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Rouge passion [ Edgar A. Poe ]

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MessageSujet: Rouge passion [ Edgar A. Poe ] Sam 16 Aoû - 22:10


Rouge passion

AVEC — EDGAR A. POE





Horreur. Puanteur. Sang. Larmes. Crasse. Emily regrettait déjà d'être entrée ici, cela ne faisait que trois jours et elle ne pouvait plus ressortir maintenant. Trois premiers jours d'un séjour interminable? Elle ne l'espérait pas. Oh, non. Oh non! Mais où l'avait-il emmenée? Est-ce que son frère était mort? Elle ne l'avait vu nulle part! Sauf ... en bas. Elle n'avait pas été en bas. Prions, prions pour qu'il soit en vie, par pitié.

Ses yeux regardaient chaque recoin. Chaque coin d'ombre. Elles bougeaient, ces ombres, elles bougeaient depuis le début. Des sons étranges lui parvenaient aux oreilles, et parfois les murs tremblaient même. Des grognements se faisaient entendre et la jeune femme n'avait pas réussi à dormir depuis. Il y avait des chambres, mais à quoi bon? Cet endroit était malsain. Il voulait sa mort. Et elle n'avait encore rien vu. Elle n'en était qu'à l'aperçu. Et cela la rendait déjà folle. Oh, pauvre Emily. Une autre âme damnée du manoir qui refermait ses griffes sur quiconque osait franchir ses portes.
Mais le regrettait-elle vraiment? Non ... Elle l'aurait amèrement eu en travers de la gorge toute sa vie si elle n'avait pas cherché après Felix. Elle était sûre qu'il était là ... Enfin ... Du moins elle l'espérait.

Alors qu'elle s'enfonçait dans les profondeurs des ténèbres, Emily commençait à prendre peur. De tout ce qui l'entourait, et de tout ce qu'il y avait à l'intérieur d'elle-même. Elle tremblait. Si elle s'était embarquée ici sans que son frère chéri y soit, elle serait dans un beau pétrin, n'est-ce pas? Rien qu'à cette pensée, la jeune femme se mit à rire nerveusement.

« Oui ... haha ... » fit-elle à haute voix, les yeux emplis de folie. « Ce serait ... regrettable! »

Elle était arrivée au palier. Un bruit métallique assourdissant la fit se plaquer contre un mur, criant de peur. Qu'est-ce que c'était?! On aurait dit que ça venait du fond, là où elle ne voyait plus le couloir. Prise de panique, Emily se précipita sur la première porte qui lui vint. L'ouvrant à la volée, elle la referma aussi vite qu'elle était entrée. Elle tremblait toujours, et des gouttes de sueur perlaient sur son grand front livide. Elle aurait préféré être sur scène sans avoir répété son texte. OUI, cela semblait tellement plus anodin qu'être coincée dans un endroit répugnant, dangereux et mal famé! Fermant les yeux le plus fort possible, le visage d'Emily se plia en un rictus de sanglots sans qu'aucun son ni aucune larme ne vint l'accompagner. Un son plaintif sortit de sa gorge alors qu'elle essayait de se contenir, les mains accrochées à la poignée de toutes ses forces.

Elle mit un peu de temps avant de recouvrir ses esprits. Sa respiration était saccadée, et elle devait se calmer si elle ne voulait pas se faire remarquer avec ses sifflements intempestifs. La jeune femme examina furtivement la pièce, mais cela lui suffit. Il y avait ... des bouteilles! Oh, cela tombait merveilleusement bien! Elle qui avait si faim et si soif! Ôtant le drap qui les recouvrait avec des mouvements brusques et tendus, elle vérifia le contenu des récipients. Elles étaient presque toutes vides ... Non, pitié, non. Ses gestes devinrent de plus en plus maladroits et précipités. Jusqu'à ce qu'elle la trouve. Une bouteille de vin rouge! HALLELUJAH! Elle n'en avait cure qu'il n'était pas bon ou qu'un rat était mort dedans, bien que normalement ce n'était pas le cas. Mais elle avait si soif! Elle aurait pu boire n'importe quoi! Débouchant le liège avec un mal qui ne dura pas si longtemps que prévu, elle porta le goulot à sa bouche et but à pleine gorgée.
Le goût était immonde. Mais c'était ce qu'il lui fallait. Et l'alcool ... l'alcool l'aiderait à oublier dans quel endroit sordide elle s'était fourré. Un mal pour un bien! C'était ... c'était parfait!

Emily ne tarda pas à la finir en plusieurs fois. Elle n'avait même pas envie de vomir. Elle aurait même pu en boire une autre. Mais elle n'avait pas tout à fait bu le fond. Ses joues n'étaient plus blafardes mais rouges comme le vin et sa conscience était quelque peu apaisée. Ah ... elle enviait les ivrognes dans ces moments là. Peut-êtres mourraient-ils plus facilement mais au moins étaient-ils un peu plus heureux. Quelle boisson magique, quand même. Qui avait inventé ça? La jeune femme se posait toutes sortes de questions tout en regardant la bouteille de verre pleine de poussière, un sourire bêta sur ses petites lèvres écarlates.
La démente finit le breuvage et lâcha la bouteille au sol sans qu'elle ne se casse. Elle ne s'était même pas rendu compte qu'elle avait fait du bruit. La vitesse à laquelle elle avait bu ce vin et le temps qu'il a eu pour être distillé avaient eu un impact direct sur son cerveau embrumé d'alcool. Merveilleux. Cherchant du regard une autre compagne de beuverie, Emily en trouva une au fond mais n'arriva pas à l'atteindre, affalée sur l'étagère.

Elle avait chaud. Alors qu'il faisait froid. Elle ne pouvait pas remarquer que la pièce avait quelque peu changé de température vu son état doucement euphorique. Au moins, elle était calmée. Si le vin n'avait pas été là, elle se serait probablement arraché les cheveux, jeté d'une rambarde, mangé son pied ou quelque chose comme ça. Mais là, elle était sur un nuage. Pensant que personne n'allait troubler son moment de torpeur ...






