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The Wolf behind the Doll • feat. Morgan T. Connhelly

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MessageSujet: The Wolf behind the Doll • feat. Morgan T. Connhelly Sam 1 Mar - 0:16


The Wolf behind the Doll

AVEC — MORGAN T. CONNHELLY




C'était un jour plutôt productif. Athénaïs avait déjà amené un amnésique chétif au laboratoire et il faisait encore jour. Cependant, cela avait été vraiment trop facile. La brute n'avait usé que de peu d'artifices pour attirer la viande dans ses filets et avait vite fait de lui faire perdre connaissance. Il était léger comme une plume, même pour elle. Athénaïs avait même pu fumer une cigarette en même temps, c'était pour dire! Elle était en pleine forme encore.

Les amnésiques ressemblaient de plus en plus à des légumes ces temps-ci. Des asperges toutes blanches et molles. Aucun goût. Peut-être avaient-elles passé trop de temps ici, il faudrait peut-être songer à renouveler la cargaison. Mais la jeune femme savait que son bien aimé Rockwood faisait de son mieux pour attirer les gens au manoir, alors elle n'en dirait pas un mot. Il valait mieux garder certaines pensées pour soi au risque de se retrouver dans des situations fâcheuses. Et Athénaïs aimait son confort.
Remontant les étages, la jeune femme ne faisait qu'un avec l'ombre. Elle ne croisa pas grand monde cependant, seulement des silhouettes qui détalaient à son approche. Certaines n'étaient même plus humaines. Cela lui donnait encore plus envie de mépriser la vermine qui grouillait sur ces planches. Vermine humaine ou insecte, les deux finissaient en bouillie tout au mieux. Athénaïs y pensa lorsqu'elle aperçut une de ces bestioles sifflantes à travers les vitres presque opaques d'un couloir. La coinçant avec son pied, elle l'écrasa lentement avec sa chaussure. Un petit sourire pervers s'afficha sur son visage d'ange déchu. Cette bête ne serait pas sa seule distraction aujourd'hui, elle se le promettait.

Alors qu'Athénaïs montait le deuxième étage, elle entendit le tonnerre dehors. Elle aimait bien cette atmosphère, se sentant en sécurité entre ces murs pourtant inquiétants. La lumière changeait à travers les fenêtres et clignotait aléatoirement. Il ne manquait plus qu'un fantôme et la voilà dans une nouvelle d'Edgar Allan Poe. Sauf que le fantôme, c'était elle. La créature à craindre par dessus tout. Et c'était jubilatoire.
La brute finit par arriver en haut du manoir. Vraiment? Personne? C'était très rare. Quelqu'un allait bien finir par arriver au bout d'un moment. Il y avait assez d'énergumènes dans cette bâtisse pour faire des rencontres incongrues, pourquoi fallait-il le vouloir quand ça n'arrivait pas? Tant pis, elle allait attendre. Comme si elle avait besoin de se reposer ... La jeune femme s'agenouilla dans un coin d'ombre, son visage étant seulement visible lorsqu'un éclair accentuait la luminosité. Le cadre parfait!

Puis elle attendit l'heureux élu. Ou élue. Les hommes étaient intéressants à effrayer mais les filles aussi. Plus elle travaillait, plus elle en apprenait et cela l'exaltait au plus haut point. Athénaïs Spyro, spécialiste de la peur chez les êtres humains. C'était juste magique.
Cependant, elle devait trouver mieux comme mise en scène. Si elle changeait un peu, au lieu d'être effrayante dès le départ? Si elle jouait un rôle et roulait sa victime, ce serait tellement plus amusant! Athénaïs adorait joindre l'utile à l'agréable! Elle jouerait, alors. Mi-inquiétante, mi-innocente. Son visage était encore jeune malgré toutes les choses qu'elle ait pu voir dans sa petite vie, elle pouvait jouer la jeune fille perdue sans trop de soucis.

La brute resta ici, feignant la tristesse. Elle créa un champ télépathique où son esprit sanglotait comme une jeune fille en détresse. Sa victime qui foulerait ce couloir dans cet étage l'entendrait dès qu'elle s'approcherait à une certaine distance de l'ancienne prostituée. Cette dernière se demanda quand est-ce que sa précieuse viande allait arriver, et surtout: qui.







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MessageSujet: Re: The Wolf behind the Doll • feat. Morgan T. Connhelly Jeu 6 Mar - 5:59


l'épistolaire d'un pardon
sur une plume tremblante




Cela faisait plus d'une centaine de fois que mes prunelles s'attardaient sur les mêmes mots. Les mêmes plumes et les mêmes larmes pour les accompagner. Il y avait cette agonie qui était un flot de vogue. Et cette agonie, c'était moi-même. En dire de tels mélodrames, j'aurais crut, autrefois, à l'hystérique dépression qui hante les pêcheurs et les pauvres. Maintenant, je comprends simplement que j'ai appris qu'est la panique d'entre soi. Parce qu'il est, ma foi, très difficile de vivre qu'en carcasse qui ne porte rien en soit. Je soupire.

Oui, bien des émotions, il en va de soi. Mais qui suis-je? Qu'ai-je fait? Où sont les résidus d'un être qui pourrait me définir en tant que personne à part entière? Je dois trouver plus de pages de mon journal qui sont, pour une raison que j'ignore bien, éparpillées dans ce manoir sinistre. Où l'ombre tapisse les mur, donne cauchemar au pire des monstres et ensevelis la tempête lorsqu'il vient à trouver une cachette. Cette page que j'ai trouvé dans le grenier et qui est de ma propre main d'une date que je ne peux garder en souvenir, je la dépose sur le meuble à côté de moi. Je prends ma lanterne. Je sors.

Les fenêtres nous offrent la plus déchaînée des tempêtes. Et bien que nous ne puissions être dehors pour la ressentir, nous pouvons y goûter de part le manoir. Il fait nuit, mais je n'irai en dortoir. Non, le sommeil m'est un luxe que la mélatonine de ma nuque a décidé de dédaigner. Je foule en grand silence le corridor. Bien que je ne puisse dormir sans laudanum - que je ne gaspillerai point en somnifère - je me dois de poursuivre ma tâche qui est de retrouver le peu de passé qu'il me reste. De me retrouver moi. Craquement.

Du plancher. C'est mon pied qui a fait faux pas, j'ose croire. Puis je m'apprête à descendre les escaliers somptueux de poussière d'orage, puis m'y résigne. Les sous-sols et qu'importe suintant insidieusement en dessous m'ont toujours donné la mort à portée de doigts. Le deuxième étage, par contre, je l'ai toujours vu comme un lieu... Paisible. Doux. Et saint. Peut-être parce que les mémoire d'Elizabeth et de pages de journal intime s'y rattachent. Je suis de fatigue. J'opte donc pour aller fouiller le grenier. J'en sens de bonnes augures puisque j'y ai déjà trouvé ma signature après texte datant de 1885... Je m'engouffre.

