pour vous ainsi vous jeter toute la faute?


©BOOGYLOU.



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MessageSujet: Re: L'Éveil du Démon [Fini] Dim 28 Sep - 3:00


le berger
et la furie



Aucunement fautif... Aucunement fautif... Je regarde mes mains d'où jaillissent tant de tremblements, tant d'amertume. Elles ont façonné des courbes de rêves et des plaies odieuses. Qui peut garder un cœur léger devant tant d'allégresse, un ami si tendre et si bon, après avoir tricoter un cauchemar jusqu'à sa désastreuse fin? Et bien que Monseigneur Jonathan ait raison, que jamais l'agneau ne devrait être égorgé sous la tutelle de son berger Notre Seigneur, les remords me fendent en tout les morceaux de verre constituant ma poitrine. Je m'affaisse.

Mes genoux rencontrent lourdement le sol. Je ne vois plus rien, tant les larmes inondent mes vision déjà troubles, mais je regarde sans but les poussières sur le sol sous mon nez. Je fais toujours dos à Monseigneur Jonathan, bien que je sache qu'il gardera toujours une main sur mon épaule. J'eux une fois de plus appelé mon ami Monseigneur et il m'explique en quoi ces mots ne devraient point le qualifier. Je tourne vaguement mon menton vers lui, et souris. Il reste pure. Il reste indemne de foi, immense d'Esprit. Immortelle et Grand, au delà de la mort il sera toujours bonté et douceur. Il embrassa sa croix et ce geste seul me fit reprendre confiance. Afin de lui parler. Je devais lui dire. Je devais tout lui dire. Me purifier.

Pardonnez-moi, Jonathan. Si tel est votre volonté, alors je vous appellerai par votre prénom simple, ami.

Elizabeth. Il parle de Elizabeth et, même, vient confirmer toutes mes craintes les plus utopiques. Elle est possédé par le démon. Je me raidis et mon pouls cesse d'exister. Ma respiration se coupe et l'angoisse vient répandre l'haleine de ses Horreurs dans mes vaisseaux sanguins. Les effrois prennent place sur mon visage. Elizabeth... Pourquoi elle, pourquoi ma femme, la plus belle perle sur Terre, l'ange à l'image de Dieu... Non, c'est impossible! Tu es bien trop belle, pure, parfaite...

...ma douce damascus.

Je murmure sans trop m'en rendre compte en déversant mes larmes sur les marches de l'autel sacré. Les bras tombent de chaque côté de mon corps et mon aorte ne pompe plus. Non. Il ne s'agit que le noir en moi qui s'infiltre dans chacun de mes pores. Je suis perdu. Et pourtant, je dois tout faire pour Elle. Se pourrait-il que le Malin en elle m'eut trompé? Qu'il eut fait d'Elizabeth la tentation incarnée, assez que me je délie de l'étreinte sages de Jésus Christ Notre Sauveur? Non... Non, j'ai aimé Elizabeth. Et personne d'autre. Jamais je n'aurais put aimer marionnette du démon. Non... Ce fut elle... Elle et moi, depuis toujours...

Ce... Ce que j-j-j'ai fait...?

Je fixe mes mains, mes yeux écarquillés laissent couler quelques sels dans leur creux. Ma gorge est sèche, et je parle difficilement. Il ne s'agit que d'un murmure tant ma boule obstrue mon œsophage. Ai-je le courage de lui dire? Bien sûre. La franchise est chose la plus importante envers soi-même et envers les bergers. Pourquoi laisse-je donc planncer si grand silence..? Je me ressasse. Je me ressasse comme un souvenir déchirant. Et je dicte, avec toutes les misères du monde.

L'autel était si froid... sa peau, bouillante. Ses lèvres étaient magnifiques... comme toujours. Elles m'interpelaient les mots les plus divins. Sa peau... Sa peau... Blanche, et douce, comme une pêche fraîchement cueillie. Je... je n'ai pas pu résisté... Pas pu... Ma chaire eut été trop faible. Trop... Faible...

