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"Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. " [ Les Frères Williams & Strathearn] [Fini]

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MessageSujet: "Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. " [ Les Frères Williams & Strathearn] [Fini] Mer 2 Juil - 18:18


"Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. "



Je marche difficilement entre les étagères qui sont tombés, plus rien ne m'arrête dans ma fuite. J'ignore même en réalité ce que je fuis. Un dément? Très probablement, il y a en a de cette espèce qui refuse de s'asseoir calmement pour répondre à la Voie du Seigneur. Cela fait si longtemps maintenant que j'aurai voulu trouver une âme avec qui parler. Mais tout le monde me fuit  dès que j'exprime le fait que je suis un Gardien...pourtant, j'en suis un...je suis un Gardien de la Foi. Je ne fais que faire passer la bonne parole. Je regarde mes mains où traine encore les plaies que je me suis fait en allant chercher des roses à cette scientifique. Je devrais peut-être me faire recoudre, encore une fois. Je m'approche donc du couloir des scientifiques. Mes battements de coeur s'ébattent aux rythmes de mes pas qui claquent contre les flaques de ce couloir humide et froid. Il transpire la souffrance des êtres qui n'ont pas eu la chance de s'offrir à la bonté de notre Seigneur.

Je tapote alors doucement à cette porte auprès de laquelle j'espère tomber sur la bonne personne. Celle qui me regarderait comme nous regarde notre Dieu. Une personne qui accepterait de me donner gîte et couvert tout en soignant ma blessure. Si vous saviez comme cette pratique de l'hôte avait perdu en importance avec le temps. Aujourd'hui, cela semble tellement évident que vous deviez être un ennemi à abattre. Ah...ma tête me fait mal. Je sens comme une douleur poindre au centre de mon crâne pour s'élever jusqu'en mon front. Cela m'élance et me fais serrer les poings contre ma soutane. Je frappe encore contre la porte, serrant les dents. Mes plaies à la main droite n'arrangent en rien mes précédentes douleurs crâniennes. Je laisse ma tête tomber contre la porte en gémissant. Cette douleur ne s'arrêtera donc pas? Combien de temps faudra-t-il que je m'épuise à frapper pour que cette porte s'ouvre. Je finis par y tomber à genoux et joins mes mains dans une prière. Que quelqu'un m'ouvre enfin, je ne veux pas terminer ici comme une âme en peine. Je me sens seul et froid. Nul n'a besoin de moi dans ce monde. Personne ne s'intéresse à savoir ce que je fais, ce que je vaux. Si je mourrais, qui s'en intéresserait?

Que le Seigneur me rappelle à lui serait peut-être l'une des choses les plus intelligentes à faire. Après tout, je n'arrive à peine à rassembler ses brebis sous sa merveilleuse lumière. Je deviens un martyr, me faisant frapper, mordre parfois, par eux, qui ont peur. Je me demande bien de quoi ils ont peur. Mais qu'importe. Mon mal de crâne me prend jusqu'à me donner envie de dormir, brutalement. Je reste agenouillé devant cette porte qui me semble bien trop grande à cette seconde. Si seulement elle pouvait s'ouvrir. Qu'une bonne âme m'aide...mon coeur saigne de l'intérieur de mon âme.


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Dernière édition par Jonathan R. A. Williams le Jeu 26 Fév - 12:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. " [ Les Frères Williams & Strathearn] [Fini] Sam 16 Aoû - 23:39


Et nous avons de lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.

David avait mis du temps à se lever ce matin. Encore une fois, il avait dormi seul et tout ceci commençait à lui peser lourdement sur la conscience, ce qu’il avait fait à Felix. Harry souffrait le martyr et n’était plus lui-même par sa faute. Il avait détruit psychologiquement l’amour de sa vie par pure jalousie. Une jalousie qui l’avait mené à la rage et dont il avait que la proie. La proie de ses propres sentiments bestiaux. Après tout, ce Manoir les poussait tous à bout et les forcer à montrer leur véritable visage. David était donc un égoïste violent. Non… Non, c’était faux… Harry… Harry ne pouvait être un violeur hors du Manoir… Ce dernier les influençait terriblement et les obligeait à devenir violent et à perdre de leur humanité. Jamais David n’aurait fait du mal à Felix hors de leur prison. Felix était son ami et rien d’autre. Il n’était pas un rival. Il n’était pas un ennemi… Il avait même été son seul ami pendant plusieurs années, ayant toujours eu du mal à s’ouvrir aux autres. Il y avait bien eu son frère, mais un salaud l'avait sauvagement assassiné... Et il devait avouer que son aîné lui manquait cruellement parfois. Il s’assit sur une chaise dans le laboratoire. Harry était déjà parti. Faire quoi ? Il ne le savait pas et n’avait guère envie de l’apprendre… David était impuissant dans une situation qu’il avait pensé pouvoir gérer sans trop de problèmes. Il l’avait déjà fait par le passé, et cela avait l’unique et seul occasion. Son amour ne semblait plus vouloir de lui… Et s’il apprenait que c’était lui qui lui avait arraché son Felix… Oh, il ne préférait ne pas y penser en fin de compte. Ne pas imaginer ce qu’il serait capable de lui faire. Il avait déjà eu un aperçu avec quelques cobayes et il était persuadé qu’Harry n’avait pas donné son maximum.

