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Le puit et le pendule. [Fini]

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admin perdu sur les plumes d'un corbeau
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MessageSujet: Le puit et le pendule. [Fini] Mar 17 Juin - 5:25





le puit et le pendule



Il y a cette plume, plume noire de corbeau, qui griffonne et entaille d’encre un parchemin souillé de vieillesse. Ses chaussures vernies comme la suie d’un train faisaient pas lents, creux, qui résonnaient doucement sur la paroi des corridors. Pourtant, les corridors étaient loin de lui. C’était une grande pièce de brouillard, silencieuse comme la Mort, regorgeant de pièce, telle une fourmilière. Des pièces de torture. C’était une musique qui avait son rythme méthodique et soyeux. Comme celui d’une pendule. Mais celle que Poe avait en tête à l’instant n’était pas celui d’un pendule normale.

Une machine de torture. Aussi grosse que le mat d’une caravelle. Il doit bien y avoir ça quelque part… Je veux voir si cette grande structure dont j’ai conçu les plans est toujours en ces lieux. Il y a… Il y a des années de cela. Je ne pourrais dire depuis quand mon âme erre dans ce manoir. Le temps passe si vite lorsqu’on est mort… Mais trêve de pensée inutile. Il me faut trouver une machine… Une machine de torture. Plus original. Plus grande. Plus imposante. Je devrais trouver cela ici, ou… Non. Mieux encore. J’en concevrai une. La testerai. Puis l’écrirai. Je l’installerai aux Cachots de Tolède. Et le protagoniste de la nouvelle qui se trouvera aux Cachots de Tolède ne pourra avoir recours à l’aide des rats. Je dois créer quelque chose… Je dois réfléchir à… Mais est-ce que ces cris vont cesser, merde?!

Le Défunt ne savait trop s’il entendait l’écho des décédés hurler aux loin dans les pierres et les lattes des salles de torture, ou s’il s’agissait du chant des cachots toujours disponible à l’ouïe depuis cette ascension. Peut-être, entendre ces plaintes l’énervait. L’empêchait à la concentration. Il soupira en haussant les sourcils, d’un air autant désinvolte qu’agacé. Puis il prit en note sur son parchemin ce qu’il venait de penser. Pour ne rien perdre, aucun fil, aucune maille. Bien sûre qu’il avait toujours toute sa tête, mais au cours d’une dizaine d’année à fouiller les murs et les prisonniers de ce Manoir, il y avait la chance de découdre ses idées de temps à autre.

Sa marche sans presse le guidait dans la brume. Il n’y avait aucune trace de brute dans les parages.


Tant mieux. Les brutes sont bien trop souvent exacerbantes. Elles ont une idée en tête, et on ne peut les arrêter. Ce sont des aveugles. Arrêter une brute… «autant essayer d’arrêter une avalanche».

Il rit, tout bas. C’était la réplique exacte du protagoniste de Le puit et le pendule. Il ne faisait jamais exprès de penser à ses anciens écrits de la sorte. Les souvenances de ses œuvres lui venaient d’elles-mêmes. Il trouva une sale de torture et y entra sans grand enthousiasme au visage. Plutôt une moue lassée.

J’entre ici, mais je suis certain qu’aucune des machines de torture ici ne sera assez poignante pour me donner l’inspiration d’une création des plus sadiques. Ah! Comme je pensais. Un pieux pour à empalement à lente progression. C’est du déjà-vu. Et puis, il faut au moins deux opposants afin de maîtriser la victime et la faire s’asseoir sur le pic. Peut-être que je pourrais trouver autre chose en…

Mais alors qu’il quittait la pièce en soupirant, il entendit un cri puissant. Horrible. Qui ne le fit sursauter, mais le surpris au point de redresser son regard de ses notes. Notes sur lesquelles il avait fait schéma rapide et plus ou moins apprécié de ce qu,il venait de découvrir. Sans les taches de sang et les éclaboussures de fluides humains sur crasse, bien sûre.

Bon… Qu’est-ce que c’est encore? Ça vient de la salle centrale. J’y vois rien avec la brume et la condensation de l’air… Bon. Je vais continuer mes recherches. Au Diable et baliverne à ces importuns qui m’empêchent de travailler.

Autre cri déchirant. Il abaissa sa plume et son parchemin. Fit parcourir son regard sur le rien qu’il pouvait voir autour de lui. Se gratta la tête d’un air nonchalant.

Bon. Peut-être je pourrais aller voir de quoi il s’agit. J’ai rien à perdre. De toute façon, ce n’est pas le temps qui manque. Et si l’affaire s’avère aussi inintéressante que la première, je n’aurais qu’à rebrousser chemin.

Et il prit direction vers les cris.

 


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MessageSujet: Re: Le puit et le pendule. [Fini] Mer 25 Juin - 23:54










Le Puit et La Pendule.


