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L'Éveil de l'Ange [Dieron & Connhelly & Williams] [Fini]

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MessageSujet: Re: L'Éveil de l'Ange [Dieron & Connhelly & Williams] [Fini] Jeu 17 Juil - 2:14


L'Eveil de l'Ange



Le couple heureux est à mes côtés, je préside à la cérémonie de leur mariage gouverné par la beauté lumineuse du Seigneur. Je sens sa présence autour de nous, comme un baume protecteur qui m'aide et nous aide un peu plus chaque jour à voir la vie sous un angle positif. Même si cela n'était pas un mariage en extérieur comme certains où j'avais pu officié, c'était tout de même un mariage d'amour où les deux ressortissants portaient leur bonheur proche de leur coeur. Une part de moi les regarde avec un air nostalgique. Je me souviens de cette femme auquel j'avais lié ma vie...même si mes sentiments pour elle avaient été fort, ils n'avaient pas atteint la portée de ceux, complétement iraisonnable, que j'avais pour cette Autre. Que nul ne vienne me jeter la pierre de l'infidélité, je n'ai plus aucune existence aux yeux des humains de ce monde. J'ai donné ma bague pour sauver la vie de ma femme, j'ai rendu sa liberté aux yeux du Seigneur. Qu'elle ait pu gardé la sienne durant tout le temps où il fut considéré comme mort me faisait sourire doucement. Mais ce n'était que des rêves. Des songe anciens qui me rappellaient l'époque où j'avais pu être parfaitement heureux, sans aucun nuages devant mes yeux. Je n'avais comme faute que la seule et l'unique d'être tombé amoureux de la mauvaise personne. Celle dont les yeux de guerrière avait déjà brisé le coeur d'un autre homme, le coeur d'un tueur de sang-froid.

Toujours était-il qu'à présent, j'étais seul. Probablement que je le serai à présent toute ma vie...mais voilà qu'à mes yeux se remarque la présence des deux alliances déjà mises. Je fronce les sourcils et regarde mon ami, presque déçu d'un comportement aussi hatif envers le Seigneur. Mais voilà qu'il ravale sa salive avec inquiétude. Je comprends qu'il puisse avoir peur du jugement divin du Seigneur. Seulement...son amour est tellement beau, comme pourrait-il être puni d'avoir juste être plus tôt scellé à la fidèlité de cette femme. Il me soutiens alors que jamais il n'enlèvera ce qu'il a déjà mis à son doigt et à celui de sa promise. Je le regarde un air désolé et triste, rempli des yeux jusqu'au coeur de compréhension mais également de désolation. Je me retourne vers la statue de la Sainte Vierge, toujours splendide dans toute sa grandeur. Il ne fallait pas condamner l'amour, surtout quand il était aussi grand que celui qui se déployait entre ses deux êtres. Aussi grand même que ceux que je pouvais ressentir pour cette femme là...bien que cela ne soit pas réciproque, je le crains. M'enfin bon...juste l'entendre me parler me donne les clefs du paradis, alors qu'importe le reste? Non? Vous ne pensez pas?

Ce n'est pas grave, mon cher ami. Je sais que vous ne pensiez pas à mal. L'Amour est l'essence de notre Seigneur bien-aimé, il n'y a nul raison de vous blâmer. Puisque Morgan Connhelly et Elizabeth Dieron ont consenti d'un commun accord à la vie conjugale, et en ont témoigné devant Dieu et devant cette assemblée, donnant et engageant ainsi leur foi l'un à l'autre; ce qu'ils ont confirmé par le don et l'acceptation de l'anneau, et par l'union de leurs mains, je les déclare époux et épouse, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Bien qu'il y en est dans la Bible, paraîtrait-il, des choses à blâmer à cette situation. Mais tant de messages venant de la bouche de Jésus ont été déformé. Si bien que parfois, ils oublient même dans les anciens ouvrages que ce qui doit prédominer l'espèce humaine, c'est bien l'Amour et non la Crainte. Que ne donnerai-je pas pour pouvoir avoir celle que j'aime dans mes bras...je sais que ce n'est pas bien de s'étendre dans ses peines, qu'il faut toujours se dire que demain sera meilleur que hier et que ce n'est qu'en restant fidèle à soi-même qu'on obtiendra toujours récompense...mais la voir sans cesse caresser les cheveux de Lewis, lui chuchotait de bons souhaits de rétablissements...c'était bien trop pour mon coeur qui en souffrait de la pire des blessures. J'aurai même préféré qu'elle m'écarisse le coeur avec ses ongles. Mais là n'était pas la question. Derrière les larmes que je tarrissais en mon coeur, je voyais Elizabeth sauter sur son mari pour l'enlacer avec passion. Enserrer ses joues entre ses mains pour l'embrasser tendrement, murmurant milles remerciements brûlants à son cou. C'était si beau l'amour.

