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L'Épistolaire du Pardon [Fini]

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MessageSujet: L'Épistolaire du Pardon [Fini] Dim 1 Déc - 1:59


l'épistolaire d'un pardon
sur une plume tremblante



Musique thème :: The Children - Jessica Curry


30 Novembre

À vous dont il m'est difficile d'écrire le nom,

Je vous écrit de prime abord pour peser mes maladroites excuses et nous en fournir de nouvelles. La timidité égare et les écrits parlent.

Ma conduite envers vous, charitable bonne m'ayant sauver d'une mort certaine et soigné d'une injure grave, fut horrible. J'aurais aimé témoigner de toute la politesse que j'éprouve à votre égard, mais j'ai perdu momentanément contrôle de ma personne. La honte me chavire et me pousse à tremper la plume dans l'encre noire. Je ne pourrais dire quelle folie m'a possédée lors de cette tendre soirée au jardin, mais tout ce que je trouve à répondre est que cette nuit n'était nulle comparable à votre douceur.

J'aimerais vous confier aussi que votre tutoiement ne m'a pas laissé sans accroc, et délivrance que serait une explication à cela. J'eux longuement pensé que notre aventure en égouts - je ne m'étalerai pas sur cette histoire, n'ayez crainte, je ne suis pas de ces mots pour ressasser le cauchemar - et le fait que nous ayons frôler la mort ensemble à nous épauler courageusement nous ai quelque peu rapprocher. Je ne veux point dire que cette familiarité ne m’accommode, simplement qu'elle m'intimide peut-être quelque peu...

Mais sachez que pour toujours, je vous parlerai du vouvoiement car le respect implore et respire une damascus aussi belle que vous.

Avec remords,

Morgan T. Connhelly


Je dépose en tout calme la plume sur le côté de ma chambre, parfaitement parallèlement à la lettre que je venais tout juste de rédiger. Et je soupire d'angoisse en relisant ces piètres paroles. Avec remords, car je regrettais ma conduite honteuse que ma douce damascus ne méritait pas d'avoir. Je plis la lettre. Je me lève.

Peut-être cet écrit était trop franc et offenserait l'ange, mais je me devais de le faire, même s'il s'agissait, je le craignais, d'un adieu. Je ferme la lettre à l'aide d'un sceau tout juste confectionné d'une bougie fondue en bain Marie et d'un manche de bois taillé habilement de la lettre «M» grâce à un talent que je ne sais d'où il me provient. Toujours j'espérais une réponse de sa part, une explication. Quelque chose qui éclairerait mon esprit, peut-être m'en dirait plus sur le sien... Je quitte ma chambre.

Les corridors sont silencieux et faiblement éclairés. Je me dirige vers sa chambre. Je connais son emplacement grâce au hasard qui m'eut dévoilé la belle  y entrer alors que j'allais en bibliothèque. Mes pas son silencieux et timides. Je pris simplement qu'elle ne surprenne. Que quiconque ou quoi que ce soit ne me surprenne en fait. Je dépose la lettre dans son pigeonnier. Et m'en retourne.

©BoogyLou






 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

©BOOGYLOU.  

 



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Dernière édition par Morgan T. Connhelly le Ven 10 Jan - 19:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Épistolaire du Pardon [Fini] Lun 2 Déc - 23:16

























Elizabeth C. Dieron - Morgan T. Connhelly


EPISTOLAIRE DU PARDON









Éreintée d'une terrible journée à retrouver la force de son cœur à travers un repas volé dans une caisse, Elizabeth entra dans sa chambre. Comme à son habitude, son premier geste fut de défaire son corset de soie noir. Elle alluma une douce bougie, s'éclairant par la chaleur orangeâtre de cette flamme tout en la laissant se marier à la beauté de la lune. Délicatement, mon regard fut attirée par cet oiseau d'une magnifique noirceur qui me frappa de son éclat dorée qu'était la couleur de ses yeux. Il fit tombé quelque chose à ses pieds qu'elle ramassa avec soif. C'était une lettre...une lettre de Morgan ! Son cœur se mit brutalement à perdre toute notion de rythme pour s'enfuir dans un rythme absolument terrifiant. Elle ne pris aucune pause pour la lire, avide de ses mots et de ses paroles. Pressant la lettre contre son cœur, elle fut tellement rassurée. S'empressant de prendre sur son bureau une plume et une feuille de parchemin volante, elle s'assit et commença à écrire.




31 Novembre, au soir de la lune.

A vous, Morgan T. Connhelly.

J'ai bien reçu la délicatesse de votre lettre au plus profond de mon âme. J'avais peur que vous m'ayez oublié; aux dangers de notre nouvelle vie, j'aurai pu le comprendre. Votre écriture est tellement tendre qu'elle me fait oublié la difficulté de votre bégaiement alors que nous nous étions à peine rencontré. Ma main tremble un peu en vous écrivant cette lettre, pardonnez-moi cette faiblesse...je ne croyais plus à vous réentendre. La peur que vous inspiriez en mon cœur se déchirait de milles lunes, alors que vous vous étiez enfuit de moi...

