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Herzeleid. [Fini.]

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admin cardiaque et trop gentil
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MessageSujet: Re: Herzeleid. [Fini.] Ven 24 Oct - 20:05


Herzeleid.

Alors qu'il sortait un mouchoir de sa poche pour se dégager le nez, encombré par ses pleurs, David sentit les mains de Kathleen se poser sur ses épaules et le retourner doucement en face d'elle. Voir la déception dans son regard lui fit un peu plus monter les larmes aux yeux qui roulaient sur ses joues sans pouvoir les contenir. Il n'avait pas éclaté en sanglots pour l'instant. Il pleurait juste silencieusement, le visage tout de même marqué par sa tristesse, sa honte et sa culpabilité. Il garda ses yeux azurs dans ceux de la Scientifique qui étaient d'un bleu similaire. Quoiqu'il en soit, le blanc de ses yeux était rougi par le sel de ses larmes mais il n'osait cligner des yeux pour chasser les larmes. Elle lui demanda la raison de son acte. Elle avait bien raison en y repensant. Lui qui s'efforçait toujours de soigner le plus de patients possibles, de les maintenir dans la meilleure condition physique pour qu'ils aient un jour l'espoir de goûter de nouveau à liberté, voilà maintenant qu'il se mettait à blesser des gens, à souhaiter leur mort. Tout ceci pouvait donc facilement prêter à la confusion, comme l'état dans lequel semblait être Kathleen. Il repensa alors aux raisons de son acte. Ce qu'il l'avait engendré. Harry, Felix. Voir son amant le traiter comme s'il n'était rien d'autre de plus qu'un vulgaire assistant. Ce que le Scientifique et le Dément avaient fait ensemble pendant qu'il était à côté… À les entendre. Il ferma les yeux et prit ses tempes dans sa main, résistant difficilement à l'envie de fondre complètement en sanglots. Il devait avouer. Il avait atteint un point de non-retour dans sa confession, autant ne rien plus rien cacher :

- Ha… Harry… a trouvé Felix et l'a ramené… Ils ont… tous les deux… alors que… que j'étais…

Ses sanglots l'empêchaient de s'exprimer correctement, se sentant un petit plus ridicule encore une fois car ses dires étant sûrement plus qu'incompréhensibles. De plus, il ne finissait pas ses phrases, gardant en silence les parties les plus utiles de son histoire. Mais à cet instant, il avait besoin de se réfugier dans des bras. De se sentir protéger et apprécié malgré ce qu'il avait fait. Cependant, il se contentait de garder la tête baissée. Après tout, il devait sûrement répugner Kathleen, il ne pouvait plus soutenir son regard, étant trop lâche pour assumer correctement ce qu'il avait fait. Il essaya de calmer ses hoquets avant de reprendre son récit :

- Felix n'y est… pour rien… Il ne se souvenait plus d'Harry… Je… Je n'aurai pas dû faire ça…

Il renifla, continuant de pleurer. Il posa une main sur son front avant de relever la tête pour regarder Felix puis ailleurs, voire le mur à son opposé.

- Je… Je regrette tellement… Je ne voulais pas perdre Harry…

Son corps fut agité par quelques nouveaux sanglots quand il comprit qu'il avait de toute façon perdu Harry dès le moment où celui-ci avait trouvé l'horloger. David se mordit la lèvre inférieure, commençant à se sentir nerveux et à éprouver le désir de se défouler. Il se courba en deux en se prenant les cheveux dans ses poings, trouvant la situation plus qu'insupportable. Harry courrait partout dans le Manoir à la recherche de Felix depuis qu'il avait appris la disparition de celui-ci. Mais Felix était là. David pouvait le voir, le toucher, entendre sa respiration sifflante. Allait-il dire à Harry que l'horloger était là pour se blanchir totalement ? Non, le Dément le balancerait sûrement à son supérieur et Dieu sait ce que ce dernier était capable de faire pour venger celui qui était apparemment son seul amour. Car il était évident que David n'avait plus sa place dans le cœur de son homme. La tête toujours baissée et les cheveux à moitié tiré par ses poings dont les jointures étaient devenues blanches, il murmura misérablement :

- Je ne veux pas le perdre…

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MessageSujet: Re: Herzeleid. [Fini.] Ven 24 Oct - 21:38


Herzeleid.



