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Das Feuer liebt mich nicht.

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MessageSujet: Das Feuer liebt mich nicht. Sam 21 Juin - 17:40





La bouche légèrement pâteuse, Felix ouvrit péniblement les yeux. La faible lumière du lieu où il se trouvait parvenait tout de même à éblouir ses yeux qui sortaient de l’inconscience dans laquelle il s’était trouvé. Qu’est-ce qu’il venait de se passer ? Et où était-il ? Tout tournait autour de lui et cela ne lui permettait pas d’émettre une hypothèse sur l’endroit où il se trouvait. Cela faisait un moment que Felix était prisonnier du Manoir et s’il avait bien appris quelque chose pour survivre entre ces murs, c’était de savoir où est-ce que l’on était. Certes, tous les lieux de la bâtisse regorgeaient de menaces plus ou moins mortels mais certains endroits étaient vraiment beaucoup plus dangereux que d’autres. À commencer par le sous-sol. Toute la partie enterrée du château était l’étage le plus infâme. Sa vision devient plus claire et ses esprits commencèrent à revenir. Cependant, sa tête lui faisait atrocement mal. C’était presque habituel quand il se réveillait quelque part, maintenant...  Au fur et à mesure que ses sens revenaient, il parvint enfin à déterminer la position dans laquelle il était. Allongé sur un matelas de qualité misérable. Car oui, Felix se demandait d’abord où il se trouvait avant de se soucier de son état. C’est pour cela que quand il se redressa brusquement en reconnaissant les matelas si caractéristiques des cachots, ainsi que les murs de ces derniers, il poussa un cri déchirant de douleur avant de porter la main à son ventre.

Il se plia en deux, espérant calmer la torture que lui infliger son propre corps, mais cela ne fit qu’empirer le tout. Ses oreilles sifflèrent de façon plus que stridente, rendant le tout insupportable. Sa tête se remit à tourner et sa vue se brouilla. Il n’était pas malade. Il ne sentait pas nauséeux. Mais pourtant, c’était bien ses intestins qui le torturaient atrocement. Et il était incapable de se souvenir précisément ce qu’il lui était arrivé pour en arriver là... Il attendit que la douleur se calme légèrement avant de tenter de se redresser doucement tout en gémissant de douleur. Une fois sur ses pieds, il chancela et se rattrapa en s’appuyant sur le mur froid de sa cellule. Il eut subitement chaud et sa tête ne cessa pas de tourner, ainsi que tout ce qu’il voyait autour de lui. Il tituba jusqu’à la porte et s’écroula presque en arrivant sur elle. Il jeta un regard entre les barreaux, essayant de chercher... Il ne savait pas ce qu’il était en train de chercher en fin de compte. Il était pris au piège. La dernière fois qu’il s’était retrouvé dans une situation pareille, Amy était venue l’aider par on ne sait trop quel miracle. Après une violente et funeste dispute en guise de retrouvailles. Mais il doutait fortement que sa fantomatique épouse ne revienne l’aider une fois de plus. Non, il était livré à lui-même, ou plutôt, aux Scientifiques et aux Brutes. Il entendit alors des bruits de pas à sa gauche, malgré le sifflement toujours aussi strident de ses oreilles. Il tourna lentement la tête, les poings serrés sur les barreaux de la lucarne de la porte pour conserver son équilibre. Il aperçut une silhouette approcher. Elle n’était pas si loin que cela de lui et la luminosité était suffisante pour qu’on la reconnaisse, mais la vision du dément était trop trouble pour qu’il puisse reconnaître ce qui semblait être une femme en blouse blanche. Ses cheveux étaient... ils avaient la même couleur que le feu. Et étrangement, ils lui étaient affreusement familiers. Il fronça un peu plus les sourcils qu’il ne les avait déjà et la regarda approcher, des flashs de souvenir commençant à revenir dans sa mémoire. Une table. Une lumière aveuglante. Des cris. Du sang. Et la douleur. Toujours là. Et insoutenable. Il commença à se rappeler ce qu’elle lui avait fait. Il passa un doigt son torse et sentit la cicatrice sous sa chemise. Il gémissement de douleur avant de relever la tête vers sa tortionnaire.

- Laissez-moi sortir.

Il aurait préféré que sa voix fût moins tremblante et fragile. Mais ce ne fut pourtant pas le cas et son corps ne le lui laissa pas le choix. Tout comme le regard meurtrier qu’il lui lança. Ses yeux rougis par la douleur avaient plus implorant qu’autre chose.


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MessageSujet: Re: Das Feuer liebt mich nicht. Sam 21 Juin - 21:12




















La scientifique avançait le long du corridor pavé sans pouvoir se départir d'une certaine appréhension. Ce n'était pas la première fois qu'un quelconque patient – ou plutôt devrions-nous dire sujet involontaire d'expériences de vivisection – lui posait problème par un cruel manque de coopération, loin de là. Parfois, lorsqu'elle craignait d'être dépassée par la rébellion de l'un des individus qu'elle conservait précieusement sous clé, il lui arrivait de se faire accompagner par l'un des monstrueux serviteurs de Rockwood – non sans répugnance, il est vrai. La présence de cette créature suffisait néanmoins, dans la plupart des cas, à raisonner les potentiels révolutionnaires. Quant aux imprudents – car il y en avait, ils subissaient les conséquences de leur manque de jugement. Mais, cette fois-ci, Kathleen marchait seule. Ses pas claquaient contre le dallage gris des cachots tandis qu'elle progressait, un pas après l'autre, le long des cellules. De temps en temps, elle levait sa lanterne et, le regard dur, scrutait l'intérieur de chaque cage par l'interstice grillagé. Non. Non. Et non. Il n'était pas là.