Peste que tout soit cela. Que fais-je donc ici? Je n'ai fais nul mal en ces lieux. Enfin, je ne crois pas. Je n'arrive pas très bien à me souvenir même de ce que j'ai fais la veille entre ses murs. Chaques jours se ressemblent et en même temps paraît être l'opposé de la veille. Mais comment savoir même quelle heure il est? Impossible. C'est impossible. Le temps avance ici d'une lenteur quasiment perturbante. Ce n'est pas moi le plus à plaindre. J'ai connu des temps meilleurs certes, en tant que vagabond dans la belle Angleterre, ange des terres de cette univers, à vivre dans les toits les plus divers, parfois dans les bras les plus différents. Ah que j'aimais ma vie de vagabond intellectuel. Ce n'est guère entre ces murs que je pourrais vagabonder. Ce manoir n'est quand même pas de la même taille que notre belle patrie? Cela serait bien étonnant. Nul doute en tout cas que si je ne meure dans dans peu de temps, j'en aurai fais le tour d'ici une semaine, peut-être même moins. Plus si jamais j'ai encore d'autres empêchements de cette même mixture. Je me rapelle d'un coup sur la tête alors que j'essayais de conter en moi-même la philosophie que pouvait avoir les ténèbres. Mais finalement, cette endroit est peut-être encore mieux pour méditer. Je suis accroché tel l'Homme de Vinci sur une roue. J'attends mon possible bourreau. Je n'ai pas peur de la mort. J'ai tellement disserté sur ce sujet. C'était entre Liverpool et une ville de l'Ecosse, je me souviens bien.

Donc, je disais que je n'étais pas le plus à plaindre. L'homme en face de moi hurle depuis des heures peut-être. Il me donne envie de rager contre sa voix. Qu'il se la ferme bon sang, il y a des personnes qui essaient de penser bien calmement ici. Nous ne sommes pas tous ici à la merci de nos passions et de nos souffrances. Je m'accomode parfaitement de cette situation...Oh, ne soyez pas stupide, fermez-là s'il vous plait. Si vous continuez de faire sonner vos cordes vocales comme de sales cornouilles, nous sommes loin d'en avoir fini avec la possibilité de mourir. Cela amènera plus vite la faucheuse. Elle aime les cris, cela l'attire, contrairement à ce que vous pouvez penser.

Bon...ce n'est pas tout, mais j'aimerai m'en aller. Ce n'est pas que je m'ennuie, mais voyez, je ne peux même plus m'entendre philosopher intérieurement avec ce demeuré qui crit. J'espère qu'il se noiera dans ses propres larmes. Nous n'avons pas de temps à perdre. Je baisse la tête en direction du sol et me surprend à rire doucement.

Tue le cri...tue le cri...

Vous en avez de bonnes. Je ne peux pas bouger. Comment pourrai-je seulement le toucher? Mais cette envie monte tout doucement au plus grand profond de mon être. Les ombres se glissent dans mon dos et se dévoilent à moi comme des limaces sur mon torse. Des limaces à oeil rouge. Elles suçotent mon torse et font grésiller en moi cette chose métallique qui me transperce sans que je ne sache son origine. C'est l'un des grands mystères de mon actuel vie.

Tue le cri...Tue le cri...



Crédit par Kikino-sama et Ninie067 de Templactif

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MessageSujet: Re: Le puit et le pendule. [Fini] Lun 30 Juin - 3:12





le puit et le pendule



Il s'approche et ses pas se fond discret. Cette impression que les cris se perde dans le brouillard, qu'il est tant opaque qu'il bloque les ondes et les renfloue jusqu'à notre ouïe... Puis il a cette sensation qu'il n'est pas trop loin. Parce que les parois d'un corridor viennent de lui souffler un échos glacial. Il hausse les sourcils et tend le cou pour jeter un coup d'œil à cette nouvelle alcôve. Ce n'est des cris de souffrance. Plutôt d'angoisse. Cela enleve tout son pétillant à la chose. Quelqu'un est blessé ou prisonnier dans cet endroit. Curiosité du bout des doigts, il fait regard lasse à sa tablette à idées, sur a plume qui ne veut parler, puis se dit qu'il n'a rien à perdre à aller faire visite dans cette salle qu'il a visiblement omis.

Quelques pas de plus et il est dans la salle en question. Les torches éclairent un homme qui porte la couronne de sang. Qui est écartelé de son long sur ses chaînes et sur ses plaintes. Il est vêtu de guenilles et d'ecchymoses. Lèvre supérieure retroussée une faible seconde et froissement faible des sourcils; Poe fait ce regarde de dédain qu'il a pour la saleté des corps pétri. Le sien ne l'est pas toujours, mais il avance vers les vers, petit à petit... L'odeur eut été infecte qu'il l'eut bien reniflé. Mais un fantôme se doit de ne pas trop mettre en marche ses cinq sens pour conserver son énergie.


