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Flow into the vicera [Fini]

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admin hypocondriaque et alcoolique
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MessageSujet: Flow into the vicera [Fini] Mer 9 Oct - 23:06


Elizabeth C. Dieron, Felix J. Adler & Morgan T. Connhelly


Flow into the vicera

«And I fall in the water where my hope is burried.»


Ma gorge se fait un nœud horrible et cadavre de serpent, le long de mon péristaltisme jusqu'au fond de mes tripes. Je toise la porte en face de moi. À ma droite, je situe l'entrepôt dont un épais mur de briques me sépare pour le meilleur. Les souvenirs - ah! mot sanglant dans mes songes - liés à ce lieux de désolation n'apportent que l'angoisse à mes veines glacées. Froides par cet instant, sous le bâtiment, devant cette porte menant au vide. À ce que j'espère être un espoir ou une lueur. Parfois je me trouve dément d'esprit de souhaiter tant d'espérances à des mètres de pénombre sous ce qui est déjà cauchemar. Et si dans ce niveau j'eus trouvé des traces de mon passé, je ne me laisserai pas arrêter par ces éraflures incessantes en crâne, qui chicotent ma lucidité à ce point tel qu'il m'est difficile de porter réflexion à ma matière grise. D'autant plus que mes migraines sont plus intenses sous l'ecchymose de mon front depuis qu'un fou eut lancé une poterie sur ma tête. Mes dents claquent. Une souris passe entre mes pieds immobiles et se fraie chemin dans le bas de la grosse porte de bois. Silence inquiétant qui a tout pour me rassurer: aucun ennemi à l'horizon. Je souffle. Je prends la poignée, la pousse. Une sueur froide.

Mais rien de plus. La pièce est bien close, sans serrure pour m'en donné l'avis d'une clef à y relier, sans joncs rouillés à démolir. Simplement une poignée précaire ne pouvant être détruit à mains nues. Je dépose ma lanterne sur le bois pourris du sol avec mille précautions. Me gaillardie un peu, me secoue, moi et mon être qui a tout ce qu'il y a de plus faible. Sans de lumière à la hauteur des yeux, je vois les alentours se refermer autour de moi. Dans l'ombre qui me gobe, des coquerelles, je crois deviner, m'envahisse le regard. Et je sais qu'il s'agitt, parmi tant d'autre terreurs hypocondriaques, que des hallucinations. Je saisis la poignée fortement. Abats mon corps violemment sur la porte dans l'idée de la faire bouger. Rien. Un second élan, encore plus osé. Stoïque. Cette fois, toute ma force se cumule et mon épaule frappe l'entrée de plein fouet. Rien, encore. Non, un craquement. À mes pieds. Le bois pourris qui se tassent, s'écroule et se déchire. Je tombe.

Un cri arrache ma gorge. Une chute de plusieurs mètres, d'une éternité, il me semble. Un choc, terrible et souffrant comme le physique peut nous permettre de telles supplices insupportables. Ma jambe encaisse mon poids qui lui fut asséné après cette tombe. Un carnage horrible et chaotique, des lattes en pluie qui me font cible, des pierres énormes s'éboulent et s'entassent. Je porte mes bras au dessus de ma tête comme piètre protection et prie l'unique Dieu auquel j'avais foi, celui-même qui m'a lâchement abandonné à mes horreurs propres. Mais il n'est plus que ma seule bouée. La tempête de débris cesse en decrescendo et ne laisse qu'un amas de poussière faire nuage autour d'un homme crispé de douleur et de frayeur.

Moi. Mon souffle est un gémissement bruyant et sans échappatoire qui agrippe mes poumons comme les griffes d'un carnivore. Je grelotte tant, une acouphène m'envahie. À ma jambe, aiguë et vive, la douleur qu'il m'eut été infligé. Je m'en tords, m'en maudis pour ma curiosité largement punit à travers cette porte qui ne menait peut-être qu'à un placard à balais après tout. Ma main aux tremblements encore plus grouillants que la feuille d'automne au vent empoigne un flacon de cire d’adragant dans ma poche intérieur de redingote. Je geins, mon palpitant s'affole. Ma vision est flou et rougis. Mon corps ingère le ladanum - immédiat soulagement. Je prends conscience de ma position. Je suis dans l'eau.

Étendu. Jusqu'au côtes. L'aorte de mon  myocarde oublie un battement tant la panique me tranche l'abdomen violemment. Ma lanterne... Où est ma lanterne? Que ce lâche Dieu ne s'éveille et me tendre la main, au moins cette fois depuis les temps de mes amnésie dans ce manoir, il était le moment venu! Pour que je la retrouve. Pour qu'elle ne soit pas endommagée. Pour qu'elle non plus ne m'abandonne pas dans ces péripéties. Je me relève difficilement, soupir d'effort et de mal. Puis fouille les catacombes de mon dégât du regard. À cet instant, je réalise des torches, qui éclairent on ne peut plus bien le passage. Un passage. Un conduit. Un corridor souterrain d'eau crasseuse. Les égouts. Je vacille.

L'endroit que jamais je n'aurais désiré explorer. Qui m'effraie trop. Cet endroit aux rumeurs de revenants. Ma mort. Mon cercueil. Je dois quitter. Rapidement. Je fouille l'eau, la pourriture, le brisé... Enfin, l'aperçoit et la prends dans un soulagement qui me fait baume puissant à l'âme, mais point assez pour me calmer. Je l'observe: elle est égratignée mais point irrécupérable. Je la range. Je dois trouver la sortie. Des pas.