On l’arracha de ses pensées quand on frappa à la porte. David se leva alors, un espoir naïf qu’Harry soit revenu. Il allait ouvrir la porte quand il se rendit compte qu’il ne portait qu’un caleçon. Oui, il dormait à moitié nu, peut-être que ça pourrait attirer l’attention de son supérieur sur lui… Mais ses efforts s’annonçaient vains pour l’instant. Quoiqu’il en soit, il repartit dans sa chambre et enfila un pantalon tandis que les coups à la porte se firent plus insistants et David pouvait même y percevoir une pointe d’énervement. Il mit une chemise qu’il ne prit pas le temps de fermer correctement et se dirigea vers l’entrée du laboratoire. Celui qui avait frappé était en train de l’agacer aussi. Qu’il lui laisse le temps de s’habiller ! Il était même assez tôt, il aurait été logique qu’il dorme encore ! Tout en grognant dans sa barbe, David ouvrit sèchement la porte. Il n’y avait personne devant lui. Il faillit refermer ladite porte quand il vit du coin de l’œil une ombre à ses pieds. Un homme priait comme si cela allait ouvrir la porte. L’inconnu, qui avait la tête basse, avait étrangement la carrure de son frère : mêmes cheveux, même corpulence… Et puis il priait aussi… De toute façon, tous les religieux lui rappelaient Jonathan. Il soupira, agacé. Sûrement un Amnésique ou un Dément qui demandait l’asile. Sauf que le laboratoire n’était pas un moulin et qu’il ne voulait pas prendre de décision le concernant sans l’approbation du supérieur, soit Harry. Il le regarda de haut avant de dire d’un ton froid et peu sympathique :

- Qu’est-ce que vous voulez ?

Il aurait pu être plus agréable, certes. Mais il se sentait extrêmement mal en ce moment et ne voulait pas supporter les problèmes des autres pour l’instant. Il avait besoin d’être seul avec lui-même pour ruminer ses pensées et réfléchir à ses agissements, qui n’ont pas forcément été les bons. En d’autres termes, il l’aurait accueilli, soigné ses mains qui semblaient écorchées, mais là, ce n’était juste pas le moment.

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Dernière édition par David P. Williams le Dim 17 Aoû - 12:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. " [ Les Frères Williams & Strathearn] [Fini] Dim 17 Aoû - 11:38


"Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. "



Ma migraine me faisait à ce moment là vivre un parfait cauchemar, frappant contre ma cervelle avec la surêté d'un marteau de jugement divin. Nul doute qu'avoir cogner ma tête contre la porte n'avait pas arrangé les choses, mais disons le honnêtement, c'était le cadet de mes soucis. Restant à méditer en silence sur ma douce prière, je resta sans bouger, n'attendant que la fin de mon mal de tête. Mon visage vers le sol, j'écoutais battre mon coeur avec lenteur tandis que les sons tonitruants de ma douleur s'éloigne doucement de ma cervelle. Il suffisait donc juste d'une prière? Voilà un conseil qui irait à bien des migraineux. Si seulement elle était réellement efficace.

Mais dans mon esprit, je n'avais aucun doute. La prière avait chassé le mal de mon esprit. J'aurai voulu qu'il en fut de même des lourdes peines de mon coeur. Il n'y avait qu'elle dans mon âme qui avait réussi à rallumer cette flamme que je croyais mort, ce jour où j'avais du abandonné ma femme pour lui sauver la vie. J'aimerai pouvoir lui dire à quel point je ferai tout pour elle. Lui prouver que je vaux quelque chose. Mais voilà que la porte s'ouvre devant moi, je ne le remarque pas, ma tête tournée vers le sol en prière. La voix de l'homme qui était à cet endroit me répondit cependant  et je redressa la tête automatiquement. La surprise que j'eus à voir le visage si agréable de mon frère admiré ne souffrait d'aucune formes de retenu.

Mon frère ! Je suis si heureux de te voir, ô Seigneur !  

Je ne saurai décrire mes émotions alors que je me relevai pour me mettre à sa hauteur. J'étais heureux de le revoir après tant d'années à faire croire à ma mort. Qu'allait-il penser? Pourrais-je correctement faire comprendre les intérêts qui m'avaient obligé au silence, me forçant ainsi à faire souffrir bien des gens. Souriant de toutes mes dents, je ne pouvais cependant m'empêcher de penser à  un second facteur. Que faisait-il ici, dans ce antre démoniaque qui n'avait aucune issue? Le savoir enfermé comme nous tous me fit un peu mal au coeur, mais ne gâcha pas ma joie de le savoir auprès de moi. Ce frère que j'ai toujours tant admiré et qui se trouvait à nouveau en face de moi, j'étais si content au final. Tout le reste n'avait aucune importance.

J'épousseta ma soutane et remis quelques mèches de mes cheveux blond vénitien sur le côté, voulant paraître à mon meilleur jour pour ces retrouvailles que je n'espérais plus. Tant d'émotions dans mon coeur qui se bousculaient à cette seconde. De la tristesse que j'avais éprouvé plus avant quant à cette déprime langoureuse que transpirait mon coeur, j'avais désormais la joie de le revoir. Mais je commence à me répéter, ne trouvez-vous pas? Que faire alors que je venais de me découvrir à lui? Comment allait-il réagir à mon frère de sang face à ma "réssurection"? Je ne voulais pas qu'il m'en veuille, aussi je pris les devants:

David...si tu savais comme je suis désolé...je suis bien vivant...c'est une très longue histoire...est-ce que je peux entrer?




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MessageSujet: Re: "Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. " [ Les Frères Williams & Strathearn] [Fini] Dim 17 Aoû - 13:00


Et nous avons de lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.

L’homme se releva tout en parlant joyeusement. Une voix étrangement familière. Tout était familier chez l’inconnu, c’en était dérangeant. Et quand il lui fit face, son visage aussi. David resta sans bouger, tous ses muscles s’étant rigidifiés. L’homme était le parfait sosie de Jonathan. Mais trop parfait. Voilà maintenant qu’il l’appelait « mon frère ». Mais, son aîné était mort il y a bien des années maintenant. Et s’il avait été vivant, il y aurait certainement dit et expliqué sa situation. Et David l’aurait comprise ! Pourquoi… Pourquoi était-il là…? Comment pouvait-il se tenir là…? Il… C’était impossible. Toujours dans l’encadrure de la porte, il empêchait quiconque de sortir ou rentrer. Il était appuyé sur la tranche du mur, la mâchoire tombante. Vu son expression, on aurait pu croire qu’il venait de voir un revenant. C’était qui était un peu le cas en y repensant. Il n’arrivait plus à bouger ni à faire quoique ce soit. Sa fatigue physique était peut-être responsable d’un aussi long état de choc. Il essaya de parler mais aucun son ne sorti de sa bouche, continuant de dévisager Jonathan avec des yeux ronds. Il n’y croyait juste pas. Il avait été défiguré, il ne pouvait pas se tenir là en prétendant que tout allait bien ! Même si c’était bien son frère devant lui, il devait avoir des séquelles, des cicatrices, il ne savait trop quoi. L’image du crâne défoncé du cadavre lui retourna le ventre brièvement, le faisant baisser les yeux. Il secoua doucement sa tête horizontalement.

