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Herzeleid. [Fini.]

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MessageSujet: Herzeleid. [Fini.] Lun 1 Sep - 18:34


Herzeleid.

Après s’être fait jeté par terre, il entendit la porte du laboratoire d’Harry se fermait silencieusement. Il se traina jusqu’au mur opposé de la salle et s’appuya, se mordant la lèvre inférieure. Il pensa d’abord à ce que lui avait dit David. Qu’Harry avait tué Emma et avait empoisonné plusieurs fois Amy. Il s’était fait trahir et abuser par le supérieur. Puis rejeter par l’assistant. Et maintenant, il souffrait aussi bien mentalement que physiquement. Mais il fallait qu’il oublie sa peine pour l’instant. Le chirurgien avait bien dit que le scalpel ne le tuerait pas rapidement. Mais en y repensant, son épouse et sa fille étaient mortes désormais. Il n’était plus que le dernier représentant vivant de sa famille. Ce n’était pas une fierté non. C’était plutôt une punition, un châtiment. Il avait survécu à toute sa famille, se retrouvant parfaitement seul. Sans aucun espoir de bonheur et de retrouver les siens. Sauf dans la mort. L’idée de se laisser mourir ici était tentante. C’est pourquoi il ne bougea finalement pas. Il regarda plutôt sa cuisse en sang. Il repensa une nouvelle fois au fait que l’hémorragie ne lui serait pas fatale. Son heure ne semblait pas être encore venue… Il fallait cependant qu’il enlève ce scalpel qui lui provoquait une douleur atroce au fur et à mesure qu’il lui déchirait les tissus musculaires. Mais il y avait trop de sang et il ne parvenait pas tellement à voir où se trouvait le bout du manche. Il essaya de l’extraire avec des deux doigts une fois qu’il le vit mais la douleur s’intensifia. Il préféra le laisser là où il était pour le moment, n’ayant pas les compétences en médecine nécessaires pour ce genre d’opération. Il fallait qu’il trouve de l’aide. Il regarda autour de lui et ses yeux se posèrent sur la porte du laboratoire d’Harry. Non, il ne pouvait pas y aller. Pris d’un profond désespoir et d’une grande détresse, il sentit les larmes lui monter aux yeux et il se mordit le poing. Il était seul. Affreusement seul et complètement seul.

Le visage de la scientifique rousse lui vint en mémoire. Elle avait peut-être ouvert deux fois mais elle lui avait sauvé la vie au lieu de le laisser mourir comme l’expérience ratée qu’il était. Enfin bref, elle était bien la seule Scientifique qu’il connaissait. Était-elle la seule personne vivante à ne pas lui vouloir de mal ? Il en doutait fortement. Après tout, il avait été son cobaye. Mais… quelque chose lui disait qu’il pouvait lui faire confiance. Il fallait juste retrouver le chemin de son laboratoire. Il tenta donc de se lever et fit quelques pas qui lui coûtèrent un effort surhumain. Sa tête lui tourna bientôt affreusement. Il chercha un cachot pour s’y cacher et s’effondra sur le matelas poussiéreux. Il n’avait pas encore récupéré tout le sang de la dernière opération de Kathleen qui remontait à plusieurs heures. Mais cette nouvelle perte était inacceptable pour son corps éreinté. Il ferma donc les yeux et sombra.

Il se releva en sursaut quelques heures plus tard, complètement désorienté. Il n’avait aucune idée de combien de temps précisément il avait dormi mais l’hémorragie s’était arrêtée. Cependant, en voulant se relever, il rouvrit la plaie quand le scalpel bougea dans sa cuisse. Il poussa un grognement de douleur et sortit du cachot, commençant à regarder tout autour de lui. Que voulait-il faire déjà ? Ah oui, la Scientifique. Il tourna plusieurs minutes dans les cachots, cherchant le laboratoire de la rouquine, traînant sa jambe droite derrière lui. Il ne sut vraiment où est-ce qu’il se dirigeait. Tout se ressemblait ici. Mais il fallait qu’il trouve. Et rapidement. Il grinça des dents en ne reconnaissant rien. Ou plutôt tout. Il n’avait aucune idée de là où il se trouvait exactement. Il soupira avant de recommencer à vagabonder en boitant dans les couloirs. Tinky vint alors se poser sur son épaule et il le regarda avec un sourire. « Tu vois la porte là-bas ? C’est celle-là. Allez, tu as presque réussi. » Pour une fois que Tinky s’avérait utile… Enfin, il espérait grandement que ce soit le cas. Il se traina encore quelques mètres avant de laisser tomber plusieurs fois son poing sur la porte. Il avait besoin de repos, nullement besoin d’être un docteur pour comprendre ça. Il n’avait pas assez de sang dans le corps et il s’agitait beaucoup trop. Pas étonnant qu’il menaçait de faire des malaises à répétition. Il essaya de se concentrer pour arrêter de faire tourner sa tête et tenta de regrouper les derniers esprits qui lui restaient pour dire de la voix la plus forte qu’il put :