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Oui en fait j'ai décidé de lui bourrer la gueule, ça expliquera bien des choses. XD ♥


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MessageSujet: Re: Rouge passion [ Edgar A. Poe ] Ven 5 Sep - 2:38





rouge passion


Voilà deux semaines. Deux semaines que Poe ne se concentre que sur l'énergie que lui procure se manoir afin de se matérialiser d'une quelque apparence qui soit. Le verbe est grand, plus grand que la vérité des actes. Il a possession de quelques touchés; la maniabilité d'écrire, par exemple; le plus important. Celle de tenir un crayon et un parchemin. De s'asseoir sur une chaise pendant des heures. D'éteindre et d'allumer les torches de son bureau par un battement de cil. Rien d'extraordinaire. Tout ce qui lui faut. Et s'il n'avait exploré d'autres puissances de ce qu'il reste de lui, c'est que tout cela ne l'intéresse pas. Il a l'esprit, encore. Ce que le corps peut faire lui est dérisoire, désormais. Peut-être regrettait-il cette idée après quelque rencontre qui soi...

Deux foutus semaines que je suis là à rien faire. Non, je ne fais pas rien. Je réfléchis. Dans ma chambre. Je n'ai plus toute une vie devant moi, mais bien toute une morte; ce qui est bien mieux en terme de patience. Si l'on se ride à perdre du temps à réfléchir lorsque l'on a les deux pieds sur la terre ferme, on se réjouit d'avoir tout le temps du monde à contempler la garniture de ses songes et se ressourcer. Pour certain, il s'agit de faire avancer les choses. Pour moi, ce n'est qu'une possibilité à pouvoir me donner capacité du vivant pendant une certaine période. Tant pis. Tant mieux. Qu'importe.

Qu'importe, vraiment. Deux semaines, deux semaines à ne rien faire, ni bouger, ni parler. Rien d'autre que de penser. Penser à une écriture, bien simplement. Chaque lettre doit être plus parfaite que la seconde. Et chaque syllabe doit avoir son pesant d'or. Poe refuse d'écrire autrement. Alors la réflexion, l'étude et l'attente à l'inspiration parfaite s'y prête. Bien naturellement, il avait profiter de ce repos afin d'emmagasiner assez d'énergie vitae pour faire ce que bon lui semble de son reste de semblant de corps pour les dix prochains jours à venir. Il allait dédier cette vigueur à l'écriture, bien sûre.

D'accord. À l'écriture. Il pourrait s'y mettre. Ou il pourrait faire la taupe dans une pièce ou deux avant. Sa faculté à pouvoir explorer chacun des coins de ce merveilleux endroit sans risquer ne serait-ce que l'égratignure est jouissif. Voir les piteux souffrir, pleurer et courir sur les taches de sueurs laissées dans chacune de leurs plaintes est délectable. Arriver à ses fins en un tour de main est parfait.


User son temps. User sa patience. Je décide de prendre l'air de ma chambre qui n'a connu la lueur d'une bougie depuis des lustres et des torches. Je m'équipe de rien sinon quelques pas et une grande détermination à gaspiller cette énergie vitale que j'ai accumulé avec soin. Il fait noir, si sombre dans mon antre. Tellement que j'en ai oublié les formes et le contenu. Je me tourne vers ma porte et celle-ci s'ouvre dans un fracas hurlant. Un bruit cynique, horrible. Grinçant et meurtrier à la fois, qui résonne sur tout l'étage et même plus encore. Je hausse les sourcils. Cela faisait longtemps, bien trop longtemps, que j'avais fait abus de mes pouvoirs. Je devais modérer au terme de faire n'importe quoi inutilement.

Un sursaut de satin et de souffle. Il lui sembe que, au bout du corridor, on prend fuite. L'a-t-on prit pour un monstre? Quelle drôle d'idée, il pense. Poe passe une main hautaine sur ses vêtements, comme pour y retirer toutes poussières – réflexe d'outre-tombe – et prend le pas vers le bruit ou vers ailleurs. Cela ne l'importe pas. De loin, il a cette allure fantomatique, blafarde et paresseuse. Mais plus sa silhouette s'approche de vous, plus elle prend l'apparence du vivant. C'est quelque chose qu'il préfère conserver. Une dernière volonté qu'il ne contrôle pas. C'est ainsi, tout simplement. Ses pas font des échos sur les pierres leurs dalles. Il fouille du regard n'importe quel détail qui pourrait l'éveiller. Ses gants passent quelques fois dans ses cheveux, sur sa barbichette – il se doit d'être convenable, en tout temps. Défunt ou pas.

Je ne sais trop de quoi il s'agit. C'est un bruit, d'apparence bien inoffensive. Une souris qui grignote un verre souillé. Je hausse les sourcils, d'une air intrigué qui ne l'est pas autant. Quelqu'un. Il y a quelqu'un de l'autre côté de la pièce, et son cœur bat encore. Ou peut-être est-ce une hallucination sous les lattes de bois. Je regarde la porte de la pièce en question. Elle est fermée comme si l'on y tenait un énorme secret. Depuis combien de minute j'erre en ce corridor à contempler les alcôves? Serait-ce possible que l'homme ayant eut peur de mon geste banal se soit réfugier en trouillard dans ce refuge? Je traverse le mur qui me sépare de ces mystères. Je me dissous dans les pierres et leurs fentes, je me retrouve dans un pièce faiblement éclairé. On ne sait trop à quelle valeur appartient cette pièce, mais elle est bourrée de bouteilles d'alcool. La soulerie. Je ne sais trop si je m'ennuie de cette ivresse goulue.

Je ne pourrais évidemment pas manquer de l'œil la jeune femme au beau milieu de ce sellier de mille miettes. Elle est tendre. Elle est un velours. Ses lèvres pulpeuses quêtent les dernières gouttes d'un goulot cuit, sa poitrine garnit chevauche des poumons bien trop vivant et accélérés. La porcelaine de sa peau sent l'arôme des raisins rancis. Quelle trésor. Une pauvre petite poupée à dévorer et violer. Si inoffensive et claire. De toute apparence, du moins. Je m'approche d'elle sans un bruit. Je crois qu'elle aime trop son breuvage pour m'avoir remarqué. À sa hauteur, je dois avoir l'air d'un simple mortel comme elle. Je fourre mes mains dans mes poches et la juge de ma hauteur. Mon visage est lasse, mais le fond de ma pensée se résigne à quelque chose de violent pour elle. Je vois, sur son épaule nue, ses pores se hérisser de frissons glaciales. Toujours agréable de voir l'effet que je fais à ces jeunes dames. Je comprends qu'elle n'est plus là mentalement, plus assez pour même se rendre compte qu'elle devrait croire aux revenants.