Mais soudainement, ce fut comme un vent puissant traversa la salle. Je ressentais un brutal creux dans mon coeur, plus rien ne semblait être comme il devait être. De la présence chaude et chaleureuse que j'avais senti, rien ne tremblait plus à présent que la marque des ténèbres quand le vent souffla toutes les bougies, nous plongeant dans un noir relatif. Je retins mon souffle sans comprendre, était-ce ma faute? Moi qui avait autorisé cette union malgré les alliances déjà mises? Je ne comprenais pas, mais je sentais la présence du Malin dans cette salle. Des larmes me montèrent aux yeux. N...n...non...NON ! Je serra ma Bible contre mon coeur en murmurant:

"Loin du signe du diable, Afranchis nous de notre esclavage.
Comme l'Eglise te rassure,
Libère nous des aspects de la servitude
Nous te le demandons, écoute nous.
Pour que notre ennemi soit sanctifié.
Chrétiens, humbles et méritoires, 
Nous te le demandons, écoute nous. "

Elizabeth eut mal dans sa poitrine, malgré son sourire plus grand encore que ses joues pouvaient le permettre. Elle était heureuse et se jeta dans les bras de son époux pour calmer la douleur. Les dernières paroles du prêtre l'avaient complètement assomé, son corps avait envie de dormir. Se blottissant contre son mari, elle se sentait enfin à sa place entre ses bras. Mais cette douleur incessante transperçait son estomac, après être passer autour de ses poumons. Elle n'arrivait pas à comprendre ce qu'il se passait. Mais quand toutes les lumières s'éteignirent d'un coup de vent, la jeune femme fut effrayé et se serra davantage à Morgan. C'est alors que les paroles du prêtre vinrent à son oreille. Non...par pitié...ses yeux se fermèrent davantage, elle craignait de ne pas pouvoir tenir le coup jusqu'à sortir de la pièce. Pourquoi, elle tira les manches de son ange gardien, chuchotant à la limite de l'endormissement:

Fuyons...vite...mon amour...

Et laissons le prêtre à ses divaguations ridicules. Amen.



©BOOGYLOU.



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MessageSujet: Re: L'Éveil de l'Ange [Dieron & Connhelly & Williams] [Fini] Jeu 17 Juil - 3:45


l'ange
et le berger



Et contre toutes attentes, Monseigneur Jonathan ne porte le péché à ses mots. Ni le blâme. Ni la colère. Je bats des paupières, et mon œil esquisse un sourire tendre. Je le remercie. J'aimerais le remercier tant, beaucoup plus. Mais pour le moment, je ne peux que lui donner grâce depuis mon iris brillant. Il comprend. Mais bien sûre qu'il comprend. Il est la poigne de l'Amour-même. Le porte-parole de l'Essence. Et le plus sage des Hommes. Je souris.

À mon amie. À ma femme. Ces qualificatifs, autant l'un que pour l'autre, sont des cadeaux du ciel. Jamais je n'aurais cru trouver si grande confiance chez un humain pour qu'il devienne un pasteur et un ami à la fois. Jamais je n'aurais cru tombé aussi amoureux. De la plus belle des Anges, et de celle qui éveille tous mes tourments les plus passionnés. Je suis comblé. Que me faudrait-il de plus? Et comme à sa dernière parole dictée, comme s'il eut été un signal, je me tourne vers Elizabeth. Me penche.

Et je la regarde, souriant. À me répéter mille et une fois qu'elle est ma femme. Que cette alliance sur mon doigt est la sienne, aussi. Qu'il ne s'agit plus d'un rêve ou d'un espoir. Doucement, je vais poser mes lèvres sur les siennes. Pour simplement lui voler longuement et tendrement ses lèvres qui me font tourner la tête encore et toujours. Brutal.

Une bourrasque qui me fait sursauter. J'écarquille le regard et me retourne vers l'échos de la voix de Monseigneur Jonathan qui propulse ses prières dans la chapelle. D'instinct, je presse d'une bras Elizabeth contre moi pour la protéger et m'y blottis contre toutes attentes. Un frisson.