- S’il vous plaît… Ouvrez-moi…

Sa vue se brouilla soudainement et ses oreilles sonnèrent si bien qu’il fut incapable d’estimer si la porte avait été ouverte. Alors qu’il luttait pour conserver son équilibre, c’est en se balançant d’avant en arrière qu’il tenta le tout pour le tout et murmura :

- Ma cuisse… S’il vous plaît… Enlevez-le… le scalpel…

©BOOGYLOU.



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MessageSujet: Re: Herzeleid. [Fini.] Mar 21 Oct - 22:09


Herzeleid.

Un grand soulagement envahi le corps de Felix quand la porte s'ouvrit. Sa vue brouillée parvint à reconnaître les cheveux roux de la Scientifique dont il était venu réclamer l'aide. Il avait réussi au moins la première étape : trouver la jeune femme. Après, est-ce qu'elle accepterait de le soigner, c'était une autre histoire, une autre étape. Il se laissa croire qu'elle l'emmenait en sécurité quand elle le soutint et l'aida à se mouvoir jusqu'à une chaise où il se laissa choir dans un gémissement de douleur. Il connaissait cette douleur insupportable de jambe percée. Sa cuisse droite portait la même cicatrice, bien qu'il ne se souvienne pas des détails. David avait dit que c'était Harry qui lui avait faite mais pouvait-il le croire ? Il venait de lui faire une marque jumelle sur l'autre jambe… À faire confiance réellement ? À Harry qui lui avait offert le gîte, le couvert et beaucoup plus, avec une bonté peut-être un peu trop louche…? À David qui avait diabolisé Harry, l'avait viré et blessé à la cuisse ? À la Scientifique dont la silhouette floue s'agitait devant ses yeux presque vitreux ? Il ne pouvait que soupirer. Le premier était trop gentil pour que ce soit sincère, le deuxième s'était montré violent et ses paroles, étranges, et la troisième l'avait à deux reprises ouvert en deux.

Il entendit la rouquine vaguement dire que retirer le scalpel allait certainement être douloureux. Et elle lui ordonna aussi de rester éveillé. Cela paraissait simple dit comme ça mais vu son état et son expérience avec la douleur, il se doutait que cela allait être beaucoup plus compliqué que prévu. Il serra faiblement les poings, le menton tombant mollement sur sa poitrine, se sentant déjà comme une envie de dormir. C'est alors qu'il sentit sa main sur son torse et il se doutait que la douleur allait suivre d'une fraction de seconde à l'autre. Et ce qu'il se passa. Il avait l'impression que sa chair se déchirait un peu plus quand la lame sortit de sa jambe. Alors qu'il siffla un puissant gémissement de douleur entre ses dents serrées afin de contenir un cri qui aurait sûrement arraché les tympans de la Scientifique qui tentait de l'aider, il sentit une fois de plus son sang s'enfuir de son corps, ce dernier s'affaiblissant encore un peu plus. Sa jambe s'engourdit alors et il ouvrit les yeux pour voir ce qu'il se passait. La jeune femme dont il ne connaissait toujours pas le nom lui avait fait un garrot afin de stopper l'hémorragie. Alors qu'il fut de nouveau pris par une forte envie de fermer les yeux et dormir, ses pupilles se rétractèrent avec un certain inconfort quand elle vint lui placer la lanterne devant le nez. Il sentit son visage saisit dans les doigts couverts de sang de la Scientifique. Rester éveillé…? Ça allait être difficile… Il devait avoir une quantité d'hémoglobine insuffisante dans le corps, ce dernier ne demandait que d'hiberner. De se déconnecter afin de se régénérer doucement… Il se rappela alors de ce que lui avait dit son agresseur et jugea l'information utile à communiquer à la rousse :

