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Das Feuer liebt mich nicht.

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admin schizophrène et dérangé
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MessageSujet: Re: Das Feuer liebt mich nicht. Lun 28 Juil - 21:42


Das Feuer liebt mich nicht.

Le torse de Felix se soulevait péniblement tandis que la douleur commençait à passer légèrement. Elle demeurait toujours insupportable mais était néanmoins tolérable. Il n’y avait plus de quoi crier pour tenter de se soulager, gémir doucement suffisait. En effet, sa plaie fraichement recousue n’avait bien évidemment pas encore cicatrisée et à chaque bouffée d’air, Felix la faisait douloureusement bouger. Enfin, il n’avait plus trop à se plaindre désormais. Le pire était sûrement passé. Probablement… Oui, c’était même quasiment certain. Après tout, qu’est-ce qui pourrait être pire qu’une éventration presque sans anesthésie ? Il soupira très doucement quand il vit la Scientifique s’éloigner de la table d’opération. Elle n’avait toujours pas répondu à sa question et ce silence commençait à l’angoisser légèrement. Il n’était pas sauvé ? Il avait enduré toute cette torture pour rien ? Non, non, impossible… Étrangement, il lui faisait confiance. Il savait qu’elle faisait du bon boulot… Même si quelques instants plus tôt, il en avait douté fortement. « Allons, Felix… Si elle travaillait si bien que cela, tu n’aurais pas eu mal après la première opération… Même pendant. Non, elle ne connaît pas son métier et tu n’es qu’un cobaye parmi tant d’autres. » Le dément fronça les sourcils, gêné que Tinky lui parle dans un moment pareil. Sa tête tomba cependant légèrement sur le côté et sa joue entra en contact avec la table d’opération. Ses paupières devinrent lourdes et sa vue se brouilla légèrement, tout comme ses pensées. Il avait envie de dormir…

Il tenta alors de rouvrir les yeux, soudainement angoissé. Avoir envie de dormir dans un moment pareil pourrait signifier un décès proche du corps, non ? En y réfléchissant, il constata qu’il n’avait pas si froid que cela… Cette pensée le rassura immédiatement et il se permit de fermer doucement ses yeux. La Scientifique allait se débrouiller toute seule pour le ramener à sa seule. C’était elle qui l’avait conduit ici et fait endurer la plus atroce des tortures, elle n’avait qu’à assumer les conséquences. De toute façon, il mangeait tellement peu dans ce manoir qu’il n’avait presque plus que la peau sur les os et donc, ne devait pas peser bien lourd. Cependant, cela faisait quelques dizaines de secondes que la rouquine ne l’avait pas touché. Pour quoi faire ? Et bien éponger le sang, vérifier le rythme cardiaque et pulmonaire, des choses de médecins, quoi… Mais là, rien… Soit, elle possédait un véritable don pour diagnostiquer son patient avec juste un regard, soit elle n’en avait absolument rien à faire de son état. Et comme la deuxième supposition lui paraissait être la plus crédible, il s’en convainquit et soupira. De plus, elle n’avait toujours pas répondu à sa question. Elle avait dû quitter silencieusement la pièce pour le laisser croupir ici. Enfin bon, il aurait la paix, comme ça…