Dans le plus sombre et dense des vides. Mais j'y ai prit habitude. Non pas que cette pénombre de masse m'effraie moins, mais j'ai trouvé moyens d'y survivre. Je garde la lanterne devant moi et fait pas de souris. Je connais l'endroit par cœur il me semble. J'arrive au grenier. J'entends les clous de pluie aller se mourir sur le toit juste au dessus de ma tête. C'est un chaos reposant. Et je fais curieuses recherches dans le débarras du grenier, et mon pouls devient moins brutal. Ma gorge reste sèche comme les déserts de ces contes, mais mais mains tremblent par pure fraicheur de l'air. J'ai ce subconscient acharné qui ne cesse de me répété qu'aucun monstre ne se pointera dans le grenier. Que jamais aucune monstre n'a fait. Que je suis en grande sureté avec mon silence. Je sursaute.

Le tonnerre prend mon myocarde à court et j'en échappe ma lanterne qui va se fracasser sur le sol et s'éteindre. Je la ramasse en toute hâte et prends soin de vérifier qu'elle est intacte. Sans ma lanterne, je suis un cadavre. Un homme mort. Elle n'a pas une égratignure. Je soupire de mille arpent d'arbres en voie de souffle bon. Diable que j'ai crains! Et avec ce saut d'aorte, mais membres grelottent plus que jamais, j'entends harmonie de la pluie au dessus de ma tête et de mon pouls entre mes tempes. Puis je ressens.

Quelque chose qui n'est pas net. Quelque chose de triste. Comme si quelqu'un pleurait non loin de moi. J'examine les lieux en vitesse en brandissant ma lumière et mon poumon de vifs gestes. Je respire à tout déchiré. L'air et mon larynx. Je n'entends rien, pourtant. Je dois quitter cet endroit du Démon. Je range tout ce que j'ai put toucher et prends direction le couloir. Cette fois, l'énergie est davantage lourd. Et j'entends.

Des pas. Un grognement, peut-être? Ou est-ce le fond d'un éclair au loin? Je ne saurais dire. Mes sens sont tous alertes. Je suis si tendu que je sens mes nerfs sur le point de se fendre. Et la glace sueur commence à perler sur mon front. Je tends l'oreille mais n'entends que le clapotis de la tempête. Ma respiration me vient maintenant si difficile que j'en gémis à peine perceptiblement en tremblements. Il y a quelqu'un dans ce corridor. Ou quelque chose. Je m'avance.

Dans ce couloir. Direction les escaliers qui me mèneront directement à ma chambre. Je tremble tellement que la lanterne émet un léger couinement que la plus fine des souris et moi-même entendraient. Derrière moi, un bruit. J'ai soubresaut et me retourne drastiquement. Marche à reculons, je scrute la pénombre et le peu que la flamme de ma lanterne dévoile devant moi et je me sens près d'éclater ou de prendre course jusqu'à la dernière goute de mon adrénaline. Je percute.

Quelque. Derrière moi. Je cris et me retourne avec mille tortures sur mon visage. La frayeur. La panique. L'angoisse. La fatigue et la crainte. Le stress, l'anxiété. Encore d'autre et beaucoup d'inquiétude. Je fais quelques pas vers l'arrière violemment et manque trébucher. Et devant moi, il y a une charmante jeune femme. Elle est douce du visage, maigre peut-être jusqu'à la maladie, elle a un profond étincelant et elle semble triste. Je soupire. Pour la troisième fois. Et encore plus que la deuxième, soulagement intense qui vaut son pesant d'or. Ma respiration est bruyante et aiguë. Peu à peu je me détends et reprends contrôle de ma cervelle bouillante et de mon corps fébrile. Je parle.

J-j-je s-s-s-suis p-p-p-profond-d-d-dément nav-v-v-vré, ma gent-t-t-te d-d-dame... Je v-v-v-vous ai p-p-p-prise p-p-p-pour un m-m-m-­

Une monstre. Je n'ai courage de terminer cette phrase que mon bégaiement habituel en cas de stress vient broyer de toute sa crédibilité. Je la regarde, toujours sur les miettes du désastre. Je lui aurais bien offert un sourire. Si j'en avais eut la force. Je me racle la gorge et me redresse en froissant légèrement mes sourcils.

V-v-v-vous ne d-d-devriez p-p-pas être ic-ic-ici, ma d-d-dame. Ça-a p-p-pourrait être d-d-dangereux... ­

Je porte un air qui en témoigne de tous mes tracas et lui tend même le bras dans l'idée de pouvoir la guider vers sa chambre. Car à la regarder ainsi, je me demande comment elle a put faire long feu dans ce manoir. Elle, si chétive et douce.

©BoogyLou






 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

©BOOGYLOU.  

 



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MessageSujet: Re: The Wolf behind the Doll • feat. Morgan T. Connhelly Mer 16 Avr - 20:31

(Ca te va bien, la poupée. xD
Désolé, mon post est pas mirobolant. :< )


The Wolf behind the Doll

AVEC — MORGAN T. CONNHELLY




Son appât tant attendu était enfin arrivé. C'était un homme pour le moins très nerveux. Athénaïs avait l'impression qu'elle pouvait le casser en deux en seulement quelques secondes tellement la cible tremblait. Il respirait la peur, il aurait fait venir n'importe quel monstre de tout l'étage s'il y en avait autre qu'elle. Pas de chance, il était tombé sur un des pires. Athénaïs n'allait cependant pas lâcher son rôle si vite. Elle voulait vraiment s'amuser un peu, et si elle passait déjà à la vitesse supérieure, tout serait trop facile.

Il l'avait prise pour un monstre, effectivement. Dommage pour lui qu'il n'ait pas continué d'y croire car sa première intuition était la bonne. Ah, que l'être humain pouvait être ironique. Athénaïs avait tellement envie de rire, mais elle se retenait, feignant la peur et la tristesse tout comme lui. Elle ne savait pas si elle jouait très bien, mais en tout cas cela lui plaisait. Mais le bégaiement du jeune homme était encore plus comique et ridicule que tout ce qu'elle avait déjà pu voir. Bon, elle exagérait, elle avait déjà vu plus drôle, Lewis par exemple. Mais celui-là en tenait une couche !
La victime commença à compatir avec elle, grave erreur. Athénaïs se demandait comment il allait réagir quand tout cela se retournera contre lui. Mais pour le moment, elle alla dans son sens. La jeune femme posa doucement ses mains sur le bras de l'amnésique, s'agrippant un peu plus à lui progressivement.

« Je sais, il faut s'en aller. » dit-elle d'une petite voix. « J'essayais de fuir un monstre justement, mais je n'ai pas eu la force de continuer. »

Athénaïs s'appuya un peu plus sur le jeune homme, voulant se relever avec difficulté.

« Merci de m'aider, vous êtes gentil … »

Une fois debout, la jeune fille regarda par dessus son épaule, l'air apeuré. Mentalement, elle créait des sons derrière la porte à quelques mètres d'eux. Des sons de fracas, des grognements. Regardant le jeune homme dans les yeux, elle lui dit :

« Il faut y aller ! Maintenant ! »

Athénaïs prit le bras de l'homme une nouvelle fois, marchant le plus vite possible tout en faisant semblant d'être affaiblie. Elle augmentait le bruit au fur et à mesure que les deux jeunes gens s'éloignaient de la porte. Au bout d'un moment, ils finirent par arriver à l'escalier où tout était plus sombre. La jeune femme se tapit dans une des ombres de la pièce et tira sa victime vers elle. Le bruit télépathique de la brute qui imitait un monstre finit par s'estomper, comme si la créature était retournée dans la pièce.