Ganses de cuirs, chaînes et marques de plis dans la peau. Rien de bien original. Son visage ne me dis rien de bien brillant, ni même de déjà vu. J'arrêterai de lui porter attention, il ne me servirai pas à grand chose. Sans doute a-t-il simplement été pris par surprise dans son quotidien puis amené ici. Pendant qu'il dormait même... Tien. C'est une idée pour un récit quelconque. Toujours ai-je écrit les protagonistes dans les endroits les plus lugubres. Mais je pourrais pousser l'imaginaire de l'effroi à quelque chose de plus familier. Un cachot est effrayant. Imaginer qu'un milieu confortable et familier peut devenir une salle de torture l'est encore plus. Comme par exemple, euhm... Quelqu'un qui est torturé dans sa maison et... Mais... que vois-je là?

Les mains du souffrant que Poe eut cru enchaînées s'avèrent en fait à être coincées dans un mécanisme de vis à pouces. À peine assez serré pour lui faire mal, plutôt pour l'effrayer, sans doute. Et ça fonctionne. L'écrivain s'approche et s'y penche, bien intrigué. Les sourcils se froncent et sa main de gant vient lécher sa barbichette. Ce n'est que là que la victime se rend compte de sa présence. Il sursaute et commence le débat de ses paroles plus inutiles que stupides: «ne me faites pas de mal», «pitié!» et autres prières qu'il n'écoute pas vraiment. Il prend note sur son parchemin.

Une machine à torture. Je cherchais quelque chose d'imposant et d'impressionnant, mais ce ridicule broyeur à pouces serait intéressant. Le protagoniste s'éveille, il a cette machine aux pouces, enclenchée par un mécanisme d'horloge qui se resserre de plus en plus à chaque seconde jusqu'à lui broyer les os. S'il ne parvient pas à sa quête, sans les mains, avant un certain temps, ses pouces sont foutus. C'est une idée.. Mais... Quelle quête? Et... Et...

-«Ferme-la, veux-tu. On ne s'entend même plus penser avec tes idioties.»

Sur un ton très calme, surtout découragé et tanné. Il termine sa phrase du bout de sa plume et redresse son visage qui en dit long sur ses réflexion sur l'homme torturé qui, lui, reste bête. Étonné, peut-être. Moue de Poe qui porte un doigt qui n'ose trop sur le visage de l'homme pour regarder son cou à gauche, à droite... Aucun signe de pompage excessif dans la jugulaire. Il essuie son gant ayant touché la peau de l'inconnu sur son manteau long et retourne à ses notes.

-«Pitié... Sauvez-moi! Délivrez-moi de cette emprise!» commença l'homme attaché.

De plus en plus taré.

Poe soupire et, ne daigne levé un regard de ses écrits sur le suppliant, répond sèchement:

-«Je peux pas.»

C'est un mensonge. Bien sûre qu'il le peut. Simplement, cela lui demanderait de l'énergie. Celle même qu'il préfère conserver précieusement afin de pouvoir travailler. Il n'a pas besoin qu'un trouillard vienne gaspiller de son temps et de ses forces, vraiment.

Ce qui attire alors son attention sur le sol est un casque de fer. Une bride de grondante, plus exactement. Ce qu'il trouve bien intéressant. Il la prend, la met sur la tête de l'homme qui n'a trop de force pour se débattre, s'essuie les gants, encore sur son manteau. Le casque lui va à ravir, et le métal entre à perfection dans sa gueule qu'il ne puisse plus parler.


Une bonne chose de faite. Bon. Ou en étais-je? Voilà. J'ai écrit le mécanisme aux pouces, la demeure familière qui devient chambre de torture, l'idée de...

Interrompu encore une fois. Par lui-même, cette fois. Non loin dans la pièce se trouve un jeune homme de cheveux longs et sombres. Telles les plume d'une corneille. Des traits de mort, de l'ossature au silence. Il ne bronche pas et accepte sans trop d'attente, visiblement, son sort accroché à ses ganses. Poe cligne des yeux et fait moue vénale en examinant l'homme de la tête aux pieds. Celui-ci pique plus sa curiosité. Dans son regard brille un lueur d'intelligence et de caprice. On pourrait le croire meurtrier et agneau à la fois. Est-ce que Poe tenait une fortune sous ses yeux?

-«Voilà un comportement plus agréable venant de la part d'un prisonnier.» dit Edgar, accompagné d'un sourire un peu sec. Mieux que rien, dirait-on. «Tu es ici depuis longtemps?»

Ici au manoir? Ici dans cette salle? Ici dans cet état? Le jeune homme n'a qu'à me répondre ce qu'il veut. Je m'en fiche un peu, je ne veux qu'apprendre un peu plus sur sa condition. Peut-être l'en sortir afin de prendre un peu plus de sa parole s'il s'avère à avoir les mots pour m'amadouer. J'adore me faire amadouer. Par les gens brillants, ceux qui en valent la peine. Je méprise les autres, cela va de soi.

Poe fit quelques pas vers cette nouvelle rencontre, oubliant déjà l'autre qui avait la bouche fermé pour de bon. Il examine le visage du garçon, yeux plissés, en écrit quelques détails sur ce parchemin dévoré par la plume. Tout cela pourrait devenir très intéressant.

