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La Seconde Valse. [Strathearn - Hodge] [Fini]

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MessageSujet: La Seconde Valse. [Strathearn - Hodge] [Fini] Mer 30 Juil - 14:23


La Seconde Valse.







La preuve en question n'avait pas été bien facile à récupérer. En effet, l'idée principal était de comparé l'omoplate droite de moi et mon frère. Autant dire que ce fut un véritable cirque. A mon retour du cimetière, je priai pour que la jeune femme s'en soit sorti bien mieux que moi. En effet, l'aube ne tarda pas à poindre et je fus récupérer par les gardes. Autant dire que de leur sourire condescendant et de leur poigne de fer, je n'en avais rien à faire. Je me laissa faire sans rien dire, trop content de pouvoir être le centre de cette attention dont Camille ne serait pas victime. Quelque part en moi, cette idée que l'on nommait la raison me demandait pourquoi j'étais soudainement si attaché à cette femme que je venais tout juste de rencontrer. Je n'aurai pas su le dire moi-même. Peut-être tout simplement que le fait d'avoir trouvé quelqu'un d'aussi étrange que moi, quelqu'un à qui je me sentirai en confiance pour raconter mes plus sombres secrets...peut-être que tout cela avait développé en moi ce profond sentiment d'amitié. Toujours était-il que je me devais de trouver cette preuve irréfutable. Allez dire à votre vieille nourrice que vous désirez regarder les photographies les plus récentes de la fratrie. Faire semblant d'avoir un intérêt pour cette famille qui n'avait été qu'un poid pour moi. Evidemment, il aurait été de mauvais goût de demander des photos où nous étions tous les deux torses nus. De toute façon, jamais on ne nous photographiait ensemble. Jamais on ne m'a peint ou pris en photo. Je devais disparaître, vous avez oublié?

Je dois admettre qu'en réalité, cette preuve irréfutable que je recherchais n'existait pas. Je ne pouvais me baser que sur une photo d'un passé proche et une situation présente qui était la mienne. Peut-être pouvait-il y avoir une explication médicale pouvant accompagner ma preuve, mais je n'en avais pas les connaissances. Ce qui allait suivre serait un véritable coup de poker. Ne trouvant pas d'habits plus discrets pour sortir cette nuit, je me décida à prendre un nouveau riche manteau aux coutures bleutés. Nous dirons alors que le seul avantage de ce manteau sera de se mêler aux ombres et nuances nocturnes. Passant par dessus les murs, je prends garde à ne rien abîmer et descends rapidement par delà les maisonnés pour atteindre le point de notre rendez-vous. A l'angle dite de l'église, c'est alors que je la vis. On aura beau dire, mais nier le fait qu'elle était mignonne serait un véritable blasphème. J'offris mon plus beau sourire et m'approcha. L'une des preuves était dans ma poche, l'autre sur mon corps. Par chance, il ne faisait pas trop froid. Du moins pas encore, le crépuscule n'était tombé que depuis une ou deux heures. Espérons que la démonstration ne dure tout de même pas trop longtemps. Devant elle, je m'incline royalement, n'oubliant jamais mes manières.

Mademoiselle Camille. Je suis enchanté de vous retrouver. J'ai les preuves que vous m'avez demandé, cela n'a pas été simple, mais j'y suis arrivé.

Me redressant, je la regarde dans les yeux. C'était également la première fois que je revoyais quelqu'un que j'avais rencontré durant la nuit. Toutes les autres personnes que j'avais pu croisé lors de mes exactions nocturnes, jamais plus je ne les avais revu. Question de sécurité. Ne jamais trop s'attacher aux gens de l'extérieur. C'était vrai quand on était noble, mais encore plus lorsque l'on était un noble qui ne devait pas exister, qui n'existait pas. A la revoir, ce fut une sensation de chaleur qui se propagea dans mon corps. Une impression d'être à la place que je devais occuper. Une émotion toute nouvelle qu'il me fallait contenir avec flegme.

Est-ce que tout s'est bien passé, à votre retour du cimetière?


©BOOGYLOU.



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MessageSujet: Re: La Seconde Valse. [Strathearn - Hodge] [Fini] Mer 30 Juil - 16:14