« Il … il ne nous a pas vus ? … »

Athénaïs et le jeune homme apeuré restèrent assis dans la pénombre pendant quelques minutes, attendant que le quartier soit sans danger. La jeune fille faisait mine de respirer de manière saccadée, mettant tout de son côté pour faire croire qu'elle était l'égale de sa proie.
Lorsque le temps s'écoula suffisamment, sans un bruit, l'ancienne prostituée commença à poser ses pieds sur les premières marches, toujours assise. Elle n'arrivait pas à se relever. Ou en tout cas, elle voulait le faire croire. Pourquoi ne pas se faire porter, tiens ? Cela faisait longtemps que ça ne lui était pas arrivé et cela lui manquait beaucoup. Quant à compter sur Jeremiah pour qu'il le fasse un jour … Cela relevait de sa collection de fantasmes.
Athénaïs se retourna lentement vers le jeune homme, l'air désolé.

« J'ai bien peur de ne pas pouvoir descendre seule … Il va falloir que nous nous en allions vite, je suis sûre que le monstre va bientôt revenir … Je ne veux pas qu'il me trouve … Encore … »

Athénaïs regarda le sol avec de grands yeux, comme si elle avait été traumatisée. Elle n'aurait pas de mal à inventer une histoire si sa cible lui demandait ce qu'il s'était passé. Elle en prendrait même un malin plaisir, comme tout le reste de sa comédie perfide.







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MessageSujet: Re: The Wolf behind the Doll • feat. Morgan T. Connhelly Sam 19 Avr - 1:43

Haha! Ouaipe! 8D


femme fatale
entre quelques pas




Je discerne dans l'obscurité le visage qui se définit d'un pâle menton, de sa joue et son regard perçant. Il est magnifique, de toutes les peurs, et misérable. Misérable comme le mien, sans doute. Mais au delà de sa prunelle qui gémit une lueur de désespoir, il y a une flamme que je n'arrive à comprendre. Celle de la démence? J'en suis persuadé le temps qu'elle m'agrippe doucement le bras. Je relève le menton. Je n'ose quand même pas lui faire confiance. Et ce qu'elle me porte ainsi comme quête de réconfort, sans doute, je ne veux lui porter retour. J'avale difficilement et lui porte un regard qui n'est probablement pas bien différent de celui de toujours: un regard de crainte. Mais de crainte différente. Une crainte d'elle. Je ne peux la trouver menaçante, mais je ne peux lui faire confiance. Elle parle.

D'une monstre. Non loin. Je tend l'oreille d'instinct en regardant tout autour de nous. Il n'y a que le noir, bien sûre. Le noir et le gouffre d'une solitude. Le manoir en soi émane l'abandon, le délaissement et le rejet. Il en transpire, de ses lattes, de ses pierres, de ses torches fanées sur l'aurore des tortures... Et bien que j'aie une jeune femme inconnue à mon bras qui tente de cueillir l'aide, je me sens étrangement seul. Je sais ce qui ne cloche pas avec elle: elle est vide. De compassion et de compréhension. Mais je ne pourrais dire comment je peux le déchiffrer. Elle me remercie et j'hoche la tête sans grande attention. Je ne lui fais pas confiance, c'est tout. Un bruit.

Je me retourne rapidement dans la direction que le regard de la belle m'incite à prendre. Des bruits, qui me paralysent pendant une seconde. Qui sont innés maintenant en ma moelle, qui me donnent le réflexe de dresser les cheveux de ma tête. Et de prendre la poudre d'escampette. Comme l'étrangère le propose. Je range ma lanterne. Je cours.

Ou marche plutôt. Rapidement. Car je tente malgré tout de soutenir la pauvre innocente blessée qui peine à prendre le galop. Les fracas foulent nos pas, l'horreur à nos trousse s'approche à une vitesse effarente. Mon pouls me cède la panique, et je hoquete une partie de mon âme que je sens fondre. Devant nous se trace le plus tordu des corridors... Non. Je ne veux pas halluciner. Pas maintenant! Nous trouvons cachette.

Je me tapis à sa suite dans la pénombre et s'effacent graduellement les grognements de bête voulant notre mort. Il semble nous laisser en paix. Je soupire et sort ma lanterne à moitié vide pour jeter un coup-d'œil discret et subtil aux environs. À sa question, je réponds:

J-j-je ne c-c-crois pas. N-n-non.

Je déglutis. Bats des paupières pour retirer le flou du stress qui me noie les pupilles. Je réalise alors que nous sommes dans des escaliers. Que la sombre descente sous nos yeux est notre sortie échappatoire. Ma chambre me crie de son étage de gagner sa chaleur humide et frissonnante. Ma respiration bêle un coup et je me ressaisis avant de m'affaler. Je jette un coup d'œil à ma nouvelle compagne. Elle semble bien mal en point. Toujours vide de compassion, mais mal en point. Je glisse ma main dans ma poche de redingote: elle atterrit sur une fiole de laudanum. Si riche. Si précieuse. Je crains que cette dame ne puisse regagner sa loge vivante. Devrais-je lui confier le remède? Je me mords la lèvre inférieure, grand scepticisme, en la fixant. Il serait de toute bonne foi à lui confier la potion. Mais peut-être cela serait-ce signature au contrat de mon décès. Seigneur, je vous en conjure, aidez-moi... Une aide.

Un signe. La jeune femme dit ne pouvoir se rendre au lieu de sécurité. Elle est trop blessée, sans doute. Bien que je ne distingue aucun sang sur le tissu de sa robe, je devine au moins une foulure à son genou. Elle me demandait, en quelques mots, de la porter jusqu'à sa chambre. Ou un endroit du genre. La brunette me porta un regard immense et de toute pitié. Mais encore, il était flambant. Flambant de vide et de froid. Je lâche la fiole.

J-j-je... P-p-pourrais vous p-p-porter... À v-v-votre log-g-ge, m-m-ma dame?

J'avale difficilement. Rougis, peut-être, sous l'ombre. J'avoue maintenant la phrase ressembler à l'honneur d'une nuit de noce. En autant qu'elle ne le perçoive de la sorte. De toute façon, elle n'a pas trop de choix et nous devons faire vite si nous ne voulons que la chose ne la rattrape. Celle-ci ne fait plus de bruit, mais cette situation ne nous garanti rien pour autant. Je jette un éclipse de regard des pieds à la tête à cette innocente. Bien que je ne sois bien fort, je pourrais la porter sans problème. Je range pour de bon ma lumière. Me racle la gorge. La prend dans mes bras.

Doucement. De peur de lui faire mal ou de la choquer. Mon air timide ne vaut pas le geste que je lui porte, je poste mon visage sur les marches sous mes pas et les mesure attentivement pour trouver leur fin sans soucis. Je toussote. Et demande, en essayant d'oublier la scène dans laquelle nous nous trouvons (fuyant un gardien ou une brute, un perdu portant une blessée) de cette voix cassée:

D-d-ites-moi, ma dame, aurais-je l'honneur d'apprendre votre nom?