Et, finalement, les yeux froids de la scientifique rencontrèrent le regard dolent de son dernier cobaye en date. Sa voix implorante, où perçaient une souffrance insoutenable, traversa les tympans de la jeune femme avant d'être traitée en tant qu'information par son cerveau – qui, à défaut de lui faire éprouver de l'empathie, lui apporta le constat suivant : pour que l'individu mâle qui se tenait tant bien que mal debout derrière les barreaux de sa cellule se soit retrouvé dans un état pareil dans la demi-journée qui avait suivi son opération, il fallait que quelque chose ait mal tourné. L'expérience risquait d'être un échec. Sans que ni ce constat, ni les gémissements du prisonnier ne fassent vaciller son sang-froid, Kathleen se saisit de la clé pendue à sa ceinture et déverrouilla la porte de la cellule d'un mouvement vif. Après quoi l'instrument regagna rapidement sa place première, et Kathleen se saisit de l'outil qu'elle avait pris soin de glisser à l'intérieur d'une des poches de sa blouse. Une clé anglaise. Au cas où. On ne savait jamais. Serrant fermement la barre de métal dans sa main droite, la jeune femme fit pivoter le battant sur ses gonds de l'autre main. Son regard neutre vrilla la demi-obscurité pour aller se planter sans agressivité dans les pupilles de son vis-à-vis.

« Venez avec moi. N'essayez pas de vous enfuir. Vous avez besoin de moi – ou vous allez mourir. »

La scientifique fit un pas vers l'individu avec précaution. Elle souhaitait sincèrement ne pas avoir affaire à une soudaine explosion de violence – sans quoi la clé anglaise entrerait brutalement en contact avec le cuir chevelu de l'homme à la mèche blanche. Pourtant, elle aurait regretté d'avoir à en venir à cette option. Cet homme n'était qu'un sujet d'expérimentation comme un autre, certes, mais sa volonté première n'était certainement pas de l'abîmer. Elle avait conscience d'avoir, cette fois, touché à l'intérieur d'une créature humaine, et sentait qu'en raison de cela la délicatesse était plus que jamais de mise. Elle glissa donc son bras libre dans le dos de son cobaye, le soutenant fermement tandis qu'elle le traînait lentement mais impitoyablement en direction de son laboratoire.

« Si vous avez un semblant d'intelligence, vous attendrez d'être sur pied pour tenter quoi que ce soit. »




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MessageSujet: Re: Das Feuer liebt mich nicht. Sam 21 Juin - 22:54





Felix soutint bravement le regard de la Scientifique qui le jugeait d’un regard parfaitement impassible. Cela irrita passablement le prisonnier de la voir aussi froide. Comme si elle se foutait complètement du résultat. Il souffrait le martyr et pour quoi ? Pour rien ? Si ce qu’il avait dans le ventre devait le tuer, autant que ça serve à quelque chose. Que son sacrifice n’est pas été vain. Si elle avait simplement joué avec lui, si elle lui avait juste ouvert le ventre et saccagé les viscères pour son petit plaisir, il se jura intérieurement de venir la hanter chaque jour et chaque nuit quand il serait devenu fantôme. Mais en attendant, il la regarda s’approcher avec un air méfiant. Allait-elle vraiment l’écouter ? Allait-elle vraiment le laisser partir ? Non, impossible… C’était ridicule. Elle ne pouvait pas… Elle ouvrit alors la porte sous le regard effaré de Felix. Il recula légèrement en arrière, le regard toujours craintif et suspicieux, le visage cependant crispé par la douleur toujours plus intense. Ses yeux se posèrent alors sur la clef anglaise que la Scientifique tenait dans sa main et il ne put retenir un petit soupire exaspéré. Il avait trop mal pour vouloir et pouvoir tenter de s’enfuir. Il avait juste envie que tout cesse maintenant. Cela ne faisait que quelques minutes qu’il s’était réveillé mais c’était déjà amplement suffisant pour endurer cette infâme torture abdominale.

C’est pour cela qu’il s’approcha docilement d’elle. Apparemment, il allait mourir s’il ne la suivait pas… Évidemment qu’il allait y rester si quelqu’un n’intervenait pas… Il n’avait jamais fait d’études de médecine mais on n’était pas obligé d’être un chirurgien pour comprendre que si la douleur restait telle quelle, il allait survivre. Il garda cette remarque pour lui, même s’il était très tenté de la sortir à la figure de sa tortionnaire. En revanche, sa souffrance était de plus en plus vive, de plus en plus atroce. Il ne pouvait s’empêcher de gémir quand il devait placer un pied devant l’autre. Enfin… traîner aurait été un terme plus approprié. Car non seulement il ne pouvait pas faire un seul mouvement sans que son ventre se mette à le lancer affreusement, mais cette douleur aigue semblait le vider du peu de forces qu’il avait. Il releva doucement la tête et il lui sembla reconnaître le laboratoire de la Scientifique qui n’avait pas dit grand-chose depuis qu’elle le soutenait. Doucement, il murmura d’une voix faible et rauque mais pleine d’espoir :

- Vous allez l’arrêter pas vrai…? La douleur…

Il n’en était pas spécialement convaincu lui-même. Plus il avançait, plus il sentait un important pessimisme monter en lui. Elle ne pourra pas le sauver. Il avait trop mal et ça devait être trop grave. Il sentit comme quelque chose couler en lui, mais, en baissant la tête pour voir si sa cicatrice s’était ouverte et sa chemise tachée, il ne vit rien. Pas une goutte de sang. Il gémit plaintivement en comprenant que c’était à l’intérieur qu’il y avait un problème. Devenant de plus en plus nerveux, convaincu qu’il n’arriverait jamais à atteindre le laboratoire où il allait sûrement encore souffrir, il sentit ses yeux s’humidifier. Certes, c’était très viril et courageux comme réaction mais il était à bout. Et il sentait que ç’allait être fini de sa petite escapade dans les couloirs du Manoir. Il n’aurait aucune chance de sortir. Aucune chance de revoir sa fille…