Poe se penche sur le côté. Son œil capte une bouteille de vin presque morte. Il ne reste que quelques gorgées de lièvre à l'intérieur. L'étiquette portant les indication et le patronyme du nectar a été déchiré bien trop pour que l'on puisse lire la nature de la chose. Un vin, à l'odeur. N'importe quoi d'autre, à la vue de tout ce que l'on trouve autour. Il fait un pas ou deux sur le côté et trouve une bouteille bien jolie; c'est un poison. Un mortel et fort. Il sourit en coin; sa redingote longue et noire fait toujours office de perfection sur sa peau blanche comme les draps.

« Cyanure hydraulique de ronces arméniennes, il lit à haute voix en faisant moue intéressée. Ce qu'il est vraisemblablement à l'instant. Un scientifique s'était amusé, apparemment. J'espère que vous vous êtes régalée, demoiselle, il lui rend un sourire pour le moins rassurant. Effrayer quiconque n'a-t-il jamais été l'une de ses vocation favorites?»

Je blague. Peut-être. Si la douce s'éteint sous mes yeux en moins de dix, c'est qu'elle a consommer quelque chose de malpropre. Après tout, qui peut affirmer que dans ce vin on ne trouve pas un quelconque arsenic déplaisant? Je hausse un sourcil en sa direction et ne me prive d'aucune subtilité pour m'assoiffer de sa gorge, de sa chaire palpitante descendant à sa poitrine gorgée, de son buste à faire pleurer les anges et ses hanches de courbes sinueuses délectables. Ses cuisses, j'imagine ses cuisses au parfum de jasmin et remonte mon œil au sien pour la dévorer à pleine prunelle. Si délicieuse. Si fragile. Si seule. Si vulnérable. Je regrette amèrement de ne pouvoir mettre la main sur sa peau. Rien de la vie me manque, peut-être, je me rends compte, les plaisirs de la chaire.

Et alors qu'il la fixe comme un loup bave devant l'agneau juteux, la porte derrière lui bouge d'elle-même. Son verrou de métal et de bois pourris se referme sur elle dans une plainte bouillante et un tambour achève sa locomotion lente et plaintive. Le silence place sur une porte qui ne semble vouloir s'ouvrir de si peu. Poe aura-t-il fait exprès ou non d'enfermer la biche avec lui? On ne le saura jamais. Ce que l'on sait est qu'elle ne quittera pas ses bouteilles de si tôt.




hj:
 


 


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MessageSujet: Re: Rouge passion [ Edgar A. Poe ] Ven 17 Oct - 17:49


Rouge passion

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Il y avait ... une voix. Étrangement, Emily arriva à comprendre chacun de ces mots. Mais ... qu'est-ce que faisait une autre personne dans cette pièce? La jeune femme fronça les sourcils, la mine boudeuse et embrumée, comme sortie d'un profond sommeil. Comment étais-ce possible? Est-ce que ce fichu manoir faisait pousser des personnes sur les murs? L'amnésique ricana légèrement à cette idée. Cela lui semblait bien drôle sur le moment.
La voix venait de là, non loin du coin de la pièce. Elle n'était pas loin. Et c'était un homme. Enfin avec une voix pareille, il valait mieux. Emily sourit à nouveau. Qu'est-ce qu'elle était comique ce soir! Est-ce que c'était le soir? Oh, elle ne savait plus, peu importe. La jeune femme tenta de se redresser, s'appuyant hasardeusement au mur et à une des étagères, manquant de faire tomber une autre bouteille sur sa tête ... mais le destin en avait fort heureusement voulu autrement. Elle ne se releva pas tout de suite, toutefois. Ou cela aurait été du domaine du miracle. Alors qu'elle demeurait accroupie, Emily pointa un doigt vers la silhouette qui venait de lui parler. "Attention", disait ce doigt de femme enivrée. C'est-à-dire vacillant mais faisant comme s'il était droit. Cet homme, donc, venait de lui dire qu'elle avait bu du poison. Pourtant ce qu'elle avait bu avait bien le goût du vin! Ou ... est-ce qu'il avait ... le goût ... du vin? Le doigt d'Emily se calma et redescendit lentement. Mais la jeune femme eut une autre idée brillante en tête.

« Mais si ... j'avais vraiment bu, hum ... tout cela! ... Je devrais être morte! »

Emily regarda le nouvel arrivant avec un air triomphant, sa petite bouche charnue légèrement étirée en un sourire pleinement satisfait. Mais brusquement, toute son expression changea en un doute assommant. Regardant à droite, à gauche, on aurait dit qu'elle cherchait quelque chose. Mais au final, elle porta une des ses mains à son visage rond et blanc, la pressant contre sa joue bien en chair.

« Peut-être suis-je morte ... » pensa-t-elle tout haut.

Lentement, les traits du visage poupin d'Emily se transformèrent en un rictus. Elle riait silencieusement, mais elle ne pouvait réprimer ce soudain accès de joie. Rien n'était hilarant dans ce qu'elle venait de dire, mais elle ne pouvait s'en empêcher. Son estomac se contractait en petit à-coups qui commençaient à lui faire mal, mais son fou rire était plus fort que tout. Son esclaffement était comme étouffé, on aurait dit qu'elle venait de se raconter une bonne blague à elle-même.
Ah ... elle finit tout de même par se calmer. Non, cela ne lui semblait plus drôle du tout maintenant. Essuyant avec son doigt une larme qui perlait au creux de son oeil, Emily essaya de se lever à nouveau. Elle avait failli retomber à cause de cette franche rigolade, si bien qu'elle était accoudée au mur depuis lors, complètement en diagonale. Marmonnant à qui voulait bien l'entendre:

« Non je ne peux pas mourir maintenant ... je dois retrouver mon frère. »

La jeune femme réussit à se remettre sur ses pieds tant bien que mal, la partie la plus difficile étant de rester debout, maintenant. Ses pieds hésitaient entre la droite et la gauche, mais elle se maintint comme elle le put. Quand elle fut à peu près stable, Emily voulut se concentrer sur la personne qui se trouvait avec elle dans cette pièce. Qui était-il? L'amnésique s'approcha à pas prudents, comme un bébé faon qui apprenait à marcher. C'était plutôt pathétique, mais elle était tellement consumée par le breuvage qu'elle ne s'en préoccupait guère.
Arrivée à hauteur de l'homme, Emily plissa les yeux tout en l'observant. Il n'y avait pas beaucoup de lumière, mais elle pouvait voir ses traits avec une distinction assez remarquable.