Dégouline dans mon dos. Je ne sais ce qu'il est en train de se produire, mais je ressens soudainement une froideur glaciale. À entendre les paroles de Monseigneur Jonathan, à voir l'œuvre qui se déroulait, je me doutais que le Malin s'était emparé de nos vœux. Et de la crypte, par la même occasion. Je sais.

C'est notre pêché sur l'autel qui a souillé la place. Sueur froide. Je blêmis. Je savais que mes cachoteries et mes offenses amènerait le perfide et le vicieux en ces lieux. Qu'ai-je fait? Seigneur! Pardonnez nos offenses! Je vous en conjure! Elizabeth fond alors dans mes bras. Je porte mon attention sur elle, en panique. Elle a aussi prit des teintes de blancs livides. Semble affaiblie comme un Ange sur le précipice de sa mort.

Elizabeth! Que se passe-t-il Monseigneur Jonathan?!

Plus aucune joie dans ma poitrine. Plus aucune chaleur, ou sentiment épanoui. Je la vois d'effondrer et la prends rapidement dans mes bras. Mon aorte s'entorse et se serre d'une telle douleur que je sens que je vais m'effondrer de même. Mais je ne le peux. Je dois la garder dans mes bras. Tout faire pour qu'elle tienne le coup. Je crains, de tout mon être, que mes fautes soient en train de la tuer. Non! Non, prenez ma vie autant que vous le voulez, mais pas celle de ma douce damascus! Pitié! Une voix.

Elle me murmure qu'il faut vite quitter les lieux. Et je sens alors le sol gronder sous mes pieds. Un bruit sinistre s'empare de mes ouïes à me troubler la vision. Pendant une instant, je crois que la crypte en entière va s'effondrer. Tout comme Elizabeth que je ne crains inconsciente dans mes bras.

Vite, Monseigneur Jonathan! Il faut fuir!

Je lui porte regard affoler et, maintenant bien serré contre ma poitrine ma femme, j'accoure vers la sortie. Mon souffle est rêche et impossible à saisir. Ma gorge se noue, les larmes me broient les yeux. Et je prie. Je cours et je prie. J'implore Notre Seigneur. Qu'Il est Pitié de nous. Qu'Il nous supporte et nous protège. J'ai foi en Lui. Faites qu'Il ait foi en moi. Ou simplement à la plus pure des choses: l'Amour que j'éprouve pour celle qui s'éteint contre ma peau.

©BoogyLou






 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

©BOOGYLOU.  

 



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MessageSujet: Re: L'Éveil de l'Ange [Dieron & Connhelly & Williams] [Fini] Jeu 24 Juil - 18:38


L'Eveil de l'Ange



J'observe les ténèbres s'effondrer tout autour de nous, au même rythme que le vent qui termine d'éteindre les dernières bougies. Que Dieu nous garde. Rien ne pouvait être plus terrible que cela, je sentis l'alpanage du démon dans tous ces derniers retranchements. Comment pouvait-il être rentré ainsi dans la maison du Seigneur? C'était impossible, inimaginable. Du fond de son coeur je ne pouvais l'imaginer. C'était contre nature. Mais voilà qu'un grognement profond et terrifiant sonna, trébuchant, dans les voûtes de la crypte, faisant trembler les murs. Je tins ma bible sur mon coeur, frémissant de peur et continuant de murmurer des prières contre le Démon. Mourir ici alors que je venais de célébrer une cérémonie sous le signe de l'amour serait inhumain. Je sais que la Mort doit venir quand le Seigneur décide qu'on a terminé en notre monde le cycle de notre humanité et notre vie. Quand nous devons atteindre le ciel, nous n'avons pas le droit de nous rebuter. Mais à cette seconde, je ne voulais pas mourir. Je ne voulais pas être éloigné d'Elle. C'était plus fort que moi. Quand Morgan fut apeuré par cette expression du pouvoir des Supérieurs.

Je pense qu'il s'agit du Démon ! Nous sommes menacé par la présence du Malin ! Fuyez ! Je protégerai votre fuite par mes prières !