-«Et j'aimerais que tu me dises... Pourquoi n'es-tu pas en train de gémir comme l'autre là?» question qui parait sans doute comme un test, sans que ça ne soit caché. Afin de valider si ce prisonnier est un marginal ou quelqu'un qui a perdu la tête. Et une réponse qui s'attend sur un œil narquois et un sourire en coin.

 


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MessageSujet: Re: Le puit et le pendule. [Fini] Mer 2 Juil - 0:23


Le Puit et la Pendule.

Cette larve aux yeux rouges ne cesse de me regarder avec ces ongles globuleux. Que dois-je faire ? Tenter de l'oublier, regarder ailleurs comme si rien ne c'était passé...ou l'observer de toute sa monstruosité morbide, ne pouvant retirer mes cils de cette chose qui susurrer toujours cette même parole. Tue le Cri. Je n'ai pas envie de tuer ce hurlement que cette homme en face de moi me fait percevoir. Il ne m'avait rien fait, et de toute façon, les monstres se cachant dans les ombres de ce manoir lui feraient bien plus de mal que je ne pourrais le faire dans toute une vie. La vengeance est un plat qui se mange froid, même si ici, ce n'était que la vengeance de mon esprit dérangé dans sa réflexion. Mes oreilles aussi crient vengeance de l'intérieur de mes neurones. Je sens des courbatures s'élançaient au plus profond de mon être. Des larves noires s'éprennent de mes chevilles et les mordillent. Ou pas. Peut-être. Je ne sais pas. Je ne sais plus vraiment. Fermant les yeux pour ne plus voir ces ombres à formes, je fronce les sourcils pour remuer un petit peu les épaules. Quand j'ouvre de nouveau mes paupières, c'est une forme fantomatique que je vois voleter au dessus de l'être qui le supplie de le sauver. Je ricane doucement, si c'est bien la créature que je crois être, alors le nombre de mes connaissances peuvent se rejoindre pour dire que cette être ne pourra lui être d'aucun secours.

Ce même fantôme commence à se moquer de cet être transcendé par la violence et la douleur. Cela ne l'empêche pas de continuer à hurler. L'être volatile et transparent se rapproche de moi. Je ne reconnais pas son visage; je me demande bien qui cela peut bien être. Son air semble docte et d'un calme à tout épreuve. Une certaine passivité semble étreindre ses traits. Mais cela semble normal, après tout, être fantôme est d'un fatalisme que nous ne pouvons qu'apprécier. L'idée de n'être plus qu'une courbe du vent dans l'air, mais...être un fantôme, est-ce encore être mort? Ou être vivant? Si seulement cet imbécile pouvait arrêter de hurler, peut-être pourrais-je encore philosopher sur ce sujet qui me semble des plus intéressants...Il me demande depuis combien de temps je suis accroché tel l'homme de Vinci sur cette roue. Mes haillons pendouillent verticalement, à cause de l'absence de vent. J'aurai aimé qu'un petit vent frais me rafraichisse, tant pis. Après tout, je pourrai toujours aller dans le patio quand je sortirai d'ici.

Oh...trop de temps pour réfléchir correctement et pourtant pas assez pour mourir définitivement...

Un petit ricanement m'éprend alors que je lève ma tête complètement en direction de cette homme. Je donne un petit coup de menton dans l'air dans une sorte de froide fierté.

A quoi bon crier? Ce n'est pas par la force de ma voix que je ferai rompre les attaches qui détruisent petit à petit la peau de mes poignets. Crier ne fera qu'attirer plus rapidement la mort. Malgré mon apparente nonchalance, ce n'est pas ce que je désire.

J'attends un petit peu, plaquant ma tête contre le bois pour prendre une grande respiration en silence. C'est alors qu'en ouvrant un petit peu les yeux, je vois qu'il est toujours en face de moi. Qu'il a l'air froid...l'allure fantomatique ne serait peut-être que l'âme du défunt, l'âme serait-elle aussi froide que cela? Peut-être est-ce donc le corps qui donne la chaleur, et qu'en réalité, l'âme, le psyché, de chaque êtres humains est d'une froideur semblable à la glace d'un miroir. C'est très intéressant...

Et vous ? Pourquoi traînez-vous parmi les futurs cadavres ?

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MessageSujet: Re: Le puit et le pendule. [Fini] Jeu 3 Juil - 5:02





le puit et le pendule


Je reste un moment, songeur à ce qu'il dit. Il est effronté, et malin. Il n'a plus rien à perdre. Il me nargue de jouer le fantôme. S'il savait que c'était son sort. Bientôt... Je fais sourire, contemplatif et rêveur, à l'examiner comme une charcuterie trop cher pour mon portefeuille. Je pourrais lui dire. Mais je ne voudrais l'interrompre. Ses paroles sont de si belles et funestes vérités.