Mon cœur se serre et amène un battement douloureux. Je me replis contre moi-même en serrant ma poitrine dans mes bras. Mon visage se crispe de douleur. Cardiaque... je deviens cardiaque... Je le sens... Ce caillot dans mon artère... Qui s'infiltre et bouche les voie... Non. Non je ne dois pas paniquer. Je ne dois pas halluciner mes maux. Seigneur. Qu'ai-je fait? Le Tout Puissant attend-il que j'éructe complètement mes pêcher avant de me faire craquer vers l'au-delà? Je gémis, sanglote. Termine. Difficilement.

Elle m'a... elle m'a offert son amour et sa robe... Je... Je n'ai rien pu faire... Les plus bas instincts ont pris possession de mon corps alors que je prenais possession d'elle... Sous les regards de Jésus sur la Croix... Juste sous son nez...

Je pleure à chaudes larmes et remonte mon menton vers l'autel, lieu sacré où je suis devenu le pire des pêcheurs.

C'est horrible! C'est odieux! Je m'en veux comme si le meurtre avait souillé mes doigts! Comme si j'avais pris l'innocence à la plus pure des femmes! Je mérite l'Enfer! L'Enfer!

Dis-je en haussant ma voix jusqu'au cri.

©BoogyLou






 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

©BOOGYLOU.  

 



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MessageSujet: Re: L'Éveil du Démon [Fini] Lun 29 Sep - 12:22


L'Eveil du Démon



Il est d'une détresse si acablante, mon bon ami à qui l'amour malgré lui avait souris d'une bien étrange manière. Comme j'aurai apprécié être à sa place et avoir réussi à être aimer de celle que j'aime. Bien évidemment, j'aurai préféré ne pas être lié à une femme profondément hérétique et possédé par le diable. Le coeur lourd je l'observais se mettre à genoux, si douloureusement en peine avec lui-même. J'étais persuadé qu'il ne pouvait pas être si fautif que cela, son âme n'était que bonté et pureté même. Mon plus proche ami, celui qui ne pouvait être que ma brebis la plus aimante envers le Seigneur. Oh, excusez-moi si mon cerveau a parfois quelques éloquences étranges, j'ai un peu mal à la tête. Certainement une conséquence de la chute des pierres sur ma pauvre tête blonde. J'eus un grand sourire envers cet homme qui m'appelait enfin par mon prénom. Un sourire qui se voulait des plus rassurants et loin de toutes les inquiètudes qui pouvaient peser sur son esprit. Gardant sa main à son épaule, j'eus un frémissement de peur. C'est alors qu'il balbutia quelques paroles, celle que je pensais être impossible à entendre. Il me parla alors d'une rupture de l'esprit, de la chair et de ses actes. Doucement, ses paroles m'expliquent ce qu'un souvenir éparse se remémore à mes yeux tandis que ceux-ci se ferment.

M’avançant de quelques pas dans la salle, j’entends des cris et des gémissements au bout de la pièce. Deux masses comme informes se démènent sur l’autel. Mais que se passe-t-il ? Est-ce que cette pauvre femme se fait agresser ? Est-il en train de lui faire du mal ?! Je m’approche encore un peu et les voir bouger davantage. Mes yeux écarquillent. Ils. Ils. Mes neurones se déconnectent, mon esprit s’évapore et je sens que mon âme se liquéfie. Quel est cette chose ? Quel est cet acte que je ne comprends pas ? Ils…serait-ce ce dont on parle quand on exprime les relations charnelles ?! Cela y ressemble bien…je n’ai…je n’ai jamais vraiment fais ce genre de choses. J’ai eu trop peur lors de ma lune de miel. Mais là, ce que je vois. C’est donc cela. Et…sur l’autel ?! SUR L’AUTEL ?! Mes traits s’effondrent, n’expriment plus rien. Je ne ressens plus mes bras, ni mes mains. Mon cœur bat fort, très fort. Puis je comprends qu’ils ne m’ont ni vu ni entendu, et je m’éloigne. Quelle perversité ! Quelle bande d’impies ! Aaaaaah ! Comment osent-ils faire ça dans la maison du Seigneur ?! Je prends peur, une nouvelle fois et me fais fuir dans le couloir, refermant la porte dans un grand fracas cette fois. Je cours dans les ténèbres. C’était donc cela les cris ! Mais…mais…aaaah, il faut que j’aille prier pour effacer de mon esprit cette vision d’horreur…faire ça sur l’autel…dans la maison du Seigneur.