Il toussa alors. Violemment. À s’en arracher la gorge. Bien évidemment son ventre lui faisait toujours affreusement, même plus, à force de comprimer son diaphragme avant d’éjecter de ses poumons… du sang. Il ne toussait pas vraiment... C'était son estomac qui était touché. Il vomissait du sang. Et il en recrachait toujours plus. Il trébucha légèrement et perdit l’équilibre. Il glissa de l’étreinte de la Scientifique et tomba doucement sur le sol, continuant de s’étouffer avec son propre sang qu’il continuait de vomir. Il eut brutalement chaud, encore plus qu’il ne l’avait déjà et sa quinte de toux ne semblait pas vouloir s’arrêter. Il se tenait d’abord à quatre pattes, avant que ses cuisses et ses bras ne cèdent sous son poids et qu’il ne perde de nouveau l’équilibre pour finir lamentablement sur le sol. Pitoyable. Sa mort allait être pitoyable. Il se foutait de savoir que la Scientifique était toujours là ou qu’elle l’avait abandonné à son funeste sort, il ne pensait plus qu’à sa famille qu’il ne reverrait certainement jamais. Sauf Amy, éventuellement, mais leurs relations n’étaient pas des plus bonnes, ces derniers temps. Il aurait tellement préféré mourir autrement qu’en s’étouffant dans son sang qu’il perdait aussi à l’intérieur de lui-même, ses entrailles semblant s’entredéchirer. Il serra alors le poing sur quelque chose de dur et de grossièrement cylindrique. Cela ne pouvait pas être le sol, non… C’était une cheville. Par réflexe, perdant tout sens de la réalité et sa conscience, il parvint à murmurer tristement :

- Ma fille…

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MessageSujet: Re: Das Feuer liebt mich nicht. Dim 22 Juin - 14:40




















Le détenu semblait s'alourdir au fur et à mesure qu'ils progressaient en direction de la salle de recherche. Kathleen resserra sa prise sur le torse de son cobaye en grimaçant – ils n'étaient pas rendus. Son bras gauche n'allait d'ailleurs pas tarder à se tétaniser s'ils continuaient sur cette lancée. Allez, pensait la scientifique, nous ne sommes plus si loin. La tension de son avant-bras commençait à l'inquiéter sérieusement en ce qui concernait sa capacité physique à soutenir plus longtemps l'amnésique. Car ils l'étaient tous – amnésiques. Soudainement, l'homme à la mèche blanche fut comme saisi de convulsions. Il toussa, cracha – et s'effondra sur le sol, échappant à l'étreinte de la jeune femme. Ce fut alors qu'elle le remarqua – le sang. Sur le sol. Sur le visage de l'homme, sur ses vêtements. Il vomissait du sang.

La scientifique pâlit brusquement devant ce constat. Plusieurs secondes, interminables, s'écoulèrent avant qu'elle reprenne ses esprits et cesse de contempler avec effarement son sujet d'expérimentation s'étranglant avec son propre sang. Sans réfléchir plus avant, elle laissa tomber la clé dorénavant aussi encombrante qu'inutile, faisant résonner le long des murs une note sourde et métallique, avant de s'agenouiller auprès de son patient – son cobaye. Elle n'était pas du genre à paniquer facilement – loin de là, mais, dans cette situation... Merde. Que faire, bon sang, que faire ? Certainement pas laisser cet individu, si insignifiant soit-il, décéder au beau milieu du couloir. La jeune femme se redressa à demi et saisit les épaules du blessé – parlait-on de malade ou de blessé lorsque quelqu'un était visiblement en train de souffrir d'une hémorragie interne ? A cet instant, la main de l'homme agrippa sa cheville tandis qu'il murmurait quelques mots auxquels la scientifique ne prêta aucune attention – quelle importance, dans un contexte pareil ? Elle se dégagea sèchement de son étreinte, ôta un bras de ses épaules pour le passer autour de son torse, et le força à se redresser. Elle se maudit alors de ne pas avoir repris d'assistant sous son aile depuis le passage à l'ennemi de David. Au vu de l'état de l'individu, elle ne pouvait même pas envisager de le charger sur son dos – cela ne ferait que comprimer un peu plus ses entrailles déjà bien malmenées. En désespoir de cause, elle sollicita toute sa musculature pour prendre dans ses bras et soulever de terre cet homme bien plus imposant qu'elle – quoique une existence forcée entre les murs du manoir ait probablement réduit de beaucoup sa corpulence.

« Allez. Tenez bon. S'il vous plaît. »

Sous l'effet de l'adrénaline, Kathleen parcourut plus que rapidement la distance qui la séparait de son laboratoire. Haletante, elle déposa, avec le peu de délicatesse qui lui restait, le corps de son sujet d'expérience sacrifié sur la table d'opération d'une propreté appréciable. Après l'avoir calé sur le côté – histoire qu'il puisse cracher tout son soûl de sang sur le sol, la jeune femme se dirigea sans hésitation vers son bureau, en ouvrit sèchement le premier tiroir et en retira un frêle flacon qu'elle agita fermement en revenant vers son patient. Elle dévissa alors le bouchon du contenant de verre, lequel se révéla relié à un compte-gouttes. Inutile de tenter une dilution dans un cas tel que celui-ci. Elle se réjouirait déjà si elle parvenait à lui faire absorber trois gouttes de laudanum. Rehaussant la tête de l'homme d'une main, elle le força à ouvrir les lèvres pour ingurgiter une certaine dose de drogue – laquelle suffirait à l’assommer pour un moment, si elle parvenait à passer dans son sang avant qu'il ait eu le temps de la recracher. Quelques gouttes de liquide tombèrent sur les pans de sa blouse, et elle jura intérieurement – pas par égard pour son uniforme de travail qui en avait vu d'autres et comptait déjà une certaine surface teintée d'écarlate, mais parce que ce produit était précieux. Odieusement précieux. Après cela, elle se saisit de son scalpel sur l'étagère astucieusement située sous la table d'expérimentation, et, d'un trait argenté, débarrassa le prisonnier de sa chemise – elle ne se sentait étrangement pas d'humeur à utiliser de précieuses secondes pou déboutonner un quelconque vêtement. Elle inspira et expira profondément. Il ne restait plus qu'à espérer que son cobaye sombre dans les limbes de l'inconscience rapidement. Ce qui allait suivre serait suffisamment désagréable sans qu'elle ait, en sus, à l'effectuer sur un sujet alerte.