Je ne tenais qu'à une explication. Tout ceci est nouveau pour moi, je ne me suis réveillée en ce manoir il n'y a à peine quelques jours, dans une peau qui me semble trop petite, dans une vie qui me semble détruite. Dans la chaleur de votre main sur ma joue, j'ai sentit de l'énergie, quelque chose qui m'a redonné goût à la vie. J'aimerai le comprendre et l'apprendre à mon tour. Mon cœur a été tellement surpris, et la voix avec laquelle vous prononciez mon prénom n'était pas la même...

Pardonnez-moi encore, je divague de trop et risque de vous mettre dans le même embarras que tantôt alors que mon malheureux tutoiement échappé vous avez mis en effroi. Je n'ai en aucun cas voulu vous rendre écarlate, ce n'est que par ma propre fatigue que j'ai laissé échapper cette maladresse que je ne dois qu'à mon esprit blessé par l'ignorance.

Je vous remercie de vos doux compliments, ils résonnent en mes oreilles et m'aspirent à de beaux rêves alors que je vous écris cette lettre au côté d'une lune éclairée.
Sachez qu'à mon tour, je prierai pour que votre chemin, un jour recroise le mien.

Avec.... amitiés.

Elizabeth C. Dieron.


Apeurée par tout ce qu'elle avait écrit, la belle s'arrêta ici en un long soupir. Que faire maintenant ? La douce ignorait où est-ce qu'habitait le bel homme. Mais LUI savait où il habitait. Cela en était presque terrifiant...pourquoi ne venait-il pas la voir directement ? Sa raison lui en rappela brutalement la signification : venir dans la chambre d'une dame en sa présence était lourde de sous-entendu et ne laisser que peu de place à une interprétation bénigne. Aussi plia-t-elle sa lettre en silence et la remit-elle dans le pigeonnier. L'oiseau y était encore, la regardant de ses grands et beaux yeux dorés. D'un soupir, elle lui dit :

Elizabeth : Ramène cette lettre...à celui qui hante mes rêves.





Epistolaire du Pardon

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MessageSujet: Re: L'Épistolaire du Pardon [Fini] Sam 7 Déc - 3:05


l'épistolaire d'un pardon
sur une plume tremblante




Je plis la lettre dès que l'encre est sèche et de parfaite calligraphie de termes. La cire de mon sceau embrasse l'enveloppe qui la love, à ses sièges des brouillons. Car j'eus recommencé ce message plus d'une fois, plus de cinq fois. Cette réponse qu'elle lira comme suit:

3 Décembre

J'imagine les flocons aussi pâle que la plus magnifique des peaux de soie, et je pense à vous.

Je brise le silence sans le son d'une parole. De ma plume, encore. J'avoue très sincèrement avoir perdu confiance en cette vie que je n'ai point choisie et qui s'écroule sur moi, sur nous, telle la crainte d'un décès accueillant et affable. Car je vous entends, je vous lis et je vous comprends. Rien n'est plus comme l'antan, celui qui n'est plus de nos mémoires. C'est une cicatrice que j'apaise de vos traits en mon esprit.

Une explication que je tarde à vous offrir, hélas, malgré l'intention la plus fine que je peux vouloir déposer dans vos paumes. Je confesse que chaque minute sans votre présence de satin est une écume en ma poitrine, une torture qui m'infeste et m'empêche de fermer l’œil. Je vous pris d'accepter mes excuses face à ce langage, mais mon cœur s'affole et s'enflamme à penser à vous. Vous avez su redonner humanité à ce manoir, vous m'avez sauvé des égouts et soigné avec la délicatesse d'une alliée. Je pèse mes mots, car je lis avec apaisement que vous porter les écrits sur l'amitié. Je vous en suis plus que reconnaissant et touché.

N'ayez crainte, douce, de me mettre dans l'embarras. Ma conduite est blâmable et affecte, je le crains, la vôtre. Mais de toutes les présences dont je peux me souvenir, vous êtes la plus délectable. Et j'écris de ces lexèmes mais, je ne saurais définir comment, vous inspirez à mes yeux un être cher que j'eus connu, autrefois... Je sais que cette idée semble loufoque, dérangeante, mais j'ai ce sentiment profond et perturbant que vous êtes déjà de ma vie. Je pense à vous et je prends chaleur, je palpite, je m'étourdis... Mais je vous assure qu'il ne s'agit point là d'un mal aise.

Pitié, dites-moi que ces vagues et floues souvenances vous sont réciproques. Je m'égare dans mon passé qui n'est plus, dans vos compliments, dans vos lèvres...

Je vous en pris, réécrivez-moi et vous ferez un homme comblé dans cet Enfer. Seule une réponse de votre part ravive les plus tendres braises et efface le cauchemar.

Avec espoir,

Morgan


Et je dépose le pas jusqu'à sa chambre, encore. Cette routine qui n'en est pas encore une, mais que le fond de mon myocarde prend en hebdomadaire, voire quotidien, est encrée dans mes veines. J'eus passé un journée, deux, trois même, sans la lecture d'une réponse. Et je n'eus nullement projeté mes espoirs et mon regard à mon pigeonnier, en toute honnêteté. J'eus craint le refus d'une parole de sa part, je m'en étais rongé la moelle d'effroi et d'anxiété. Pourtant, sa plume déposée sur mon cœur continue de peindre mes joues de ce sentimental rubescent. J'arrive à sa chambre, et je dépose sans le moindre bruit l'aveux sur papier et m'en retourne en suivant la chamade tourbillonnante de mon pouls. Je m'enferme.