Alors je lui souris. Franchement. Ce n'est pas quelque chose d'énorme, mais peut-être qu'on peut y trouver une certaine chaleur. Ça serait décevant, mais pourtant réel. Je suis content de sa réponse. Il a tout vu juste. Je le vois, dans son œil: il n'est pas stupide. Et il semble un cobaye fort intéressant. Je ne suis pas surpris de le voir suspendu à ses crochets. Victimes d'un scientifique ou d'une brute mal léchée? On s'en fiche pour cette histoire.

Le prisonnier lui retourna la question. Poe haussa les sourcils, amusés, et fit rire jaune. Rire qui n'était placé que pour la syntaxe et le contexte. Point parce qu'il y avait de quoi rire.

- «Oh! De futurs cadavres? Tu me sembles bien pessimiste. Non. Non toi tu ne vas pas mourir. J'ai décidé que non, en fait. J'aimerais en voir certain décapité, comme lui par exemple, ajouta-t-il en pointant le muet dans son dos, mais avant que tu ne sois saigné, j'aimerais te parler un peu. Qu'en dirais-tu? »

Il y a toujours cette lassitude sur son visage. Dans sa voix aussi, d'ailleurs. Même s'il peut se trouver profondément intéressé par ce jeune homme. C'est dans sa nature, tout simplement. Il a vu trop de chose dans sa vie pour qu'il eut le tempérament d'un sensible. Poe baissa son œil sur ses notes qu'il ballota dans l'air sous le nez du prisonnier.

- «Et pour répondre à ta question, je prends des notes.»

Soupire. Bien sûre qu'il se rendait compte que ses paroles étaient une évidence pure. Ce n'était qu'une moyen comme un autre pour lui dicter de se mêler de ses oignons, tout simplement. Et il leva son visage aux sourcils froncis et à l'air curieux, toujours, sur ce visage. Pour l'examiner mille fois plutôt qu'une.

Il est autant cerné que moi, sinon plus. Il a un gouffre à la voix et des volées de questions sous les paupières. Le teint pâle et les cheveux rabougris... Peut-être est-il lui-même fantôme. Ou simplement qu'il a comprit que la vie ne vaut pas grand chose. J'opte pour la deuxième hypothèse, tien.

- «Tu sembles avoir un tas de questions et d'idées fort intéressantes en tête. Moi j'en ai une, je te la propose: que dirais-tu que je te libère?»

Allais-je le faire? Non. Enfin... Peut-être. Ouais. Ça restait à voir.

 


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MessageSujet: Re: Le puit et le pendule. [Fini] Jeu 3 Juil - 10:51


Le Puit et la Pendule.



Il me nargue de sa transplanance. Nul doute que je ne peux effectuer les mêmes gestes. Je suis opprimé, oppressé. Des liens me détruisent les poignets mais je sais qu'avec du recul, je peux éviter de ressentir la sensation de cette souffrance implacable. D'un regard des plus las, j'observe mon interlocuteur transparent. Sur son visage transparait une émotion semblable à la mienne. Quel incroyable fine équipe que nos deux sensibilités mornes sur un même pied d'égalité. Je fais jouer mes épaules afin de me dégourdir quelque peu les membres. Un sourire s'étend sur ses traits, une chose que je n'aurai jamais cru possible pour une créature aussi froide que cela. Mais c'est un sourire qui ne transparait que d'intelligence. Voilà une chose qui n'est pas sans me rassurer. Alors voilà qu'un fantôme, parmi toutes les créatures de ce manoir, est la seule capable de rivaliser avec tout ce qui se trouvait dans ma cervelle?

Il me traite de pessimiste. Je ricane doucement, la cervelle chauffée à blanc. Ce n'est pas du pessimisme...c'est la pure et simple vérité. Après tout, nous sommes ici dans l'antre des démons, cet endroit où les souffrances humaines liés aux trop fortes passions de nos esprit. Ici, nos bourreaux nous étendent à leur prorpre douleur. La mort dont ils nous ferons profiter ne sera qu'une seconde de la mort qu'ils désirent en réalité. Alors à quoi bon s'enfuir, à quoi bon tenter de faire quelque chose contre cette humanité glacée qui me pourfend l'esprit. Oh, laisse-moi donc à ma philosophie. Mais voilà que tes lèvres s'esquissent en une possibilité de fuite. Il veut me parler, ainsi, il veut confronter nos illusions, souples et délicates. Je me fends d'un sourire à ses yeux morts.

Parler? Votre corps lui-même est un langage, vous êtes un être plasmique d'une transparence qui n'a jamais été atteinte par autre chose que par la mort. Quand à moi, le physique détruit encore ma perception des choses, je ne suis qu'un être de souffrance. Parler en est une à la seconde où je suis.

De ces mots blancs, il me propose à nouveau de me faire libérer. Intéressant le fait que je puisse autant excité sa curiosité. Il faut dire, j'ai tellement attisé les conversations, rien que durant ma vie en extérieur. "Qui ne connaît pas le grand et séduisant Nathan Eyre?" Voilà ce que m'avait dit ce monstre à bel dents blanches avant de me faire disparaître dans ce manoir aux contournures d'ombrelles. Je le regarde en haussant un sourcil:

Vous voulez me libérer? Votre enveloppe de fantôme ne serait alors pas qu'un simple écran de fumée? Très intéressant..je vous serai en effet grè de me libérer, mais sachez que je ne vous demande rien.