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MessageSujet: Re: Das Feuer liebt mich nicht. Dim 22 Juin - 16:56





Felix sentit sa main être repoussée. Il continua de tousser, commençant à vraiment peiner pour trouver la moindre bouffée d’air. La Scientifique avait repoussé son étreinte, sa silencieuse demande à l’aide. Il allait mourir ici, au milieu de ce couloir sombre et humide. Au fur et à mesure que son esprit se perdait dans une zone proche de l’inconscience, ses pensées vagabondaient entre la haine et le regret. Il haïssait la rouquine pour ce qu’elle lui avait fait et ce qu’elle lui obligeait d’endurer comme agonie. Il la maudissait de tout son être pour le laisser à son sort au milieu des cachots. Elle aurait au moins pu l’achever avec la clef. Ç’aurait été un peu plus douloureux pendant quelques courtes secondes mais cela aurait été tellement plus court que de gémir de douleur, vomissant son sang. Et il regrettait, oui… Il regrettait de ne pas avoir pu vivre plus longtemps. Il regrettait la vie heureuse qu’il aurait pu avoir. Quelques souvenirs lui revinrent en mémoire. Des souvenirs heureux comme pour le narguer, pour se moquer de l’état dans lequel il était. Ou pour le réconforter peut-être…? Une petite maison confortable. Emma… Amy… Il ferma les yeux, commençant à perdre définitivement le peu de forces qu’il lui restait. Même ses muscles se détendaient légèrement malgré la douleur toujours aussi vivace. Alors que tout était noir, il eut la sensation d’être soulevé du sol. Alors les religieux avaient raisons ? Il y avait bien une vie après la mort ? La douleur commençait à s’estomper, sans que cela le déplaise, bien au contraire. Mais il était contrarié. Il avait de plus en froid et ses mains commençaient à trembler légèrement.

Il entendit alors une voix au loin ? Une apparition divine ? Pourquoi pas. Il n’avait jamais cru en Dieu (et encore moins ces derniers mois) mais il n’est jamais trop tard, comme on dit. Et puis, il arrive à tout le monde de se tromper ? Si Dieu était si bon que les religieux le prétendaient, il comprendrait sûrement pourquoi le dément est resté très crédule sur son existence durant toute sa vie ? Peut-être… Peut-être pas… Qu’en avait-il à faire de toute façon. Cependant, s’il était mort, pourquoi avait-il l’impression qu’il continuait de régurgiter son sang ? Tant de questions… Trop de questions… Sa tête commença à lui faire mal, comme si cela ne suffisait pas. Ses oreilles ne sifflaient plus, elles faisaient maintenant une sorte de vrombissement sourd et grave. Et son vente… Il avait atteint seuil de douleur qu’il ne ressentait plus rien maintenant. Enfin, il essayait de s’en convaincre mais la souffrance était toujours là. Si son esprit ne semblait plus s’en rappeler, son corps, lui, la retranscrivait sur tous ses muscles. Son visage était encore férocement crispé, les poings fermés, les ongles plantés dans les paumes et il gémissait entre quelques centilitres de sang recraché, couinant presque parfois.

Il fut de nouveau allongé. Son corps semblait encore vouloir s’ancrer à la vie tandis que son esprit se laissait simplement mourir. Pourquoi Diable ne mourait-il pas ?! Que cela cesse une bonne fois pour toutes ! Rien à faire des autres, il ne voulait juste plus souffrir… Sa tête fut relevée légèrement et, agacé et délirant de fièvre malgré la froideur de son corps, proche du cadavre, il ouvrit les yeux. Une lumière blanche. La même que celle dont il s’est souvenu, quelques minutes auparavant. La table d’opération. Encore. Il sentit quelques gouttes d’un liquide encore plus frais que ses lèvres. Il ne pensait pas que les avaler lui obligerait de déployer un effort aussi considérable pour éviter de tout vomir de nouveau. Sa tête repartit en arrière. Tout était confus autour de lui. Il semblait être de nouveau parmi les vivants. Et il ne comprenait plus ce qu’il se passait. Sa mâchoire claquait nerveusement et involontairement. Le froid glacial qui étreignait son corps était toujours là.

« Et bien, Felix, qu’est-ce donc que cela…? Tu vas te laisser mourir ? Franchement tu me déçois. » Il ignora le commentaire de Tinky. C’était donc lui, la dernière personne qu’il entendrait avant de mourir ? Quelle mort glorieuse… « Attention à toi, elle sort le scalpel. Je crois que ton sale quart d’heure n’est pas encore fini… Il t’aurait fallu plus de laudanum, parce que là… tu vas très certainement crever. » Le rire de Tinky résonna douloureusement dans sa tête mais il ouvrit néanmoins les yeux et aperçut l’éclat du métal aiguisé sous la lumière blafarde. Non, il ne voulait pas être ouvert de nouveau. Il tenta de se débattre mais la douleur lui fit pousser un cri et le garda sagement allongé. De plus, le laudanum commençait à faire effet et sa tête fut de nouveau engourdie, mais différemment que précédemment. C’était plus… confortable… Jusqu’à ce que son estomac n’en puisse déjà plus et décide de lui faire vomir brutalement l’anesthésiant et le surplus de sang qu’il avait dans les organes. Tous les sens en alerte malgré son sang qui continuait de fuir son corps, sans revenir, il planta un regard meurtrier à la Scientifique et prit son poignet ô combien chaud par rapport à sa froideur cadavérique. Le visage déformé par la douleur et la rage devaient lui donner l’air encore plus dément. Il referma fermement ses doigts sur l’avant-bras de la rouquine qui tenait le scalpel avant de siffler entre ces dents rougies par le sang qui continuait de gargouiller dans sa gorge :

- Vous ne m’ouvrirez pas. Je ne veux… Je ne veux pas mourir… pour… pour vous…!