C’est alors qu’il entendit son prénom, au loin. Enfin, c’était l’impression qu’il avait, son cerveau étant à moitié endormi. Même la voix était familière. Un peu trop peut-être. Entendue très récemment par exemple. C’était la Scientifique qui lui parlait… Non, il ne pouvait pas rêver d’elle, ce serait absurde ! Cependant, alors qu’il ouvrait lentement les yeux, il entendit plus distinctement la voix qui lui intimait la patience. Il vit alors la rouquine penchée sur la table d’opération, la tête reposant dans sa main. Il ne comprit pas tout de suite ce qui n’allait pas. Puis, il vit plus distinctement le teint livide de la jeune femme et comprit rapidement que quelque chose n’allait pas. C’était bien là un comble ! Le médecin était malade à son tour ! « Je t’avais dit qu’elle était incompétente. » Les paroles de Tinky firent d’abord venir une certaine colère en lui. La colère que cette femme n’ait pu le soigner correctement avant de tourner de l’œil. Qu’elle n’ait réussi son opération qu’au bout de la deuxième fois. Que maintenant, elle lui demandait d’être patient. Ses poings se fermèrent faiblement. S’il avait été dans un meilleur état, il aurait sûrement piqué une crise. Ces crises qu’il avait d’ailleurs de plus en plus de mal à contrôler… Il inspira profondément et essaya de chercher la cause de l’air malade et fatigué de la rouquine. Mais son corps était bien trop amoché pour le faire réfléchir correctement. Sa blessure lui faisait encore mal, le laudanum, toujours effet, et sa tête lui donnait l’impression d’être rempli de plomb. Il n’arrivait pas à déduire d’où pouvait provenir son mal et encore moins trouver une solution.

- Je… Je ne vois pas quoi faire… pour vous aider…

Il entendit alors Tinky rouspéter dans son crâne. Il fronça de nouveau les sourcils et poussa une sorte de son entre le gémissement et le grognement afin de faire partir l’affreuse voix dans sa tête. Il l’aiderait s’il le voulait. Et ce n’est pas sa conscience qui lui dicterait quoi faire.



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MessageSujet: Re: Das Feuer liebt mich nicht. Lun 18 Aoû - 11:12


Das Feuer liebt mich nicht.



L'ingénieure, après quelques secondes durant lesquelles son équilibre fut menacé au point qu'elle ne parvenait plus à concevoir dans quelle direction la force de gravité était sensée s'exercer sur elle, finit par reprendre ses esprits. Quelques nuages grisâtres flottaient encore sur son champ de vision et brouillaient ses yeux pâles lorsque ses doigts blanchâtres se crispèrent sur le rebord métallique de la table d'opération, dans un effort pour se redresser après le malaise qui l'avait faire vaciller. La voix de son patient lui parvient alors, non pas lointaine – comme elle le fut auparavant – mais bien claire, présente. La scientifique risqua alors un sourire et prononça avec douceur les mots qui constituaient la seule réponse adéquate.

« Vous ne pouvez pas m'aider, Felix... Mais ce n'est rien. Rien de grave. »

Et la jeune femme chassa totalement l'incident de son esprit pour se focaliser entièrement sur le corps torturé de celui qui fut son malheureux sujet d'expérimentation. Elle se sentait certes plutôt faible, mais cela n'avait rien à voir avec l'état objectivement grave de son patient, et elle élimina sa propre santé de la liste de ses sujets de préoccupation. Ses gestes, quoique un peu tremblants, tâchèrent de rester précis et mesurés tandis qu'elle essuyait le sang à l'aide d'un linge de la taille d'une serpillière, linge originellement blanc mais dont les lavages successifs ne suffisaient plus à éliminer les halos brunâtres, vague échos de l'écarlate dont le tissu avait été imprégné. Ce fut toujours avec délicatesse qu'elle versa un filet de liquide désinfectant le long de la plaie de Felix – tout en sachant pertinemment que cela serait terriblement douloureux pour l'homme – dont le seuil de tolérance à la souffrance devait d'ailleurs avoir été dépassé depuis longtemps. Mais souffrir n'était pas mourir. Et c'était déjà ça. L'ingénieure qui se prenait pour un médecin parcourut ensuite le corps de son patient d'un regard critique. Elle pensa un instant qu'une nouvelle dose de laudanum serait loin de lui faire du mal, mais...