Dans l'eau. Sonores. Qui s'approchent. Je ne pourrais dire d'où ils viennent - je me perds dans leur échos et l'échos se perd jusqu'à moi. Je me pétrifie et sens ma pression se baisser drastiquement, je pâlie. Puis je prends course. Sans réfléchir. Dans ce labyrinthe marécage, je choisis la direction hasardeuse spontanément et la suis. Dans ma cervelle bouille l'arrivée d'une quelconque créature qui ne ferait qu'une bouchée de moi. Terrible pensée qui est mon future. Je le sens. Mon pouls le sens. Toujours ma respiration est assourdissante dans mes tympans, mes traces fouettant l'eau aussi. Je suis repéré, sans l'ombre d'un doute. Je trouve une section qui se coupe à la gauche, je m'y faufile. M'y cache.

C'est une pièce complètement noir à l'odeur infecte et saisissante. Entre un mur de brique et un baril décomposé flottant, je me blottit et récite mes prières intérieurement. Celles qui me viennent toujours en tête, dont je me souviens. Qui ne font aucun sens à cet instant mais qui me tiennent encore conscient. Chaque battement dans ma poitrine est une torture et un miracle. Je vais mourir.







© BoogyLou





 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

©BOOGYLOU.  

 



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MessageSujet: Re: Flow into the vicera [Fini] Jeu 10 Oct - 20:00

























Elizabeth C. Dieron - Felix J. Adler - Morgan T. Connhelly


FLOW INTO THE VICERA





Plantant subtilement ses ongles dans la chair amène des murs de ce sous-sol, Elizabeth songea brièvement à tout ce qu’elle venait de croiser pour parvenir jusqu’ici. Sa soif de comprendre l’avait mené ici alors qu’elle aurait pu très bien rebrousser chemin sans jamais se retourner. Mais cette écriture sur le parchemin lui semblait si familière. Depuis cette instant, elle n’avait cessé de croiser et traîner dans les couloirs de cet étrange manoir, le tapis rendait ses pas spongieux et les boiseries grinçaient à l’en faire frémir le cœur. Elle sentait une étrange présence à travers les murs de cette lourde et sombre bâtisse, rien ne pouvait l’en dissuader. Chaque coin de portes la faisait trembler et elle priait chaque instant pour ne pas mourir de peur. 


L'endroit où avait atterri la belle en cet instant ne respirait absolument pas la beauté ancienne et les incroyables tapisseries où l'on pouvait discerner des écorchures. Il y faisait atrocement humide, pour ne pas dire que les pierres semblaient se mouvoir en sorte d'éponges agglutinantes. Elle s'était retrouvée face à une porte alors que les lumières du couloir qui lui tournait le dos s’étaient brusquement éteints. Trop facile était de dire que cela l'avait effrayé, aussi avait-elle pris la porte sans demander son reste. Tout en descendant par l'escalier sur laquelle cette porte l'avait mené, la jeune femme commença à se dire qu'il s'agissait d'une mauvaise idée. Doucement, elle laissa ses pieds se menaient eux-mêmes à travers les immenses dalles des marches. Elle y allait avec délicatesse, tant l'humidité faisait transpirer le sol dans un accès de ténèbres. Pourquoi avoir voulu se mettre dans ces problèmes...Elizabeth maudit en cet instant sa peur immodérée du noir. Comme cela aurait été plus simple de prendre le chemin inverse, malgré l'obscurité ambiante.


Elle n'avait encore rien trouvé pour s'éclairer, aussi évitait-elle les endroits les plus sombres. Par certains détours, elle put ouïr des hurlements à travers les portes, les fenêtres ou les étages inférieurs, la faisant trembler de tous ses membres. Persuadée qu'elle était de pouvoir comprendre la lettre de son réveil, la jeune femme ne se posa pas plus de question, tant il lui était difficile en cet instant de réfléchir sans porter à confusion le peu de neurones encore en marche. C'est alors qu'elle retira son pied d'un liquide glacé en poussant un cri involontaire. Les marches semblaient se terminaient ici, mais il y avait si peu de lumières en cet endroit qu'Elizabeth regretta de ne pas avoir plus fouillé les pièces supérieurs pour obtenir une lanterne...une bougie, n'importe quoi. Le bout de sa longue robe blanche était déjà trempé, ainsi que son soulier noir droit. Elizabeth n'était pas femme à détester l'eau, au contraire, mais le fait de se retrouver dans la pénombre et dans un lieu inconnu ne la mettait peu enclin à se plonger à la mer. Un grognement soudain dans son dos la força à avancer alors que son sang tournait à milles à l'heure à travers son cœur et ses jambes.


Ses jupes se soulevèrent sous l'eau, rendant ses mouvements très saccadés et peu rapides. Par chance, l'eau ne s'arrêtait qu'au niveau du milieu de son mollet, rendant les choses beaucoup plus accessible à ses capacités. Le liquide était d'une température presque inhumaine tant elle était froide, faisant claquer les dents de la jeune femme qui courageusement s'avancer dans les ténèbres pour ne pas avoir à faire avec l'étrange créature qui semblait grogner dans son dos. Peut-être était-ce quelqu'un qui marmonner dans sa barbe, mais Elizabeth n'avait pas vraiment envie de s'arrêter pour le savoir. Tout ce qui lui arrivait en ce moment était si incroyable, elle aurait voulu plus que tout avoir un calepin et une plume pour noter tout cela. Mais dans ce qui semblait être des égouts, il n'y avait nulle table où se reposer, ni papier sur lequel inscrire ses pensées. Perdue dans la foule des ombres qui se précipitaient devant elle, la jeune écrivain ne sut où se détourner et où avancer. Aussi garda-t-elle ses mains sur les murs, prête à courir en cas de déluge.