La Seconde Valse




Je pensais que rien ne me rendrait jamais aussi nerveuse que la première fois que, de l'angle acéré d'une pelle destinée au jardinage, j'avais transpercé le cercueil d'une femme innocente. Par la suite, cet acte m'avait fait bien moins d'effet – et pourtant Dieu sait que ces entreprises restaient rares. Je prélevais réellement le strict minimum. Je pensais donc ne jamais retrouver un tel niveau de tension, mais... Les battements sourds de mon cœur contre mes côtes tandis que je traverse discrètement les rues pavées de Londres en direction du lieu de rendez-vous que j'avais moi-même indiqué montrent à eux seuls que je ne suis pas tranquille. Pourtant, la fameuse entrevue au cimetière n'avait pas eu de conséquences fâcheuses. Personne n'avait apparemment dénoncé une quelconque Camille au commissariat de police. Rentrer en catimini en escaladant une fenêtre ne m'avait pas paru plus délicat qu'à l'accoutumée – car mes escapades nocturnes, assez nombreuses en effet, ne se cantonnaient pas à la profanation de tombes. Je tombai cependant de plus haut que je le croyais en m'introduisant dans le sous-sol, et me cassai deux doigts. J'en avais vu d'autres, et il m'arriverais pireL'examen du bras arraché, effectuée dans le plus grand secret, m'avait été tout à fait profitable et s'était révélée divertissante – bien que se débarrasser de cet amas de chair se fut révélé plus difficile que prévu. Sur les méthodes que j'employai alors, je passerais le silence. Remettre la pelle à sa place dans le cabanon prévu à cet effet avait là encore été un jeu d'enfant. La seule difficulté réelle avait été de remettre le couteau à sa place première, dans les cuisines. Il m'avait fallu agir dans le noir, à pas mesurés. Je n'avais pourtant pas réussi à éviter la collision avec une chaise. Le bruit réveilla l'une des servantes qui dormait dans la pièce attenantes, je paniquai et, ne sachant que faire, décidai de faire en sorte que l'on me croie somnambule. Cela sembla fonctionner, puisque nul ne m'approcha avant l'instant où, l'angoisse m'empêchant de bien me repérer, j'avais fini par trébucher lamentablement en m'efforçant de monter un escalier. On jugea que le choc, pour faible qu'il fut, m'avait réveillée, et j'en fut quitte pour une brève semonce ainsi qu'une frayeur monumentale. Autant dire qu'en reprenant la route de Whitechapel, je n'étais pas tranquille.


Je patiente depuis un certain temps déjà lorsque j'aperçois au loin celui que j'attends. Encore une fois, la mine de son manteau ne détrompe pas sur son rang. Pour ma part, j'ai choisi la sécurité en m'enveloppant d'un manteau noir – toujours le même, mais lessivé depuis. Mes cheveux attirent suffisamment les regards à mon goût sans que je rehausse ma visibilité en portant des étoffes de couleur. Il s'incline, me sourit – et je souris en retour. La curiosité, le plaisir de le retrouver – et celui de la transgression, tout cela contrebalance mon inquiétude et font de cette nuit un moment déjà plus qu'appréciable.

« Mademoiselle Camille. Je suis enchanté de vous retrouver. J'ai les preuves que vous m'avez demandé, cela n'a pas été simple, mais j'y suis arrivé. »

Je hausse légèrement les sourcils. Camille ? Oh. Bien sûr. J'avais préféré protéger mes arrières. Il faudrait que je trouve un moment pour le détromper sans passer pour une menteuse invétérée. Pour l'instant, contentons-nous de ne pas trop nous avancer.

« Je suis curieuse de voir cela. »

Banalité inutile. Sincère, mais inutile. Simplement histoire de faire comprendre à mon interlocuteur que le message a bien été reçu.

« Est-ce que tout s'est bien passé, à votre retour du cimetière ? »

Je me fends d'un sourire et décroise les bras qui, jusqu'à ce moment, maintenaient les pans de mon manteau serrés contre mes flancs, et élève ma main gauche jusqu'à hauteur de mon épaule, offrant au regard de mon vis-à-vis mes phalanges enflées et bleuies. Cette piètre blessure – qu'il m'a pourtant fallu cacher aux yeux de ma famille, ce en quoi notre domestique m'aida en la faisant passer pour un simple bleu des suites de ma chute dans l'escalier – me ferait presque rire. Mais tout de même. C'est assez douloureux.

« Il faut parfois donner de sa personne. Qu'en a-t-il été de vous ? »




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MessageSujet: Re: La Seconde Valse. [Strathearn - Hodge] [Fini] Mer 30 Juil - 16:49


La Seconde Valse de Shostakovitch.






Ses habits noirs, toujours d'une incroyable discrétion. Je devrais m'inspirer de cette femme pour mes escapades. Mais comment me procurer pareils étoffes. Voler des habits dans les maisons la nuit n'était pas dans mes habitudes et je préférais ne pas arriver à cette extrémité. Mais il allait sans dire que mon habit de prince n'était absolument pas en accord avec ce que j'avais envie de faire. Après, ce n'était pas comme si je désirais disparaitre plus d'une nuit. La cavalcade qui s'ensuivrait ferait rendre folle la ville. La garde prétextera que je suis un dangereux criminel dont il faut s'emparer et éteindra alors la méfiance du peuple. Alors autant accepter le peu de temps dont j'ai droit. L'obscurité est mon allié. Le sourire de la jeune femme en face de moi également. Rien n'était plus agréable qu'un échange amical. Lorsqu'elle révéla être curieuse d'observer mes preuves, je sentis comme un picotement au niveau de mon omoplate. Non pas que je souhaitais me dégonfler et ne finalement rien prouver. Mais la peur de ressortir les vieux dossiers me faisait frémir. Elle me montra par la suite sa main, et je fus inquiet du bleu de ses doigts. Bien qu'elle n'eut pas à faire face à la Police, cela n'avait pas été suffisant pour l'empêcher de se blesser. Je lui fis une mine contrie.