« Je ne peux pas vous donner plus de laudanum maintenant. Vous en mourriez. »

Suite à ces mots, elle s'éloigna et, s'agenouillant devant un coffre, en revint avec un drap et une couverture qui, à défaut d'avoir l'air neufs, semblaient du moins propres et entiers. Pliant le drap, la jeune femme le plaça derrière les cervicales de son patient, afin de lui garder la tête légèrement surélevée. La couverture fut étendue sur le corps du sujet d'expérimentation sans remonter plus haut que jusqu'à la taille, la scientifique supposant que la blessure ne supporterait sans doute pas le contact du tissu. La jeune femme se redressa alors, se saisit d'une pile de notes sur son bureau après quelques pas relativement assurés et, avec un soupir, retourna s'asseoir auprès de son patient. Au passage, elle fit tinter les entraves métalliques – inutilisées pour le moment – vissées à la table d'opération.

« J'espère que nous n'aurons pas besoin de ça. »

Sans relever les yeux des feuilles couvertes de son écriture hâtive et anguleuse, elle ajouta d'un ton totalement dénué d'émotion :

« Il serait dangereux de vous déplacer dans votre état – vous resterez ici un moment. Dites-moi si vous avez soif. Froid. Je tâcherais de vous trouver à manger, quand vous le pourrez. »




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MessageSujet: Re: Das Feuer liebt mich nicht. Mer 10 Sep - 15:03


Das Feuer liebt mich nicht.

Felix regarda la Scientifique avec un air inquiet. Elle était toujours très pale et il n’avait pas vraiment envie qu’elle s’évanouisse maintenant. Parce qu’il était bien incapable de faire quoique ce soit pour l’aider et s’aider lui-même. Il la vit alors prendre une bouteille d’alcool. Il retint son souffle, s’imaginant parfaitement ce qu’elle allait faire. Dès que les quelques gouttes qu’elle fit tomber sur sa blessure entrèrent en contact avec cette dernière, ses mâchoires se refermèrent et il poussa un son entre le grognement et le gémissement de douleur qu’il essayait de contenir le plus possible en lui. Mais l’alcool dévorait aussi bien les infections que la peau et la souffrance fut de nouveau insupportable. Il n’avait même plus la force pour gigoter afin d’essayer de faire couler l’alcool sur les parties de son torse encore intactes. Mais rien n’y fit, rien ne le calma, pas même le petit coussin de fortune qu’écrasait sa tête qu’il avait rejeté en arrière. Elle refusa de lui donner du laudanum. Il n’en avait pas demandé après tout mais il se doutait qu’elle lui en avait déjà administré une forte dose et que cela ne servait à rien s’il succombait à une overdose. Surtout que dans son état, son corps n’aurait pas de quoi se défendre. Quoiqu’il en soit, sa respiration devint lente, faible et rauque et il avait de plus en plus de mal à garder les yeux ouverts. Il essaya de se rassurer en se disant qu’il n’avait pas froid. Il entendit la Scientifique parler mais il n’écouta pas vraiment, ses oreilles se bouchant. Après avoir essayé plusieurs secondes, voire quelques minutes à rester conscient, il ferma ses paupières, cessant de lutter contre ce pseudo-sommeil.