- J’ai… J’ai vu ton cadavre… Tu… Tu ne peux pas être là…

Il releva la tête, les larmes aux yeux. Peu importe qui était cet homme, la plaisanterie n’était pas drôle. Mais comment était-ce possible d’être aussi ressemblant à un autre homme ? C’était peut-être sa mémoire qui lui faisait défaut. Même si le prétendu Jonathan disait que c’était une longue histoire s’il était toujours en vie, David avait beaucoup de mal à y croire. Cela faisait des années qu’il n’avait pas vu le visage du pasteur. Et la dernière fois… il était sauvagement broyé. Il se pouvait très bien qu’il y ait une différence entre les deux visages mais le temps l’avait dissimulé dans un coin de sa cervelle. Soit c’était donc une très mauvaise plaisanterie soit un rêve. Oui, peut-être qu’il était juste en train de dormir en pensant à la compagnie de son aîné dont il aurait bien besoin. Depuis qu’il avait planté le scalpel dans la cuisse de Felix, il se sentait misérablement seul. Harry était distant et l’empêchait de sortir du laboratoire. Il ne faisait donc rien, à part essayer de vivre avec ce qu’il avait fait. Et c’était insupportable. Il avait blessé son entourage le plus proche dans ce Manoir et voilà qu’un fantôme du passé venait le hanter. Est-ce qu’il pouvait le laisser entrer ? David ignorait si cela pouvait être une bonne idée. La tête basse, abattu, il lui lança un regard désespéré malgré lui. Et si c’était une hallucination ? Juste une hallucination qui n’existait que dans sa tête. Un fantôme, oui. Rien de plus. Mais pas comme ceux du Manoir qui était, d’une certaine façon, bien vivants. Jonathan en face de lui n’était que le fruit de son imagination et d’une douce démence qui venait s’installer sans aucun doute. Il soupira et s’écarta pourtant du passage, ne sachant trop quoi dire. Peut-être devait-il l’ignorer tout simplement ? Que se passerait-il si Harry le trouvait en train de parler à son défunt frère dans le laboratoire ? Est-ce qu’il devait lui en parler aussi, qu’il avait des hallucinations ? David ne savait plus quoi lui dire. Ces derniers temps, il ne lui adressait presque plus la parole. Il se passa une main sur son visage avant de murmurer d’une voix tremblante.

- Pourquoi tu es là…? Pourquoi es-tu venu me hanter ? C’est pas drôle !

Il regarda Jonathan presque avec mépris. Ce fantôme qui était juste là comme pour le narguer. La seule personne qui accepterait encore de lui parler en ce moment. Et elle était là, presque vivante mais dans sa tête. Les larmes aux yeux, son regard s’était radouci pour devenir implorant. Il n’avait pas besoin du fantôme de son frère pour se rappeler à quel point il était seul.

- Va-t’en… S’il te plaît… Sors de ma tête, je n’ai pas besoin de toi…

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MessageSujet: Re: "Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. " [ Les Frères Williams & Strathearn] [Fini] Dim 17 Aoû - 14:27


"Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. "



Je le voyais en face de moi, cet être délicat et fragile que j'avais sauvé des griffes de notre terrible mère. Il avait toujours été un enfant solitaire, mais à ce que je vois autour de lui à cette seconde et en sa présence ici, il n'avait pas changé. J'eus un petit sourire tendre, l'envie de le prendre dans mes bras augmentait au fur et à mesure que passaient les secondes. La chaleur de la joie s'imprégna de mon corps, tandis que d'une main sûr, je rangea la Bible dans les tréfonds de ma soutane. Qu'elle rejoigne la Croix se trouvant contre mon coeur. Rejoignant les mains en face de moi, je souris à mon frère avant autant de sincérité qu'il y avait d'étoiles dans le Ciel. Essayer de ne pas repenser à cette tristesse qui m'avait fait tomber plus avant au bord de cette porte. Personne ne se soucier de moi, mais il existait maintenant en ce manoir quelqu'un qui effectivement le ferait. Mon frère. Celui qui avait été crée parfait par le Seigneur. Rien ne pouvait l'être plus que lui, mis à part Elle. C'est alors qu'il évoque ce cadavre. Oui...le corps mort de son pauvre ami, qui n'avait eu comme défaut que d'être venu au mauvais moment au mauvais endroit. La survie de Jonathan s'était jouée à si peu. Si son ami avait été en retard. Si Harry ne s'était pas trompé de placard. Il aurait du être mort à cette seconde. Mais Dieu l'avait protégé. Il lui avait donné une nouvelle chance.

Je sais...David, je suis réellement sincèrement désolé...je te le promets...laisse-moi t'expliquer...

Après quelques secondes supplémentaires où j'eus la peine de voir qu'il ne croyait pas à mon retour,  -ce que je pouvais comprendre, après tout, j'étais censé être mort et enterré- je ne pus que baisser la tête de tristesse. Intéressant de savoir que quelque part dans l'Angleterre vaste se trouvait une tombe notée aux marques de Jonathan Raphaël Amen Williams. Toute ma famille, ainsi que ma femme, s'étaient recueilli devant alors que mon père faisait faire la cérémonie d'enterrement. Tellement de beaux mots prononcés alors à mon encontre. Même ma mère qui n'avait jamais eu une parole vraiment enrichissante en ma personne n'avait pu s'empêcher une larme d'émotion. Certainement car il fallait qu'elle conserve son apparence de mère honnête. Je ne fus nullement touchée par son témoignage.