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MessageSujet: Re: Das Feuer liebt mich nicht. Lun 23 Juin - 20:23




















Le cœur de Kathleen battait calmement lorsque le prisonnier s'empara de son avant-bras, les doigts crispés autour du poignet de la jeune femme tandis que son visage se contractait en une expression de pure démence. La scientifique soutint sans peine le regard meurtrier de son cobaye. Sa poigne glacée ne la fit pas frissonner. Elle le toisa, tout simplement, du haut de ses cent-soixante centimètres. Alors, comme ça, il ne voulait pas mourir. Pourtant, au vu de la quantité de sang qu'il s'obstinait à régurgiter, c'est sous la forme de cadavre qu'il allait quitter le laboratoire, s'il ne daignait pas se calmer quelque peu. La jeune femme objecta d'ailleurs que si elle persistait à vouloir l'opérer dans cet état – idée qui l'avait traversée, il fallait le dire, sous le coup de la panique, il allait sûrement décéder aussi sec. Sec et exsangue. Il lui fallait changer de stratégie. De sa main libre, elle força l'emprise des phalanges de l'homme, l'obligeant à la lâcher. Elle rangea ensuite le scalpel dans sa poche trempée du sang de son sujet d'expérience et secoua brièvement son poignet pour y rétablir la circulation sanguine.

« Mais je ne veux pas que vous mourriez. J'essaie de vous sauver, imbécile. Tenez-vous tranquille. » gronda-t-elle à l'intention de l'agonisant.

Elle s'éloigna ensuite à grands pas – elle ne supposait pas utile d'attacher son détenu, au vu de l'état dans lequel il se trouvait. Le laboratoire était vaste, empli de morceaux de ferraille et de tout un tas d'objets inutiles, mais certains éléments détonaient de par leur usage précis et leur sophistication. La jeune femme fouilla ainsi dans une une vaste armoire durant plusieurs minutes avant d'en extraire un engin métallique qui pesait sur ses bras peu charnus. Elle traîna l'instrument jusqu'à une chaise avec quelques difficultés, puis tira le meuble jusqu'à sa table d'opération. Si avec ce qui allait suivre, l'homme ne se révélait pas convaincu de sa bonne volonté, elle ne saurait plus que faire. Lui faire avaler la bouteille de laudanum, sans doute, et le tuer par overdose.

L'ingénieure commença par étendre le bras de son patient le long de la table d'expérimentation. Elle tira ensuite la chaise le plus près possible de la surface métallique, et se saisit d'une sorte de cathéter qu'elle planta vivement dans l'avant-bras de l’olibrius, légèrement en dessous de la pliure du coude. Son regard suivit alors le câble reliant à présent le bras de son détenu à la pompe métallique qui reposait près de lui. Un autre conduit était relié à l'engin suscité. Il était temps pour elle, visiblement, de donner de sa personne... Sans réfléchir plus avant, elle releva sa manche gauche et s'enfonça le second cathéter dans le bras sans sa moindre délicatesse. Debout aux côtés de l'homme qu'elle s'efforçait de garder en vie après l'avoir atrocement mutilé, elle lui jeta un regard bleuté sans douceur ni haine.

« Faites en sorte de survivre. S'il vous plaît. »

A présent, la pompe métallique et la force de gravité ferait le reste. Distraitement, la scientifique replongea sa main libre dans la poche trempée d'écarlate de sa blouse. Le scalpel était là, froid et tranchant, légèrement humidifié par le sang dont le tissu était imbibé. Tôt ou tard, il faudrait en faire usage.





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MessageSujet: Re: Das Feuer liebt mich nicht. Mar 24 Juin - 13:59





Elle se dégagea de l’emprise de ses doigts, bien évidemment. Et elle n’avait pas l’air de vouloir se plier à la volonté du mourant qu’il était. Il allait mourir les entrailles à l’air… Comme cela était réjouissant… Il ramena son bras contre lui et, sachant qu’il n’y avait plus d’espoir pour lui de survivre, il se rallongea doucement. Ses vomissements commençaient à passer. De toute façon, il ne devait plus lui rester beaucoup de sang en lui après tout ce qu’il venait de recracher. Il laissa ses paupières retomber de moitié sur ses yeux rougis et fatigués. Quand il entendit la Scientifique lui dire qu’elle voulait lui sauver la vie, Felix ne put s’empêcher de ricaner nerveusement. Si elle voulait tant le sauver, elle n’aurait vraiment pas dû le mettre dans un tel état. Il commençait à réellement se demander si elle avait été une vraie scientifique avant de venir au Manoir où alors juste une graciée de Rockwood qui n’avait pas lui offrir que ce poste, à défaut d’être une Brute. Enfin, certaines Brutes se permettaient de faire des expériences sur les amnésiques sans qu’ils n’aient de connaissances médicales. Il devait se rendre à l’évidence. Ils n’étaient pas des patients, ici. Juste des cobayes. Oui, il avait essayé de se convaincre du contraire jusqu’à maintenant mais il était obligé de se rendre à l’évidence : il ne se serait pas retrouvé ouvert en deux si il avait été un patient.

Il entendit des pas s’éloigner et vit que la rouquine n’était plus à côté de lui. Oui, il valait mieux qu’elle ne le touche plus, il avait plus de chances de s’en sortir comme ça… ou moins de chances de mourir plutôt. Mais quand il entendit chercher quelque chose dans son bazar, il comprit qu’elle n’en avait pas terminé. Pourtant… Pourtant elle avait rangé son scalpel… Elle se ramena avec une machine que Felix n’avait encore jamais vue jusque-là, mais elle ne semblait avoir rien de sympathique. Non, tout ceci ne lui dit rien qui vaille… Elle lui prit alors son bras et, étrangement, ce contact lui parut des plus doux. Non seulement sa paume était chaude mais elle n’avait rien d’agressif. Les dernières fois quelqu’un lui ait pris le bras, c’était pour le tirer violemment avant de le conduire vers les cachots. Rien de bien attrayant du coup… Mais là, elle ne faisait pas venir violemment le bras sans force de Felix, elle le portait juste à elle. Ne pouvant décrocher son regard méfiant de ses gestes, il la vit prendre une sorte d’aiguille. Il n’eut pas le temps de se demander de ce qu’elle allait faire avec qu’elle lui planta en haut de l’avant-bras. Felix grogna doucement et grimaça légèrement. Ce n’était pas une des sensations des plus agréables, surtout quand elle venait se rajouter à votre affreuse douleur intestinale.