Je dérange encore une fois la musculature de mes épaules afin que mes os se caquent et mes tendons se dissipent de leur douleur. Je le regarde avec un sourire hautain:

L'être humain a l'air aussi intéressant mort que vivant.


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MessageSujet: Re: Le puit et le pendule. [Fini] Ven 4 Juil - 4:50





le puit et le pendule


Mornitude de duo. Le prisonnier pense juste. Et à son offrande, il reste fidèle à lui-même et n'accepte pas la proposition. Et il dicte l'exact laideur de la vie telle que Poe la perçoit. À ses paroles, il dérive même sur un léger air de dédain. C'était purement pour les paroles qu'il faiblissait ainsi. Par pour le jeune homme enchaîné.

Le physique en soit n'est pas une laideur. La vie en est une. La mort, elle, est un précieux cadeau et une délivrance. Il n'y a rien de si parfait que la mort. C'est un terme long et paisible. Le fantôme qui en sort peut faire ce que bon lui semble de ses apparitions. Mais il ne pourra jamais modifier sa mort ou mettre contribution autre que putréfaction à son corps. Ce pauvre était certainement un être de souffrance. Il était vivant. Il était faible et vivait les émotions les plus basiques et fades qu'un Homme pouvait découvrir. Saviez-vous que les derniers souffles rendaient les sentiments encore plus glorieux?


Il accepte que je le libère. Je peux me matérialiser. Autant que je le souhaite. Mais il serait de puiser d'une énergie qui ne m'appartient pas et que je ne contrôle pas. Et la fatigue me gagnerait trop vite. Alors je ne reste pas sous l'apparence des vivant bien longtemps. Je peux en donner l'illusion, comme je le fais quelques fois. Quand ça me chante... Mais simplement pour tenir ce crayon et ce parchemin, appuyer les notes sur le papier plutôt que dans ma cervelle, je me dois de prendre quelques souffles qui soient. Pathétique ou non, je me permets bien des choses ainsi.

En gré, serait-il, qu'il le libère. Ce jeune homme est charmant, vraiment!

-«Parfois il est plus intéressant mort, j'aimerais te dire, appuie-t-il en pensant à l'idiot derrière son dos. L'être humain n'est pas si intéressant que ça... Ce qu'on peut en faire, par contre...» souffle-t-il en positionnant ses armes d'écriture massive sous son bras. Désabusé. Toujours désabusé.

Ce qu'on peut en faire est passionnant. En effet. Le détraquer. L'effrayer. Le tourmenter. Le torturer... Manipuler son imaginaire, le fouiller et le disséquer... Sans cette machinerie totalement humaine, l'humain n'est pas bien intéressant. L'humain est intéressant lorsqu'il est travaillé par d'autres humains, sans doute... Sinon, l'Homme est une science et une machine biologique. Oh! certes, en voyant l'humain ainsi, il est bien intéressant. Mais je parle d'un autre niveau. Je cherche un autre niveau, en sommes.

Les clefs traînent sur un clou qui, lui, s'est pendu à son mur de briques. Je m'y approche et le halo translucide s'évapore d'un seul coup pour ne laisser qu'un manteau, une peau et ses gants dédaigneux mats comme ceux d'un vivant. En d'autres mots, il se matérialise, un cours instant. Le temps qu'il faudrait. Il prend les clef du bout du pouce et de l'index comme si elles contiennent la peste. Et il retrousse les narines en mimant la pire des odeur sur leur rouille de fer, patauge une moue sur ses lèvres, et prononce:

-«Bien sûre, je peux te laisser à ta mort que tu dis certaine. La mort est belle. De toute façon, nous semblons faire parti de ses gens qui ont vécus. Qui ne vivent plus. La mort te tenterait-elle parfois?»

Et j'agite le trousseau de clefs contenant son échappatoire sous son nez. L'initie-je au suicide? Ma foi... Cette idée me plaie bien. Mais je ne suis pas du genre à insister. Oh non...

 


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MessageSujet: Re: Le puit et le pendule. [Fini] Sam 5 Juil - 13:35


Le Puit et la Pendule.



J’assouplis encore et toujours mes muscles, n'attendant de mon souffle qu'il ne fasse que cesser. Mais j'ai comme bien l'impression que ma vie est condamnée à rester d'une souffrance immuable, inchangeable, aussi coulant que le miel d'une ruche. Aucun autre assurance pourtant n'est aussi rêvable que la mort. Elle est là, sifflante et souriante. N'attendant qu'un appel au secours ou un souffle sordide. Il est même dit que certains y font appels pour les autres. Tellement charmant. L'homme, ou du moins ce qu'il en reste, en face de moi me parle de chose que je n'ai pas à comprendre, juste à observer. Ce sont des choses que je pense très régulièrement, il n'y a pas de surprises. Je relève ma tête, ouvre mes yeux à la noirceur de mon environnement. L'odeur même du sang et des cadavres aussi frais qu'en décomposition se relève même jusque dans mes souvenirs les plus anciens. Surtout les plus anciens. Les paroles de mon fantôme de nouvel interlocuteur me parviennent aux oreilles. C'était tellement bien plus agréable à entendre que les hurlements détestables de l'autre homme primitif. Un rictus s'avance sur son visage.