Tandis que le chirurgien tâchait d'offrir à Kathleen un semblant d'explication, par éclats de phrases jaillissant entre ses larmes et ses sanglots, la scientifique s'efforçait de mettre un peu d'ordre dans les maigres informations qu'elle obtenait. Donc, Harry avait ramené Felix dans le laboratoire, et ils avaient... Ils avaient... Quoi ? Au vu de l'état de nerfs déplorable de David et de la relation que celui-ci entretenait avec son supérieur hiérarchique, la jeune femme eut de fortes raisons de penser que le dément et Downcry ne s'étaient pas contenté de discuter autour d'une tasse de thé. Les choses avaient dû prendre, à un moment ou un autre, un tournant un peu plus, disons, charnel. Et... De là... David avait planté un scalpel dans la cuisse de Felix. Cela ne faisait pas encore exactement sens, mais la jeune femme avait saisi les grandes lignes de l'affaire.

Et elle se retrouvait donc au beau milieu de son laboratoire, plutôt frigorifiée dans sa tenue légère maculée de sang, sans savoir comment se comporter face à un collègue visiblement au beau milieu d'une crise de nerfs. La jeune femme ne put s'empêcher de constater une nouvelle fois à quel point son confrère aux tendances sadiques reconnues incarnait une fois de plus le vice absolu, mais ne sut que dire. Critiquer son amant n'allait certainement pas amener à l'apaisement l'homme en larmes qui lui faisait face. Si elle avait eu la moindre idée de la manière de le réconforter, Kathleen l'aurait fait. Elle aurait au moins tenté quelque chose. Mais les situations de crise morale comme celle-ci la dépassaient grandement, et elle craignait d'aggraver l'état nerveux de David en voulant l'apaiser. Pourtant, lorsque ce dernier commença à flirter avec l'hystérie, s'empoignant les cheveux à pleines mains tout en continuant à gémir à propos de l'objet de son amour, la jeune femme crut bon d'intervenir avant que le chirurgien en vienne à se faire du mal. Avec délicatesse, elle lui prit les poignets et, glissant ses pouces à l'intérieur des paumes du jeune homme, elle entreprit de desserrer la prise qu'il exerçait sur sa chevelure. Après quoi, en maintenant fermement son emprise sur les poignets de son vis-à-vis, elle le força à éloigner lentement ses main de son visage. Ses yeux  clairs restaient fixés sur ceux de son confrère, vaguement inquisiteurs, toujours vaguement confus.

« David. S'il te plaît... Calme-toi. »

Peut-être ses paroles n'aidaient-elles en rien. L'ingénieure s'était pourtant efforcée de les prononcer d'un ton calme et potentiellement rassurant, murmurant presque sans pouvoir masquer un soupçon d'inquiétude. Car, sans que le fait eut sans doute paru de manière visible à qui que ce soit, la jeune femme avait toujours éprouvé envers David une sorte d'affection naturelle – quelque chose qui la poussait à penser que cet individu était au fond un homme bien, avec l'intuition qu'il était plus à protéger qu'à craindre. Et le voir dans cet état de délabrement nerveux lui était, malgré toute sa froideur, un situation pour le moins douloureuse.







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MessageSujet: Re: Herzeleid. [Fini.] Ven 24 Oct - 23:00


Herzeleid.

David n'avait pas cessé de pleurer quand Kathleen lui prit les poignets pour tenter de l'empêcher de malmener plus longtemps ses cheveux. Quand il sentit ses pouces dans ses paumes, il les serra entre ses doigts, comme s'ils étaient la seule chose à laquelle il pouvait se raccrochait à cet instant. Car il se sentait tout simplement perdu, sans savoir quoi dire ni quoi faire. Peut-être que, comme le conseiller doucement la Scientifique, il devrait essayer de se calmer un peu. Faire le vide. Reprendre son souffle. Faire cesser les tremblements de ses jambes. Sa respiration était encore irrégulière et chevrotante, ses épaules se soulevant encore à cause de quelques sanglots. Il commença à grimacer de douleur quand son cœur commença à faire des siennes. Il passa rapidement sur son torse, histoire de tenter d'apaiser la douleur. Mais ce fut malheureusement bien inutile car sa faiblesse cardiaque ne s'apaisait jamais quand il essayait de réchauffer son organe en posant simplement sa paume. Et de plus, son cœur meurtri métaphoriquement parlant. Meurtri par ce qu'Harry et lui-même avaient fait. Mais purement métaphorique aussi, son palpitant pouvait être perçu comme pourri. Pourri de ne pas être efficace dans sa seule tâche : battre et pourri pour encore une fois, ce qu'il avait fait. David n'avait déjà pas une haute estime de lui-même, cet épisode allait le rendre plus méprisant encore avec lui.