C'est alors qu'un bruissement attira son oreille, ce n'était pas dans le couloir en face, ni celui sur la gauche, d'après les mains d'Elizabeth, non...c'était quelque chose vers la gauche, un bruit si soudain qu'elle avait failli ne pas l'entendre. Une ombre possédant une lumière cachée? Elle aurait pourtant juré que les pas claquant dans l'eau n'étaient pas ceux d'un monstre, c'était une fréquence bien trop forte, bien trop accéléré. Ce n'étaient que des pas de frayeurs, de quelqu'un d'aussi pétrifié qu'elle. Ne prenant que son courage à deux mains, une nouvelle fois, elle s'enfonça dans le couloir gauche, ne voyant à peine à plus que deux mètres devant elle. Ce qu'elle voyait au-delà de cette image n'était qu'un vague brouillard de murs et de barils écrasés.


Elle aurait très bien pu se tromper, faire face à une créature sans nom et se faire dévorer sans un dernier message, sans une seule réponse. Peut-être qu'au-delà de la mort, Dieu l'aurait informé de ce qu'elle recherchait avec tant d'espoirs. Mais la jeune femme préférait ne pas y penser. Les bruits de pas s'arrêtèrent, aussi s'arrêta-t-elle quelques secondes. Il n'y avait pas d'autres chemins, tout droit était la seule destination possible. Elle avait fait trop de bruit pour se retourner et repartir comme si de rien était. Sans ressources dans un long couloir sans voix, Elizabeth sentit ses jambes tremblaient avec encore plus de force à cause du froid glacial qui s'étendait. Mais c’est alors qu’un souffle s’étendit tout le long du couloir, trainant dans son oreille gelé. Quelqu’un ? Quelqu’un était bien là ? Derrière elle trainait encore le grognement sans nom d’une créature que la jeune femme ne souhaitait absolument pas voir. 

Après quelques pas dans l’eau froide, qui avait mouillé le bas de sa robe qu’elle tenait en l’air avec peine d’une main pour pouvoir se guider de l’autre. Le mur humide salissait la fragrance de sa peau, mais qu’en avait-elle à faire ?


Dépassant un tonneau abimé par le temps et l’eau, elle remarqua une intense chaleur sur le côté. Son corps se mit à trembler de tous ses membres, chacun de ses poils se redressèrent sous la peur, lui donnant la chair de poule. Ses muscles ne voulurent plus bouger, rien ne pouvait la faire se mouvoir. Pourtant, alors que son esprit grelottait d’un mal de crâne naissant, la jeune femme tourna doucement la tête, ne voulant pas risquer le moindre mal. C’est alors qu’elle LE vit. 


C’était un homme, un être humain, une véritable créature qui ne semblait ni faite par un savant fou ni par quelques malheurs divins. Magnifiquement bien constitué aux yeux de la belle, ses cheveux bruns étaient sauvages autour de son visage fin. Au milieu des ténèbres glacées dans lesquelles ils étaient perdus, son regard sembla transpercer son âme d’une lumière blafarde et pourtant tellement poignantes. Après un instant de silence, ne sachant trop quoi faire auprès de cet être qui semblait se cacher d’une créature, Elizabeth s’approcha, tendit une main délicatement blanche et murmura d’un air inquiet :


Elizabeth : Je…je…comment…ça va ?


Elle tenta de sourire, vainement. Cela ressemblait plus à une désastreuse grimace tant le froid commençait à lui monter dans tout le corps.




Flow Into The Vicera

Crédit par Kikino-sama et Ninie067 de Templactif

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MessageSujet: Re: Flow into the vicera [Fini] Ven 11 Oct - 23:29





Comment Felix s'était retrouvé dans les égouts ? En suivant les canalisations, va-t-il vous répondre simplement. Ou en passant par un trou. En revanche, la raison pour laquelle il se trouve dans cet endroit humide, puant et dangereux, il va se la garder pour lui. Car en effet, il y est allé de son plein gré, accompagné de Tinky, son moineau qui parle. D'ailleurs ce dernier se trouvait, comme à son habitude sur son épaule. L'oiseau le regardait faire d'un air mécontent. Il était évident que cela lui déplaisait que Felix prenne tant de risques rien que pour se vider la vessie ici pour éviter de le faire ainsi sur un des beaux tapis auxquels Rockwood semblait vouer une affection gargantuesque. Au moins, comme ça, il serait pas envoyé en salle de torture, lieu qu'il haïssait et le faisait frissonner.

Une fois qu'il eut fini ce pourquoi il avait pris le risque de s'aventurer ici, Felix entreprit de retourner dans le manoir. Il emprunta un de ces énormes tuyaux où de l'eau verdâtre sortait par les bouches d'évacuations de celle-ci. En continuant d'avancer, il prit un conduit perpendiculaire, pensant connaître son trajet. Ce fut au bout de plusieurs minutes que Tinky soupira et de sa voix grave de moineau qui lui allait si mal, il lança à Felix : "Tu es vraiment sûr de ton itinéraire là ?". Le concerné leva les yeux au ciel, excédé par le manque de confiance de son compagnon.