Dans ma loge et prends le paysage affable et inatteignable comme vue de par ma fenêtre à carreaux. J'appuie ma tête à son cadre intérieur, puce de joie étire le coin de la lèvre ou s'entrave un ongle de pouce que je ronge sans brusquerie. Je suis fiévreux. Point de parasite. Mais d'Amour. Je ne peux cesser mes songes sur la mélodie de sa voix, sur ses lèvres, et ses dialogues de miel. Elle est désormais mon souffle, ou je suis devenu complètement fou.

©BoogyLou






 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

©BOOGYLOU.  

 



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MessageSujet: Re: L'Épistolaire du Pardon [Fini] Jeu 12 Déc - 21:06

























Elizabeth C. Dieron - Morgan T. Connhelly


EPISTOLAIRE DU PARDON








Elizabeth trouva la douce lettre, toujours au même endroit, simple d'apparence mais tellement profonde d'émotion. Délicatement, elle se saisit de la feuille de ses doigts tremblants et n'attendit pas une seule seconde pour en ouvrir le contenu. Il lui fallut plusieurs minutes, le corps allongé sur le lit, les mains surélevant la lettre au-dessus de sa tête, pour en assimiler tous les mots et en ressentir toutes les émotions.







6 Décembre,

Que votre âme charitable me pardonne le retard de cette lettre, je n'ai eu que peu de temps à mon corps pour écrire les versants de ce parchemin froid.

Vous savoir dans le même écrin d'incompréhension que moi me remplie d'une douceur dont il est difficile de décrire les élans...je ne parle pas ici d'un plaisir à vous sentir souffrir, mais d'un baume à mon cœur de ne plus me savoir la seule amnésique de ce manoir si sombre. Comprenez-vous cet aimable émotion qui prend à mon âme? Comme j'aimerai partager cet épreuve...auprès de vous.

Me savoir ainsi si amie de vous rend-t-il vos soupirs un peu plus doux, à quand vient la nuit noire des songes? J'ai eu à plaisir de vous sauver, car la tendresse de vos traits et de vos actes envers moi ont apaisé mon cœur. Avant de rencontrer votre chemin, j'étais tout comme vous, ne croyant pas à la possibilité d'une échappée au milieu de ce labyrinthe. Le soir à présent, au moment de m'endormir, je pense à vous et mes rêves deviennent plus doux. La lune essaie de me conter les innombrables allés et venues de votre esprit entre ses murs, mais mes fantasmes sont tellement concentrés sur vos mains que je...Oh, pardonnez-moi cet odieux courage!
Voyez comme les misérables ressources que nous possédons m'empêche de reprendre une nouvelle feuille afin d'effacer l'erreur que je viens de commettre. Tout cela est bien pauvre...Toujours était-il qu'alors que je parlais de vos mains, j'évoquais bien là l'instant où vous m'avez sortie de la proche mort dans ses égouts.

Vos mots me donnent des souffles à mes joues, venant du plus profond de mon cœur. Votre trouble est-il un quelconque sentiment dont vous ne pouvez énoncer les vers? Votre émotion de déjà-vu, il me semble l'avoir également ressenti en croisant votre regard. Quand vous me serriez contre vous, j'ai cru me retrouver en un lieu chaleureux où rien ne pouvait m'atteindre. Puisse le souffle de ma voix sur ce parchemin vous fournir cette même sensation.

Elizabeth C. Dieron



Reposant alors sa lettre dans le pigeonnier, elle retira ses vêtements et entra dans son lit. Un sourire aux lèvres, la belle s'endormit en priant pour que son prince charmant vienne l'enlever à cet enfer.





Epistolaire du Pardon

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MessageSujet: Re: L'Épistolaire du Pardon [Fini] Jeu 12 Déc - 22:55


l'épistolaire d'un pardon
sur une plume tremblante




Dès les premières effleures de lecture, je souris, bien malgré tout monde être, à lire sa plume si délicate et douce sur le parchemin détérioré. J'éponge et absorbe les mots; elle est si fine, de grâce et de charme. De légèreté sur la feuille, pesanteur dans mon cœur.

8 Décembre

Je lis un destin chaviré, une mémoire émiettée... Affronter un passé est difficile, impossible si on ne le connaît nullement. Savez-vous réaliser que nous sommes tombé dans cet enfer sans trop savoir la main de quel Dieu nous y a guidé? Je pressens la main du Diable, mais à vos côté, tout pourrait devenir paradis, peut-être...

Je porte ces mots, et je m'excuse lamentablement. Mes émotions s'égarent et divaguent, et j'étale mon cœur sur une gamme de sentiments, portée à l'écrit, portée à vous, alors que nous ne nous connaissons à peine. J'aimerais faire votre connaissance, j'en serais ravis. Et j'aimerais me présenter à vous, bien que cela soit infaisable. J'ignore qui se dérobe sous ma peau. Mais, pitié, n'y voyez pas un malfaiteur. Je ne suis pas cet être, je tends à la perfection. Un peu comme vous.

Mes soupirs, comme vous devinez avec virtuosité, s'intensifient et se linceulent de moi. Et bien que le bégaiement ne traverse point l'encre, j'avoue rougir à lire de telle. Votre courage est poignant, votre courage m'émeut. Vous êtes une femme de cœur et de vitalité. Je prédis, avec tout humble pensée, un avenir pour vous qui fleurira comme la douce damascus que vous êtes.

