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Static Electricity - [ Williams & Castel ] [Fini]

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admin paranoïaque et enthousiaste
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MessageSujet: Re: Static Electricity - [ Williams & Castel ] [Fini] Lun 1 Sep - 10:20


"Static Electricity"

Esther n’était que le nom dont se souvenait mon intime mémoire. Mais je n’étais en réalité sûr de rien. Rien de plus que tout ce qui m’entourait à cette seconde. Toujours des doutes, des doutes éternels dont je n’avais ni information ni pleurs. Bien qu’une petite voix dans ma tête me hurle de faire qu’attendre, que l’alcool était l’investigateur de tous ces questionnements dans ma tête, je ne pouvais m’empêcher de penser intérieurement que toutes ses petites pensées n’étaient pas complètement fausses. Je ne peux m’empêcher d’y penser, j’ai mal. De l’intérieur d’un cœur qui se retrouvait brisé sans même savoir pourquoi. Brisé sans aucune raison. Juste celle de la pensée, de ma réflexion qui me disait que je n’étais rien. Rien de plus qu’un morceau de viande. Même pour David, qui se trouvait à cette seconde plus près de moi que jamais auparavant, il avait quelqu’un de plus important dans sa vie, c’était bien évident. Alors pourquoi je serai différent ? Je n’étais qu’un sous-fifre poussé par une malédiction intérieur dont je n’avais aucune idée. Aucune explication. Mon cœur brûle d’une souffrance augmentée par l’alcool. Je n’attends plus rien de ce qui m’entoure. Juste sa présence qui, malgré le fait que son cœur ne m’appartienne pas, me fait un bien fou. Juste son attention qui me fait vivre.

C’est alors que sa voix vient jusqu’à mon esprit. Sexy. Bien que sa voix ne soit que remarquablement porter par l’alcool. Je n’étais qu’un bout de viande. Je lui servais de bouche-trou, probablement. Il avait lui-même dit que je lui servais de compagnie. Ce n’était probablement pas nouveau pour moi. Je ne me rappelais que de peu de choses, mais je sentais dans mon cœur que je n’avais été toute ma vie qu’un bouche-trou pour toute la population miteuse de Londres. Un bon ami à qui on achète de l’alcool pour mieux s’oublier. Je n’étais rien. Rien. L’alcool me rend terriblement pessimiste. Même plus que ça encore. Je lui tends alors un sourire triste, presque mélancolique ou condescendant. J’aimerai tellement que sa voix transpire la vérité, mais je n’y sens que la moiteur de l’alcool. Pourtant, il est si mignon et mon cœur bat tellement bien à ses côtés. Juste une caresse de lui, celle qui venait de sa main sur ma cuisse et montant jusqu’à mon aine qui commençait à se tendre avec délicatesse. Juste cela me remplit doucement d’ivresse encore. Ses lèvres s’approchèrent alors des miennes. Je me mis à oublier tout ce qui m’entourait à mon tour, ne comprenant pas même pourquoi. Des larmes vinrent aux coins de mes yeux. J’étais si heureux soudainement. J’avais l’impression d’être enfin important pour la personne la plus importante de ma vie. Ce n’était pas moi, c’était lui.

Mais il se retira brusquement, après quelques secondes de bonheur, de réels bien-être, je retombai dans les ténèbres. Le doute. Ce doute qui me déchire le cœur. Il s’excusait. Je ne valais rien pour lui.

- Ne vous excusez pas…

Des larmes vinrent à mes yeux alors que je baissai la tête. Je n’osais rien répondre. Rien faire d’autre. Je voulais être important pour lui. L’alcool me plongeait dans le pessimisme froid et glacé. Une envie qui me donnait terriblement l’impression de n’être qu’un vrai bout de viande. Je voulais retrouver ses bras. Mais rien n’arrivait à sortir de ma bouche. Que faire, que dire ? Rien ne plus froid que mon esprit ne pouvait être comparé à un cadavre.

- S’il-te-plait… j’ai besoin de vous.

Mon corps s’électrisa péniblement, de petites étincelles jaillirent de ma poitrine, cachées par ma chemise. Mon cœur se mit à battre avec douleur. S’il te plait…ne me fait pas sentir important à tes yeux pour m’arracher ensuite ce plaisir. J’ai besoin…de toi…de laudanum…? Non, peut-être juste de sommeil. Je tends une main fragile vers David, tous mes poils sont électrisés par cette forte émotion négative qui me déchire.

©BOOGYLOU.



Better to remain silent and be thought a fool than to speak out and remove all doubt, be sur of it.
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admin cardiaque et trop gentil
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MessageSujet: Re: Static Electricity - [ Williams & Castel ] [Fini] Lun 1 Sep - 10:22


Static Electricity.

