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You Won't Forget My Name. [Fini]

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admin schizophrène et dérangé
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MessageSujet: You Won't Forget My Name. [Fini] Lun 28 Juil - 21:20


You Won't Forget My Name.

Cela faisait quelques heures que Felix était sorti du cachot où la rouquine l’avait installé. Il ne savait combien de temps il avait passé dans sa cellule et l’ignorer lui infligeait un sérieux mal de crâne. Il avait toujours été habitué à savoir précisément l’heure qu’il était et le temps qui s’écoulait. Sans ses repères chronologiques, il était perdu, désorienté. Et cela avait commencé dès le moment où il s’était retrouvé sur la table d’opération de la Scientifique… Il vagabondait donc dans les cachots, essayant de trouver le chemin aux étages supérieurs. Tout le Manoir était un vrai labyrinthe mais les sous-sols étaient vraiment l’endroit parfait pour se perdre et finir terrorisé dans un coin. Mais Felix avait presque l’habitude maintenant. Depuis son dernier voyage à la morgue, il n’avait plus peur de tomber nez à nez avec un Gardien ou autre mauvaise surprise. Rien ne disait qu’il n’allait pas avoir extrêmement peur à ce moment-là, mais il avait l’impression que plus rien ne pouvait le surprendre. C’est donc avec une certaine lassitude qu’il tourna à droite lors d’un croisement. Il se tint alors le ventre, sa cicatrice encore fraîche et douloureuse. Il grimaça alors mais continua d’avancer entre les cellules où de pauvres âmes agonisaient plaintivement. Lors de ses premières fois dans les cachots, il avait toujours eu envie d’aider ces inconnus. Puis, au fur et à mesure, il les avait oubliés et ne les entendait même plus.

C’est alors qu’un long et puissant cri retentit d’une pièce fermée sur sa droite. Le hurlement était tellement atroce que celui qui le poussait devait passer l’un des pires moments de sa vie. Un frisson glaça l’échine de Felix quand il repensa à la table d’opération où la Scientifique l’avait ouvert en deux. Il avait dû crier de la sorte, à ce moment-là. Mal à l’aise et nauséeux, il continua sa route d’un pas un peu plus pressé. Il pesta ensuite sur le manque de signalisation. Rockwood aurait au moins pu mettre des panneaux pour indiquer la sortie de cet enfer de pierre, métal, sang, cri et douleur… Il aperçut alors une ombre se projeter sur le mur en face de lui et son cœur manqua un battement avant de s’accélérer, cédant à la panique. La personne qui approchait pouvait être n’importe qui et dans le doute, il ne valait mieux ne pas prendre de risque. Felix regarda à sa droite et à sa gauche, cherchant désespérément une cachette. Il vit avec soulagement la porte entrebâillée d’une cellule. Il ne réfléchit pas plus longtemps et se glissa rapidement à l’intérieur de la geôle au moment même où les pas de la silhouette résonnèrent dans le couloir où se trouvait le dément. Felix retint son souffle tandis que l’inconnu approchait. Tapi dans le coin de sa cellule et recroquevillé sur lui-même malgré sa blessure douloureuse, il fixait la lucarne de la porte avec effroi. Il n’avait aucune envie de se faire attraper.

Son sang se glaça un peu plus quand l’homme apparut dans la petite fenêtre. Il arborait une blouse blanche (élément qui lui donnait encore moins envie de se faire remarquer) et était plutôt grand quand le sommet de son crâne ne rentrait pas dans la lucarne. Felix se tapit un peu plus contre son mur et n’osa plus bouger tant que l’homme n’avait pas passé son chemin. Une fois qu’il fut sorti de son champ de vision, le prisonnier sentit ses muscles se détendre agréablement. Mais il manqua de vigilance. Il oublia trop vite le danger proche et, quand il étendit ses jambes pour soulager son torse, il ne vit pas la bouteille de laudanum vide qui trainait par terre. Son pied vint cogner ladite bouteille et celle-ci roula bruyamment vers le mur opposé. Felix regarda le flacon de verre avec effroi tout en se maudissant et retint de nouveau son souffle. Il essaya de se rassurer en disant que le bruit avait peut-être était caché par le gémissement des autres prisonniers, mais il se doutait qu’avec la chance qu’il avait, cela n’allait probablement pas être le cas. Il fixa donc derechef la lucarne et espéra fortement que l’homme n’y apparaisse pas une deuxième fois. Sinon, il était sûrement bon pour retourner sur la table…



©BOOGYLOU.