- Da… David m'a dit qu'il… que l'artère fémorale n'était pas touchée…

Au moins, comme ça, il savait qu'il n'allait pas mourir d'une hémorragie. Enfin, il n'avait plus beaucoup de sang donc il ignorait si cela s'appliquait encore puisque qu'il en avait de nouveau perdu. Mais dans l'immédiat, il s'en fichait. Il remettait sa vie entre les mains de la Scientifique bien qu'il ne souhaitait pas vraiment survivre, en y repensant. Amy était morte et Emma aussi, selon David. Mais devait-il le croire, encore une fois ? Son désir de s'échapper dans le noir de l'inconscience était de plus en plus forte. Et il n'avait pas froid, il avait juste envie de dormir. Sa tête tournait et les formes, floues, dansaient devant ses yeux mi-clos et cernés. Il devait être pâle et fiévreux mais il ne pouvait pas tellement le vérifier, les muscles de ses bras semblant lui faire grève. Son corps ne voulait plus répondre et qu'il commençait à avoir l'ascendant sur sa volonté. Cependant, il eut quand même la force de murmurer :

- S'il vous plaît… Je veux juste… dormir… Je n'ai pas froid… Je… Je ne vois… pas de tunnel…

Il tenta un sourire mais cela ressembla plus à une grimace. Il ferma tout de même et s'endormit (ou s'évanouit) dans un léger soupir, sa tête tombant sur son torse, sans bruit.

©BOOGYLOU.



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MessageSujet: Re: Herzeleid. [Fini.] Mer 22 Oct - 21:58


Herzeleid.

David sortit du laboratoire en silence. Il ignorait l'heure qu'il était et évitait donc de faire du bruit. Si Harry dormait, il n'allait pas se risquer à le réveiller. Idem si une Brute avait décidé de faire une petite sieste à côté. Car la plupart des portes de ce Manoir grinçaient atrocement, manquant de réveiller les morts. Mais étrangement, si sa sortie se fit le plus silencieusement possible, il ne pensa pas aux amnésiques prisonniers dans leurs cellules qui pouvaient dormir, même si certains avaient la respiration sifflante à cause de côtes cassées par des supérieurs hiérarchiques. Mais la raison qui avait fait sortir de David de son trou était qu'il avait perdu un scalpel avec toute cette affaire. Certes, il en avait d'autres mais après y avoir repensé, savoir qu'il lui en manquait un allait le gêner dans ses opérations. Il s'était mis en tête qu'il pouvait toujours aller trouver Kathleen, lui demander si elle pouvait lui prêter un desdits ustensiles. Au fur et à mesure qu'il arpentait les couloirs pour gagner le laboratoire de Miss Hodge, il se rendit compte que ses intestins s'étaient noués d'angoisse. Bien que cela faisait plusieurs heures qu'il avait agressé Felix et l'avait fuir et que celui-ci devait être loin désormais, il avait toujours cette crainte, couplée à un mauvais pressentiment, qu'il pouvait le trouver sur son chemin. Mais il essaya néanmoins de se convaincre qu'il avait disparu maintenant.

Pourquoi une telle crainte de le voir, d'ailleurs ? Éprouverait-il une certaine culpabilité pour ce qu'il lui a fait ? Non, bien sûr que non. Après ce qu'Harry et lui ont fait… Mais… Objectivement, c'était plus la faute du vétérinaire. Felix était amnésique, il ne pouvait pas avoir compris ce qu'il lui était arrivé. Qui lui disait qu'il n'avait d'ailleurs pas déjà tout oublié ? Avec sa plaie dans la jambe ? Peu de chances… Il soupira tristement quand il arriva à la porte de Kathleen, toujours nerveux et presque inquiet. Inquiet de savoir si Felix avait réussi à enlever le fameux scalpel. Mine de rien, l'horloger avait été son ami pendant très longtemps. Et il n'avait jamais souhaité sa mort même si l'idée lui avait très brièvement effleuré l'esprit dans le feu de l'action. En y repensant, il n'aurait jamais supporté le fait de tuer quelqu'un, encore plus quand il s'agissait d'un ami.