- Je… Je suis vraiment désolé… Je m'en veux tellement, si tu savais…

Son cœur lui faisait de plus en plus mal en réalité. Il avait retenu sa respiration pendant qu'il se tirait les cheveux et avait aussi fait monter le sang à la tête, rougissant son visage et le calmant légèrement et mais son palpitant défectueux n'avait absolument pas apprécié. Il se déplaça donc jusqu'à la chaise couverte du sang de Felix et s'y laissa tomber en soupirant, fermant les yeux, la main toujours sur le cœur. En plus de se sentir parfaitement vide, déprimé et perdu, il sentit venir en lui une sorte de lassitude. Il ne saurait expliquer, décrire ce sentiment qu'il venait de l'habiter… Peut-être était-ce par qu'il avait l'impression que personne ne l'aimerait lui et lui seul. Il avait 28 ans et aucune de ses relations n'avaient duré plus d'un an. Et encore, Harry était un record : il avait couché plus d'une fois avec lui et avait éprouvé de vrais et sincères sentiments pour lui. Enfin… Il les éprouvait toujours. Il avait juste peur que ce ne soit plus le cas de son amant. La tête basse, il soupira doucement.

- Je suis vraiment ridicule… En plus d'être égoïste et mauvais, je suis parfaitement ridicule et irresponsable…

Il passa une main sur son visage humide et salé, n'osant toujours pas regarder Kathleen. Il soupira doucement, ayant de nouveau envie de pleurer, bien que son cœur douloureux lui conseillait de ne pas le faire.

- Je comprends parfaitement que tu me détestes pour ce que j'ai fait… Je n'aurai pas dû, il est innocent…

Il releva alors la tête pour regarder la Scientifique avec des yeux larmoyants.

- Que dois-je faire pour me faire pardonner…?

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MessageSujet: Re: Herzeleid. [Fini.] Dim 26 Oct - 10:50


Herzeleid.



Kathleen tira une chaise face à son confrère au visage ravagé par les larmes, sans songer ne serait-ce qu'un instant à lui faire remarquer qu'il venait de prendre place sur un siège couvert de sang frais. Elle le fixa quelques instants, sans rien dire. Elle l'écouta. La souffrance et les remords du jeune homme étaient si visibles qu'ils en devenaient presque palpables. C'est pourquoi l'ingénieure ne pouvait se figurer qu'il y ait eu dans les actes de David la moindre once de réelle méchanceté. Elle n'y voyait au fond que le plus noir désespoir – et quelque chose qui, il fallait l'avouer, frôlait de très près les frontières de la folie. Quelque chose qui lui inspirait au fond une vague crainte. Pas pour elle-même, si réellement pour Felix – il lui semblait que David ne recommencerait pas de sitôt une telle expérience, au vu de l'état nerveux dans lequel cet acte, odieux, il fallait le reconnaître, l'avait déjà plongé.

Sans trop y réfléchir, elle lui prit la main. La serra dans les siennes. Tenta d'apporter un peu de chaleur à cette âme glacée. Kathleen était toujours passée pour un individu très froid – et sans doute l'était-elle, dans une certaine mesure – mais elle restait humaine. Dès lors, même si ses recherches et diverses expériences la poussaient à se rapprocher de la machine plutôt que des êtres sensibles, il existait encore des individus capables de la toucher. Ils étaient, certes, peu nombreux, mais David en faisait partie. Il avait toujours été précieux, à ses yeux. La première fois qu'elle avait eu l'occasion de le rencontrer, il lui avait paru si loin de la déchéance physique et morale, de la folie plus ou moins déclarée qui flottait, à la façon d'une brume malsaine, entre les murs de ce manoir... Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait vraiment pas.

« Tu n'est pas mauvais, David. Ce que tu as fait à Felix n'était... Ni responsable, ni correct – loin de là. Mais je ne te déteste pas. Je pourrais t'en vouloir, mais je... Je crois juste que tu es à bout de nerfs et... et je m'inquiète pour toi. »

Elle resserra un peu plus l'emprise de ses phalanges sur la main de David. Une façon pour lui dire ce qu'elle n'avait jamais été capable de dire et ne saurais jamais exprimer par des mots. Je serais là si tu as besoin d'aide. Tu es important. Tu comptes beaucoup à mes yeux. Beaucoup plus que tu ne le penses, très probablement. Garde courage. Je reste avec toi. Et le regard qu'elle fixa sur lui était plus que jamais troublé par cette forme terrible d'inquiétude et d'angoisse qui ne nous concerne en rien notre personne mais a pour objet l'un de nos êtres les plus chers.








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MessageSujet: Re: Herzeleid. [Fini.] Dim 26 Oct - 19:52


Herzeleid.