Quoiqu’il en soit, la sensation désagréable disparut rapidement. Il était à présent relié à un tube et il se demandait bien à quoi cela allait pouvoir servir. Elle allait peut-être l’euthanasier en lui injectant du laudanum directement dans les veines…? Ce serait beaucoup plus agréable comme mort, déjà… Cependant, il se rendit rapidement compte qu’il se trompait quand il vit la Scientifique se planter l’autre aiguille bizarre dans le même endroit de son bras. Felix la regarda faire, presque bouche-bée, complètement surpris. Pourquoi venait-elle de se planter cette chose dans le bras ? Elle se défonçait comme ça ? Elle allait droguer de façon létale son cobaye avant de se shooter un coup ? Pourquoi pas, après tout, elle faisait bien ce qu’elle veut… Mais ce n’était visiblement toujours pas ça. Et Felix n’en crut alors pas ses yeux. Il vit le sang de la Scientifique fuir son bras pour s’écouler directement dans celui du mourant. Il était presque effrayé par cela. Pourquoi un Scientifique donnerait de son sang à un cobaye sur le point de rendre l’âme ? Elle semblait s’en être complètement désintéressée, comme si c’était normal. Il ne trouva même rien à dire, la surprise lui ayant ôté la parole. Il la vit alors mettre la main dans sa poche et Felix put y voir la forme du scalpel. Il n’avait apparemment plus le choix et fallait se plier à la volonté de cette femme. Se sentant devenir nerveux, il essaya d’inspirer le plus possible pour se détendre mais cela lui déchira un peu plus les entrailles et il se ravisa aussitôt. Il allait devoir se rassurer autrement. Doucement, il prit un pan de la blouse de la rouquine entre deux doigts et tira légèrement dessus, l’avant-bras toujours collé à la table d’opération.

- Je… Je m’appelle Felix…

Il s’en voulut immédiatement d’avoir dit ça. Pourquoi avait-il dit son nom à quoi ça servait. Il soupira, exaspéré par lui-même et fatigué, et reposa sa tête sur la table d’opération. Savoir que celle qui lui prendrait peut-être la vie le réconfortait quelque part. Il ne serait pas un simple cobaye parmi d’autres, peut-être. Il aurait un nom… Un cobaye avec un nom… Et bientôt, un cadavre avec un nom…

- Faites vite, je vous en prie...

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MessageSujet: Re: Das Feuer liebt mich nicht. Jeu 26 Juin - 23:10




















La jeune femme n'avait jamais fait don de son sang à qui que ce soit. En règle générale, elle trouvait toujours moyen de prélever ce fluide écarlate sur un autre individu qu'elle-même. Et il fallait bien avouer que voir son propre sang fuir ses veines vers le corps d'un autre avait quelque chose de perturbant. Elle ne se focalisa pourtant pas sur cet état de fait plus de quelques secondes. De par son statut de femme, elle avait suffisamment vu couler de ce liquide vital sans qu'elle n'éprouve le besoin de se formaliser. Doucement, avec précaution pour ne pas perturber le fonctionnement de la machine, la scientifique éleva et étendit son bras jusqu'à atteindre le flacon de laudanum autour duquel elle referma ses phalanges blanchâtres. Elle en ôta le bouchon du bout des doigts puis, de sa main libre, en versa quelques gouttes sur la langue du jeune homme mourant après lui avoir entrouvert les lèvres de son annulaire replié. Une moue insatisfaite étira ses lèvres tandis qu'elle tâchait de refermer le contenant de verre avant de l'abandonner auprès du cobaye. Elle n'était absolument pas sûre que la quantité de drogue administrée soit suffisante, mais il était si facile d'ingérer une dose mortelle de ce produit... Elle en savait quelque chose – certains de ses anciens sujets d'expérimentation aussi.

La lame du scalpel brilla d'un reflet orangé lorsqu'elle l'exposa à nouveau à la lumière chaude de la lanterne suspendue dans le laboratoire. Oui, elle allait faire vite. Du moins, elle essaierait. Il lui était rarement arrivé d'opérer alors que l'une de ses mains se trouvait partiellement entravée. Elle ferait au mieux. Son regard calme parcourut un instant le corps de celui dont elle allait à nouveau fouiller les entrailles, accrocha sont poignet, ses doigts – crispés autour d'un pan de sa blouse. Il devait être terrorisé. Cela était parfaitement inutile – mais compréhensible. Alors, dans une faible tentative pour rassurer son patient – loin de posséder une large capacité d'empathie, elle n'est de toute manière certainement pas en mesure de comprendre la profondeur de sa détresse, la jeune saisit cette main glaciale et la garde un instant entre ses doigts, insufflant un peu de sa chaleur à cette chair bien trop froide. Oui, elle allait faire vite... Elle lâcha cette paume et expira longuement. Sa main ne devrait pas trembler.