Je pense à vous, en tout temps. Mes sommeils aussi sont plongés sur votre beauté, entre les cauchemars, et les aveux que je n'oserais émettre. Et votre visage, si pâle, si beau, auquel se rattachent des lèvres si parfaites, m'empêchent de vivre, et pourtant me poussent à avancer. Je sais qu'à vos côtés, je suis digne de grandes actions. Alors j'affronte l'obscurité à la recherche de mon passé, et vous traîne dans mes pensées et dans mon pouls... Non, je ne pourrais vous expliquer l'issue de mes troubles, mais vous les causés pratiquement tous, et j'en suis bien heureux.

Et naît cette joie en moi lorsque vous évoquer cette impression de déjà-vue. Peut-être sommes-nous croisés dans ce passé qui n'est plus nôtre? J'ose y croire. Vous êtes pour moi un ange. Un ange gardien qui m'eut suivit toute une vie et qui me retrouve pour épargner mon âme des désastres. Si vous n'êtes pas cet ange, vous le devenez alors que ma plume installe les songes sur ce parchemin. Et c'est pourquoi nous ne devrions plus jamais nous revoir.

Je suis contraint de vous écrire ceci, et je pleure en mon fort intérieur à remédier à cette décision, car vous me manquerez, pour le peu de nous que nous avons échangé. Je tremble de passion et je tremble chagrin à penser à vous, car je crains pour votre santé. J'eus appris tout récemment que je n'ai aucune idée de ma nature et que je peux devenir un monstre sans volonté. Je veux que vous gardiez de moi un idée douce, j'y tiens, tout comme je garde en moi votre présence comme bouée, parce que je crains de vous de vous offusquer ou de vous blesser. Simplement lors de notre rencontre au jardin, j'eus perdu la tête simplement de par votre regard... Je ne veux risquer davantage, pas à mon ange gardien, pas à ma douce damascus.

Avec regrets et tristesse,

Morgan


Je soupire, un soupire frêle qui grelotte comme un feuille d'automne. Il est froid, je suis glaciale. Et je prends un pas de morgue jusqu'à la chambre de Elizabeth, où je dépose la lettre et quelques larmes imaginaires. Ma gorge et ma poitrine sont déchirés par les sanglots. Et je retourne dans ma chambre, sans prendre la peine d'allumer ma lanterne, me laisse guider par l'habituelle route noire.

Et encore, par ton visage en mes pensées, ma douce damascus.


©BoogyLou






 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

©BOOGYLOU.  

 



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MessageSujet: Re: L'Épistolaire du Pardon [Fini] Ven 13 Déc - 10:49

























Elizabeth C. Dieron - Morgan T. Connhelly


EPISTOLAIRE DU PARDON









Elizabeth prit le détour d’un couloir, vaguement attiré par la lumière  d’un candélabre posé non loin de là. Une grande inspiration la posséda à l’instant d’entrer dans sa chambre. Comme à chaque jour, son souffle fut envahi par l’odeur âcre de l’enfermement, d’une malédiction poignante ne cherchant d’âmes à dévorer que la sienne. Quelque chose avait subtilement changé. Elle n’aurait su l’exprimer, mais l’abondant sentiment d’espoir qu’elle ressentait d’ordinaire avait changé. Elle était très sensible pour ce genre de chose. Montant sur la pointe de ses pieds, elle prit la lettre habituelle dans le pigeonnier. Aucun oiseau n’était là pour l’accueillir. Lorsqu’elle lut la lettre, debout dans la lumière de la lune naissante, la belle se crut mourir. S’effondrant brutalement à genoux, il lui semblait que son cœur était en train de perdre force et que son souffle s’éteignait dans la volonté d’une mort rapide. Se levant alors, tout en titubant, elle s’approcha de la table et prit avec peine sa plume pour continuer la douleur de son âme à travers l’encre.





9 Décembre *écorchure de plume*

A la lueur de votre lettre, je n’ai de mots pour exprimer la douleur de mes sentiments. Vous m’avez accueillit en mon sein quelque lame acéré d’un poison mortel dont nul autre que vous n’a la clé. Pourquoi donc m’infliger pareilles souffrances ? Je ne recherche qu’à travers votre compagnie la sensation d’être enfin comprise… *tache de larme* …au milieu de ces ténèbres noires mon âme n’a plus de port.

Tout comme de mots je n’ai plus de larmes, mes sens se sont taris. Comment expliquer avec la plus grande précision ce qui me prend au cœur à cet instant ? Le Diable a-t-il pris possession de votre main pour écrire pareils choses ? Il me semble bien pour moi… *tache de larme* .

Pourquoi devrions-nous avoir peur de nos émotions ? Ils ne font que guider notre voie dans les effluves d’une rivière sauvage dont nous perdons la couleur. Morgan, Morgan, nous perdons pieds, nos cœurs sont à la dérive!  *tache de larme*

Pardonnez-moi cette outrage…Je ne sais plus où j’en suis. Jusqu’alors vous avez été ma lumière dans les ombres. J’ignore moi-même qui je suis, mais pourquoi ne pas nous créer une toute nouvelle identité ? Une toute nouvelle histoire dont nous serons les romanciers ? N’ayez pas peur de moi…car je n’ai pour vous qu’…inclination délicate à l’image des rayons de lune. Oh, comme ma lettre ci-présente doit vous paraître confuse…mais comment l’exprimer, je n’ai plus de ports, mon bateau est à la dérive, car vous en avez détaché les amarres…

Que la pitié vous prend à mes mots, répondez-moi encore une fois…

Elizabeth C. Dieron




Son esprit partait en effet à la dérive. Elle ne pouvait qu’à peine s’expliquer à elle-même cette douleur au fond de son cœur. Pourquoi le voulait-elle auprès de son corps ? Pourquoi le voyait-elle dans tous ses rêves et ses songes ? Pourquoi n’acceptait-elle pas qu’il disparaisse ?