Je suis navré pour vous. Mais l'important est que vous n'ayez rien de plus grave.

C'était bien vrai. J'aurai préféré me blesser moi-même plutôt que de la voir courir un danger inutile. Cette Camille comptait bien plus pour moi que ce que je n'osais avouer à moi-même. J'ignorais exactement en quoi, bien que j'avais de nombreuses pistes pour le découvrir. Mais aucune ne méritait une recherche approfondie sur l'instant. Il me fallait avouer et cela pour la première fois depuis ma naissance. Un frisson parcourut mon échine. L'inquiétude revint au galop. Ce que je vais lui apprendre...elle devra le conserver en secret jusqu'à sa tombe. Si jamais on apprenait qu'elle était au courant, elle deviendrait la cible d'un royaume entier. Ma famille ne jurera plus que par sa mort. Mais il fallait que je le fasse, me déposséder de cette peine depuis trop longtemps...marqué sur moi. Je m'approche encore d'un pas de sa personne, rétrécissant l'espace qui se découpait entre nous.  Puis je prie une grande respiration, observant rapidement la lune qui se découpait désormais derrière le toit de l'église.

Par où commencer...

Après quelques secondes où j'ignorais comment faire pour dévoiler cette preuve, faisant preuve d'un dilemme intérieur comme je n'en avais jamais connu, je décida finalement de sortir la photographie de mon manteau pour le lui montrer.

Ici. Une photo prise il y a peu de temps, je l'ai volé dans les affaires de mon frère.

Cette épreuve était de mauvaise qualité, il n'y avait qu'à voir l'époque, mais c'était la seule où il posait avec une chemise entrouverte sur la partie d'omoplate qui m'intéressait. Cet idiot était tellement narcissique qu'il aimait expérimenter toutes les méthodes de photographie possible. Celle-ci était une version d'un prototype. Mais cela ne nous intéressait pas. Je montre du doigt l'espace de l'omoplate qui se révèle être parfaitement nu et sans trace, ni cicatrice aucune ni marque. Lui donnant la photo, j'en profite pour faire un pas en arrière et ouvrir grand les bras. Le temps passait encore, sablier maudit. Il me faudrait bientôt faire ce grand pas. Pourquoi me résigner sans cesse à retarder ce moment?

Je suppose qu'ainsi vous ne voyez aucune différence?

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MessageSujet: Re: La Seconde Valse. [Strathearn - Hodge] [Fini] Dim 3 Aoû - 21:18


La Seconde Valse




Je fixe la photographie, pincée fermement entre mon pouce et mon index valides. Je ne sais qu'en dire. La posture n'est pas très naturelle – mais au vu du temps de pose que la réalisation de l'une de ces images figées nécessite, cela est tout à fait compréhensible. Je scrute plus intensément la portion de peau pointée du doigt par mon interlocuteur. Effectivement, je ne saurais quoi en dire. Il s'agit là d'une épaule. Une peau rendue très blanche sur la photographie, un léger relief marqué par l'emplacement de l'omoplate. Je hausse un sourcil en relevant les yeux. Tout cela est bien beau, mais tout ce que je vois ici est le portrait exact de mon interlocuteur, simplement un peu moins vêtu. Je m'apprête à prononcer quelques mots sceptiques – afin de lui expliquer clairement que le morceau de papier que j'ai là, entre mes mains, ne m'est d'aucune utilité pour ce qui est de vérifier son identité – lorsque mon vis-à-vis reprend la parole.


Un sourire crispé se dessine sur mes lèvres. Évidemment que je ne vois aucune différence. Il pourrait s'agir d'Hamish, ou du Dauphin lui-même, ou des deux, que je n'y verrais rien à redire. Je me contente de fixer le jeune homme d'un air sévèrement interrogateur, attendant la suite. Je dissimule ma curiosité du mieux que je peux, mais je ne peux empêcher une certaine impatience de transparaître dans mon regard. J'ai comme l'impression qu'il aime se donner en spectacle, si j'en juge par sa tenue quelque peu grandiloquente. Il en allait de même lors de cette nuit au cimetière, finis-je par me souvenir avec un sourire. Lorsqu'il s'était appuyé à cette pierre tombale. Cet homme a du charme, et il parvient à en jouer. Mais cela m'importe peu. Je me contente de répondre à l'interrogation qu'il formule par un signe de dénégation. Je perçois sa tension. Je perçois son angoisse. Mais j'ai besoin de cette preuve, quoi qu'il lui en coûte. Jamais, sinon, je n'irai lui accorder mon entière confiance. Cela peut sembler injuste, mais c'est ainsi. Je ne peux pas.







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MessageSujet: Re: La Seconde Valse. [Strathearn - Hodge] [Fini] Dim 3 Aoû - 22:35


La Seconde Valse de Shostakovitch.