David essayait de se calmer bien que cela ne montrait pas encore ses fruits : son corps était parcouru de sanglots et il commença à se ronger nerveusement la peau morte autour de ses ongles. Il avait de plus en plus cette impression que le sol s'effondrait sous lui. Que tout était en train de dégénérer, que ce soit avec Harry, dans sa propre tête et son corps aussi. Cela faisait longtemps que son cœur ne lui avait pas fait aussi mal et n'avait pas menacé de s'arrêter. Tout n'aurait été que douleur et honte si Kathleen ne lui avait pas pris la main. C'était la seule source de chaleur qu'on lui administrait depuis plusieurs jours. La seule marque d'affection qu'il avait eue des lustres. Enfin, objectivement, cela ne faisait quelques jours mais il ne pouvait s'empêcher de se convaincre lui-même que ce qu'il avait fait avait provoqué sa propre fin. Qu'il avait commencé à creuser sa propre tombe. Que seul et désespéré, il finirait par faire un infarctus et que personne ne le sauverait parce que personne ne voudrait sauver un monstre tel que lui. Et c'était sûrement mieux ainsi… Quoique la mort est une solution de facilité pour les lâches et n'avait rien de très glorieuse dans des conditions comme celles-ci. Mais il n'était pas courageux, loin de là.

Et malgré les paroles de Kathleen, il ne pouvait pas s'empêcher de se rabaisser au fond de lui. Heureusement qu'elle était là, d'ailleurs, même s'il ne comprenait pas comment elle ne pouvait pas encore le détester. Ce qu'il avait fait était pourtant affreux, en plus d'avoir blessé quelqu'un, ce quelqu'un était un innocent. Et il avait aussi bafoué aussi les principes d'un bon docteur, ses propres principes à lui. Il était là pour soigner les gens, pas pour les blesser plus encore. Il serra donc les mains de la Scientifique avec force tandis qu'il passa sa deuxième paume sur son visage toujours aussi humide, même si les larmes devenaient moins abondantes, ne voulant pas friser la déshydratation. Oui, David était de ce genre à un peu exagérer quand quelque chose n'allait pas chez lui, se dénigrant toujours un peu plus. Mais peut-être que la réduction des larmes était dû au fait qu'il avait déjà tout évacué…? Enfin bon, ce ne sont que des détails plus qu'inutiles. Le fait est que David était en train de refaire une chute dans sa crise, n'arrivant pas décidément pas à se calmer :

- Je ne sais vraiment pas comment tu fais pour encore accepter la présence d'une merde telle que moi dans ton laboratoire ! Je suis qu'un enfoiré, un menteur, un traître !

Il pointa Felix du doigt, le visage de nouveau marqué par la tristesse et le désespoir.

- J'ai dit à Harry que ce n'était pas moi et qu'on avait dû l'enlever ! Je me suis comporté comme un salaud du début, jusqu'à la fin ! Même à toi je t'ai menti !

Il regarda Kathleen quelques secondes, le bras toujours tendu vers l'horloger. Il tenta de reprendre son souffle avant de baisser la tête, retirer sa main de celles de la Scientifique et de se prendre les cheveux de nouveau (sans les tirer cette fois-ci), les coudes sur les cuisses.

- Je suis qu'un sale con d'égoïste… J'avais peur de le perdre mais… en fait… je ne le mérite même pas…

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MessageSujet: Re: Herzeleid. [Fini.] Dim 26 Oct - 21:11


Herzeleid.



Kathleen grimaça en entendant David se dénigrer lui-même à nouveau – non sans raison, il fallait le reconnaître, mais avec une violence pour le moins déstabilisante. La jeune femme commença à s'inquiéter de manière sérieuse pour son état mental, notamment lorsqu'il se remit à martyriser ses propres cheveux tout en continuant à s'insulter. Visiblement, sa tentative pour essayer de calmer son confrère ne portait absolument pas ses fruits. De plus, il avait déjà auparavant porté plusieurs fois la main à son cœur et commençait à manquer de souffle – ce qui était, pour ce que Kathleen savait à propos de l'organe pompeur de sang du chirurgien, loin d'être bon signe. Il fallait qu'il reprenne ses esprits, à la fois pour le bien de ses nerfs, de sa santé mentale et de son palpitant défectueux. Et si la délicatesse ne faisait pas effet, il allait falloir employer une méthode plus vigoureuse.