Voyant une opportunité pour lui de prendre le dessus, Tinky ouvrit les yeux pendant que Felix se reposait. Le moineau sentait bien que ce corps qu’il partageait était en piteux état, mais l’avantage quand on est une hallucination, donc créée par le cerveau, c’est qu’on ne ressent rien. Si sa cervelle a décidé de faire une personnalité indépendante de la sienne, c’était vraiment pour les dissocier. Donc Felix souffrait le martyr suite à son opération et Tinky ne sentait rien. Juste légèrement la fatigue des muscles mais c’était encore parfaitement utilisable. La douleur était généralement ce qui terrassait un corps. Felix s’était évanoui à cause de sa souffrance. Mais il prenait la relève maintenant. Et allait les emmener loin de cette rouquine. Il enleva la couverture de sa taille qui était bien inutile et se redressa le plus naturellement du monde. Il regarda la blessure qu’il évita de toucher bien que la tentation soit forte. Ce n’était pas parce qu’il ne sentait rien qu’il fallait faire n’importe quoi. C’était un même corps. Et les mêmes conditions médicales s’appliquaient à Felix comme à lui. Il ne lui fallait donc pas gesticuler dans tous les sens. Mais ce n’était pas son genre. L’œil mauvais, il sourit à la Scientifique. Il descendit de la table d’opération avec prudence. Dans l’état dans lequel se trouvait sa tortionnaire, elle ne pourrait pas l’empêcher de faire quoique ce soit. Il fit donc le tour de la table d’opération pour se poster devant la jeune femme. Il jeta un regard autour de lui et prit un scalpel encore rouge de son propre sang. Il la saisit alors avec force à la gorge et l’obligea à se mettre dos à la table. Il usa alors de son poids pour la faire cambrer en arrière, se rapprochant un peu plus d’elle. Leurs jambes se touchaient, Tinky voulant créer une telle proximité pour la déranger. Il veilla cependant à ne pas faire frotter sa blessure. Il jeta un coup d’œil aux mains de la rouquine qu’il avait volontairement laissé libre de tout mouvement. Même si elle essayait de le frapper, il ne ressentirait rien et se fatiguerait en moins de temps qu’il ne m’en faut pour l’écrire. Il resserra l’emprise de ses doigts sur son cou et approcha le scalpel qu’il tenait dans sa main droite de son œil bleu. Il ne cessa pas de sourire, son haleine sentant un mélange de laudanum et de sang, ses dents encore rougies par l’hémorragie qu’il avait faite. Leurs fronts se touchaient presque qu’il susurra d’une voix mielleuse :

- Si tu nous refais quoique ce soit qui nous coûterait la moindre goutte de sang, le moindre bout d'intestin, la moindre mèche de cheveux, je te fais gicler les yeux un à un de leurs orbites. Est-ce que j'ai été clair ?



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MessageSujet: Re: Das Feuer liebt mich nicht. Ven 30 Jan - 19:28


Das Feuer liebt mich nicht.



Kathleen n'était pas du genre à se laisser impressionner. Loin de là. Mais sa surprise fut réelle lorsque son patient – qui avait flirté avec l'agonie – se leva sans la moindre marque de douleur et contourna la table d'opération pour la rejoindre. Son saisissement fut en réalité tel qu'elle ne songea pas à esquisser le moindre geste avant que l'homme au torse couturé de blessures encore bien loin d'être refermées lui enserra le cou d'une poigne qui dénotait une force pour le moins anormale avant de lui ôter toute liberté de mouvement, bloquant la scientifique entre la table d'expérimentation et son corps sanguinolent.

« Si tu nous refais quoique ce soit qui nous coûterait la moindre goutte de sang, le moindre bout d'intestin, la moindre mèche de cheveux, je te fais gicler les yeux un à un de leurs orbites. Est-ce que j'ai été clair ? »

« On ne peut plus clair... » murmura-t-elle d'une voix neutre en luttant pour écarter sa tête de la pointe meurtrière. Mais elle se sentait faible, les mains de Felix lui enserraient la gorge et l'empêchaient de respirer convenablement, et la barre métallique qui formait le bord de la table d'opération métallique formait un axe douloureux en travers de son dos, tout en lui ôtant toute possibilité de garder ses distances autrement qu'en se cambrant un peu plus. La jeune femme avait la très nette impression de jouer avec le feu. Élevant doucement les mains à hauteur de son visage, elle fit de son mieux pour les maintenir dans le champ de vision de celui qui était soudainement passé au statut d'agresseur.

Bon sang.
Cela n'avait aucun sens.
Elle venait d'à peu près soigner son hémorragie interne et d'effectuer une transfusion. Elle avait bien dû lui injecter près de trois quarts de litre de sang, mais cela n'expliquait en rien un tel sursaut d'énergie. Et Kathleen n'appréciait pas du tout. Elle n'appréciait pas du tout le sourire sardonique qui barrait le visage du dément. Elle n'appréciait pas du tout que l'on essaye de l'étrangler, quand bien même ç'aurait pu passer pour une réaction légitime pour quelqu'un qui n'aurait pas été aux portes de la mort. Et elle aimait encore moins apercevoir du coin de l’œil la vrillante menace du scalpel pointé sur son globe oculaire.