« Vous ... vous me dites quelque chose. » fit-elle avec ce ton d'ivrogne. « Je vous ... je vous ai déjà vu quelque part! »

L'alcool ayant quelque peu réduit sa notion d'espace personnel, Emily s'approcha encore plus de l'individu pour se retrouver à seulement quelques centimètres. Elle ne pouvait pas remarquer ce qu'il y avait de différent chez lui. Elle ne pouvait même plus remettre un nom sur ce visage pourtant si connu. Perturbée, elle essayait tant bien que mal de chercher. Un acteur? Un politicien? Non ... ça ne semblait pas être ça. Et pourtant ...
La porte se claqua brusquement. Emily ne se souvenait même plus qu'elle était ouverte, à vrai dire. Bien entendu, la jeune femme tourna son visage en sursautant à ce bruit si fracassant. Qu'est-ce qu'il venait de se passer, là? ... Il y avait quelqu'un d'autre? Non ... Tout ce qu'elle trouva à dire fut ...

« Oh. »

... tout en vacillant doucement sur ses pieds. Elle n'avait pas envie de se préoccuper de ça. Trop compliqué pour elle à ce moment là. Se retournant vers l'individu, Emily se contenta d'hausser les sourcils comme pour lui dire "vous avez vu? curieux, n'est-ce pas?".






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Ahem niveau retard je suis pas mal non plus! 8D *sbaff*


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MessageSujet: Re: Rouge passion [ Edgar A. Poe ] Jeu 13 Nov - 20:24





rouge passion


La jeune alcoolique sembla constater, enfin, qu'il y avait quelqu'un ses côtés dans la pièce. Et Poe haussa un sourcil. Tiens donc, elle semblait bien plus égarée dans sa cervelle qu'il ne l'aurais même imaginer. Comprenait-elle au moins un traitre mot à ses paroles? Elle parlait anglais. C'était déjà bon signe, il se dit. Et c'était une occasion de rêve pour lui qui n'avait reçu plaisir dominant depuis de moult années que de manipuler sans hésitation la petite biche prise au piège.

Il garda ses mains dans ses poches à la regarder d'un air vice-lard tenter de trouver un équilibre en ne faisant que se faire mal davantage. Charmant. Poe lécha chacune de ses courbes mille et une fois du regard en n'ayant vraiment rien à perdre à se rincer l'œil sans soucis de la sorte. Depuis combien de siècles n'avait-il pas désiré une aussi belle et naïve créature? La seule chose qu'il tentait de retirer de sa tête et qui le tenaillait tout de même était qu'il n'aurait la chance de la violer. Dommage.


Elle n'est pas assez saoule pour croire à mes supercheries. Son petit doigt doit lui dire quelque chose aussi. Je serre les dents. Cette pouffiasse mérite une sale gifle en plaine gueule. Mais je continuer ce qu'il reste de moi continue de l'observer d'un regard hautain, toujours le menton bien dressé dans les airs. Mais son visage change, soudainement. Donne le sourire au mien. Elle pense que peut-être elle est morte. Je sais bien que non; entre fantôme, il y a cette belle fraternité qui nous distingue clairement. Mais la voir tomber dans un vertige époustouflant me donne assez d'euphorie pour vouloir entrer dans son jeu. Je ris avec elle. Puis m'arrête pour l'écouter.

Elle parla de son frère. Et puis s'approcha de lui tranquillement alors que ses muscles de mort se tendait violemment. Il se crispait, à dire vrai, bien plus de psychologie que de physique, vous en conviendrez. Sans la quitter des yeux un seul bref instant. Il voulait tout d'elle. Il allait prendre tout d'elle.

Et la petite biche soulonne dit qu'elle semble me reconnaître de quelque part. Je roule des yeux, exaspéré et pas le moindrement surpris. Si elle s'intéresse à moi et je deviens quelqu'un de par mon simple nom, je ne serais plus rien. Plus une menace. Plus un fantôme. Plus un agresseur. Je préfère de loin passer incognito, au moins pour cette fois. La porte claque et elle sursaute. Je montre mes dents, enfin, d'un sourire vil et prenant.

Il n'eut qu'une seconde de décalage entre la curiosité de la jeune femme et le pas que Poe fit en sa direction. Il saisit à la brusquerie son visage, très fortement, en coinçant ses joues entre doigts gantés de noir. Toujours en faisant bien attention de ne pas toucher à une gouttelette de bave, il approcha son visage du sien et pestiféra à sa truffe:

« Espèce de naïve petite sotte. Tu n'arrives même plus à te tenir sur tes jambes. J'espère que l'alcool et le poison te font divaguer joliment, ma chère. Car tu vas vivre le cauchemar, ici, il cracha avant de la jeter violemment sur le sol.

Déjà je sens mon énergie s'estomper, de très peu. Mais ça en vaut pleinement la peine. J'adore ces petits jeux. Puis je me moque:

« Et oublie ton frère. En ces lieux, s'il n'est pas déjà mort, il doit souhaiter de l'être... Haha! »

Il fit quelques pas envers elle, simplement pour rester plus grand et menaçant, toujours ce même air jouissif sur son visage. Puis il éteint de penser les lumières de la pièces pour ne laisser qu'une lueur bleutée émanant de nul part éclairer son visage et les formes de son habit.