Elizabeth avait l'impression de mourir de l'intérieur, son estomac macérait d'une lente et profonde douleur. Tenant d'une main son ventre et de l'autre la main de son nouvel époux, elle gémit contre son corps. C'était une terrible sensation démoniaque, comme un appel, une déchirure. Tout ce qui l'entourait commençait à devenir doucement rouge, sanglant. Tout tourna dans sa tête, faisant trembler les murs. Les statues au alentour, porteuse de message biblique, semblaient comme murmurer des messages inaudibles, d'un langage inconnu mais qui siffla dans ses oreilles. Elle avait envie de hurler indéfiniment. Hurler la douleur qu'elle pouvait ressentir à cette instant. En quoi...pourquoi, quel était l'explication de cette apparition surnaturelle? Prenant les mains de Morgan, elle commença à courir vers la porte, trébuchant une fois contre le sol tandis que Jonathan, ce maudit prieur, continuait de scander ses horreurs.

MAIS FAITES TAIRE CE FOU!

Elle n'aurait su expliquer en quoi les paroles du pasteur pouvait la rendre complètement folle. Mais il avait les accents de la pureté, et d'une manière générale, c'était absolument abominable. Comme une musique stridente sur des cordes froides de violons. Elle voulait fuir, et c'était ce qu'elle s'employait à faire à chaque seconde, courant vers la porte  qu'elle ouvrit avec force. Regardant Morgan avec desespoir, elle murmura:

Faites-le taire mon amour...fuyons...il n'y a pas d'autres solutions...

Je ne sus quoi répondre, son cri m'avait apeuré. Comment pouvait-elle m'appeler ainsi? Comment elle pouvait ainsi dire que j'étais fou, me demandant de me taire alors que je ne voulais que les protéger? C'était un blasphème que je ne comprenais pas. Essayant de m'approcher d'eux, un regard me fait arrêter de bouger, ma Bible se met à trembler entre mes mains. Je me saisis d'une croix dans les tréfonds de mon habit et me recroqueville. Je m'apprête à dire les mots qui me viennent à l'esprit, Elizabeth semble être possédé. Pour refuser ainsi mon aide et être aussi réfractaire à la bonté du Seigneur, qu'est-ce que tout cela voulait cacher. Je regarde Morgan, l'air presque suppliant, ne comprenant pas le problème de sa femme. Mais finalement, je reste près des chaises de prières. Le regardant d'un air triste tout en ouvrant ma bible.

Ne vous en faites pas, je couvrirai votre fuite. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.



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MessageSujet: Re: L'Éveil de l'Ange [Dieron & Connhelly & Williams] [Fini] Mer 13 Aoû - 6:36


l'ange
et le berger



Plus je cours, plus mon souffle s'échauffe et plus mon sang se glace. Je tiens dans ma main ma femme qui s'éteint comme la damascus à l'automne. Non. Je refuse de la voir partir. Si ce n'est d'enfer que je meurs à la voir quitter ce monde pour les Cieux, c'est de chagrin que je mourrai. Je dévale la crypte de pas immenses et lourds en ne pensant plus qu'à ma tendre épouse te mon bon ami. Il y a ce grognement sinistre et terrible à faire frémir chacun des alcôve en potence de pieux à me faire croire que son ciel s'écroulerait à la seconde suivant la seconde. Gardez-moi contre Votre cœur, Votre force, Votre amour, Seigneur! Monseigneur Jonathan parle.

Crie, plutôt. Il parle du Malin. Mon sang se glace à ternir ma moelle de givre. Mon ami nous dit de fuir et mon aorte s'écorche. Visage de souffrance. Horreur impitoyable. Je ne peux laisser Monseigneur Jonathan aux prises d'un tel fléau! Et pourtant, s'il y a bien une âme capable de repousser les Enfers et leurs Tourments, c'est bien celle du pasteur. J'avale difficilement, mon souffle tremble. Je lui lance un regard d'inquiétude qui tente de lui porter courage. Aurais-je eu la puissance de combattre à ses côtés? Peut-être. Je n'en sais rien. Pour le moment, je galope aux côtés d'Elizabeth. Elle est celle affaiblie, celle que je dois sauver, à l'instant. Je la regarde.

Elle semble avoir mal au ventre. Je suis terrorisée. Qu'elle ne nous quitte. Tenez bon, Céleste. Tenez bon! Donnez moi la chance de ma sacrifier pour elle, Seigneur! Je vous en conjure! La la tiens ferment. Puis elle a soubresaut et s'effondre sur le sol. Je me jette à son secours pour la soulever tant bien de mal. Il n'y avait pas une heure, j'étais capable de la prendre dans mes bras, de m'envoler et la caresser... Maintenant, elle semble lourde comme des tonnes de marbres, et sa peau est brûlante. Brûlante au touché, douloureusement. Je peine à toucher les pan de sa robe, et si ma paume entre en contact avec son épaule, un bruit de tison s'échappe autant que mon épiderme fond contre la sienne. Mais je continue.