Mais elle ne paniqua pas. Son cœur battait bien un tantinet rapidement, elle avait bien conscience que quelque chose ne tournait pas rond – et que Felix avait très probablement perdu la raison, mais elle resta calme. Elle regarda son interlocuteur dans les yeux et murmura d'une voix que la pression exercée sur sa gorge commençait à rendre rauque :

« Lâche-moi, Felix. Tu n'es pas en état de rester debout. »

Elle ne cherchait pas encore à comprendre. La priorité était simplement d'écarter la menace on ne peut plus directe que constituait une lame dans la main d'un dément. Elle n'était clairement elle-même en état de poser des conditions – elle faisait semblant, voilà tout.




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MessageSujet: Re: Das Feuer liebt mich nicht. Ven 6 Mar - 0:10


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La garce semblait avoir compris le message. Après tout, il lui semblait bien que la menace d'un scalpel dans les yeux était une raison suffisante pour comprendre au commun des mortels. Tinky était donc satisfait d'avoir en face de lui une Kathleen docile et obéissante. Et il appréciait de la voir essayer de ne pas perdre la face devant lui. Un sourire cruel vint barrer son visage, se délectant de cette peur palpable, cette incompréhension qu'il pouvait lire dans ses yeux clairs. Elle reprit la parole et son sourire disparut, transformant son visage en une expression de froideur malsaine. La bouche entrouverte et le menton relevé, il regardait la lame du scalpel puis le cou de la Scientifique avec un désir presque pervers dans le fond de ses yeux noirs. Un nouveau sourire vint étirer ses lèvres au bout de quelques secondes. Il savait pertinemment que ce corps n'était pas en état de rester debout trop longtemps mais cela ne lui importait guère, il ne sentait rien, aucune douleur physique, aucune fatigue. Tinky était juste un esprit qui prenait possession du corps de l'horloger pendant un certain temps. C'était ce dernier qui devait souffrir le martyr dans son inconscience réparatrice. Il sourit un peu plus, renforçant légèrement son emprise sur la gorge de Kathleen avant de prendre la parole :

- Parce que tu penses être en état pour nous dire quoi que ce soit ? Felix dort.

Nouveau sourire. Il prit la pointe du scalpel et, à quelques millimètres de l'œil de Kathleen, à l'extrémité de sa tempe, il l'incisa d'une toute petite poignée de millimètres, juste histoire de faire un petit trait rouge d'où coula une larme de sang. Il ricana alors mesquinement, regardant la Scientifique d'un moqueur et arrogant. Son sourire disparut alors, sentant que son corps était en train de reprendre le dessus. Il dut donc s'effacer pour laisser place à un Felix aux abois, regardant partout autour de lui comme un chien perdu. Que faisait-il debout bon sang ? Que faisait-il en train d'étrangler Kathleen avec un scalpel à la main ? Il regarda la lame avec effroi avant de brusquement se reculer de la Scientifique, la permettant de respirer. Il laissa tomber le scalpel comme s'il s'agissait de quelque chose de sale et brûlant. Son corps le rappela rapidement à la réalité cependant. La douleur dans son ventre était toujours si insupportable. Il s'accrocha donc à la première chose qui lui tomba sous la main, le regard toujours aussi affolé. Il porta sa deuxième main sur les blessures infligées par Kathleen. La douleur continuait de lui déchirer les intestins, restant debout comme il le pouvait, cherchant une explication quelque part et un lieu pour fuir.

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MessageSujet: Re: Das Feuer liebt mich nicht. Ven 5 Juin - 22:25


Das Feuer liebt mich nicht.