Comment je sais tout cela? J'y étais. J'ai assisté à mon propre enterrement avant de fuir et de changer de nom. Caché derrière un arbre, tout de noir habillé, j'observais la scène. Mon coeur était brisé en voyant ma propre femme posée une de ses roses sur la tombe qui aurait du être mienne. J'avais l'impression d'être un  fantôme, de ne plus avoir d'âme. Ne pouvant même plus pleurer tant j'étais mort de l'intérieur, c'était comme s'il s'agissait de mon vrai cadavre qui était à l'intérieur, et que je n'étais en réalité qu'un esprit attendant de passer au Paradis.

David se décala pour me laisser entrer, ce que je ne tarda pas à faire avec un petit doux sourire sur les lèvres. Je n'étais désormais plus un fantôme. Si j'avais perdu une partie de mon coeur dans ce terrible évènement, j'avais trouvé la voie de ma réadaptation dans la religion. Je m'y étais perdu, plongé, indubitablement. M'accrochant à celle-ci comme une bouée à la mer, je remontais peu à peu à la surface. Me retrouver enfermé dans ce manoir fut pour moi la meilleure chose qui me soit arrivé de ma vie. Car rencontrer cette scientifique fut le déclic qu'il fallut pour rallumer ce que mon coeur croyait mort depuis le fameux jour de cet enterrement. Mais il me faisait désormais abominablement souffrir, car je n'avais pas le bonheur de connaître la réciprocité de ce sentiment. Faut-il toujours que notre coeur souffre pour que nous nous rappelions en avoir un? Faisant alors face à mon frère qui me pensait fantôme et me supplier de partir, je murmura.

Je t'en prie...c'est bien moi, je te le jure. Nous venions d'emmènager dans un village perdu du pays. Pensant qu'il n'y avait plus de danger par rapport à l'ex qui le poursuivait, Juliette partit au marché et j'invita un ami à me voir.

Je pris une grande respiration pour continuer dans le récit de cette expérience des plus atroces à mes yeux. Le récit qui avait bouleversé ma vie.

Quand...quand l'ex arriva, mon ami et moi nous sommes cachés dans des placards différents. J'eus la chance de ne pas avoir été trouvé. L'assassin semblait ignorer mon apparence. Mon ami...il était devant moi...mort. Je compris que cet homme n'en avait pas après Juliette, mais après moi, car j'étais son mari.

J'avala ma salive, tout ceci était extremement difficile pour moi de tout me rappeler. Mais le pire n'était pas encore arrivé. Il fallait que j'avoue maintenant le plus gros péché de ma vie. Celui qui avait hanté ma vie pendant des années avant que je n'espère trouvé le pardon du Seigneur. Il le fallait. Je repris une respiration, les larmes aux yeux.

On devait croire qu'il s'agissait de moi. Je devais disparaître pour sauver la vie de ma femme. Si j'étais resté en vie, il serait revenu à la charge...et qui sait si elle aurait eu autant de chance que cette fois...j'ai donc...j'ai...j'ai défiguré moi-même le cadavre de mon ami...et j'ai...j'ai ôté mon alliance pour le mettre à son doigt...

Je m'effondra en larmes, ne pouvant croire que je raconter cela pour la première fois à quelqu'un de ma vie. Jamais encore je n'avais avouer cet acte qui me déchirait l'âme depuis tellement de temps. Comment allait-il le prendre? Allait-il me prendre pour un monstre? Lui qui était parfait, si je n'obtenais pas son pardon...comment pouvais-je espérer avoir celui du Seigneur?

Je me suis ensuite enfuis...si tu savais comme je ne le voulais pas...

Je lui raconta ensuite toute la peine que j'eus à assiter à mon propre enterrement, mais comment les paroles qu'il avait prononcé pour moi m'avait mis du baume au coeur, ce même coeur qui se trouvait désormais froid et sans le moindre exemple de joie. Je n'avais plus été qu'une coquille vide remplie avec de la religion. Personne ne semblait le comprendre, me prenant juste pour un fanatique religieux de la pire espèce. Même Kathleen, l'ange de mes songes qui avait réussi à redonner une raison de brûler à mon coeur détruit. Même elle, n'en avait que faire de mes pensées. Si seulement elle savait...si seulement je trouvais en moi la force de me confier. Mais les paroles sont si dures, et la portée de leurs poids si profondes. Je ne pouvais qu'y faire face seul. Avec mon frère. Mais même à cette seconde où je ne faisais que pleurer toutes les larmes de mon corps en lui racontant la suite de mon histoire, comment j'étais arrivé ici et tout le reste, je ne pouvais m'empêcher d'avoir du mal à parler, d'avoir du mal à me confier à mon propre frère. Le seul qui avait reçu la totalité de mes confessions, c'était le Seigneur. Pourtant, jamais je ne suis allé voir un confesseur, jamais. Je n'ai jamais réussi à m'y résoudre. Je prends volontiers les peines des autres contre mon coeur, mais jamais je ne suis allé me plaindre auparavant à qui que ce soit. David en cette seconde est le premier d'une vie de trente ans.

Je chercha dans les plis de ma soutane un mouchoir en papier que j'utilisa pour essuyer mes larmes et me moucher, essayant de retrouver un peu de dignité. Jetant un regard pleins de détresse à David, j'essayai de lui sourire tendrement, mais j'avais plus l'impression de jeter une grimace qu'autre chose. Il fallait que je me calme, que je calme ce coeur qui battait la chamade. Ce qui me ferait le plus de mal, c'est qu'à cette seconde, il se serve de tous les péchés que j'ai accompli pour me juger, m'en vouloir. Alors que je n'ai fais cela par amour, pour sauver ma femme. Celle qui désormais devait me croire comme le plus décomposé des cadavres et qui avait du refaire sa vie. Avec un autre homme, et des enfants. Ceux que j'ai toujours été incapable de lui offrir, dans ma plus grande naïveté et ignorance.