Il pleure sur  l'autel qu'il a souillé, et je me rends compte à présent qu'il était là. Il était là au moment des faits. Car il ne s'agissait en réalité que de son corps qui tremblait au dessus de celui d'Elizabeth. Et juste après avoir fait ça...juste après, il était venu me voir en me demandant de les unir à la loi de Dieu. Je me sens à présent presque honteux d'avoir véritablement vu ces choses. Je balbutiai doucement:

C'e...c'était donc...donc vous que j'ai vu...

Je baissa la tête à mon tour, ne pouvant supporter sa vision. Je ne savais pas quoi répondre ni quoi dire. Il est vrai qu'il avait commis un grave pêché, mais je ne pensais pas qu'il s'agissait d'une véritable horreur car il n'était guidé que par l'amour. Aussi pris-je un temps de respiration pour bien me rendre compte de la chose et murmurai-je:

Mon ami...vous n'étiez que...que dirigé par l'Amour. Puis, comme vous vous êtes marié tout juste après...peut-être que l'on pourrait dire que l'honneur est sauf...ne croyez-vous pas? Je vous en prie...cessez de vous martyriser...c'est...

Je me couvris de rouge sur les joues, ne sachant trop comment réagir à tout ça. Si encore je ne l'avais pas vu. Je n'aurai rien dis car je n'aurai que tout eu à imaginer. Mais là...c'était bien plus compliqué. J'aurai voulu ne rien voir, je n'avais déjà bien bien expérimenté la chose par le passé, mais alors là c'était...oh mon dieu, je n'ai plus les mots, que dois-je faire, que dois-je dire?

Je...je sais ce que c'est que d'être possédé par ce Précieux Sentiment...bien que je n'en comprenne pas les tenants physiques....


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MessageSujet: Re: L'Éveil du Démon [Fini] Mer 1 Oct - 6:03


le berger
et la furie



Donc... Donc il nous a vu?! Je hoquete une rupture de souffle. Non. Non, impossible. Je cesse de bouger, de pleurer, de trembler. Je deviens un marbre dur et cuisant qui ne veut que se fondre sous les débris de la chapelle autrefois magnifique. Maintenant cendres de nostalgie. Mes yeux s'écarquillent sur la vision du pasteur portant quelques pas dans la chapelle et devinant un tel pêché se produire sur les marches menant au corps du Christ. Je devine, par ses mots, qu'il ne nous a point reconnu et qu'il comprend l'identité des vils seulement maintenant. Je rougis.

Si fortement. Je cesse de respirer et n'ose plus faire ciller le moindre cheveux sur ma tête. Gardien mon ami est, punition il peut châtier. Je me sens mourir de honte et de chagrin. Et s'il me tue? Je n'ose pas croire à cette possibilité qui, pourtant, s'infiltre dans chacun du bout de mes doigts. Je l'imagine faire quelques pas dans l'antre. Et sentir la foi possédé en ses agneaux se démolir à la vu de nos corps. Il parle.