Ce qu'on fait de l'être humain ? Tellement de choses...rien que ce que font les humains entre eux est déjà une liste impensable. On peut les aimer, les haïr, les détester, les adorer. Nos sensibilités sont si profondes qu'essayer de faire une thèse sur le sujet...serait une œuvre colossale...c'est passionnant!

Il finit sa phrase dans un grand sourire, peut-être le plus franc de tout ce qu'il avait pu faire jusqu'ici. C'était en effet un plan des plus excitants. Réfléchir sur ce thème, ce sujet. C'était tout ce qu'il y a de plus fascinant. Un humain possède en lui tellement de choses, déterminé par son passé, son histoire émotive, ses réactions. Cet homme devant moi, par exemple, reflète une profonde lassitude pour l'être humain, c'est évident. Cela démontre une longue expérience à leur côté, et certainement pas des plus agréables. Son bloc-note et la plume sont deux objets qu'il utilise en permanence, je peux donc distinguer quelqu'un qui travaille dans l'écriture. Journaliste ou écrivain. Sa lassitude pourrait s'expliquer par une trop longue mise en observation avec des humains, ce qui pourrait encourager la piste du journaliste. Ses questions avides et son griffonnage maladif mettent aussi toutes les preuves à ce niveau là. Mais autre chose me triture l'esprit. Cette plume est abîmé sur le côté gauche. Un journaliste ne se promène jamais avec une plume abîmé, cela ne fait ni professionnel, ni mondain. C'est donc un écrivain. Pour qui le travail et l'importance des mots comptent bien plus que l'apparence. Je n'arrive pas à déterminer la date de sa mort...cependant, pas le simple fait qu'il semble parfaitement à l'aise avec tout ce que prédétermine son état naturel de mortel, je dirai que cela fait maintenant un petit moment. Un écrivain mort depuis un moment, possédant une lassitude de l'être humain digne d'un chanteur de cimetière. Je souris doucement, le regardant par en dessous avec un air démoniaque. Mes analyses me permettent de comprendre bien plus des gens qu'aucune de mes lectures, bien que je possède nombres de connaissances.

La Mort est quelque chose qui se mérite, elle ne se demande pas sur un  plateau. Je n'ai aucune préférence, je sais qu'elle viendra me chercher quand mon heure viendra et uniquement à cette seconde. Pourquoi chatouillez-vous ces clés devant moi? Vous cherchez à me faire souffrir en essayant de me faire vous supplier? Cela ne me touche pas. Vous perdez votre temps...ah, excusez-moi, vous avez l'éternité à perdre en réalité.


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MessageSujet: Re: Le puit et le pendule. [Fini] Dim 6 Juil - 17:49





le puit et le pendule


Il comprend. Il comprend parfaitement tout ce qu'on peut faire de l'humain, ce qu'on peut lui amener et ce que l'humain en soit accomplit à son œuvre tous les jours. Personnellement, je préfère leur donner des sentiments et les remettre en doute. Leur faire comprendre que l'angoisse n'est jamais absente: elle est masquée ou dissimulée. Ce que la majorité des humains perdent comme contenance d'esprit passé les cinq ans. C'est pourquoi j'avise un publique qui n'est plus gamin peureux. Et ça me passionne.

Tout comme ce jeune homme, visiblement. Passionné, de ses traits, de ses mots et de ses éclats de mort dans les iris. Il parle à Poe comme une berceuse se fait dicter d'un enfant à sa mère mourante. Touchant. Véhément, d'autant plus. Et l'écrivain qui n'est pas journaliste sourit au discours d'outre-tombe de ce jeune martyrisé. La mort se mérite? Pas toujours. Certains ont les heures de vivre éternellement, d'autre ont les supplices de ne pas crever à temps... Mais ce garçon, lui, méritait la mort digne. Car, dans une vie, le plus important, après la naissance, est sans doute son terme.

Je n'avais agité les clefs sous sa truffe pour de telles raisons, mais l'idée me fait sourire. J'avais décidé de le libérer. Pour que je puisse lui parler. Et qu'il puisse me répondre, non seulement de sa voix, mais de ses gestes aussi. Parce que le corps parle de toutes ses coutumes.

- «L'éternité à perdre ou à gagner, je ne saurais trop dire. Mais l'éternité m'appartient et c'est ce qui m'importe désormais» dans un soupir lasse.