Un trait d'acier grisâtre marqua dans la chair de l'homme le début de l'opération – sous la forme d'une longue ligne rose pâle qui vira rapidement à l'écarlate. Kathleen épongea le sang sans ciller avant de se plonger dans l'examen des entrailles de cet individu ayant subi une expérimentation ratée. La jeune femme n'eut pas à chercher bien longtemps. Le morceau de métal était là, sous ses yeux. Il fallait dire que la première intervention ne remontant à guère longtemps, elle n'avait eu qu'à tailler à nouveau dans l'épiderme puis la chair encore peu cicatrisés de l'homme à la mèche blanche. La partie métallique qu'elle s'imaginait pouvoir griffer à son intestin gisait donc là, couverte de sang partiellement coagulé et laissant échapper divers fluides au niveau de ses points de jonction entre le mécanique et l'organique. L'ingénieure grimaça. Ce n'était pas beau à voir. Ni du point de vue de la texture, ni de celui de la couleur, d'ailleurs. Il fallait vraiment qu'elle ôte cette horreur de là – cette expérimentation ne pouvait décemment être menée à terme. Et à quoi bon se retrouver avec un cadavre de plus sur les bras ? Sans marquer la moindre hésitation, la jeune femme se baissa – manquant d'oublier un instant le fait qu'elle se trouvait à cet instant reliée à une pompe de transfusion – et recueillit sur l'étagère une aiguillée de fil. Elle passa plus de temps qu'il ne l'aurait fallu à faire passer la fibre d'un blanc crème dans le chas de son aiguille, puis soupira légèrement avant de se pencher une nouvelle fois sur le système digestif de son patient. De petites lucioles noires papillonnèrent un instant aux extrémités de son champ de vision – elle les chassa avec incompréhension de quelques battements de cils.

L'objet métallique échoué au milieu de l'intestin du jeune homme fut retirée en tranchant nettement le tube digestif alentours. Après quoi, la scientifique recousit prestement les deux morceaux d'entrailles d'une main quelque peu tremblante, mais en y consacrant suffisamment d'attention pour effectuer une suture propre. Elle épongea encore un peu de sang rouge sombre avant de se résoudre à refermer la plaie béante qui barrait le ventre de l'individu qui, elle l'espérait, venait de s'éloigner quelque peu de l'agonie. Laissant tomber au sol le mouchoir trempé de sang, gorgé du fluide vital de Felix – il avait bien prétendu s'appeler ainsi, n'est-ce pas ? – la jeune femme se saisit d'une autre longueur de fil, qu'elle coupa, faute de mieux, en la coupant entre ses incisives. On avait vu plus hygiénique, il est vrai. La tête lui tournait quelque peu tandis qu'elle s'efforçait d'enfiler son matériel de couture à l'intérieur du chas de l'aiguille. Agacée, elle jeta un regard interrogateur au matériel de transfusion. Elle n'avait pas la moindre idée de la quantité de sang qu'elle venait de transférer de ses veines à celles de son patient. Peut-être aurait-elle dû retirer l'aiguille enfoncée dans son bras. Ne se sentant pas tout-à-fait sur le point de s'écrouler, Kathleen préféra se préoccuper d'abord de la suture du torse de son cobaye.

L'aiguille allait et venait à travers la chair du blessé. A chaque nouveau point, la lance métallique reparaissait plus sombre, plus rouge. Et à chaque nouveau point, la scientifique se sentait devenir passablement plus faible. Ayant finalement suturé l'intégralité de la plaie d'une manière – il fallait le reconnaître – relativement grossière, Kathleen commença réellement à craindre pour son équilibre physique et ôta le cathéter de son pâle avant-bras. Le sol tournait un peu. Tout comme les murs. Sans manifester un quelconque signe de panique à ce constat, la jeune femme s'appuya à la table d'expérimentation, laissant son propre sang ruisseler lentement depuis le point duquel s'était effectué la transfusion jusqu'au plateau métallique où il venait se mêler au fluide vital de son patient. Elle lui saisit alors délicatement le bras et le débrancha à son tour de la pompe à transfusion et plaça deux doigts sur sa jugulaire afin de vérifier ses pulsations cardiaques.

« Vous êtes avec moi ? »

Comment s'était-il présenté, déjà ?

« Felix... »





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MessageSujet: Re: Das Feuer liebt mich nicht. Mar 1 Juil - 14:58


Das Feuer liebt mich nicht.

Felix ferma les yeux et sentit la blouse de la Scientifique glisser entre ses doigts tandis que sa main sans force commençait à retomber sur la table d’opération. C’est alors qu’il sentit une sorte de chaleur envelopper agréablement ladite main. Cela sembla lui réchauffer tout le bras, et ensuite le corps. Il eut même l’impression que son cœur battit avec un peu plus de force. Enfin, c’était sûrement une sensation psychologique. Ce n’était parce qu’il recevait un apport de sang qu’il allait se porter mieux. Ses entrailles le tordaient toujours de douleur et le menaient un peu plus à la mort à chaque instant. Alors qu’il regardait le visage de la Scientifique, tentant de graver dans sa tête les moindres détails du dernier visage qu’il verrait avant de passer l’arme à gauche, il sentit ses paupières devenir de plus en plus lourdes. Il finit par cesser de lutter, les yeux bleus et les cheveux roux gravés sur ses rétines. Le laudanum commençait à l’assommer et son corps devint subitement très lourd. Il était encore légèrement conscient, il arrivé à comprendre qu’il était encore allongé et qu’il ne dormait pas. Pas encore du moins. La douleur se raviva subitement mais elle parut lointaine. Comme à plusieurs mètres de lui. Il ne cherchait plus à savoir ce qu’il se passait. Il avait mal. Toujours aussi mal. Voire plus. Mais ça ne l’affectait pas. Il ne bougeait pas. Il ne réagissait plus. Il gémissait peut-être ou crier à s’en écorcher la gorge, mais il ne le réalisait pas. Son esprit semblait s’être séparé de son corps et seul un fin lien semblait les maintenir ensemble et il était à deux doigts de sombrer dans une inconscience sûrement mortelle et fatale.