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MessageSujet: Re: L'Épistolaire du Pardon [Fini] Dim 15 Déc - 0:09


l'épistolaire d'un pardon
sur une plume tremblante




Je mourus pendant quatre jours. Une jour à attendre que le courage m'empoigne à lire la réponse de ma douce damascus. Trois jours à me morfondre et tenter de déchiqueter intérieurement le peu d'âme qu'il me reste. De par sa lettre, sa douleur. Si puissante et horrible qu'elle me torture de plus en plus à chaque instant. Une douleur, bien pire que la rétrospection de sa propre peine. Une fleur qui se fane, et mon cœur qui l'accompagne. Mais enfin, je résous à prendre plume, et étaler les gouttes de l'encrier sur mon parchemin. Celui qui devra supporter trop de chagrin en si peu de liant...

12 Décembre

Non, ma douce damascus, ne soyez pas de cet état, je vous en conjure.

Je croyais mes visions de toutes les blessures possibles que je pourrais bien involontairement vous infliger odieuses. Mais ces détresses sur papier, ces larmes que je vois, que je partage, et ces tremblements de votre poigne qui m’effondrent et me dévorent sont de loin les pires souffrances, jadis physiques, que mon être est subis à ce jour.

Bien qu'entre mes émotions, je m'y noie et je m'y éteint bien vivant, pour vous et vous seule, elles ne sont pas ma crainte. J'ai peur de mes gestes. Que je pourrais commettre envers vous. Ô! si vous saviez le mal que j'ai répandu... Je ne peux en décrire davantage, mais vous avez tant de raisons de craindre!

Ne vous inquiétez pas. Ne vous inquiétez jamais pour ce Diable. Vous êtes un ange, vous êtes mon ange gardien. Prenez l'enclume que je vous tends, je regrette mes choix. Mais peu importe, je vous répondrai toujours. Car vous êtes toute ma vie.

Pardonnez-moi, ma belle. Pardonnez mes affronts, pardonnez mes mensonges. Je vous redonne cette clé et vous libère, car je préfère le risque de revoir pour le pire un jour plutôt que de vous torturer de la sorte. Mon cœur chante à e présent, et il est tout vôtre, désormais. Je le réalise bien retardataire: il a toujours été vôtre, mais comment pouvais-je me résoudre à de si forts penchants en si peu de temps?

Avec ce qu'il me reste à éprouver,

Morgan


Mes mains tremblent. Je ne sais respirer. Mon cœur déborde et se saigne, je suffoque dans mes propres songes et leur élan sentimental. Je ne peux lui écrire ces paroles. Je ne peux lui écrire ces mots. J'éprouve trop et je lis en ses phrases tant de ce que je ressens, de ce que je souhaite... Je réalise tout juste que je ne peux pas me passer d'elle, même au risque égoïste de la blesser, un jour. Je réalise tout juste, encore et encore, que je suis follement amoureux d'elle. Insensé et sinistre dévouement. Je me lève. Froisse cette lettre.

Je la jette dans le feu de mon foyer. Et regarde les flammes lécher ses bords et ses plis. Mes yeux s'humidifie. Je ne saurai dire si cet adieu soudain à ma douce damascus est de brillance ou de ténèbres. Suis-je courageux pour renoncer à mes trop forts amours et garder celle que j'aime intact, ou suis-je piètre de ne rien savoir lui avouer? Je plonge ma main dans les flammes.

Retire la lettre qui est quelque peu brûlée mais toujours bien lisible. Je la secoue pour apaiser les tisons et la défroisse délicatement, tu mieux que je le peux. Et enfin, je vais porter cette lettre à sa chambre, sans oser douter.


©BoogyLou






 

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MessageSujet: Re: L'Épistolaire du Pardon [Fini] Dim 15 Déc - 23:53

























Elizabeth C. Dieron - Morgan T. Connhelly


EPISTOLAIRE DU PARDON







Elizabeth attendit mais rien ne vint pendant des jours et des jours. Le souffle court, elle partait à chaque matin, priant pour que le soir lui apporte le sourire qu'elle avait depuis si longtemps perdu. Délicatement, elle montait sur la pointe de ses pieds chaque jours pour trouver la lettre tant attendue. Mais la sienne ne partait pas, et celle qu'elle attendait ne voulait pas venir. Rien, rien d'autre que l'impitoyable silence d'un homme qui avait imposé son absence dans le cœur de la douce. Il lui manquait à chaque heure de la nuit et du jour, tant obsédé par l'idée de le lire, à défaut de le voir. L'amour  qu'elle ressentait la faisait parfois se sentir coupable, car elle ignorait réellement à qui appartenait l'alliance qui se trouvait à son doigt. Au plus profond d'elle-même, la douce savait parfaitement qu'elle ne partageait pas cette impression de déjà-vu. Tout ce qu'elle voyait, c'était un être qui attirait son cœur dans un filet amoureux dont elle ne connaissait à peine les méandres. L'Amour, c'est quoi? Mis à part un grand trou béant sans aucune connaissance? Elizabeth se perdait chaque nuit un peu plus, ne sachant que faire. Mais c'est un jour où sa lettre fut prise, elle le remarqua un beau midi. Son cœur bondit et elle attendit avec encore plus d'impatience le jour qui suivit. La lettre réponse qu'elle dévora d'une traite lui donna envie de voler. Au lieu de cela, elle saisit une plume:






13 Decembre

Je n'ai pas pu attendre ne serait-ce qu'une seule seconde de ma misérable vie de prisonnière pour vous répondre. Votre lettre a fait l'effet d'un baume sur mon cœur. Un ange doit veiller sur nous car il nous apporte son soutien dans notre histoire. Comme je pleure vos souffrances, il m'est difficile à mon cœur de vous savoir aussi empli d'une douleur dont je ne peux vous soigner. J'aimerai...pourtant.

Mes bras vous apporteraient-ils autant de courage qu'à cette fois, dans les égouts, qui remontent maintenant à tellement de jour qu'il me semble qu'il s'agit d'une sombre éternité glacée. Oh, pardonnez mon langage, je ne me sens peu en forme...la vie est tellement dur, la fatigue harassante et la solitude absolument mortifère. Vos lettres sont la seule chose de ma journée pouvant m'offrir le sourire. Je prie pour pouvoir vous faire le même effet en votre cœur, je ne veux pas vous faire souffrir.

Mais suis-je bête, la première des choses que je devais inscrire sur ce parchemin m'est entièrement sortie de la tête: je vous pardonne. Vous avez rendu amarre à un bateau qui s'enfuyait au large, vous l'avez ramené d'une vague jusqu'à bon port, tel un dieu de la mer. Car oui, à mes yeux vous êtes divin...*crissement de plume* Je m'égare, quel erreur.

Laissez-moi entendre le son de votre voix. La vue de votre regard sombre me manque. La solitude ne vous pèse-t-il pas comme à moi? Êtes-vous donc si courageux, sous vos délicieux bégaiements? Je me sens si seule...vous êtes le seul cher ami à qui je puisse souffler mes espoirs.

Tendrement,

Elizabeth C. Dieron








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MessageSujet: Re: L'Épistolaire du Pardon [Fini] Mar 24 Déc - 4:58


l'épistolaire d'un pardon
sur une plume tremblante




Ma plume termine le dessin d'une portée de mots à mille temps. Une fanfare chaotique en ma poitrine, et une symphonie de glace et de flamme pour les fondre sur le parchemin. Je suis d'émois. Je tremble, tremble comme je n'eus jamais défaillit. Je hoquette, parce que le souffle des cascades de bonheur bute à l'angoisse dans ma gorge. Et ma cage thoracique contient les vers d'une tempête de notes, un maelström de tout ce qu'une homme peut ressentir pour une femme. Et de cette folie fatale, l'écume des rêves et des regrets. Que je viens tout juste d'étaler sur la feuille. Et ma plume, ma plume qui termine ce dessin de strophe. Elle grelotte autant que moi. Car elle vient d'épouser les mots impensables. Je soupire.

Bien bruyamment. Jamais ce courage ne m'eut habité autrefois, et il me fait douleur de le manier. Et il est manié et contrôlé par l’inéluctable sentiment. Pourtant, je crains. Tant. Plus que pour ma vie, je crains pour ce qui se cache sous mes côtes et entre mes poumons. Toute cette machinerie organique ne s'affaire qu'à embrasser l'utopie d'une lèvre de soie... Je chamboule. Je crois vomir. Je crois mourir de rire. Je crois m'envoler et je crois mourir. Je me relis:

13 Décembre

De Grâce! Je ne peux empêcher mes songes de hurler, de vous hurler tout ce que je ressens. À peine eus-je déchiré l'enveloppe que je noie les mailles d'une feuille d'encre noire. Je suis impatient et puérile. Mais j'ai tant à vous compter...

Je lis vos lignes, je lis entre. Ne me trouvez perfide, je vous en conjure, mais je trouve vos paroles et tous les sens que l'on peut y donner magnifiques. Elles me donnent le sourire et m'emballe le cœur. Sur cette lettre, je ne peux plus rien cacher et je ne peux rien mentir.

À défaut de tout ce que vous pouvez croire, de tout ce que vous pouvez écrire, vous êtes beaucoup pour moi. Vous êtes, à dire vrai, tout. Jamais vous ne pourrez me faire souffrir. Vous êtes désormais ce qui m'enflamme d'une nouvelle vie dans ces lieux du Malin. Vous êtes mon pouls et mon vitae. Je réalise, et je m'exprime. Ce que jamais je n'aurais courage de prononcer de vive voix. Si seulement vous désirez me revoir un jour. Je crains autant que je dérape sur cette lettre. J'ai l'angoisse que vous ne vouliez plus jamais m'adresser la parole. Pitié, ne soyez pas choquée ni perturbée.