Je reste de politesse, de distance, aussi. Bien qu'elle soit dans mes bras, sa présence est plus glaciale que les douves des sous-sols. Je presse le pas. Je veux quitter cette scène malheureuse au plus vite.

Et où se trouve v-v-otre loge, ma d-d-dame?

J'avale. Épongeant d'un coup de poumon l'angoisse qui se dissipe, le mal aise qui s'amplifie à sentir son corps creux contre le mien. Je jurerais qu'elle n'a pas de pouls, bien que j'en ressente un tout bas.

©BoogyLou






 

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MessageSujet: Re: The Wolf behind the Doll • feat. Morgan T. Connhelly Ven 6 Juin - 15:01


The Wolf behind the Doll

AVEC — MORGAN T. CONNHELLY





Ce jeu manquait cruellement d'action. Athénaïs observait du coin de l'oeil les actions de celui qui avait malencontreusement rencontré son chemin. Il était nerveux, tremblant et cela se ressentait autant à sa voix qu'à ses gestes saccadés, irritants. La jeune femme ne voyait vraiment aucune raison de se prendre de compassion pour ces amnésiques. Ils étaient énervants, dépourvus de cette petite flamme sadique. En tout cas, celui là avait l'air aussi doux qu'un agneau. La brute était encore partagée. Un avantage ou un inconvénient? ... Elle verrait bien plus tard.
Le numéro télépathique d'Athénaïs avait l'air d'avoir fonctionné. Le jeune homme y croyait, et lorsqu'elle vit sa tête déconfite quand le "monstre" s'amusait à saccager une des pièces, elle eut vraiment du mal à se retenir de rire. C'était dur d'être actrice!

L'amnésique finit par la porter sans se poser de questions. Cependant, Athénaïs était dubitative quant à la confiance qu'il lui accordait. Il n'était pas à l'aise, ça c'était certain. À cause du monstre inventé ou à cause d'elle? La jeune brute n'aurait su dire. En tout cas, elle avait hâte de laisser tomber son costume de jeune innocente. C'était amusant au début, mais cela montrait vite ses limites.
Athénaïs s'accrochait à sa victime, comme si les rôles étaient inversés. Elle réprima un sourire malsain qui lui aurait sûrement valu la chute de son numéro de cirque. Il était urgent de passer à la vitesse supérieure.
À sa grande surprise, elle entendit l'amnésique commencer à lui faire la conversation. Quel était son nom, quelle était sa chambre ... Plus il parlait, plus elle avait envie de lui faire fermer la mâchoire pour toujours. C'était vraiment tout ce qu'il savait dire? La jeune brute aurait préféré entre un bon cri d'horreur sortir de cette bouche d'homme. Elle espérait qu'elle l'entendrait bientôt.

Cependant, Athénaïs ne lui répondit pas tout de suite. Elle garda son regard dans le vide, comme pour réfléchir à ce qu'elle allait annoncer. Elle attendait tout simplement que l'amnésique ait finit de la porter jusqu'en bas des escaliers. La brute devrait faire cela plus souvent tiens, cela en était presque jouissif.
Quand le jeune homme descendit la dernière marche en sa compagnie, Athénaïs tourna lentement son visage vers lui et sourit. À première vue, ce sourire était amical. À première vue.

« Ma loge? » répéta-t-elle. « Mais toute cette demeure est ma maison. »

Athénaïs accompagna ses mots d'un geste de la main, balayant doucement l'air du couloir lugubre qui s'affichait devant eux.
La jeune femme se raccrocha une nouvelle fois aux épaules du jeunes hommes, mais cette fois-ci pour en descendre. Athénaïs atterrit naturellement sur ses deux pieds, loin d'être blessée, se tenant à la lumière grise d'une des fenêtres. Son sourire n'était plus amical du tout. Amusée à sa manière, elle avait enfin laissé tomber son masque et la vraie brute se tenait désormais devant le jeune homme.
Athénaïs rapprocha son visage de la victime, comme pour le dominer. Son sourire carnassier la faisait apparaître comme affamée et ses yeux commencèrent progressivement à s'agrandir, comme s'ils voulaient sortir de leurs orbites respectives.

« Je suis Athénaïs Spyro, mon ange. Retiens bien mon nom. »

Sans attendre, la brute poussa violemment le jeune homme contre le mur derrière lui. Profitant de ce choc, Athénaïs alla furtivement se tapir dans une ombre pour que sa victime ne la distingue plus aussi facilement. La jeune fille se recroquevilla contre un mur entre deux portes, non loin de sa victime, là où la lumière pâle du jour ne s'aventurait pas. On aurait dit qu'elle ne voulait faire plus qu'un avec le manoir. Ses longs cheveux tombaient sur ses yeux, avec lesquels elle surveillait furtivement l'amnésique. Elle voulait être invisible.
C'était là que la télépathie reprenait du service. Pour ne pas que le jeune homme devine sa cachette, Athénaïs lui parla dans sa tête.

« Et toi? C'est quoi, ton nom? »

Elle se retenait de rire encore une fois. Elle s'amusait comme une gamine. Pas étonnant que les enfants soient ceux qui fassent le plus peur.






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MessageSujet: Re: The Wolf behind the Doll • feat. Morgan T. Connhelly Lun 9 Juin - 2:38

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femme fatale
entre quelques pas




Elle me répond une fois que mon pied fut déposé sur le bas des marches. Je porte un regard par-dessus mon épaule, de crainte que le monstre soit toujours derrière nous à nous épier. Je la tenais toujours pour qu’elle n’ait mal ou qu’elle n’ait à marcher. Bien décidé à la guider vers sa chambre. Sa chambre qui, comme elle le dit, est tout le manoir. Je m’arrête.

Fronce les sourcils en reportant mon attention sur elle. Je ne comprends pas sur le coup. Est-elle folle? Les déments ne sont pas rares en ces lieux. Et se cachent parfois derrière les plus simples visages. Je suis le mouvement de sa main et perd mon regard dans le vide. Je me crispe. Me raidit. Je n’ose reposer mon iris sur ses traits. Je réalise soudainement. Non… Elle n’est une amnésique ou une démente. Elle est même bien sobre et réalise pleinement se qu’elle fait. J’ouvre la bouche, mais que le son de la terreur s’y dégage : un silence noir. Elle prend élan et se laisse choir de mes bras, sur ses pieds en parfait état. Mes mains retombent mollement et je fais un pas de recul. Son visage m’offre la plus horrible des menaces. Ma tête dit non, mon pouls s’accélère et ma gorge se noue. Je lui tends un regard de pitié et d’effroi, ma cervelle se liquéfie au point de frôler de me faire craquer. Craquer de panique? De peur? De violence? Je n’en sais rien. Je ne suis plus capable de bouger. Elle s’approche.

De moi. Trop rapidement. Je sursaute mais est paralysé. Ma lèvre inférieure tremble et mes sourcils se plissent dans la plus grande des terreurs. Je vais mourir. Elle ouvre la gueule, me dit son nom. Ce nom que je vais retenir pour le peu qu’il me reste à vivre, sans doute. Je vais mourir. Elle me pousse brutalement contre le mur. Choc douloureux qui m’arrache un cri. Je me plie sur moi-même et gémis. Puis redresse rapidement le visage. Elle a disparut. Je cherche dans tous les sens, elle n’est plus là. Une voix.