Mon frère adoré...je t'en supplie crois-moi...ne m'accable pas davantage, j'ai besoin de toi.


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MessageSujet: Re: "Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. " [ Les Frères Williams & Strathearn] [Fini] Ven 5 Sep - 10:32


Et nous avons de lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.

David continuait de regarder Jonathan avec l’incompréhension la plus totale. Son frère mort gambadait tranquillement dans le laboratoire sans que rien ne vienne le perturber. Il se tourna vers son cadet et prit la parole. Le chirurgien fronça légèrement les sourcils avant d’en arquer brièvement un. Jonathan se mit à raconter alors comment sa disparition s’était passée, comment il avait survécu, échappé à il ne savait qui, bla bla bla. En réalité, le chirurgien se moquait assez de savoir le comment du pourquoi, il n’avait pas eu de nouvelles, c’est tout ce qu’il lui importait. Il ferma les yeux quand il repensa avec douleur à l’enterrement. Où ils étaient tous en noir, à pleurer devant une tombe qui portait le nom de son frère, à déposer des fleurs sur le cercueil avant que celui-ci ne soit enseveli par le fossoyeur sous une terre noire et humide. Où il… avait revu sa mère. Il reprit sa respiration et rouvrit les yeux, regarda son frère d’un air sombre. Aussi gentil soit-il, il ne se rendait pas bien compte de ce qu’il faisait parfois. Jonathan était quelqu’un d’assez inconscient ou peut-être naïf. Et là, il s’était mis à raconter son histoire avec que David ne l’avait pas vu depuis des années et n’avait surtout rien demandé. Avant qu’il eut fini sa dernière phrase, le chirurgien ne put s’empêcher de le couper :

- Je… me fiche de ton histoire, Jonathan. Je me fiche de savoir pourquoi tu as dû « mourir » et comment tu t’y es pris pour survivre finalement.

Il inspira longuement, essayant de conserver son calme. Il n’était d’assez bonne humeur pour se faire contredire. Il n’avait pas le cœur à être compréhensif… Il ne l’était déjà pas avec lui-même, pourquoi le serait-il avec quelqu’un d’autre ?

- Un mot, Jonathan. Un mot pour me dire que tu respirais toujours et ça m’aurait suffi. Suffi à ne pas faire mon deuil, à ne pas subir ton enterrement avec toute la famille…

Il se passa une main sur le visage, essayant de retrouver parfaitement possession de sa voix qui venait de se briser sous la colère et la douleur. Les larmes lui vinrent aux yeux. Oui, il était assez émotif mais il ne dormait plus depuis l’histoire avec Harry et Felix. Et quand il ne dormait pas assez, il était très facilement irritable et à fleur de peau. Comme dans le cas-ci.

- J’ai revu notre mère. Pour toi. Pour te faire mes adieux. Pour voir que tu m’avais laissé seul ! Oh, mais ce n’était pas de ta faute, non… Tu t’étais fait assassiner. Je ne pouvais pas t’en vouloir ! Ce n’était pas de ta faute, tu n’y étais pour rien !

Il se rapprocha de Jonathan, les yeux rouges et le regard dur et planta son regard dans celui de son aîné.

- Tu m’as laissé seul ! Abandonné ! Si tu savais par quoi je suis passé après ta mort ! Si tu avais eu la moindre idée de ce que j’endurais après ton décès que peut-être, oui, tu m’aurais laissé un mot ! Tu m’aurais prévenu !

Il fit une pause pour reprendre son souffle. Puis, après deux ou trois bouffées d’air, il reprit, avant que son frère ne puisse prendre la parole :

- Et ne viens pas me dire que tu as fait ça pour me protéger ! Tu n’avais qu’à te cacher d’Emily mais j’aurai gardé ton secret ! Comme tu viens de le dire, ton agresseur ne connaissait pas ton visage donc le mien non plus !

Il chercha encore sur quoi Jonathan pouvait rebondir pour lui prouver qu’il n’était pas en tort.

- Emily est repartie à Liverpool. Tu aurais été en sécurité à Londres si tu me l’avais simplement DIT. SI TU M’AVAIS DIT QUE TU N’ÉTAIS PAS MORT. Ce n’est pas de ta faute si tu t’es fait agresser et que tu as dû faire ce que tu as dû faire à ton ami. Mais c’est de la tienne si j’ai perdu un an et demi de ma vie ! À cause de ton deuil ! À cause de ton manque et de ton absence ! J’ai passé dix-huit mois en Enfers à pactiser avec le Diable et toi, tu te planquais.

Un air méprisant et furieux était gravé sur ses traits tandis qu’il le fusillait du regard. Le manque de sommeil lui avait fait perdre de la lucidité. Mais à vrai dire, il s’en moquait, dans sa tête, tout paraissait parfaitement logique. Lequel avait été ou est le plus égoïste des deux ? Difficile de dire, disons qu’ils ne l’étaient pas consciemment, qu’ils pensaient à autre chose. David resta donc à le fixer quelques secondes avant de faire volte-face dans un grognement de rage. Il prit une bouteille de laudanum posée sur la table d’opération et l’envoya valser dans le laboratoire de toutes ses forces, criant brièvement de colère. Il resta dos tourné à Jonathan, regardant le laudanum s’écouler sur le mur. Il soupira, ses épaules s’affaissèrent, et s’effondra en larmes dans ses mains qui vinrent cacher son visage. Il n'en pouvait plus. Il était à bout aussi bien physiquement que nerveusement. Il espérait presque que quelqu'un vienne le tuer pour que tout cela s'achève.