Kathleen n'avait pas bougé. Pas effectué le moindre mouvement. Elle était loin de se sentir en sécurité, bien entendu, son cœur battait la chamade au rythme chaotique de ses pensées, mais sa résolution était suffisamment forte pour l'empêcher d'initier le moindre mouvement, pour l'empêcher même de trembler. Elle savait, elle sentait, comme l'écho d'un savoir instinctif, que le moindre geste de défense ne ferait qu'empirer la situation. Alors elle se tint droite et resta stoïque tandis que la pointe du scalpel s'enfonçait à travers la peau fine et pâle de sa tempe, résista à l'envie de se mordre les lèvres ou même de simplement cligner des yeux lorsqu'elle sentit le sang perler en une larme écarlate près de la jonction entre l'os de son crâne et de sa mâchoire. Non, son regard acier resta planté dans les iris folles et les pupilles dilatées du dément. Sans ciller. Sans prêter, non plus, à l'étrange phrase « Felix dort. » autant d'attention que celle-ci l'aurait mérité.

Puis, soudain, la menace s'écarta. Les yeux changèrent drastiquement d'expression tandis que le scalpel heurtait le sol avec un ricanement métallique. La pression sur la trachée de Kathleen sembla s'évaporer, qui reprit sa respiration après une brève quinte de toux. Bon sang.

L'homme avait visiblement repris contact avec la réalité. Avec sa condition de simple être composé de chair et de fluides divers. Avec la douleur. L'air complètement perdu et affligé, il promenait autour de lui un regard horrifié tout en comprimant du plat de la main ses blessures potentiellement mortelles. Il... Il n'avait plus l'air dangereux. Plus vraiment.

Sans prêter garde à la désagréable sensation de circulation sanguine qui suivait l'arrêt de sa strangulation, marquant sa gorge claire d'une ombre bleuâtre, la scientifique s'avança prudemment vers Felix. Sans prononcer un mot, elle lui entoura les épaules de son bras et, le soutenant de son mieux, le força à la suivre dans une pièce attenante au laboratoire où agonisait avec zèle un reste de chandelle. Là se trouvait un lit. Et il n'y avait rien de plus logique, puisqu'il s'agissait de la chambre de la jeune femme. De son lieu de repos. Et c'est là qu'elle installa son patient – sujet d'expérimentation – tout dépendait du point de vue. Sur son propre lit. En espérant que les bandages suffiraient à protéger le drap grossier d'éventuelles souillures de sang.

Ce ne fut que lorsqu'elle eut rompu tout contact avec le dément que Kathleen commença à subir le contrecoup physique de sa légère – et invisible – panique des moments précédents. Ses mains tremblaient. Sa voix aussi, lorsqu'elle se pencha, menaçante, sur l'amnésique au bord de l'agonie.

« Ne. Refaites. Jamais. Cela. »

Elle s'adossa ensuite au mur. Esprit clair. Mains tremblantes.




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Dernière édition par Kathleen Hodge le Dim 24 Avr - 9:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Das Feuer liebt mich nicht. Lun 18 Avr - 14:57



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« HILF MIR. »

Rien n’allait plus. La douleur dans ses entrailles l’aveuglait et lui agressait le cerveau. Ses oreilles sonnaient comme si quelqu’un produisait des ultrasons dont le but premier aurait été de torturer. Il s’accrocha à la table, ses pieds commençant à céder sous lui et partant en avant. Il ne sut sur quoi il glissait, de la sueur, du sang, de l’eau, ou tout simplement ses jambes qui n’avaient plus suffisamment de forces pour lui obéir. Il ferma les yeux, les sifflements dans son crâne se faisant plus stridents encore et sa tête commença à tourner violemment. Alors qu’il se sentit tomber, des bras vinrent le saisir et le maintenir. Il eut l’impression qu’on voulait le déplacer et se laissa donc faire, mettant difficilement un pied devant l’autre, manquant de trébucher et de s’écraser par terre plusieurs fois. Il avait l’impression d’être aveugle. Il ne voyait absolument rien, ne sachant dire si ses paupières étaient closes ou que ses yeux étaient tout simplement devenus vitreux. Il était aux portes de l’inconscience et il commençait à avoir froid. Vraiment froid. Ses lèvres en étaient même devenues violettes. Cependant, il suait toute l’eau qu’il pouvait de son corps, collant ses cheveux sur son front. Il sentait qu’une violente fièvre était en train de s’installer dans son crâne mais il n’eut même pas la force de le dire.