Qui demande mon nom. Qui ne provient de nulle part. Une voix dans ma tête. C’est impossible. J’hallucine. Mon souffle se prend court et dérape dans les soupirs bruyants de la peur viscérale. Ma vision se brouille. De larmes, de bouillie en cervelle… Je ne sais. Je ne réfléchis plus et m’arme de ma lanterne. Et je cours. Je prends fuite dans les corridors. Zigzague entre les piliers, les poutres et les marches de bois… Ma lanterne seule me fraie un chemin. Et je galope à en perdre haleine. Je sais que cette réaction est purement instinctive et probablement futile en vue de la brute à qui j’ai à faire. Mais je ne peux m’en empêcher. Et je cours. Je cours toujours. Je m’arrête.

Je suis devant une porte. Elle est grande, elle est lourde. Je l’ouvre de toutes mes forces, pénètre dans la pièce, puis referme la porte derrière moi. Je me trouve dans une pièce munit d’une table, un bibliothèque, quelques livres et deux chaises. J’empile tout devant la porte afin de lui bloquer le passage. Je m’exécute à une vitesse étourdissante. Je ne vois plus que le floue et je n’entends plus que mon cœur battant. Une montagne de bric-à-brac maintenant formé devant la porte, je vise l’éclairage de ma lanterne sur celle-ci en prêtant attentivement l’oreille par-dessus mon souffle rêche. M’a-t-elle vu entrer? Sûrement. Serait-elle capable de défoncer la porte?

Je prie le Seigneur. C’est tout ce qu’il me reste à faire.


©BoogyLou






 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

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MessageSujet: Re: The Wolf behind the Doll • feat. Morgan T. Connhelly Ven 4 Juil - 22:41


The Wolf behind the Doll

AVEC — MORGAN T. CONNHELLY








Elle adorait ce moment. Tout commençait précisément maintenant. L'adrénaline, le coeur qui bat, toute la saveur de la chasse se présentait comme une bonne odeur à ses narines. Toujours dans l'obscurité, Athénaïs avait apprit à faire d'elle son amie, son alliée dans son travail de brute. Le jeune homme ne semblait pas l'avoir débusquée de sa cachette. Il semblait tellement choqué qu'il ne pensait sûrement pas à ça, non. Il avait le comportement normal d'un être humain: survivre. Au moins était-il moins bête. C'est vrai qu'aucune de ses victimes n'avait déjà cherché à savoir où était Athénaïs, ils avaient plutôt tendance à la suivre. Peut-être répétitif à la longue, mais elle ne s'en lassait jamais.
Très bientôt, le temps que sa victime reprenne ses émotions, la silhouette de l'amnésique passa brièvement devant elle. La jeune brute esquissa un sourire malsain avant de le suivre. Il ne fallait pas traîner si elle ne voulait pas perdre sa trace. Même s'il était indiscret tant il avait peur, il fallait se méfier de ce sentiment. Un être qui a peur est le plus imprévisible de tous. C'est ce qu'Athénaïs se forçait de garder à l'esprit.

La jeune femme courut derrière lui, de manière plus légère. Ses pas ne faisaient pas énormément de bruit sur le vieux plancher, mais elle ne pouvait empêcher les craquements qu'il émettait à chaque fois qu'un de ses pieds se posait sur le sol. Athénaïs aimait sentir l'air se faufiler dans ses cheveux grâce à la vitesse. Avec un peu d'imagination, on aurait pu penser que c'était le vent. Déployant ses bras tels des ailes de faucon chassant sa proie, la brute s'efforçait de suivre la trajectoire établie par le jeune homme. Il détalait comme un lapin, mais tant que la brute voyait sa lanterne se balancer au loin, elle était tranquille.
Cependant, Athénaïs ne fit pas la bêtise de ralentir et continua sa route le plus vite possible. Au bout d'un moment, elle vit la lumière disparaître. Le coeur de la brute fit un bond. Elle ne pouvait se permettre de le perdre! La jeune femme avança encore un peu et regarda furtivement aux alentours, le visage grave et concentré. C'était son travail, et elle se devait de retrouver cet avorton pour le terroriser. Au mieux l'amener au laboratoire. Ce serait idéal.
Heureusement, la grecque aperçut un mouvement au moment où elle s'était arrêtée. Une porte venait tout juste de se refermer, et elle aurait mis sa main à couper que sa petite proie s'y était réfugiée. De nouveau, le sourire morbide qu'Athénaïs adorait porter refit surface. C'était comme si elle se parlait à elle-même lorsqu'elle faisait ce rictus. Bien joué, Athénaïs. Tu es sur la bonne voie.

La jeune femme s'approcha de la porte et tenta de l'ouvrir. Elle s'entrebâilla mais se referma aussitôt devant son nez. Il devait essayer de la bloquer. Athénaïs essaya à plusieurs reprises de l'ouvrir, espérant le faire tomber de l'autre côté de la pièce, en vain. Remarqua l'énorme poids de la porte, la jeune femme supposa qu'il y avait placé un meuble devant. Mince, il avait eu le temps de le faire. La panique vous donne une vitesse incroyable, c'était la seule ennemie de la brute.
Agacée en premier lieu, la jeune femme secoua plusieurs fois la poignée même si c'était inutile. Cela servirait seulement à faire pleurer cette mauviette de l'autre côté de cette maudite porte ... Oui, après tout, elle pouvait toujours lui faire peur. Ou elle ne s'appelait pas Athénaïs.
Collant son oreille contre le bois sombre qu'elle tentait de combattre, la brute s'efforça d'envoyer des ondes télépathiques dans la pièce où se trouvait son agneau apeuré. Si elle avait un peu de chance, la pièce ne serait pas très grande.

« Tu ne vas pas me laisser entrer? » envoya-t-elle d'un ton plaintif.

Athénaïs aimait la voix qu'elle pouvait se donner dans leur tête. Une voix rauque, presque sortie d'outre-tombe. Une voix qui pourrait presque lui faire peur à elle-même, si ce n'était pas fort, ça.
La jeune femme essayait quand même d'ouvrir la porte. Si elle pouvait le rejoindre, ce serait un fort avantage. Mais en attendant, elle se contenta de lui parler de la manière la plus effrayante qu'elle pouvait se donner.

« Pourquoi me laisses-tu dehors? Tu ne veux plus m'aider? »

La jeune brute poussa la porte de toutes ses forces et arriva à l'entrebâiller légèrement. Elle doutait vraiment qu'elle puisse l'ouvrir en entier, mais elle ne perdait rien à essayer. Au bout d'un moment, elle entendit des objets tomber au sol. Étais-ce elle qui avait provoqué cela ou sa victime tentait-elle de fuir ou de faire je ne sais quoi? En tout cas, ce son la força à continuer, et la porte s'ouvrait un peu plus.