Le mort fouille dans ses clefs sans se presser et trouve, après quelques essais dans la serrure du poignet droit du pauvre, enfin quelque chose qui semble s'ajuster et se mouler parfaitement. Un tour, un déclic, et les gonds laissent leur bouchée de main courir dans la liberté. Chose faite pour tous les membres en captivités, dans la plus grande des précautions de ne toucher au métal le moins possible, et Poe laissa tomber sur le sol ce trousseau de dégueulasses après s'être essuyé les doigts sur son manteau long. Voilà. Bonne chose de faite.

- «Faire une thèse sur ce que les humains font à leurs frères serait digne de ce terme, en effet: colossale. Grandiose, aussi, peut-être, il passa le bout de ses doigts gantés sur sa barbichette. J'adore extirper les sentiments les plus noirs chez les humains: angoisse, folie, mort, cela va de soi... Dis-moi, toi qui attends ton heure comme s'il s'agissait d'un gâteau au fourneau, qu'as-tu fait aux humains pour si grand intérêt sur le sujet?»

La plaisanterie des pâtisserie est monotone, comme le reste de sa voix. Pince sans rire, faudrait-il dire.

 


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MessageSujet: Re: Le puit et le pendule. [Fini] Lun 7 Juil - 15:54


Le Puit et la Pendule.



Les craquements des murs de cette salle me perturbent au point de ne pas pouvoir correctement penser. C'est désagréable mais je me dois de faire le vide dans mon esprit. Devant moi encore se trouve ce fantôme écrivain qui s'amuse avec ce piètre petit trousseau de clé. Qu'il ne croit pas pouvoir me faire souffrir à distance, je ne suis pas ce genre là. Je suis bien plus fort que tout cela, peut-être pas physiquement mais bien mentalement. Argh, voilà le retour des limaces de ténèbres, elles courent sur ma peau et laissent des traces de noirceurs sur tout le devant de sa peau. Leurs yeux sont visqueux et rougeâtres. C'est l'évidence d'une saletée si profonde que je les sens courir sur mes veines comme du liquide gluant. Qu'on me dise un jour pourquoi je les vois. C'est tout sauf logique. Je ne supporte pas ce qui n'est pas logique. Surtout ces larves noirs qui me courent dessus. En particulier celle avec de grandes mandibules qui s'amuse à danser sur ma tête quand j'ai le dos tourné. Celle avec des pattes poilues d'araignés  n'est pas mal non plus dans son genre. Quand elle coure dans mon dos, cela en devient même agréable. Comme un massage des plus énergiques. Mais personne d'autres que moi n'arrive à les voir. Je ne comprends pas pourquoi. C'est peut-être même la chose qui m'insupporte le plus au monde dans cette vie de ténèbre et d'obscurité que l'on peut observer sans coup férir, toujours cette même brutalité dans le cou.

Choc brutal. C'était quelque chose de bien distinct d'un coup au corps. Brusquement, mes genoux heurtent le sol, tout cela après un doux cliquetis. Je ne me sens pas plus libre qu'avant, juste à présent porté par la gravité vers ce sol qui me répugne de sa substance glacée et rougeâtre. Du sang, du sans partout, des excrèments et des restes de cartilages humides, voilà ce qu'on pouvait trouver sur le sol de cette salle. Rien d'autre ne pouvait être envisageable. Mais voilà maintenant tant de temps que je n'avais pas ressenti cette douceur qu'était de pouvoir retrouver des épaules mieux huilés. Aussitôt que je me retrouve au sol, je gratte mes cheveux pour les ébouriffer, aussi sale qu'il puisse t'être. Alors que j'étais à genoux, mes pieds se craquèrent pour revenir sur leur pas. Je me redresse et aspire à craquer tous mes os avec un grand sourire. De mon cou jusqu'à mes épaules si longtemps retenu en arrière, de mes poignets jusqu'à mes coudes, mon dos et mes hanches profitent également de cette nouveauté que se trouve être la liberté. Je jette ma tête en arrière, regarde le plafond. J'aurai préféré y voir le ciel, mais je ne voyais que les ombres. Rapidement, je m'ébroue pour enlever toutes les larves invisibles qui trainaient sur ma peau. Allez-vous en, espèce de créature de l'esprit, je ne suis pas votre charogne. Je caresse mes poignets et les masse même pour refaire passer correctement le sang à l'intérieur. J'entends alors la question de mon interlocuteur et reprends sens de ce qui m'entoure et de lui également. Que c'est désagréable de m'être ainsi éloigné de la réalité pendant quelques minutes. Je ricane ouvertement:

Ce que j'ai fais aux humains? Je leur enseigne. J'apprends aux petits esprits à devenir grands. Leurs parents pensent que je peux les rendre encore meilleurs qu'eux. Ils ne savent pas que l'humanité est sombre de l'intérieur dès la naissance. J'ai connu quelques exceptions...mais ils ne restent jamais éloigner des ténèbres assez longtemps... -soupire- alors vous aimez disserter sur l'obscurité de l'être humain en général ? J'aime les prendre aux particuliers. Un par un, car tous sont différents. Faire une thèse global prendrait trop de temps justement à cause de cette uniformité qui n'existe pas. J'aurai tendance à faire du cas par cas.


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Le puit et le pendule. [Fini]

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