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MessageSujet: Re: "Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. " [ Les Frères Williams & Strathearn] [Fini] Ven 5 Sep - 11:38


"Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. "



J'étais si heureux de le voir, d'observer ce visage qui m'avait tant manqué. Il était mon frère, une autre partie de moi-même. Et je ne pouvais m'empêcher de souffrir le Diable de le sentir si fragile. Cela me blessait au coeur d'une manière inimaginable. Je n'avais jamais voulu le faire souffrir ainsi, je ne l'avais jamais voulu. Mais j'ai eu tellement peur. Tellement peur de tout ce qui pouvait s'échapper de cette histoire. Cet homme était un démon, et je savais que l'on ne pouvait jamais se fier à tout ce qui pouvait sortir de son esprit malade. J'ai préféré fuir, comme un lâche, je l'avoue. Mon coeur se brisait en miette sans comprendre. Je n'avais jamais rien voulu de tout cela. Mes yeux fuyaient la vérité en regardant partout ailleurs dans ce laboratoire, nouvelle demeure de mon frère que je n'avais encore jamais vu. Je baissa la tête, comme le coupable que j'étais. Mes plus saintes paroles étaient teintés de mensonge, en faisant preuve de lâcheté et d'autant de méchanceté ignorante, j'avais manqué à la parole de Dieu. J'avais fait inconsciemment souffrir un être cher. Je ne l'avais pas voulu, tout autour de moi semblait trembler. Comme une image manquant de gravité et de raison, plus rien n'avait de contour véritable. Il me fallut plusieurs minutes pour me rendre compte que cela n'était que mes larmes qui coulaient sans discontinuer le long de mes joues. Je n'avais plus rien à contrecarrer, il avait parfaitement raison et j'étais le monstre. C'était moi, l'ange déchu du paradis qui avait tant cru à ses propres paroles d'amour, alors que je n'étais qu'un lâche.

Mon frère continuait d'éructer sa colère à tous les quatre vents. Il avait revu notre mère, et tous les souvenirs des monstruosités qui lui avait fait subir me revint en mémoire. Je l'avais condamné à revivre la même horreur. La honte me serra le coeur comme un étau de larmes. Pourquoi n'avais-je pas eu le courage de revenir su r mes pas? Il était maintenant trop tard, beaucoup trop tard. Je n'étais plus rien qu'un monstre d'égoïsme qui avait penser bien faire. Je n'avais voulu de mal à personne. Je laissa tomber le mouchoir au sol, ne me servant plus à rien tant le flot de mes larmes ne pouvait plus avoir de barrières. Je chouinais, oui, comme un véritable enfant. Je n'avais aucun courage, mon coeur était pétri de bonnes volontés mais sans aucune logique pour les mettre en oeuvre. Aucune dignité pour essayer de me défendre, aucun amour-propre pour me reconstruire et tenter de combattre. Rien. Je n'avais rien, et je n'étais rien. Juste le reflet d'une image de bondieuserie que je tentais de montrer par défaut d'avoir une personnalitée propre. Je n'étais remplie que d'un amour glacé et mal placé, me montrant excessif à tous les points de vues. La prise de conscience de ma propre horreur me mit à genoux tandis que David jeta une bouteille de laudanum contre le mur avant de pleurer à son tour. Moi qui avais été si heureux de le retrouver avec moi. Mon bonheur se teintait à présent du sang et des larmes. Il se teintait de mes propres démons que je pensais innexistant. Je ne m'étonnais plus à présent que personne ne puisse m'aimer. Cachant mon visage contre le sol, j'eus envie de m'éteindre à cette seconde. De rejoindre le Seigneur et de m'oublier, d'oublier ce que j'étais et ce que j'avais fais subir à d'autres. Pourquoi...pourquoi étais-je ainsi...?

Da..David...je t'en supplie...pardonne-moi...je n'ai jamais voulu te faire subir ça...j'ai...j'ai pensé bie...bien faire...je...je suis un....je suis si impardonnable...Dieu lui-même doit m'avoir maudit pour tout ce que je...t'ai fais...par pitié...je ne voulais pas...tout ça...

Mais je n'étais rien et n'ai jamais été. Je n'ai pas été capable d'être un bon ami pour empêcher mon plus fidèle croyant d'épouser une messagère du Diable. Je n'ai pas été capable d'être un bon mari pour empêcher ma Juliette de s'éloigner peu à peu de moi, jusqu'au moment fatidique de ma "mort". Je n'ai jamais été assez bien, ou même assez quelque chose en général, pour être aimer par la suite de la femme qui était tout pour moi. Je n'ai jamais été un bon pasteur, me rendant compte à présent que j'employais les paroles du Seigneur à mon compte sans jamais me rendre compte qu'en réalité je n'en faisais rien. A présent, je me rendais compte à quel point j'avais été un mauvais frère. Et le mot était faible. Si Dieu pouvait un jour me pardonner de toutes mes erreurs, de ma faiblesse constante. Si seulement...

Oh...comme j'aimerai...mourir pour laver...cette faute que j'ai commise...

Je me releva, titubant légèrement, ma tête me tournant. Mes bras se recroquevillèrent contre ma croix que j'enleva de mon cou pour le jeter sur le sol. M'approchant alors de mon frère, je voulus poser une main sur son épaule, mes larmes toujours défigurant mes traits.

Tu as toujours été un ange du Seigneur à mes yeux...et je t'ai lâchement abandonné...je n'ai pas été digne de tout ce que je ne cessais de clamer haut et fort...je t'ai déçu...je suis un lâche...je ne suis rien...

Relâchant son épaule, continuant de pleurer, je jette un coup d'oeil à ma croix. Mon coeur se déchira davantage. Partant la récupérer pour la remettre à mon cou, je ne cessai de pleurer à chaudes larmes. Je me refusais à abandonner cette chose. Cela avait toujours été l'une des seules choses auquels je m'étais toujours attaché quand tout sombrer autour de moi. Mais comment faire à présent quand vous ne méritiez plus rien sur cette terre ?