« Tu ne sais pas si tu es morte? Que dirais-tu de découvrir avec moi? »

 


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MessageSujet: Re: Rouge passion [ Edgar A. Poe ] Lun 12 Jan - 22:08


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La main glaciale de la mort entoura son visage rond, les doigts de l'homme s'enfonçant fermement dans ses joues. Malgré cela, Emily avait du mal à garder son sérieux. L'emprise de l'alcool était toujours plus forte et sa bouche ne voulait qu'une chose: s'étirer. Sourire. Rire au nez de l'énergumène qui jouait à je ne sais quoi avec elle. À chaque mot qu'il prononçait, l'amnésique ne voulait que s'esclaffer, s'esclaffer davantage. Tout ce qu'il blatérait n'avait aucun sens pour elle. Pas la moindre signification, même si elle devinait à son ton qu'il n'était pas là pour la laisser tranquille de sitôt.
Puis il la jeta. Emily avait l'impression qu'elle tombait au ralenti. Le choc en lui-même n'avait pas été si dur, comme s'il était atténué, en sourdine, mais bel et bien là. Assurément, elle aurait quelques bleus à cause de cela, et une petite douleur muette se propagea sur ses fesses et derrière ses cuisses, mais rien de bien méchant pour le moment. Reprenant peu à peu son équilibre, mais toujours assise, la jeune femme ne saisissait toujours pas la gravité de la scène qu'elle était en train de vivre. Non. Elle avait simplement l'intention de demander à ce plouc s'il était diablement sérieux. Jusqu'à ce qu'il parle de son frère.

Emily devint soudainement sérieuse. Non pas que le breuvage ait stoppé ses vertus, mais elle avait repris temporairement le contrôle. Comme un moment de lucidité. La jeune fille leva son regard sur l'homme qui la dominait de sa taille, alors qu'elle était encore au sol. Ses yeux devinrent mauvais, comme si elle maudissait cet individu de toutes les manières possibles. Ça y est, elle était en colère, et il était bien temps. Alors qu'elle le fusillait du regard, les joues en feu, sentant son sang s'écouler de manière saccadée, la faible lumière disparut pour de bon. Laissant le soin à cet étranger de proférer une autre phrase curieuse.
La peur prit la place de la colère pendant un temps. Emily roulait ses yeux dans différents coins de la pièce, essayant de réaliser ce qui était en train de se passer. Assurément, elle était en danger. Mais l'alcool lui permettait de ne pas paniquer. Une telle boisson vous fait agir comme un fou, non? Ce n'était pas comme si Emily était très sage d'ordinaire ... Alors être téméraire, ça ne lui demanderait pas tellement d'effort.
Devinant la silhouette de l'homme dans la semi-pénombre, Emily arbora une expression de défi sur son visage charnu.

« Alors c'est vous qui faites tout ça? Wow, bravo. » ironisa-t-elle tout en commençant à applaudir. « Je ne savais pas que j'assistais à un spectacle de magie, mon brave. »

Puis elle s'arrêta. La colère reprenait le dessus parfois. Tantôt provocante, tantôt enragée, toujours amère. Et on ne pouvait pas savoir si la boisson parlait à chaque fois.

« Qu'est-ce que vous me voulez? » continua-t-elle, hargneuse. « Je vous ai fait quelque chose, peut-être? Ou alors est-ce mon frère? Qu'est-ce que vous en savez de lui, de toute façon? » cracha-t-elle.

Emily ne le lâchait pas des yeux. En tout cas, de ce qu'elle pouvait voir de lui. Le léger silence qui s'installait ne dura pas, lorsqu'une nouvelle fois, la jeune femme s’exclama.

« Ooooooh ... » fit-elle comme si elle eut une révélation. « C'est ça que vous voulez? » dit-elle avant d'agripper sa poitrine généreuse à deux mains. « C'est ça que vos petits yeux pervers convoitent depuis que ... vous êtes entrés ici? »

Emily souriait, pleine d'une malice malsaine. Comment n'avait-elle pas pu le remarquer plus tôt? Ah, oui, le vin ... Mais tout de même. S'en était presque évident maintenant. Et même si il le niait, elle ne le croirait même pas. Dans un élan d'énergie, la jeune amnésique se releva, moins titubante qu'avant mais toujours un peu sonnée, ne voulant pas rester dans une position déjà soumise. Elle croisa les bras, prenant un air se voulant dédaigneux, mais ressemblait plutôt à une gamine boudeuse.

« Vous êtes bien tous les mêmes. Vouloir profiter d'une pauvre fille complètement ivre. »

Emily rigola un peu. C'est vrai, elle était complètement ivre. Une douce sensation qu'elle n'avait pas vécu depuis longtemps, selon elle. Mais son rire s'estompa pour en garder un sourire. Non pas un sourire tout ce qu'il y avait de plus normal. Mais un rictus provocant s'affichait sur son visage blanchâtre, et quand elle regardait l'homme, ses yeux criaient "challenge".

« Moi je sais que je suis vivante. » dit-elle en gardant toujours la même expression. « Oh je suis bien, bien vivante. Vous, vous mourrez d'envie de le vérifier. N'est-ce pas? »

Aurait-elle prononcé de telles paroles devant un inconnu étant sobre? Probablement pas.






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MessageSujet: Re: Rouge passion [ Edgar A. Poe ] Jeu 15 Jan - 18:59





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À la voir s'esclaffer et rire, se dandiner et se laisser trimbaler, il aurait eut pitié pour elle, si cœur, toujours, il avait éprouvé. Mais depuis bien trop longtemps il avait dédain pour les hommes et mépris pour les femmes. Et si Poe ne s'enrageait pas à la voir s'abrutir plutôt que d'écouter véritablement ses paroles, c'est qu'il savait qu'elle n'avait aucune chance en ces lieux. Qu'elle y rendrait l'âme très bientôt, d'une façon ou d'une autre. Les monstres n'ont aucun respect pour les alcoolique. Les scientifiques se régalent des débiles. Et les fantômes s'en font des caprices jaloux.