Il prend ma défense. Monseigneur Jonathan prend défense sur les pêchés odieux qui ont souillé l'autel et la chapelle en entier de ma rouge paume. Je redresse mon menton. Je n'arrive pas à croire les mots qui coulent dans mon ouïe. Impossible. Inouïe. Comment peut-il pardonner aussi facilement d'actes aussi horribles? L'amour. À cause de l'amour. Mon cœur se déchire. J'y porte ma main pour la serrer. Si mon aorte me donne infarctus à l'instant, ce sera parce qu'il déborde trop d'amour. Pour Elizabeth. Pour mon meilleur ami. Il est vrai que ce que j'ai fait est horrible. Il est réel aussi que j'eus peut-être été tenté par le Malin. Mais tout ce que j'ai commis eut été fait avec Amour. Je sais. Je l'ai ressentis. Toujours. Sa réponse.

Ce précieux sentiment. Sa main sur mon épaule. Ses penchants physiques. J'avale difficilement. Pure. Il est si pure qu'il ne pourrait comprendre. Par chance, ou je le crains. Je ne sais que penser de tout cela. Le revers de ma main vient essuyer mes larmes et je me relève. Doucement. Je me sens allégé de mille maux, bien que ce qui remplace ces souffrances en moi soit tout à fait confus. Je me retourne.

Toujours le menton bien bas. Mes cheveux tombent en mille miettes sur mon visage et cachent les tribulations s'y dissimulant sans misère à les deviner. Et je relève, toujours d'un lenteur au doute près, mes yeux sur les siens. Je vois les tourments et la calamité sur ses traits. J'y vois de même la gêne, tout aussi flagrante que sur mes pommettes, ainsi que l'embarras et la complexité de la situation. Je sais très bien que si Monseigneur Jonathan n'avait été si bon confident, la situation aurait été bien plus tendu.

Vous voulez dire que... Rien de cela... Ne serait en lien avec... Ça..?

Je dirige mon œil sur les échafauds de misères qui dissimulent la beauté de la place. Il fait tour de l'endroit me brisant le cœur à chaque débris rencontré, et se termine sur la blessure de mon ami. Grave. À la teinte. S'il lui était arrivé plus grave, jamais je ne m'en serait pardonné. Et encore jamais je ne pourrais trouver paix vis à vis cette marque.

Penseriez-vous vraiment que mes actes n'ont pas apporté ces malheurs et vos douleurs?

Je ne sais trop si j'essaie de convaincre en bien ou en mal Monseigneur Jonathan ou moi. Et puis je fixe le creux de ses yeux. Il dit être amoureux, aussi. Peut-être est-ce pour cela qu'il me pardonne aussi facilement. C'est qu'il comprend mes états d'âme pour les ressentir lui-même. Je dois m'en assurer:

Ami, vous Aimez aussi. J'ignorais que vous aviez une femme. Auriez-vous commis... graves erreurs en son Amour vous aussi?

Et j'ignorais aussi que abstenir tous désirs charnels pouvait être possible jusqu'à un tel point.

©BoogyLou






 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

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MessageSujet: Re: L'Éveil du Démon [Fini] Mer 1 Oct - 8:23


L'Eveil du Démon



Oui, les effluves de l'Amour ont fait de moi l'un de leur prisonnier les plus soumis dans ce bas monde. La chance était pour moi que je sois un pasteur, qui n'était donc pas lié au célibat sacerdotale. J'ai eu une femme par le passé, mais je ne me souvenais pas avoir commis pareil choses avec elle. J'ignorais tout de tout, l'on disait de moi que j'étais un enfant, le plus clai r du temps. Il était là en face de moi, cet homme qui me prenait pour un supérieur alors qu'en réalité, j'étais si inférieur à lui en tout domaine. Regardant lentement les paumes de mes mains, je me demadais en réalité s'il fallait vraiment que je parle de ce sentiment qui m'asphyxiait. Il était si incompréhensible rien que pour moi. Peut-être Morgan pourrait m'apporter quelques éclaircissements. De cette manignifique demeure de Dieu, il restait encore l'autel, quelques  monceaux de pierres ici et là près du plafond. Tout n'avait pas été détruit, et conservait encore une incroyable beauté. La beauté que l'on ressentait quand on était dans un endroit saint.