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MessageSujet: Re: "Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. " [ Les Frères Williams & Strathearn] [Fini] Sam 6 Sep - 20:04


Et nous avons de lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.

Se rendant compte qu’il pleurait, il essuya rapidement ses larmes et essaya de retrouver son calme. Pleurer montrait qu’il avait des faiblesses et il n’ignorait pas que certaines profitaient desdites faiblesses pour profiter de sa naïveté. Bon, il était avec Jonathan, il n’avait rien à craindre, mais c’était généralement qui soutenait son aîné, comme s’il avait plus de problèmes que lui… Enfin, passons. Il n’était pas si objectif que ça de toute façon. Il se retourna rapidement et voulut avoir un air impassible malgré ses yeux rougis et ses cils collés par le sel de ses larmes mais perdit ce masque. Il baissa son regard et vit son frère à genoux, le suppliant de lui pardonner. David était plutôt surpris par le geste de Jonathan. Il le savait émotif mais pas au point de se mettre dans un état pareil. Sans un mot, il le regarda se relever et l’écouta religieusement. Puis, il finit bouche-bée quand son frère finit par jeter son crucifix par terre. Le chirurgien regarda l’objet que son aîné chérissait plus que tout avec des yeux ronds et une expression de stupeur définitivement gravée sur le visage pendant plusieurs secondes. Il l’écouta attentivement, laissant sa main sur son épaule. Toujours sans faire un bruit ni l’interrompre, il regarda son frère en larmes ramasser son crucifix.

Il avait vraiment dû y aller fort. Frustré, il perdait un peu la notion des choses et des mots et ne savait généralement pas retenir ces derniers. Et il devait avouer qu’il n’était ni très tolérant, ni très patient, ni très compréhensif avec son aîné. C’était lui, le mauvais frère. La tête de mule qui s’amusait à faire la sourde oreille sur les problèmes des autres avant de se plaindre sans cesse des siens sans essayer de se mettre à la place des autres. Il baissa la tête, culpabilisant. Sans oser le regarder, il le prit dans ses bras et le serra avec force et tendresse. Il voulait se faire pardonner aussi. Il n’aimait pas voir son frère souffrant de cette façon, sachant qu’il était habituellement joyeux. Enfin… la dernière qu’il l’avait vu. Et pour être parfaitement honnête, il était heureux que son frère soit vivant. Il n’était plus seul. Il soupira intérieurement à cette propre pensée. Tu n’es qu’un égoïste David. Jonathan est vivant et toi, la seule chose à laquelle tu penses, c’est ton cul. Il ferma les yeux et serra son frère un peu plus contre lui.

- C’est à moi d’être désolé… Je n’aurai pas dû te dire ce que j’ai dit… Tu voulais bien faire… Tu pensais nous protéger… Ce n’est pas ta faute… Rien n’est de ta faute. C’est de la mienne… C’est moi qui suis trop faible pour me prendre correctement en main et à surveiller ma santé.

Il le serra encore plus fort contre lui. Il était sûrement en train de l’étouffer mais il ne se rendait pas tellement compte. La chaleur bienveillante que dégager son frère, il ne voulait plus la perdre. Il voulait la garder avec lui, s’en imprégner pour se donner de la forcer d’arrêter d’être le lâche qu’il était. Il enfouit son visage dans le cou de son aîné.

- J’aimerais que tu me pardonnes, moi… Tu n’as rien à te faire pardonner, Jonathan, tu n’as rien fait de mal. C’est qui mériterait de mourir…

Il repensa à ce qu’il avait fait à Felix et à ce que cela avait entraîné avec Harry et ne put retenir un sanglot. Puis à l’assassinat de sa mère et de sa fille à l’hôpital, il y a quelques années de cela. L’épisode qu’il désirait oublier.

- C’est moi le salaud… Si tu savais ce que j’ai fait… Tu me haïrais…

Il avala difficilement sa salive et arrêta l’étreinte. Les yeux toujours baissés et vraiment humides cette fois-ci, il eut un sourire puis un petit rire. Il regarda son frère avec un air mi-triste, mi-amusé.

- On est beau tous les deux à dire que l’un est plus misérable que l’autre…

Il marqua une pause et son air amusé disparut, ses traits devenant triste. La voix brisée par l’émotion, il reprit :

- Si tu savais à quel point je suis content que tu sois en vie…

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MessageSujet: Re: "Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. " [ Les Frères Williams & Strathearn] [Fini] Lun 15 Sep - 16:28


"Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. "



Je serrai la Croix contre moi, la dernière chose qu'il fallait que je conserve à mon coeur, quand bien même j'avais lamentablement échoué. J'avais rendu mon frère malheureux. Il avait souffert par ma faute, et pendant ce temps, je me suis enfuis. Je n'étais pas un véritable chrétien. Mon coeur était rempli de sentiments contradictoires qui ne méritaient pas d'exister. Je ne devais pas être comme ça. Juste pas comme ça. Je devais me montrer digne des messages d'amour que je ne cessais de promouvoir. Mais comment faire si je n'étais pas moi-même capable d'en faire les preuves ? Déjà que je saignais de l'intérieur, mon coeur souffrant sans discontinuer depuis maintenant plusieurs heures qui me semblaient être une éternité. Il n'y avait rien que je puisse faire pour arranger la peine que mon frère avait subi lors de mon absence. J'aurai pu le protéger. Je l'avais déjà fait. Une fois dans le passé, je l'avais sauvé de notre mère. Sans le savoir au départ, car j'ignorai qu'il se passait des choses jusqu'à ce que j'arrive par hasard dans cette cave. Cette cave si sombre, couvert de la couverture du démon. Et il était là, mon pauvre frère, famélique et à demi-nu. Je l'avais sauvé de l'Enfer pour le remettre sur Terre. J'avais sauvé cette personne qui me servait de guide lumineux. Puis il avait vécu sa propre vie, à la fois loin et proche de la mienne. Bien que nous suivions nos chemins, nous nous retrouvions de temps à autre. Mais au final, j'étais extremement admiratif de tout ce qu'il avait pu faire de sa vie.