Mais notre charmante victime cessa de rire et devint, si puis dire, très sérieuse. Les montagnes et les vagues de ses émotions n'étaient peut-être en rien avec la boisson. Ou peut-être n'aidait-elle pas à ses manèges. Elle ironisa au jeu du défunt et s'en ricana avec arrogance. Pauvre bête, pauvre mouton, pensait l'écrivain qui s'attendait, dès lors, à retrouver son cadavre ou son esprit quelque part dans les couloirs une ou deux journées plus tard. Elle le questionna, d'ailleurs, et lui demanda se qu'il voulait. Elle parla encore de son frère, le nargua de ses courbes et de son cœur battant.


Qu'aurais-je demandé de mieux? Elle m'offre un spectacle de délice et de pourpre effronterie dont je ne m'étais pas régalé depuis bien bien longtemps. L'ivrogne sait pourquoi je la tiens dans ces filets. Et à la voir tantôt heureuse, tantôt effrayée et l'autre fois d'après complètement en colère me donne la puce à l'oreille qu'elle n'a aucun contrôle sur ce qu'elle est. Peut-être est-elle folle? Peut-être est-elle trop saoule? Qu'importe. Je m'en fiche. Tant et aussi longtemps qu'elle n'aura contrôle sur elle, c'est moi qui aura.

Poe la gifla du revers de la main avec force. C'était une manière comme une autre de lui dire de la fermer, puisqu'il désirait prendre parole.

« Bien sûre que nous sommes tous les mêmes. Vous seriez complètement stupide de croire que le pénis d'un homme change d'un pantalon à un autre, commença-t-il sans censure. On avait pas besoin de censure quand on parlait à un bourré, de toute façon. Et vous, les garces, vous êtes toutes pareil aussi. Regarde-toi à te dandiner et te frotter. Je paris que tu ne te crois même pas digne de recevoir l'amour d'un homme. »

Affabulation qu'il tirait de toutes ces garces sans pouvoir, et qu'il attribuait simplement à celle-ci. Il lui offrit un sourire en coin et la regarda droit dans les yeux.

« Allez, marre-toi, petite garce. L'ignorance et la stupidité sont bien les deux seules choses qu'il te reste, non? »

Doucement, il alla cueillir du bout du gant une mèche de ses cheveux et la plaça derrière son oreille. Mais aussi l'attention pouvait être douillette que son regard ne portait que la violence. D'autant plus que ses mains tremblaient à souhait.

« Mignonne de petite arrogante... Tu te crois bien meilleure que ce qui grouille autour de toi, hein? Tu n'as aucune idée de se qui grouille autour de toi en vrai. Tu ne devrais pas croire en la magie. Parce qu'ici, ce n'est pas de la magie qui grouille dans ce manoir; mais le démon en personne. »

Il se redressa et serra promptement ses gants contre la peau inexistante de ses mains. Et il empoigna la jeune femme par le haut de son corset, plongeant sans soucis et brusquement le bout de sa main dans son décolleté.

« Et dis-moi... Ton frère me semble une vraie obsession, pas vrai? Ne me dis pas que tu rends l'inceste à l'agréable, ma jolie. »

D'un sec coup, usant de l'énergie et de ses sortilèges que je possède, je l'accorde, je déchire son corset d'une seule traite. Puis je plaque son dos lourdement au sol. La lueur démente de mon œil scrute la sienne, et je souris toujours, tendrement.

« Je te violerais sur le champ si j'avais autant d'énergie à dépenser pour une petite merde dans ton genre. Remarque que je vais me contenter de jouir à tes geignements et gloussements. »

Je passe mon pouce sur ses lèvres gercées alors que le reste de ma main tien son menton.

« Parle-moi un peu de ce frère. Veux-tu? Il va s'en dire que tu sembles t'inquiéter pour lui. Serais-je celui qui t'apprendra que ni lui, ni toi n'avez de chance en ces lieux? »

 


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MessageSujet: Re: Rouge passion [ Edgar A. Poe ] Sam 21 Fév - 17:24


Rouge passion

AVEC — EDGAR A. POE




Elle venait de se prendre une gifle. Froide, presque comme si le vent lui-même l'avait fouettée. Cet homme devait être bien triste pour témoigner d'une telle violence devant une femme qui n'avait pas fait grand chose. Si c'était tout ce qu'il lui fallait pour s'énerver ... En tout cas, la première remarque qu'il proféra fit sourire une nouvelle fois Emily, qui avait plaqué sa main contre sa joue meurtrie. Il avouait lui-même qu'il était un gros porc. C'était déjà ça. Enfin ... ça n'augurait rien de bon pour elle, par contre. C'était bien qu'il s'assume et tout mais bon, elle n'en avait rien à faire. Mais les insultes qu'il lui lançait ne lui procurèrent qu'un haussement de sourcils. Si cela l'affectait autant qu'elle soit une "garce", c'est bien parce qu'il y avait une raison ...
Alors qu'il plaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille, Emily le laissa faire, plongeant ses yeux sombres dans ceux de l'homme, où résidait une haine sans nom. Mais la même expression mutine demeurait sur le visage rond de la jeune femme.

« Vous aimeriez que je sois celle que vous décrivez, mh? Malheureusement je ne peux pas vous donner ce plaisir ... » dit-elle d'une voix plus moqueuse qu'elle ne l'aurait voulu.