- Mais évidemment ! Tu penses vraiment que je me suis perdu ? Franchement, Tinky...

Il eut un petit rire moqueur mais son sourire disparut rapidement quand il reconnut un tuyau cassé et abîmé devant lequel ils étaient passés quelques minutes auparavant. Il fallait se rendre à l'évidence, Felix s'était paumé. Et il savait que les égouts n'étaient pas l'endroit le plus sécurisé pour se promener ainsi. Tinky, en revanche, eut l'air complètement désespéré. Non par leur situation critique, mais plus par le comportement de son ami qui se révélait être une vraie tête de mule quand il voulait. Maintenant, ils se retrouvaient égarés dans ce lieu hostile et visiblement désert. Après tout, quel inconscient irait se promener ici ? Oui, à part Felix, bien évidemment... "Tu fais encore une connerie et je me tire." Felix secoua la tête d'indifférence, ignorant totalement la remarque du moineau. Il continua donc son errance entre les conduits pendant quelques minutes encore.

Soudainement, un bruit suspect se fit entendre et Felix eut pour réflexe de se coller à la paroi la plus proche, tous les muscles tendus comme un arc. Dans un délai qui semblait trop court pour Tinky, l'ancien horloger se mit à longer le mur. Cependant, il ne vit pas la caisse à ses pieds et se cogna l'orteil dedans, provoquant un bruit sourd, ainsi qu'un cri de surprise de la part de Felix. Le moineau soupira, lança une insulte à son ami, avant de prendre son envol. Le dément, planté par son compagnon, oublia toute prudence et commença à se lancer à la poursuite de l'oiseau tout en l'appelant et en lui intimant de revenir. Après avoir traversé quelques conduits ainsi, il bifurqua à la droite d'un et tomba nez-à-nez avec... des gens ? Peut-être avaient-ils vu Tinky ?

- Dites, vous n'auriez pas vu passer un moineau, par hasard ?

C'est alors que sa mine s'assombrit en reconnaissant les traits d'un visage : celui sur qui il avait envoyé malencontreusement un vase sur la tête. D'ailleurs, l'inconnu portait toujours les marques de sa blessure. Felix espéra juste qu'il l'ai oublié et fit comme si de rien était, même s'il préféra tourner ses yeux sur la femme dont le visage lui semblait totalement inconnu.

- Vous l'avez vu, ou pas ?

Code © Keira M. sur epicode




J'hallucine le pire des pièges. Nous sommes des rats dans un labyrinthite trop grand pour nous. Mes mains jouent nerveusement entre elle et je prie intérieurement que tout cela soit terminé. L'homme et la jeune femme discutent et je reste à l'écart le menton baissé à contrôler mes peurs viscérales. Mais je ne fais que les raviver, je crois comprendre. Car ma vision devient toujours plus floue, mes membres tremblent plus que jamais. Je reste derrière la jeune femme à attendre que l'inévitable malheur ne se produise. Et il arrive. Nous sortons.

De notre cachette. Cela n'amène aucun sentiment de sécurité en mon sein, et ma poitrine hurle de plus belle des palpitations odieuses et douloureuses. Mais resté caché, seul, m'amènerait encore plus d'angoisse. D'autant plus que je n'ai pas la moindre idée du moment où le courage guidera mes jambes en dehors de ce trou: je pourrais très bien y mourir de faim et de démence si une présence ne me traînait pas par la main pour que je m'en extirpe. Je regarde avec la crainte jusqu'au bout de l'âme le lanceur de poterie qui s'impatiente presque. Je ne sais dire si je crains plus cet homme ou ce qu'il pourrait attirer de ses bruyantes paroles. Il chante, maintenant. Ce qui prouve ce que j'ai toujours honteusement douté de lui: il est fou. Et je le regarde partir. Nous restons sur place. J'attends la direction de la belle alors que nous laissons l'autre à ses risques. Une éclaboussure.

Mon sang fait un tour dans mes vines. Je vois mon agresseur se retourner et foncer droit sur nous. Il fuit. Un grognement. Cette fois, il s'agit d'une créature. Je ne pourrais dire laquelle, je ne pourrais dire où. Mais elle est là, nous a sentis et s'approche. De ses éclaboussures, les battements de mon myocarde qui s’amplifient et font tonnerre dans tout mon être. Je sens le peu de bravoure que j'avais tomber, je serais inconscient en un clin d’œil, paralysé par la frayeur pure. Je sens la mort déjà agripper ma gorge, qu'elle tord, qu'elle noue. Le dément ne se fait pas attendre et tourne les talons pour prendre les jambes à son coup. Point débile. Je l'imite avec toute l'épouvante du monde grimaçant mes fins traits. Je cours comme la biche est pourchassée par le loup. Derrière moi, j'entends l'ingrat accrocher la dame. Je l'entends tomber. Je m'arrête.

Me retourne. Elle est dans la boue. Mon ennemi me dépasse, je la regarde une seconde sans savoir réagir. Mon souffle est une cavale de torture dans mon aorte. La laisser ainsi serait la tuer, probablement. Il est impensable que je laisse cette jeune femme derrière. Mais venir à son secours est ma perte, j'en suis certain. Je ne sais que faire. Mais alors que j'hésite avec toute l'amertume et la frayeur que l'antre de mes songes est possible de me donner, je suis déjà penché vers elle. Au Grand Diable, l'avoir délaissée m'aurait peut-être donné la vie, mais m'aurait rongé de tourments jusqu'à sa fin. Et puis, je ne sais abandonner une aussi charmante âme, un aussi doux visage, qui m'eut été en aide plus tôt. J'élance:

M-m-ma dem-m-moiselle, red-d-dressez-vous je v-v-vous en p-p-pris!