L'adrénaline me pousse à agir contre la souffrance, contre le Mal physique. Sans doute celui que le Malin nous apporte volontairement à l'instant. Je l'empoigne donc en gémissant d'effort et de douleur, mais il m'est bien difficile de la soulever. J'y parviens tout de même en laissant la sueur froide perler sur mon front. Je sursaute.

Sa voix hurle de faire taire Monseigneur Jonathan. Je l'observe avec l'angoisse en marrée dans les iris. C'est une horreur. Un scandale. Comment peut-être quémander à ce que les Évangiles cessent de sortir de sa bouche? Et comment peut-être le traiter de fou?! Puis reporte mon attention sur ma douce damascus. Je prends son visage dans mes mains et la regarde au bord des larmes dans les yeux. Bien ancré et profondément. Sa voix si suppliante, si fine m'apporte à l'oreille de faire taire Monseigneur Jonathan. Si charmante, si belle... Je me fige, écarquille le regard. Elle me fait tant pitié que j'aimerais tant arrêter le pasteur... Je souffle:

Oui, t-t-très ch-ch-chère... O-o-oui... [/color][/blur]

Je la relève avec moi. Je la prends dans mes bras comme une enfant endormie. Sa peau brûle la mienne, et sa pesanteur me déchire les biceps. Mais je ne saurais trop dire comment, j'y parviens. Mon visage est terrifié. Je ne sais trop ce que je fais. Mais je sais que je le fais à sans ma volonté et mon cœur. Pour celui d'Elizabeth, contre celui de Monseigneur Jonathan. Je me retourne lentement vers les, tremblant et les yeux écarquillés. Comme si rien de tout ce désastre ne se produisait, qu'une simple phrase, qu'un simple coup de pupille de ma douce damascus m'avait charmé à me contrôler totalement.

Monseigneur Jonat-t-t-than... Ces-s-s-sez ces d-d-démences. Et c-c-c-courrez.

Puis je me retourne vers la sortie, le cœur gros. Que viens-je de dire? Je prends course vers la grande porte de la crypte. Une larme coule sur ma joue. Pourquoi ai-je dit cela? Je ne le voulais pas. Mais Elizabeth m'y a poussé... Comment? Mes pas s'accumulent à une grande vitesse jusqu'à la sortie. J'entends un éboulement monstrueux derrière nous, tandis que les larmes bouchent mes tympans. Un cri maléfique et inhumain déchire tout ce qui m'en reste. Enfin.

Nous arrivons à la sortie. Elizabeth semble légère, comme à l'habitude. Et mon souffle est court, rêche. Je la garde dans mes bras, précieusement pressée contre mon corps, et fouette mon regarde partout autour de moi comme un lapin pourchassé. Nous sommes dans un lieu bien dangereux. Mais étrangement, les brutes sont le cadet de mes soucis à l'instant. Et ma gorge se déploie vers la crypte où je hurlai à plein poumons:

Monseigneur Jonathan!

Rien. Je tremble comme il m'est impossible de soutenir mes muscles. Je crains je pire. Puis je dépose Elizabeth sur le sol et dégage son visage pâle de ses mèches humides. Elle est moins brûlante de peau, toujours autant de fière, il semblerait.

Ma douce damascus... Qu'avez-vous? Dites-moi votre mal et je ferai tout pour vous en guérir. Je vous en prie, ma douce damscus...




©BoogyLou






 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

©BOOGYLOU.  

 



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MessageSujet: Re: L'Éveil de l'Ange [Dieron & Connhelly & Williams] [Fini] Ven 15 Aoû - 12:02


L'Eveil de l'Ange





Frappée au cœur, voilà comment Elizabeth pouvait se sentir en cette seconde. Elle croyait dur comme fer que le mal qui traversait son corps de part en part était les inepties ridicules que ce prêtre ou ce pasteur, elle n'en avait complètement rien à faire, ne faisait que déblatérer depuis quelques minutes pour éloigner un prétendu Démon. Haine. Une haine resplandissante perçait son cœur froidement, alors qu'elle se laissait traîner contre le sol. Les paroles de Jonathan la rendaient particulièrement faible, elle sentait sa gorge se mettre à brûler passablement, rendant difficile tout essai d'avaler sa salive pour reprendre correctement sa respiration. Sa tête était comme la victime d'un marteau et d'une enclume savamment disposée pour ne lui laisser aucune seconde de répit.