Elle reste imperturbable, n'ayant d'autre réaction que son inaction à mes paroles. Je comprends qu'il puisse n'y avoir que peu de chose à dire sur ma conduite, mais tout de même. Elle regarda la photo sans réagir, me regardant comme si cela n'était rien du tout. Et c'était la plus compréhensible des réalités. Cette photo ne valait rien, seule. Secouant la tête à ma question, je soupire doucement. J'aurai préféré que cela se fasse plus simplement, plus facilement. Non pas que la perspective de me déshabiller en pleine nuit ne m'ennuyait, bien qu'il faisait légèrement froid en cette nuit. Mais l'idée de tout bonnement me découvrir devant cette jeune femme respectable me donnait des frissons. J'étais loin d'être habitué à ce genre de choses, vous pensez bien. Pourtant, il le fallait afin d'étayer mes dires. Ne reprenant point la photo, je lui tourna le dos. Déployant mon manteau d'un bleu de nuit dans le vent, je prie une grande respiration. La musique tournait encore dans ma tête, mais elle était cette fois bien différente de la première fois. Alors que la première tournait tendrement dans les douces lueurs d'une nuit tranquille, celle-ci battait en mesure avec les tambourinements de mon coeur qui n'étaient pas des plus calmes. J'enleva mon manteau, le laissant tomber au sol et me retourna en face de Camille.

Une chemise blanche, semblable à celle de la photo de mon frère, se trouvait désormais sur ma peau. Elle reflétait avec une perfection toute naturelle à sa texture les lumières de la lune, bien que celle-ci n'était pas à son entier. Les picotements à l'omoplate en question ne cessaient d'augmenter au croissant de mon stress. Car celui-ci commençait à devenir bien trop grand, se mettant à macérer tous mes organes internes. Mon corps se rétractait en lui-même de l'intérieur, et c'était tout ce qu'il y avait de plus désagréable. Si j'avais vraiment été le Dauphin, jamais je n'aurai été soumis à une telle angoisse de ne pas être cru. De toute façon, jamais mon frère ne se serait mis dans de tels situations. Si imbue de sa personne. Mais passons. Je jette rapidement un coup d'oeil dans le regard de Camille, faisant de mon mieux pour ne paraître ni gêné, ni rougissant. Commençant à dépâter ma chemise dans les premiers boutons, j'arrache mon regard du sien pour vérifier ce que je suis en train de faire. Ne pas non plus passer pour un empôté, vous comprenez. Arrivant à la moitié de mon vêtement, j'en enleva une manche pour ne pas être dérangé par le bout de tissu. Voilà qu'arrive le moment qu'elle devait attendre, et qui me faisait tant horreur, bien que je sache que c'était un passage obligatoire. Sur mon omoplate droit, là où aurait du se trouver une magnifique peau sans le moindre défaut, noblesse de la royauté oblige, se trouvant une abominable marque au fer rouge. Non celle de lys que ne pouvaient plus se vanter d'avoir les condamnés à mort, mais bien celle représentant les armoiries de la famille royale. A jamais tu resteras sous notre sceau, qu'importe où tu te trouveras sur cette planète. C'était l'unique façon qu'ils avaient trouvé pour me garder en tant que plan B sans pour autant me confondre avec mon frère. Quel désespoir de n'avoir eu pour défaut d'être sorti deuxième.

Voilà! Regardez la photo...mon frère n'a aucune marque sur le corps.

Je me demande s'il existait une technique médicale pour dater une marque faite au fer rouge. Celle-ci pourrait alors facilement être identifiable de l'année de mes dix ans. Tandis que la photo ne pouvait être décemment daté de plus d'une année ou deux.

Camille, je vous en prie de me croire. Croyez-vous vraiment que je me sois fait cela hier pour vous impressionnez?

Je n'osa pas me rhabiller, dans l'attente de voir si elle souhaitait examiner plus en détail cette plaie affligeant qui couvrait mon omoplate de sa sacro-sainte autorité royale. Laissé donc pour compte seul dans la lumière de la lune se découpant sur mon corps et ne laissant aucune invisibilité sur ma marque d'un rouge faiblard, je jeta un regard plein de supplications à ma belle interlocutrice.


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MessageSujet: Re: La Seconde Valse. [Strathearn - Hodge] [Fini] Dim 3 Aoû - 23:39