« Je vais me fâcher si tu continues à me rejeter ... »

Comme Athénaïs concentrait ses forces au niveau physique, sa voix résonnait désormais comme un écho dans la tête de l'amnésique. Elle envoyait ses ondes sans forcément les canaliser, mais le résultat n'était pas si mal, bien que non contrôlé.
Au final, la porte s'ouvrit assez grand pour que la brute puisse y passer son bras. Dès qu'il fut dans la pièce, Athénaïs chassa l'air tel la patte d'un ours et vint planter ses ongles dans le mur. Elle les déplaça pour qu'ils râpent et rayent le bois du mur en les maintenant fermement contre. Athénaïs en profita pour continuer à forcer la porte avec son épaule. Elle avait un peu plus d'appui et sentit son bois craquer même si elle ne cédait toujours pas.
Cette fois-ci, la jeune femme parla à sa victime de vive voix. Elle n'avait pas la force nécessaire pour envoyer d'autres ondes télépathiques pour l'instant. Mais elle tâcha d'en être pas moins inquiétante.

« C'est très impoli de ne pas dire son nom lorsqu'on vous le demande, tu sais? »

La brute approcha son visage de la fente en espérant y voir quelque chose. Son oeil brillant scrutait la pièce sans la moindre trace de son "ami". Seule la faible lumière de sa lanterne reflétait sur la moquette mauve délavée aux motifs luxueux. Au moins, il était là.






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MessageSujet: Re: The Wolf behind the Doll • feat. Morgan T. Connhelly Sam 5 Juil - 6:46


femme fatale
entre quelques pas




Se cacher. Se cacher. Se cacher. C'est tout ce que ma cervelle en compote me permet de penser. Et c'est la plus stupide des idées. Cette pièce est un cul de sac. Je pue la peur. Et je ne peux rester ici indéfiniment. Elle, oui. Ma vision est trouble. Je suis dans la noirceur, mais point l'obscurité la plus totale. J'ai tout de même l'impression que les murs autour de moi bougent de vas et vient sinistres et encombrant pour l'œil. Je secoue la tête. Des insectes semblent grouiller dans l'obscurité. Ou est-ce que j'hallucine? Non. Non. Un mal de tête me prend. Ma respiration devient rêche. Ai-je une crampe au poumon? Je vacille. Je tremble. Un migraine hallucinatoire, une crampe au poumon. Un souffle au cœur, peut-être. Qu'ai-je? Qu'ai-je? Main à ma poitrine galopante. Qu'est-ce que la panique fait de moi, cette fois? J'ai peine à respirer. Je bêle.

Sursaut énorme. Dans un gémissement aspiré. Je contemple devant moi les meubles se faire tasser et j'ai l'œil mort un instant, comme si je voyais déjà ses mains de monstre me tuer. Elle pousse la porte, mais mon installation ne cède pas. J'ai un jeu de quelques minutes. Le temps de faire mes prières. Si mon souffle au cœur ne m'achève pas d'abord. Est-ce vraiment un souffle au cœur? Je me sais fragile. Et hypocondriaque, surtout. Mais les phobies des maladies restent des phobies: des peurs viscérales et illégitimes. Sa voix.

Dans le creux de mon ouïe. J'aplatie mes paumes sur les oreilles d'un sec coup. Et fixe de mon visage de toutes les terreurs la porte qui ne chancelle plus devant moi. Quel présage horrible cela signifie-t-il pour moi? Je suis au bord de la crise de cœur. Je le sens. Je gémis... Non. Non je ne la laisserais pas entrer. Non je ne veux plus l'aider. Jamais au grand jamais. Même si sa voix donne à mon échine et mes jambes un état visqueux qui m'empêche de mettre un pied devant l'autre. Je vais mourir. Je vais mourir. Silencieux.

Je reste tout de même silencieux. Comme si j'essayais d'être subtil. Mais elle sait déjà que je suis dans cette salle. C'est inutile. Je suis fais comme un rat. Je regarde l'armoire de cachette. Je regarde les meubles qui tombent. Pourquoi? C'est inutile! Je ne sais plus réfléchir! Elle me fredonne qu'elle va se fâcher. C'est une douleur dans mon crâne de mille maux. Un écho ténébreux et puissant. Je souffre. Je me blottis contre moi et serre ma tête dans mes menottes, comme si cela allait aider mon sort. Mon visage se crispe. Je pleure.

Arrête! Arrête!

Sa main apparaît et fend l'air. J'aperçois mon torse sous ses griffes se faire déchiqueter comme des lambeaux de gueux. Je cris. J'hurle. C'est un puissant souffle viscérale que je ne contrôle pas. Tout comme le reste de mon corps. Je me redresse d'un coup et piétine vers l'arrière. Réflexe stupide, réflexe tout de même. Mon dos se bute à un bureau qui est secoué à l'élan. Mes mains le tâtent et empoignent quelque chose de rond. Dure. Massif. Enfin, l'idée de la blesser – je suis d'ailleurs à mon avantage dans la position – me vient en tête. Je prends la chose et la soulève. Une crâne.

Je réalise qu'il s'agit d'un crâne humain. Cri d'effroi, je le lâche et il va rouler sur le tapis en terminant sa quête d'un air vicelard, me fixant de ses orbites vides. J'halète. Je vois le début de son visage. Et son épaule pousse de plus en plus la porte... Vite. Vite. Trouver quelque chose d'autre pour l'assommer. Trouver son angle mort d'abord. Puis l'assommer ensuite. Oui. J'accoure à côté des gonds de la porte. Je la sens tout près de moi, mais elle ne peux me voir n'y m'atteindre de cette position. Un pas nous sépare. Je vais mourir. J'empoigne une chaise à mes côtés en fixant le vide.

Prosterné devant le trône
de votre adorable Majesté,
je viens vous demander,
ô mon Dieu,
la dernière de toutes les grâces,
la grâce d'une bonne mort.
Quelque mauvais usage que j'aie fait
de la vie que vous m'avez donnée,
accordez-moi de la bien finir
et de mourir en votre amour.


Je récite. Rapidement. Si rapidement. En continue. Dans un murmure. Par cœur. C'est que je vais tenter le tout. Au malheur de mourir atrocement et piètrement. Mon Seigneur m'accueillera sous peu. Mon myocarde épuisé me le dit. Je retire la chaise d'un violent coup sec. La pile s'effondre comme si elle avait été sa base et la porte s'ouvre en un coup de vent que même moi je n'aurais prédit. Et s'offre à moi la brute de sa grandeur et de sa souplesse. Je ne réfléchis pas. Je frappe.

En balançant la chaise et en assommant son dossier contre son visage. L'objet me glisse des mains sur le coup. Mais il est hors de question que je réfléchisse une seconde de trop. Mon souffle au cœur éclate. J'ai cette impression nauséabonde que je vais vomir, impression qui bloque mon souffle. Je le retient. Bêtement. Empoigne ma lanterne. Et prends fuite.

Je profite du coup pour sauter par dessus quelques meubles bas qui soient en engendrer le cadre de la porte. Je la vois. Je la sens. À quelques centimètres de mon visage. Esquive brutale qui me semble durer des années dans laquelle je ne pensais survivre, bien sincèrement. Mais je réalise, soudain, que je respire encore. Que je vois encore. Que je cours encore. Escapade. J'ai chance. Chance de sortir vivant. Bute.