Il inspira doucement avant de frapper à la porte qui sembla s'éloigner de lui sous ses petits coups. Intrigué, il fronça les sourcils. La porte était mal fermée. En réalité, elle n'était pas fermée du tout, juste poussée grossièrement, peut-être précipitamment. Un oubli aurait été étrange. Puis il lui sembla reconnaître une trace de sang sur l'entrée qu'il s'appétait à emprunter. Soudainement plus inquiet encore, il posa sa main sur le bois frais de la porte du laboratoire et se risqua à ouvrir et entrer sans permission. Il sentit devenir de plus en plus nerveux quand ses narines notèrent qu'une odeur de sang régnait dans la pièce. Il se mordit la lèvre inférieure, plissant des yeux car la salle était faiblement éclairée. En effet, une flamme de chandelle éclairait l'endroit avec vigueur, bien que cela ne semblait pas suffisant. Un des inconvénients de vivre en sous-sol, tout était sombre, peu importe le moment de la journée. Il aperçut alors la tignasse rousse de la Scientifique dans le halo de lumière de doré de la flamme. D'une voix inquiète, il murmura :

- Kathleen… Tout va bien…?

Ses yeux furent alors attirés par une tâche blanche sur sa droite et son visage dût pâlir brusquement en reconnaissant un Felix inconscient. Sa bouche, qui s'était entrouverte à la vue de sa victime, se referma rapidement et il prit naturellement un air impassible et détaché avant de détourner hâtivement son regard de l'horloger. Il se retrouva avec une puissante envie de fuir, ne pouvant supporter la vue du sang de Felix qu'il y avait un peu partout. Il ne pourrait pas non plus regarder Kathleen dans les yeux. Il était venu pour lui demander de lui prêter un scalpel. Et ledit scalpel qu'il avait perdu se trouvait être encore couvert de sang et posé sur la table d'opération de la Scientifique. Il regarda rapidement en se sentant profondément ridicule de garder le silence. En vérité, il ne savait pas quoi raconter à Kathleen pour justifier sa présence, ou plutôt, son intrusion dans son laboratoire, son excuse venant de tomber à l'eau, brillant faiblement à la lumière de la bougie. Il fallait trouver une excuse, et vite. Il tenta un sourire, mais il ne parut pas assuré :

- Je… Désolé de te déranger mais… Aurais-tu un… un bocal à me prêter s'il te plaît…? J'en ai cassé un il y a quelques temps et je viens de me rendre compte que j'en avais besoin maintenant… pour… ce que je suis en train de faire…

Il fronça rapidement les sourcils, sceptique sur son propre mensonge qui était parfaitement ridicule en y repensant. Il fallait qu'il finisse par apprendre à mentir un de ces jours. Car pour l'instant… Oh. Mais quel idiot il faisait… Il avait réussi à passer pour un innocent aux yeux d'Harry sur la disparition de Felix. C'est alors qu'il ne fut pas très rassuré sur ce qu'il était en train de devenir… Il tenta néanmoins un nouveau sourire à Kathleen.

©BOOGYLOU.



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MessageSujet: Re: Herzeleid. [Fini.] Jeu 23 Oct - 0:03


Herzeleid.

Le chirurgien la regarda s'éloigner silencieusement. Pendant que Kathleen était partie chercher ledit bocal, David en profita pour regarder plus intensément Felix, osant même s'approcher un peu. Il jeta un coup d'œil à la plaie qui avait été recousue proprement. L'horloger n'était pas en danger. Il n'allait pas mourir d'une hémorragie. Il prit le récipient dans ses mains, rendant poliment son sourire à la Scientifique tout en murmurant un merci. Il regarda le pot, se demanda bien ce qu'il pourrait bien en faire hormis le poser sur une étagère avant de lui rendre dans quelques jours. Cependant, il nota rapidement que Kathleen paraissait mal à l'aise. Avait-elle perçu son mensonge ? Possible. Mais son regard pénétrant lui fit baisser docilement les yeux, n'osant pas la regarder en face, ayant l'impression qu'elle pourrait découvrir la vérité s'il se risquait à trop la fixer. Les yeux sont le miroir de l'âme, comme on dit. Puis, ses entrailles se nouèrent de nervosité quand la Scientifique désigna le Felix inanimé sur sa chaise. Il crut d'abord (et espéra très fortement) qu'elle allait lui demander de l'aider à le déplacer mais son espoir se brisa quand elle lui sortit une phrase qu'elle n'avait probablement pas inventée. Ou alors était-ce son côté paranoïaque qui se manifestait en lui ? En tout cas, elle ne semblait pas lui demander un simple avis médical mais l'accusait peut-être. Comment savoir ? Comment répondre pour ne pas se trahir ? Le "alors comme cela" explicitait clairement le fait que Felix avait dû parler. Mais après tout, il n'avait pas dû que c'était lui qui l'avait fait. Une autre excuse, vite.