On le coucha. C’était la première fois qu’il était posé sur un matelas. Ce luxe qu’avaient les Scientifiques et les Brutes tout de même… Il était convaincu que certains se plaignaient sûrement de leur condition alors que celle des Amnésiques était sûrement plus déplorable. De toute façon, la façon dont on traitait les êtres humains ici était tout aussi déplorable. Il ouvrit péniblement les yeux qu’il posa sur le visage blafard de la Scientifique à côté de lui. Il vit ses lèvres bouger mais il ne put entendre sa voix. Il avait l’impression d’être dans une sorte de bulle insonore. Non, il avait plutôt l’impression d’être dans bras. Ceux de la Mort ? Ceux d’Amy ? Si seulement… Il regarda le plafond, les yeux humides. Être allongé lui faisait du bien, mine de rien. Sa femme… Il aurait bien aimé l’avoir près d’elle dans un moment pareil. Ou pas, finalement. Il ne voulait pas tellement qu’elle le voit dans un tel état, à l’agonie ou presque. Il soupira et se tourna finalement vers Kathleen. La chambre était bien la sienne. Étrange qu’un Scientifique dépense autant d’énergie à maintenir en vie une expérience ratée.

- Pourquoi… votre chambre…?
© plumyts 2016




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MessageSujet: Re: Das Feuer liebt mich nicht. Dim 24 Avr - 10:17


Das Feuer liebt mich nicht.



La scientifique n'avait guère de réponse à offrir à la question au fond tout à fait naturelle du dément. Pourquoi sa chambre ? Elle haussa les épaules, accompagnant son geste d'un mouvement de tête quelque peu étrange, car elle eut le réflexe de détourner le regard tout en essayant de garder un oeil sur son patient. La posture qui en résultait se révélant plutôt inconfortable, elle décida finalement de regarder le sol. Et puis non, Felix. Le sol. Felix. Son embarras commençait à devenir flagrant. Non pas que la scientifique fût en proie à un quelconque remords, culpabilité, ou autre sentiment négatif impliquant que ce qu'elle avait fait était mal. Il s'agissait simplement que... Non, elle ne voulait même pas y penser. Il se trouvait que... Kathleen était très certainement en train de s'attacher à son patient. Cobaye. Appelez-le comme vous le souhaitez. En principe, elle se fichait pas mal de l'état physique ou mental de ses sujets d'expérimentation. Elle n'appréciait pas qu'ils meurent, certes. Mais il n'y avait rien de personnel. C'était de la matière première perdue, voilà tout. Elle essayait de ne pas les faire souffrir inutilement, mais si cela se révélait nécessaire, elle n'avait en revanche aucun scrupule. Primauté de la science et de la découverte sur l'individu, voyez-vous. Or, cette fois-ci... La jeune femme craignait bien d'être en passe de s'attacher à cet homme qu'elle avait passé un certain temps à opérer et mutiler. Oh, juste un peu. Mais elle percevait clairement qu'une forme de sentiment s'insinuait lentement, péniblement peut-être, mais sûrement, dans le lien qu'elle avait formé avec le dément. Une forme d'affection, en somme. Dieu que c'était horripilant.

« Je n'allais pas vous laisser agoniser là-bas. Rien de personnel, ne vous en faites pas. » finit-elle par répondre avec le tact et la délicatesse qui la caractérisait. A la vue des gouttes de sueur qui roulaient en suivant la courbe du front de son patient, l'ingénieure qui tentait de se prendre pour une chirurgienne posa une main preste sur la peau brûlante de celui qu'elle avait presque achevé – limiter le contact physique au minimum, limiter le contact physique au minimum – obtenant ainsi la confirmation parfaitement superflue que l'homme brûlait de fièvre. Kathleen s'en alla ouvrir un de ses tiroirs à la recherche de précieuse aspirine. Un tube métallique contenait une petite quantité de poudre blanche. Kathleen en approcha ses narines avec scepticisme, avant d'afficher une moue mi-douteuse, mi-satisfaite, et de dissoudre cette poussière médicamenteuse dans un peu d'eau supposée encore potable. Elle s'assit ensuite au chevet de celui qu'elle s'efforçait visiblement de tuer, lui souleva la tête avec une douceur assez inattendue chez un tel individu, et entreprit de lui faire avaler le liquide trouble, petit à petit.