Sans plus prêter attention aux lamentations de son collègue, l'ingénieure lui saisit les poignets sans douceur, le forçant à lâcher sa chevelure et à poser les mains sur ses genoux, paumes vers le bas. Elle saisit alors du bout des doigts de sa main gauche le menton de David, et le força à la regarder. Ses yeux ruisselaient encore de larmes, le blanc autour des ses prunelles rougeoyant sous la brûlure du liquide lacrymal salé. Son regard à elle, toujours inquiet sous son front légèrement plissé par l'angoisse, s'était fait plus dur. On y lisait à présent bien plus d'autorité que de compassion. Si la douceur n'avait pas fonctionné, elle allait employer la force. Kathleen avait peu d'expérience dans le domaine des crises morales et nerveuses. La dernière qu'elle avait eu à gérer sans qu'elle implique un individu dont la folie était reconnue impliquait sa propre dévastation mentale – et elle n'avait absolument pas réagi de la même manière que son collègue. De fait, elle procédait par expériences. Par tentatives. Par essais.

Sa voix était froide lorsqu'elle entra en contact avec l'air non moins glacial du laboratoire. Son ton n'était pourtant non pas accusateur, pas plus qu'agressif. Il était tout simplement sec. Sans réplique.

« David. Écoute-moi. Tu vas te calmer immédiatement. Non, blesser Felix n'était ni louable, ni intelligent. Oui, un tel acte venant de ta part me déçoit. Et il me déçoit parce que tu vaux mieux que ça. Parce que je sais que tu es un homme bien. Non, tu ne mérites pas Harry. Tu ne mérites de fréquenter un être qui, visiblement, est en train de te détruire. Tu vas donc te calmer et me promettre de ne plus porter la main sur personne. Je reste avec toi. D'accord ? »

Son ton s'était malgré elle radouci sur la fin de sa longue tirade. Et son regard fit de même, alors qu'elle posait sa main droite, sa main libre, sur l'épaule de David, dans un geste d'apaisement.





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MessageSujet: Re: Herzeleid. [Fini.] Dim 26 Oct - 23:05


Herzeleid.

Le jeune homme se laissa prendre les poignets par Kathleen et posa docilement ses mains sur ses genoux. Après tout, elle avait plus de force qu'elle en avait l'air et elle lui faisait presque mal. Enfin bon, sa douleur morale et cardiaque lui faisait oublier un peu tout ce qu'il se passait autour de lui. Il était en train de s'enfermer dans sa bulle sombre et noire, là où il se tournait en boucle qu'il n'arrivait à rien faire de bien. Étrangement, cette bulle prenait l'apparence de la cave dans laquelle il avait été enfermé pendant son adolescence. Une association qui n'avait donc absolument rien de bon. Il releva le menton, guidé une nouvelle fois par Kathleen mais n'osa pas la regarder. Ou brièvement, jusqu'à ce qu'elle dise que blesser Felix était stupide (ce qui était parfaitement vrai) et qu'il la décevait. Ce fut peut-être ce qu'il l'abattit le plus. Il garda donc les yeux baissés, n'osant plus la regarder dans les yeux. Il était normal qu'il se fasse réprimander après ce qu'il avait fait. Mais une de ces plus grandes craintes à cet instant c'était confirmée : il avait chuté dans l'estime de la Scientifique qui n'était plus que sa seule amie, désormais, sa seule alliée. Et à cause de sa bêtise, il avait tout perdu. De nouvelles larmes roulèrent sur ses joues, mais silencieusement. Il ferma juste les poings sur ses cuisses mais pas à s'en planter les ongles dans ses paumes. Il se décida enfin à la regarder dans les yeux, avec un air légèrement surpris quand elle aborda Harry.

- Mais il ne me détruit pas… Je l'aime… Et c'est moi qui l'aie détruit… C'est moi qui lui ai arraché Felix alors qu'il lui avait déjà perdu une fois en arrivant ici… C'est moi qui lui aie menti…

Il baissa une nouvelle la tête, tristement. Le sermon de Kathleen l'avait en effet plus ou moins calmé mais cela ne l'empêchait pas de continuer de pleurer silencieusement. Tout ceci l'avait plongé dans une fatigue extrême, son cœur en profitant pour être de moins en moins efficace à envoyer le sang là où il le devait. Il grimaça de douleur et osa retirer une main de son genou pour venir frotter son torse. Les yeux toujours baissés, il se sentit affreusement honteux désormais et déçu de lui-même par la même occasion. Mais il ne put s'empêcher de rajouter ce détail pour définitivement détruire la potentielle ombre de sympathie que pouvait encore avoir Kathleen à son égard :

- Felix et sa femme étaient mes meilleurs et seuls amis, avant le Manoir…

Il soupira et cacha ses yeux dans sa paume.

- Je ne suis pas quelqu'un de bien. Je suis violent et je ne m'en suis même pas aperçu. Je ne suis pas contrôlé, Kathleen. Ou très peu… J'ai réussi à me convaincre de le laisser vivre. Je voulais le tuer au départ ! Je voulais le tuer…!