Dans un tel état, son corps ne pouvait ni se déplacer et encore moins parler. Les paroles qu'elle laissa à Morgan furent les dernières qu'elle put prononcer avant de sombrer dans une sorte de sombre coma dont elle ne pouvait qu'avoir le secret intérieur en son sein. Qui pouvait croire d'une jeune fille à l'allure aussi fraiche et débrouillarde pouvait avoir conclu un pareil pacte qui unissait à jamais son âme avec le Diable ? Personne, pas même elle. Voilà comment, parfaitement ignorante de la vérité de son état, elle se laissa soulever par Morgan. Sa peau était devenue brûlante au fur et à mesure que les paroles de Jonathan prenait en ampleur.

Quand ils passèrent la porte de la crypte, tout fut soudainement plus facile. Elizabeth battit des paupières et savoura consciencieusement le silence qui était symbole que le prêtre s'était tut. Ce n'était pas pour autant qu'elle put bouger sur le champ, bien que son corps fut soudainement bien plus léger qu'au premier temps de son trouble. Que s'était-il passé ? Elle n'en avait pas la moindre idée. Bredouillant des paupières pour retrouver une activité biologique normale, elle observa ses mains qui n'avaient plus aucune trace de la rougeur qu'elles possédaient avant, symbole de sa haute température. Plus rien sur son corps ou dans son esprit n'avait de traces de ce qu'il venait de se passer. Elle concervait pourtant tout en détail, parfaitement. Comme une musique que l'on avait trop joué dans sa tête.

Ne comprenant rien de ce qu'il se passait, elle se remit sur pied, bien plus facilement que l'on ne l'aurait cru venant d'une femme qui aurait pu être sur le point de mourir. Elle époussete sa robe et posa une main sur sa tête, une légère migraine y prenait place. L'éboulement soudain et le hurlement guttural lui étaient passé au dessus de la tête, elle n'en avait absolument rien entendu. Se blottissant dans les bras de son nouveau mari qu'elle étreignait avec candeur. Elle fit avec la plus grande innocence.

Je ne sais pas...je ne sais pas... Ô mon amour, j'ai eu si peur...j'espère que tout cela est désormais derrière nous et que nous pouvons être à présent libre de nous accorder du temps...

Elle l'attira à lui et le força à regarder dans ses yeux pour ne pas avoir à regarder la porte de la crypte. Elle ne voulait pas qu'il aille vérifier si le pasteur allait bien. Si seulement il pouvait avoir trépassé, cela l'arrangerait très bien. Ne plus avoir à entendre ses prières. Ne plus avoir à subir cette douleur, elle n'en avait pas besoin.

Partons. Maintenant, mon sauveur.


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MessageSujet: Re: L'Éveil de l'Ange [Dieron & Connhelly & Williams] [Fini] Ven 15 Aoû - 12:05


L'Eveil de l'Ange





Le vent s'engouffre par cette immense porte largement ouverte en face de nous. Comment ai-je pu laisser passer un tel démon entre nos murs? J'ignore où fut l'erreur, où fut le problème dans cette cérémonie que j'avais pourtant porter avec autant de Foi que possible. Je n'avais pas idée de la Folie qui se déplaçait autour de nous à cette seconde. Tout autour de nous avait les accents de la morsure brutale du Malin, c'était évident. Mon coeur palpite face à tant d'expressions d'un pouvoir supérieur autour de moi. Les flammes éteintes nous plonge dans une obscurité toute relatif qui perturbe davantage nos sens.

Le grondement sourd dont on ne pensait pouvoir provenir que du vent continua de faire rugir les battements lourds de ses tympans glacés, le rythme disgracieux du Démon. Ne restez pas ici, continuez de fuir ! Avais-je envie de crier au jeune nouveau couple qui s'en allait en clodiquant jusqu'à cette porte d'où était entrer l'Esprit Mauvais. Vrombrissement que j'observais avec de grands yeux terrifiés, ne sachant que faire sur l'instant précis où cela se produisait. Ma Bible ne pouvait être que la seule solution, aussi m'attelais-je aussitôt à prononcer des prières contre le Malin. Afin de stopper sa fureur, de laisser cet amour en paix et de le renvoyer à la Terre Brulée dont il était maître. J'usais de toute la puissance de ma Foi en ce Dieu auquel j'avais une confiance aveugle.