Il sentit alors qu’on lui retirait quelque chose de ses entrailles à l’air. La douleur sembla se calmer alors légèrement. Enfin, c’est qu’il semblait pour un Felix complètement dans les vapes et qui ne pouvait plus comprendre, imaginer et déduire quoique ce soit. Il ressentit alors des piqûres un peu partout dans ses intestins mais ne sut pas à quoi cela correspondait. Non, ses yeux mi-clos ne lui permettaient de voir que la lumière blanche, ainsi que du noir autour, beaucoup de noir tandis que son cerveau s’occupait à faire danser des sortes de formes kaléidoscopiques et sombres devant lui. Il eut l’impression que sa bouche devint pâteuse, ou du moins, un peu plus qu’elle ne l’était déjà. Il eut un spasme dans le bras qui fit remuer sa main légèrement. Ledit bras venait-il de mourir ? Avait-il eu cette contraction nerveuse incontrôlée comme il en avait vu chez certains cadavres de la morgue ? Alors que tout dansait devant lui, il perdit complètement la notion du temps, chose qu’il détestait par-dessus tout. Il sentait que la sorte d’horloge mentale qu’il avait, celle qui lui permettait de dire précisément l’heure sans même avoir à regarder une montre se déréglait et allait se perdre dans les confins de son âme. Il poussa une sorte de râle contrarié. Lui privé de son horloge était comme un animal ayant été brutalement amputé de sa queue. Désorienté, il allait perdre l’équilibre s’il se remettait à marcher. Et quelle frustration de ne pas savoir à quelle heure il allait mourir alors qu’il sentait la peau de son ventre se faire tirer il ne savait par quoi.

Il sentit son bras être relevé et l’aiguille dans son coude, retirée. La douleur était moins vivace mais elle était toujours omniprésente. Est-ce que c’était terminé ? Est-ce qu’il avait survécu ? Il sentit deux doigts se poser sur son cou. Est-ce qu’il le prenait pour mort ? Il essaya de bouger pour se manifester, dire qu’il était toujours vivant, mais rien n’y fit, son corps ne répondait pas. Pourtant, les kaléidoscopes disparaissaient maintenant et il commençait à percevoir la crinière rousse de la Scientifique. Non, il n’allait pas finir à la morgue comme ça… Il était persuadé qu’il avait encore besoin de soins, même s’il semblait être tiré d’affaire… Il entendit alors la voix de la rouquine au loin. Il entendit même son prénom. Oui, il était toujours là, et il aimerait le faire comprendre. Cependant, ses muscles refusaient obstinément de bouger et ses paupières de s’ouvrir. Il entrouvrit ses lèvres et murmura un "Oui" raque et à peine audible. Enfin, il n’était pas même pas sûr de l’avoir prononcé mais la volonté y avait été. Il ignorait clairement si sa gorge avait suivi. Il retenta d’ouvrir ses yeux et y parvint légèrement. Il la regarda et ne put s’empêcher de demander :

- Je ne vais plus mourir ?

Car oui, c’était peut-être la chose qu’il le préoccupait le plus pendant cet instant. La douleur s’estompait légèrement mais qu’est-ce qu’il lui faisait dire qu’il était vraiment tiré d’affaire ? Après tout, elle était peut-être en train de l’euthanasier, de l’achever puisqu’il n’avait sûrement plus rien à faire. Il était convaincu de cela. Peut-être pour ne pas être déçu de la réponse, au final…



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MessageSujet: Re: Das Feuer liebt mich nicht. Jeu 17 Juil - 13:39




















« Je ne vais plus mourir ? »

La voix rauque de l'homme ne parvient à ses oreilles que comme bercée d'un léger écho. La scientifique n'y prête sur l'instant aucune attention, et se contente de se fendre d'un léger sourire qui se veut rassurant. Oh, bien entendu, il n'y a guère de réconfort à trouver dans cette situation – si l'amnésique ne risque certes plus la mort par hémorragie, il y a fort à parier qu'il se torde bientôt de douleur sous l'effet d'une quelconque infection. La jeune femme soupire en silence, méditant sur cette idée, tandis qu'elle s'éloigne en direction de l'une de ses nombreuses étagères pour en extirper quelques linges propres – enfin, relativement propres.

Parcourant les quelques mètres qui la séparaient à présent de son patient, l'ingénieure se sent brutalement... faible. Il n'y a pas d'autre mot. Sans doute a-t-elle un peu trop approché les limites de sa propre réserve de sang durant la transfusion. Tant pis, pense-t-elle en plissant légèrement le front. Elle n'allait pas laisser cet homme mourir. Ç'aurait été trop bête. Elle s'approche donc à nouveau de la table d'expérimentation, y faisant reposer la paume de sa main gauche pour tâcher de pallier à son équilibre qui, visiblement, n'a pas pour objectif de se maintenir bien longtemps. Sans doute son trouble n'est pas visible – ou du moins, pas encore. Sa main ne tremble pas tandis qu'elle éponge avec délicatesse le sang répandu au cours de l'opération, laissant pourtant les quelques gouttes de liquide écarlate résultant de l'insertion de l'aiguille dans le bras de son patient rouler sur la peau blanche du dément. A ce stade, son champ de vision commence à se réduire, rongé depuis l'extérieur par ce que l'on pourrait identifier comme un brouillard sombre. Elle déglutit, respire profondément, et se redresse tout de même pour déchirer en lanières la deuxième portion de tissu rapportée de son espace de stockage. Mais, rien n'y fait, lorsqu'elle reporte son regard sur le torse à nu de son patient,  tout ce qu'elle peut faire est de scruter désespérément les cinquante centimètres d'air qui la séparent de lui, tâchant de voir au travers de la brume noire qui semble s'insinuer autour d'elle, essayant d'ignorer les lucioles lumineuses flottant devant ses globes oculaires.

La scientifique repose ses deux mains sur la table en soupirant, les bandages découpés toujours crispés dans l'un de ses poings, sans trop savoir quoi faire d'elle-même. Car, en somme, elle ne voit rien d'autre qu'une fumée noirâtre accompagnée d'étoiles brillantes – on a vu meilleures conditions pour soigner quelqu'un que de procéder à l'aveugle alors que notre sens de l'équilibre nous abandonne. Une sensation de pesanteur se creuse une place entre les poumons de l'ingénieure, qui commence sérieusement à s'inquiéter pour sa contenance.

« Felix ?... »

Le regard de Kathleen erre le long de la table d'opération, perplexe et résigné.

« Je crois qu'il va vous falloir... Un peu de patience. »

Et la scientifique reste là, appuyée au plateau trempé de sang, pâle à faire peur, en attendant que son malaise se dissipe – ou l'expédie du côté de l'inconscience.




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