Il se mordit la lèvre inférieure pour essayer de réfréner les nouveaux sanglots qui montaient en lui avant de soupirer tristement une nouvelle fois.

- Ma mère aurait dû me laisser à l'asile…

Il en était arrivé à un point où il avait oublié le monde autour de lui et des conséquences de ce qu'il disait. Il ne se confiait jamais sur son passé et la seule personne qui connaissait ce qu'il avait traversé était Jonathan. Mais il savait que son frère respectait son choix de ne rien dire à personne. Il respectait ce choix de garder tout en silence et d'essayer de faire en sorte à ce que le temps cicatrise cette blessure qui ne le fera vraisemblablement pas. Il soupira une troisième fois et posa son front dans sa main, regardant le sol. Ce qui voulait à cet instant, c'était revenir en arrière pour retenir son bras et même, ne jamais le lever. Laisser Harry et Felix tranquilles, s'ils étaient heureux… Si son amour vivait dans le bonheur, même s'il devait se priver du sien, alors cela lui aurait dû apporter à lui-même une certaine joie. Mais il avait été égoïste. Et il continuait de l'être. Car allait-il rapporter Felix au laboratoire ? Sûrement que non. Il n'était qu'une enflure (il se retint cependant de faire ce commentaire à voix haute pour éviter d'ennuyer plus son interlocutrice). Cependant, il dit honnêtement :

- Je ne sais pas quoi faire…

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MessageSujet: Re: Herzeleid. [Fini.] Mar 28 Oct - 21:47


Herzeleid.



Kathleen restait stoïque face à son confrère, sans plus réellement savoir quoi faire ni de quels mots user pour interrompre son monologue auto-destructeur. Le comportement de David était, il fallait le reconnaître, assez compréhensible au vu de la situation – il avait tout de même poignardé un homme de sang-froide à coup de scalpel, mais cela n'empêchait pas la jeune femme de trouver cette auto-mutilation verbale tout à fait désespérante ainsi qu'un brin exaspérante. Sa douleur était toutefois indéniable, et l'ingénieure, malgré sa froideur habituelle, ne se sentait pas le cœur à retourner le couteau dans les plaies de son vis-à-vis, dont la souffrance finissait par la toucher malgré elle. La jeune femme était généralement capable de faire preuve d'une distance respectable vis-à-vis des émotions de son entourage, de ses collègues, de ses patients. Mais David... David était légèrement différent. David était quelqu'un à qui Kathleen s'était attachée plus qu'elle ne l'aurait souhaité. En fait – et bien qu'elle ne le soit jamais avoué, qu'elle n'en ai jamais eu une conscience directe, Kathleen avait probablement un certain faible pour celui qui avait été son assistant.

La jeune femme reprit les poignets de David dans ses paumes sans rien dire. Elle réfléchissait – et, dans le même temps, il lui semblait qu'elle ne devait pas laisser le jeune homme seul dans ce silence seulement troublé par la respiration sifflante du dément étendu inconscient sur la table d'opération. Elle voulait, même physiquement, l'empêcher de se renfermer entièrement. Ses pouces caressaient avec délicatesse la peau fine des avant-bras de son confrère – et ami, pour ce qu'elle en savait – tandis qu'elle s'efforçait de trouver des mots qui ne heurteraient pas plus profondément les nerfs de David. La mention de sa mère et de l'asile, par exemple, s'ils avaient grandement éveillé l'attention ainsi que la curiosité de Kathleen, étaient à exclure. La jeune femme n'avait jamais réellement entendu le jeune homme évoquer son passé, sa vie d'avant le manoir – personne ne le faisait vraiment, à vrai dire. C'était là une occasion peut-être unique... Mais il fallait pourtant passer ces choses sous silence. Ramener le passé à la surface n'était de toute manière sans doute guère une bonne idée. Mieux valait se concentrer sur l'avenir, le présent-avenir, qui malgré sa proximité se trouvait des plus incertains. L'ingénieure soupira doucement, puis, d'une voix calme et mesurée, reprit enfin la parole.

« Tu n'étais pas violent, David. Tu ne l'étais pas lorsque je t'ai connu. Tu ne l'étais pas jusqu'à ce que tu le rencontres. »

Ses mots s'effilèrent dans l'air froid du laboratoire tandis qu'elle marquait une pause. Elle n'avait pas pensé nécessaire de préciser l'individu que qualifiait ce le. Tous, dans la pièce, ne le connaissaient que trop bien.