La Seconde Valse







Je suis toujours passée pour quelqu'un d'imperturbable. De froidement scientifique. Voire d'insensible. Ce dernier jugement, bien que profondément injuste, est tout de même compréhensible. Il est vrai que je manifeste souvent une certaine distance avec les événements, que je me contente de les observer ou que j'y prenne part. De toute manière, c'est bien ce que l'on attend de nous, jeunes filles, dans les cercles mondains. Nous contrôler. Toujours faire preuve d'un maintien exemplaire. J'ai simplement pour principe relativement peu commun de ne rien montrer plutôt que d'exprimer des sentiments mensongers. Mais il n'en reste pas moins que certaines choses parviennent à me toucher. Et les émotions sincères en font partie. Voilà pourquoi, bien que je ne semble pas réagir lorsque le jeune homme laisse brutalement tomber au sol son manteau indigo et se retourne face à moi, je ne peux que ressentir une légère griffure dans ma poitrine en réalisant l'angoisse et l'anxiété qui l'oppressent de manière visible. Je ne peux pas non plus empêcher mes yeux de s'arrondir alors que mon vis-à-vis commence à détacher les différents boutons qui maintenaient sa chemise fermée. Non pas que je sois effarouchée à l'idée d'apercevoir, sous la blancheur de la chemise de bonne facture, la blancheur de sa peau. Cela ne m'effraie absolument pas. J'ai vu le torse d'autres hommes. D'autres femmes. J'ai vu leur nudité plus ou moins complète. Mais dans des livres – ou des cercueils. Seulement, le fait que l'on se déshabille subitement, face à moi, et en pleine nuit, a quelque chose de perturbant. Ce n'est pas exactement le genre de spectacle que l'on permet à une jeune fille de mon âge, voyez-vous.


Je n'ai pourtant pas bien le temps de m'attendrir sur cet état de fait. Ce qui s'offre à mes yeux sur le corps pâle de mon interlocuteur est bien plus saisissant. Car elle se révèle bientôt à moi, la marque noire des armoiries royales. Ne me croyez pas si ignorante que j'en ignore le sceau. Et je sais qu'à l'instant où je réalise ce sur quoi mes regards sont braqués, une perplexité vaguement horrifiée se peint sur mes traits. Je n'ai pas besoin d'écouter les paroles du jeune homme, pas même besoin de pose à nouveau les yeux sur la photographie toujours pincée entre mes doigts serrés. Je m'avance de quelques pas, jusqu'à ne me trouver qu'à moins d'un mètre de celui qui s'était présenté à moi sous le nom d'Hamish.

« Oh. Mon Dieu. »

Seigneur. Lui a-t-on réellement infligé la torture d'être brûlé au fer rouge ? Il n'y aurait pas eu d'autre moyen de lui appliquer cette marque.

« Camille, je vous en prie de me croire. Croyez-vous vraiment que je me sois fait cela hier pour vous impressionnez ? »

Non. Non. Bien sûr que non.

Je ne pense pas que cette révélation soit en elle-même suffisante pour être fixée. Après tout, je ne sais pas de quand date cette fameuse photographie, et, bien que la brûlure ait l'air assez vieille, je serais incapable de la situer avec certitude dans le temps. Pourtant... Pourtant, je me doute que, si ce que prétend cet individu est vrai, il n'a sans doute guère de moyen d'avancer une quelconque preuve. Je me doute que se montrer marqué au fer rouge comme une bête n'a rien d'agréable. Je me doute qu'à moins d'être un excellent acteur, il ne baisserait pas vers moi un tel regard. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Mais je veux le croire. Timidement, j'avance une main vers la cicatrice, sans réellement la toucher, repliant mes doigts lorsque je m'imagine avoir approché de trop près l'omoplate ivoire de mon interlocuteur. Je ne l'ai pas même effleurée, mais je ramène pourtant mon bras contre mon flanc.

« Hamish... Je suis désolée. Merci de... Enfin... Je vous crois. »

Et je hausse vers lui un regard qui se voudrait encourageant.


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MessageSujet: Re: La Seconde Valse. [Strathearn - Hodge] [Fini] Mer 6 Aoû - 13:12


La Seconde Valse de Shostakovitch.







Alors que je me montre à ses yeux le torse à moitié dénudé, j'éprouve soudainement un soulagement plus que troublant. Me voilà, mon passé partiellement mis à nu devant une femme dont je ne connaissais rien, qui ne me connaissait pas plus que cela d'ailleurs. Deux étrangers vivant dans des mondes tellement différents, mais qui se retrouvent par le biais d'un Destin dont il était impossible de comprendre les ficelles. C'était ainsi que je me sentais, porté au devant d'elle. Comme face à l'endroit où je devais être. Difficile d'exprimer en d'autres mots les sentiments qui m'envahissent, tant ils finissent par devenir trop présent et confus pour être correctement décrit. La seule que je peux clairement identifier, c'était ce fameux soulagement. Pour la première fois de ma vie, j'avais parlé de cette blessure que l'on m'avait trop souvent ordonné de cacher. Cette marque, tout autant ma honte que ma force dans le milieu hostile de l'extérieur, avait été depuis trop longtemps un poids. C'était à présent une délivrance que d'en avouer les tenants à Camille. Je me sentais...tout simplement bien. Il n'y avais pas d'autres mots possibles et des fois, les phrases les plus longues ne serviraient qu'à embourber cette émotion. Non, je me sentais heureux. Jamais je ne m'étais senti aussi bien que depuis le jour où j'avais découvert ce livre d'alchimie dans la bibliothèque royale. Ce sentiment qu'on s'arrachait brutalement à cette prison auquel le monde vous destinait.