Je trébuche. Si drastiquement que je ne réalise que je tombe et frappe ma tête contre le sol. J'ouvre les paupières et je réalise que ma vision est double, flou. Que mon crâne bat à tout rompre. Que j'ai mal, mal, mal à la tête... Le corridor devant moi bouge et se dédouble. Non! Non! Je me dois de courir! Je secoue la tête. Mes jambes ne m'écoutent plus. Seigneur... Soyez clément avec moi! Je vous en prie!

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: The Wolf behind the Doll • feat. Morgan T. Connhelly Lun 4 Aoû - 18:24

Héhé, contente qu'elle te plaise! :D Le jeu Rule of Rose a quelques musiques sympatoches! *^*
Je nem la tienne aussi ♥


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Qu'est-ce que ... il ... il priait? Athénaïs se retenait de rire, mais cette réaction était sympa. Quoiqu'un peu irritante au bout d'un moment. Oui, on a compris, tu as peur de mourir. Mais Dieu ne te viendra pas en aide, ici. Cet endroit, il l'a oublié. Rayé de sa carte. Comme lorsqu'on cache une tâche au lieu de la nettoyer, alors que l'on sait pertinemment qu'elle est là. Mais on ne la voit pas, alors tout va bien. Ici, les hommes prennent le relais et font régner leur propre justice. La véritable.
La brute entendait qu'il était proche de la porte. Le bétail avait rassemblé le peu de courage qu'il avait, cela devenait enfin intéressant. Même si les cris de fillette qu'il avait poussé auparavant avait régalé le monstre fier qu'était Athénaïs. La jeune femme ne bougeait plus. Qu'est-ce qu'il allait faire? Il fallait qu'elle s'attende à tout, mais ce n'est jamais mince affaire. Elle eut bien fait de ne pas continuer de pousser la porte pendant ce laps de temps car celle-ci s'ouvrit brutalement sur un bazar de meubles en tous genres. La scène servit de distraction momentanée de la brute, alors que cela ne dura que quelques fractions de secondes. Mais lorsqu'elle releva les yeux, elle entrevit le visage de sa victime et vint immédiatement la chaise contre sa tempe.

Athénaïs fut projetée par la chaise sur le tas de meubles d'une violence inouïe. Inutile de vous préciser que ce coup l'avait bien amochée. En réalité, elle eut un trou noir. Oh, cela ne durerait sûrement pas très longtemps vu la résistance de la bête, mais la puissance inespérée de cet homme avait porté ses fruits. Athénaïs n'eut pas les moyens de réfléchir à cela sur le moment. Son corps gisait sur le tas de bric et brac en bois, son esprit ne répondait plus.
Quand elle finit par entrouvrir les yeux, tout était flou. Elle ne savait pas qu'elle était en train de regarder le haut de l'encadrement de la porte avant que sa vision ne devienne progressivement meilleure. Son visage ... La douleur la lançait sur la tempe gauche, ainsi que sur la joue. Est-ce qu'elle avait une dent cassée? Un pied de table voulait entrer dans l'arrière de son crâne. La brute fit rouler légèrement sa tête sur la côté dans un gémissement qui ressemblait presque à un grognement de bête sauvage. La jeune femme toucha instinctivement l'endroit où elle avait mal pour comprendre ce qui lui était arrivé. Pas de dent cassé mais sa mâchoire avait prit un sacré coup et commençait à enfler doucement. Elle ne serait pas surprise si elle se retrouvait avec la joue violette à la fin de la journée. Lorsqu'elle regarda sa main, elle y vit du sang. Sa tempe s'était un peu ouverte sous le choc. Et Dieu sait comment ces choses saignent abondamment.

À cette pensée, Athénaïs commença à ressentir de la colère. Cet abruti avait osé la toucher et la blesser. Alors que lui allait s'en sortir sans égratignure? C'était inadmissible!
La rage qui l'habitait la fit bondir de sa position peu avantageuse. Il allait voir ce qu'était une brute et allait s'en souvenir, ça c'était clair. La jeune femme n'allait jamais lui pardonner cet affront. Les yeux possédés par une haine animale, Athénaïs s'était préparée à le courser à nouveau dans les couloirs. Mais ... c'était comme si on l'avait déjà entendue et qu'on lui avait servi le repas devant elle. Cet idiot d'amnésique avait trébuché tout seul en plein milieu du couloir et semblait avoir oublié de commander ses jambes ... Athénaïs était partagée entre le rire et le dépit. Mais elle choisit de chérir cette occasion.
Marchant lentement mais assurément jusqu'à lui, la jeune femme ne quitta pas son regard dur et le sang sur son visage étaient comme si l'erreur du jeune homme était écrite mot pour mot devant lui. Cependant, elle ne voulait pas qu'il s'en aille, et la brute s'assura de le maintenir au sol. Rapidement, elle bloqua ses jambes -de toute façon inutiles- en s'accroupissant dessus de tout son poids.

« Tu vas rester là. » dit-elle de vive voix cette fois-ci. « Je t'ai choisi, alors tu ne t'enfuiras pas, petit mal élevé. »

Son ton était un mélange d'ironie et de réelle amertume. Elle lui en voulait, et elle ne pouvait le cacher. Son regard noir se porta sur la lanterne que le jeune homme trimbalait avec lui comme son doudou. Il n'en aurait plus besoin maintenant. La jeune femme la lui prit des mains avec une force certaine. Et au lieu de l'ouvrir correctement, la brute la cassa en la frappant au sol juste à côté de sa victime. Autant continuer dans la mise en scène.
Tout en ne quittant pas le visage du jeune homme, Athénaïs releva la lanterne brisée. La bougie y était restée, éteinte, mais commençait à dégouliner hors des parois désormais inexistantes. Lentement, la brute tendit sa nouvelle arme juste au dessus du visage de l'amnésique.

« Tu as voulu me défigurer, je vais te rendre la pareille. »

La cire coula lentement contre les parois basses de la lanternes et finit par pendre, menaçante, au dessus du front du malheureux. Athénaïs regarda l'oeuvre de la bougie avec un calme froid, attendant sagement qu'elle fasse son travail. Quelques secondes interminables passèrent. La goutte de cire pendouillait, dangereuse, alors qu'elle n'avait même pas de conscience. Fascinant.
Profitant de cette distraction, la brute prit furtivement les poignets de sa victime avec son autre main, les maintenant dans une forte étreinte professionnelle. À ce moment, la goutte de cire blanche et brûlante finit enfin par tomber sur le front du jeune homme. Attendant qu'il ait finit de réagir, Athénaïs recommença à parler calmement, d'une voix cassante et glaciale.

« Maintenant, tu vas me dire ton foutu nom. Sinon, je n'empêcherai pas la cire de te couler dans les yeux. »

À ces mots, la brute resserra sa main contre les poignets du jeune homme. Heureusement qu'ils étaient plutôt fins. Puis, pour illustrer ses paroles, Athénaïs haussa une fois ses sourcils pour l'inciter à répondre. Et pour s'assurer qu'il avait bien tout compris.






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MessageSujet: Re: The Wolf behind the Doll • feat. Morgan T. Connhelly Mer 13 Aoû - 6:19


femme fatale
entre quelques pas




Je me retourne. Je me mets dos au sol et un chandelier s'affiche à moi au sommet de mon regard. Je prends une énorme respiration et cherche l'oxygène jusqu'au travers de mes globes oculaires floués de cire. Je gémis. Mouve mes bras et tente de me redresser. Si près, si près de la fuite! Je lève un genou tremblant. Un poids énorme s'abat sur moi.