Et l'aide à se mettre sur ses pieds. Au loin, un cri de bête, encore. Puis des éclaboussures, au bout du couloir d'eau. Qui s'approchent. Ma tête bat une migraine horrible. Je vacille et tire la jeune femme de toute mes forces: elle son piètre, mais suffisantes pour lui donner élan vers la fuite. Ma vision est de mouvements saccadés, les bruits de course se rapprochent. Rapidement, si vite.  Mon palpitant pompe ma crise cardiaque à venir, je souffle une respiration à fendre les tripes. Je me redresse et me retourne; une éclaboussure. Et rien d'autre. Point de créature. Puis, on m'attaque.

Un autre grognement. Une douleur à ma jambe. Je me redresse comme jamais je n'aurais cru en avoir la force et prends mes jambes à mon coup. Je sens une plaie s'ouvrir dans l'aqueuse et se déverser de rubescent à chacun de mes rudes pas assourdissants. Un cri de détresse me propulse dans ces enfers et leurs égouts et je rattrape la jeune femme, ainsi que le dément. Devant moi, mes compagnons qui ont cessé de courir. Et un cul de sac.

Nous sommes perdus, je suis si essoufflé et nerveux que je sens ma cervelle au bord de l'explosion. Je ne réfléchis pas et saute sur une énorme caisse de bois à ma gauche. Je m'y hisse alors que les éclats d'eau s'approchent vers moi. Je les évite de justesse en hurlant l'horreur. À mon mollet, cuisante souffrance, la marque d'une griffe saignante. Je me tourne vers le reste du groupe en espérant qu'ils trouvent moyen d'échapper au monstre invisible mai bien réel. Je grelotte trop, je sens une vomissure en mon ventre se faire brûlante. Je ne bouge plus dans la crainte de tomber de mon perchoir. Et tant je suis paniqué, je ne remarque même pas les cadavres humains jonchant ma caisse et les autres gros débris éparpillés dans cette impasse.







© BoogyLou





 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

©BOOGYLOU.  

 



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MessageSujet: Re: Flow into the vicera [Fini] Mar 15 Oct - 11:52





















Elizabeth C. Dieron - Morgan T. Connhelly - Felix J. Adler

FLOW INTO THE VICERA

Elizabeth resta de glace, un peu derrière l’homme qui recherchait son moineau en fronçant les sourcils. Sa main tenait toujours le poignet du bel inconnu dans un accès de défi. Ce contact semblait bien cavalier à la jeune femme et elle ne s’en rendit pas compte sur le moment. Voyant pourtant la familiarité de son acte, elle relâcha brutalement la main de l’homme brun, évitant son regard qui de toute façon ne cherchait pas le sien. Tous les yeux étaient tournés vers cette homme à la mèche blanche, faisant comme office de chapeau partant d’un coin de sa tête, qui nous regardait d’un air qui paraissait méprisant. Comment si on le prenait pour un fou, tous les moineaux voulaient monter à la surface, point. D’un non catégorique, il tourna les talons au couple et commença à s’avancer gaiement dans un sens inverse. L’écrivain s’apprêta à faire de même quand elle entendit une mélodie s’échapper des souterrains…mais…c’était le fou qui s’était mis à chanter. Une chansonnette quelque peu douteuse s’enfuyait allégrement de sa bouche tandis qu’elle l’observa avec de gros yeux. Pas de doute, elle ne le prenait pas pour un enfant, mais pour un fou, très certainement. A moins qu’il ne profite juste de la vie même dans des conditions aussi…particulières.

C’est alors que vint le bruit. Le plus répugnant et le plus grotesque que la jeune femme entendit dans sa vie. Ce son lui fit s’éprendre de frisson du plus bas de son échine. C’était une sorte de grognement bestial qui ne pouvait venir ni de l’inconnu, ni du fou, ce son était encore bien trop loin mais déjà bien trop présent. Elizabeth fut pendant une seconde complètement figée par la peur, quelle était cette chose qui semblait se rapprocher au fur et à mesure de leur pas? Elle n’eut pourtant le courage de reprendre la main de l’inconnu pour échanger un peu de chaleur et de soutien. Comment l’aurait-il pris de toute façon, ils ne se connaissaient que depuis à peine quelques minutes.  De toute façon, elle n’en eut le temps, car le bruit se rapprochant,  et le fou s’arrêta dans sa traversé.

Instant de silence quasi religieux, où ne régna que les clapotis de l’eau contre leurs mollets et…ces impitoyables grognements.  Le fou recula alors au loin de quelques pas avant de revenir, d’une rapidité qui pouvait en surprendre plus d’un. Il coure vers nous, probablement pour échapper à quelques démoniaques créatures abominables qui régnaient dans le coin. Le monstre semblait se mouvoir dans l’eau comme un terrible poisson empoisonné, régnant dans le peu d’eau qu’il y avait avec une souveraineté reine. Elizabeth ne songea pas une seule seconde à le mettre au défi le fou et ce qui le poursuivait et s’empressa de remonter ses jupes pour prendre la fuite à son tour. L’eau ralentissait sa progression, entrant dans ses bottines noirs et alourdissant les tissus de sa robe. Déterminée, elle ne s’arrêta pas moins de courir, observant du coin de l’œil son inconnu qui prenait le même chemin.