« Voilà ce que l'on va faire, David. Je ne vais pas te laisser repartir maintenant. Donc tu vas rester ici. Et tâcher de te calmer. Je vais enfiler des vêtements qui ne soient pas trempés de sang, et tu iras te reposer. Et je resterai avec toi. C'est tout ce qu'il y a à faire pour l'instant. D'accord ? »

L'ingénieure se releva alors lentement, sans déserrer pour autant son emprise sur les poignets de David. Elle refusait de le lâcher avant d'avoir obtenu une réponse audible de sa part.

D'accord ?





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MessageSujet: Re: Herzeleid. [Fini.] Mar 28 Oct - 22:57


Herzeleid.

Faisant preuve d'une patience avec lui à toute épreuve, elle reprit les poignets du chirurgien dans ses mains et lui caressa pensivement les avant-bras. David garda néanmoins la tête baissée n'ayant plus trop rien à dire pour le moment. Il regarda les mains de l'ingénieure avec un air triste, ne sachant vraiment pas quoi faire pour que sa situation s'améliore. En réalité, il le savait, il n'y avait rien à faire. Il devait abandonner et tourner la page avant qu'il ne soit entièrement consumé par la culpabilité et la honte et qu'il ne décide de faire une bêtise. Enfin, c'était sûrement comme ça qu'aller appeler Kathleen l'idée qui venait de lui traverser la tête. Il voyait plus cela comme un châtiment mais bon… Non… Et puis, arrêter ses jours si rapidement serait ridicule et le propre de l'égoïsme. Il laisserait Harry tout seul qui ne comprendrait sûrement pas pourquoi son assistant avait décidé de se donner la mort. Sauf s'il lui rendait Felix. Il jeta un bref coup d'œil à l'inconscient avant de baisser de nouveau la tête en soupirant doucement.

Kathleen tenta alors de le rassurer en lui disant qu'il n'avait pas été quelqu'un de mauvais quand la Scientifique et le chirurgien s'étaient rencontrés. Pourtant l'usage du passé ne fit que confirmer ce qu'il disait : il était devenu violent. Enfin, c'était la vérité, il ne voyait pas pourquoi elle aurait menti après tout. Mais quand elle parla d'Harry… Quand elle fit sous-entendre son nom et qu'il était le fautif de sa transformation psychologique, David secoua négativement la tête, en murmurant des petits non avec un sourire presque insolent, bien que ce ne soit que de la nervosité et que ses yeux regardaient toujours le sol. Alors qu'il allait prendre la défense de son amant, Kathleen reprit la parole en disant qu'il devrait rester dans ce laboratoire le temps de se reposer. Une nouvelle fois, il désapprouva de la tête et se leva à son tour, ne retirant pourtant pas ses poignets de ses mains. Il la regarda dans les yeux avec un air presque désespéré.

- Je ne peux pas rester ici… Si Harry s'en rend compte, il va me chercher et venir te trouver… Il me verra et Felix aussi… Et… Il… Il s'en prendra à toi… Il ne lui en faudra pas plus…

Son regard était devenu suppliant et de nouveau larmoyant. C'était lui le fautif. Lui et personne d'autre. Et personne ne devait payer à sa place sa faute. Car Harry était devenu fou de rage et de douleur quand il eut vu l'absent de Felix dans son laboratoire. Il avait éructé de menaces de mort à l'encontre de l'agresseur de l'horloger et il était parfaitement capable d'accomplir ce qu'il promettait de faire. Le chirurgien savait que le vétérinaire était capable les pires atrocités à ceux qui, à ses yeux, le méritaient. Et pour l'instant, le Scientifique estimait son assistant innocent. Parce que ce dernier avait réussi à lui faire croire. Mais s'il voyait Felix dans le laboratoire de Kathleen… Il allait perdre la tête. Et c'est elle qui subira les foudres d'Harry. Et ça, David ne pouvait se le permettre évidemment. Une larme roula de nouveau et sans plus réfléchir, il la prit dans ses bras et la serra fort contre elle. C'était une chose qu'il ne s'était jamais permise de faire en raison de leur situation hiérarchique et de l'attitude souvent froide de la jeune femme. Mais il avait besoin de ce câlin. Il ne cessa leur étreinte, fermant les yeux tout en essayant de garder son calme pour éviter une nouvelle crise de larmes. Cependant, la voix brisée, il dit :

- Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose… Je ne veux pas attirer l'attention sur toi… Il… Tu sais de quoi il est capable… Mais il a toujours été doux avec moi… Ce… Ce n'est pas lui qui a fait de moi ce que je suis maintenant… J'ai dû… toujours l'être.