La bouteille de vin était une circonstance, il était bien bête de prétendre aussi vite que cela faisait partie de son quotidien. Même si, à l'époque où elle était grande actrice, la boisson trouvait toujours son chemin. Mais elle n'était pas une alcoolique pour autant. Qui dirait non à l'oubli de cet endroit? Quoique les effets qu'elle avait tant attendus étaient beaucoup plus diminués suite à l'intervention de cet énergumène qui accaparait toute son attention et l'ennuyait grandement. Enfin, au fond ... Parce qu'il était vrai que le vin rendait la situation beaucoup plus drôle qu'elle ne l'était. Et peut-être aurait-elle pu sauver sa peau si elle avait été sobre. Ou pas.
L'homme avait reprit son discours, essayant de lui faire peur, mais seule l'indifférence qu'elle éprouvait résidait au premier plan de ses pensées.
Mais c'est à ce moment qu'il l'attira enfonça sa main entre ses deux seins. Ressentant immédiatement de la colère contre cette main froide non voulue contre son corps, Emily aurait voulu se retirer mais il se mit à parler une nouvelle fois de son frère ... avant de déchirer son corset d'un coup. La jeune femme n'avait même pas eu le temps de comprendre tout ce qu'il s'était passé. À peine eut-elle le temps de prendre une expression indignée et de recouvrer à peine ses esprits que sa tête rebondit violemment contre le sol. Grimaçant de douleur, l'amnésique se demandait comment elle n'avait pas perdu connaissance. Elle leva les yeux. Il était là, bien entendu. Ses yeux noirs la scrutaient avec une perversité sans nom, ses lèvres susurraient des paroles malsaines. Le jeu avait laissé place à la colère et la peur alors qu'une moue de dégoût déformait les lèvres charnues d'Emily. Elle voulait qu'il dégage, qu'il laisse son corps à moitié nu à la seule personne à laquelle il appartenait vraiment: elle-même. Mais c'était bien évidemment trop beau.
La fois où il mentionna son frère de nouveau fut la fois de trop. Serrant les dents, la douleur derrière son crâne persistant, Emily cracha au visage de l'homme avant de lui hurler:

« Même pour une petite merde comme moi, se faire violer par vous est la dégradation la plus immonde! »

S'il savait à qui il parlait, celui là! Peut-être que ces paroles n'allaient pas arranger son cas, mais elle n'en avait rien à faire. Si elle agissait comme ci elle aurait une chance, si elle agissait comme ça elle empirait son cas. CONNERIES! C'était à lui de ne pas être un con de violeur, un point c'est tout!
Emily ne le lâchait pas des yeux, ne voulant pas se laisser intimider. Elle commença à se débattre, refusant le contact de sa main sur son menton.

« Lâchez moi! » marmonna-t-elle plusieurs fois en essayant de se défaire de l'étreinte infernale.

Au bout d'un moment, la jeune femme finit par libérer son bras droit, et elle en profita pour le gifler à son tour. Mais ... ça n'avait pas marché? Comment étais-ce possible? Elle recommença ... Non ... elle ne venait pas de le ... traverser? QUOI?
Emily ouvrit grand les yeux. Il n'y avait plus aucune colère mais seulement de la peur. De la terreur, même ... Non ... c'était impossibl...
Les yeux de la jeune femme se révulsèrent avant de se fermer, ne supportant pas l'information qu'elle venait de capter. Sa tête retomba au sol ainsi que sa main, inerte. Peut-être que s'évanouir n'était effectivement pas la chose la plus appropriée dans cette situation ...


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MessageSujet: Re: Rouge passion [ Edgar A. Poe ] Mer 4 Mar - 20:21





rouge passion


Je suis Edgar Alan Poe. Ce que je décris est ce que je vois. Et c'est la vérité, ma vérité toute belle et toute sale. Je regrette qu'elle ne pourrait jamais comprendre ces paroles, trop prétentieuse, trop ivre et trop dégoûtante. Mais que devrai-sje d'autre à bien des crânes qui ne renferment pas le désir de comprendre de tel? Je fais une moue si lasse face à cela, et me lisse la barbichette comme si j'avais mille et un autre tracas à penser d'elle. Comme, par exemple, la rage qui me boue le ventre. Celle qui fait jouir et qui tenterait n'importe quel Diable. Un sourire est vite ramené quand je me dit que c'est, par conséquent, ma garce, ma mignonne petite arrogante. J'aurais été capable de la tuer si j'avais eut le physique de la possibilité.

Et Edgar vit bien que parler de son frère était un sujet tabou et malsain. Malheureusement, cela deviendrait son sujet préféré, comme ça. Il la maintenant fermement au sol et écoutait ce qu'elle disait en hochant de la tête comme un prétentieux indigné, c'est à dire, en plein ce qu'il était:

« Même cela serait la dégradation la plus immonde? Ma chère petite sœur, c'est la, bien peu d'originalité de votre part pour quelqu'un qui est bien dégoûté. »

Et la dégradation la plus immonde ne pourrait, malheureusement, pas se produire. La violer? C'était une idée bien juteuse, seulement impossible. Menton bien tenu, il feignait de vouloir lui donner une haleine de mort lorsqu'elle libéra une main et tenta de le frapper. Ce fut la surprise, sans doute, ou le fait qu'il était temps de croire aux esprits avec plusieurs boissons dans le corps, mais la petite tomba sans conscience. Poe la lâcha et frotta ses mains gantées pour en retirer une poussière inexistante. Et il fit un pas de côté méticuleusement, comme s'il ne voulait pas abîmer la scène du crime.

Enfin. Elle a comprit. Et la voilà sans corset affalée entre les bouteilles d'alcool. Pauvre petite biche sans défense. De toute façon, si ce n'est pas moi qui l'aurait achevée de la sorte, ça aurait été l'un des Gardiens, sinon pire. J'entends dire que les Brutes de cet endroit n'ont pas la pitié comme meilleur ami. Héhé...

Poe fouilla ses poches et ne trouva rien d'intéressant sinon des restants de restants. Il tourna son visage, à regarder sa joue de gauche et de droite... Rien de spécial sur ses traits, mis à part la baffe que l'écrivain lui avait donnée.

D'ailleurs, je ne devrais pas abuser de mon énergie. La dernière fois que j'ai abusé, j'ai faillit... m'enfin. Je devrais simplement pas. J'ai quand même la chance de jouer à un petit jeu, non?