Mais il disait que ce n'était pas grave. Qu'il était heureux que je sois en vie. Mon coeur reprenait goût en une chose. L'espace d'une seconde, j'avais eu l'impression de tout perdre. Sentiment d'espoir, sentiment de famille. J'étais tellement content de ses dernière paroles que je souris avec une sorte d'immense excitation bonne enfant. Je continuai de tenir la Croix contre mon coeur, m'en voulant à présent d'avoir osé la jeter. J'essuyai mes larmes et me moucha sur un bout de ma soutane. Même mes vêtements étaient un mensonge. Je ressortis ma Bible et la regarda avec un petit sourire, avant de l'embrasser calmement.

Pardonne-moi d'avoir douté de ma Foi.

Je parlais autant à moi, qu'au Grand Seigneur qui nous regardait depuis le sommet des Cieux, qu'à ma Bible, qu'à ma Croix, mais surtout, qu'à mon frère. Je lui jeta un regard plein de compassion.

Mon Frère, mon ange gardien...crois-moi, je suis bien plus misérable...j'échoue tant tout ce que je veux entreprendre et ma Foi en toi est la seule chose qui me reste encore à tenir...


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MessageSujet: Re: "Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. " [ Les Frères Williams & Strathearn] [Fini] Jeu 18 Sep - 13:40


"Et nous avons ce commandement de Dieu."
(le coucou)







Il ne m'avait pas fallu longtemps pour en avoir plus qu'assez de ma ronde dans le manoir. Je veux dire, tous ces murs se ressemblent. Je pouvais toujours continuer de tourner inlassablement les pages des livres dans la bibliothèque. Mais ne faire que ceci de mes journées, voilà bien peu pour moi. De mes errements, j'avais réussi à acquérir des parchemins et des plumes afin de poursuivre par écrit les choses qui me traversaient l'esprit jusqu'à parfois déborder. J'y inscrivais parfois ce que je vivais dans ces ténèbres. Les gens que je croisais, mais surtout ceux auquel je faisais vivre le supplice du miroir. Même en réalité, ce miroir n'est globalement rien sans l'usage de la poudre bleu et de mes mots. C'est entièrement une histoire de croyance. Mais je croyais tellement fort à son pouvoir que je doutais d'avoir besoin de drogue ou de monologue pour voir ce que je redoutais. A cette seconde où je marchais dans les couloirs du sous-sol, je pouvais sentir le manche de cet fameuse création ancestrale. Il frottait entre ma chemise et ma veste de bleu. J'essayais de ne pas  penser, mais c'était délicat. Car c'était à la fois ma Croix à porter, l'Epée pour me défendre et celle de Damoclès pour me tuer.

Mais bientôt à l'esprit me vient une obligation de l'instant: me changer les idées. J'avance donc au grès du vent inexistant en ces lieux et passe dans le couloir des scientifiques. Tellement d'identité caché derrière ces portes, je n'en connaissais pas la moitié. Je savais déjà qu'à cette seconde je passais le bout de mes doigts sur la porte de Kathleen. Un petit sourire me vint aux lèvres au souvenir de ce qu'il s'était passé. Mon coeur se réchauffe et me donne la force de m'éloigner, car de toute façon, je n'avais aucune raison de revenir avant un moment. Elle avait besoin de calme pour ces expériences. Puis, le fait de me poster à côté d'elle pour observer ses gestes ne me sortirait absolument pas de l'ennui dans lequel je m'étais embourbé. Je glisse le long du couloir pour trouver d'autre idées. Je pourrai rencontrer un autre scientifique, mais comment faire sans patient à mon bras ? Enfin, on ne dérange pas ces braves gens -bien que très stupide pour la plupart. Mais le goût d'interdit pour l'idée n'était pas des plus sans intérêt. Souriant, j'ouvre la première porte qui me passe sous le nez à l'instant où je prends la décision de le faire.

Salutations !

J'offre un grand sourire, les mains sur les hanches, à tous ceux qui peut-être seraient là. Mon regard tombe sur deux hommes qui étaient en train de se parler. L'un d'eux semblait être un scientifique, l'autre un prêtre. Je fais semblant d'être surpris de les voir et esquisse un mouvement de recul.

Oh, Monsieur et Mon Père, excusez-moi. Je me croyais ici dans le laboratoire de Miss Hodge.

Avec quelques enjambés seulement, me voilà auprès d'eux, leur tendant ma main. J'empoigne celle du scientifique avant de serrer celle offerte avec méfiance par le prêtre. Ce dernier la retira bien rapidement tout en me jaugeant d'un regard inquisiteur.

Ce n'est pas la peine de me servir du Mon Père, je suis pasteur. Qui êtes-vous ?

Je sentais parfaitement de par son regard que je ne semblais pas le bienvenue pour une raison ou une autre. Sa voix aussi était froide. Si dans ce cas-là, ce n'était pas un prêtre, pourquoi portait-il ce costume ridicule ? Enfin bon, c'était bien là le cadet de mes soucis. Me tournant donc vers l'autre homme, je fais une révérence princière, comme l'on me l'avait appris dans ma jeunesse. Le pasteur prenait une grande respiration tout en retenant sa croix contre son corps, à la manière d'un doudou. Il semblait être un peu stressé. C'était une conversation si passionnante que cela que je venais d'interrompre? Toujours était-il que de savoir que j'allais pouvoir connaître deux nouvelles personnes me mettait un grand sourire sur mes lèvres. Les gens de l'extérieur sont toujours extrêmement intéressant. Même ceux qui finissait par tomber dans le manoir.

Excusez-moi...Monsieur, alors. Je suis Hamish Of Strathearn !


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MessageSujet: Re: "Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. " [ Les Frères Williams & Strathearn] [Fini]

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