Pourtant le fou furieux la rattrapa bien facilement et la poussa dans l’eau pour prendre sa place au devant, vers la liberté. Sa chute lui sembla durer une éternité tant elle semblait signer son arrêt de mort. Tomber, c’était perdre de l’avance quant à la fuite du monstre. Tomber, c’était  le faire venir à soi. L’eau frappa durement son visage et ses habits, la transperçant de fraîcheur jusqu’à l’os. Ses dents se mirent à claquer et ses pauvres joues furent blanchis par l’inexplicable liqueur qui se trouvait au fond de cette égout sans nom. L’odeur était absolument ignoble, mais elle n’en eut cure, plus inquiétée qu’elle était pas le monstre qui la suivait. Voyant son ami s’enfuir au loin, elle éleva une main de l’eau et s’écria:

Elizabeth:  Pitié! Je…

IL se retourna alors, plongeant son regard dans la mélasse noire où elle se trouvait perdue. Ses yeux passèrent par milles expressions sans toutefois s’arrêter sur une seule. La jeune femme put néanmoins voir ce qui lui perça le cœur: de l’hésitation. Il n’était tout de même pas capable de la laisser là? Forçant sur ses bras, elle tenta de soulever la masse lourde qu’était devenue ses vêtements trempées. C’est alors qu’il s’approcha rapidement d’elle, le contact de sa main sur son épaule la rendit toute chose, et lui apportait une chaleur qui l’encouragea à se relever alors qu’il l’aidait:

Inconnu:M-m-ma dem-m-moiselle, red-d-dressez-vous je v-v-vous en p-p-pris!

Il bégayait délicatement, mais son attention était telle qu’Elizabeth trouva cela absolument charmant. Le remercia d’une regard tendre et d’un sourire de même acabit, et poursuivit son chemin en remontant un peu plus haut encore ses jupes, les levant à hauteur de genoux pour ne plus être dérangée. Il allait la suivre, sans aucun doute. La jeune femme prit la même route que le fou, sans se soucier une seule seconde de son propre avis sur le trajet: après tout, un fou devait avoir le sens de la survie, il choisirait automatiquement le bon chemin selon son instinct non? Pourtant ce ne fut pas le cas, un cul-de-sac accéléra leur perte en face d’eux. Il n’y avait nul autre choix que de retourner sur leurs pas, là où le monstre sans cœur les attendait pour se servir d’eux en tant que repas. Des morceaux de chair humaine et des meubles sans vies traînaient à la surface, froidement. Sentant des larmes couler lentement aux coins de ses yeux, l’écrivain prit un fauteuil qui flottait non loin de la caisse recouverte de cadavres et s’accroupit dessus, assez haut pour ne pas prendre le risque de laisser ne serait-ce qu’un tissus à la merci du monstre.

Devant elle, le bel inconnu qui avait risqué sa vie pour la sauver venait d’être attaqué par le monstre, une blessure perlait du sang à sa jambe, horrifiant Elizabeth. Se sentant coupable, elle prit une main de cadavre sur la caisse d’à côté et le jeta loin derrière l’homme pour attirer le monstre hors de son chemin. Cela lui laissa tout juste le temps de monter sur la caisse qui se trouvait juste à côté du meuble de la jeune femme car le monstre se délaissa bien trop rapidement du morceau de viande. L’observant pendant quelques secondes, elle sécha ensuite ses larmes qui de toute façon se liait à l’humidité que sa chute lui avait confié. Un long silence entre les trois personnages se maintint, glacial, presque mort. Personne ne sut quoi faire tant leur cœur battait à la chamade face à une telle créature. Mais…quel créature?? Elizabeth ne vit rien, mais elle entendait des grognements incessants. La seule chose de visible était des éclats d’eaux un peu partout autour de leur perchoir. Voilà qu’ils devaient affronter une créature…invisible? C’était quoi cette histoire? Fouillant dans l’eau pour trouver une moindre preuve de son existence autre que l’eau mouvante, Elizabeth lutta contre le mal de tête qui s’infiltrait impitoyablement dans son esprit.

La viande. C’était ce qu’elle désirait. De la chair, à croquer continuellement pour se repaître d’un aliment délectable et sanglant.  Peut-être…qu’ils pouvaient la faire partir avec un appât? Elizabeth jeta un coup d’œil au cinglé, ce serait bien qu’il puisse faire l’appât. Non! Tu ne peux pas penser cela voyons, c’est un être perdu autant que vous…bon, peut-être un peu plus perdu dans sa tête, mais non! Elle pensa ensuite aux morceaux de chair humaine qu’elle avait utiliser pour donner un peu de temps à l’inconnu de monter sur sa caisse en bois. Oui…s’ils se dépêchaient, ils pourraient s’en servir comme appât. Ils vaudraient en jeter beaucoup, et la jeune femme songea qu’il y en avait assez pour nourrir une dizaine de charognard. Se tournant vers ses alliés d’un instant, elle leur lança:

Elizabeth: Je pense…que nous devrions…l’a…l’appâter avec les…*gloups* cadavres qui se trouvent sur nos meubles…cela l’emmènera dans le cul-de-sac et nous pourrions repartir vers l’autre côté?