Je ne pus même que sourire en constatant la réaction de Camille. Cette surprise dépeinte dans tous ces traits, tout cela me ravissait presque. Comme si j'étais content d'avoir réussi à susciter dans son tempérament quelques élans vivaces pour ma personne. Je prends une grande respiration pour savourer l'air de la nuit, en cette même seconde où la vérité s'échappe de ma peau en même temps que ma conscience de son carcan. Elle s'approche de moi en quelques pas calculés, mais je ne peux m'empêcher de retenir mon souffle. Sa présence soudaine et aussi proche de moi me comble d'une chaleur intérieur dont je ne comprenais aucunement la cause. Elle en appelle même au Divin, j'en laisse échapper de ma bouche un petit rire compréhensif. Sa main s'approche alors de ma brûlure sèche depuis maintenant plusieurs années. Le temps semble se dérouler au ralenti, parallèlement à cela, mon coeur accélère brutalement. La musique à l'intérieur de ma tête se dédouble pour suivre deux rythmes différents tandis qu'au final, la seule note que je parvienne à entendre soit un long bourdonnement. Alors qu'elle doit être sur le point de toucher ma peau sans pour autant le faire, je ferme les yeux et tourne ma tête vers le ciel pour reprendre ma respiration qui semblait comme coupé par cette instant plus qu'étrange. Un picotement sur ma marque se fait sentir et je tourne brutalement la tête vers mon interlocutrice quand celle-ci se met à parler. Ses paroles me redonnent le sourire, et cette intense émotion qui allait jusqu'à emmener mon coeur dans le néant s'arrêta en douceur: elle avait écarté sa main de ma peau. Déçu ou pas, je n'ai même pas réfléchi à cette idée. Je savais juste qu'elle me croyait et je ne pouvais en être que fier et heureux.

Je suis tellement sous le choc de savoir qu'elle me croit que j'ignore quoi faire sur l'instant. Je ne fais que la regarder avec un air de profond remerciement. C'était une première dans ma vie. Dans un roman, on pouvait savoir comment réagir, on prenait son temps afin de faire réagir au mieux les personnages. Ici, je me sentais comme emporté dans un tourbillon qui m'empêchait d'agir posément. Il me semblait que le temps fuyait plus vite encore que la marée même et que si je ne profitais pas de toutes les secondes que m'offrait cette liberté nocturne, j'allais le regretter. Pris sur cette instant de folie, j'oublia de remettre ma chemise et enlaça amicalement Camille. La joie que j'avais d'être cru m'avait, semblait-il, fait oublier toute bonne manière. Comment vous décrire m gêne quand je m'écarta, les joues plus rouges encore que les cheveux de cette jeune femme. Ne pouvant alors rester sans rien faire devant elle, je me rhabilla tout en m'expliquant.      

Oh, veuillez pardonner mon impolitesse, c'était très déplacé. Voyez, jamais je n'ai parlé de ceci à quiconque. Vous êtes la première personne en dehors de la famille royale à connaître mon identité et cette...marque. Cela fait beaucoup d'émotions pour moi...en 21 ans...

J'essaie de me rattraper avec un sourire légèrement pateaud tout en terminant d'enfiler mon manteau bleu nuit d'un geste ample. Comment donner son âge d'une manière aussi infiltré que délicate, je ne l'avais même pas remarquer. Que faire maintenant? Lui poser une question afin d'en savoir plus sur elle, tout comme elle l'a fait pour moi? Oui, c'était clairement la marche à suivre. Une égalité devait s'instaurer.

Maintenant que vous savez...beaucoup de choses sur moi...plus que quiconque sur cette planète...cela ne vous dérangerait-il point que nous nous asseyons à ce banc pour parler de vous?

Je continue à lui sourire tout en montrant du bout du doigt le banc que j'avais pu repérer du coin de l'oeil. Celui-ci se trouvait dans un angle où obscurité de l'église et la lumière de la lune se jouait de concert pour en faire une atmosphère ni trop sombre ni trop lumineuse. Parfait pour se tenir à l'écart des voyeurs.


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MessageSujet: Re: La Seconde Valse. [Strathearn - Hodge] [Fini] Lun 18 Aoû - 15:01


La Seconde Valse







Je n'ai pas le temps d'esquisser le moindre mouvement avant que le jeune homme – Hamish, donc – m'enlace sans autre préambule. Pendant un instant, ma raison est incapable d'analyser l'événement, et je reste stoïque, légèrement tendue, écarquillant les yeux, les lèvres entrouvertes comme pour prendre la parole – mais sans rien avoir à dire. Je finis pourtant par réagir, et élève une main jusqu'à ce qu'elle entre en contact avec l'épaule de mon interlocuteur – mais celui-ci, visiblement aussi gêné que moi, interrompt l'étreinte avant que j'aie pu moi-même déterminer si mon geste visait à l'écarter ou le rapprocher de moi. Le voilà qui endosse à nouveau son ample vêtement, les joues écarlates dans la clarté lunaire. Je sens moi-même une certaine chaleur parcourir mes pommettes, ce qui me laisse croire qu'elle ont elles aussi considérablement gagné en couleur. Pendant que le jeune homme reprend la parole – et que je ne peux qu'approuver intérieurement le fait que son geste ait été fortement déplacé. Même si, de manière objective, il n'avait commis là aucun crime. J'avais beau avoir une connaissance assez vague des comportements acceptables ou non en société et enfreindre régulièrement ses carcans, le contact physique était un domaine dans lequel je ne m'aventurait guère. Oh, bien sûr, il n'était pas le premier homme dont la peau entrait en contact avec la mienne, loin de là. La différence résidait dans le fait que les autres étaient morts et enterrés. Je n'avais jamais perçu la chaleur de leur chair traversant le tissus de mon manteau par une nuit de pleine lune. Ce soir-là, les choses étaient très différentes. Cependant, mon vis-à-vis reprenait une contenance, et je fis de même.