Le regard que lui lança Esther le dérouta complètement. Il avait l’air tellement triste voire déçu. Il ne percevait aucun effroi dans ses magnifiques iris. Dieu que ses yeux étaient beaux. Son visage aussi l’était. Il inspirait une classe et calme à toute épreuve. Dans toutes les situations. Il n’avait pas cillé quand il avait remis son pied en place. Il ne l’avait pas repoussé quand il l’avait d’abord approché dans le cachot ni quand il l’avait embrassé. Il se laissait docilement faire, ne s’était jamais rebellé une seule fois. Et David l’admirait pour ça. Personnellement, il aurait eu peur qu’on lui replace le pied, même si c’était fait par un professionnel. Il ne se rebellerait pas, mais il aurait eu tout de même un moment d’appréhension. Mais Esther n’avait pas flanché. Il l’avait regardé faire sans rien dire. Et c’était ces mêmes yeux qui le fixaient à présent. Ces magnifiques yeux mais larmoyants. David s’arrêta de tourner en rond et de paniquer tant la vue de son patient presque en larmes le blessa au plus profond de lui. Il resta là, à le regarder sans savoir quoi faire. Il lui demanda de ne pas s’excuser. Il ne lui en voulait donc pas pour l’avoir embrassé ? Mais… il ne lui avait pas demandé la permission et ils se connaissaient à peine…

Il le supplia avec un regard des plus humides. David continua de le regarder en baissant légèrement la tête. Il était complètement perdu dans ses pensées, tiraillé entre l’envie de répondre à la demande d’Esther mais en même temps… ce n’était pas trop dans sa mentalité que de… De quoi ? Brusquer les choses ? Non. D’être infidèle. Harry lui avait été infidèle. Pourquoi ne pourrait-il pas le faire à son tour ? Parce qu’il n’était pas comme lui. Et qu’il avait envie de faire plaisir à Esther. Oui, il n’avait envie de se concentrer que sur Esther, chasser ses larmes. Alors il s’approcha de son patient. Il le voulait à ses côtés alors il y resterait. Il serait avec les gens qui voudraient de lui désormais. Alors il se rapprocha de la table d’opération avec une légère hésitation. Puis, une fois qu’il fut à moins d’un mètre de son patient, il le prit dans ses bras et le serra avec une grande affection. Il ne voulait pas le laisser partir. Cela faisait que quelques minutes qu’ils se connaissaient et David avait déjà l’impression qu’Esther lui était indispensable. Voire vital. Il ne voulait vraiment pas le laisser partir. Il avait déjà besoin de lui, de sa présence, de sa chaleur. Un puissant lien autre que l’ivresse semblait déjà les avoir unis fortement. Esther allait être quelqu’un d’important dans la vie du chirurgien, il en était persuadé. Il continua donc à le serrer fortement contre lui, ressentant des petits picotements sur sa peau. Ce n’était pas désagréable. Loin de là. Il posa son menton sur son épaule et finit même par réfugier son visage dans son cou. Il murmura d’une voix dont l’alcool semblait être moins présent :

- Je veux que tu restes avec moi aussi… J’ai besoin de toi… Tu es la seule personne avec qui j’ai parlé depuis au moins cinq jours… Il y a bien mon supérieur qui passe mais c’est à peine s’il me dit bonjour… Quant aux autres Scientifiques, je n’ose plus les regarder, j’ai trop honte. Et les autres prisonniers sont généralement trop craintifs ou trop blessés pour me parler. Tu es le premier qui ne me repousse pas ni ne me fuit… Et je ne veux pas que tu le fasses.

Ses yeux aussi étaient devenus larmoyants. Il avait tant besoin de cet homme qu’il ne connaissait pourtant à peine. Mais il était convaincu qu’il pouvait remettre sa propre vie entre ses mains. Il le regarda dans les yeux et posa son front contre le sien. Il ne savait plus ce qu’il faisait, mais il voulait transmettre son message et tous les moyens étaient bons.

- Tu vas rester ici cette nuit. Et tu dormiras dans mon lit. Tu es d’accord ?

La question du où est-ce qu’il allait dormir ne lui traversa pas la tête. Il se dit qu’il dormirait dans le lit d’Harry mais quand celui-ci rentrerait, il pourrait, malheureusement, s’étonner de le trouver dans son lit. Et garder un Dément dans un tel confort… Il l’avait bien fait pour Felix, merde. Lui aussi avait le droit de faire ce qu’il voulait. De toute façon, le vétérinaire ressemblait tellement à un zombie ces derniers jours que David pariait qu’il ne remarquerait même pas s’il y avait un intrus dans son laboratoire. Quoiqu’il en soit, il continua de regarder les yeux d’Esther avant de fermer ses paupières, le front toujours contre le sien.

- Je veux que tu restes, Esther…

©BOOGYLOU.