Car j'ai d'aveux à vous fournir. Qui grandissent depuis des lunes et des vents. Depuis cet épisode aux égouts qui, oui, me paraissent aussi lointains et embrumés, mais dont le seul souvenir lumineux dans cet obscure scène reste votre visage. À ce jardin, je vous ai vue si belle, si pure, si charmante... Une ange qui s'offre à moi et que je ne suis digne de cueillir. Je pense à vous, je vous sens et votre parfum me hante à toute heure. J'ai l'intuition de vous avoir connue, autrefois, et de vous avoir attendue toute ma vie.

Oui, la solitude me dévore. Vous me manquer, terriblement. Et je ne peux pourtant concevoir rester à vos côtés. Ce serait un souhait utopique et merveilleux, mais qui m'est inatteignable. Je vois vos émois de par votre lettre, et je rougis à lire le divin que vous me porter. Et je souris, car je n'aurais cru qu'une ange puisse parler de tel au misérable à sa droite.

Devinez mes sentiments. Ceux qui m'achèvent et qui ne guident mes pensées qu'à vous. Qu'à votre présence, votre douceur, vos lèvres... Je me brûle de goûter à cette passion que je n'ose effleurer. Je tremble de tout mon être, de ma moelle à mon âme à penser à ces lèvres, ce visage qui les porte, et cette femme, cette parfaite cariatide qui m'eut soigné et protégé. Qui m'eut donné le courage et mille autre émotions. Et je fonds pour elle. Et je meurs pour elle. Je l'aime.

J'imagine un futur avec vous. J'imagine votre chaleur dans mes bras. Et je frémis. Pourtant, j'ai si peur de vous troubler jusqu'au mutisme avec cette encre. Je prie notre Seigneur, celui-même qui ait créé aussi douce damascus que vous, qu'il ne s'agisse d'un adieu.

Tout simplement, avec amour,

Celui qui vous aime



Je réalise honteusement que même par écris je n'ai courage de porter mon nom à cet écrit. D'une autre côté, je ne suis plus rien sans tout ce que j'éprouve pour Elizabeth. Amoureux à en perdre la raison, à la retrouver, plutôt, elle qui fut égaré dans un coin sombre du manoir... Je veux déchirer cette lecture. Je veux l'émietter, mais j'en suis incapable. Lui donner, peut-être, serait le geste à faire. Mais comme j'ai trop de fois effaré mes craintes sur la plume, je ne veux pas la faire fuir de ces confessions. Je suis pris au piège. Je scelle la lettre.

Et me lève de mon bureau. J'avale difficilement en tournant le papier entre mes doigts qui grelottent des frissons de la frayeur. Je sors de ma chambre. Sans oser lever le regard. Ce que je tiens en main est lourd, plus que la charge d'un tombeau. Et je me sens prêt à rendre l'âme avant de déclarer ma flamme à ma douce damascus. Celle de ma lanterne vacille sur le corridor qui me mène à sa chambre. Je fais menton bas devant mon chemin. Je suis de honte et de timidité. J'arrive à son pigeonnier.

Je le fixe. De très longues secondes. Sans y toucher. Je dépose ma lanterne sur une table basse à côté d'une plante verte se mourant. Et je fais jouer la lettre qui dévoile trop et tout dans mes dix doigts. Je palpite. Devant ce geste qui pourrait me coûter toute une vie. Je n'ai que de yeux pour la catastrophe avenant. Je suis sur le fil de fer. J'hésite à faire couler des instants qui me paraissent des heures. Je renonce.

Après ce voyage. Après cette romance lyrique. Après cette écriture. Je n'y vois qu'une crainte plus large que le décès qui m'engouffre. Je ne peux lui avouer mes sentiments, à cette douce damascus que je connais à peine. Elle serait terrorisée, me prendrais pour un fou. Je soupire à faire grincer ma voix. Et je reste là un instant à reprendre contrôle de mon être fébrile. J'aurai au moins tout avouer au vide, en papier.

Mais rien empêche tout ce qui éclate en moi pour elle.

©BoogyLou






 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

©BOOGYLOU.  

 



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MessageSujet: Re: L'Épistolaire du Pardon [Fini] Mar 24 Déc - 20:25

























Elizabeth C. Dieron - Morgan T. Connhelly


EPISTOLAIRE DU PARDON









Elizabeth courut à travers les couloirs, remontant la lourdeur de ses jupes de tissus. Un monstre se pressait encore après elle, la douce sentait son souffle dans son cou au fur et à mesure qu'elle courait. La peur frottait à ses espoirs et dominait tous ses sens. Que faire, quoi penser quoi dire? Il n'y avait rien d'autres à faire qu'à courir en espérant que le couloir ne s'arrêterait jamais. Tournant vers sa droite, puis sa gauche. Entrant dans une salle, refermant la porte derrière elle et glissant un tonneau devant la poignée pour fuir en sursautant après avoir entendu un coup de griffe contre la porte. La peur faisait battre son cœur à la chamade, mais pas autant que l'initiative de rester en vie pour rejoindre sa chambre. Mais pourquoi rester en vie dans cet enfer sans nom au élan d'horreur délectable? Elle n'était plus qu'une coquille vide qui cherchait désespérément à retrouver un sens à son existence où la seule chose qu'il lui restait à savoir était juste tout. La belle se cacha derrière un tapis, espérant soustraire ainsi sa présence au monstre sans pitié qui commençait déjà à frapper la porte, des bouts de bois partirent dans tous les sens, un d'eux vint frotter contre la tempe de la jeune  femme. Celle-ci se recroquevilla un peu plus, essuyant sur sa manche blanche en gémissant, le sang qui s'écoulait très doucement.