« Maintenant que vous savez...beaucoup de choses sur moi... plus que quiconque sur cette planète... cela ne vous dérangerait-il point que nous nous asseyons à ce banc pour parler de vous ? »

Je reste un instant interdite, avant de le rejoindre sans mot dire et de m’asseoir à ses côtés dans le clair-obscur, tâchant de conserver une tenue digne et, sans le même temps, sachant pertinemment que je n'ai guère l'apparence d'une jeune lady, au vu de l'éducation qui a été mienne. De toute manière, une femme normale ne serait jamais sortie seule de chez elle à cette heure. Elle ne porterait pas de pantalon. Elle croiserait probablement les jambes, et ne porterait de toute façon pas ses cheveux aussi court que les miens. Cependant...

« Il n'y a pas grand-chose à dire. » avançai-je prudemment, en haussant les épaules.

Sauf que si. Tout de même. Un détail, mais un point important. Je me sentirais coupable d'accepter sa confiance sans rectifier quelque chose auparavant. Au point où nous en sommes, autant être honnête jusqu'au bout.

« Simplement, je... Je n'étais pas sûre de vos intentions, le soir dernier... Si vous m'aviez dénoncée ? Enfin, je... Vous ai menti. Je me nomme Kathleen. Pas Camille. Veuillez m'excuser. »

Et je hausse mon regard désolé jusqu'à ses yeux, incertaine de ce que je vais y trouver.







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MessageSujet: Re: La Seconde Valse. [Strathearn - Hodge] [Fini] Lun 18 Aoû - 16:23


La Seconde Valse de Shostakovitch.







Je respirais l'air frais et revigorant de l'atmosphère nous environnant, tentant de reprendre une parfaite contrôle sur mon cœur, lui qui avait eu une vague envie de danser une folle valse. La lumière et la présence de ma nouvelle amie à mes côtés me faisaient me sentir bien. Juste bien. Comme cette impression magique que vous aviez enfin trouver la place pour laquelle vous étiez fait. Que vous ne cherchiez ni à obtenir plus, ni à vous plaindre. Ainsi je me tenais, jetant de temps en temps de petits regards curieux à cette jeune demoiselle, la trouvant si différente de tout ce que j'avais pu voir dans ma cage dorée. Son absence de réaction lors de mon écart de conduite aurait pu m'encourager à continuer l'amicale étreinte. Mais je n'en avais pas eu le courage de poursuivre l'affront jusqu'à profiter de sa gentillesse. J'étais déjà bien assez heureux qu'elle ne me remercia pas de mon geste par une claque bien placée.

Disons que toutes les expériences que j'avais pu entendre auprès de mon frère -et Dieu savait pourtant qu'il n'aimait pas raconter ses mésaventures- tout ce que j'avais pu comprendre était que si on s'approchait trop d'une demoiselle sans sa permission, sa réponse pouvait être physiquement bien douloureuse. Il ne m'en avait pas dit plus, mais peut-être n'avait-il pas fait comme moi. A dire le vrai...je n'ai pas envie de savoir. Ni de me soucier ne serait-ce qu'une seconde de ce frère idiot alors que j'avais Camille à côté de moi. La nuit est si courte, ce serait dommage de ne pas en profiter. Elle me dit alors ne pas avoir grand chose à raconter. J'ai envie de pousser un petit gloussement: impossible qu'une femme se démarquant si bien de son époque n'ait pas une grande histoire à raconter, pourquoi pas aussi incroyable que la mienne? J'aimerai la connaître davantage. Pouvoir partager ce lien de la connaissance qui m'unit à elle, sans pour autant qu'il la lie à moi pour le moment.

Après quelques secondes supplémentaires d'une attente qui me semblait être une éternité, j'obtins d'elle une réponse un peu plus longue que la précédente. Camille n'était donc pas son vrai nom. Un sobriquet dans le but de se protéger. Se protéger de ce que j'aurai pu faire contre elle. Ce n'était pas comme si cela m'étonnait dans le fond. Je la voyais suffisamment bien intelligente pour monter un plan comme cela. Mais je ne savais pas comment l'expliquer. Je me sentis tout de même un peu piqué dans ma fierté d'avoir avouer tout ce qui faisait mon être du premier coup d'oeil sans avoir eu un même retour. Mais elle venait bien de se rattraper, de lui offrir à présent la confiance qu'elle n'avait pas eu l'air d'avoir auparavant. Alors il n'y avait pas de mal. J'observais le sol en fronçant les sourcils durant tout le temps de cette réflexion intime où je conversais avec moi-même pour savoir quoi y répondre. Relevant alors la tête vers elle, je lui souris d'un air un peu triste.