Non...je ne pense pas. Cela ne ressemblerait pas au Seigneur que j'aime. Il accepte et encourage cet émotion comme étant le plus Pur au monde.

Le sang affluait en masse vers ma tête. Douleur encore supportable s'il en était de plus calme. Frappant mes tempes avec attention, je n'aspirais qu'à un peu de calme. Il n'y avait pourtant que cela autour de moi. Le calme d'une mélancolie sombre dans ce qu'était cette maison de Dieu. Et dans mon coeur. De l'amour en profusion qui faisait comme un torrent de feu dans mon corps. Un feu que je ne pouvais ni assouvir ni même comprendre comment l'assouvir. Je n'étais qu'un enfant. Et cela, ma jeune adorée l'avait bien compris. C'était pour cela qu'elle ne pouvait me supporter peut-être? Car je n'étais à ces yeux qu'un enfant qui demandait une mère ? Alors qu'en réalité je ne souhaitais que la réciprocité de mes sentiments réels et sincères. Je portai ma main à ma tempe, la massant doucement pour tenter de recouvrir un certain calme. Pouvais-je réellement tout avouer à Morgan comem ce dernier m'avouait tout ? Ce serait le plus logique, le plus honnête également avec tout l'amitié qu'il me porte et que je lui porte à mon tour. Puis j'analyse au mieux sa phrase. Si j'ai une femme ? Malheureusement oui et non.

Je...j'ai eu une femme, par le passé. Mais je ne me souviens pas avoir fait les mêmes choses que vous...cependant j'ai du faire croire à  ma mort pour lui sauver la vie.

Je montrai mes mains absente de toute alliance. Un sourire triste sur mes lèvres glacés, un triste air mélancolique dans le regard. Bien que mon ex-femme soit une bien étrange affaire sur laquelle m'étendre, il fallait que je poursuive.

Je ne peux plus me considérer comme étant lié à elle. Elle me croit mort et enterrée. Certainement a-t-elle déjà du refaire sa vie, à l'extérieur. Moi, je suis seul.

Reposant mes mains sur mes genoux, je les fais se mouvoir entre elles, se toucher pour me réchauffer le corps. Mon regard un peu gêné par la suite de ce que je vais raconter, je fis promener mes yeux sur les petites ruines de la chapelle. Allait-il me juger pour ce grand Amour comme je n'en avais encore jamais vécu ? Allait-il songer que je suis encore rattaché à ma femme et que mes actes ne sont que pures infidélités ? N'allez pas croire que je n'y ai pas déjà songé, mais je ne me trouve aucune excuse. Juste cet Amour immense que je croyais jusqu'alors impossible. Cet Amour non partagé qui me déchire et me dévore. Je fis passer ma langue sur mes lèvres sèches, n'étant pas habitué à parler autant, du moins, pas de moi-même.

Mais...ici, en ces murs...j'ai rencontré une femme. Elle est merveilleuse, si vous saviez ! Je ne croyais pas être capable de tenir un tel sentiment en mon coeur. Ses cheveux, ses yeux, sa bouche, les courbes de son visage, je pourrai l'observer pendant des heures en silence...

Au fur et à mesure de je m'exprimais, mes paroles se faisaient de plus en plus rapide, joyeux. Un grand sourire idiot fit bientôt l'apparition sur mon visage, un pétillement dans mes yeux. Je sentais que si l'on me lançait sur ce sujet, j'allais pouvoir parler pendant des heures. Malheureusement, en plus de cette idéalisation, il me fallait me mettre face à la terrible réalité. Je n'avais plus que quelques mots à souffrir, mais les plus difficiles. Je baissai la tête péniblement et ne fit plus que regarder mes mains.

Elle est la seule que je désire au monde...mais...elle ne m'aime pas, ne me supporte qu'à peine...


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L'Éveil du Démon [Fini]

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