Son sang était rouge. Rouge. Mon dieu, non, ne pas avoir peur, ne pas le regarder, pas regarder le sang. Cela ne pouvait être que la fin pour elle. Si elle observait ne serait-ce qu'une seconde la texture délicate et carmin de son hémoglobine, son esprit risquait de se dérouter et qui savait ce qu'elle était capable de faire quand le sang lui montait à la tête -c'était clairement le cas de le dire...-. La porte s'envola à la volée dans un brutal coup de tête venant de la part du monstre. Elle n'osa à peine le regarder, n'observant que les pas du monstre à travers ses doigts. Il fallait qu'il parte, qu'il parte qu'il parte. Le tonneau aussi avait volé, se débitant lui-même sous les coups de la créature. Quelques secondes après tout ce tintamarre, plus rien. Le monstre lâcha des injures et s'en alla aussi calmement qu'une plume. Un véritable papillon morbide. Délicatement, la belle sortit de son cocon et oublia aussitôt la tâche de sang qui couvrait la manche droite de sa chemise blanche. De même qu'il ne sentit qu'à peine la petite trace de sang, toute fine et petite, qui s'échappait de sa plaie. Merci le monstre.

Ainsi s'enfuyant à travers les couloirs, il lui fallut remonter les marches des escaliers qui la mèneraient jusqu'à sa chambre. Voilà trop longtemps qu'elle ne s'y était pas reposé, peut-être qu'IL y avait mis une lettre! Elle n'avait rien récupéré à manger aujourd'hui, dans sa quête à travers le manoir. Elle retenterait demain, mais la douce espérait bien se repaître aujourd'hui le cœur de quelques lignes bien écrites. La coquille vide qui formait son corps n'était pas entièrement vide, contrairement à ce qu'elle avait imaginé. Il y avait mieux, ou pire, c'était encore difficile à déterminer. Les sentiments nouveaux qu'elle ressentait envers son nouvel ami, Morgan. Ils ne faisaient que correspondre par lettre, mais cette première rencontre auquel leur mésaventure les avait conduit avait laissé une marque indélébile sur son cœur saignant. Elle aimait la façon timide et pourtant si aventureux qu'il avait de lui écrire, elle aimait tout de lui...peut-être était-ce un peu trop tôt pour le dire mais...il était possible qu'elle l'aimait. Tout simplement. Mais comment faire pour faire coexister le nom de cet être qui faisait battre son cœur, le souvenir commun qu'il était possible qu'ils eurent tout deux, et ce...cet alliance qu'elle tenait à sa main. Qui était l'autre possesseur? Morgan aussi avait une bague. Cherchait-il également l'autre moitié de cette main découpée avec l'amour d'une ancienne vie? Elizabeth était la première à dire qu'il fallait tourner la tête au passé pour aller de l'avant. Mais...parfois, le doute la prenait. Son cœur battait alors qu'elle s'apprêtait à entrer dans sa chambre. La peur aussi, celle de ne rien trouver. C'était tout autant de sentiments contradictoires qui la prenaient alors qu'elle approchait de la porte. Ses mains l'ouvrirent alors avec délicatesse tandis qu'elle entra tête la première, fermant les yeux comme éviter une trop grande déconvenue.

Refermant rapidement la porte derrière elle, la pauvre soupira. C'était bientôt le moment de vérité. Elle n'aurait jamais su si bien dire. Une respiration la fit écarquiller les yeux de surprise.

Se retournant brutalement, elle garda une main sur la poignée de la porte et observa l'étrange dans sa chambre. Comment quelqu'un pouvait se trouver à cette endroit, si proche de son intimité?! Quand elle reconnut l'être qui se tenait ainsi debout dans toute sa déconvenue, son cœur s'arrêta de battre. Elle se laissa reposer contre la porte en le regardant, tout d'abord effarée. Lui, ici. Morgan. Elle ne savait quoi faire. Son cœur tapait trop fort contre sa cage thoracique pour qu'elle puisse ne serait-ce que penser. Mais doucement, son esprit parvint à donner un ordre à son cerveau. Aussi la belle sourit de toutes ses dents, penchant la tête sur le côté, elle se redressa. Délicatement, elle s'avança vers le magnifique jeune homme et tendit sa main:

Elizabeth: Vous...ici. Je n'ai pas les mots pour dire combien je n'attendais plus votre venue...

Son ton était heureux, comme si l'écrivain se trouvait en plein dans un rêve. Peut-être était-ce le cas. Mais elle n'avait pas envie d'y penser. Elle en avait oublié jusqu'à la plaie qui saignait sa tempe, ses cheveux noirs découlant en pagaille autour de son visage, sa tenue poussiéreuse. Si la belle avait pu se voir dans un miroir, jamais elle ne se serait montrée dans un tel étalage de misère. Elle continua pourtant de sourire, n'attendant que la même chose de la part de l'autre. Son visage avait toujours cette finesse auquel elle avait succombé. Oui, succombé était le bon mot. Comment lui dire qu'elle n'attendait que quelques mots de sa part pour être...







Epistolaire du Pardon

Crédit par Kikino-sama et Ninie067 de Templactif

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L'Épistolaire du Pardon [Fini]

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