Elle n’attendit pas vraiment une réponse intelligente de la part de ses coéquipiers, il était évident que cela ne pouvait être que l’unique solution. Aussi se pencha-t-elle vers son sauveur, risquant de faire tanguer son fauteuil, jusqu’au point de sentir le souffle du bel inconnu dans son cou.  Se saisissant d’une jambe, d’une main, d’un morceau d’œil et d’une tête dont la mâchoire inférieur pendait misérablement, elle songea une seconde à l’être à qui tout cela avait appartenu. Le pauvre n’avait eu aucune chance face au monstre, mais grâce à lui, ils pourront s’en sortir. Elizabeth se promet de faire une prière à ce malheureux si jamais ils retournaient vivants à la surface. Il restait encore pleins de victuailles sur le coffre de l’inconnu pour qu’il puisse à son tour en lancer au monstre. Jetant un coup d’œil au fou, Elizabeth reporta alors son attention sur le monstre invisible, puis sur le mur qui bloquait leur vie.

Elizabeth: A trois, on lance tout ce que nous avons comme nourriture contre le cul-de-sac, d’accord? Et surtout…fuyez!

Ce fut le décompte le plus long de sa vie, chaque mot refusait de sortir tandis qu’elle tenait fermement la main découpée du cadavre. Un. Deux. Prenant la demi-mâchoire dans son autre main, elle serra les yeux du plus fort qu’elle put avant de prononcer le dernier mot fatidique, celui qui scellerait leur destinée.

Elizabeth: TROIS!

D’un geste rapide et précis, elle jeta les membres qu’elle possédait contre le mur. La main ricocha contre une pierre avant de tomber dans l’eau, la mâchoire, plus lourde, tomba directement dans l’eau sans toucher le mur. Prenant la jambe à deux mains, elle la lança du plus loin qu’elle put. Ne pensant même pas à regarder où cette dernière était tombée, la jeune femme remonta ses jupes à nouveau et se laissa tomber dans l’eau sale. Son mal de tête l’empêcha de se concentrer derrière elle, mais elle pria intérieurement pour que ses compagnons l’ai suivit dans son action. Elle voulait qu’ils restent en vie.  Bifurquant alors vers la droite après le premier carrefour, Elizabeth vit au loin ce qu’elle désirait le plus au monde: la porte en bois, sortant à peine de l’eau, les menant à la surface.




Flow Into The Vicera

Crédit par Kikino-sama et Ninie067 de Templactif

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MessageSujet: Re: Flow into the vicera [Fini] Ven 18 Oct - 18:34





Felix se retourna rapidement pour calculer les échappatoires qui s'offraient à lui. En voyant les deux autres arriver, il comprit qu'il n'avait plus le temps de faire machine arrière. Plus le temps. Il répéta cette phrase dans sa tête un nombre incalculable de fois, restant immobile dans l'eau glacée et dangereusement mortelle. Plus le temps. Sa respiration devenait incontrôlable, irrégulière et rapide. Ses yeux dont le regard était vide, ne voyaient pas l'angle du tuyau devant lui. Il serra les poings et les dents, respirant ainsi bruyamment pas le nez. Les rugissements visiblement hostiles prirent le virage tandis que les deux autres inconnus fuyaient vers un objet en surélévation pour se réfugier du monstre. Felix, lui, ne bougeait pas, essayant de contrôler sa pulsion qui voulait le faire courir droit devant. Vers le prédateur, en gros, mais cela, la folie de l'horloger s'en moquait éperdument. Tinky apparut alors comme par magie sur son épaule en lui criant d'une voix qui semblait fort loin aux oreilles de son compagnon de se réfugier rapidement. Son instinct de survie prit alors le dessus sur sa démence et il se percha sur un baril qui, par on-ne-sait quel miracle, était plus haut que le niveau de l'eau et suffisamment lourd pour ne pas flotter. Il n'était pas les tonneaux. Tinky non plus. Mais bon, ils n'avaient pas le choix après tout.

Felix vit alors la jeune femme prendre un morceau de bras et le jeter dans l'eau, permettant ainsi à l'autre de monter sur sa caisse. En effet, la viande avait fait diversion en ayant servi de coupe-faim à la créature dans l'eau. C'est alors que le regard de la fille croisa le sien. Si l'horloger s'arrangeait pour la pousser dans l'eau, cela lui laisserait pas mal de temps pour trouver une sortie à cette situation... et à ces foutus égouts. Tinky le regarda d'un air farouche après que cette idée lui ait traversé l'esprit et il comprit que ce n'était sûrement pas la meilleure des choses à faire. Ses yeux se posèrent sur le tas de morceaux humains à côté de la fille et reconnurent la moitié de crâne porté-disparu Peter, un fou qui pensait pouvoir s'échapper en creusant un trou avec une cuillère qu'il avait trouvée. Donc il était mort. Dommage. L'inconnue demanda alors si ça dérangeait quelqu'un si elle utilisait les restes du malheureux comme appât. Felix allait répliquer, trouvant ceci peu respectueux envers le défunt, mais se ravisa, se disant qu'il serait probablement plus utile à leur sauver qu'à pourrir lamentablement sur un baril. Alors la jeune femme lança des morceaux de cadavre dans l'eau et Felix sauta de son perchoir avant de suivre l'inconnue désagréable. Pris d'une soudaine euphorie totalement injustifiée, il se mit à rire. Ce ne fut pas à cause de la porte de la sortie qui se dessinait tout au bout d'une canalisation que le trio avait empruntée. Non, il riait sans raison, comme cela lui prenait des fois. Il trouvait la situation drôle, même avec la créature qui s'était remise à les poursuivre. Felix se jeta presque littéralement sur la poignée de la porte, tira sur celle-ci précipitamment et découvrit un escalier qui paraissait fuir les égouts. Sans hésiter une seconde, il passa l'encadrement et s'immobilisa au milieu du passage, empêchant le duo de passer. C'est alors qu'il referma brusquement la porte et tenta de la maintenir fermée, bloquant l'issue. Pourquoi venait-il de faire ça ? Il n'en savait strictement rien. En tout cas, il usait de tout son poids pour garder la porte close.