Il me coupe le souffle. J'écarquille le regard et chercher un moment le battement de mon coeur. Et mon œil terrorisé tombe sur le visage d'Athénaïs. Une coulisse rouge et éclatante me fouette la prunelle; elle fait son visage et strie ses traits déformés de haine et de rancune. Je devine que mon coup l'a grandement assommé. Je devine qu'elle est en réelle rogne à cet instant. Et je devine qu'il est trop tard: je suis mort. Je hurle un «non» inutile et désemparé dès que je retrouve la voix. Et mon aorte se déchire, ma tempe explose. Je tremble plus qu'un vieillard à la fin de sa vie; je suis d'ailleurs à la mienne, sans l'ombre d'un doute. Elle parle.

Elle se penche sur moi et me dis qu'elle m'a choisit, que je ne bougerai point, et en plus que je suis mal élevé. Je me crispe d'un seul coup et ait le réflexe trop humain de porter mes mains devant mon visage comme si elle était pour me battre au sang. Une revanche qu'elle trouverait sans doute bien mérité. Je tente de me débattre; l'impossibilité de tout un corps. Elle ne veut même laisser mes jambes molle d'angoisse se glisser hors des prises des siennes. Je suis fait comme un rat. Elle brise.

Ma lanterne. La prend d'un simple coup et la fracasse. Je porte un bras désespéré à celle-ci en suintant une plainte négative de mes lèvres. Et je pleure. Je pleure car je n'ai plus rien, je ne suis plus rien, et je vais mourir. Ma lanterne. Mon guide. Ma bonne vieille amie. Ma source d'espoir dans les chaos de noirceur des bas étages. Mais je reporte mon attention à la brute car elle projette de me défigurer. Comme je m'en doutais. Huile bouillante.

Au dessus de mon visage, qu'elle projette. Je crie. Je hurle dans ma gorge nouée d'arrêter, mais sans doute les mots en ressurgissant son des blasphème d'un anglais, des plaintes intelligibles. Tous mes membres, mon troncs, mes épaules, commencent à s'agiter sous son emprise. Je porte mes mains, pourtant battis à côté de des siennes si féminines, à ses griffes et je ne parviens à les défaire de moi. Et la goutte se fait languir de me brûler les pores; je sais qu'elle sera douleur pire que n'importe laquelle que l'homme ai connu. Carboniser la chaire est une souffrance atroce, la plus atroce. Mes mains.

Son emprisonner. Je ne parviens à me débattre. Et je ressens un liquide s'effondre doucement sur mon front avant de ressentir la douleur intense, comme quoi ma cervelle est bien alerte au sensation sans pour autant arriver à me faire réfléchir correctement afin de m'évader. Et que pense-je! Il est trop tard. Je suis mordu, et foutu. Je pense à Notre Seigneur que je vais bientôt rejoindre. Et ma douce Elizabeth que je ne reverrai qu'au paradis. Je geins une douleur incomparable. Elle menace.

Encore. Et me propose de mettre de la cire dans mes yeux. Elle resserre au même instant les menottes qu'elle me fait. C'est un automatisme. Jeter en plein sur elle, dès qu'elle eut mis ponctuation finale à sa phrase:

N-n-non! Non! Je vous en p-p-p-prie! Ne fait-t-t-tes pas cela!

Ma voix s'éraille et s'éprend des tons aiguë tant ma gorge est froissée. Je dérive mon menton sur le côté et ferme fortement les yeux. Je lance désespérément:

Con-n-n-n-nhelly... Je... Je m'ap-p-p-pelle Morgan T-t-t-imothy Conhel-l-l-ly. N-n-ne me t-t-tuez pas p-p-pi-t-t-ié!!

Je suis à des milles à la ronde de me demander pourquoi elle veut savoir mon nom. Je ne pense même pas réfléchir à l'absurdité de la chose. Tout ce qui m'importe est la dernière volonté qu'elle m'eut lancé. Puis je me dis que peut-être celle-ci ne pourrait que davantage la pousser à me torturer. Je vois la lanterne brisée qui pourrait se déverser sur moi n'importe quand. Son œil est un démentiel qui me voue tous les satyres des Enfers. Je crains qu'elle ne me laisse pas partir de si tôt, et pendant une seconde je me demande si elle ne serait pas hantée par le Malin. Et les gouttes de sang de sa tempe viennent m'érafler le visage. L'une d'elle s'insère à la commissure de mes lèvres. Je la recrache difficilement; mon souffle est tellement haletant. Haletant comme la langue de la bête. Son sang, sur ma gueule. L'idée me viens, et je la trouve odieuse. Je murmure:

...ce flot de miséricorde ne peut pénétrer notre cœur tant que nous n’avons pas pardonné à ceux qui nous ont offensés. L’Amour, comme le Corps du Christ... Amen.

Je redresse mon menton d'un coup sec et mord son bras, de toutes mes forces. C'est un dernier espoir, instinct primaire avant le décès. Ce qui pourrait me sauver, je l'espère. Et me donner chance de survie, je prie. Je goutte le fer et le sel sur ma langue. Et je sens sous mes dents des morceaux d'anatomies, vertèbres, nerfs et leurs veines, que je n'avais jamais même vue auparavant. Je recrache aussitôt et vais chercher mes muscles tenseurs de mes jambes interdites pour pousser son ventre de toute mes forces. Je ne réfléchis d'avantage. Je me propulse debout et empoigne ma lanterne – définitivement morte. Je vomis.

C'est hors de mon contrôle. Je recrache la bile d'un estomac qui a trop goûté. Mon poignets secoué de grelots essuie le rebord de ma bouche, son jumeau tiens la lanterne cassé devant moi alors que je me redresse. Elle est une arme, maintenant. Mon arme. Je la brandis en direction de la brute. Je glisse justement dans son sang qui a fait légère flaque sur le sol, mais reprends pied juste à temps.

N-n-n-ne m'ap-p-prochez p-p-pas où je v-v-v-ous.... V-v-v-vous...

J'avale difficilement. Ou je la brûle avec l'huile restante de la lanterne. Cette huile que je n'ai regardé, son niveau m'est inconnu. Je suis incapable de ne pas fixer Athénaïs toutefois. Elle doit me détester encore plus. Cette fois je sais que je ne pourrais courir. Elle me rattraperait de toute façon. Elle connait le manoir bien plus que moi, et je n'ai aucune force physique contre ses pouvoirs surhumains et inconnus de mes déductions. J'essaie de réparer la situation, bien que je n'ai plus foi en mes secours.

J-j-j-je v-v-vous demand-d-de pard-d-don... V-v-vous ne m'av-v-vez p-p-pas lais-s-s-sé le choix... C'est in-n-nutile d-d-de se b-b-bat-t-tre... T-t-rouv-v-ons un ar-r-rangement...

Un arrangement. Avec une brute. Ma tête tourne. Je suis désespéré.

©BoogyLou






 

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MessageSujet: Re: The Wolf behind the Doll • feat. Morgan T. Connhelly

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The Wolf behind the Doll • feat. Morgan T. Connhelly

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