- Je… Je n'en sais rien.

Il eut un sourire gêné. Gêné par sa propre bêtise de mentir pour s'en sortir. Il n'avait pas l'habitude de mentir mais il commençait à débiter un peu trop de balivernes en très peu, même trop, peu de temps. Il se mordit discrètement la lèvre inférieure, se sentant comme fouillé de l'intérieur. Il n'aimait pas cette sensation. Il déglutit difficilement, se décidant à regarder bravement Kathleen dans les yeux. Il était le criminel ici, l'agresseur, le coupable. Felix, sa victime. Quel rôle jouait la Scientifique ? Le juge ? Le bourreau ? Les deux ? Qu'allait être sa pénitence si elle apprenait la vérité ? La décevrait-il ? Il n'y avait pas grand monde qu'il pouvait de qualifier d'alliés, de proches, ou même d'amis dans ce Manoir. Il y avait bien Harry mais celui-ci ne lui parlait quasiment plus. Il y avait Felix qui l'avait oublié mais que le chirurgien avait agressé par pure jalousie vengeresse. Il y avait Kathleen dont il risquait de baisser fortement dans l'estime si elle venait à savoir qu'il avait presque tué Felix. Un silence que David trouva trop long s'installa. Devenant un peu trop pesant au goût du chirurgien, celui-ci s'approcha de l'horloger et fit mine d'examiner la plaie plus en détails, faisant exprès d'omettre le "alors comme cela" de la Scientifique. Il devait jouer les innocents jusqu'au bout. Si bien qu'il dit d'un ton purement interrogatif :

- Tu as une idée de qui a fait ça ? Il t'a dit qui lui a fait ? Parce que vu la position de la blessure, il a fallu être très précis et le blesser volontairement de cette façon ou au contraire n'avoir aucune compétence et avoir raté son coup en manquant l'artère fémorale.

Il eut une mine songeuse, avant de regarder de nouveau la plaie recousue. Il en profita pour jeter un rapide coup d'œil au visage pâle de l'horloger. Puisse-t-il le pardonner un jour… Puis, il se redressa lentement et sourit gentiment à Kathleen.

- Je crois que l'on peut dire qu'il est hors de danger. Je peux t'aider à quelque chose…?

Ses yeux parcourent les taches de sang un peu partout sur le sol du laboratoire. Bien qu'il conservait son sourire, son regard se fit plus sombre. Il mentait à Kathleen comme un bon petit innocent avant de lui proposer son aide le plus normalement du monde. Comme si de rien n'était. Il se dégoutait lui-même. Mais étrangement, il n'arrivait pas à s'en empêcher… Surtout qu'il paraissait trop innocent pour paraître vraiment en dehors de cette histoire et être écarté de tout soupçon. Non, rien de son histoire ne tenait la route. Devait-il avouer ? Faute avouée, faute à demi-pardonnée, comme on dit. Sauf qu'on ne l'accusait de rien… pour l'instant. Mais comme il se considérait comme un lâche (peut-être était-ce ce qu'il était finalement), il ne dit rien et conserva son sourire.

©BOOGYLOU.



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MessageSujet: Re: Herzeleid. [Fini.] Jeu 23 Oct - 23:42


Herzeleid.

David aida donc Kathleen a transporté Felix quand elle l'invita à la rejoindre et prit donc les jambes de l'horloger. À deux, ils n'eurent aucun mal à le soulever. En effet, le Dément ne pouvait pas avoir une alimentation régulière, équilibrée et saine. Le chirurgien n'avait pas envie de savoir ce qu'il y avait dans son estomac (s'il y avait quelque chose) mais cela lui faisait un peu de peine de le voir dans cet état. De voir tous les prisonniers dans cet état d'ailleurs. Il s'était rendu compte de la maigreur de Felix quand Harry l'eut ausculté pour la blessure en Y encore fraîche qui s'était rouverte sur son torse. Et il n'y avait pas grand-chose pour y remédier. En fait si. Qu'il se casse du laboratoire d'Harry pour le laisser vivre son amour fou pour Felix qu'il dorloterait tendrement. À sa place. Sans qu'il ne soit coupable de rien. Enfin, maintenant… il l'était, coupable. Si Felix avait frôlé la mort, c'était de sa faute à lui. Car il aurait dû s'expliquer avec son amant plutôt qu'avec un amnésique sans défense. Il continuait de se dégouter lui-même et de se haïr et maudire intérieurement. Ils allongèrent donc Felix sur la table d'opération en silence. Il reprit son pot dans ses bras, désirant repartir rapidement, ne voulant pas s'attarder plus longtemps. Mais elle parla, voulant savoir la vérité et répondant par la même occasion à sa question. Naturellement, il mentit une nouvelle fois :