Je...je comprends. Après tout, j'aurai du faire de même au tout début. C'est ce que je fais d'ordinaire en rencontrant les gens la nuit. Je me fais passer pour mon frère.

Ravalant ma salive, je ne sais plus trop où me mettre à présent. Les pensées, les questions, tout ce que j'avais envie de dire se bousculer dans ma tête, et j'avais l'impression de ne pas avoir assez de temps pour tout dire. Alors que ce n'était en réalité que mon esprit qui se trouvait encombré. Posant mon dos contre le dossier du banc pour me détendre, je croisai les bras.

Mais en vous rencontrant...je vous ai senti spéciale...c'est très certainement ce qui a du baissé ma garde...en tout cas, sachez que Kathleen vous va bien mieux -et ce n'est pas de la flatterie.

Alors me voici désormais aux côtés de Kathleen, le cœur à mis chemin entre une incroyable paix intérieur et une angoisse temporelle qui me faisait craindre l'aube comme un vampire. Je laissa un silence se faire pour tout de même savourer l'instant. On n'avait pas l'occasion de se sentir aussi vivant tous les jours. Puis je poursuivis mes paroles, ne voulant tout de même pas m'arrêter là, un rire s'élevant même de mes lèvres à la fin.

Comme ça, il n'y aurait pas grand chose à dire sur vous ? Je ne vous crois pas. Une femme comme vous ne peut pas être aussi plate que toutes les bécasses que l'on trouve à la cour. Vous êtes bien plus que tout ce que vous laissez entendre.


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MessageSujet: Re: La Seconde Valse. [Strathearn - Hodge] [Fini] Lun 18 Aoû - 20:23


La Seconde Valse







Son anxiété fit place au soulagement. Il comprenait. Il acceptait. Ses épaules se détendirent, et elle le laissa parler.


Le regard bleu clair de la demoiselle se durcit lorsqu'elle fut confrontée aux derniers mots de son vis-à-vis. A sa curiosité. A ses questions, à ses interrogations qui, pour toutes candides qu'elles puissent être, ne parvenaient à lui inspirer qu'une désagréable nervosité. Il était pour tout dire extrêmement rare que quiconque se montre intéressé de manière aussi flagrante au sujet de Kathleen en tant qu'individu – ou en tout cas, en exprimant sa pensée de manière aussi directe. La jeune fille baissa les yeux vers le sol et, ses deux paumes appuyées sur l'assise du banc – tout en faisant attention à ses deux phalanges brisées – fit jouer le bout de sa chaussure au bout arrondi sur un caillou anguleux, d'apparence granitique, tandis que ses lacets noirs prenaient la poussière en traînant sur la terre sèche. Durant quelques secondes, elle se contenta de réfléchir à ce qu'elle pouvait bien répondre.

« Il n'y a vraiment pas grand-chose à dire. »


Sa voix s'éteignit à nouveau. Les mots ne lui venaient pas. Elle n'avait jamais été, à vrai dire, une jeune personne expansive et bavarde. Lors des situations qui impliquaient une certaine sociabilité, elle se tenait surtout en position d'observateur. Trop analytique, trop critique, trop détachée pour s'intéresser réellement aux liens humains. Ou, pire encore, pour s'y impliquer. La jeune Hodge n'était donc jamais parvenu à briller lors des réunions mondaines – au grand dam de sa famille, quand bien même elle ne s'en souciait guère. Mais lui, Hamish, l'avait remarquée. Lui avait fait sentir qu'elle était spéciale, différente, mais dans un sens qui n'était pas forcément négatif. Et, si elle avait l’honnêteté d'être objective envers elle-même... Effectivement, il se trouvait chez elle des aspects qui différaient grandement de chez les autres jeunes filles. A moins qu'il ne l'ai qualifiée ainsi qu'au vu des circonstances de leur rencontre qui, effectivement, avait de quoi déstabiliser. Aux yeux de Kathleen, cela ne valait pas réellement la peine d'un discours, mais si c'était là ce que son interlocuteur souhaitait entendre... Elle haussa les épaules.

« Je suis peut-être un peu différente. Cela doit tenir à mon éducation – j'ai reçu celle d'un jeune homme, visiblement. »


Elle fronça légèrement les sourcils.

« A part cela, que voulez-vous que je vous dise ? J'étudie l'ingénierie. Comme vous le savez déjà, je porte par ailleurs un certain... intérêt au corps humain. »


Un léger sourire étira alors ses lèvres tandis qu'elle relevait ses yeux clairs – où une étincelle nouvelle semblait briller – en direction du jeune homme.

« L’Homme. La Machine. Je ne sais lequel est le plus intéressant des deux. »







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