Elizabeth semblait très mal en point, d'après tout ce que je pouvais voir d'aussi loin. Je ressentais comme une puissance énergie émanant de son corps. Comme une flamme brûlante et pernicieuse. C'était exactement la même que je ressentais auprès quand les vents me fouettaient brutalement contre ma soutane. Ils me frappaient avec cette volonté de me faire taire et non seulement la jeune femme en faisait la voix mais en plus, je sentais dans ces paroles toute la sincérité blessante d'une non-croyante. Cette femme...venait d'être mariée sous les Lois de Dieu sans la Foi! Mon coeur s'arrêta l'espace d'une mili-seconde, créant un coup dans ma poitrine qui me fit perdre l'équilibre.

Etait-ce la raison de toute cette mascarade démoniaque? Cette femme...était-elle possédée par le Diable? Aurai-je unis mon plus fidèle ami à une succube de Satan? Mon sang coulait violemment entre mes veines, me rendant plus vif encore que je ne l'aurai espéré, aussi évitais-je rapidement un morceau de roche qui s'était mis à tomber en direction de ma tête. Tout commencer à s'effondrer. Le Malin était assez puissant pour cela! Je serre ma Bible contre moi et continue de siffler des prières jusqu'à ce que Morgan me demande d'arrêter. Comment peut-il me demander d'arrêter? Mon coeur subit alors son deuxième choc, mais cette fois-ci, un choc de la plus grande des tristesses. Je reste planté là, ma Bible resserrée contre moi, mais je ne ressens plus son poids.

Mon regard les suit jusqu'à la porte. Morgan paraît avoir les plus grandes difficultés à porter sa femme. Celle-ci est toujours en aussi piteuse état qu'au début de l'apparition du Malin. Des bribes de roches tombent en poussières éparses autour de moi, comprenant qu'il n'y avait plus rien à faire, je remonta les marches et me posta derrière l'autel. Il ne tenait qu'à moi à présent de faire disparaître le Démon de ces murs. Si je ne le faisais pas, qui savait ce qu'il allait se produire? Et si ce n'était qu'à l'intermédiaire de cette femme que le Diable s'était réveillé pour posséder le monde? Pour détruire tout ce qui était de plus cher à nos coeurs? Je me refusais à laisser faire cela. Evitant au mieux les âpres roches qui tombaient ici et là, j'eus les larmes aux yeux en ouvrant ma Bible sur le petit tissu or et bordeau de l'édifice en pierre.

Je te conjure, Satan, ennemi du salut des hommes
Reconnais la justice et la bonté de Dieu le Père,
Qui, par son juste jugement a condamné
Ton orgueil et ton envie;


J'attendis que les portes ne se referment sur le couple maintenant -je l'espère- à l'abri pour élever la voix. Jusqu'ici, je n'avais que murmurer ses paroles afin de ne pas froisser Morgan, ma plus fidèle brebis, bien que cela m'en coûte. Continuant alors sur ma lancée, je poursuivis d'une voix tonitruante pour couvrir les beuglements du Vent Démoniaque, ressentant cette odeur de souffre si caractéristique que l'on pouvait discerner à mon grand malheur.

Quitte ce monde gouverné par Dieu
Le Seigneur y repose avec Amour
L'a paré de ses dons
Et, par miséricorde, l'a adopté comme son enfant.
Je te conjure, Satan,


Froide comme la mort était en train de devenir toute l'intérieur de la crype. Puis brutalement, une chaleur intense la pénétra de l'intérieur, les roches menaçaient de tomber encore plus raides.

Prince de ce même monde
Reconnais la puissance et la vertu
De Jésus-Christ, qui t'a vaincu dans le désert,
A triomphé de toi dans le jardin,
Sur la croix, t'a dépouillé,
Et, se relevant du tombeau,
A transporté tes trophées
Au royaume de la lumière;
Je te conjure, Satan,


J'ai décidé d'offrir mon âme au Seigneur à cette seconde. Qu'importe cet amour qui me tient tant à coeur. Pour la sauver, elle et tous les autres, du Malin, je suis prêt à tout.

Qui trompes le genre humain
Reconnais l'Esprit de la vérité et de la grâce,
Qui repousse tes embuscades
Et embrouille tes mensonges;
Va-t'en de ce monde crée par Dieu
Il l'a marqué du sceau d'en haut,
Dieu, par l'onction spirituelle,
A fait de lui un temple sacrée.