- Non, non, je n'ai rien à voir là-dedans… Il a dû délirer…

Il tenta un sourire, sentant son calme le lâcher petit à petit. Que se passerait-il si Felix se réveillait à cet instant précis et qu'il le voyait. Il se mordit la lèvre inférieure, incapable de bouger le moindre muscle. Il fixait désormais le visage livide du blessé, se sentant soudainement nauséeux. Il détourna alors le regard et tourna le dos à Kathleen, tentant de se calmer. Il soupira une fois, deux fois. Inspira une fois, deux fois, trois fois. Alors qu'il essayait de ne plus penser à ce qu'il avait pu faire, ces tentatives ne firent que l'effet inverse. Il eut l'impression d'avoir une sorte de présence derrière lui qui le traitait de meurtrier, de violent, de fou. Coupable. Harry l'avait cherché. Coupable. Felix avait payé. Coupable. Harry aurait dû être puni. Coupable. Felix était innocent. Coupable. Mais il aimait Harry, il ne voulait pas le perdre. Coupable. Tu aurais dû parler avec Harry. Coupable. Maintenant, tu as la trouille de le perdre car tu sais qu'il préfère l'horloger. Coupable. Jamais tu ne seras capable d'assumer ce que tu as fait. Tu dois aider les gens, les soigner. Pas les blesser un peu plus et manquer de le tuer. Il serra les poings et retint ses larmes comme il put. Il sentait une sorte de rage monter en lui. Une rage contre lui-même. Contre l'enflure qu'il était. Il devait avouer. Peut-être qu'il se sentirait mieux. Mais, comme il le craignait en entrant dans le laboratoire de la Scientifique, il la décevrait et perdrait sûrement la seule amie qu'il lui restait. Il voulait fuir, courir dans les couloirs de ce lieu infâme qui semblait jouer avec lui. Il avait presque l'impression que le Manoir exerçait un contrôle sur lui. Qu'il essayait de salir son âme par tous les moyens possibles et inimaginables. Et il se laissait misérablement et aveuglément faire. Autant faire une dernière fois un peu de courage, un peu d'honnêteté. Il devait assumer ce qu'il avait fait. Une larme roula sur son visage. Puis une deuxième.

- Je… Je suis désolé…

Il voulait taire cette voix qui l'accusait sans cesse d'être coupable bien que c'était ce qu'il était. Pourquoi s'était-il excusé d'ailleurs…? Parce qu'il avait été un lâche, qu'il avait menti et qu'il avait fait du mal à quelqu'un.

- C'est… C'est moi qui l'aie blessé…

Il redressa la tête, regardant le haut des armoires de Kathleen comme s'il essayait de percevoir le Soleil au travers du sol et des murs de la bâtisse. Comme si l'Étoile pouvait lui donner un signe, réchauffer son visage humide où les larmes coulaient silencieusement. Il avait honte et ne pourrait jamais se pardonner cette faute. Il avait menti à Felix, à Harry, à Kathleen. Est-ce qu'il se mentait à lui-même aussi ? Est-ce que durant toutes ses années où il avait essayé de bien, il s'était caché de lui-même ? Caché la créature violente et répugnante qui se logeait au creux de son cœur malade. Et ce dernier qui recommençait à faire des siennes, était-ce un moyen de lui faire comprendre qu'il devrait en finir au lieu de blesser d'autres personnes ? Peut-être… Il baissa de nouveau sa tête, fermant les yeux, attendant le verdict de la Scientifique, n'ayant pas peur d'endurer les conséquences de sa faute. Quand on est médecin, on ne blesse pas les gens.

©BOOGYLOU.



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MessageSujet: Re: Herzeleid. [Fini.]

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Herzeleid. [Fini.]

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