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Nous sommes pris au piège, à la gorge et à l'angoisse. Je palpe mon pouls d'un diaphragme enflammé qui crie au désespoir toute l'anxiété que mon corps émane. Et mon visage en grimace qui fouille du regard ce monstre qu'on ne peut voir et qui a cessé ses éclaboussures galeuses. Les pétales s'envolent. La belle damascus parle.

Propose que l'on appâte la bestiole qui a acéré ma cheville jusqu'au plaies. Ma douleur est toujours vive. Et la douce parle, de ruse et de morts. Mon teint adopte encore plus de blancheur qu'il ne possédait déjà, mon sang fait frimas dans mon aorte qui cesse le rythme. Des cadavres..? Je retourne mon menton et l'air affolé de mes yeux à une organique en pourriture à ma gauche. Je sursaute et m'en m'y dégageant aussi rapidement que le lièvre évite la morsure du renard. Je manque en glisser de mon perchoir qui tangue alors fragilement. Je m'accroche et siffle un gémissement d'horreur. Sous mes mèches tombantes, des larmes enduisent mes globes et s'agrippent à des paupières pour ne pas se déverser sur la porcelaine pâle de mes joues. Je frissonne à l'extrême de l'épiderme frêle de ma peau soie. Je me casse. Je lève le regard sur mes compagnons. Je n'ai à peine le temps de réfléchir que la jeune femme émet un compte à rebours. J'écarquille les yeux. Lève une main à sa hauteur comme pour l'intimer de faible force de l'arrêter. Ce plan est dément. Ce plan est à l'échec et à la mort. Je ne suis point prêt à faire course folle, et je pleure intérieurement le seul flacon ladanum gaspillé précédemment dans ma chute.

N-n-n-n-non! je m'écris trop de murmures écorchés et point assez de conviction.

Elle lance un membre humain que mon regard évite, je dévie l'attention à avoir le cœur à la bouche. Puis ils s'élancent. Je suis paralyser à craindre. Un rire sinistre et guttural plonge mes ouïes et mon échine se découpe de mille grelottements. Sur mon corps, mes poils se hérissent. Et je prends mon élan, comme si cet esclaffe qui n'avait pas sa place et qui ne vomissait que la folie m'avait poussé subitement. Je cours, sans réfléchir: ma cervelle est au bord de l'explosion. Je boite comme un damné et patauge avec l'effort de milles arpents à déterrer dans cette vase. Derrière nous, des monstrueux bruits de déchiquetage et d'avales macabres. Des grognements aussi, puis d'autres éclaboussures. Qui s'approchent. L’appât qui n'eut duré le temps d'une fuite gracile est achevé. Je double la cadence je ne sais par quelle force. Je rattrape les deux autres, le lanceur de poterie ouvre une porte sur une sortie d'espérance. Mon cœur s'échauffe au Miracle. Je sourie.

Je fais des enjambés que jamais je n'aurais cru mon physique capable de faire. J'arrive à la hauteur de la fleur qui lève ses jupons pour mieux courir. J'en vois ses mollets et j'en rougis violemment. Malgré tout, malgré la situation et nos heures de l'Enfer. Tout de même avec attention et rapidité du stress que je porte mes mains à ses coudes, derrières elle, pour l'aider à accélérer le pas. Nous y sommes presque. Mes prières, j'ose croire, n'auraient été vaines. Le vil rieur passe le cadre de la porte. La referme derrière lui.

Ma respiration se casse dans un halo de panique. Mes traits fondent. L'ange à mes côtés, nous butons sur la porte. Je prends quelques longues secondes à réaliser ce forfait, cette horreur. L'instinct me pousse à ouvrir la porte. Impossible. Je tire de toute mes forces, elles sont piètres mais d'adrénaline. It won't budge. Je tâte la porte à bégayer dans ma barbe «n-n-n-non... non n-n-on!» à le bêler, la le transpirer de tout mon désespoir. J'entends des éclaboussures qui s'approchent. Et leur rugissement indescriptible. Je sens le sol s'ébouler sous nos pieds et je tombe d'une chute de cent siècles. Je cogne la porte et hurle en déchaînement puissant. Qu'il nous laisse sortir, qu'il est démon. Le fond de ma voix prit Notre Seigneur une ultime fois. Je sens les griffes de la Fin m'égorger et je tremble. J'essaie de tirer la poignée. Serre l'ange contre moi.







© BoogyLou





 

Une peau de soie, de lait. Cadre d'un visage. Ses pulpeuses. Réflexe de penser à cette bouche contre la mienne. Je me sentis me liquéfier. Échapper le temps pour y recoudre un souhait unique et puissant. Et son arôme. Point celle du parfum; celle de l'espérance.

©BOOGYLOU.  

 



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