Il se redressa et sa silhouette devint vaporeuse... Comme si un brouillard épais, sinueux et noir était devenu sa charpente. Et des serpents de fumée grouillèrent jusqu'aux orifices faciales de la jeune femme. Rien de bien dangereux. Simplement quelque chose qui lui donnera l'impression de suffoquer, sans que ce soit le cas. Parce que tuer, il n'en avait pas la force, réellement. C'était une buée froide, glaciale, et à l'odeur du décès qui pourrait rendre malade n'importe qui. Et Poe susurrait comme on attire les enfants:

« Allons, petite garce, ne me dit pas que tu ne crois pas aux fantômes? C'est maintenant le temps d'y croire... Allez, debout! »

 


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MessageSujet: Re: Rouge passion [ Edgar A. Poe ] Mar 10 Mai - 14:08


Rouge passion

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Combien de temps s'était-il passé? Pour Emily, cela avait paru une éternité. Et elle entendait... Un bruit étrange. Quelqu'un respirait près d'elle. Avec difficulté. Comme si un asthmatique était allongé à côté. C'était plutôt effrayant, plus le bruit continuait. La jeune fille ressentait tout cela comme si elle était sous l'eau, dans la pénombre la plus totale. Son esprit étant encore à quelques kilomètres de son corps. Comme lorsqu'on entend quelqu'un nous parler alors qu'on est sur le point de se réveiller, mais pas totalement encore. Les sens commençaient tout juste à recouvrir leur nature.
L'asthmatique ressemblait plutôt à un bruit de mort, désormais. Le coeur d'Emily commença à battre un peu plus vite. Les tentacules de l'anxiété entouraient et serraient son organe vital pour qu'il suffoque lui aussi. Qu'est-ce qu'il se passait?! La jeune fille se sentait en danger. Elle imaginait le cadavre tenant de respirer à nouveau, qui allait attraper son bras d'un moment à l'autre.
Ça y est. Elle se sentait remonter à la surface. Et en un instant...

Le bruit était omniprésent, la respiration résonnait dans tout son organisme. Elle ne voyait rien, la pénombre était mêlée à autre chose qu'elle n'arrivait à distinguer. Mais d'un coup, elle ressentit le besoin de porter sa main à sa gorge... Cette respiration... C'était elle qui s'étouffait! C'était son propre râle!
Emily commença à paniquer d'autant plus. Elle n'avait plus qu'un fil d'aiguille pour respirer, et sa peur lui disait qu'elle risquait d'en finir bientôt si cela continuer. La bouche grande ouverte, et dans un effort de trop, Miss Adler toussa et cracha, la gorge boursouflée. Qu'est-ce qu'il lui arrivait?!
Tout ce qu'elle arrivait à percevoir, c'était un épais brouillard. Un brouillard à l'intérieur d'une pièce, voilà qui était moins naturel que tout. Emily distingua une silhouette à travers tous ces obstacles. Elle ne voyait pas bien du tout. Mais elle finit par voir... ces yeux sombres. Non, il était encore là... Pire encore, il devait être la cause de son malheur. La jeune fille avait oublié l'existence de l'homme pendant l'instant où elle était partie. Et le retrouver ne la mettait pas en joie. Elle voulut crier, mais seul un son ridicule et imperceptible sortit de sa gorge en souffrance. Des larmes commencèrent à remplir ses yeux noirs, synonyme de son désespoir.

D'un coup, elle fut prise d'une nausée des plus violentes. Emily baissa immédiatement la tête, mais rien ne sortit. Même pas tout le vin qu'elle avait ingurgité. C'était comme si sa gorge était tellement obstruée qu'elle ne laisserait rien entrer, ni s'en aller. Cette odeur... Elle était d'une infamie sans nom. La jeune fille gémit avec difficulté, n'en pouvant plus de cette situation. Les larmes perlèrent sur le parquet sombre et poussiéreux, dessinant de parfaits petits ronds. Elle n'arrivait pas à parler pour le supplier d'arrêter... Elle...
Elle n'en pouvait plus. Sa tête brûlait, alors qu'elle venait à peine de se rendre compte que tout son corps frissonnait. S'en était trop. Dans un élan de force, instinct de survie oblige, Emily poussa son corps en arrière et parvint à s'extraire du nuage morbide. Elle atterrit dans des caisses de bouteilles à moitié vide, faisant un grabuge pas possible. Si elle n'attirait pas d'autres ennemis à cause de cela, elle avait bien de la chance. Mais elle n'y pensait pas trop pour le moment. Miss Adler se terra au fond de la pièce, comme pour se cacher de son tortionnaire. Elle ne savait pas s'il la voyait, s'il allait dissiper son nuage pour la distinguer, ou s'il allait le contrôler pour qu'il la suive, dans ce cas elle n'aurait plus de forces pour refaire la même chose...

En tout cas, il la retrouverait. Emily respirait un peu mieux, mais elle sifflait, ce qui la rendait audible contre son gré. Elle tremblait encore. Le nuage était froid, elle s'en rendait compte maintenant qu'elle en était sortie. Mais elle tremblait de terreur.
Un fantôme... C'était un fantôme et il l'avait attaquée... telle un fantôme. L'étouffant avec son odeur de mort. C'était horrible, horrible... Emily n'arrêtait pas de pleurer, elle ne pouvait empêcher les larmes de couler. Elle se retrouvait dans une histoire sombre, une histoire macabre qu'on pouvait lire dans les journaux, à la rubrique fiction. Tout ce que le petit peuple aimait. Il aurait aimé son histoire à elle. Mais allait-elle pouvoir la raconter? Emily en doutait. Elle pensait que son heure était venue, là maintenant. Les yeux exorbités, la jeune fille cherchait frénétiquement autour d'elle avec ses pupilles, une silhouette familière à celle du monstre. Est-ce qu'elle hallucinait tout cela à cause de la boisson? C'était absurde! Jamais il ne lui était arrivé quelque chose de la sorte. C'était cet endroit... cet endroit sordide. Il faisait halluciner, rempli de drogues, construit sur un cimetière, n'importe quoi. Mais ça ne pouvait pas être réel...

Emily enfouit sa tête contre ses genoux. Elle ne voulait pas le croire. C'est bon, il l'avait bien eue. Elle avait eu la peur de sa vie, maintenant il pouvait être fier de lui et arrêter.

« Partez... Partez je vous en prie. » supplia-t-elle d'une petite voix suffocante et résignée. « Je ferai ce que vous voulez... »

Rien que de prononcer ces paroles, la jeune fille pleura d'autant plus. Il allait se moquer d'elle pour tout ça. Mais elle n'avait pas le choix... Emily se contracta et se préparait au pire. À la violence, verbale ou physique. Ou les deux... Les yeux fermés et plissés pour ne rien voir. Il en avait fait sa chose.


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