Je vous confie ma vie, Ô Seigneur. Si je dois vous rejoindre en cette heure, faites que mon dernier soupir soit un je t'aime que vous porterez telle une plume aux oreilles de cette femme.

Retire-toi donc, Satan !
Au nom du Père, du Fils
Et du Saint-Esprit,
Retire-toi par la Foi
Et la prière de l'Eglise;
Retire-toi par l'Amour
De notre Vierge Marie
Qui vit et règle pour les siècles des siècles.
Tous répondent: "Amen".


Un hurlement perçant pointa dans mes propres oreilles, je ne sus deviner s'il s'agissait du mien ou de celui du Diable. Mais un choc se fit entendre sur l'arrière de mon crâne et je retomba sur le sol. Ma Bible me retomba sur le corps, tout devint progressivement noir.


©BOOGYLOU.



you know you’re in love when you can’t fall asleep because reality is finally better than your dreams
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MessageSujet: Re: L'Éveil de l'Ange [Dieron & Connhelly & Williams] [Fini] Dim 17 Aoû - 19:50


l'ange
et le berger



Elle ne peut me répondre. Je me fige. Je la fixe. Mon souffle est court et haletant, et si sec... Mon regard lui pose mille et une quesstions, toutes aussi tordues que désespérées les unes que les autres. Ma bouche est mis ouverte, prête à répondre à ses demandes, prête à supplier son âme de retrouver son état de Grâce! Quel Maléfice nous a emportés?! Jamais... Jamais je n'aurais dû commettre cet affront odieux sur l'hôtel juste avant notre union sacré. Jamais je n'aurais dû boire de telles folies! Je crains.

Le pire. Pour elle. Pour ma douce damascus. Mes yeux s'embuent, pour faire lever les larmes de frayeur à mes globes. Je la vois s'éteindre sous mes bras dès lors, comme un pire cauchemar et le pire des sacrilège. Je pense à mon suicide si un tel drame se produisait. Et je relève le menton de peu. Mon aorte pompe si rapidement que je crois qu'elle va exploser. Mon foie brûle comme si des eaux de vie impures s'y était infiltrées et l'aurait empoisonné. J'avale difficilement. Mon suicide? Comment puis-je penser à de telles horreurs? C'est une première fois de ma vie que je pense à une telle chose, bien que je ne sache quelle ampleur les calamités de ma vie antérieure eurent possédée. Et comment.

Comment, surtout, penser à la mort de ma douce damascus?! Il s'agit du pire songe que ma cervelle eut acquis jusqu'à présent! Je sursaute en entendant la voix de Monseigneur Jonathan s'élever en échos dans la crypte, dans le brouhaha des catacombes et des éboulements. Le son de la chapelle s'effondrant dans une douleur telle que je crois l'entendre en soit hurler me revient subitement aux tympans. Comme si pendant quelques instants, je ne l'avais plus capté. Je veux tourner mon attention vers la crypte. Elle m'arrête.

Elizabeth m'arrête. Elle m'enserre contre elle et je ne peux que la tenir encore plus fermement dans mes bras. Et la regarder dans les yeux. Monseigneur Jonathan ainsi que sa Maison hurlent toujours derrière moi. Mais par je ne sais quel magie, le timbre de mon épouse me parvient en distincte voix. Elle dit que nous devrions partir. Que je suis son sauveur. Non. Le pasteur est notre sauveur. Point moi. Brûlure à mon foie endolori. Je me crispe. Est-ce une maladie? Une cirrhose ou une hépatite? Qu'importe; son œil baignant me dit le contraire. Et son visage souffrant me pousse à ne plus écouter ma raison. Simplement mon cœur.

D'accord, ma douce damascus. Oui, ma douce damascus.

Sans le moindre autre questionnement. Je la prends dans mes bras avec une force qui me fait combattre la fatigue, les lourdeur et les souffrances. Et je tourne un regard à la porte de la crypte. La fixe, un moment, immobile. Monseigneur Jonathan... Douleur au foie. Je rebrousse talon et prends marche vers ma loge. Notre loge, désormais. J'avance dans la pénombre. Sans lanterne. Sans chemin. Je ne suis guidé que par les mains de ma femme entourant mes bras. Mon pas est lent, calme. Et ma larme sur ma joue est mélancolique comme la fleur fanée.

©BoogyLou






 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

©BOOGYLOU.  

 



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L'Éveil de l'Ange [Dieron & Connhelly & Williams] [Fini]

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