« Buvez. S'il vous plaît. Ça devrait au moins vous éviter de mourir. »

Si elle devait être honnête, la scientifique avait bien quelques questions à lui poser. Par exemple, s'il essayait de la manipuler ou si, dans le cas contraire, il était au courant de souffrir d'un apparent dédoublement de personnalité. Mais le temps de la parole viendrait lorsque celui du décès serait...au moins provisoirement écarté.






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MessageSujet: Re: Das Feuer liebt mich nicht. Lun 6 Juin - 16:29



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« HILF MIR. »

Felix ne pouvait rien faire, rien dire, à part geindre de douleur à cause de sa tête en feu. Son front le brûlait et la sueur ne changeait rien. Sa gorge commençait à s’enflammer à son tour tandis qu’il sentait que sa vue devenait floue. Il sentait cette transpiration venir tremper le lit sous lui, ne pouvant que s’agitait en priant pour que sa tête cesse de se consumer de l’intérieur. Et son ventre… Il avait l’impression de sentir son sang s’écouler entre les points de suture. À moins que ce ne soit que sa sueur. Comment savoir ? Pourquoi savoir ? Pourquoi réfléchir à cela maintenant alors que cela n’engendrerait qu’un effort mental supplémentaire de la part de son cerveau en feu ? Il poussa un long râle de douleur. Sa peau était plus pale que la poudre que versait la Scientifique dans un verre et que Felix n’avait même pas vue. Le teint blanc comme du lait. Tandis que ses yeux se cernaient un peu plus d’une ombre violacée, son regard rougit fixant le plafond quand les paupières n’étaient pas fermées sous la douleur. On l’aurait trépané que cela aurait eu le même effet sur lui. Un pieu ardant s’enfonçant lentement dans son crâne.

Il n’entendit même pas la scientifique, responsable de son calvaire, lui parler. Il sentit juste le verre froid se poser sur ses lèvres gercées et de l’eau s’en écouler. Sa langue ne sentit même pas le goût du médicament, le liquide glissa dans sa gorge brûlante, manquant de passer dans les poumons. Felix s’étouffa à moitié. Luttant pour prendre la moindre bouffée d’oxygène qui pénétrait son larynx comme s’il était en train de se noyer. La fièvre et sa blessure au ventre s’étaient alliées afin d’altérer toutes les autres fonctions, même vitales du corps du Dément. Le temps que le médicament fasse effet en tout cas. Il ne sut combien de temps dura cette torture de l’intérieur, comme l’étau autour du crâne, comme si sa cervelle était marquée au fer. S’il avait pu, il aurait hurlé en s’arrachant les cheveux, histoire d’enlever toute forme potentielle de chaleur supplémentaire. Mais il était pour l’instant incapable de bouger le moindre muscle, les séquelles de son opération lui interdisant tout mouvement. Il haletait, les yeux fermés, comme si l’air frais inhalé allait lui refroidir l’intérieur du corps. Cependant, cela ne lui fit faire que de l’hyperventilation et sa tête commença à tourner un peu plus. Il reposa à plusieurs reprises sa tête sur l’oreiller, incapable de faire quoi que ce soit pour faire passer sa fièvre dévorante.
© plumyts 2016




Jamais l'un... Sans l'autre.
How ever fast I dance to make the sun shine, I will never fall down. No matter what it takes, I'll try to save the ghost lights. How ever hard I pray to remake you mine, I will never feel down. No matter what it takes, I'll try to save the ghost lights. ©️ by Sun  
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Das Feuer liebt mich nicht.

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