Il repensa de nouveau à sa mère en train d'accoucher et comment il avait tué, de sang-froid, cette femme et sa progéniture écœurante. Mais il était mauvais après tout. Il avait déjà tué des gens au lieu de les sauver. Et il nota bon de préciser ce détail pour innocenter Harry sur les raisons de son nouveau comportement plus que décevant :

- J'ai… J'ai tué des gens avant d'entrer dans le Manoir…

Il la regarda un instant, les mains sur ses épaules avant de baisser la tête et soupirer.

- J'ai ma place en fait ici… Je suis presque aussi mauvais que certaines Brutes. Voir autant.

Il marqua une pause durant laquelle il la regarda brièvement, par en dessous.

- Je ne peux pas rester ici…

©BOOGYLOU.





Si Deus Me Relinquit.
I'm scared to get close and I hate being alone. I long for that feeling to not feel at all. The higher I get, the lower I'll sink. I can't drown my demons, they know how to swim. Can you hear the silence? Can you see the dark? Can you fix the broken? Can you feel... can you feel my heart? ©️ by Sun  
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MessageSujet: Re: Herzeleid. [Fini.] Mar 20 Jan - 19:13


Herzeleid.



Si Kathleen manquait grandement de tact, elle en avait du moins conscience et savait se taire lorsque la situation l'exigeait. Là, face à un David dont l'équilibre émotionnel semblait plus que précaire, elle savait que, quoi qu'elle dise, la situation n'en aurait été que pire. Elle ne pouvait vraiment comprendre ce jeune homme, elle ne savait, et craignait de finir par déclencher une réaction digne d'un ersatz mental de la nitroglycérine. Alors elle resta coite. Et se contenta d'écouter. Elle écouta la voix brisée, les paroles au final sensées, le ton disharmonique sur lequel David les prononçaient. Elle ne fit que le fixer d'un regard qui dénotait une certaine dureté – dû bien plus à son sentiment d'impuissance qu'à un réel reproche – en resserrant son étreinte autour des poignets du scientifique.

Il serait hypocrite de prétendre que Kathleen ne ressentit pas la moindre once de surprise lorsque David la prit dans ses bras. Pour être tout à fait honnête, elle marqua un très léger mouvement de recul inconscient – si elle n'avait guère de contacts physiques de manière générale, c'était encore moins le cas avec David – avant d'entourer de se propres bras le torse du scientifique et de lui rendre son étreinte – qui avait au fond quelque chose de cruellement désespéré. Alors, il voulait la protéger. … Sans approuver, la jeune femme pouvait difficilement nier cet argument. Le fait d'apprendre que celui qu'elle considérait comme un individu relativement innocent avait déjà tué – et ce avant même de mettre les pieds entre les murs de Rockwood – provoqua bien chez elle une première réaction de répulsion, mais qui ne dura pas. Après tout, valait-elle elle même plus que cela ? Et, de toute manière, pouvait-elle croire sur parole un être se trouvant dans un tel état de délabrement émotionnel ? Rien n'était moins sûr.

Elle le laissa se détacher d'elle. Se flageller verbalement une fois de plus. Avant de conclure à la nécessité de l'imminence de son départ. Les yeux fixés sur les prunelles fuyantes de son interlocuteur, elle soupira. Elle n'avait rien à redire. Il voulait partir. Ses réflexions à propos du comportement de Harry se tenaient. Elle n'allait pas l'enchaîner à son établi.

Secouant la tête, elle s'éloigna de quelques pas afin de récupérer le scalpel qu'elle avait ôté de la jambe de Felix quelques – quelques quoi ? minutes ? secondes ? minutes par dizaines ? - auparavant. Elle l'essuya tant bien que mal contre son vêtement déjà maculé de sang – sang qui, remarqua-t-elle, avait commencé à imprégner les vêtements de David lorsqu'il l'avait serrée contre lui. Enfin. Peu importait. Elle glissa l'instrument de médecine ou de torture dans la poche du jeune homme, et tenta une fois de plus d'accrocher son regard. Puis, dans un élan de non-réflexion qui ne lui ressemblait guère, se hissant sur la pointe des pieds, elle saisit l'épaule de David et déposa un baiser sur son front. Une façon de lui dire : « Prends soin de toi. Ne fais pas de choses stupides. Je serais là si tu en as besoin. » Une façon d'adoucir la dernière parole qu'elle prononça à l'attention de ce désespéré qui, fut un temps, avait été son assistant, et pour lequel elle éprouvait plus d'affection qu'elle ne le ferait jamais paraître – parole prononcé d'un ton distant et d'une relative froideur, à travers lequel ne paraissait pas la moindre part de l'inquiétude que ressentait celle qui la prononça :

« Va. »








©BOOGYLOU.



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Herzeleid. [Fini.]

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